18ème dimanche du Temps ordinaire A (2026)

Dieu nourrit son peuple

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
La première lecture et l’Évangile nous parlent de nourriture ou plutôt de manque de nourriture. Le prophète Isaïe s’adresse à des gens désespérés qui vivent en terre d’exil depuis 50 ans. Il les invite à se tourner vers le Seigneur : « Écoutez le Seigneur et vous vivrez ». Leur vie dépend du Seigneur. Ce qu’il leur offre est beaucoup plus important que les frigos bien remplis. C’est Dieu lui-même qui se donne gratuitement et sans mérite de leur part. Nous sommes tous invités à nous en remettre à lui, même dans les situations les plus désespérées.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous parle précisément de cette gratuité du don de Dieu en Jésus Christ. Lui-même vit une situation très difficile. Il est persécuté et mis en prison. Mais il pousse un cri de joie car il a découvert la bonté du Seigneur. Même au milieu des pires difficultés, il ne cesse de crier sa confiance car il sait que rien ne peut le séparer de l’amour de Dieu. Ils sont nombreux aujourd’hui les chrétiens persécutés qui témoignent de leur attachement inébranlable au Seigneur.

Dans l’Évangile, c’est la promesse d’Isaïe qui se réalise. En Jésus, c’est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. Il guérit les infirmes. Il vient pour guérir et donner aux hommes la paix. À travers ces paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde de Dieu qui se donnent aux hommes. En ce jour, nous demandons à l’Esprit Saint de rendre nos cœurs pareils à celui du Christ, attentifs et ouverts devant la misère et la faim de nos frères. Nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour passionné qui est en Dieu. Mais si nous voulons être crédibles aux yeux du monde, il faut que cela se voie dans notre vie, il nous faut mettre nos actes en accord avec l’Évangile.

Le soir venu, c’est le signe de la multiplication des pains. Toute la foule a été rassasiée. Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C’est vrai que nourrir toute une foule dans un endroit désert, c’est extraordinaire. Mais ce n’est pas le plus important. Cet Évangile nous invite d’abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd’hui comme autrefois, il prend soin de son peuple ; il nous nourrit gratuitement. En lui et par lui, c’est tout l’amour du Père qui se donne.

Mais aujourd’hui, il nous faut faire un pas de plus : Jésus a été envoyé pour nourrir l’homme affamé de Dieu. Et puis, il y a un point important qu’il nous faut souligner : Les auteurs des évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : “Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna.” Ce pain qui est annoncé dans l’Évangile de ce jour, c’est celui de la Vie éternelle ; c’est son Corps livré pour nous et pour la multitude. Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains qui ne cesse de s’accomplir par le ministère des prêtres.

La multiplication des pains nous enseigne que Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d’aimer. Elle nous ouvre à l’humanité toute entière. Tous les hommes sont “invités au festin des noces”. Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : “Heureux les invités au Repas du Seigneur”, il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu’il fait totalement sans rien garder pour lui.

En sortant de cette messe, nous sommes envoyés vers les autres avec un panier plein. Comme autrefois, Jésus continue à nous dire : “Donnez-leur vous-mêmes à manger”. Donnez à ceux qui ont faim de pain, faim d’amour, faim de reconnaissance. Si nous unissons nos forces humaines à celles du Christ, le miracle pourra se reproduire et l’Église revivra.

Ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas notre argent mais notre disponibilité. C’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes. Cinq pains et deux poissons c’est vraiment dérisoire. Mais c’est avec ça que Jésus fait des merveilles. C’est un encouragement pour nous qui avons tendance à nous décourager devant toutes les misères du monde. Nous disons facilement que nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins. C’est sans doute vrai. Mais avec un peu de folie, nous pouvons bien lui donner nos pains et nos poissons. Jésus vient nous apprendre à nous mettre au service des plus pauvres. Prêtons nos oreilles et notre cœur pour écouter leur tristesse et leurs rancœurs. Le Seigneur compte sur nous pour soutenir et fortifier. Aujourd’hui encore, il multiplie les fruits de notre bonne volonté bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

En lisant cet Évangile, nous pensons à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’il n’y avait plus de vin. Elle voit aussi tous nos manques, manques de pain, manques d’amour… Et elle ne cesse d’intercéder auprès de son Fils pour nous et pour notre monde. Et aujourd’hui encore, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

Prière universelle
Introduction
Frères et sœurs, tournons-nous vers le Père qui nourrit toute chair, et portons devant lui la faim de l’Église et du monde.

Intentions
Pour l’Église : qu’elle soit, comme les disciples au bord du lac, capable de distribuer ce qu’elle a reçu, sans calculer, sans retenir, avec la générosité de celui qui l’envoie. Père, écoute-nous.

Face aux inégalités qui grandissent et aux scandales de la faim, que nous soyons des artisans du partage, convaincus que les ressources de la terre sont faites pour tous. Père, écoute-nous.

Pour les malades, les personnes seules, ceux qui traversent un été difficile sans vacances ni répit, qu’ils sachent qu’ils ne sont pas oubliés. Père, écoute-nous.

Pour notre communauté : que cette eucharistie nous rende capables de partager notre temps, nos maisons, nos tables avec ceux qui ont faim, près de chez nous. Père, écoute-nous.

Conclusion
Père, tu exauces toujours ceux qui viennent à toi les mains vides. Reçois nos prières et multiplie en nous le désir de te ressembler. Par le Christ, notre Seigneur. Amen.

Samedi de la 17ème semaine du temps ordinaire – 1er août 2026

 

 

La mort de Jean Baptiste

Père Jacques Hamel

 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12.
En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. » Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode. Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
Jean Baptiste vient d’être mis à mort par un soldat d’Hérode. Il était devenu très gênant  car il dénonçait l’adultère d’Hérode qui avait épousé la femme de son frère. Hérode refuse d’entendre la parole prophétique de Jean Baptiste qui dénonce leur péché. Hérodiade profite d’une fête pour assouvir sa vengeance. 
 
Voilà une histoire qui se répètera de nombreuses fois tout au long  des siècles. De nombreux martyrs préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi. Celui qui croit en Dieu ne peut pas le renier. Notre vie doit être en accord avec notre foi ; sinon, ce serait un affront à tous les martyrs d’hier et à ceux d’aujourd’hui.
 
Mais il ne faut pas seulement voir dans cet Évangile une dénonciation du péché. Le martyre de Jean Baptiste préfigure celui de Jésus sur la croix. Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous libère du péché et de la mort et nous entraîne vers une vie nouvelle. Son martyre, après celui de Jean, est l’événement de notre salut.
 
« Victoire, tu règneras,
O croix, tu nous sauveras » 
 

Vendredi de la 17ème semaine du temps ordinaire – 31 juillet 2026

Le Messie rejeté par les siens

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 54-58
          En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. » Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. © AELF
 
 
Méditation
Les paroles et les gestes de Jésus ne laissent personne indifférent: ils suscitent l’adhésion, l’enthousiasme, la foi, la confiance. Pour d’autres, c’est la méfiance, l’hostilité, le refus. Il en était ainsi pour les prophètes de l’Ancien Testament. Bien que leur parole vienne de Dieu, ils étaient rejetés par leurs compatriotes, leurs parents, leurs amis. Ces derniers n’acceptaient pas de voir leurs institutions déstabilisées par des paroles et des gestes provocants.
 
Les gens de Nazareth n’ont vu en Jésus que le fils de Joseph et Marie. Il est trop connu et en même temps méconnu. Ils n’acceptent pas de s’engager sur le chemin de la foi : tout l’Évangile nous dit que Jésus est le Fils de Dieu venu guérir et sauver tous les hommes.
 
Aujourd’hui encore, ils sont nombreux ceux et celles qui éprouvent de la sympathie pour le fils du charpentier et pour son message. Mais ils refusent de voir en lui le Fils de Dieu. Ils se font hostiles à la prédication de l’Église qui proclame sa seigneurie. Mais le Christ respecte la liberté de chacun. Il ne force pas les consciences.
 
« Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur,
Mais écoutons la voix du Seigneur. »

Jeudi de la 17ème semaine du temps ordinaire 30 juillet 2026

Déployer l’Évangile
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 47-53
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
    « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »
    Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, il s’éloigna de là. © AELF
 
 
Méditation
Ce pêcheur qui déploie les filets pour ramener toutes sortes de poissons nous rappelle que Jésus avait dit à Pierre : « Tu seras pêcheur d’hommes ». Il ne s’agit pas d’une capture mais d’un sauvetage. À l’image du filet, l’Évangile doit être largement déployé dans le monde. Il doit atteindre le plus grand nombre sans discrimination, sans tri préalable. La bonne nouvelle de l’Évangile est offerte à tous sans exception. Chacun peut être recueilli et accueilli dans le Royaume. Chacun peut trouver sa place dans l’Église de Jésus Christ.
 
Mais pour apprécier le résultat de cette pêche, il faut ramener le filet à terre. Le pêcheur garde les bons poissons et rejette les mauvais. C’est aussi ce qui se passe pour celui qui a été pris dans les filets de la Parole. Il a pu naître à une vie nouvelle et s’engager sur un chemin de conversion. Mais la Parole permet à chacun de reconnaître le mal et de le rejeter. Nous le confions au Seigneur pour qu’il en vienne à bout.
 
Seul le Seigneur est capable de démasquer le « mauvais » et lui seul le supprimera le jour où il installera le Royaume des cieux. En attendant, nous nous confions à lui afin qu’il nous libère de tout ce qui nous détourne de lui.
 
« O Seigneur, guéris-nous, O Seigneur, sauve-nous,
Donne-nous la paix »
 

Sainte Marthe, Sainte Marie et Saint Lazare

 La meilleure part
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
  Jésus entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
  Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
  Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »
  Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci 
et tu t’agites pour bien des choses.
  Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
Ne nous trompons pas sur le message de cet évangile. Son but n’est pas seulement de nous donner un bel exemple à imiter. Il ne cherche pas non plus à nous donner une leçon de morale sur l’hospitalité.
 
Ce qu’il veut surtout nous faire découvrir c’est que Dieu est là. Il frappe à notre porte et il attend que nous lui ouvrions. Il attend de chacun de nous une réponse libre et aimante, une réponse qui vienne d’abord de notre cœur.    

Pour  Marthe, il s’agit d’une hospitalité qui ne ménage pas sa peine. Pour recevoir ainsi, il ne faut pas craindre d’être dérangé dans son emploi du temps. Il faut trouver la délicatesse et la disponibilité qui font que l’arrivant se sent vraiment attendu.
 
Marie apprécie à sa juste valeur ce moment de bonheur qui lui permet d’entendre et d’accueillir la parole de Jésus sur le ton de la confidence. Nous ne savons rien sur le contenu de la conversation et c’est vraiment dommage. Mais ce que nous avons, c’est la réponse de Jésus à l’impatience de Marthe : « Marie a choisi le meilleure part : Elle ne lui sera pas enlevée »  

 Béthanie, c’est aussi dans nos églises. Que ce soit aussi chez nous chaque jour ! Que chacun s’y sente accueilli et aimé comme un frère à la manière du Christ. À travers eux, c’est le Seigneur qui frappe à notre porte. Sachons le recevoir et l’accueillir sans réticence et sans retour en arrière.
 

Mardi de la 17ème semaine du temps ordinaire – 28 juillet 2028

L’ivraie dans le champ

Lire l’Évangile (Mt 13. 36-43
En ce temps-là,
laissant les foules, Jésus vint à la maison.
Ses disciples s’approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement
la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit :
« Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ;
la moisson, c’est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie
pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges,
et ils enlèveront de son Royaume
toutes les causes de chute
et ceux qui font le mal ;
ils les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le royaume de leur Père.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »
(AELF)


Méditation   

À travers cette parabole du bon grain et de l’ivraie (la zizanie), Jésus nous donne un enseignement double :

Il nous dit d’abord que le mal qui existe dans le monde ne vient pas de Dieu mais de son ennemi, le démon. Nous observons qu’il va semer l’ivraie (la zizanie) la nuit, dans l’obscurité, dans la confusion. Il va là où il n’y a pas de lumière et il sème le mal au milieu du bien. Nous ne pouvons pas les séparer nettement, mais Dieu, à la fin, pourra le faire.

2ème enseignement : D’un côté, nous voyons l’impatience des serviteurs qui voudraient faire le tri. Mais Dieu reste patient. Il ne nous appartient pas de juger, de classer, de faire le tri entre les bons et les méchants. Ce serait vouloir prendre la place de Dieu. Qui sommes-nous pour juger les autres ?

Bien sûr, le mal n’aura pas le premier ni le dernier mot. L’Évangile nous appelle à nous convertir et à croire à la bonne nouvelle. Le cœur méchant avec ses nombreux péchés peut devenir du bon grain. Face à l’ivraie présente dans le monde, nous sommes invités à imiter la patience de Dieu. Nous avons la ferme espérance que le bien triomphera. Un jour, le mal sera éliminé. La miséricorde dont nous avons fait preuve envers les autres sera aussi utilisée pour nous.

Lundi de la 17ème semaine du temps ordinaire – 27 juillet 2026

La graine de moutarde et le levain
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (13, 31-35)
 
Jésus proposa à la foule une autre parabole: «Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches.»
Il leur dit une autre parabole: «Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé.»
Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète: C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines. © AELF
 
 
Méditation
Jésus nous parle du Royaume de Dieu comme d’une réalité qui nous atteint tous. Mais alors, comment se fait-il que si peu de choses soient effectivement changées ? En réponse, Jésus nous invite à la foi confiante. Ce qui n’a l’air de rien deviendra sûrement quelque chose de grand. Rien ne peut arrêter la croissance du Royaume de Dieu parmi les hommes.     
 
La foi la plus petite possible est comparée à une graine de moutarde. Ici, ce n’est plus la croissance qui est visée mais le contraste entre l’état présent du Royaume et celui auquel il parviendra. Les oiseaux du ciel qui viennent y faire leur nid peuvent représenter la venue des nations païennes vers l’Église.
 
Pour nous aider à mieux comprendre, Jésus nous raconte la parabole du levain. Ce levain c’est la Parole du Christ qui instaurera le Royaume. Il est un ferment puissant qui peut soulever toute la pâte qu’est l’humanité. Il se présente comme une puissance mystérieuse et invisible ; elle opère avec une efficacité certaine sans que nous nous en apercevions.
 
Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes loin d’être majoritaires. Nos communautés d’Église sont restreintes. Nous devons savoir que Dieu se rend présent dans l’humilité de nos vies humaines. Rien ne distinguait l’enfant de la crèche de Noël des autres enfants. Et pourtant, c’est la plus précieuse des graines du Royaume. Elle annonce le Christ glorieux qui récapitulera tout dans son immense amour.
 
 

17ème dimanche du temps ordinaire (26 juillet 2026)

Les biens qui demeurent

Textes bibliques : Lire
Les lectures de ce dimanche nous invitent à nous rattacher aux biens qui demeurent. Nous avons entendu le témoignage du jeune roi Salomon (1ère lecture). Il aurait pu demander au Seigneur de longs jours, de nombreuses richesses ou encore la mort de ses ennemis. Mais il a compris que le plus important n’est pas là. Il demande « un cœur attentif pour qu’il sache gouverner le peuple et discerner le bien et le mal ». Il demande à Dieu le don de bien servir l’alliance entre Dieu et son peuple. Tout cela n’a rien à voir avec la gloire personnelle, les richesses, la considération et les honneurs.

Ce texte biblique nous interpelle et nous renvoie à nous-mêmes : est-ce vraiment le discernement que nous demandons au Seigneur ? Trop souvent, nous nous attachons à la satisfaction immédiate de nos désirs. En ce dimanche, nous pouvons laisser retentir en nous la prière de Salomon. Cette prière pourrait être la nôtre en ce temps de vacances. Le Seigneur est là pour nous offrir le seul vrai trésor. Malheureusement, nous avons peut-être trop tendance à choisir la pacotille. Mais le Seigneur ne cesse de nous supplier : « Revenez à moi de tout votre cœur ».

C’est aussi ce message que l’apôtre Paul nous transmet à sa manière dans la seconde lecture. Il s’adresse à des chrétiens qui risquent de se décourager à cause des difficultés qu’ils rencontrent. Alors, il les renvoie à l’essentiel : il leur rappelle qu’ils sont engagés sur la route par Dieu lui-même. Ce cheminement s’est déroulé en plusieurs étapes : la préparation lointaine, l’appel, le bouleversement de la conversion. Au terme de cette route, nous sommes appelés à un avenir de gloire. Nous ne devons pas craindre de marcher hardiment à la suite du Christ. En lui, nous sommes établis dans une authentique relation à Dieu. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle.

Dans l’Évangile, Jésus nous propose des paraboles, des images, qui, précisément, nous parlent du Royaume de Dieu. Ce Royaume est comparable à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et il achète le champ. Comment cet homme cet homme a-t-il pu trouver ce trésor caché dans un champ ? Il n’y a pas 36 solutions : il était en train de travailler le champ. Le Seigneur nous offre un trésor extraordinaire que l’on doit trouver à force de travail.

Ce travail, c’est celui que Dieu a demandé à l’homme dès le début de la Création. Dieu a confié la terre à l’homme pour qu’il la travaille. Travailler? Ça veut dire scruter la Parole de Dieu. Pour les rabbins (chefs religieux), la terre c’est d’abord la Parole de Dieu. Il nous faut la scruter, chercher, creuser jusqu’à ce qu’on ait trouvé le seul vrai trésor qui donne sens à notre vie.

Alors, nous dit Jésus, on vend tout pour acheter le champ. Mais ce que Dieu veut nous donner ne s’achète pas. Ce don est toujours gratuit et sans mérite de notre part. Pour comprendre cette parole, il nous vaut lire l’appel d’Isaïe (ch. 5) : « Venez acheter sans argent ». Quand il dit « sans argent, ça ne veut pas dire sans un effort personnel. Il s’agit de recevoir de Dieu à l’issue d’un travail que nous avons fait. L’important c’est de nous mettre continuellement dans une attitude de recherche et d’accueil. Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit : « Cherchez et vous trouverez. »

Si nous ne creusons pas le champ, nous ne trouverons pas de trésor. Si nous ne cherchons pas, nous ne trouverons pas la perle précieuse. Cette recherche, c’est le désir de connaître qui est Dieu. Nous devons le chercher avec droiture. Si nous cherchons la lumière et la vérité de notre vie, nous finirons par la trouver. Mais cela ne sera possible que si nous fermons nos oreilles aux rumeurs destructrices et à toutes les chansons du mal qui empoisonnent nos existences ; il importe que nous ouvrions nos yeux aux merveilles de tendresse, de générosité et de réconciliation qui naissent chaque jour, parfois tout près de nous. C’est là que nous trouverons le Seigneur, notre seul vrai trésor.

Suite à cette découverte, l’Évangile nous dit que l’homme a tout vendu pour acheter. Comment ne pas penser à l’appel de Jésus au jeune homme riche : Tu as trouvé un trésor, tu m’as trouvé, tu veux me suivre : vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres. C’est en donnant aux pauvres qu’on achète la présence du Seigneur. C’est en se débarrassant de tout ce dont on n’a pas besoin, en le vendant et en le donnant aux pauvres qu’on va recevoir ce don précieux qu’est la présence du Christ.

Le projet de Dieu sur notre vie est merveilleux. Mais il nous appartient de le découvrir. Nous devons pour cela abandonner nos idées qui sont trop petites et trop limitées et adopter celles de Dieu. C’est dans la méditation de sa Parole, Ancien et Nouveau Testament, que nous trouverons. Et surtout, n’oublions pas ce trésor qui nous rassemble chaque dimanche. C’est là que le Seigneur rejoint les communautés réunies en non nom. En communion les uns avec les autres, « exultons de joie, il est au milieu de nous ».

Prière universelle
Introduction
Frères et sœurs, tournons-nous vers le Père qui connaît nos désirs plus profondément que nous-mêmes, et confions-lui l’Église et le monde.

Intentions
Pour l’Église : qu’elle annonce sans se lasser que le Royaume de Dieu vaut plus que toute richesse, et qu’elle en soit elle-même le signe vivant et joyeux. Seigneur, écoute-nous.

Pour le monde : en un temps où l’inquiétude et la compétition épuisent les femmes et les hommes, ouvre-nous des chemins de sagesse, de paix et de justice partagées. Seigneur, écoute-nous.

Pour tous ceux qui ont tout perdu – logement, santé, espoir – et qui cherchent un sens à leur vie, qu’ils trouvent auprès de nous une présence et un appui. Seigneur, écoute-nous.

Pour notre communauté : que notre rassemblement dominical soit pour chacun l’expérience d’un trésor reçu, et que nous repartions avec la joie de ceux qui ont trouvé ce qui compte. Seigneur, écoute-nous.

conclusion
Père, tu connais le fond de nos cœurs. Reçois notre prière et conduis-nous vers toi, toi qui es notre commencement et notre demeure. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

25 juillet 2026 : Saint Jacques le Majeur

Siéger à droite et à gauche


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (20, 20-28)
En ce temps-là,
la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée,
s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean,
et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit :
« Que veux-tu ? »
Elle répondit :
« Ordonne que mes deux fils que voici
siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ton Royaume. »
Jésus répondit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »
Ils lui disent :
« Nous le pouvons. »
Il leur dit :
« Ma coupe, vous la boirez ;
quant à siéger à ma droite et à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu,
s’indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et dit :
« Vous le savez :
les chefs des nations les commandent en maîtres,
et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi :
celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur ;
et celui qui veut être parmi vous le premier
sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. » © AELF

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Méditation
Cet Évangile nous montre les disciples Jacques et Jean qui ont réclamé d’être à droite et à gauche de Jésus dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent contre ceux qui ont voulu « se pousser ». C’est normal car ils se disent : « pourquoi pas nous ? » Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité.

Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples. La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu.

C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. » C’est très important pour nous aujourd’hui. Notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous laisser imprégner par l’Esprit Saint pour ne pas déformer le message de l’Évangile.

Notre travail c’est de poursuivre la mission du Christ ; c’est d’annoncer une bonne nouvelle, celle de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants. Mais dans notre monde, deux hommes sur trois ne le connaissent pas. C’est une raison de plus pour témoigner à temps et à contretemps de la bonne nouvelle de l’Évangile. Demandons au Seigneur qu’il nous donne force et courage pour cette mission.

 
 

Vendredi de la 16ème semaine du temps ordinaire 24 juillet 2026

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 18-23

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre,
le Mauvais survient
et s’empare de ce qui est semé dans son cœur :
celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux,
c’est celui qui entend la Parole
et la reçoit aussitôt avec joie ;
mais il n’a pas de racines en lui,
il est l’homme d’un moment :
quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
il trébuche aussitôt.

Celui qui a reçu la semence dans les ronces,
c’est celui qui entend la Parole ;
mais le souci du monde et la séduction de la richesse
étouffent la Parole,
qui ne donne pas de fruit.

Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre,
c’est celui qui entend la Parole et la comprend :
il porte du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »   


Méditation

Aujourd’hui, Jésus nous explique la parabole du semeur. Il nous décrit la largesse et la générosité extraordinaire de ce semeur qui est Dieu. Tous les terrains sont concernés. Cela veut dire que l’amour de Dieu veut atteindre toute l’humanité. Il ne craint pas le gaspillage de semence. Ce qu’il faut voir c’est d’abord la générosité absolue de Dieu et les chances offertes à toutes les terres. Quand on aime, on ne calcule pas ; on donne tout. Notre Dieu y a mis le prix en nous envoyant son Fils Jésus. Il est le semeur qui sème à tout vent. Il espère contre toute espérance et rien ne pourra l’arrêter.
 
L’évangile évoque quatre terrains différents. Ils correspondent à des attitudes différentes face à la Parole de Dieu. Ce terrain, bon ou mauvais, c’est chacun de nous. Jésus nous parle d’abord du grain qui est tombé au bord du chemin. Sur un sol pierreux, il ne peut germer. Ce terrain rocailleux, c’est l’homme au cœur dur. Il refuse la Parole de Dieu car elle ne l’intéresse pas. Le 2ème terrain c’est celui qui manque de profondeur. Le grain a germé mais il ne peut trouver l’humidité dont il a besoin pour se développer. Il finit par être brulé par le soleil. Cette situation correspond à ceux qui ont accueilli la Parole de Dieu avec joie ; mais un jour, tout s’arrête. Le troisième terrain c’est celui qui est rempli d’épines et de mauvaises herbes.  Dans ce milieu, le grain ne peut germer normalement. Chacun de nous peut penser à tant de choses qui font qu’on oublie Dieu. Les soucis du monde et les séductions des richesses prennent le dessus. Ce sont là des pièges qui nous détournent de Dieu.
 
Puis nous avons la bonne terre. C’est celle où le grain peut prendre racine et se développer. Cette terre c’est l’homme qui est ouvert à la Parole de Dieu. Sur un son favorable, elle ne peut que produire du fruit. Ces fruits, c’est la générosité, le partage, l’accueil des autres, la joie. Jésus nous parle de grains qui produisent 30, 60, 100 pour un. À l’époque de Jésus, une telle récolte est impensable. Mais cette exagération est là pour mieux mettre en valeur la bonne nouvelle. Quand l’Esprit Saint est là, le résultat est extraordinaire. Il suffit de lire le livre des Actes des apôtres pour s’en rendre compte.
 
A la suite du Christ, nous sommes envoyés être des semeurs de la bonne nouvelle et pour proposer la foi aux hommes d’aujourd’hui. Être missionnaire, c’est aller sur tous les terrains, vers les croyants mais aussi les non croyants et les mal croyants. Nous serons peut-être affrontés à l’hostilité ou à l’indifférence. Mais la grande priorité c’est d’être avec le Christ qui veut à tout prix rejoindre et sauver ceux qui sont loin. Rien ne doit nous empêcher de semer à profusion. Nous n’avons pas à nous préoccuper du temps qu’il faudra pour la croissance. Même si nous ne voyons pas les résultats immédiats, nous ne devons jamais renoncer. Rappelons-nous ce que dit le prophète : Rien ne peut empêcher la parole de Dieu de produire du fruit.  
 
En ce jour, nous te supplions, Seigneur. Toi qui nous choisis pour être les porteurs de ta parole, viens renouveler la foi de tes enfants. Aide-nous à ne jamais oublier que la semence la plus importante c’est celle de l’espérance. Amen