Jeudi de la 30ème semaine du temps ordinaire

« Allez dire à ce renard… » 
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13, 31-35

En ce jour-là,
quelques pharisiens s’approchèrent de Jésus pour lui dire :
« Pars, va-t’en d’ici :
Hérode veut te tuer. »
Il leur répliqua :
« Allez dire à ce renard :
voici que j’expulse les démons et je fais des guérisons
aujourd’hui et demain,
et, le troisième jour, j’arrive au terme.
Mais il me faut continuer ma route
aujourd’hui, demain et le jour suivant,
car il ne convient pas
qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem.

Jérusalem, Jérusalem,
toi qui tues les prophètes
et qui lapides ceux qui te sont envoyés,
combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants
comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes,
et vous n’avez pas voulu !
Voici que votre temple est abandonné à vous-mêmes.
Je vous le déclare :
vous ne me verrez plus
jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz :
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (AELF)

Méditation 
Hérode cherche à faire mourir Jésus. Les pharisiens l’avertissent de ce danger. Ils lui conseillent de partir sans danger pour échapper à cette menace de mort. Ils auraient dû se réjouir de la venue de Celui qui avait été annoncé par les prophètes. Au lieu de cela, ils cherchent à l’éloigner.

Mais devant Jésus, la menace et la terreur ne fonctionnent pas. Il veut aller jusqu’au bout de sa mission. Il a été envoyé pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Et cette mission trouvera son accomplissement sur la croix. C’est en la regardant que tous les hommes de tous les temps reconnaîtront un signe son amour infini.
 
En se donnant jusqu’au bout, Jésus se veut solidaire de tous les prophètes de tous les temps mis à mort pour la justice. Mais rien ne peut l’empêcher de vouloir « rassembler ses enfants  comme une poule rassemble ses poussins sous son aile ».
 
Changez vos cœurs, croyez à la Bonne Nouvelle
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime !

Mercredi de la 30ème semaine du temps ordinaire

ENTRER PAR LA PORTE ÉTROITE
Évangile selon saint Luc 13, 22-30
En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.” Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.” Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »
© AELF
 
 
Méditation
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ! » Dans certains grands immeubles, on trouve deux portes dont l’une est réservée au service. Celle-ci est étroite et elle donne sur un escalier plutôt raide. Cette image vient nous rappeler l’orientation que nous avons à donner à notre vie. Passer par la porte étroite c’est s’engager dans l’escalier de service, c’est se donner aux autres, c’est accueillir et partager. Chaque jour, l’actualité nous montre des gens qui s’engagent au service de ceux qui ont tout perdu dans les catastrophes qui ne cessent de s’accumuler dans le monde. Ils donnent de leurs temps, de leurs forces et de leur argent pour les aider à sortir de cette situation désastreuse. Tout ce que nous pouvons faire pour aider l’autre à se relever et à retrouver sa dignité prend valeur d’éternité.
 
Cette porte étroite c’est celle que le Christ a franchie. En mourant sur une croix et en ressuscitant, il nous a ouvert un passage ver la Vie Éternelle. Un jour, il a dit : « Je suis la porte des brebis. Celui qui entrera par moi sera sauvé. » Notre entrée dans le Royaume dépend donc de la place que nous donnons au Christ dans notre vie. Le Salut est offert à tous, mais rien n’est possible sans notre accueil. Ce salut est une qualité de vie dans l’amour, une relation dont on jouit ou non. Vouloir faire semblant ne sert à rien. L’amour est vrai ou il n’est pas.
 
En ce jour, nous nous tournons vers toi Seigneur. Nous te redisons notre désir de vivre en toi et d’avancer avec toi. Beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Mais avec toi, tout est possible. Aide-nous à nous débarrasser de tout ce qui nous encombre et de tout ce qui retarde notre marche à ta suite. Que ta parole réveille notre foi. Alors nous pourrons marcher vers toi avec la multitude de ceux que tu appelles. Amen.
 

Saint Simon et saint Jude Apôtres

 Disciples – Missionnaires

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6, 12-19. En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. (AELF)

Méditation : L’Évangile de ce jour nous ramène à un moment où Jésus se prépare à une décision importante : Tout commence par un temps de prière : Il passa toute la nuit à prier Dieu ». C’est un exemple qu’il nous donne : Quand nous avons à faire des choix qui engagent toute notre vie, nous sommes invités à prendre le temps de la prière. C’est ce que nous faisons en commençant chacune de nos journées.

« Le jour venu, il appela ses disciples… » Le disciple, c’est celui qui se met à l’école de son maître ; il le suit et l’écoute. « Il en choisit douze auxquels il donna le nom d’apôtres ». L’apôtre c’est l’envoyé, le missionnaire? Après la Pentecôte, ils seront tous envoyés pour annoncer l’Évangile au monde entier.

En lisant cet Évangile, nous remarquons que Jésus choisit des gens très différents. D’un côté, nous avons Simon le Zélote, farouchement opposé à l’occupant Romain. A l’opposé, nous trouvons Matthieu le publicain qui collabore avec les ennemis d’Israël. Cela nous rappelle que l’amour de Dieu est universel. Royaume de Dieu n’est pas de ce monde

Un dernier point : Jésus n’appelle pas les meilleurs ni les plus méritants. Il choisit toujours ce qui est petit et humble pour faire de grandes choses pour accomplir de grandes choses. C’est vrai aussi pour nous pauvres pécheurs. Nous ne pourrons vraiment accomplir notre mission que si nous sommes vraiment attachés à lui. C’est à cette condition que nous deviendrons disciples-missionnaires.

Lundi de la 30ème semaine du temps ordinaire

Guérison un jour de Sabbat
 
Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Il y avait là une femme, possédée par un esprit mauvais qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l’interpella : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. » Puis, il lui imposa les mains ; à l’instant même, elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu.  
Le chef de la synagogue fut indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat. Il prit la parole pour dire à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Esprits faux que vous êtes ! N’est-il pas vrai que le jour du sabbat chacun de vous détache de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Et cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée il y a dix-huit ans, n’est-il pas vrai que le jour du sabbat il fallait la délivrer de ce lien ? »       
Ces paroles de Jésus couvraient de honte tous ses adversaires, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait. © AELF
 
 
Méditation

L’Évangile de ce jour nous parle d’une femme « possédée par un esprit impur qui la rendait infirme depuis dix-huit ans. Elle est une image très parlante de notre humanité blessée par le péché. La chance de cette femme et la nôtre c’est d’avoir rencontré le Christ : il est venue « chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

 
Comme on pouvait s’y attendre, le chef de la synagogue est indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du Sabbat. À ce sujet, la loi juive était très stricte. Ce jour-là, tout travail est absolument interdit. Pour lui, les prescriptions concernant le repos sabbatique l’emportent sur la guérison d’une pauvre femme ; une seule chose compte : le respect de la loi.
 
Mais le calendrier de Jésus n’est pas celui du chef de la synagogue. Il ne s’est pas trompé de jour pour « redresser » la femme possédée. Ce relèvement, c’est comme un geste de résurrection. En effet, c’est la résurrection de Pâques qui est anticipée dans cette guérison, une résurrection qui se célèbre le jour du Seigneur.
 
 
 

 

 

COMMENTAIRE de l’Évangile (Dieu avec nous aujourd’hui)
Être courbé est un des signes de l’état de pécheur dans l’Écriture. Caïn a la face orientée vers le sol après son meurtre (Genèse 4, 6). Le pécheur ne regarde plus le ciel, il ne le peut plus parce que son péché le lie sous le pouvoir de Satan. Par l’action du Christ, le pécheur est délié de ce pouvoir et peut à nouveau se tenir droit en présence de son Dieu. En l’appelant « Femme », il lui redonne son humanité, en l’appelant « fille d’Abraham », il lui rend sa place dans la communauté des croyants et lui permet de recevoir à nouveau l’héritage promis à Abraham. Par le pardon de Dieu, nous sommes restaurés dans notre humanité et dans notre relation avec Dieu. « La vie de l’homme, c’est la vision de Dieu. » (St Irénée de Lyon)

30ème dimanche du temps ordinaire

Monition d’ouverture
Frères et sœurs, c’est le Seigneur qui nous accueille à sa table. Il nous accueille tels que nous sommes, avec nos pauvretés et nos faiblesses. Présentons-nous à lui avec confiance, son amour est toujours prêt à nous guérir

Prière pénitentielle
De ton peuple rassemblé par ta parole :
Seigneur, prends pitié (bis).

De ton Église rachetée par ton sang :
Ô christ, prends pitié (bis).

De ton Église sanctifiée par ton Esprit :
Seigneur, prends pitié (bis).


LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture – Si 35, 15b-17. 20-22a.
La prière de celui qui vit la pauvreté en son cœur est forcément entendue de Dieu, quel que soit le temps que met sa réponse à se manifester.

Psaume 33

2ème lecture – 2 Tm 4, 6-8. 16-18.
Paul a confiance. Au bout de son chemin de vie, il a la certitude de trouver le Christ à l’attendre.

Évangile : Luc 18, 9-14

Homélie
Dimanche dernier, nous avons entendu une invitation à prier avec insistance et avec foi. Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous rappelle les dispositions intérieures que nous devons avoir.

La première lecture nous invite à rectifier l’image que nous nous faisons de Dieu. Elle vient nous rappeler que “le Seigneur ne fait pas de différence entre les hommes.” Il entend la prière et la plainte du pauvre, de l’opprimé, de la veuve et de l’orphelin. Nous pensons à toutes les victimes de toutes les guerres. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à tant de souffrances. Plus tard, Jésus proclamera que l’Évangile, c’est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres. Et il précisera qu’il se reconnaît à travers celui qui a faim, celui qui est sans vêtement, celui qui est étranger ou prisonnier. À travers eux, c’est lui que nous accueillons ou que nous refusons.

À moment où il écrit sa lettre, l’apôtre Paul se trouve lui aussi en situation de détresse. Il est en prison et il sait que bientôt, il va être exécuté. Toute sa vie a été un combat mais il est resté fidèle jusqu’au bout. Il s’est totalement impliqué dans sa mission qui était d’annoncer l’Évangile aux nations païennes. Il attend maintenant la récompense promise au “serviteur fidèle”, rencontrer le Seigneur et être avec lui dans son Royaume. C’est là son espérance et sa force. Sa prière est entièrement tournée vers Dieu.

L’Évangile est précisément là aujourd’hui pour mettre en valeur la prière du pauvre. Jésus nous raconte une parabole pour faire passer un message de la plus haute importance. Il nous présente un pharisien et un publicain. Tous deux montent au temple pour prier. Ils pratiquent la même religion mais ils ne sont pas ensemble. Le pharisien présente à Dieu un bilan impressionnant : il n’a commis aucune faute, il jeûne, il fait l’aumône. Tout ce dont il est fier est sans doute vrai. D’ailleurs, ce n’est pas cela que Jésus lui reproche.

Le problème de cet homme c’est son orgueil. Il est convaincu d’être juste mais il n’a que mépris pour les autres. Il ne se contente pas de se donner des coups d’encensoir. II fait en même temps l’examen de conscience du publicain. Il n’a pas compris que pour être exaucé, il nous faut être plein de bonté et de compréhension pour les autres, même s’ils sont pécheurs. C’est ce que nous rappelle cette journée missionnaire : Dieu veut le salut de tous les hommes.

Bien à distance, nous avons le publicain. C’est un homme méprisé et même détesté de tous. Il a pactisé avec l’occupant romain. De plus, il a rançonné la population. Il s’avoue pécheur et se reconnaît coupable. Il est au fond du gouffre. La seule chose qu’il peut faire c’est d’implorer le pardon de Dieu à son égard : “Mon Dieu, prend pitié du pécheur que je suis.”

En nous racontant cette parabole le Christ vient nous annoncer une bonne nouvelle : il nous dit que Dieu est Amour. Et cet amour va jusqu’au pardon. Tout cela nous est offert gratuitement et sans mérite de notre part. Celui qui se croit supérieur aux autres n’a rien compris. Comment pouvons-nous nous adresser à Dieu si nous n’avons que du mépris pour ceux qui sont autour de nous ? Si nous réalisons quelque chose de bien, ce n’est pas dû à nos mérites mais à l’action du Seigneur en nous. Il attend de nous que nous venions à lui les mains vides pour les remplir de son amour. N’oublions pas qu’il a donné sa vie et versé son sang pour nous et pour la multitude, y compris pour les publicains. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il compte sur nous pour les aimer et les porter dans notre prière.

En célébrant cette Eucharistie, nous venons nous nourrir de la Parole de Dieu et de son Corps. Le Seigneur se donne à nous pour nous, il vient nous remplir de force pour annoncer l’Évangile. Cette force, c’est la grâce du baptême sans cesse vivifiée par l’Eucharistie. Nous le prions pour que tous les hommes puissent entendre et accueillir cette Bonne Nouvelle que tu es venu apporter au monde.


Prière universelle
Confiants en la miséricorde du Père, adressons-lui notre supplication pour tous les hommes. Nous le croyons : elle parviendra jusqu’au ciel.

1. Donne à ton Église un cœur de pauvre, Seigneur. Qu’elle soit accueillante à tous les hommes, miséricordieuse envers les exclus, impartiale envers les personnes, nous t’en prions.

2. Entends les cris de celles et ceux qui t’appellent, Seigneur. Que chacun découvre ta présence à ses côtés, ta lumière et le réconfort de ta bonté, nous t’en prions.

3. Accorde à tous les baptisés la force de ton Esprit, Seigneur. Qu’ils soient de bons relais de l’annonce de l’Évangile en tous lieux d’humanité, nous t’en prions.

4. Révèle ton pardon aux pécheurs en quête de réconciliation. Que personne ne se sente indigne de ta miséricorde qui renouvelle toute vie, nous t’en prions.

5. Sois aux côtés de tous les missionnaires, Seigneur. Que les jeunes s’interrogent sur leur vocation et se sentent responsables, avec tous, de l’évangélisation, nous t’en prions.

Réponds aux appels de ton Église, Seigneur, pour qu’elle annonce ton amour à tous les hommes. Exauce nos prières, par le Christ, notre Seigneur. – Amen.

Télécharger : 30ème dimanche du temps ordinaire

Samedi de la 29ème semaine du temps ordinaire

Convertissez-vous
 
Évangile selon saint Luc (13, 1-9)
Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. Jésus leur répondit: «Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort? Eh bien non, je vous le dis; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? Eh bien non, je vous le dis; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière.» Jésus leur disait encore cette parabole: «Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron: “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol?” « Mais le vigneron lui répondit: “Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.”»
© AELF
 
Méditation
Tous les jours, les médias nous accablent de mauvaises nouvelles, des drames de plus en plus atroces. Et alors, on se pose la question : où est-il notre Dieu ? que fait-il ? Il nous faut relire la réponse de Jésus : Nous n’avons pas le droit de dire que ces  malheurs viennent de Dieu. Ce serait trahir son image. En effet, Dieu est notre Père, un Père qui aime chacun de ses enfants et qui ne veut que leur bonheur. Mais Jésus en profite pour nous faire comprendre une chose importante : nous avons tous à nous remettre en cause ; nous devons interpréter ces événements comme des signes qu’il nous donne.
 
Ce n’est pas notre péché qui entraine la condamnation mais notre refus de nous convertir. « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez comme eux. » Non ce n’est pas une menace, ce n’est pas Dieu qui va nous faire périr ; c’est nous qui allons à notre perte. C’est pour cela que le Christ nous demande instamment de ne pas remettre à demain notre conversion. La mort peut arriver à l’imprévu. Le danger le plus grave c’est celui de la mort éternelle, celle qui sépare définitivement l’homme de Dieu. Chacun est donc invité à se convertir, changer de comportement et se détourner de ses péchés. Dieu ne veut que notre bonheur. Il attend de nous une vie belle et fructueuse. Mais si nous refusons d’entendre son appel, c’est nous qui faisons notre malheur.
 
Tout au long de notre vie, le Seigneur ne cesse de nous appeler à revenir vers lui. Il voit notre misère, notre péché et il veut nous en libérer. Le sacrement du pardon nous est offert pour accueillir cet amour libérateur. L’histoire du figuier est là pour nous rappeler qu’il y a une chance. C’est Dieu qui nous l’offre. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. » (Ps 94) Oui, nous te supplions, Père, allume en nous le feu de ton amour.
 

Vendredi de la 29ème semaine du temps ordinaire

Reconnaître les signes des temps »
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 54-59
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive. Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison. Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. » (AELF)
 
 
Méditation
Jésus est absolument indigné par la stupidité des gens qui l’écoutent. Ils savent très bien reconnaître les signes météorologiques qui annoncent la pluie ou la chaleur. Alors pourquoi ne comprennent-ils rien aux signes « de ce temps » marqué par la présence de Jésus ? Ils l’ont vu accomplir des gestes de puissance, des guérisons, des exorcismes. En lui, c’est Dieu qui vient chez les siens. Mais ceux-ci ne l’ont pas reçu.
 
Le même Jésus est là, bien présent dans nos vies ; mais trop souvent, nous sommes ailleurs ; nous ne le reconnaissons pas. Notre cœur est fermé aux signes qui annoncent la venue de son règne. Ces signes sont à la portée de tous. L’Église est là pour nous aider à les lire. Nous sommes appelés au discernement : c’est Jésus qui est là ; il est la Lumière, la Vérité et la Vie.
 
« Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur,
Mais écoutons la voix du Seigneur. »
 

Jeudi de la 29ème semaine du temps ordinaire

Le feu sur la terre…

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 49-53

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême,
et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,
mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront :
le père contre le fils
et le fils contre le père,
la mère contre la fille
et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »
(AELF)

Méditation
En lisant l’Évangile, nous risquons de comprendre le contraire de ce qu’il veut dire. Ce feu que Jésus est venu apporter sur terre, ce n’est pas le feu destructeur. Il n’a rien à voir avec les bombes qui détruisent des villes entières. Dans le livre de l’Exode, nous lisons l’épisode du buisson ardent : il nous dit l’amour passionné de Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver.         

Ce feu que le Christ désire voir s’allumer, c’est celui de l’amour qui est en lui. Tout l’Évangile nous dit cet amour passionné de Jésus pour son Père et pour tous les hommes : il « nous a aimés comme on n’a jamais aimé ». Son amour pour chacun dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Ce feu qui ne demande qu’à se répandre dans le monde entier, c’est celui de la Pentecôte. Ces langues de feu qui se sont posées sur les apôtres reposent aussi sur chacun de nous et ce feu a pris. Désormais toute notre vie doit être employée à l’attiser. Il ne suffit pas d’être un bon pratiquant. Il importe que toute notre vie se transforme en feu.     

Ce feu c’est aussi celui qui réchauffe. Nous pensons aux disciples d’Emmaüs lors de leur rencontre avec Jésus ressuscité. Ils ne l’ont pas reconnu à ce moment-là ; mais leur cœur était tout brulant quand il leur expliquait les Écritures. Nous aussi, nous pouvons répandre ce feu de l’Amour en réconfortant les désespérés de notre monde. Ce feu est également une lumière qui éclaire notre vie et lui donne un sens nouveau. Cette lumière nous a été transmise au jour de notre baptême. Nous sommes envoyés pour la porter et la rayonner dans ce monde qui en a bien besoin.     

Une autre qualité du feu, c’est de purifier. Il détruit les déchets dans les décharges. Il réduit en cendres tout ce qui est inutile. Les paroles du Christ ont cette puissance purifiante du feu. Elles viennent décaper tout ce qui est contraire à l’amour. Un chrétien ne peut pas bénir tout ce qui se fait dans le monde sous prétexte que c’est « moderne ». Il y a des lois et des pratiques que l’Église désapprouve parce qu’elles sont contraires à l’évangile.       

Mais quand on est animé de cet amour passionné pour Dieu, rien n’est facile. Si nous choisissons de prendre ses paroles au pied de la lettre, on va nous prendre pour des fanatiques ou des intégristes. On va nous accuser d’être entrés dans une secte. Il y aura des conflits à l’intérieur des familles. Ces conflits ne sont pas voulus par le Christ. Mais de fait, dans une même famille, il y a ceux qui adhèrent à lui et ceux qui le rejettent. Sa parole nous invite à prendre position contre tout ce qui est contraire à l’amour, y compris à l’intérieur de nos familles. 

Dans de nombreux pays, ceux qui se convertissent à l’Évangile du Christ sont poursuivis, emprisonnés et mis à mort. Nous en avons tous les jours de très nombreux témoignages. Vis à vis de Jésus, il n’y a pas de compromis possible : ou bien on se tourne vers lui et on s’efforce de le suivre, ou bien on regarde vers soi-même, vers son seul profit… et alors le feu s’éteint. 

Pour remplir sa mission l’Église a besoin de chrétiens vraiment passionnés de cet amour qui est en Dieu. François Mauriac disait : « Si vous êtes un disciple du Christ, beaucoup se réchaufferont à ce feu. Mais les jours où vous ne brûlez pas d’amour, d’autres mourront de froid. » Alors oui, laissons ici-bas nos cœurs s’embraser de cet amour qui est en Dieu pour le communiquer à tous ceux qui nous entourent.    

 

Mercredi de la 29ème semaine du temps ordinaire

Se tenir prêt
Évangile selon saint Luc (12, 39-48)
Jésus disait à ses disciples: «Vous le savez bien: si le maître de maison connaissait l’heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts: c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.» Pierre dit alors: «Seigneur, cette parabole s’adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde?» Le Seigneur répond: «Quel est donc l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare: il lui confiera la charge de tous ses biens. «Mais si le même serviteur se dit: “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, son maître viendra le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue: il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. «Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. «À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.» (AELF)
 
Méditation
« C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Non, ce n’est pas une menace. Jésus nous recommande de vivre chaque heure sans le perdre de vue. Il n’est pas un juge qui attend le moment de châtier. Il est celui qui s’est librement livré pour nous. Il a fait une alliance éternelle avec nous. Il nous invite à vivre dans la confiance. Ne passons pas un jour sans penser à lui, sans tourner vers lui notre regard, sans faire monter vers lui notre prière.
 
Se tenir prêt, ce n’est pas vivre dans l’angoisse. C’est vivre d’un amour  qui ne décevra pas. Cet amour que nous avons pour lui est une réponse à l’amour passionné qu’il a pour chacun de nous, un amour qui est allé jusqu’au don de sa vie sur la croix. Tenons-nous prêts à accueillir cet amour qui nous éblouira et nous réjouira.
 
Demandons au Seigneur que chaque jour de notre vie nous prépare à le rencontrer dans les cieux.
 

Mardi de la 29ème semaine du temps ordinaire

« Restez en tenue de service… »


Évangile de Saint Luc 12, 35-38

Jésus disait à ses disciples: «Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.
«Amen, je vous le dis: il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S’il revient vers minuit, ou plus tard encore, et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils!
Vous aussi, tenez-vous prêts: c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.» (AELF)


 Méditation
L’Évangile de ce jour nous invite à rester en tenue de service et à garder nos lampes allumées. 
 
Être en tenue de service c’est nous mettre humblement au service les uns des autres, en famille, dans nos villages, sur notre lieu de travail et partout où nous vivons. Mais quand Jésus demande aux siens de rester en tenue de service, cela concerne la mission qu’il se prépare à leur confier. C’est toute l’Église qui est au service de l’annonce de l’évangile. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés et envoyés par le Christ  pour témoigner de l’espérance qui nous anime.
 
« Gardez vos lampes allumées » : Cette lampe c’est celle de notre conscience. Pour nous chrétiens, c’est celle de notre foi, celle de notre espérance, celle de la prière. « Gardez vos lampes allumées » : Comprenons bien, cette lampe ne peut rester allumée que si nous accueillons la lumière qui vient de Dieu. Cette lumière c’est celle que nous recevons en lisant la Parole de Dieu et en nous nourrissant de l’Eucharistie. Ce qu’il nous faut communiquer au monde, c’est l’amour qui vient de Dieu.
 
C’est chaque jour que nous sommes invités à nous  ouvrir à au Christ qui ne cesse de frapper à la porte de notre cœur. Il veut entrer dans notre vie et y faire sa demeure. C’est avec lui que nous pourrons rester en « tenue de service » et rayonner l’amour qu’il met en nous.