Esprit de Pentecôte

La fête de la Pentecôte marque la fin du temps Pascal. C’est le début du temps de l’Église. Les apôtres se trouvaient enfermés au Cénacle ; ils sont poussés dehors par l’Esprit Saint pour proclamer les merveilles de Dieu. Saint Luc nous décrit cet événement dans un langage très imagé. Il nous parle de vent et de feu. Comme un vent violent l’Esprit Saint emporte la peur des apôtres. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres et illumine leur nuit. C’est une opération radicale qui s’opère dans les disciples. Ils pourront désormais proclamer dans toutes les langues les merveilles de Dieu. Et la première de ces merveilles c’est la résurrection du Christ. Ils ne craignent plus de l’annoncer au devant même de ceux qui l’ont fait mourir sur une croix.

Ce qui est merveilleux, c’est de voir que tous ces gens rassemblés autour des apôtres les comprennent dans leur langue maternelle. Il n’y a plus ni grecs ni juifs, ni Crétois ni arabes. L’important n’est pas de parler latin (la langue officielle de l’Église) : c’est dans ma langue, avec les mots de ma maman que j’entends la bonne nouvelle. Évangile parle ma langue et il me parle. Il est offert à tous, aux adolescents comme aux scientifiques, aux banlieusards, aux africains et à tous les autres. Il leur dit des mots que chacun peut comprendre. Fini le jargon d’un autre siècle, d’une autre culture, les mots qu’il faut expliquer longuement avant de les comprendre.

Ce nouveau langage de l’Évangile, c’est celui de l’amour. Et il doit être celui de tous les disciples du Christ. Cela se comprend : L’Esprit de Dieu, c’est l’Amour personnifié. Saint Jean nous le dit à sa manière : “Dieu est Amour”. Au matin de la Pentecôte, les apôtres ont été remplis de l’Esprit Saint. L’amour qui est en Dieu les a envahis. Il en est de même pour nous chrétiens baptisés et confirmés : notre capacité d’amour est habitée par l’amour même de Dieu. Nous sommes créés à l’image de Dieu et appelés à lui ressembler. Et constamment, nous sommes en train d’être modelés par lui à son image. Notre ressemblance avec lui s’affine de plus en plus à mesure que nous laissons l’Esprit de Dieu nous transformer.

Cette image de Dieu est souvent salie par notre péché et celui du monde. Les actes de violence, le racisme, la haine et l’égoïsme sous toutes ses formes sont bien présents. Il y a parfois de quoi se décourager et en avoir la nausée. Mais c’est là, quand tout va mal que nous devons nous tourner encore plus vers le Seigneur et le supplier. En communion les uns avec les autres, nous faisons monter vers lui cette prière : “O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre.” Cet Esprit d’amour vient nous rappeler que le mal n’aura pas le dernier mot. C’est le feu de l’Amour qui vaincra la mort et le péché.

C’est de cela que nous avons à témoigner dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons à lui dire que Dieu l’aime et qu’il veut le guérir et le sauver. En venant à l’Eucharistie le dimanche, nous accueillons cet amour qui est en Dieu pour le communiquer autour de nous. L’Évangile insiste sur cette nécessité absolue de demeurer dans l’amour du Christ. Il nous rappelle le lien profond entre cet amour que nous devons avoir pour le Christ et celui de nos frères : “Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements”. Son commandement, nous le connaissons, c’est de nous aimer les uns les autres. L’amour de Dieu et l’amour des autres sont inséparables. On peut même dire que notre amour pour Dieu se mesure à la qualité de celui que nous avons pour nos frères. “Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas?” (Jean 4. 20)

L’Evangile de Saint Jean nous dit aussi que l’Esprit Saint est un “défenseur”. Nous en avons bien besoin, mais pas devant Dieu car Dieu est amour. Nous n’avons donc pas à avoir peur de Dieu. Si nous avons besoin d’un défenseur, d’un avocat, c’est devant nous-mêmes, devant nos réticences à nous mettre au service des autres. Souvent nous disons : “Je ne suis pas capable… je suis trop jeune… ou trop vieux…” Le défenseur est là pour plaider en nous la cause des autres. C’est nous qu’il vient défendre. C’est à nous de nous laisser modeler tout au long de notre vie à l’image de Dieu.

Ensemble nous le prions
“Esprit de Pentecôte, Souffle de Dieu,
Vois ton Église aujourd’hui rassemblée,
Esprit de Pentecôte, Souffle d’amour,
Emporte-nous dans ton élan,
Emporte-nous dans ton élan.”

Le pont de l’Ascension

Quarante jours après Pâques, nous fêtons l’Ascension de Jésus ressuscité. C’est le jour où il disparaît au regard de ses apôtres. Comme eux, nous avons notre regard tourné vers le ciel. Mais en même temps, nous ne devons pas oublier de regarder vers la terre ; c’est le message de l’ange aux apôtres : “Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?” En d’autres termes, nous chrétiens, nous sommes “citoyens du ciel” ; nous marchons ici-bas vers notre patrie définitive. Oublier notre foi au Christ ressuscité serait pour nous un aveuglement mortel. Mais cela ne doit pas nous faire négliger la mission confiée par le Christ : “Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples…”

A la suite des apôtres, nous sommes envoyés pour proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Le jour de l’Ascension, c’est le temps de l’Église qui commence. Ce que Jésus a fait, l’Église doit le continuer. Il a pardonné ; l’Église pardonne par le sacrement de la réconciliation. Jésus a donné l’Esprit Saint ; l’Église le donne par le sacrement du baptême, celui de la confirmation et celui de l’Ordre. Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. Jésus reste avec nous. Le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes.

En venant à l’église, nous nous imprégnons de l’amour qui est en Dieu ; puis nous sommes envoyés pour le communiquer autour de nous. Le monde doit pouvoir découvrir en nous quelque chose de l’amour passionné de Dieu pour tous les hommes. Il est important que notre cœur soit de plus en plus accordé à son infinie tendresse pour l’humanité. Alors, ne perdons pas une minute. C’est à chaque instant que nous avons à rayonner de cette lumière qui vient de lui.

Cette fête vient donc nous rappeler le but de notre vie. Nous avons pris l’habitude de parler du “pont de l’Ascension”. Quatre jours de congé, c’est très apprécié. Mais en parlant de pont, on ne croyait pas si bien dire. Avec Jésus, l’Ascension est un pont qui nous permet de passer d’une rive à l’autre ; nous sommes en marche vers ce monde nouveau qu’il appelle le Royaume des cieux ; c’est là qu’il veut rassembler tous les hommes. C’est cette bonne nouvelle que nous avons à annoncer aux hommes et aux femmes de notre temps. Rien ne doit l’arrêter. Les violences, les guerres, les catastrophes n’auront pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.

Prière à Notre Dame qui fait tomber les murs

À Bethléem, le mur de séparation construit par Israël passe par le jardin des Sœurs de l’Emmanuel qui se trouvent ainsi illégalement dépossédées de ce qui appartenaient à leur congrégation. Elles ont fait écrire l’icône “Notre-Dame qui fait tomber les murs” à même le béton, et nous offrent cette prière :

Très sainte Mère de Dieu,
Nous t’invoquons comme Mère de l’Église,
Mère de tous les chrétiens souffrants.

Nous te supplions, par ton ardente intercession,
de faire tomber ce mur, les murs de nos cœurs,
et tous les murs qui génèrent haine, violence, peur et indifférence,
entre les hommes et entre les peuples.

Toi qui par ton Fiat as écrasé l’antique serpent,
rassemble nous et unis-nous sous ton manteau virginal,
protège-nous de tout mal, et ouvre à jamais dans nos vies
la porte de l’Espérance.

Fais naître en nous et en ce monde, la civilisation de l’Amour
jaillie de la Croix et de la Résurrection de ton divin Fils,
Jésus-Christ, notre Sauveur, qui vit et règne dans les siècles des siècles.

Mois de Marie

Avec Marie, nous sommes invités à rendre grâce au Seigneur qui continue à faire des merveilles. Dans le monde de Dieu, les premiers sont les derniers ; les exclus, les humbles ont la première place dans son cœur. Marie se reconnaît proche d’eux. Elle nous le montre dans sa prière mais aussi dans son engagement qui l’a poussée à faire ce long déplacement vers sa cousine Elizabeth.

Marie n’a pas hésité à rejoindre Élisabeth avec Jésus en elle. La même Marie continue à nous rejoindre chaque fois que nous l’appelons. Quand elle était au pied de la croix, Jésus lui a confié toute l’humanité : s’adressant à Jean, il dit : « Voici ta mère » et à Marie : « Voici ton fils. » A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. Alors n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner la place d’honneur. Nous pouvons toujours compter sur elle.

Avec Marie, il n’y a pas de situation désespérée. Quand tout va mal, nous pouvons toujours nous tourner vers elle. Quand nous sommes en manque de paix et de joie, elle est là. Et comme à Cana, elle le dit à son Fils. Et Jésus nous invite à « puiser à la Source » de celui qui est l’amour, la paix et la joie. Et quand nous sommes tombés au plus bas, elle se baisse pour nous ramasser. Elle qui a misé toute sa vie sur l’amour, elle nous aide à nous remettre debout pour reprendre notre route à la suite du Christ.

Nous te rendons grâce, Seigneur, pour ce merveilleux cadeau que tu nous fait en nous donnant Marie sa Mère. Elle est celle qui n’a eu comme souci « que tout se passe selon la Parole de Dieu ». Avec elle, nous comprenons que la foi est d’abord un bonheur venu de Dieu.

« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».

De Marie, ce fut l’expérience. Prions-la pour que ce soit la nôtre.

 

Prière à Notre Dame de la Rue

O Marie, toute puissante sur le cœur de Dieu
Regarde donc avec tendresse tous les pauvres que tu nous envoies.
Qu’ils reçoivent alors par Ton intercession bienfaisante,
Le courage de demander aide et soutien,
Le désir de sortir de leurs liens,
La volonté de saisir la main tendue vers eux,
La joie d’être reconnus, comme nous, dans leur dignité,
La force d’accepter, simplement, d’être aimés.

Penche-toi aussi sur ceux qui les accueillent,
Donne-leur un regard compréhensif qui ne condamne pas.
Mets sur leurs lèvres les mots secourables qui encouragent.
Procure-leur la joie dans la réussite, l’humilité dans l’échec.
Fais que chaque jour ils espèrent contre toute espérance.
Embrase leur cœur d’un ardent besoin d’un ardent besoin d’aimer pour servir.

Afin que par Toi et avec Toi, Notre Dame de la Rue,
Chacun se reconnaisse davantage frère de Jésus vivant.

Car la plus grande souffrance du pauvre
C’est que personne n’a besoin de son amitié.
Seigneur, souris-nous dans le regard de Tes pauvres

(Prière proposée par le Secours Catholique)