Samedi de la 13ème semaine du temps ordinaire (4 juillet 2026)

Le vin nouveau
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 14-17
En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. » © AELF
 
 
Méditation
« Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ?  » Pour comprendre la réponse du Christ, il faut savoir que dans l’Ancien Testament, le jeûne était lié à l’attente du Messie. C’était une manière de montrer qu’on était impatient de le voir arriver. Le sens de la réponse est clair. Nous ne sommes plus au temps de l’attente. Le Messie est là, il est arrivé. Ce type de jeûne n’a plus de raison d’être. Désormais c’est le temps de faire la fête.
 
Ce vin nouveau dont parle Jésus, c’est précisément celui de la fête. Il ne peut y avoir de bon repas sans un bon vin. Mais pour mieux en comprendre la signification, il faut en connaître le symbolisme. Ce vin nouveau évoque le renouveau spirituel qu’apporte le message de l’évangile. Ce vin, on ne le met pas dans de vieilles outres. Il faut l’accueillir avec un cœur renouvelé. Jésus ne vient pas faire du raccommodage. Il fait du neuf. Avec Jésus c’est l’époux qui est là. Il veut nous revêtir des habits neufs de notre beauté retrouvée. Il nous invite à boire le vin de la nouvelle alliance. Il nous offre d’avoir avec Dieu une relation d’amour sans cesse renouvelée. Et si nous jeûnons, ce n’est plus parce que nous attendons le Messie. C’est pour être plus ouverts et plus disponibles à sa présence, son action et son amour.
 
Pour être rayonnants de la nouveauté de l’Évangile, il nous faut l’accueillir en nous et nous en imprégner. Et pour cela, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Chaque semaine, nous sommes invités à nous nourrir de sa Parole et de son Corps. En mangeant le même Pain et en recevant le même Christ, nous ne formons qu’un seul Corps. Si nous lui demandons de nous inoculer son amour passionné pour son Père et pour nos frères, la communauté se transformera ; l’idéal du Christ pénètrera dans nos vies. Beaucoup de choses changeront.
 
Rendons grâce à celui qui est notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer au renouvellement de nous-mêmes, de notre Église et de notre monde. Avec Jésus c’est vraiment un nouveau départ.

3 juillet 2026, Saint Thomas, apôtre

« Mon Seigneur et mon Dieu » 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 24-29 L’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (AELF)
 
 
Méditation
Thomas n’était pas avec ses amis lors de leur première rencontre avec Jésus. Quand ils lui en parlent, Thomas refuse de croire : nous avons entendu ses paroles : si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas mes mains dans son côté, non, je n’y croirai pas. » Bien sûr, nous avons l’habitude de sourire de son incrédulité. Et ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui disent : « Je ne crois que ce que je vois… Comme je ne vois rien, je ne crois pas. » C’est implacable.
 
Mais il est important que nous lisions cet évangile jusqu’au bout. Nous voyons en effet Thomas se mettre à genoux devant Jésus. Il est allé plus loin que les autres dans son acte de foi. Les apôtres avaient reconnu en Jésus l’ami d’autrefois. Mais Thomas fait un pas de plus car il est le premier à dire « Mon Seigneur et mon Dieu ».
 
Comme lui, nous sommes invités à croire en accueillant la présence de Jésus ressuscité et en recevant sa parole. Quand nous rentrons à l’église pour l’Eucharistie ou tout simplement pour la visiter, c’est lui qui nous accueille. Comme Thomas, nous pouvons nous tourner vers lui et lui dire « Mon Seigneur et mon Dieu ».
 

Jeudi de la 13ème semaine du temps ordinaire (2 juillet 2026)

« Voyant leur foi… »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 1-8 En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. » Il se leva et rentra dans sa maison. Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. (AELF)
 
 
Méditation
Jésus, voyant leur foi, dit au paralysé : « Tes péchés sont pardonnés. » Comprenons bien, il ne s’agit pas de la foi du paralysé mais de celle des porteurs. C’est grâce à eux que cet homme est sauvé. C’est important aussi pour nous : quand le prêtre est appelé pour donner le sacrement des malades à une personne éprouvée par la maladie, cette dernière n’est pas toujours consciente. Bien souvent, elle n’est pas en état de comprendre ce qui se passe. Mais le plus important c’est l’attitude de l’entourage. C’est la foi et la prière des porteurs qui sauve le malade. Leur mission, notre mission à tous, c’est de l’amener à Jésus.
 
Si Jésus commence par donner le pardon c’est parce que le péché est le premier de tous les malheurs. Le premier mal de cet infirme ce n’est pas d’être immobilisé par sa paralysie. Le plus grave c’est d’être cloué dans son mal intérieur. Nous aussi, nous pouvons être paralysés par la rancune, l’égoïsme, l’orgueil. Nous devenons alors incapables d’aller vers les autres, incapables d’aimer, de partager, de pardonner.
 
C’est alors que des porteurs interviennent pour nous amener à Jésus. Ces porteurs, c’est la famille, la communauté paroissiale, une communauté religieuse, un groupe de prière, des collègues, des voisins… En nous portant dans leur prière, Ils ont compris que le Christ seul peut nous libérer de nos péchés ; ces péchés paralysent la libre circulation de l’amour entre les hommes. Ils ratatinent les cœurs endurcis par l’égoïsme. Seul l’Amour peut vaincre le péché et redonner vie aux hommes.
 
Nous pouvons aussi nous reconnaître parmi les porteurs. Il y a, en effet, autour de nous des pécheurs paralysés qui ne peuvent pas se sauver eux-mêmes. C’est dans la prière d’intercession que nous les portons à Jésus. Nous souffrons tous de voir tant de haine, de guerres et de violences dans notre monde. Nous sommes désemparés devant tant de souffrances et de catastrophes. Tout cela, nous le portons dans notre prière et nous le remettons entre les mains du Seigneur. Pour lui, il n’y a pas de situation désespérée. À partir d’un mal, il peut toujours faire surgir un bien.
 
L’évangile de ce jour se termine par un appel : « lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison ».
Cette guérison c’est l’image de ce qui se passe dans le pardon : nous sommes libérés de ce péché qui paralyse notre cœur. Avec toute la communauté chrétienne, nous pouvons nous remettre en marche sur le chemin que le Christ nous a ouvert. Nous devenons disponibles aux appels de l’Esprit Saint. Ce pardon nous rend libres pour aimer Dieu car la santé de l’âme c’est d’abord l’amour de Dieu.
 
« Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. » Nous aussi, nous te rendons grâce Seigneur pour ton amour toujours présent et pour tous les bienfaits dont tu nous combles. Nous t’en prions, donne-nous d’en être les témoins émerveillés et actifs chaque jour. Amen

Mercredi de la 13ème semaine du temps ordinaire (1er juillet 2026)

« Sur l’autre rive »
 
Livre d’Amos 5,14-15.21-24.
Cherchez le bien et non le mal, afin de vivre. Ainsi le Seigneur, Dieu de l’univers, sera avec vous, comme vous le déclarez. Détestez le mal, aimez le bien, faites régner le droit au tribunal ; peut-être alors le Seigneur, Dieu de l’univers, fera-t-il grâce à ce qui reste d’Israël. Je déteste, je méprise vos fêtes, je n’ai aucun goût pour vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accueille pas ; vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas. Éloignez de moi le tapage de vos cantiques ; que je n’entende pas la musique de vos harpes. Mais que le droit jaillisse comme une source ; la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais !
Psaume 50(49),7ac-8.9-10.12-13.16bc-17.
« Écoute, mon peuple, je parle ; Moi, Dieu, je suis ton Dieu ! Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices ; tes holocaustes sont toujours devant moi.  Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,28-34.
En ce temps-là, comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin.        Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »   Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés.    Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
Parvenu sur l’autre rive, celle du monde païen, Jésus est affronté aux puissances du mal. Deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre. Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »  Effectivement, ces esprits impurs se sentent menacés par la présence du Seigneur.
 
Jésus permet aux démons d’entrer dans le troupeau de porcs. Aussitôt ces derniers se jettent à la mer. Le cochon est considéré comme un animal impur. Quant à la mer, elle est vue comme le repère des monstres marins… L’impur avec l’impur.
 
Nous vivons dans un monde qui n’aime pas entendre parler de Dieu ni de Jésus. Et pourtant tout l’Évangile nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. La puissance du démon n’aboutit qu’à la mort. Si Jésus vient à nous, c’est pour nous donner la vie, une vie qui a bien plus de valeur que toutes les fortunes matérielles. Nous pouvons nous confier à sa miséricorde, quelle que soit notre déchéance. Libérés et sauvés, nous sommes envoyés pour témoigner de l’action du Christ Sauveur.

Mardi de la 13ème semaine du temps ordinaire (30 juin 2026)

« Seigneur, sauve-nous ! »
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8, 3-27
En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes- vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
AELF
 
 
Méditation
« Jésus monta dans une barque et ses disciples le suivirent ». Jésus vient d’inviter des gens à le « suivre » en prenant consciences des risques et des renoncements que cela suppose. Et voilà que c’est la tempête, une tempête soudaine et extrêmement violente.
 
Cette barque affrontée aux dangers c’est celle de Pierre. À l’époque où Matthieu écrit son Évangile, il s’adresse à des chrétiens persécutés. Beaucoup sont mis à mort à cause de leur foi. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Face à toutes ces tempêtes, il est difficile de croire en Dieu. Pourquoi n’intervient-il pas ?
 
Mais comme les disciples, nous nous tournons vers le Seigneur ; nous le supplions : « Seigneur, sauve-nous, nous sommes perdus. » Cet Évangile est un appel à la foi : le Seigneur est bien présent dans son Église. Il nous promet que les puissances du mal ne l’emporteront pas sur elle. C’est en lui que nous trouvons la véritable paix.

Saint Pierre et Saint Paul (29 juin 2026)

 

Qui est Jésus pour nous ?
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (16, 13-19)
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples: «Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes?» Ils répondirent: «Pour les uns, il est Jean Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes.» Jésus leur dit: «Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je?» Prenant la parole, Simon-Pierre déclara: «Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant!»
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara: «Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas: ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te déclare: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux: tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.» 
©AELF
 
 
Méditation
Jésus s’adresse à Pierre et lui pose une question fondamentale : « Pour vous qui suis-je ? » Et nous avons entendu cette réponse merveilleuse de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » C’est sur cette foi de Pierre que Jésus construit son Église : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église. C’est la foi de Pierre et de Paul qui leur a permis de construire l’église.
 
Comme pour Pierre et Paul, le Seigneur compte aussi sur notre foi. C’est sur la foi de tous les chrétiens qu’il veut continuer à construire son Église. Personne n’a le droit de dire : « Moi, à mon âge, je ne sers plus à rien. » Personne ne doit se sentir inutile.
 
Comme il l’a fait pour Pierre et Paul et bien d’autres, le Seigneur continue à appeler des gens très différents et souvent opposés qui n’étaient pas faits pour aller ensemble. Certains sont appelés comme prêtres, diacres, religieux ou religieuses ; d’autres sont engagés dans des mouvements d’action catholique, d’autres sont dans des services d’Église en tant que catéchistes, animateurs de liturgie, visiteurs de malades, membres de l’hospitalité. C’est à travers tous ces gestes de dévouement et d’accueil et avec des personnes très différentes que l’Église se construit.
 
Aujourd’hui, la question nous est posée : Comment vivons-nous en Église. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être de simples consommateurs qui ne font que demander des services à l’Église. Ce que le Seigneur attend de nous, c’est un engagement de toute notre vie. Il compte sur notre témoignage en paroles et en actes. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est l’amour de tous les jours pour tous ceux qui nous entourent. Que la prière de Pierre et Paul nous obtienne de progresser vers une plus grande communion de foi et de collaboration ! La charité la plus convaincante, c’est celle qui unit les apôtres. 
 

Mon Dieu, je suis là !

J’ai lu quelque part : « Dieu existe, je l’ai rencontré ! ». Ça alors ! Ça m’étonne ! Que Dieu existe, la question ne se pose pas !
Mais que quelqu’un l’ait rencontré, avant moi, voilà qui me surprend ! Parce que j’ai eu le privilège de rencontrer Dieu, juste à un moment où je doutais de lui.

Dans un petit village de Lozère abandonné des hommes, il n’y a plus personne. Et en passant devant la vieille église, poussé par je ne sais quel instinct, je suis entré.

Et là, j’ai été ébloui… par une lumière intense… insoutenable. C’était Dieu… Dieu en personne, Dieu qui priait ! Je me suis dit : « qui prie-t-il ? Il ne se prie pas lui-même ! Pas lui ! Pas Dieu, non ! »
Il priait l’homme, il me priait moi ! Il doutait de moi comme j’avais douté de lui. Il disait : « O homme, si tu existes, un signe de toi ! »
J’ai dit : « Mon Dieu, je suis là ! » Il a dit : « Miracle, une humaine apparition ! »

Je lui ai dit : « Mais mon Dieu, comment pouvez-vous douter de l’existence de l’homme, puisque c’est vous qui l’avez créé ? »
Il m’a dit : « Oui, mais il y a si longtemps que je n’en ai pas vu dans mon église que je me suis demandé si ce n’était pas une vue de l’esprit !
Je lui ai dit : « vous voilà rassuré, mon Dieu : »
Il m’a dit : Oui ! Je vais pouvoir le leur dire là-haut : l’homme existe, je l’ai rencontré ! »

Raymond Devos
Publié dans La Croix le 16 juin 2006

13ème dimanche du temps ordinaire A (2026)

Accueillir

Textes bibliques : Lire
Dans l’Évangile de ce dimanche, le Christ nous adresse des paroles très fortes. Nous y trouvons trois éléments absolument essentiels : l’accueil, l’attachement à Jésus et notre rôle d’ambassadeurs du Christ.

Préférer le Christ ne veut pas dire que nous ne devons pas aimer nos proches. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous lui donnions la première place. Quand le Christ a la priorité dans notre vie, il devient notre modèle. Nous aussi, nous pouvons aimer les autres de plus en plus à la manière de Jésus. Quand des jeunes fiancés décident de s’unir pour la vie, cela ne veut pas dire qu’ils renient leurs familles, leurs parents, leurs amis. C’est la même chose dans notre relation au Christ : le préférer c’est devenir capable d’aimer les autres en vérité. Lui-même nous recommande d’aimer Dieu de tout notre cœur et d’aimer notre prochain comme-nous-mêmes.

Quand saint Matthieu écrit cet Évangile, il s’adresse à des croyants qui devaient faire un choix difficile dans leur démarche de conversion. Bien sûr, ils étaient heureux d’adhérer au christ ; mais en même temps, ils étaient incompris et rejetés par les membres de leurs familles. Ce rejet pouvait aller jusqu’à la persécution. Mais, malgré les menaces, beaucoup ont choisi de rester fidèles à leur attachement au Christ.

Cette communauté primitive était composée de disciples itinérants et de sédentaires. Ces derniers étaient invités à accueillir les autres ; l’accueil est une valeur essentielle dans la religion juive : nous avons pu nous en rendre compte en écoutant la première lecture ; elle nous parle du prophète Élisée qui est accueilli par la Sunamite. Cette femme se montre généreuse car elle a reconnu en lui un homme de Dieu. Mais elle porte en elle une souffrance dont elle ne parle pas : elle n’a pas de fils et son mari est âgé. Avec beaucoup de délicatesse, elle lui promet ce fils qu’elle n’escomptait plus.

En écoutant ce texte de la Parole de Dieu, nous comprenons qu’accueillir l’autre c’est écouter ses confidences, partager ses joies et ses peines. Ce qui est important ce n’est pas la quantité et le luxe mais les qualités de l’accueil. Nous chrétiens, nous avons appris qu’à travers ces personnes que nous rencontrons, c’est Dieu qui est là, c’est lui que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir. N’oublions pas : c’est à nos qualités d’amour et d’accueil que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

Dans sa lettre aux Romains, saint Paul nous parle du jour le plus important de notre vie, celui où nous avons été accueillis dans la grande famille des chrétiens. Nous l’avons compris, c’est du baptême qu’il s’agit. Actuellement, nous avons un peu de mal à nous en rendre compte. Mais il faut savoir que dans l’Église primitive, les nouveaux baptisés venaient d’un monde sans Dieu. Pour eux, la vie n’avait aucun sens. Mais Dieu les a rejoints et les a accueillis. Le baptême était pour eux une nouvelle naissance ; c’était une rupture radicale avec l’existence qu’ils avaient connue jusque-là. Au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père Fils et Saint Esprit. Désormais nous choisissons d’accueillir le Christ et de le mettre au cœur de notre vie.

Notre accueil du Christ et notre attachement à lui nous poussent à l’engagement missionnaire. Jésus qui nous appelle tous à marcher à sa suite n’est pas un maître parmi d’autres. Il est le Fils de Dieu qui est « venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Nous sommes envoyés pour témoigner par notre vie et nos paroles de Celui qui nous habite. Nous contribuons à bâtir ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume de Dieu ; dans ce Royaume, l’écoute de l’autre, l’entraide, la solidarité, le soutien aux autres, la visite aux malades sont prioritaires. C’est Jésus lui-même qui nous le dit : « Tout ce que vous avez ait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

Nous, disciples du Christ, nous sommes donc envoyés. Mais nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas notre propre source : nous ne parlons pas, nous n’agissons pas en notre nom. Nous ne devons pas nous enorgueillir de l’accueil qui est fait à notre témoignage. En effet, c’est Dieu qui agit dans le cœur ce ceux et celles qu’il met sur notre route. Nous devons donc rester très humbles car sans Jésus, rien n’aurait été possible. Le rôle de l’Église, notre rôle à tous, c’est précisément d’accueillir tous ceux et celles qui se sentent attirés par lui. C’est à ces qualités d’accueil que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

Le dimanche, nous sommes réunis pour l’Eucharistie ; c’est Dieu qui nous accueille en sa maison. Il nous invite à son festin. Et à la fin de chaque messe, il nous envoie pour témoigner dans le monde de cet amour gratuit toujours offert. Les occasions ne manquent pas où nous pouvons rendre les autres plus heureux. Ne les manquons pas. À travers eux, c’est le Seigneur qui frappe à notre porte.

Prière universelle
Introduction
L’amour du Seigneur est bâti pour toujours, avons-nous chanté avec le psaume, sa fidélité est plus stable que les cieux. Sûrs de son amour et renouvelés dans notre foi, présentons-lui nos prières

Intentions
Seigneur, ta Parole invite à l’hospitalité. Permets que notre Église soit un lieu d’accueil des différences, et qu’elle soit signe de l’amour que tu portes pour tous les êtres, nous t’en prions.

Seigneur, ta Parole invite au partage. Pour que les dirigeants de nos sociétés restent attentifs aux besoins des plus petits, et qu’ils puissent agir en vérité au service du bien commun, nous te prions.

Seigneur, ta Parole invite à la compassion. Vois la souffrance des personnes qui traversent l’épreuve de la maladie, de la séparation, de la guerre ; pour qu’elles trouvent le réconfort d’une main tendue à leur service, nous te prions.

Seigneur, ta Parole s’adresse à chacun de nous. Aide-nous à changer notre regard pour voir en l’autre un frère ou une sœur, et que ton Esprit nous inspire le geste qui vient du cœur, nous t’en prions.

Conclusion
Guide ton peuple, Seigneur, et remplis-le de ton Esprit afin que le sacrement de l’eucharistie nous mobilise pour le sacrement du frère, par Jésus le Christ notre Seigneur.

Samedi de la 12ème semaine du temps ordinaire 2026

 

La foi d’un païen 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. »
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »
mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.
Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit,
pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
Jésus nous révèle que Dieu est prêt à « craquer » devant celui qui prie à temps et à contretemps et qui reste fidèle dans la prière. Il « craque » devant le centurion romain qui lui dit : «Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Il constate avec émerveillement que des gens qui sont très loin de Dieu font une démarche qui va bien plus loin que celle des plus fidèles.
 
Aujourd’hui encore, des étrangers frappent à notre porte. Des membres d’autres religions cherchent à connaître le message de l’évangile. Des mal-croyants, des indifférents, des gens qui sont très loin de la foi sont présents à nos assemblées lors des mariages et des sépultures. Ils sont plus attentifs qu’on ne le pense à ce qui est dit et vécu. Comment les accueillons-nous ?
 
En cette saison d’été, nous sommes heureux d’accueillir des familles qui demandent le baptême pour leurs enfants. Des jeunes demandent aussi le sacrement de mariage. À travers ces démarches des uns et des autres, Jésus nous fait signe. Il nous rappelle qu’il est le fondement solide sur lequel nous avons à construire notre vie.
 
Oui, la foi des autres nous édifie. Quand on voit vivre certaines personnes, on se sent devenir meilleur. Leur foi nous construit nous-mêmes dans notre relation au Seigneur. Demandons au Seigneur de nous aider à progresser sur ce chemin qu’il est venu nous montrer. Et qu’il nous aide à être de vrais témoins de la foi et de l’espérance pour tous ceux qui nous entourent.

Vendredi de la 12ème semaine du temps ordinaire 2026

Se faire proche

Évangile de Jésus Christ selon saint  Matthieu 8, 1-4
Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent.
Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que Moïse a prescrite : ce sera pour les gens un témoignage. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation    
« Lorsque Jésus descendit de la montagne, des foules nombreuses le suivirent ». Tous veulent l’écouter. Mais pour certains, ce n’est pas possible. Parmi eux, il y a ce lépreux dont nous parle l’Évangile de ce jour. Et pourtant, il a vraiment envie de s’approcher de Jésus. Mais c’était formellement interdit par la loi juive. Le lépreux est un impur ; il doit se tenir à distance. Alors, prenant son courage à deux mains, il s’approche de Jésus et lui adresse cette prière : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »

Et que fait Jésus ? Il s’approche encore davantage et lui tend la main en le regardant. C’est ainsi qu’il nous apprend la proximité. On ne peut pas faire de communauté sans cela.

Plus encore, au moment où Jésus s’approche de l’impur, c’est lui-même qui devient impur. Il prend sur lui notre saleté, nos choses impures, nos péchés. Nous savons qu’il est difficile de faire le bien sans se salir les mains. C’est ainsi que Jésus nous apprend la proximité.

« Va te montrer au prêtre et fais ce qu’on doit faire lorsqu’on est guéri. » Jésus redonne toute sa place à celui qui était exclu de la vie sociale. Il ne met jamais personne dehors. Mais en approchant du lépreux et en le touchant, c’est lui qui devient un exclu pour inclure tous les laissés pour compte et tous les pécheurs que nous sommes.

Le prochain c’est celui dont je me fais proche ; c’est celui que j’ai le courage de toucher quand il est rejeté. Pour comprendre cet appel et y répondre, c’est vers Jésus que nous nous tournons. C’est lui que nous suivons