2 février 2026 : Présentation du Seigneur au Temple

 
La gloire d’Israël
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 22-32
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.
 
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »
© AELF
 
 
Méditation
Le 2 février, les chrétiens célèbrent la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Tous les parents qui faisaient cet acte d’offrande de leur fils premier né. Ils montraient que leur enfant appartenait à Dieu seul. Mais cette fête d’aujourd’hui nous apporte une grande révélation sur le mystère de Jésus. En effet, elle nous montre le vieillard Siméon annonçant que Jésus sera la Lumière des Nations.
 
Ainsi donc, quarante jours après Noël, Jésus est présenté au temple. Nous pouvons imaginer la joie et la fierté de Marie et Joseph qui viennent faire cette démarche. Imaginons aussi la joie de Marie quand elle entend : « Mes yeux ont vu le salut que tu as préparé à la face des peuples. » C’est ainsi que Jésus est présenté comme la Lumière qui vient éclairer les nations païennes. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres, aux exclus et à tous ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. C’est cette joyeuse nouvelle que nous découvrons tout au long des évangiles. Et au moment de quitter les apôtres, le Christ ressuscité leur a confié la mission de la transmettre au monde entier pour qu’elle illumine toute l’humanité.
 
Dès le départ, le vieillard Siméon est émerveillé de découvrir cet avenir nouveau qui se présente. Lui qui est l’homme de l’ancienne alliance devient le témoin privilégié de cette espérance qui est en train de naître pour l’humanité. Et pour lui, le simple fait de voir ce petit enfant, cela lui suffit. Il comprend que c’est lui qui vient apporter le salut à l’humanité.
 
Cette fête d’aujourd’hui, c’est d’abord celle du Christ. Il nous est présenté aujourd’hui comme la gloire d’Israël. Et ce qui est extraordinaire, c’est que ce sont des pauvres qui sont les premiers à faire cette merveilleuse découverte. Cela n’a été possible que parce que ces gens tout simples attendaient la venue du Messie. Siméon était persuadé qu’il allait venir très prochainement. Siméon et Anne n’ont pu avoir cette merveilleuse intuition que parce qu’ils étaient des priants. Anne passait la majeure partie de son temps à jeûner et à prier. Tous deux étaient vraiment à l’écoute de l’Esprit Saint.
 
Nous célébrons le Christ Lumière. Oui, mais la lumière ça peut aveugler. La lumière éclaire, mais parfois elle dérange. Elle montre ce qui n’est pas beau dans nos vies. Et lorsque cela arrive, elle est parfois rejetée. C’est ainsi que Siméon annonce que cet enfant sera un signe de contradiction, qu’il sera rejeté et que les hommes auront à prendre parti pour ou contre lui. Tout cela nous renvoie à la manière dont nous accueillons cette nouvelle qui vient de Dieu. Le Christ est-il vraiment notre lumière ?
 
Aujourd’hui, nous sommes provoqués à revenir à l’essentiel : accueillir cette lumière qui vient de Dieu et devenir lumières pour tous nos frères. Quand nous allons à Lourdes, nous voyons tous ces cierges qui brûlent. Ils voudraient être le symbole de tant de vies humaines qui se consument d’amour pour Dieu et pour leurs frères. Les cierges de la Chandeleur voudraient reprendre cette symbolique.
 
En venant à l’Eucharistie chaque dimanche, nous sommes invités à accueillir cette lumière qui transforme notre vie. La fête de la Présentation, c’est celle de la rencontre avec Jésus. Par Marie, il fait la démarche de venir vers nous. L’Esprit Saint nous pousse sans cesse à aller vers lui. Il nous permet de le voir et de le reconnaître comme Sauveur. Cette fête de la Présentation nous met devant Jésus Lumière des nations. Si nous prenons le temps de vraiment rencontrer le Seigneur, nous serons comme Siméon et Anne qui parlaient de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël.
 
Cette Fête de la Présentation, c’est une fête missionnaire. Nous y découvrons que l’Esprit Saint fait de nous des témoins de la Lumière, des apôtres de Jésus auprès de tous ceux qui attendent leur délivrance. Oui, n’ayons pas peur de rendre compte de l’espérance qui est en nous.




 

4ème dimanche du temps ordinaire – 1er février 2026

Heureux…

Mot d’accueil
Frères et sœurs, malgré l’adversité et les difficultés que nous rencontrons, malgré les tristesses et les chagrins qui nous habitent, gardons foi et espérance dans notre Seigneur qui est notre abri.
Osons reconnaître nos faiblesses et nos pauvretés devant lui, car elles sont les lieux où son amour vient nous rejoindre

Litanie pénitentielle
Seigneur Jésus,
espérance des humbles et des pauvres,
prends pitié de nous.

Ô Christ, source inépuisable
de paix et de pardon,
prends pitié de nous.

Seigneur Jésus, Parole de Dieu
qui relève et fortifie,
prends pitié de nous.

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture – Sophonie 2, 3 ; 3, 12-13
Ce sont les humbles et les petits qui seront épargnés, au contraire de ceux qui commettent bon nombre d’impiétés.

Psaume 145

2ème lecture – 1 Corinthiens 1, 26-31
Dieu choisit ce qui est faible pour confondre ce qui est fort.

Évangile : Matthieu 5, 1-12a

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Cet évangile nous parle de bonheur. C’est un sujet qui nous tient tous à cœur. Nous voulons tous être heureux. Des hommes et des femmes se battent pour de meilleures conditions de vie. En lisant cet évangile, je pensais à tous ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la maladie, l’accident, les tensions familiales, les conflits de générations. Et puis, il y a aussi la solitude, le chômage et la précarité qui nous rendent bien fragiles devant l’avenir. Et pourtant, sur la montagne, Jésus ne voit que des gens heureux. Non ce n’est pas de la provocation ; il veut tout simplement nous inviter à chercher au-delà de l’apparence.

L’important, c’est en effet d’accueillir cet évangile comme une bonne nouvelle pour les petits, les pauvres, les exclus, tous ceux et celles qui sont accablés par toutes sortes de malheurs. Jésus les proclame heureux, non à cause de toutes ces souffrances qui leur sont tombées dessus, mais parce que le Royaume de Dieu est à eux. Grâce à lui, leur vie retrouve un sens nouveau et ils peuvent se remettre en marche. Cette rencontre avec le Christ devient pour chacun le point de départ d’une grande espérance. C’est une invitation pour nous à mettre toute notre confiance en Dieu. Lui seul peut nous combler de ses richesses. Ce cadeau nous est offert gratuitement sans mérite de notre part.

Le problème c’est que certains parmi ces pauvres n’ont plus la force de se lever. Leur cri de souffrance, nous devons l’entendre et le respecter. Jésus a accueilli les malades, les lépreux, les paralysés, les pécheurs. Il a pardonné, guéri, relevé. Aujourd’hui, il compte sur nous pour le porter à tous ceux et celles qui se trouvent sur notre route. Quand nous allons à leur rencontre, ce n’est pas seulement un geste d’amitié. Jésus est là, près de nous ou en nous. Avec lui, nos visites deviennent des « visitations ». C’est toujours un grand bonheur quand le Seigneur vient dans la vie de quelqu’un.

Cet évangile des béatitudes n’est pas une simple leçon de morale. Jésus voudrait nous apprendre à tout voir avec le cœur, et surtout avec le regard de Dieu. La nuit de Noël, nous avons entendu que « Marie méditait ces événements dans son cœur. » C’est un exemple que nous sommes tous invités à suivre. Même quand tout va mal, Dieu est là, et il a un projet d’amour sur nous. Si nous nous arrêtons au seul regard des médias, nous ne pouvons pas nous en rendre compte. Nous devons entendre l’appel du prophète Sophonie : « Cherchez le Seigneur, vous les humbles du pays… Cherchez la justice et la vérité. » Dieu construit son projet avec des petits et des humbles. En choisissant ce qui n’est rien, il exerce sa puissance de Créateur.

Cet évangile nous adresse donc un message de la plus haute importance. Autrefois, on nous a fait apprendre les commandements de Dieu et de l’Église ainsi qu’un certain nombre de prières. Mais la plupart d’entre nous n’avons pas eu à apprendre cet évangile des béatitudes. Et pourtant, c’est la clé de la bonne nouvelle. Il nous montre Jésus qui vient nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos joies et de nos peines. Il ne cesse de nous ouvrir la porte pour le rencontrer. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans le rencontrer. Et quand tout va mal, c’est lui qui nous porte.

Pour vraiment entrer dans le message de cet évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder : il est le pauvre de cœur qui met toute sa confiance au Père et auquel il remet toute sa vie. Il est le bon berger qui prend soin de chacune de ses brebis et qui part à la recherche de celle qui est perdue. Il est le miséricordieux qui vient nous libérer et nous remettre debout. Il est Celui qui donne la paix non pas à la manière du monde mais en se donnant lui-même au nom de l’amour dont il est habité. Il est le juste totalement ajusté à l’amour de son Père. Il est celui qui pleure sur la tombe de son ami Lazare. C’est tout cela et bien plus que nous découvrons en nous tournant vers le Christ.

Jésus ne nous demande pas seulement d’être vertueux, ce qui est déjà pas mal. Ce qu’il veut par-dessus tout, c’est que nous soyons heureux en le suivant. Et il nous indique inlassablement le sentier pour y parvenir : il est notre guide, notre modèle de pauvreté, de douceur. Lui seul peut nous apprendre à vraiment vivre toutes les béatitudes. Alors, n’hésitons pas à nous approcher de lui. Une rencontre avec lui c’est la chance de notre vie. C’est en choisissant de le suivre que nous trouvons le vrai bonheur.

Alors oui, Seigneur, nous venons à toi. Tu es le chemin qui nous conduit vers la vraie vie, vers la joie d’être fils et filles de Dieu en toi. Tu nous demandes de te donner notre misère, nos déséquilibres, nos faiblesses. Tu es capable de prendre tout cela dans ton amour pour nous donner ta vie pour toujours. Nous voulons crier la joyeuse nouvelle :
« Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit
Fait retentir le cri de la Bonne Nouvelle!
Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit
Met à l’œuvre aujourd’hui des énergies nouvelles. »

Prière universelle
Introduction
Chers frères et sœurs, invoquons celui qui nous a appelés à vivre les béatitudes malgré notre faiblesse.

Intentions
Prions pour le pape, les évêques et les prêtres, qui proclament le Royaume de Dieu : que le Seigneur leur donne d’être pauvres de cœur.

Prions pour les peuples qui pleurent, abattus par la guerre et l’injustice : qu’ils puissent un jour goûter la consolation du Seigneur.

Prions pour tous les hommes qui se mettent au service de leurs frères : qu’ils aient toujours plus faim et soif de justice pour en être rassasiés.

Prions pour tous les pécheurs à qui le Seigneur, sans relâche, fait miséricorde : qu’ils apprennent l’amour, et le répandent à leur tour sur leurs frères.

Prions pour tous ceux qui sont en butte à la persécution et à la calomnie : qu’ils puissent se réjouir en unissant leurs souffrances à celles du Christ.

Prions pour nous-mêmes qui marchons dans la foi et désirons voir Dieu : que le Seigneur purifie nos cœurs en cette Eucharistie.

Conclusion
Dieu de bonté qui veut tout don parfait pour ton peuple, ne repousse pas notre prière. Puisque tu nous appelles à te servir dans l’humilité, apprends-nous à rechercher la vraie béatitude, par Jésus le Christ notre Seigneur.

Samedi de la 3ème semaine du temps ordinaire 31 janvier 2026

 « Silence, tais toi ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 35-41 Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »     Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.     Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.     Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »     Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.     Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »     Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » (AELF)
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Méditation
Jésus a prêché toute la journée. Le soir venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive ! » Cette autre rive, c’est celle du monde païen. Là aussi, la Parole de l’Évangile doit être annoncée car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.
 
Or voilà qu’au cours de la traversée, c’est la tempête ; elle devient menaçante. C’est aussi ce qui se produit dans la vie de l’Église. Quand saint Marc écrit son Évangile, les chrétiens sont violemment persécutés. Et nous-mêmes, nous avons parfois à affronter d’autres tempêtes, des scandales des incidents désagréables, des paroles blessantes, des inquiétudes, des peurs qui nous ligotent.
 
Comme les disciples, nous pouvons crier vers le Seigneur : « Maître, nous sommes perdus ! » La bonne nouvelle c’est qu’avec le Christ présent dans notre barque, nous ne courons aucun danger. Encore faut-il que nous acceptions de lui faire confiance et de lui remettre nos vies. Il est toujours présent auprès de nous, même quand il semble dormir. Avec lui, les forces du mal ne peuvent avoir le dernier mot.
Seigneur Jésus, nous croyons en toi. Viens en aide à notre manque de foi.

Vendredi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 30 janvier 2026

La semence qui germe et grandit
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 26-34
En ce temps-là,
    Jésus disait aux foules :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme
qui jette en terre la semence :
    nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
    D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
    Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »
 
    Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
    Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
    Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »
 
    Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
    Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. (AELF)
 
 
Méditation
L’Évangile de saint Marc s’adresse à des chrétiens désemparés. Leur question est de tous les temps : dans ce monde où tout va si mal, où est-il notre Dieu ? Que sont devenues les promesses du Christ ? Comment garder la foi face à toute cette violence. Saint Marc leur rappelle les paroles de Jésus autrefois. Il leur parle de cette semence qui germe et grandit toute seule. Mais entre les semailles et la moisson, il y a beaucoup de temps. C’est une manière de dire que le Royaume de Dieu est en gestation. La récolte viendra mais ce sera pour plus tard. Notre Dieu peut paraître absent mais son action est discrète et efficace.
 
Avec nos yeux et nos oreilles, nous pouvons savoir ce qui se passe dans le monde. Mais pour reconnaître l’action de Dieu, il faut le regard de la foi. Comme les disciples d’Emmaüs, nous reconnaissons la présence du Christ quand il nous explique les Écritures et qu’il nous partage son pain eucharistique. C’est en lui que toute notre vie retrouve son sens. Nous découvrons que même dans les pires épreuves, Dieu ne nous a jamais abandonnés.
 
Concrètement, nous croyons que Dieu agit quand les ennemis enfin se parlent, quand des hommes, des femmes et des enfants sortent du cercle infernal de la rancune et de la violence pour faire des gestes de paix et de réconciliation. Dieu agit quand des savants inventent des moyens pour combattre les maladies. Il est présent quand des équipes s’organisent pour visiter des malades ou des prisonniers. Nous voyons aussi des SDF qui arrivent à lancer des journaux qui redonnent leur dignité à des exclus sur le point de sombrer. C’est ainsi que les signes de la présence de Dieu sont nombreux. Nous sommes comme le paysan de la parabole. Les choses se passent sans que nous n’en sachions rien et sans que nous comprenions comment.
 
Quand nous voyons la vie germer, c’est Dieu qui est là et qui agit. Un jour, Jésus a dit qu’il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Vivre, c’est faire, c’est agir et à certains moments, c’est dormir. Que nous dormions ou que nous nous levions, la semence germe. En attendant la moisson, il nous faut apprendre la patience et surtout la confiance. J’ai fait ce que je devais faire. À toi Seigneur de jouer. Tu m’as demandé de semer des graines d’amour, de justice, de paix, de réconciliation…Mais c’est toi qui donnes à la semence de pousser et de donner du fruit.
 

Jeudi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 29 janvier 2026

 
 La lampe sur le lampadaire 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 21-25
En ce temps-là,
Jésus disait à la foule :
« Est-ce que la lampe est apportée
pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?
N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
Car rien n’est caché,
sinon pour être manifesté ;
rien n’a été gardé secret,
sinon pour venir à la clarté.
Si quelqu’un a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
Il leur disait encore :
« Faites attention à ce que vous entendez !
La mesure que vous utilisez
sera utilisée aussi pour vous,
et il vous sera donné encore plus.
Car celui qui a,
on lui donnera ;
celui qui n’a pas,
on lui enlèvera même ce qu’il a. » (AELF)

 

Méditation
Cette lumière dont nous parle l’Évangile, c’est Jésus lui-même. Il est la Lumière du monde. Il est venu pour éclairer et il l’a fait par toute sa vie privée et publique. Paradoxalement, c’est dans les jours de sa Passion et de sa mort qu’il l’a été le plus intensément.
 
Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes invités à accueillir le Christ Lumière. Nous croyons en lui. Nous sommes appelés à être la lampe qui éclaire la maison. Nous le ferons en témoignant de l’Évangile et surtout par le rayonnement de toute notre vie. Avant d’écouter les chrétiens, on les regarde vivre.
 
Cette Lumière du Christ et de son Évangile nous est confiée. Un jour, nous aurons à en rendre compte. Il y a des silences qui sont des faiblesses et des lâchetés. Si nous voulons être fidèles au Christ, il ne faut pas craindre d’aller à contre-courant de la mentalité du monde. N’oublions jamais que si le Christ nous a appelés, c’est pour que nous soyons avec lui. C’est avec lui que nos communautés seront lumières du monde.
 
Toi qui es Lumière, toi qui es l’Amour,
Mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour

 

Mercredi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 28 janvier 2026

« Écoutez les amis… »  
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 1-20
En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée.
Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui,
si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit.
Il était sur la mer,
et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.
    Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles,
et dans son enseignement il leur disait :
    « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.
    Comme il semait,
du grain est tombé au bord du chemin ;
les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.
    Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux,
où il n’avait pas beaucoup de terre ;
il a levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde ;
    et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé
et, faute de racines, il a séché.
    Du grain est tombé aussi dans les ronces,
les ronces ont poussé, l’ont étouffé,
et il n’a pas donné de fruit.
    Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ;
ils ont donné du fruit
en poussant et en se développant,
et ils ont produit
trente, soixante, cent, pour un. »
    Et Jésus disait :
« Celui qui a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
 
    Quand il resta seul,
ceux qui étaient autour de lui avec les Douze
l’interrogeaient sur les paraboles.
    Il leur disait :
« C’est à vous qu’est donné
le mystère du royaume de Dieu ;
mais à ceux qui sont dehors,
tout se présente sous forme de paraboles.
    Et ainsi, comme dit le prophète :
Ils auront beau regarder de tous leurs yeux,
ils ne verront pas ;
ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles,
ils ne comprendront pas ;
sinon ils se convertiraient
et recevraient le pardon. »
    Il leur dit encore :
« Vous ne saisissez pas cette parabole ?
Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?
    Le semeur sème la Parole.
    Il y a ceux qui sont au bord du chemin
où la Parole est semée :
quand ils l’entendent,
Satan vient aussitôt
et enlève la Parole semée en eux.
    Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence
dans les endroits pierreux :
ceux-là, quand ils entendent la Parole,
ils la reçoivent aussitôt avec joie ;
    mais ils n’ont pas en eux de racine,
ce sont les gens d’un moment ;
que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
ils trébuchent aussitôt.
    Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces :
ceux-ci entendent la Parole,
    mais les soucis du monde, la séduction de la richesse
et toutes les autres convoitises
les envahissent et étouffent la Parole,
qui ne donne pas de fruit.
    Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre :
ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent,
et ils portent du fruit :
trente, soixante, cent, pour un. » © AELF
 
 
Méditation
Cet Évangile nous parle d’abord de Dieu et de nous. Il s’agit d’un Dieu qui « sort » parce qu’il a choisi d’ensemencer la terre. Cette semence c’est la Parole de Dieu. Elle nous dit tout l’amour de Dieu pour le monde. Dieu la répand avec une générosité extraordinaire. Il cherche à rejoindre tous les hommes sur tous les terrains, y compris ceux qui se trouvent dans les situations les plus désespérées. Son message de salut doit être proclamé dans le monde entier. Nous n’oublions pas que les paroles de Jésus sont celles de la Vie éternelle.  
 
L’évangile nous parle de quatre terrains différents, le bord du chemin, le sol pierreux, le sol envahi par les mauvaises herbes et enfin la bonne terre. Ces terrains bons ou mauvais, c’est chacun de nous. D’un côté, nous avons l’homme au cœur dur. Il refuse la Parole de Dieu car elle ne l’intéresse pas. Le deuxième terrain c’est celui qui manque de profondeur. Il a accueilli la Parole avec joie, mais un jour, tout s’arrête. Le troisième terrain c’est celui qui est envahi par les mauvaises herbes. C’est quand nous nous laissons envahir par les soucis de la vie et la séduction des richesses. Nous avons là des pièges qui nous détournent de Dieu.      
 
Puis nous avons la bonne terre. Le grain peut y prendre racine et se développer. Cette terre c’est l’homme qui reste ouvert à la Parole de Dieu. Il s’en nourrit chaque jour et il la met en pratique dans toute sa vie. Sur un terrain favorable, elle ne peut que produire du fruit. Ces fruits, c’est la conversion, c’est la transformation de toute une vie. Ils sont nombreux ceux et celles qui peuvent dire : « Il a changé ma vie ». Quand l’Esprit Saint est là, le résultat est extraordinaire.         
 
À la suite du Christ, nous sommes envoyés pour être des semeurs de la bonne nouvelle et pour proposer l’Évangile aux hommes d’aujourd’hui. Nous avons tendance à nous lamenter sur les églises vides alors que les supermarchés sont pleins. Être missionnaire c’est aller sur tous les terrains, vers les croyants mais aussi les non croyants et les mal croyants. Le Christ veut les sauver tous. À sa suite et avec lui, nous sommes envoyés pour semer à profusion. Il ne s’agit pas de « faire croire mais de dire » et de témoigner de la foi qui est en nous. Même si nous n’en voyons pas les résultats, rien ne peut empêcher la Parole de Dieu de produire du fruit.      
 

Mardi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 27 janvier 2026

La vraie famille de Jésus
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 31-35)
En ce temps-là,
comme Jésus était dans une maison,
    arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors,
ils le font appeler.
    Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
    Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
    Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
    Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (AELF)
 
 
Méditation
Aujourd’hui, Jésus nous fait comprendre que sa vraie parenté n’est pas celle qu’on croit. Les liens du sang, les liens familiaux sont importants mais ils ne sont pas premiers. La vraie famille de Jésus, ce sont « ceux qui font la volonté de Dieu ».
 
À ce titre, Marie est doublement Sa mère. Elle est celle qui a mis Jésus au monde. Mais sa vraie grandeur n’est pas dans les liens du sang. Elle est d’avoir été « l’humble servante de Dieu ». Plus que tout autre, elle est celle qui a fait la volonté de Dieu.
 
Cet Évangile nous annonce une bonne nouvelle : Nous pouvons tous faire partie de la grande famille de Dieu. Nous y sommes entrés au jour de notre baptême. À travers la communauté chrétienne, c’est le Christ qui nous y a accueillis. C’est avec lui que nous apprenons à faire la volonté du Père.
 
En relisant l’histoire du Salut dans la Bible et surtout dans le Nouveau Testament, nous découvrons un Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. Si le Fils de Dieu s’est incarné c’est pour rejoindre ce monde de ténèbres. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est en lui et par lui que nous devenons membres de la famille de Dieu

Saints Timothée et Tite – 26 janvier 2026

La moisson est abondante
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
«Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
«Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants: “Le règne de Dieu est tout proche de vous.”
© AELF
 
 
Méditation
La « joie de l’Évangile » doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.
 
Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze « dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : « Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire ». En dehors du Seigneur, rien n’est possible.
 
Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.
 
À chaque messe, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : « Le règne de Dieu s’est approché de vous. » Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.
 
Cette présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies « comme des agneaux au milieu des loups », rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.
 
 

 

Allez boire à la fontaine

Jeudi 25 février 1858, Bernadette se trouve à la grotte de Massabielle ; elle est accompagnée de 300 personnes. La dame lui demande de boire à la source : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. » Bernadette ne trouvait qu’un peu d’eau vaseuse. Au 4ème essai, elle put boire. La foule l’accuse d’être folle. Elle répond : « C’est pour les pécheurs ».

« Les pécheurs ! Ces personnes qui ont coupé les liens qui les tenaient debout, et tombent à quatre pattes comme des bêtes, qui mangent de l’herbe et se roulent dans la boue ! Mais au fond de la boue, il n’y a pas la boue, il y a la Source. Au fond du péché, il n’y a pas le péché, mais la miséricorde et le pardon. Dieu Amour n’a pas oublié qu’il nous a dit ‘Je te baptise’. Il vient nous redire : ‘Je te pardonne.’ Il vient élargir l’espace de nos cœurs. Il veut faire naître en nous, pécheurs pardonnés, une famille réconfortée dans l’Amour. » Livret des pèlerins de Rodez 2018

À la suite de Bernadette, des foules de pèlerins, arrivés du monde entier, viennent refaire ce geste de boire à la source et s’y laver.

 

3ème dimanche du temps ordinaire (A) – 25 janvier 2026

Lumière sur le pays de l’ombre

« Dieu fait vivre celui qui vient à lui. Il n’est pas nécessaire d’être pur, d’être conforme, d’être digne, d’être brillant. Il suffit de se lever, d’aller vers lui et de dire : Me voici! J’ai faim! »
Charles Singer, Saisons, Desclée, p. 166.

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Aujourd’hui, Dieu nous rassemble et nous partage sa Parole. Mettons-nous à son écoute afin que nous puissions aussi lui répondre par notre prière commune et toute notre vie.

Prière pénitentielle
Seigneur Jésus,
ta Parole nous éclaire et nous guide,
Seigneur prends pitié.

Ô Christ Jésus, ton Évangile nous interpelle
et, avec toi, nous transforme,
ô Christ prends pitié.

Seigneur Jésus, ton appel nous convoque
et, en toi, nous renouvelle,
Seigneur prends pitié.

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture Is 8, 23b-9,3 : Dieu n’oublie pas son peuple…

Psaume Ps 26, 1-4.13-14 :
Ma lumière et mon salut, c’est le Seigneur. Alléluia !

2ème lecture 1Co 1,10-13.17 :
An nom de Jésus qu’il n’y ait pas de division entre nous.

Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Béni soit le Seigneur notre Dieu : sur ceux qui habitent les ténèbres, il a fait resplendir sa lumière. Alléluia.

Évangile Mt 4,12-23 :
Dieu ne cesse d’envoyer vers les païens.

Homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un monde compliqué qui a mauvaise réputation. C’est le cas des territoires de Zabulon et de Nephtali au Nord de la Galilée. Il faut savoir que c’est un lieu de passage proche des régions païennes. On l’appelle “Galilée des nations” parce qu’elle est influencée et contaminée par le monde païen. Mais le prophète réagit. Il annonce que ces territoires vont bénéficier, eux aussi, du salut que le Seigneur prépare. “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les pays des habitants de l’ombre, une lumière a resplendi.”

Or c’est là, dans ce lieu couvert de honte, que Jésus entreprend sa première évangélisation. Tout commence loin de Jérusalem, en plein cœur de ce monde bigarré, un monde païen où l’on ne cesse de s’affronter et de se diviser. Jésus lui-même se rend à Nazareth, une ville dont on se demande ce qu’il peut sortir de bon. Jean Baptiste l’a désigné comme l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. Sa priorité va donc vers ceux qui sont le plus loin de Dieu, ces terres maudites, terres de péché et de ténèbres. Il vient habiter à Capharnaüm ; cette ville évoque encore aujourd’hui le plus sombre désordre.

C’est de la part de Jésus un défi lancé au péché et à Satan. Et c’est en même temps un acte de foi extraordinaire en l’homme. Il aurait pu se dire qu’au point où ils en étaient, il ne pouvait pas compter sur eux. Or c’est exactement le contraire qui se passe : il va jusqu’à choisir ses premiers collaborateurs, ses premiers responsables, parmi les habitants de cette région. S’adressant à Pierre et à André, il leur dit : “Venez à ma suite, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.” Il n’appelle pas des champions de la Bible ou de la liturgie mais des gens tout-à-fait ordinaires, des simples pêcheurs.

Il nous appartient d’en tirer les conséquences pour notre foi. La première, c’est que nous sommes tous appelés tels que nous sommes. Le Seigneur n’appelle pas les plus capables mais il les rend capables. Nous avons des témoignages de repris de justice et même des terroristes qui se sont convertis à Jésus Christ et qui témoignent tant qu’ils peuvent de cette rencontre avec lui. Tout l’Évangile nous montre qu’il est venu “chercher et sauver ceux qui étaient perdus”. C’est ce qui s’est passé pour Saul le persécuteur et bien d’autres.

La bonne nouvelle de l’Évangile est pour tous. Aucun être, aucune situation n’échappe à la proximité et à l’amour de Dieu. C’est pour nous un appel à changer notre regard sur les personnes et sur le monde. Trop souvent, nous avons un regard méfiant ou désabusé. Si nous voulons être disciples et missionnaires, nous devons nous tourner vers le Christ et nous laisser guider par lui. Il nous apprendra à accueillir chacun tel qu’il est, à lui faire confiance et à lui donner toutes ses chances. Nous sommes appelés à être “l’amour du Christ”.

Quand le pape François invitait l’Église à aller vers les “périphéries”, il ne faisait qu’actualiser ce qu’a fait Jésus. Le suivre c’est aller avec lui à la rencontre de toute l’humanité, c’est se rendre proche de chacun et surtout de celui qui vit à la marge. La tentation est grande de se dire : “À quoi bon ? Cela ne sert à rien.” Ce serait oublier que la mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Seigneur. C’est lui qui nous envoie son Esprit saint. Il agit dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Sans lui, rien n’est possible. Jésus le Galiléen est toujours là, vivant et agissant au cœur de son Église. Il est la Lumière pour éclairer toutes les nations. Nous pouvons toujours compter sur lui. Rien ne peut nous séparer de son amour.

Suivre Jésus, ce n’est pas s’enfermer dans un système religieux en se disant qu’on a toujours fait ainsi. Quand il nous appelle, nous devons savoir qu’il nous conduira sur des chemins que nous n’avions pas prévus. C’est en nous rapprochant de lui que nous apprendrons à voir les autres comme des frères. C’est l’appel que nous lance l’apôtre saint Paul à l’occasion de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens. S’adressant à la communauté de Corinthe, il leur rappelle que les rivalités missionnaires sont sans intérêt : il n’y a qu’un seul Seigneur qui envoie Apollos, Paul et Pierre. Les divisions entre chrétiens restent toujours un contre-témoignage.

En ce dimanche, nous entendons l’appel du Christ. Il continue à vouloir sauver ceux qui vont à leur perte. Il nous envoie vers ceux qui ne rentrent pas dans nos églises, ceux qui n’appartiennent pas à nos familles spirituelles, ceux qui, apparemment, vivent dans les ténèbres. Son regard sur la Galilée des nations et les pêcheurs du lac était plein de miséricorde. Il compte sur nous pour avoir le même regard que lui sur le monde d’aujourd’hui. La qualité de notre regard reflète celle de notre foi. Nous n’avons pas à douter de l’attachement de Jésus à chaque être humain. C’est avec lui que nous deviendrons pêcheurs d’hommes.

En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. Nous lui demandons qu’il nous donne la force et le courage pour la mission qu’il nous confie : “Toi qui es la Lumière du monde, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour.”

Sources : Revues Feu Nouveau, = Homélies de l’année liturgique À (Simon Faivre) – Dossiers personnels

 

Prière universelle
Introduction
Chers frères et sœurs, d’un seul cœur, tournons-nous vers le Christ notre Seigneur au Nom duquel nous avons tous été baptisés.

Intentions
– Nous te prions pour les évêques, successeurs des apôtres que tu t’es choisis, et pour tous les pasteurs de nos Églises. Qu’ils mettent tous leurs soins à conduire ton peuple sur le chemin de l’unité.

– Que ton Esprit Saint visite en ces jours tous ceux qui ont été baptisés en toi, afin que chacun cherche l’harmonie de pensées et de sentiments pour aller au-delà de nos divisions.

– Prends pitié de tous les peuples païens à qui ton Évangile n’est pas encore parvenu. Suscite parmi nous des prédicateurs de ton Royaume, et ouvre leurs cœurs à ta Bonne Nouvelle.

– Vois nos maladies et nos infirmités physiques, psychologiques et spirituelles. Vois les jougs qui pèsent sur les épaules de bien des innocents. Viens à notre secours, guéris-nous et délivre-nous.

– Par cette Eucharistie, viens ouvrir nos cœurs et nos mains afin que, par notre charité, la joie de t’appartenir se manifeste à tous ceux qui nous approchent.

Conclusion
Seigneur Jésus, toi qui as été crucifié pour nous, ne repousse pas la prière que nous t’adressons d’un seul cœur. Agis pour nous selon ton amour, car tu règnes pour les siècles des siècles.