Nativité de Saint Jean Baptiste (24 juin 2025)

Dieu fait grâce

 Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 57-66.80   Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël. (AELF)

 

Méditation

Le nom de Jean signifie « Dieu fait grâce ». C’est ce qui s’est réalisé : Dieu a fait grâce à Élisabeth et Zacharie. Il leur a donné la joie d’avoir un fils. Dieu fait grâce à son peuple et à toute l’humanité. Il voit les souffrances de son peuple. Beaucoup sont enfermés dans la violence, la haine, l’égoïsme, la rancune. Tout cela ne fait  qu’enfoncer l’homme dans son malheur. Mais comme il l’a fait au temps de Moïse, Dieu intervient pour lui ouvrir un chemin de libération. Au temps de Moïse, Dieu a libéré le peuple hébreu. Désormais, il va le faire pour tous les hommes de tous les temps. La mission de Jean sera précisément d’annoncer et de préparer la venue du Sauveur.
 
Dieu fait grâce, oui, mais sa grâce invite à la conversion, au retournement. On ne peut accueillir le Christ Sauveur qu’en accueillant le message de Jean Baptiste : « Convertissez-vous », disait-il. C’est ainsi que Jean Baptiste a préparé la venue du Christ sauveur. Il l’a montré aux foules de son temps et il les a renvoyés vers lui. À la suite de Jean Baptiste, nous sommes tous appelés à préparer la venue du Sauveur dans nos vies, nos familles, nos associations et nos divers lieux de travail et de loisirs.
 
Préparer les chemins du Seigneur c’est enlever toutes les pierres qui font mal, c’est aplanir toutes les montagnes d’égoïsme, c’est combler tous les fossés creusés par l’indifférence. Tout au long de son ministère, Jean insistait sur le partage, la justice et le respect de l’autre. C’était une première étape car il fallait faire une place nette à celui qui vient. Fêter la naissance de Jean Baptiste nous prépare à fêter celle de Jésus. C’est ce qui se passera à Noël. Mais nous ne devons pas oublier que c’est en nous, dans nos vies, que le Christ veut naître. Et il nous envoie dans le monde pour annoncer à tous que Dieu fait grâce. Nous sommes nés pour être disciples de Jésus et pour préparer le cœur des hommes à l’accueillir.
 
À l’exemple de Jean Baptiste, nous sommes appelés à donner le meilleur de nous-mêmes à cette mission en évitant de nous disperser dans des futilités. Notre mission à tous c’est de travailler chaque jour à la réussite du projet de Dieu qui veut le salut de tous les hommes du monde entier.
 
C’est en vue de cette mission que nous sommes invités à nous nourrir de la Parole du Christ et de son Corps. Dieu a besoin de chacun d’entre nous pour faire connaître son salut. Prions, pour qu’à l’exemple de Jean-Baptiste, nous osions proclamer l’avènement du Royaume…

Lundi de la 12ème semaine du temps ordinaire (23 juin 2025)

La paille dans  l’œil de mon frère
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (7, 1-5)
Comme  les  disciples  s’étaient  rassemblés  autour  de Jésus, sur la montagne, il leur disait: «Ne jugez pas, pour ne pas être jugés; le jugement que vous portez contre les autres, sera porté aussi contre vous; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.
 
«Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors  que  la  poutre  qui  est  dans  ton  œil,  tu  ne  la remarques  pas?  Comment  vas-tu  dire  à  ton  frère: “Laisse-moi retirer la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi? Esprit faux! Enlève d’abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère.»
©AELF
 
 
Commentaire

 

« Ne jugez pas pour ne pas être jugés… » L’unique et vrai jugement c’est celui de Dieu avec sa miséricorde. Prétendre juger celui qui a mal agi, c’est prendre la place du Seigneur en doutant de sa parole. Jésus précise que c’est de la manière dont nous jugeons que nous-mêmes, nous serons jugés.
 
Au jour du jugement, nous voulons tous que le Seigneur oublie les choses laides que nous avons faites  dans notre vie. C’est juste car nous sommes des fils ; et un fils sait qu’il peut compter sur la miséricorde de son père. Mais si nous jugeons constamment les autres, nous serons jugés avec la même mesure. Nous devons donc prendre le temps de nous regarder dans le miroir pour voir comment nous sommes.
 
Nous avons toujours tendance à voir la paille qui est  dans l’œil de notre frère. Mais la poutre qui est dans le nôtre, nous ne la remarquons pas. Juger les autres c’est de l’hypocrisie, c’est vouloir se mettre à la place de Dieu. Nous sommes trop mal placés pour le faire. Le jugement revient à Dieu seul. À notre jugement, il manque la miséricorde.
 
Seigneur, guéris-moi de ma mauvaise vue qui m’empêche d’aimer comme tu aimes.

 

Fête du Saint Sacrement (Année C)

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie
Jésus parlait à la foule du Royaume de Dieu. Il le comparait à une graine de moutarde, du levain, un trésor, une perle, un filet, des invités au festin. A travers ces diverses images, il cherche à donner une idée de ce qu’est le Royaume de Dieu. Il le fait avec des mots humains que tout le monde peut comprendre. Mais il ne se contente pas d’en parler. Il donne aussi à la foule des signes de sa réalisation : “Les aveugles voient, les boiteux marchent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.”

Arrivés au terme d’une journée harassante, les disciples se rendent bien compte que la foule a faim et qu’il vaudrait mieux la renvoyer. Mais Jésus ne l’entend pas ainsi ; s’adressant aux douze, il leur dit : “Donnez-leur vous-mêmes à manger.” Et c’est le récit de la multiplication des pains. Nous le connaissons bien parce que nous l’avons entendu souvent. Mais nous ne devons pas nous contenter de regarder le côté merveilleux de cet événement. Le Seigneur a mieux à faire que de nous en mettre plein la vue ; il a un message de la plus haute importance à nous transmettre.

“Donnez-leur vous-mêmes à manger.” Jésus sait très bien qu’ils n’en sont pas capables. Mais il veut leur faire partager son attention aux autres, son souci de tous. Il est saisi de pitié devant ces foules affamées, pas seulement celles qui sont là, devant lui, mais aussi celles de tous les temps. Les disciples sont prêts à partir pour acheter ce qu’il faut. Mais cela ne convient pas à Jésus. Il a une autre solution, celle du partage. C’était déjà la consigne du prophète Isaïe : “Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile”

Dans l’évangile de ce jour, tout commence par un temps d’organisation : “Faites-les asseoir par groupe de cinquante.” Ce sera sans doute plus commode pour le service mais le plus important est ailleurs. Jésus veut former les disciples à leur mission. C’est à eux de rassembler les foules. Le Royaume de Dieu n’est pas une foule indistincte mais un rassemblement organisé, une “communauté de communautés”. C’est aussi ce qui se passe chaque dimanche dans nos églises. Nous sommes, nous aussi, une communauté organisée et c’est le Seigneur qui nous accueille en sa maison et nous invite à son festin.

Dans le récit de la multiplication des pains, nous retrouvons les mêmes gestes que Jésus au soir du Jeudi Saint : “Il prit les pains et les poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna. Voilà quatre verbes que nous retrouvons dans chacune de nos eucharisties. Nous apportons le pain et le vin, fruit de la terre et du travail des hommes. Nous reconnaissons que tout vient de Dieu. Nous n’en sommes pas les propriétaires mais les intendants. Ce geste répété à chaque eucharistie va peu à peu nous transformer et faire de nous des intendants de nos richesses pour le bien de tous. En demandant à ses disciples de donner à manger à la foule, il voulait leur faire découvrir qu’ils ont des richesses insoupçonnées mais à condition de tout reconnaître comme un don de Dieu.

Il importe que nous en tirions les conclusions : nous ne pouvons pas nous contenter de recevoir le pain de l’Eucharistie et de nous en nourrir. Nous devons aussi le donner à ceux et celles qui nous entourent comme les apôtres l’ont fait. Nous ne pouvons pas nous contenter de prier le Christ pour qu’il donne à manger à ceux qui ont faim. Lui-même nous renvoie à notre mission : prendre ce que nous possédons, même si c’est peu de chose et le partager avec ceux qui ont faim. Une pauvre femme répondait un jour à Saint Vincent de Paul : “Si les pauvres ne partagent pas entre eux, qui le fera ?”

Si nous allons à l’Eucharistie, ce n’est pas seulement pour nous-mêmes mais aussi en portant la préoccupation de tous les autres, de tous ceux et celles qui ont faim, faim de pain, de tendresse, d’amour et de liberté. Le Seigneur ne cesse de nous renvoyer à eux car il ne veut qu’aucun ne se perde : “Donnez-leur vous-mêmes à manger”. Donnez ce qu’il faut de votre temps, de vous-mêmes, de vos disponibilités. Faites tout pour que l’autre vive. On ne peut pas séparer l’Eucharistie de toute cette vie des hommes. L’important c’est que nous lui donnions la petite part de nous-même. Puis quand le repas est terminé, vient un autre service : ramasser soigneusement ce qui reste. En effet, il y aura encore d’autres foules à nourrir. Tout au long des siècles, il faudra continuer à distribuer les dons de Dieu.

En célébrant cette Eucharistie, nous nous tournons vers toi Seigneur. Aide-nous à entrer plus pleinement dans ce mouvement de don total de nous-mêmes avec toi et par toi. Que notre don soit de plus en plus à la mesure du tien, toi qui as tout donné de lui-même pour notre vie et pour la gloire du Père.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : Fête du Saint Sacrement

Puiser à la Source

« Puiser à la Source… » Voilà tout un symbole. Nous l’avons compris, cette source c’est celle dont nous parle l’Évangile, c’est l’eau vive que Jésus propose à la femme de Samarie et à chacun de nous. Cette Source, c’est celle de l’amour qui est en Dieu, un amour qui le pousse à venir chercher et sauver ceux qui étaient perdus. L’image ci-dessus voudrait nous suggérer la surabondance des dons de Dieu.

Comment trouver cette Source ? – Tout d’abord dans la prière qui est un don De Dieu. Jésus nous apprend à nous tourner vers Dieu comme vers un Père plein de tendresse.

Les sacrements : Ils sont le signe de l’alliance entre Dieu et les hommes. Ils sont très importants dans la vie quotidienne. Les sacrements sont des dons de Dieu, des signes de sa tendresse pour les hommes.

La Parole de Dieu : La Bible nous raconte l’alliance que Dieu a conclue avec les hommes. Quelqu’un a dit : « Pour moi, la Bible c’est comme un album de famille. » C’est en lisant la Bible et surtout les Évangiles que nous accueillons « les paroles de la Vie éternelle ».

Cette source n’a rien à voir avec les mares nauséabondes qui nous empoisonnent, celles du péché, celle du vice, celle de l’enfermement… C’est une source d’eau vive… C’est Dieu qui ne demande qu’à combler le monde de son amour.

 » La Source, c’est Dieu le Père qui nous donne son Fils, Jésus Christ : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la Vie éternelle » (Jean 3, 16)

La Source , c’est la personne de Jésus Christ : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive (Jean 7, 37)

La Source , c’est la personne de l’Esprit Saint : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai (le don de l’Esprit Saint) n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » (Jean 4, 14) (Livret du pèlerinage diocésain à Lourdes 2018)

Cette source d’eau vive, il nous faut la montrer à tous ceux et celles qui nous entourent. Nous sommes envoyés pour être les porteurs de cette bonne nouvelle au monde entier : « Allez boire à la Source. »

(Père Jean Compazieu)

J’AI SOIF DE TOI, VIENS ! Approfondissement biblique et théologique du thème : Télécharger

La Bible

Dieu parle

Si la Parole de Dieu est révélée à l’homme, c’est pour que l’homme puisse répondre à cette Parole et entrer en dialogue. Cette Parole révèle une présence et doit prendre vie en celui qui lit.

Parole prophétique :
Dieu parle, il veut encore agir de nos jours. La Bible nous dit : Dieu a tout créé par sa parole (Gn 1) et tout ce que Dieu a dit, devient puissance créatrice : Il dit… et ce fut. Dieu nous montre par là son amour, sa fidélité et sa puissance.
Avant Vatican II, la foi était présentée comme « un ensemble de vérités à croire ». Depuis un siècle, les chrétiens bénéficient du travail des biblistes et des théologiens : se mettre à l’écoute d’un Dieu qui s’est adressé aux hommes comme à des amis, qui veut converser avec eux.

Parole mise par écrit :
La Bible est le livre par excellence, une bibliothèque, un ensemble de livres qui parlent de l’alliance que Dieu a faite avec Israël par l’intermédiaire de Moïse et qu’il a accomplie en Jésus Christ. Elle est Parole de Dieu en langue humaine, parole faite chair

Confiée à des hommes :
Reçue par les apôtres, c’est le dépôt de la foi. Orale ou écrite, elle est confiée à des hommes qui l’accueillent, l’annoncent et la transmettent. Les Écritures sont inspirées, elles nous enseignent la Vérité. La priorité est d’ouvrir à l’homme d’aujourd’hui, l’accès à Dieu, au Dieu qui parle et nous communique son Amour pour que nous ayons la vie en abondance (Jn 10,10)

Inépuisable :
La révélation est close mais vivante. La Tradition se prolonge vivante dans la mission de l’Église à travers les siècles actualisée dans les écrits ecclésiaux. Les textes conciliaires, tel Dei Verbum, nous redisent l’importance de la Parole de Dieu dans la mission de l’Église, ils nous poussent à mieux servir et aimer les Écritures où le Peuple de Dieu entend la Parole de son Seigneur et où tous les hommes sont appelés à trouver le sens de leur vie

Dieu accomplit toujours sa Parole : « Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y remontent pas sans l’avoir fécondée… de même, la parole qui sort de la bouche de Dieu n’y remonte pas sans résultat, sans avoir exécuté sa volonté, sans avoir réussi sa mission » (Is. 55, 10-11)

Lorsque nous lisons la Bible, nous nous approprions le message que Dieu nous adresse aujourd’hui. La Parole de Dieu a une place primordiale dans notre vie personnelle, communautaire et missionnaire.

« Ta Parole est notre pain
Notre vie, notre lumière.
Ta Parole est le chemin
Qui nous guide vers le Père »

Sœur Rachel VERMEERSCH
Prieuré Sainte Solange
Le Châtelet (Cher)

(Chronique des Frères missionnaires et Sœurs des Campagnes N° 275 – juin 2016)

Lire la Bible

Écouter la Bible

Chroniques bibliques (Vidéos de Marie Noëlle Thabut)

Autres Commentaires : 

Se nourrir de la Parole de Dieu

Saint Paul

Écouter la Parole de Dieu avec Radio Espérance

Lecture sainte de la Bible

Année A : Évangile selon saint Matthieu

La joie de l’Évangile

Samedi de la 11ème semaine du temps ordinaire (21 juin 2025)

La vraie priorité

 

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,24-34. En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris  

Méditation :  Cet Évangile nous adresse un appel à la confiance : « Ne vous faites pas tant de soucis pour votre vie, ni pour le corps au sujet du vêtement… Ne vous faites pas tant de soucis pour demain… » Comment recevoir cet Évangile. Jésus ne dit pas qu’il ne faut pas s’occuper de la nourriture ni du vêtement. Il ne dit pas non plus que l’argent est mauvais. Il veut simplement nous inviter à ramener les choses à leur juste niveau : la nourriture, le vêtement et l’argent ne doivent pas être le but premier de notre vie. Ce qu’il nous faut chercher en priorité c’est le Royaume de Dieu et sa justice. Nous sommes créés pour Dieu et pour nos frères. Nous ne pouvons pas laisser l’argent devenir le seul but de notre vie et de nos actions.

En ce siècle de la vitesse, nous entendons dire que « le temps c’est de l’argent ». Le résultat, c’est que dans les bureaux, les usines, les commerces, des hommes et des femmes sont soumis à un rythme infernal. Il faut toujours courir pour sauvegarder l’économie moderne. C’est une cause de nos infarctus, surmenages et dépressions. Pensons à cet homme d’affaires qui a son agenda plein de rendez-vous. Seuls manquent les rendez-vous avec son épouse, ses enfants, avec lui-même et encore plus avec Dieu.

Autre méfait provoqué par le pouvoir de l’argent : Tous les jours, les médias nous parlent d’attaques à main armée, de vols, de délits et malversations en tous genres. Des hommes, des femmes et même des enfants sont réduits en esclavage pour permettre à des riches de s’enrichir toujours plus. Quand il nous gagne, l’argent devient un tyran. Il peut nous entraîner aux pires bassesses. C’est comme une drogue dont on est toujours en manque et qui nous détruit. N’oublions pas que si Judas a trahi Jésus, c’est pour « trente pièces d’argent » (le prix d’un esclave !)

Jésus vient à nous pour nous libérer de toutes ces obsessions qui ne font que nous égarer. Il veut nous rendre disponibles pour l’essentiel, le Royaume de Dieu et sa justice. Cette justice, ce n’est pas seulement l’équité mais aussi la sainteté. Ce qui est premier, ce n’est pas la belle situation. Le seul vrai trésor c’est Jésus ; il ne demande qu’à remplir notre vie de son amour.

Vendredi de la 11ème semaine du temps ordinaire (20 juin 2025)

Notre seul vrai trésor

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,19-23. En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation Jésus nous rejoint dans la situation qui est la nôtre pour nous guider vers une vraie conversion : il nous voit attachés à l’argent et aux biens de ce monde. Beaucoup sont capables du pire pour en avoir toujours plus. Mais en y réfléchissant, nous voyons bien que ces trésors ne pourront jamais nous combler.

Le seul trésor qui a une vraie valeur, c’est l’amour que nous mettons dans notre vie. C’est à cet amour que nous serons jugés. À la fin des temps, le Christ dira : « j’avais faim et vous m’avez donné à manger… J’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Un commentateur a écrit : « Tout ce que le cœur accomplit devient un trésor à emporter ». Nous accueillons cet Évangile comme un appel à puiser à la Source de Celui qui est l’amour.

Jeudi de la 11ème semaine du temps ordinaire (19 juin 2025)

Notre Père… 

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,7-15. En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Commentaire : Il n’y a pas besoin de tant de paroles pour prier. Le Seigneur sait ce que nous voulons lui dire. Il n’est pas nécessaire de faire du bruit pour se faire entendre de Dieu. Ce qu’il nous faut éviter, c’est la « mondanité » qui nous fait claironner pour être vus des autres. Jésus nous apprend à appeler Dieu « Notre Père ». Sans entendre et sans prononcer ce nom, on ne peut pas prier. Ces mots prononcés avec les lèvres doivent être aussi ceux du cœur. Et si nous disons « Notre Père », cela veut dire que nous ne sommes pas des fils uniques. Aucun ne l’est ; nous le sommes avec tous nos frères. Dieu est notre Père à tous.

Cela signifie aussi que si je ne suis pas en paix avec mes frères, je ne peux pas l’appeler Père. C’est vrai que c’est difficile. Mais on ne peut pas prier en conservant de la rancœur pour nos ennemis. 

Mercredi de la 11ème semaine du temps ordinaire (18 juin 2025)

Vivre comme des justes
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
“Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer”. Ce mot “Juste” n’a pas le même sens que dans notre langage actuel. Il ne s’agit pas de l’équité, de la justice sociale pour laquelle on va parfois manifester. Aujourd’hui, Jésus nous parle plutôt de la droiture et de la rectitude. L’important c’est de marcher  droit sous  le  regard  du Seigneur  et de  se  comporter comme un fils envers son Père.
 
Dans cet évangile, nous voyons Jésus aborder trois pratiques de la religion juive : l’aumône, la prière et le jeûne. Pour les croyants, c’était une manière de montrer leur fidélité au Seigneur. Faire l’aumône, c’est ouvrir son cœur à la pitié, c’est nous rendre miséricordieux. À travers cela, on cherche à ressembler au Seigneur qui veut le bonheur de tous ses enfants.
 
Par la prière, nous laissons Dieu nous ajuster à son projet ; nous disons : “Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel…” Et nous attendons de lui qu’il nous enseigne les vrais chemins du Royaume.
 
Par le jeûne, nous cessons de poursuivre ce que nous croyons nécessaire à notre bonheur et qui risque de nous accaparer. Le problème dans ces pratiques, c’est la vanité de celui qui fait sonner les trompettes de la renommée. Il s’arrange pour que tous se rendent bien compte qu’il est un homme de prière et de bonnes œuvres. Il cherche à être admiré. Ses exercices de piété ne sont pas pour la gloire de Dieu mais pour sa gloriole personnelle.
 
Nous avons tous à lutter contre cette tentation de nous valoriser aux yeux des autres, dans le domaine profane comme dans le domaine religieux. Pour nous prémunir contre ces dangers, Jésus recommande le secret. Cela ne signifie pas que la pratique religieuse doit être reléguée dans le domaine du privé. Ce qui nous est demandé, c’est de vivre sous le regard du Père et de tout faire pour sa plus grande gloire.
 
Nous reconnaissons que tout n’est pas toujours très clair dans notre vie. La Parole de Dieu nous lance un appel à nous convertir. C’est un véritable demi-tour que nous avons à faire. Il s’agit de retourner nos pas vers notre Dieu. C’est maintenant le moment favorable. C’est maintenant le jour du Salut. Le Christ est là et il nous attend pour que nous prenions la route avec lui. Prions-le pour qu’il nous donne d’avancer à sa suite dans la paix.