Alléluia

En ce Temps de Pâques, il y a un mot qui revient très souvent dans nos chants : c’est le mot “Alléluia” : ce mot signifie “Rendez grâce à Dieu”, dites merci à Dieu. Tout au long de ce temps de Pâques, nous entendrons des évangiles qui nous parlerons de la résurrection de Jésus. En les lisant, nous constatons qu’ils ont une manière différente de raconter les événements. On ne peut pas faire une chronologie du jour de Pâques. Mais ils sont d’accord sur une chose essentielle : Ils nous disent que les amis de Jésus n’ont pas cru, ce jour-là, à la résurrection de leur Maître et ami. Ils ont d’abord douté. Ils ont dit : “Ce n’est pas possible.” Il n’y en a qu’un qui a cru, c’est Jean. Les autres sont restés enfermés.

Même les femmes qui avaient pour mission d’annoncer la bonne nouvelle sont restées enfermées chez elles. Les uns et les autres, sauf Jean, ont pensé que si le tombeau était resté vide, c’est que le corps avait été volé. Or il se trouve que, quelques heures plus tard, ces hommes et ces femmes vont être transformés. Ils vont passer du doute à la foi, de la peur à une assurance incroyable, pas seulement pour quelques jours, mais pour toute leur existence. Que s’est-il passé ? Essentiellement une expérience que chacun a faite, une rencontre avec Jésus vivant. Ils ont mangé et bu avec lui ; ils l’ont touché ; toute leur vie en a été touchée.

Le même Christ ressuscité nous rejoint en ce temps de Pâques pour raffermir notre foi. Il est présent dans l’Eucharistie qui nous rassemble, dans les baptêmes qui ont été célébrés. Il veut aussi être avec nous dans les joies et les peines de notre vie, dans nos gestes de partage et de solidarité, dans notre travail et nos loisirs. Rien de ce que nous vivons ne peut lui être étranger. Vivre en ressuscités c’est aller dire aux autres qu’ils peuvent aussi se relever, qu’ils peuvent aussi marcher vers la Lumière. C’est aller leur dire qu’ils sont enfants de Dieu et que Dieu les veut près de Lui pour toujours.

Dans le fait de la résurrection, les disciples trouvent une assurance formidable pour leur propre vie. Ils sont prêts à affronter toutes les souffrances, les tortures et même la mort plutôt que de renier leur foi. Pour eux, la mort est un passage vers une vie autre qu’ils ont touchée en la personne de Jésus. Tout cela nous renvoie à notre vie de croyants. Être croyants, ce n’est pas se faire une petite idée en se disant : “je crois qu’il y a quelque chose la haut.” Ce n’est pas cela, même si nous le pensons.

Être croyants, c’est croire en Jésus ressuscité ; cela change toute notre existence. A partir de ce moment-là, nous allons avoir un plus grand réalisme. Nous ne pourrons jamais nous boucher les yeux devant le mal du monde. Au contraire, nous nous engagerons à le combattre comme Jésus l’a fait. D’autre part, nous irons avec cette assurance que nous sommes gagnants, et que tout cela, ça change. Ça peut changer aujourd’hui et ça continuera à changer. Le monde nouveau est commencé. Nous sommes déjà ressuscités, nous dira l’apôtre Paul.

Alors oui, nous avons raison de chanter “Alléluia”. Parce qu’au centre de notre foi, il y a cette assurance que Jésus est ressuscité. Nous chanterons Alléluia parce que notre vie prend un tout autre sens et une toute autre valeur.

Fleur de Pâques

Depuis son plus jeune âge, petit Pierre partait avec son grand-père pour de longues promenades en forêt.

Mais, depuis quelque temps, grand-père marche moins vite. La canne lui est devenue une aide dont il ne peut plus guère se passer. Petit Pierre s’inquiète : grand-père lui dit alors : « C’est normal, mon bonhomme, bientôt je pourrai cueillir ma dernière fleur. Elle commence à pousser. »

L’hiver est venu et grand-père n’est plus guère sorti que dans le jardin. Un jour il a regardé, pensif, ses rosiers : «Tu sais mon garçon, la mort n’existe pas. Regarde ces rosiers, tu les crois morts; eh bien, au printemps, tu les verras bourgeonner. Pour nous c’est la même chose. », et il a ajouté : « Je vais te dire un secret : bientôt je cueillerai ma dernière fleur. Ce sera la plus belle, celle de Pâques. Je pourrai l’offrir au Seigneur. »

Petit Pierre n’a pas très bien compris. Mais, au printemps suivant, sa mère est venue le chercher précipitamment à l’école après avoir parlé à voix basse à l’instituteur. A la maison, quand il est entré dans la chambre aux volets clos, grand-père semblait se reposer, et petit Pierre s’est souvenu : «Ne pleure pas, maman, dit-il, grand-père vient de cueillir sa plus belle fleur de Pâques ; il est allé l’offrir au Seigneur, il est ressuscité aussi avec Jésus. »

Alléluia! Alléluia