Lundi de la 15ème semaine du temps ordinaire (13 juillet 2026)

 La vraie priorité

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,34-42.11,1.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » Lorsque Jésus eut terminé les instructions qu’il donnait à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays. Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris   

Méditation
Préférer le Christ ne veut pas dire que nous ne devons pas aimer nos proches. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous lui donnions la première place. Quand le Christ a la priorité dans notre vie, il devient notre modèle. Nous aussi, nous pouvons aimer les autres de plus en plus à la manière de Jésus. Quand des jeunes fiancés décident de s’unir pour la vie, cela ne veut pas dire qu’ils renient leurs familles, leurs parents, leurs amis. C’est la même chose dans notre relation au Christ : le préférer c’est devenir capable d’aimer les autres en vérité. Lui-même nous recommande d’aimer Dieu de tout notre cœur et d’aimer notre prochain comme-nous-mêmes.

Quand saint Matthieu écrit cet Évangile, il s’adresse à des croyants qui devaient faire un choix difficile dans leur démarche de conversion. Bien sûr, ils étaient heureux d’adhérer au christ ; mais en même temps, ils étaient incompris et rejetés par les membres de leurs familles. Ce rejet pouvait aller jusqu’à la persécution. Mais, malgré les menaces, beaucoup ont choisi de rester fidèles à leur attachement au Christ. En écoutant ce texte de la Parole de Dieu, nous comprenons qu’accueillir l’autre c’est écouter ses confidences, partager ses joies et ses peines. Ce qui est important ce n’est pas la quantité et le luxe mais les qualités de l’accueil. Nous chrétiens, nous avons appris qu’à travers ces personnes que nous rencontrons, c’est Dieu qui est là, c’est lui que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir. N’oublions pas : c’est à nos qualités d’amour et d’accueil que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

 

15ème dimanche ordinaire A (12 juillet 2026)

Le semeur

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
En ce dimanche, les textes de la Bible nous annoncent une bonne nouvelle. Ils nous parlent de la puissance de la Parole de Dieu. « Ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans produire du résultat » (1ère lecture). « Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est l’homme qui a reçu la Parole et qui la comprend. Il produit du fruit à raison de 30, 60, 100 pour un. » (Évangile). Et saint Paul nous dit à sa manière que les croyants sont libérés par le Christ. Ils vivent une vie nouvelle grâce à l’Esprit qui habite en eux. Cela implique une nouvelle relation à Dieu.

Dans l’évangile, Jésus nous raconte la parabole du semeur. Voilà une histoire que nous connaissons bien car nous l’avons entendue souvent. Mais l’important c’est de chercher à bien comprendre ce que le Christ veut nous dire. Dans ce récit, il est beaucoup question de terrains, bons ou mauvais. Et d’emblée, nous nous interrogeons sur la qualité du terrain de nos vies. C’est sans doute important d’en prendre conscience ; mais nous ne devons pas rester centrés sur nous-mêmes. Cet évangile nous parle d’abord de Dieu. Il ne cesse de faire le premier pas pour venir à la rencontre de l’homme. Son amour passionné est comme le buisson ardent qui se manifeste à Moïse. Il nous invite à un regard nouveau sur lui et sur nos existences.

Le Semeur, c’est Jésus. Ce jour-là, il était sorti de la maison pour semer. Rendons-nous bien compte : Jésus est sorti de la Maison du Père. Il est tombé dans la terre pour y devenir semence. Lui-même a dit un jour : « Si le grain de blé tombé en terre s’y décompose, il porte beaucoup de fruits. En sa mort, le Christ est cette semence qui donne des fruits en abondance. Nous, chrétiens d’aujourd’hui, nous en sommes les bénéficiaires. Il nous faut apprendre à regarder Jésus comme semeur de vie divine. Il espère tout de l’homme. L’Evangile nous décrit la largesse et la générosité extraordinaire de ce semeur qui est Dieu.

Tous les terrains sont concernés. Cela veut dire que l’amour de Dieu veut atteindre toute l’humanité. Il ne craint pas le gaspillage de semence. Ce qu’il faut voir c’est d’abord la générosité absolue de Dieu et les chances offertes à toutes les terres. Quand on aime, on ne calcule pas ; on donne tout. Notre Dieu y a mis le prix en nous envoyant son Fils Jésus. Il est le semeur qui sème à tout vent. Il espère contre toute espérance et rien ne pourra l’arrêter.

Cette parole est pour nous aujourd’hui. L’évangile évoque quatre terrains différents. Ils correspondent à des attitudes différentes face à la Parole de Dieu. Ce terrain, bon ou mauvais, c’est chacun de nous. Jésus nous parle d’abord du grain qui est tombé au bord du chemin. Sur un sol pierreux, il ne peut germer. Ce terrain rocailleux, c’est l’homme au cœur dur. Il refuse la Parole de Dieu car elle ne l’intéresse pas. Le 2ème terrain c’est celui qui manque de profondeur. Le grain a germé mais il ne peut trouver l’humidité dont il a besoin pour se développer. Il finit par être brulé par le soleil. Cette situation correspond à ceux qui ont accueilli la Parole de Dieu avec joie ; mais un jour, tout s’arrête. Le troisième terrain c’est celui qui est rempli d’épines et de mauvaises herbes. Dans ce milieu, le grain ne peut germer normalement. Chacun de nous peut penser à tant de choses qui font qu’on oublie Dieu. Les soucis du monde et les séductions des richesses prennent le dessus. Ce sont là des pièges qui nous détournent de Dieu.

Puis nous avons la bonne terre. C’est celle où le grain peut prendre racine et se développer. Cette terre c’est l’homme qui est ouvert à la Parole de Dieu. Sur un son favorable, elle ne peut que produire du fruit. Ces fruits, c’est la générosité, le partage, l’accueil des autres, la joie. Jésus nous parle de grains qui produisent 30, 60, 100 pour un. A l’époque de Jésus, une telle récolte est impensable. Mais cette exagération est là pour mieux mettre en valeur la bonne nouvelle. Quand l’Esprit Saint est là, le résultat est extraordinaire. Il suffit de lire le livre des Actes des apôtres pour s’en rendre compte.

A la suite du Christ, nous sommes envoyés être des semeurs de la bonne nouvelle et pour proposer la foi aux hommes d’aujourd’hui. Être missionnaire, c’est aller sur tous les terrains, vers les croyants mais aussi les non croyants et les mal croyants. Nous serons peut-être affrontés à l’hostilité ou à l’indifférence. Mais la grande priorité c’est d’être avec le Christ qui veut à tout prix rejoindre et sauver ceux qui sont loin. Rien ne doit nous empêcher de semer à profusion. Nous n’avons pas à nous préoccuper du temps qu’il faudra pour la croissance. Même si nous ne voyons pas les résultats immédiats, nous ne devons jamais renoncer. Rappelons-nous ce que dit le prophète : Rien ne peut empêcher la parole de Dieu de produire du fruit.

En ce jour, nous te supplions, Seigneur. Toi qui nous choisis pour être les porteurs de ta parole, viens renouveler la foi de tes enfants. Aide-nous à ne jamais oublier que la semence la plus importante c’est celle de l’espérance. Amen.

Prière universelle
Introduction
Avec confiance, unis au Christ et dans l’Esprit qu’il nous partage, confions au Père toutes nos prières.

Intentions
Père, ta Parole ne te reviendra pas sans résultat. Regarde notre monde qui souffre de la violence et de la guerre. Fais grandir la paix en nos cœurs !

Père, ta Parole ne te reviendra pas sans résultat. Regarde notre Église par fois divisée, par fois sourde à tes appels. Fais grandir en nos cœurs la soif de faire ta volonté.

Père, ta Parole ne te reviendra pas sans résultat. Regarde les malades, les souffrants, les exclus… Révèle-leur ta présence et ravive leur espérance.

Père, ta Parole ne te reviendra pas sans résultat. Regarde celles et ceux qui bouchent leurs oreilles et refusent de se convertir. Tu nous as dit : « Moi, je les guérirai ». Fais grandir en nous la foi.

Conclusion
Dieu notre Père, entends les prières que ta Parole nous inspire et aide-nous à croire que rien ne peut lui résister. Par Jésus, ton Fils, notre Seigneur.

 

Saint Benoît (11 juillet 2026)

Quelle sera notre part ?
 
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,27-29.
En ce temps-là, Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »          Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël.        Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
Commentaire
« Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi, quelle sera donc notre part ? » Les apôtres ont parié sur Jésus ; ils ont tout quitté pour le suivre. Aujourd’hui, ils s’interrogent ; mais ils s’interrogent encore de façon toute humaine. Jésus les renvoie à ce qu’il y a de plus important, la vie éternelle.
 
Bien sûr, le disciple de Jésus n’est pas condamné à vivre dans la misère en ce monde. La grâce de Dieu pourvoit à ses besoins réels et même au surplus. Mais ce n’est pas cela qui doit motiver le disciple. Le véritable héritage du chrétien est le cœur de Dieu. Ce trésor est infiniment plus important que toutes les richesses de la terre. Mais pour le découvrir, il faut en faire  l’expérience.
 
Demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à lui donner toute sa place dans notre vie, dans notre cœur : c’est dès maintenant que nous préparons notre vie auprès du Seigneur pour l’éternité ! 
 

Vendredi de la 14ème semaine du temps ordinaire (10 juillet 2026)

Des brebis au milieu des loups
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,16-23.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
« Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » Ainsi donc, les apôtres sont avertis de ce qui les attend. Ils sont livrés, doux et sans défense, à la brutalité et à la force de leurs adversaires. Nous n’oublions pas que cet Évangile a été écrit en période de persécutions. Les chrétiens sont pourchassés, arrêtés et mis à mort. Cet encore plus vrai dans le monde d’aujourd’hui.
 
Face à cette situation, le Christ donne des conseils :  » Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. » Les chrétiens ne doivent pas s’exposer maladroitement. Se jeter dans la gueule du loup n’a rien de vertueux.
 
Même quand tout va mal, les disciples ne doivent pas s’inquiéter. Ils doivent se rappeler que Dieu est toujours près de chacun. La violence, le rejet dont ils sont victimes n’auront pas le dernier mot. « … celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » Demandons au Seigneur que notre confiance en lui ne chancelle jamais.         

Jeudi de la 14ème semaine du temps ordinaire (9 juillet 2026)

Consignes pour la mission 
 

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. » Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. » Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
 
On pourrait appeler ce passage d’Évangile : « consignes pour vivre la mission ».  » Sur votre route, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche. C’est la première consigne que Jésus adresse à ceux qu’il envoie en mission. Elle ne doit jamais être perdue de vue. On cherche parfois Dieu trop loin. En fait, il est là, tout près de nous. Il est en nous-mêmes. Il nous aime tous. Cette bonne nouvelle doit être annoncée au monde entier.
 
 » Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. » Le contenu de l’annonce, ce ne sont pas d’abord des paroles mais des actes de guérison et de libération. Cette attitude est caractérisée par le don, la gratuité, la légèreté de la part du disciple mais aussi l’hospitalité et la paix partagées mutuellement. 
 
 » Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement ». La mission est de l’ordre du don gratuit. Le salut nous est offert à tous gratuitement. Personne ne l’a acheté ni mérité. Il ne vient pas des richesses ni du pouvoir mondain. Il est don de Dieu.
 
Nous chrétiens avons un grand devoir au milieu des hommes : à partir du moment où nous avons accueilli la bonne nouvelle de l’Évangile, nous ne pouvons pas la garder pour nous. Ce don qui nous fait vivre, nous voulons que d’autres gens le vivent aussi.

Mercredi de la 14ème semaine du temps ordinaire (8 juillet 2026)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.

Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation :
Comme les Douze, Jésus nous appelle chacun personnellement ; il n’appelle pas les meilleurs ni les plus méritants. Il choisit toujours ce qui est petit et humble pour faire de grandes choses pour accomplir de grandes choses. C’est vrai aussi pour nous pauvres pécheurs. Nous ne pourrons vraiment accomplir notre mission que si nous sommes vraiment attachés à lui. C’est à cette condition que nous deviendrons disciples-missionnaires.

Pour remplir cette mission, nous cherchons es nouvelles méthodes, des nouvelles techniques ; mais le risque est grand d’oublier l’essentiel. On ne peut être missionnaire que si on est envoyé par Dieu ; comme pour les apôtres, cela implique une vie d’intimité avec le Christ. Ce que nous avons à transmettre, ce n’est pas notre parole mais celle du Christ. Nous ne pourrons accomplir cette mission que si nous sommes unis à lui.

Annoncer la Parole Dieu, ce n’est pas faire du prosélytisme. Comme le disait Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés « de faire croire mais de dire ». Annoncer l’Évangile, c’est annoncer l’amour de Dieu, or l’amour s’offre mais ne s’impose jamais !

Dans un premier temps, les apôtres ne sont pas envoyés vers les Samaritains mais vers les juifs qui pratiquent la même foi. Avant d’évangéliser ceux qui sont loin, nous devons commencer par ceux qui dans notre maison et qui s’éloignent de Dieu. Nous sommes envoyés vers ceux qui nous entourent pour leur annoncer l’amour de Dieu pour eux. Que la Vierge Marie nous aide à accueillir ses paroles et à faire « tout ce qu’il nous dira ».

Mardi de la 14ème semaine du temps ordinaire (7 juillet 2026)

Appelés et envoyés 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
Tout l’Évangile nous montre Jésus qui se donne sans compter. Il est affronté à la mauvaise foi de certains mais rien ne l’arrête : nous le voyons annoncer la bonne nouvelle, témoigner de l’amour et de la miséricorde de Dieu, guérir les malades, réconforter ceux qui sont dans la peine, relever et sauver.
 
Mais il n’a jamais voulu tout faire tout seul. Dès le début de son ministère, il a invité des disciples à participer à la mission que son Père lui avait confiée. Devant l’ampleur de cette mission, il ne leur demande pas d’en faire un peu plus mais de prier le Père d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Leur mission (notre mission) n’est pas de travailler POUR le Seigneur, mais de faire le travail DU Seigneur. 
 
Ces paroles du Christ nous sont adressées à chacun personnellement. C’est lui qui nous appelle et nous envoie. Prions en communion les uns avec les autres pour qu’ils deviennent de plus en plus nombreux ceux et celles qui deviennent témoins du Christ et de son Évangile.

Lundi de la 14ème semaine du temps ordinaire (6 juillet 2026)

Foi, guérison et salut

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
 
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Commentaire
 
«  Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra ».
 »  Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »
 
Voilà deux phrases qui sont le témoignage  »une grande foi. La première  été prononcée par un notable de la ville dans laquelle Jésus se trouvait. Il fallait beaucoup de foi pour demander à Jésus de redonner vie à quelqu’un qui venait de mourir.
 
La deuxième n’a pas été prononcée devant Jésus ; elle a été dite intérieurement par une femme qui cherchait à toucher le manteau de Jésus afin d’être guérie d’une hémorragie dont elle souffrait depuis douze ans. Et Jésus lui annonce que ce n’est pas son geste mais sa foi qui l’a sauvée. Elle pourra donc être réintégrée dans sa communauté et y retrouver toute sa place.
 
Pensons à tous ces gens qui expriment leur foi par des mots et des gestes tout simples : allumer un cierge, tracer sur soi le signe de la croix, dire intérieurement « Jésus, viens à mon aide… » La foi peut accomplir des merveilles; Un jour, Jésus a dit d’une manière imagée qu’elle pouvait déplacer des montagnes.
 
La foi est un don qu’il nous faut demander au Seigneur : « Je crois mais viens en aide à mon manque de foi ». En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il veut nous donner le dynamisme qui transforme les « sauvés » en « sauveurs ». Avec lui, nous pourrons entraîner les malades vers la Source de Vie. Et comme lui, nous tendrons les mains vers les endormis pour les aider à se lever et à marcher. Ils pourront ainsi aller à la rencontre de Celui qui est la vie et la résurrection.

La canicule…

Parler de la pluie et du beau temps peut nous paraître banal. Mais quand il faut supporter la forte chaleur, c’est autre chose.

Dans de nombreux pays c’est bien pire : la sècheresse y est telle qu’on y meurt de faim. C’est là que nous comprenons mieux l’importance de l’eau source de vie. Sans eau, c’est la mort, c’est le désert. Elle est un bien précieux qu’il nous faut préserver et économiser.

C’est vrai, nous souffrons tous de cette situation de nos cours d’eau et de nos champs. Mais n’y aurait-il pas  une sècheresse encore plus dramatique ? Je veux parler de celle du cœur. Nous constatons tous la montée de la violence, du terrorisme, du racisme, de l’indifférence… Des hommes, des femmes des enfants sont morts sous les bombes en Ukraine, en Afrique et ailleurs dans le monde. Des gens ont été retenus en otage contre leur volonté. Des personnes âgées vivent seules chez elles et n’ont aucune visite. La sècheresse du cœur nous empêche souvent de nous ouvrir à leurs souffrances.

C’est là que, nous, chrétiens, nous comprenons mieux une chose : L’eau, source de vie, devient aussi un symbole. Elle est le signe du baptême, le signe de la vie que Dieu nous donne. Mais cette vie a besoin d’être alimentée. Il nous faut réentendre l’appel de Marie à Bernadette de Lourdes : « Allez boire à la fontaine ! » Une fille revenant d’un pèlerinage diocésain nous faisait part de sa réflexion : « J’ai mieux compris ce que signifie aller puiser à la source ». Nous avons tous besoin de temps forts de « ressourcement ». Il s’agit pour nous de puiser à la source de l’amour infini qui est en Dieu.

Oui, bien sûr, mais que diriez-vous de quelqu’un qui va puiser à la fontaine en tenant sa gourde à l’envers ? Elle ne se remplira jamais. Or c’est souvent ce qui se passe dans notre vie quand nous ne sommes pas vraiment réceptifs à l’amour de Dieu.

A la plage, les vacanciers sont nombreux. Ils se font bronzer, côté pile, puis côté face… Le soleil les transforme… Mais le cœur ne change pas. C’est le contact régulier avec le Seigneur qui nous transformera. Lui seul peut nous renouveler par son pardon, nous nourrir de sa parole et de son Eucharistie, nous faire vivre de sa vie.

« Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4:14)

14ème dimanche du Temps ordinaire A (5 juillet 2026)

Venez à moi…

Textes bibliques : Lire
Les lectures bibliques de ce dimanche nous rejoignent dans ce que vit notre monde. Comment ne pas être accablés devant toutes ces souffrances, ces victimes de la haine, de la violence et de l’exclusion ? Le risque est grand de se dire qu’au point où nous en sommes, il n’y a rien à faire. Mais voilà qu’aujourd’hui, la Parole de Dieu vient nous bousculer. Le message qu’elle nous adresse par l’intermédiaire de ses envoyés est porteur d’espérance. Même dans les situations les plus désespérées, le Seigneur est là ; il ne nous abandonne pas. Nous pouvons toujours compter sur lui.

La première lecture nous ramène bien avant Jésus Christ. C’était après le retour de l’exil. Les juifs sont complètement découragés. Leur espoir d’une restauration est déçu. Mais voilà que le prophète intervient vigoureusement pour ranimer leur espérance. Il leur rappelle que Dieu fera naître un univers nouveau. Ce qui frappe le plus c’est le caractère humble et pacifique de ce Messie. Sa monture ne sera pas un cheval, monture de guerre, mais un ânon, symbole de la douceur. Il fera disparaître tout ce qui rappelle la guerre. Il instaurera un avenir de paix, non seulement pour les rescapés mais aussi pour tous les hommes de toutes les nations.

Voilà cette bonne nouvelle que nous découvrons dans le message de Zacharie mais aussi tout au long de la Bible. Il nous dit l’amour passionné de Dieu pour notre monde. C’est de cette bonne nouvelle que témoignent tous les martyrs d’hier et ceux d’aujourd’hui. La violence, la persécution, la haine n’auront pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. Nous sommes tous envoyés pour témoigner de cette bonne nouvelle auprès de tous ceux et celles que nous rencontrons.

Dans sa lettre aux Romains, saint Paul nous parle de l’accomplissement de cette promesse. Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans la mort du Christ pour ressusciter avec lui. Il nous revient d’en tirer les conséquences. Nous ne pouvons plus vivre « sous l’emprise de la chair ». La chair c’est le péché qui nous détourne de Dieu et qui nous conduit vers des impasses. L’apôtre nous recommande de « vivre selon l’Esprit » en nous laissant guider par Dieu. L’Esprit Saint ne demande qu’à prendre possession des croyants pour répandre en eux l’amour qui est en Dieu.

Avec l’Évangile, c’est Jésus qui nous invite à faire un pas de plus : « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous soulagerai. » (Mt 11, 28) Quand Jésus dit cela, il a face à lui des personnes qu’il rencontre chaque jour sur les routes de Galilée, des gens simples, des pauvres, des malades, des pécheurs, des exclus… Les uns et les autres l’ont poursuivi pour écouter sa parole porteuse d’espérance. Jésus lui-même cherchait ces foules lasses et épuisées « comme des brebis sans berger ». Il les cherchait pour leur annoncer le Royaume de Dieu et pour en guérir beaucoup dans leur corps et leur esprit.

Et voilà qu’aujourd’hui, il les appelle à lui : « Venez à moi ! » Il leur promet le réconfort et le repos. Cette invitation de Jésus s’étend jusqu’à nos jours. Il veut atteindre tous ceux et celles qui sont opprimés par les conditions de vie précaires. Chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes de la haine et de la violence des hommes. À cause de la guerre, beaucoup sont obligés de tout quitter pour aller sur une terre étrangère. Et comment ne pas penser aux victimes d’un système économique qui impose aux plus pauvres un fardeau insupportable ?

C’est à tous que le Seigneur s’adresse : « Venez à moi ! » Il promet ce que lui seul peut réaliser. Auprès de lui se trouve le repos. C’est bien mieux que tous les centres de remise en forme qui peuvent améliorer le bien-être physique. Le Christ peut rendre légers ces fardeaux qui alourdissent notre âme. Mais cela ne sera possible qu’à une condition : « Prenez sur vous mon joug. » Pour comprendre cette parole, il faut savoir ce qu’est un joug : C’est un outil qui permettait relier une paire de bœufs l’un à l’autre. Ensemble, ils arrivaient à tirer un attelage qui pouvait être très lourd. Pour un tout seul, ce n’était pas possible, mais à deux, ils étaient plus forts.

Si Jésus nous demande de prendre son joug, c’est pour nous faire comprendre qu’il veut porter avec nous ce fardeau qui nous accable, celui de la souffrance, de la maladie, de la solitude, la fatigue. Et nous n’oublions pas tous ceux et celles qui sont épuisés par les épreuves de la vie. Nous sommes comme les porteurs de l’Évangile qui amènent un homme paralysé à Jésus. C’est la foi de ces porteurs qui les sauvera. Nous ne pouvons pas aller à Jésus sans eux.

En nous rassemblant à l’église, nous sommes venus à Jésus. C’est lui qui nous accueille pour ranimer notre foi, notre espérance et notre amour. Lui seul a « les paroles de la Vie Éternelle ». Qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour en être les témoins fidèles après de tous ceux qu’il mettra sur notre route.

Prière universelle
Introduction
Confions au Seigneur toutes celles et tous ceux qui peinent sous le poids de fardeaux trop lourds.

Intentions
Prions pour les femmes et les hommes qui se sentent écrasés par un travail pénible et éreintant. Seigneur, envoie sur eux ton Esprit.

Prions pour les femmes et les hommes qui ploient sous le joug de relations oppressantes et stressantes. Seigneur, envoie sur eux ton Esprit.

Prions pour les femmes et les hommes qui se sentent écrasés par un passé trop lourd à porter ou par le poids de leur culpabilité. Seigneur, envoie sur eux ton Esprit.

Prions pour les femmes et les hommes qui ploient sous le joug d’un avenir incertain ou de décisions difficiles à prendre. Seigneur, envoie sur eux ton Esprit.

Conclusion
Père, Seigneur du ciel et de la terre, donne la paix profonde du cœur, à tous ces « petits » que tu as choisis pour te révéler, par Jésus, ton Fils, notre Seigneur.

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