Samedi de la 14ème semaine du temps ordinaire (2025)

 Ne craignez pas

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,24-33.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur.
Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison.
Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Méditation
Jésus nous rappelle que nous ne devons pas craindre. À la suite des apôtres, nous sommes envoyés pour porter la Parole de Dieu. Notre mission est de révéler Celui qui a « les Paroles de la Vie éternelle ». Cette mission ne va pas sans de nombreuses difficultés. Les chrétiens sont chaque jour affrontés à l’incroyance, l’indifférence, la dérision… On les accuse de propager une « idéologie obscurantiste ». Mais le Seigneur nous rassure : « Ne craignez pas… Je suis avec vous. »

Quand saint Matthieu écrit son Évangile, les chrétiens sont persécutés, pourchassés et mis à mort. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Mais il nous faut réentendre cette parole du Seigneur : « Ne craignez pas… N’ayez pas peur… Je suis avec vous ». Les hommes les plus mal intentionnés peuvent tuer le corps mais ils ne peuvent tuer l’âme. Ils ne peuvent rien contre notre dynamisme, notre confiance. Ils ne peuvent pas nous faire douter de l’amour de Dieu. Ce n’est pas le moment de chanceler car le mal n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur le péché et la mort.

Nous chrétiens, sommes donc tous appelés à accueillir le Christ et à le mettre au centre de notre vie. Cet amour qu’il met en nous, il nous faut l’annoncer, le rayonner autour de nous. De nombreux chrétiens s’organisent pour relayer son message à la télévision, la radio, la Presse, Internet et par tous les moyens qui sont à leur disposition. Le Christ compte sur l’engagement de tous ses disciples pour que son Évangile soit proclamé à toutes les nations. Personne ne peut le  faire à leur place.

L’Évangile de ce jour se termine par un avertissement très ferme : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Nous ne devons pas craindre de nous compromettre sans réticence pour le Christ. Dans un milieu hostile ou indifférent, il n’est pas facile d’affirmer sa foi. Et pourtant, même des enfants nous donnent l’exemple. Beaucoup préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi au Christ. C’est important pour nous : nous pouvons toujours compter sur lui, même quand tout va mal.

La bonne nouvelle de ce jour c’est que Dieu ne nous abandonne pas ; bien au contraire, il prend soin de chacun de nous. Il est à nos côtés dans notre combat contre les forces du mal. Son amour nous est acquit une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer. Que l’Esprit Saint soit toujours avec nous pour nous aider à rendre compte de l’espérance qui nous anime. Et que Marie, notre maman du ciel, nous accompagne sur ce chemin.

Saint Benoît

Quelle sera notre part ?
 
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,27-29.
En ce temps-là, Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »          Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël.        Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Commentaire
« Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi, quelle sera donc notre part ? » Les apôtres ont parié sur Jésus ; ils ont tout quitté pour le suivre. Aujourd’hui, ils s’interrogent ; mais ils s’interrogent encore de façon toute humaine. Jésus les renvoie à ce qu’il y a de plus important, la vie éternelle.
 
Bien sûr, le disciple de Jésus n’est pas condamné à vivre dans la misère en ce monde. La grâce de Dieu pourvoit à ses besoins réels et même au surplus. Mais ce n’est pas cela qui doit motiver le disciple. Le véritable héritage du chrétien est le cœur de Dieu. Ce trésor est infiniment plus important que toutes les richesses de la terre. Mais pour le découvrir, il faut en faire  l’expérience.
 
Demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à lui donner toute sa place dans notre vie, dans notre cœur : c’est dès maintenant que nous préparons notre vie auprès du Seigneur pour l’éternité ! 

Jeudi de la 14ème semaine du temps ordinaire

Consignes pour la mission 
 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »
Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures,
ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture.
Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ.
En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »
Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds.
Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Méditation
 
On pourrait appeler ce passage d’Évangile : « consignes pour vivre la mission ».  » Sur votre route, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche. C’est la première consigne que Jésus adresse à ceux qu’il envoie en mission. Elle ne doit jamais être perdue de vue. On cherche parfois Dieu trop loin. En fait, il est là, tout près de nous. Il est en nous-mêmes. Il nous aime tous. Cette bonne nouvelle doit être annoncée au monde entier.
 
 » Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. » Le contenu de l’annonce, ce ne sont pas d’abord des paroles mais des actes de guérison et de libération. Cette attitude est caractérisée par le don, la gratuité, la légèreté de la part du disciple mais aussi l’hospitalité et la paix partagées mutuellement.
 
 » Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement ». La mission est de l’ordre du don gratuit. Le salut nous est offert à tous gratuitement. Personne ne l’a acheté ni mérité. Il ne vient pas des richesses ni du pouvoir mondain. Il est don de Dieu.
 
Nous chrétiens avons un grand devoir au milieu des hommes : à partir du moment où nous avons accueilli la bonne nouvelle de l’Évangile, nous ne pouvons pas la garder pour nous. Ce don qui nous fait vivre, nous voulons que d’autres gens le vivent aussi.

Mercredi de la 14ème semaine du temps ordinaire (2025)

Appelés et envoyés

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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Méditation
Comme les Douze, Jésus nous appelle chacun personnellement ; il n’appelle pas les meilleurs ni les plus méritants. Il choisit toujours ce qui est petit et humble pour accomplir de grandes choses. C’est vrai aussi pour nous pauvres pécheurs. Nous ne pourrons vraiment accomplir notre mission que si nous sommes vraiment attachés à lui. C’est à cette condition que nous deviendrons disciples-missionnaires.

Pour remplir cette mission, nous cherchons es nouvelles méthodes, des nouvelles techniques ; mais le risque est grand d’oublier l’essentiel. On ne peut être missionnaire que si on est envoyé par Dieu ; comme pour les apôtres, cela implique une vie d’intimité avec le Christ. Ce que nous avons à transmettre, ce n’est pas notre parole mais celle du Christ. Nous ne pourrons accomplir cette mission que si nous sommes unis à lui.

Annoncer la Parole Dieu, ce n’est pas faire du prosélytisme. Comme le disait Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés « de faire croire mais de dire ». Annoncer l’Évangile, c’est annoncer l’amour de Dieu, or l’amour s’offre mais ne s’impose jamais !

Dans un premier temps, les apôtres ne sont pas envoyés vers les Samaritains mais vers les juifs qui pratiquent la même foi. Avant d’évangéliser ceux qui sont loin, nous devons commencer par ceux qui dans notre maison et qui s’éloignent de Dieu. Nous sommes envoyés vers ceux qui nous entourent pour leur annoncer l’amour de Dieu pour eux. Que la Vierge Marie nous aide à accueillir ses paroles et à faire « tout ce qu’il nous dira ».

Mardi de la 14ème semaine du temps ordinaire (2025)

Appelés et envoyés 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
Tout l’Évangile nous montre Jésus qui se donne sans compter. Il est affronté à la mauvaise foi de certains mais rien ne l’arrête : nous le voyons annoncer la bonne nouvelle, témoigner de l’amour et de la miséricorde de Dieu, guérir les malades, réconforter ceux qui sont dans la peine, relever et sauver.
 
Mais il n’a jamais voulu tout faire tout seul. Dès le début de son ministère, il a invité des disciples à participer à la mission que son Père lui avait confiée. Devant l’ampleur de cette mission, il ne leur demande pas d’en faire un peu plus mais de prier le Père d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Leur mission (notre mission) n’est pas de travailler POUR le Seigneur, mais de faire le travail DU Seigneur.
 
Ces paroles du Christ nous sont adressées à chacun personnellement. C’est lui qui nous appelle et nous envoie. Prions en communion les uns avec les autres pour qu’ils deviennent de plus en plus nombreux ceux et celles qui deviennent témoins du Christ et de son Évangile.

Lundi de la 14ème semaine du temps ordinaire (2025)

Foi, guérison et salut

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
 
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples.        Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement.                                        Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.         Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors :       « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Commentaire
 
«  Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra ».
 »  Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »
 
Voilà deux phrases qui sont le témoignage  »une grande foi. La première  été prononcée par un notable de la ville dans laquelle Jésus se trouvait. Il fallait beaucoup de foi pour demander à Jésus de redonner vie à quelqu’un qui venait de mourir
 
La deuxième n’a pas été prononcée devant Jésus ; elle a été dite intérieurement par une femme qui cherchait à toucher le manteau de Jésus afin d’être guérie d’une hémorragie dont elle souffrait depuis douze ans. Et Jésus lui annonce que ce n’est pas son geste mais sa foi qui l’a sauvée. Elle pourra donc être réintégrée dans sa communauté et y retrouver toute sa place.
 
Pensons à tous ces gens qui expriment leur foi par des mots et des gestes tout simples : allumer un cierge, tracer sur soi le signe de la croix, dire intérieurement « Jésus, viens à mon aide… » La foi peut accomplir des merveilles; Un jour, Jésus a dit d’une manière imagée qu’elle pouvait déplacer des montagnes.
 
La foi est un don qu’il nous faut demander au Seigneur : « Je crois mais viens en aide à mon manque de foi ». En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il veut nous donner le dynamisme qui transforme les « sauvés » en « sauveurs ». Avec lui, nous pourrons entraîner les malades vers la Source de Vie. Et comme lui, nous tendrons les mains vers les endormis pour les aider à se lever et à marcher. Ils pourront ainsi aller à la rencontre de Celui qui est la vie et la résurrection.

14ème dimanche du temps ordinaire (2025)

Avec le Christ ressuscité,
témoins de la joie de l’Évangile

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie :

“Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez dans l’allégresse, vous tous qui la pleuriez !” Ce sont là les paroles du prophète Isaïe que nous avons entendues au début de la première lecture. Il s’agit d’une invitation à une joie donnée par Dieu. Rendons-nous compte : il crée “des cieux nouveaux, une terre nouvelle, une Jérusalem nouvelle.”


Nous sommes invités à la joie parce que cette Jérusalem est une mère pour nous. Isaïe nous dit que nous serons nourris et rassasiés du lait de ses consolations. Ce lait consolateur dont il est question, c’est “le lait non frelaté de la parole” (2 P. 2. 2). Isaïe nous parle également de la paix “qui déborde comme un torrent”. Cette paix, ce n’est pas seulement l’absence de conflits ; c’est surtout la plénitude de la présence de Dieu, la gloire des nations converties au Seigneur.

Cette Jérusalem dont il est question n’est pas vraiment la Jérusalem terrestre qui est très belle. Ce texte d’Isaïe est une prophétie qui n’est pas encore réalisée. Nous chrétiens, nous comprenons qu’il s’agit de l’Église. Elle est vraiment une mère pour nous : elle nous enfante à travers le baptême, elle nous nourrit de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie ; elle nous annonce quelque chose de la Jérusalem céleste. C’est vers cette joie éternelle que nous marchons. Nous en avons un avant-goût sur cette terre ; elle nous sera donnée en plénitude dans la Jérusalem céleste. “Notre cité se trouve dans les cieux” (Phil 3. 20). St Cyrille d’Alexandrie nous le dit : “Dans l’Église du Christ, pas de place pour la tristesse ; l’Église est riche de l’espérance de la vie sans fin et de la gloire sans déclin”

Cette “joie de l’Évangile” doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.

Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze “dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre”. La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : “Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire”. En dehors du Seigneur, rien n’est possible.

Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.

L’apôtre Paul (2ème lecture) nous montre la réalisation de la prophétie d’Isaïe. Avec Jésus mort et ressuscité, le salut est offert à tous. Il n’est pas le résultat d’une accumulation de bonnes actions ou de mérites. C’est un don gratuit de Dieu. La seule fierté de Paul, c’est la croix du Christ : Elle est la clef qui introduit dans la création nouvelle ; elle nous arrache à toutes les pesanteurs du péché. Au jour de notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu.

En nous rassemblant ici dans cette église, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.

Avec le prophète Isaïe, nous comprenons que la présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies “comme des agneaux au milieu des loups”, rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : 14ème dimanche du temps ordinaire

Sources : Commentaires de Claire Patier – Revue Feu Nouveau – Pour la Célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius) – Saisons bibliques – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye) – Pensées sur l’Évangile de Luc (Schönborn) – Missel communautaire (Michonneau) – Homélies pour l’année C (Amédée Brunot)

Samedi de la 13ème semaine du temps ordinaire (2025)

Le vin nouveau
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 14-17
En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. » © AELF
 
 
Méditation
« Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ?  » Pour comprendre la réponse du Christ, il faut savoir que dans l’Ancien Testament, le jeûne était lié à l’attente du Messie. C’était une manière de montrer qu’on était impatient de le voir arriver. Le sens de la réponse est clair. Nous ne sommes plus au temps de l’attente. Le Messie est là, il est arrivé. Ce type de jeûne n’a plus de raison d’être. Désormais c’est le temps de faire la fête.
 
Ce vin nouveau dont parle Jésus, c’est précisément celui de la fête. Il ne peut y avoir de bon repas sans un bon vin. Mais pour mieux en comprendre la signification, il faut en connaître le symbolisme. Ce vin nouveau évoque le renouveau spirituel qu’apporte le message de l’évangile. Ce vin, on ne le met pas dans de vieilles outres. Il faut l’accueillir avec un cœur renouvelé. Jésus ne vient pas faire du raccommodage. Il fait du neuf. Avec Jésus c’est l’époux qui est là. Il veut nous revêtir des habits neufs de notre beauté retrouvée. Il nous invite à boire le vin de la nouvelle alliance. Il nous offre d’avoir avec Dieu une relation d’amour sans cesse renouvelée. Et si nous jeûnons, ce n’est plus parce que nous attendons le Messie. C’est pour être plus ouverts et plus disponibles à sa présence, son action et son amour.
 
Pour être rayonnants de la nouveauté de l’Évangile, il nous faut l’accueillir en nous et nous en imprégner. Et pour cela, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Chaque semaine, nous sommes invités à nous nourrir de sa Parole et de son Corps. En mangeant le même Pain et en recevant le même Christ, nous ne formons qu’un seul Corps. Si nous lui demandons de nous inoculer son amour passionné pour son Père et pour nos frères, la communauté se transformera ; l’idéal du Christ pénètrera dans nos vies. Beaucoup de choses changeront.
 
Rendons grâce à celui qui est notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer au renouvellement de nous-mêmes, de notre Église et de notre monde. Avec Jésus c’est vraiment un nouveau départ.

Vendredi de la 13ème semaine du temps ordinaire (2025)

« Suis-moi… »
Jésus-Christ selon Saint Matthieu (IX, 9-13).
Jésus sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d’impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : «Ce ne sont pas les gens bien portant qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : ‘C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices’. Car je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs. » (AELF)
 
……………………………………
 
Méditation
Tout au long de la Bible, nous voyons comment Dieu cherche à éduquer son peuple. Il n’a jamais cessé de le rappeler à une plus grande fidélité. Mais le peuple n’a pas compris. Les pharisiens et les docteurs de la loi  en étaient venus à se considérer comme des « purs » et des « justes » ; en face d’eux, il y avait les pécheurs de toutes sortes, les publicains, les prostituées… Bien sûr, ces derniers étaient exclus de tout office religieux car ils ne pouvaient s’approcher de Dieu.
 
Or voilà que Jésus bouleverse complètement ce système. Il lui manque quelqu’un pour compléter le groupe de ses disciples. Et c’est à Matthieu le publicain qu’il dit : « Suis-moi. » Nous comprenons que les gens soient scandalisés. Il était tenu pour malhonnête et infréquentable.
 
Mais à l’appel de Jésus, Matthieu se lève pour le suivre. Quelque chose d’unique et de fort s’est passé dans cette rencontre avec le collecteur d’impôts. Cet appel de Matthieu est une bonne nouvelle pour nous. Chacun est appelé tel qu’il est ; Dieu nous offre de vivre une amitié personnelle avec lui. L’attitude de Jésus c’est celle du médecin qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Son initiative vise à susciter la foi en Dieu qui désire l’amour et non les sacrifices.
 
Jésus  accueille les pécheurs tels qu’ils sont. Il les reçoit sans rien demander d’abord. Sa grande priorité c’est de leur faire découvrir qu’ils sont aimés gratuitement, pour eux-mêmes. Alors, ils pourront apprendre à aimer en vérité et commencer à se convertir en vérité. Telle est la logique de Dieu. Elle est toujours valable pour nous aujourd’hui.
 
Cet évangile nous rejoint et nous interpelle dans ce que nous vivons. Il nous arrive de décréter que telle ou telle personne n’est pas fréquentable et qu’il vaut mieux se méfier. Nous l’enfonçons dans son passé et sa réputation et nous ne lui laissons aucune chance. Comme les scribes et les pharisiens, nous pouvons avoir des paroles dures. Si Jésus avait eu une telle attitude, il n’aurait jamais appelé Matthieu. Ce dernier ne serait pas devenu ce grand apôtre que nous connaissons et nous n’aurions pas bénéficié de son Évangile.
 
La Parole de Dieu de ce jour voudrait nous inviter à changer notre regard sur personnes que nous avons tendance à rejeter. Elles ont la première place dans son cœur. Nous-mêmes, nous n’oublions pas que nous sommes tous pécheurs. Nous aurons toujours besoin de la miséricorde de Dieu. Mais pour que cette miséricorde nous soit accordée, nous devons, nous aussi, l’accorder aux autres.
 
Chaque semaine, nous sommes invités à l’Eucharistie. Nous nous reconnaissons pécheurs devant le Seigneur. Nous accueillons sa Parole porteuse de vie. Nous communions à son Corps et son Sang. Nous faisons le plein de cet amour qui est en Dieu. Puis nous sommes envoyés pour en témoigner et l’offrir à tous ceux que nous rencontrons tout au long de la semaine. Que le Seigneur nous garde fidèles à cette mission !

3 juillet 2025, Saint Thomas, apôtre

« Mon Seigneur et mon Dieu » 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 24-29
L’un des Douze, Thomas
(dont le nom signifie : Jumeau),
n’était pas avec eux
quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Thomas lui dit alors :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (AELF)
 

Méditation
Thomas n’était pas avec ses amis lors de leur première rencontre avec Jésus. Quand ils lui en parlent, Thomas refuse de croire : nous avons entendu ses paroles : si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas mes mains dans son côté, non, je n’y croirai pas. » Bien sûr, nous avons l’habitude de sourire de son incrédulité. Et ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui disent : « Je ne crois que ce que je vois… Comme je ne vois rien, je ne crois pas. » C’est implacable.
 
Mais il est important que nous lisions cet évangile jusqu’au bout. Nous voyons en effet Thomas se mettre à genoux devant Jésus. Il est allé plus loin que les autres dans son acte de foi. Les apôtres avaient reconnu en Jésus l’ami d’autrefois. Mais Thomas fait un pas de plus car il est le premier à dire « Mon Seigneur et mon Dieu ».
 
Comme lui, nous sommes invités à croire en accueillant la présence de Jésus ressuscité et en recevant sa parole. Quand nous rentrons à l’église pour l’Eucharistie ou tout simplement pour la visiter, c’est lui qui nous accueille. Comme Thomas, nous pouvons nous tourner vers lui et lui dire « Mon Seigneur et mon Dieu ».