Le temps « ordinaire »

Vous rappelez-vous de l’époque où les voitures roulaient à l’essence ordinaire ou au super ? Un jour, au moment de faire le plein, j’ai lu une petite affichette qui indiquait : « Chez nous, l’ordinaire sort de l’ordinaire ». C’était une manière de souligner la haute qualité du produit en question. Qu’en est-il de notre vie chrétienne ?

Depuis quelques jours, nous voici revenus dans cette période liturgique dite du « temps ordinaire ». Nous venons de vivre les fêtes pascales ; nous avons célébré la victoire du Christ ressuscité vainqueur de la mort et du péché. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il veut nous associer tous à cette victoire. C’est à tous que la bonne nouvelle de l’évangile doit être annoncée.

Tout au long de cette période du temps ordinaire, nous serons invités à marcher en « conduite accompagnée » à la suite du Christ. Quelle que soit notre situation, nous pouvons toujours compter sur lui. Son amour nous est acquit d’une manière définitive. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans passer par lui.

Au plan liturgique, nous serons amenés à vivre des temps forts qui « sortiront de l’ordinaire. » Nous pensons bien sûr à toutes les solennités, les fêtes de Marie, celles des grands saints, mais aussi les « dimanches autrement » ; certains feront peut-être une retraite, un pèlerinage. Nous avons tous besoin de ces temps forts pour nous remettre sur le chemin du Christ.

C’est tous les jours de notre vie que nous avons à redire : « O Seigneur, je viens vers toi… Je te cherche mon Dieu… » Et sur cette longue route, Marie est toujours là. Elle nous redit inlassablement : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Elle nous renvoie à une mise pratique quotidienne des commandements de Jésus. Notre témoignage ne sera vraiment crédible que si nous mettons toute notre vie en conformité avec l’Evangile du Christ. Avec lui « l’ordinaire sortira de l’ordinaire. »

Mois de Marie

« Voici ta Mère… Voici ton fils »

Le mois de Mai a été choisi pour honorer la Vierge Marie (Lire ici les raisons historiques de ce choix). Retenons surtout que Marie nous accompagne sur ce chemin de retour à Dieu ; c’est Jésus qui l’a voulu : au moment de passer de ce monde à son Père, il ne nous laisse pas orphelins ; il nous donne une mère. Du haut de la croix, Jésus, voit sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait ; il dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Le disciple que Jésus aimait, c’était Jean. C’est aussi chacun de nous. Nous sommes tous les disciples bien-aimés de Jésus. Il nous confie à elle et il nous la confie. Jésus et Marie s’aiment tellement qu’ils partagent tous deux le même amour pour tous les hommes. Le disciple préféré de Jésus est devenu aussi l’enfant préféré de Marie.

C’est ainsi que Marie est devenue mère une deuxième fois. Sa maternité s’élargit à toute l’Église et à toute l’humanité. C’est important pour nous aujourd’hui. Nous ne pouvons pas penser à Marie sans l’imaginer comme une mère. Cette mère est avec nous ; elle nous protège ; elle nous accompagne ; elle est là dans les moments difficiles de notre vie.

Imaginons un peu tout l’amour de Marie pour son fils Jésus, depuis sa naissance jusqu’à sa mort sur la croix. C’est cette maman qu’il nous donne pour qu’elle fasse pour nous ce qu’elle a fait pour lui. Nous pouvons toujours nous réfugier auprès d’elle. Quand nous faisons appel à elle, elle accourt. Son amour ne nous fera jamais défaut.

En même temps, Jésus nous confie sa Mère et il nous demande de la prendre chez nous. Nous sommes invités à l’accueillir avec respect et surtout beaucoup d’amour. N’hésitons pas à lui ouvrir la porte de notre vie et de notre cœur. Marie est le plus sûr chemin pour apprendre à connaître et aimer Jésus.

La Bible nous montre que Marie a eu un rôle très important dans la vie de l’Église. Elle était présente au Cénacle. Elle a prié avec les apôtres qui imploraient l’Esprit Saint. Dès sa naissance, l’Église est conduite maternellement par la Vierge Marie : “Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie, la Mère de Jésus.

Prier d’un même cœur, c’est ce que doit faire toute assemblée ; avec Marie et avec les apôtres, nous sommes la même Église. Marie est toujours là pour nous renvoyer au Christ. Comme aux noces de Cana, elle ne cesse de nous redire : “Faites tout ce qu’il vous dira.” Cette fête d’aujourd’hui voudrait nous ramener à quelque chose d’essentiel : l’Église ne peut se passer de la prière. Elle est aussi nécessaire que l’oxygène l’est au corps.

C’est vrai, si la prière devait cesser dans l’Église, celle-ci étoufferait aussi sûrement que le corps qui manquerait d’oxygène. Et quand nous parlons de l’Église, ce n’est pas seulement l’institution : l’Église c’est chacun de nous ; nous en sommes les membres. Si nous ne prions pas, nous étouffons la présence de Dieu en nous. Prendre au moins quelques minutes pour prier chaque jour, ce n’est pas du temps perdu. Se rassembler le dimanche à l’église est absolument essentiel .

Cette prière, nous la faisons passer par Marie. C’est cette maman que Jésus nous donne pour qu’elle fasse pour nous ce qu’elle a fait pour lui. Nous pouvons tous nous réfugier auprès d’elle. Quand nous faisons appel à elle, elle accourt. Son amour ne nous fera jamais défaut. En même temps, Jésus nous confie sa Mère et il nous demande de la prendre chez nous.

Nous sommes tous invités à l’accueillir chez nous avec respect et surtout beaucoup d’amour. N’hésitons pas à lui ouvrir la porte de notre vie et de notre cœur, même si le ménage n’est pas bien fait. Elle n’a pas peur des situations compliquées. Elle ne cherche qu’à dénouer les nœuds qui font obstacle à notre union à Dieu. Marie est le plus sûr chemin pour apprendre à connaître et aimer Jésus. Qu’elle soit toujours avec nous pour en être les messagers.

Le jour du Seigneur

Pour nos frères juifs, le jour du Seigneur c’est le Sabbat, le samedi. C’est le dernier jour de la semaine, le 7ème, celui durant lequel Dieu se reposa de toute l’œuvre qu’il avait faite.
Pour nous, chrétiens, le jour du Seigneur est le dimanche. La raison fondamentale qui a fait déplacer le sabbat, c’est la résurrection de Jésus. Il est ressuscité le dimanche matin. C’est le premier jour de la semaine, le jour où Dieu créa la lumière. Les Anglais nous induisent en erreur en parlant de week-end (fin de semaine). Car il faut le rappeler, le dimanche c’est le premier jour. C’est aussi le huitième jour, celui de la nouvelle création. Le troisième commandement reste toujours en vigueur : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur ».

Qu’avons-nous fait du dimanche ?
Un jour d’angoisse pour les parents des grands jeunes qui se demandent dans quel état vont rentrer leurs grands jeunes…
Un jour de travail supplémentaire pour les mamans qui lavent et repassent le linge de leurs étudiants…
Le jour où l’on est le moins bien habillé de la semaine…
Le jour du sport, des gros mots et des chansons paillardes dans les cars…
Le jour de détente dans les grands magasins, sans penser que la vie de famille des caissières en subit les conséquences…

Jésus a bien dit que si un mouton tombe dans un puits, le bon sens est de l’en sortir, même si c’est dimanche. Mais si le mouton tombe chaque dimanche, il faudra peut-être penser à mettre une protection.

Un jour, Jésus a dit : « le Sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat ». Entre le laxisme et le légalisme obtus, il y a la voie de l’Évangile.

Puissions-nous redécouvrir vraiment le sens du dimanche comme le jour du Seigneur, le jour de la résurrection, le jour de l’assemblée dominicale, le jour de la famille.

La Semaine Sainte

Le dimanche des Rameaux nous introduit à la Semaine Sainte. Tout au long de ces prochains jours, nous allons revivre symboliquement l’histoire de notre salut réalisé en Jésus Christ. C’est en regardant vers la croix que nous comprenons mieux à quel point il nous a aimés. Cette croix est là pour nous rappeler qu’il a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. Lui-même nous a dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Malheureusement, cette grande semaine passe de plus en plus inaperçue. Il nous manque ce cœur de pauvres qui nous rendrait plus ouverts à Dieu. En regardant vers la croix, nous prenons un peu plus conscience de l’immense amour de Dieu pour nous. Il attend de nous une réponse qui soit digne du don qu’il nous fait. Il ne tient qu’à nous de le remettre au centre de notre vie et d’en témoigner autour de nous.

Cette croix nous invite également à changer notre regard sur le monde. Nous vivons dans une société qui accuse, qui dénonce et qui condamne. Nous oublions que si le Christ a livré son Corps et versé son sang, c’est aussi pour ceux et celles que nous avons tendance à mépriser. Toutes ces violences sont un affront à celui qui a donné sa vie pour eux.

Avec Jésus, nous pouvons choisir d’aimer. Avec lui, nous pouvons nous émouvoir des drames qui accablent les plus pauvres et les plus fragiles. Tout ce que nous aurons fait pour eux, c’est à lui que nous l’aurons fait. La croix est toujours là pour nous rappeler la victoire de l’amour sur le mal.

Tout au long de cette semaine, nous prendrons l’Évangile et nous demeurerons avec Jésus. Nous le suivrons dans ses diverses étapes : le Jeudi Saint, nous célèbrerons l’institution de l’Eucharistie et du sacerdoce ; le Vendredi Saint, nous suivrons Jésus jusqu’au pied de la croix. Puis au cours de la veillée pascale, nous célèbrerons sa victoire sur la mort et le péché. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot. Par sa Passion et par sa croix, le Christ nous ouvre un chemin vers résurrection et la vie éternelle.

Seigneur, donne-nous force et courage pour te suivre tout au long de cette semaine Sainte. Si nous mourons avec toi, avec toi nous vivrons. Si nous souffrons avec toi, avec toi, nous règnerons. “Au-delà de ton calvaire, tu nous donnes rendez-vous ; dans la gloire de ton Père, o Jésus, accueille-nous.

Chemin de croix (en PDF)


Jeûner pendant le Carême

Meilleure façon de jeûner pendant le Carême   

( proposées par le Saint Père, le Pape François)

– Jeûne de paroles blessantes : que tes lèvres ne prononcent que des paroles de bénédiction.
– Jeûne de critiques et de médisances :
bienveillance et miséricorde doivent habiter ton âme.
– Jeûne de mécontentement : que douceur et patience deviennent tes compagnes de chaque jour.
– Jeûne de ressentiment : que ton cœur cultive la gratitude.
– Jeûne de rancune : que le pardon ouvre toutes les portes qui t’ont été fermées.
– Jeûne d’égoïsme : que la compassion et la charité fleurissent à chacun de tes pas.
– Jeûne de pessimisme : que l’espérance ne quitte jamais ton esprit.
– Jeûne de préoccupations et d’inquiétudes inutiles : que règne en toi la confiance en Dieu.
– Jeûne d’occupations superficielles : que la prière emplisse tes journées.
– Jeûne de paroles futiles : que le silence et l’écoute t’aident à entendre en toi le souffle de l’Esprit Saint.

Bon et fructueux Carême 2024 – Union de prières.

La joie du sacrement de la Réconciliation

Le sacrement de la Réconciliation est une rencontre joyeuse avec Dieu, la reprise de l’exclamation de Jean, sur la barque, au bord du lac : « C’est le Seigneur ! » (Jean 21, 7)
« C’est le Seigneur ! » et tout reprend sens dans la vie et chaque fragment de mon existence retrouve sa signification.
Il doit, par conséquent, être vécu avec joie et sérénité.

Comment vivre ce sacrement ?
Il s’agit avant tout d’un dialogue avec un prêtre qui représente l’Eglise, en qui je vois un représentant direct de la tendresse de Dieu ; un dialogue fait en priant ensemble, dans lequel je présente ce que je sens en moi, en ce moment ; je me présente tel que je suis devant l’Église de Dieu. Ce dialogue s’appuie sur la Parole de Dieu qui éclaire certains aspects de ma vie.

Le mot latin « confessio » ne signifie pas seulement aller se confesser, mais aussi louer, reconnaître, proclamer. A partir de là, le sacrement de la Réconciliation peut se vivre en trois étapes :

Confession de louange
Nous avons trop peu d’estime de nous-mêmes. Au lieu de commencer la confession en disant : « J’ai péché de telle et telle façon, on peut dire : « Seigneur, je te remercie » et exprimer devant Dieu les faits, ce dont je lui suis reconnaissant.
Je dis par exemple : « Seigneur, je veux d’abord te remercier parce que tu m’as aidé, telle chose a eu lieu, j’ai pu me rapprocher de telle personne, je me sens plus serein, j’ai dépassé un moment difficile, j’ai pu mieux prier… » il s’agit de reconnaître ce qui devant Dieu me donne la joie. Il est important que ces choses émergent devant le Seigneur : la reconnaissance de sa bonté pour nous, de sa puissance, de sa miséricorde.

Confession de vie
Plus qu’une recherche et une énumération de péchés formels je reconnais devant Dieu ce qui me met mal à l’aise, c’est-à-dire ce que je voudrais faire disparaître.
Une partie de nous-mêmes entre alors beaucoup dans cette démarche. C’est la vie qui y entre, non pas uniquement dans ses péchés formels – »J’ai fait ceci, je me comporte mal » – mais dans le but d’aller à la racine de ce que je voudrais qu’elle ne fût pas.
Ou bien, je dirai devant Dieu : « Je regrette de ne pas pouvoir parler sincèrement avec telle personne, mon rapport n’est pas authentique avec tel groupe, je ne sais pas par où commencer, je regrette de ne pas réussir à prier, je me sens mal à l’aise d’être pris par ma sensualité, par des désirs que je ne voudrais pas avoir, des fantasmes qui me troublent… » Je ne m’accuse d’aucun péché particulier, mais je me mets devant le Seigneur et lui demande qu’il me guérisse.

Confession de foi
Nos efforts ne servent pas énormément. Il est nécessaire que l’intention soit conjuguée à un profond désir de foi dans la puissance salvatrice et purificatrice de l’Esprit, dans la miséricorde infinie de Dieu.
Il ne s’agit pas vraiment de mettre sur la table trois ou quatre péchés, pour qu’ils soient annulés, mais d’une immersion baptismale dans la puissance de l’Esprit : « Seigneur, purifie-moi, éclaire-moi, illumine-moi. Que mon cœur soit changé, qu’il y ait en moi moins de lourdeur, moins de tristesse, moins de scepticisme, moins d’orgueil. Je ne sais peut-être par où commencer, mais je mets tout cela dans la puissance du Crucifié et du Ressuscité par la puissance de l’Église. Fais-moi voir quelles sont les résolutions que je dois prendre pour signifier ma bonne volonté de te paire. »

Le sacrement de Réconciliation prévoit le moment de la pénitence. Il s’agit de ces gestes, prières, actions que le prêtre demande d’accomplir, tels un signe, un fruit, une expression de la conversion. Le prêtre est là pour m’aider à me situer en vérité devant Dieu et à choisir ce qui concrètement (prière, partage, effort pour sortir de soi-même, de ses habitudes, service du prochain…) traduit mon désir de me remettre en route, relevé par le pardon de Dieu et engageant réellement ma vie.
D’après le Cardinal Martini

Unité des chrétiens

La Parole de Dieu, en ce jour, nous offre plusieurs pistes en lien avec la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.D’abord un bref rappel de cette semaine. Si chaque année nous prions pour l’unité des chrétiens, c’est que cette unité est plus ou moins brisée. Quand on parle des chrétiens, ce n’est pas seulement les catholiques mais aussi des protestants et des orthodoxes.

Nous connaissons les divergences qui existent entre ces diverses confessions : Il y a ceux qui reconnaissent l’autorité du pape et ceux qui ne la reconnaissent pas. D’autres interprètent différemment la dévotion à Marie. Il y a aussi une application différente du sacerdoce ministériel. Il me semble que ce qui est important, ce n’est pas d’insister sur les différences mais de découvrir ce qui nous unit. À ce sujet, il y a un point qui est absolument primordial : Le grand facteur de l’unité, le grand rassembleur, c’est le Christ. Sur le plan de la doctrine, tout le monde s’entend pour voir en lui le Messie, le Sauveur, la lumière des nations. Ce n’est pas peu dire.

Remarquons qu’au temps de saint Paul, les communautés chrétiennes se chamaillaient déjà et risquaient de se diviser autour de tel ou tel prédicateur. L’apôtre aura tôt fait de briser ces factions en réaffirmant vigoureusement que le Christ ne peut être divisé et que c’est lui qui est le plus grand facteur d’unité des communautés.

Ce n’est pas en attaquant de front les points de division qu’on règle les problèmes d’unité de groupes ; c’est d’abord en regardant ce qui peut nous unir, en prenant le temps de nous asseoir et de dialoguer. Pour les chrétiens de toutes couleurs et de toutes dimensions, c’est le Christ qui est le point de ralliement et le principal facteur d’unité.

Pour favoriser l’unité, il vaut mieux insister sur la lumière qui nous éclaire que sur les ténèbres qui nous assombrissent ; mais notre nature a toujours tendance à regarder les défauts avant de regarder les qualités, à pointer sur le négatif plutôt que sur le positif. C’est dans cet esprit que nous entendons la parole de Jésus : « Convertissez-vous car le Royaume de Dieu est tout proche ».

Se convertir, c’est avant tout se tourner vers le Seigneur plutôt que de se retourner soi-même en voulant corriger ses défauts ou ses manques. Pensons au tournesol : ce qui le rend beau, c’est qu’il se tourne constamment vers le soleil ; il ne se retourne pas sur lui-même pour voir s’il est sale ou infirme ni pour voir ce qu’il doit nettoyer ou réparer. Tout cela pour nous dire que la principale source de notre retournement c’est Dieu et non pas nous. Si nous voulons avancer vers l’unité entre chrétiens, c’est vers le Christ que nous devons nous tourner.

Cet apprentissage de l’unité est un travail de longue haleine. Nous devons accepter que tout ne soit pas parfait dans nos vies, dans nos communautés, dans nos Églises, dans nos pays et sur la planète. La conversion n’est pas l’affaire d’un moment ou d’une seule fois : elle est perpétuelle. C’est un cheminement de tous les jours à la suite de Jésus qui ne cesse de nous appeler.

En conclusion, je voudrais insister sur trois points :
• L’unité ne se fait pas d’abord en cherchant à régler nos différences, à briser nos divisions, à éliminer toutes nos imperfections, à chasser les ténèbres. Bien sûr, tout cela doit faire l’objet de nos préoccupations et de nos efforts ; mais le plus important est ailleurs.
• L’unité doit se faire en considérant ce qui nous unit, ce qu’il y a de commun entre nous, ce qui est lumière en nous. Et le plus grand dénominateur commun entre nous, c’est le Christ lui-même
• Il faut aussi rappeler le rôle de l’Esprit que le Père et le Fils donnent constamment aux Églises. Lui seul peut nous donner la force et la lumière nécessaire pour faire de nous des bâtisseurs d’unité.

En communion les uns avec tous les autres et avec tous ceux qui se réclament de Jésus Christ, tournons-nous ensemble vers celui qui est pour nous le Chemin, la Vérité et la Vie, celui qui seul peut nous conduire vers le Père.

Le temps ordinaire

Vous rappelez-vous de l’époque où les voitures roulaient à l’essence ordinaire ou au super ? Un jour, au moment de faire le plein, j’ai lu une petite affichette qui indiquait : « Chez nous, l’ordinaire sort de l’ordinaire ». C’était une manière de souligner la haute qualité du produit en question. Qu’en est-il de notre vie chrétienne ?

Après le temps des fêtes, nous voici entrés dans cette période liturgique dite du « temps ordinaire ». Nous venons de célébrer Noël, le 1er janvier, l’Épiphanie, le baptême du Seigneur… Nous avons vu comment le Christ a été manifesté aux bergers, aux mages, aux pécheurs. Nous avons mieux compris que le venue du Sauveur est pour tous, les pauvres, les étrangers, les exclus de tous les temps. C’est à tous que la bonne nouvelle de l’évangile doit être annoncée.

Tout au long de cette période du temps ordinaire, nous serons invités à marcher en « conduite accompagnée » à la suite du Christ. Quelle que soit notre situation, nous pouvons toujours compter sur lui. Son amour nous est acquit d’une manière définitive. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans passer par lui.

Au plan liturgique nous serons amenés nous vivrons des temps forts qui « sortiront de l’ordinaire. » Nous pensons bien sûr à toutes les solennités, les fêtes de Marie, celles des grands saints, mais aussi les « dimanches autrement » ; certains feront peut-être une retraite, un pèlerinage. Nous avons tous besoin de ces temps forts pour nous remettre sur le chemin du Christ.

C’est tous les jours de notre vie que nous avons à redire : « O Seigneur, je viens vers toi… Je te cherche mon Dieu… » Et sur cette longue route, Marie est toujours là. Elle nous redit inlassablement : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Elle nous renvoie à une mise en pratique quotidienne des commandements de Jésus. Notre témoignage ne sera vraiment crédible que si nous mettons toute notre vie en conformité avec l’Évangile du Christ. Avec lui « l’ordinaire sortira de l’ordinaire. » 

La légende du quatrième Roi Mage

La nuit était froide et le ciel d’Orient éclatait en myriades d’étoiles plus belles les unes que les autres. Balthazar, Gaspard et Melchior étaient sortis sur la terrasse de leur palais, et ils ne se lassaient pas de contempler le firmament.

Cette nuit-là, les Rois Mages savaient qu’un astre nouveau devait apparaître, différents de tous les autres… Un signe céleste, qui annoncerait la naissance du Sauveur promis à tous les hommes.

Or, voici qu’il apparut sous leurs yeux, sortant de l’infinie profondeur des cieux. Il ressemblait à une flamme immense d’où jaillissaient des milliers de lumières de toutes les couleurs. Les Mages restaient là, émerveillés, n’osant parler en présence du signe de Dieu.

C’est alors que le jeune frère de Balthazar, Artaban, les rejoignit et rompit le silence :
– C’est le signe annoncé, c’est la promesse qui se réalise. Vite, il faut partir !

Balthazar, Gaspard et Melchior se préparèrent en toute hâte et, bientôt, une magnifique caravane de chameaux, de dromadaires et de chevaux prit le chemin des montagnes et du désert d’Arabie.

Les Rois Mages ne quittaient pas des yeux le signe qui les précédait et leur indiquait la route à suivre.

Chacun d’eux avait emporté pour le nouveau-né des cadeaux dignes d’un roi : Balthazar portait un coffret d’or fin, Gaspard un précieux vase d’encens et Melchior un riche flacon de myrrhe.

Ils avaient déjà fait une demi-journée de marche lorsque le jeune Artaban s’aperçut que, dans
sa précipitation, il avait oublié ses présents.
– Continuez sans moi, dit-il, je retourne au palais et je vous rejoindrai plus tard, avec mes serviteurs.

Et c’est ainsi que Balthazar, Gaspard et Melchior suivirent l’étoile mystérieuse jusqu’au lieu où se trouvait le petit Roi du ciel. Les trois Mages se prosternèrent devant l’Enfant pour l’adorer et déposèrent à ses pieds l’or, l’encens et la myrrhe.

Pendant ce temps, Artaban avait pris beaucoup de retard. Lorsqu’il fut enfin prêt à partir avec deux compagnons, les premières lueurs de l’aube frémissaient à l’horizon.

Levant les yeux, Artaban ne vit plus le signe céleste mais, confiant, il se mit en route vers les montagnes escarpées.

Quand le soleil parvint à son zénith, les voyageurs avaient déjà derrière eux plusieurs heures de route. C’est alors qu’ils aperçurent un homme allongé dans la poussière, un pèlerin épuisé par une longue marche, malade et fiévreux.
– Je vais arriver en retard si je m’occupe de lui, pensa Artaban, mais je ne peux le laisser ainsi !

Avec l’aide de ses compagnons, il lui donna à boire, mit de l’huile sur ses plaies, versa de l’eau fraîche sur son front.

Puis, installant le voyageur sur sa propre monture, il le transporta avec mille précautions jusqu’à la ville la plus proche et demanda à l’aubergiste de le soigner jusqu’à ce qu’il soit guéri.

Pour le payer, il lui offrit un splendide saphir, que l’aubergiste reçut avec une joie non dissimulée.

Alors, Artaban se rendit compte qu’il venait de donner le premier des cadeaux destinés à l’Enfant-Sauveur…

Un peu triste, il continua son chemin, qui lui parut long, beaucoup trop long. Ce n’est qu’après de nombreux jours de marche qu’il arriva à Bethléem, où devait naître le petit Roi du ciel.

Hélas, Artaban arrivait trop tard ! Il apprit que les parents et l’Enfant venaient de fuir en Egypte pour protéger le petit de la colère du roi Hérode.

Car, pour être sûr qu’aucun autre roi ne prendrait sa place, cet homme cruel avait décidé de faire assassiner tous les petits enfants de Bethléem qui avaient moins de deux ans.

La ville était quadrillée par les soldats à cheval pendant que d’autres exécutaient leur horrible besogne.

Alors qu’il s’apprêtait à passer la porte de la ville, Artaban vit une jeune femme qui fuyait en pleurant, serrant son bébé dans ses bras. Un soldat à cheval la poursuivait, l’épée déjà tirée du fourreau.

Alors Artaban s’interposa, prit la mère et l’enfant sous sa protection et demanda au soldat d’Hérode de les épargner, en échange d’un magnifique rubis.

Le soldat n’en revenait pas, il allait être riche ! Après tout, il était mieux payé pour laisser ce bébé en vie que pour l’assassiner… Il accepta le marché et fit demi-tour.

Le jeune Roi Mage resta quelque temps à Bethléem en compagnie de bergers qui gardaient leurs troupeaux dans les montagnes environnantes. Les bergers l’avaient accueilli avec beaucoup de joie et lui avaient montré l’étable où l’Enfant était venu au monde. Puis Artaban se remit en route. Il décida de gagner l’Egypte pour tenter de trouver le Sauveur, afin de lui offrir le dernier présent qui lui restait, une perle d’Orient très rare.

Mais les jours passaient, les semaines et les mois défilaient et Artaban errait toujours.

Après avoir passé plusieurs années en Egypte, il reprit le chemin de la Palestine, pensant que peut-être le roi tant cherché était revenu dans son pays.

Malheureusement, pour entreprendre ce nouveau voyage, il dut vendre sa perle précieuse. Arrivé en terre de Palestine, voici qu’il entendit parler d’un grand prophète qui parcourait le pays et enseignait les foules. Certains l’appelaient « Maître », d’autres « Rabbi » ou encore « Seigneur ».

Artaban voulait connaître cet homme. Il se rendit sur la montagne où se rassemblaient tous ceux qui écoutaient son enseignement.

Dès qu’il le vit, Artaban sentit les larmes couler sur ses joues. Jamais encore, il n’avait entendu de telles paroles.

Le Maître disait :
– Celui qui aura tout quitté, maison, famille, richesses, pour me suivre, celui-là aura en récompense un trésor dans le ciel et la vie éternelle.

Il disait aussi ;
– Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait !

La nuit qui suivit, Artaban fit un rêve qui le remplit de joie et d’espérance : il vit le Maître venir vers lui accompagné de Balthazar, de Gaspard et de Melchior, le premier portant un coffret d’or fin, le second un précieux vase d’encens et le troisième un riche flacon de myrrhe.

Alors, s’approchant d’Artaban, il le remercia des présents qu’il avait voulu lui offrir le jour de sa naissance.

Et, en disant cela, il ouvrit ses mains et montra au quatrième Roi Mage un saphir d’un bleu très pur, un rubis d’un rouge éclatant et une perle d’Orient très rare…
(Ángel Félix Iglesias)

Bonne année 2024

Chaque année, le 1er janvier, nous avons l’habitude d’échanger des vœux. Nous souhaitons le meilleur à tous les membres de nos familles et à tous ceux et celles que nous aimons. La 1ère lecture de la messe du 1er janvier est un modèle du genre : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » 

Il est heureux que cette nouvelle année débute par la fête de « Sainte Marie Mère de Dieu ». Nous honorons celle qui a donné naissance au Fils de Dieu et qui l’a donné au monde. Avec elle, nous méditons sur les merveilles de Dieu. C’est dans cette méditation, éclairée par l’Esprit Saint, que nous verrons plus clair.

En célébrant la maternité de Marie, nous n’oublions pas que le Seigneur nous l’a donnée pour Mère. Et bien sûr, au seuil de la nouvelle année, nous ne manquons pas de la prier : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs… » Comme à la visitation, si nous l’appelons, elle accourt vers nous et Jésus est avec elle.

Bien sûr cette nouvelle année sera ce que nous la ferons. Nous en avons la responsabilité. C’est comme un chemin à parcourir ensemble, les uns avec les autres. Mais Marie est là ; elle nous renvoie au Christ ; elle ne cesse de nous inviter à faire « tout ce qu’il nous dira ». Avec lui et avec elle, nous sommes « en conduite accompagnée ». C’est un peu comme sur une voiture : les conducteurs novices ont besoin d’un accompagnateur expérimenté pour les guider. Il en est ainsi pour notre vie chrétienne. Si nous le voulons bien, Jésus et Marie seront toujours là pour nous montrer le chemin.

Cette nouvelle année, nous la confions donc au Seigneur. Nous lui demandons qu’il soit notre guide, notre lumière et notre force tout au long de nos jours, surtout dans les moments d’épreuves. Nous lui confions nos familles et toutes celles du monde entier : qu’elles soient des lieux de paix, d’écoute fraternelle et d’ouverture aux autres.

Dans nos vœux, nous n’oublions pas les personnes malades et handicapées. Pour beaucoup, la solitude et la souffrance sont très lourdes à porter. Certains n’en peuvent plus de ces longues nuits qui n’en finissent jamais. Ils ont besoin de trouver en nous des témoins de la tendresse de Dieu.

Un dernier point qui n’est pas le moins important : Ce premier janvier est une journée de prière pour la paix et la justice dans le monde. Nous pensons à tous ceux et celles qui vivent dans les pays en guerre, ceux qui sont victimes du terrorisme, de la dictature, de l’injustice et des violences de toutes sortes. Et en ce début d’année, nous faisons monter cette prière vers le Seigneur :

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »