Mercredi de la 7ème semaine du temps ordinaire

 Celui qui n’est pas contre nous est pour nous 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 38-41
    En ce temps-là,
    Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
    Jésus répondit :
« Ne l’en empêchez pas,
car celui qui fait un miracle en mon nom
ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
    celui qui n’est pas contre nous
est pour nous. »


Méditation

Jésus réagit contre une autre forme d’incompréhension : l’intolérance. Personne n’a le monopole de la lutte contre le mal et de la préparation du règne de Dieu. Un cœur d’enfant s’émerveille devant tout bien, d’où qu’il soit et d’où qu’il vienne. Les dispositions intimes de chacun importent plus que les appartenances juridiquement établies.

Mardi de la 7ème semaine du temps ordinaire

Qui est le plus grand ?


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 30-37
En ce temps-là,
    Jésus traversait la Galilée avec ses disciples,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
    car il enseignait ses disciples en leur disant :
« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ;
ils le tueront
et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
    Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles
et ils avaient peur de l’interroger.
    Ils arrivèrent à Capharnaüm,
et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
    Ils se taisaient,
car, en chemin, ils avaient discuté entre eux
pour savoir qui était le plus grand.
    S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
    Prenant alors un enfant,
il le plaça au milieu d’eux,
l’embrassa, et leur dit :
    « Quiconque accueille en mon nom
un enfant comme celui-ci,
c’est moi qu’il accueille.
Et celui qui m’accueille,
ce n’est pas moi qu’il accueille,
mais Celui qui m’a envoyé. »
AELF



Méditation
L’Évangile  de ce jour nous montre qu’il y a opposition entre l’esprit du monde et l’esprit de Dieu. L’événement qui nous est rapporté se passe juste après la Transfiguration. Les apôtres Pierre, Jacques et Jean ont été les témoins émerveillés de la gloire de Dieu. Ils ont entendu la voix du Père qui le déclarait « Bien aimé de Dieu ». Ils s’attendaient pour lui à un destin glorieux et victorieux.
 
Or voilà que Jésus leur annonce qu’il va affronter la souffrance et la haine des hommes. Il sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Les disciples ne comprennent plus parce que c’est totalement contraire à l’idée qu’ils se font du Messie.
 
La suite du récit nous montre bien qu’ils n’ont rien compris. En effet, ils en viennent à discuter entre eux pour savoir qui est le plus grand parmi eux. C’est l’éternelle question du pouvoir. Que ce soit en politique, en économie ou dans le milieu professionnel, on veut se mettre en position de force, on veut dominer l’autre et le soumettre à son vouloir personnel.
 
Ce n’est pas ainsi que Jésus voit les choses. Pour les conduire vers une vraie perfection, il prend un enfant et le place au milieu d’eux. Dans le monde de la Bible, l’enfant c’est celui qui n’a pas droit à la parole. C’est le dernier de tous. Accueillir un enfant comme celui qu’il leur montre, c’est accueillir Jésus lui-même. La vraie grandeur, c’est l’accueil et le service des petits. C’est ainsi que l’humble service est élevé au rang de service de Dieu.
 
Nous voilà donc provoqués à réviser nos positions puisque, aux yeux de Jésus, le plus grand c’est le plus petit. Quand notre monde fonctionnera selon cet ordre de grandeur, quand les plus fragiles seront au cœur de la communauté, la vie sera tout autre. Chacun peut, à son niveau, mettre en pratique cette parole qui sera celle de l’accueil final : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ».

Huitième dimanche du temps ordinaire (C)

« C’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre. »

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
À quelques jours de l’entrée en Carême, les textes bibliques de ce dimanche nous proposent un chemin de conversion. Ils nous invitent au discernement et à l’humilité. Dans la première lecture, Ben Sira nous parle du tamis qui filtre les déchets. Nous avons, nous aussi, à faire le tri dans notre vie : pensons à tous ces bavardages futiles, ces publicités tapageuses, ces slogans que nous entendons à longueur de journée. Tout cela nous empêche de voir clair dans notre vie. Certaines paroles, certains commérages révèlent l’étroitesse d’esprit de celui qui les prononce. La première lecture nous recommande de ne pas faire l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé. En effet, ses propos peuvent révéler le meilleur et le pire.

L’Évangile nous invite à faire un pas de plus : Jésus recommande à ses disciples de bien choisir leur maître, celui qui sera leur guide sur la route du règne de Dieu. Nous comprenons bien qu’un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle. Le malvoyant ne peut avancer dans la vie qu’en s’appuyant sur quelqu’un qui y voit bien, quelqu’un qui sait anticiper les moindres obstacles. Notre seul vrai guide, c’est Jésus lui-même ; il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » ; c’est par lui que nous allons au Père ; c’est en mettant nos pas dans les siens que nous sommes assurés et rassurés ; Jésus est notre lumière ; il nous guide pour nous aider à discerner et à sortir de notre aveuglement.

Dans une deuxième parabole, le Christ nous recommande de « balayer devant notre porte ». Il dénonce l’attitude de celui qui veut enlever la paille dans l’œil de son frère alors qu’il y a une poutre dans le sien. Avant de juger un frère pour une peccadille, il vaudrait mieux faire un examen de conscience sur nos propres fautes. En effet, celles-ci peuvent s’avérer plus lourdes que celles du frère en question. Juger les autres, c’est de l’hypocrisie, c’est vouloir se mettre à la place de Dieu. Nous sommes trop mal placés pour le faire. Le jugement appartient à Dieu seul. À notre jugement, il manque la miséricorde.

Pour comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder : tout au long des Évangiles, nous le voyons accueillir les publicains, les pécheurs, les infréquentables de toutes sortes. Il aurait pu leur reprocher leur mauvaise vie et les rejeter. Mais lui-même nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Nous connaissons la parabole du fils prodigue qui revient vers son père. Cette parabole nous dit que pour un seul pécheur qui se convertit, c’est jour de fête chez les anges de Dieu.

Une troisième parabole nous parle du bon arbre qui ne peut donner « de fruit pourri ». Ce qui est visé, c’est la cohérence entre la foi et la vie, entre ce qui est extérieur et ce qui est intérieur. Il ne suffit pas d’avoir de bons sentiments : notre qualité chrétienne se manifeste en vérité dans notre capacité d’amour fraternel, de service et de témoignage. Au jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint a été répandu en abondance pour produire des fruits qui demeurent.

Cet Évangile rejoint notre Église dans ce qu’elle vit actuellement. Tout au long des siècles, elle a connu des crises très graves, des hérésies, des abus, des contre-témoignages de toutes sortes. Mais le Seigneur a toujours mis sur sa route les personnes qu’il fallait pour l’aider à se remettre en accord avec l’Évangile. Dans les moments dramatiques, des grands témoins de la foi ont donné le meilleur d’eux-mêmes. À travers eux, c’est l’appel du Seigneur qui retentissait : “Convertissez-vous et croyez à l’Évangile !” Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes envoyés non pour dénoncer ou accuser mais pour être les témoins et les messagers de l’Évangile auprès de tous ceux et celles qui nous entourent. Le Seigneur nous assure de sa présence. Nous pouvons toujours compter sur lui, même dans les situations les plus désespérées.

Dans sa lettre aux Corinthiens, saint Paul nous parle précisément de la victoire du Christ sur la mort et le péché. Cette victoire est double : Premièrement, par sa mort qui nous sauve, il nous réconcilie avec Dieu : grâce à lui, la mort peut devenir entre nos mains un acte de total abandon à l’amour du Père ; tout l’Évangile nous dit et nous redit que cet amour est bien plus grand que tous nos péchés. Deuxièmement, par sa résurrection, le Christ est le gage de notre propre résurrection. C’est à cette victoire sur la mort et le péché qu’il veut nous associer.

En nous rassemblant pour l’Eucharistie, nous nous tournons vers Celui qui est la Lumière du monde. C’est cette lumière de l’Évangile que nous voulons accueillir en nous. Le Christ veut qu’elle brille aux yeux du monde afin que les hommes rendent gloire à Dieu. Nous lui demandons qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour cette mission qu’il nous confie.

Télécharger : 8ème dimanche du Temps ordinaire

Lundi de la 7ème semaine du temps ordinaire

Force de la prière
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 14-29
En ce temps-là,
Jésus, ainsi que Pierre, Jacques et Jean,
descendirent de la montagne ;
    en rejoignant les autres disciples,
ils virent une grande foule qui les entourait,
et des scribes qui discutaient avec eux.
    Aussitôt qu’elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite,
et les gens accouraient pour le saluer.
    Il leur demanda :
« De quoi discutez-vous avec eux ? »
    Quelqu’un dans la foule lui répondit :
« Maître, je t’ai amené mon fils,
il est possédé par un esprit qui le rend muet ;
    cet esprit s’empare de lui n’importe où,
il le jette par terre,
l’enfant écume, grince des dents
et devient tout raide.
J’ai demandé à tes disciples d’expulser cet esprit,
mais ils n’en ont pas été capables. »
    Prenant la parole, Jésus leur dit :
« Génération incroyante,
combien de temps resterai-je auprès de vous ?
Combien de temps devrai-je vous supporter ?
Amenez-le-moi. »
    On le lui amena.
Dès qu’il vit Jésus, l’esprit fit entrer l’enfant en convulsions ;
l’enfant tomba et se roulait par terre en écumant.
    Jésus interrogea le père :
« Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? »
Il répondit :
« Depuis sa petite enfance.
    Et souvent il l’a même jeté dans le feu ou dans l’eau
pour le faire périr.
Mais si tu peux quelque chose,
viens à notre secours, par compassion envers nous ! »
    Jésus lui déclara :
« Pourquoi dire : “Si tu peux”… ?
Tout est possible pour celui qui croit. »
    Aussitôt le père de l’enfant s’écria :
« Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »
    Jésus vit que la foule s’attroupait ;
il menaça l’esprit impur, en lui disant :
« Esprit qui rends muet et sourd,
je te l’ordonne, sors de cet enfant
et n’y rentre plus jamais ! »
    Ayant poussé des cris et provoqué des convulsions,
l’esprit sortit.
L’enfant devint comme un cadavre,
de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. »
    Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva,
et il se mit debout.
    Quand Jésus fut rentré à la maison,
ses disciples l’interrogèrent en particulier :
« Pourquoi est-ce que nous,
nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »
    Jésus leur répondit :
« Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir,
sauf la prière. »
 
Méditation
« Si tu peux quelque chose, viens à notre secours ! » Ce sont les paroles d’un papa qui est en grande souffrance devant la situation  dramatique de son enfant. Jésus lui répliqua : « Pourquoi dire ‘si tu peux’. Tout est possible pour celui qui croit ». Puis nous avons entendu la réponse du père : « Je crois, viens en aide à mon manque de foi. »
 
Le grand message de cet Évangile, c’est la force de la prière. Par la prière exprimée avec foi, nous pouvons obtenir de grandes choses de la part de Dieu. La nécessité du recours à la prière nous rappelle que les charismes reçus de Dieu dépendent de lui.
 
Nous chrétiens ‘aujourd’hui, nous sommes affrontés à l’incroyance générale. Et souvent, nous y participons. Comme ce papa et comme les apôtres, nous sommes invités à nous tourner vers le Seigneur et à la supplier : « Viens en aide à notre manque de foi ».
 

Chaire de Saint Pierre apôtre (22 février 2025)

La chaire de Saint Pierre
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 13-19
En ce temps-là,
Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »
 
 
Méditation
« Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Cette question, Jésus nous la pose à tous aujourd’hui.  Nous avons entendu la réponse de Pierre » : Tu es le Christ, le Fils de Dieu ». Il reconnaît en lui le Fils du Dieu vivant, le Fils bien-aimé et unique. En réponse à cette belle proclamation de sa foi, Jésus change le nom de Simon : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort n’aura pas de prise sur elle. » Pierre est choisi par Jésus comme fondement de cette Église qu’il bâtira tout au long des siècles.
 
Nous, chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes suscités pour participer activement à cette mission. La bonne nouvelle doit être annoncée à tous, jusqu’aux « périphéries ». Le problème de nos communautés, c’est qu’elles n’ont pas toujours ce souci missionnaire. C’est un affront aux martyrs d’autrefois et d’aujourd’hui qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour le Christ. Et surtout, c’est un affront à Celui qui nous a aimés jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix.    
 
Le Seigneur compte sur nous pour que la bonne nouvelle soit répandue dans le monde entier. Avec Jésus et avec nous tous, elle doit être annoncée à toute l’humanité,  en particulier aux petits, aux pauvres et à tous ceux et celles qui se sentent inutiles aux yeux du monde. Nous sommes envoyés vers eux pour leur dire qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu. Demandons au Seigneur qu’il soit avec nous pour que nous soyons de vrais témoins de ton amour.
 

Vendredi de la 6ème semaine du temps ordinaire

Renoncer à soi-même
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 34 – 9, 1
En ce temps-là,
    appelant la foule avec ses disciples, Jésus leur dit :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
    Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile
la sauvera.
    Quel avantage, en effet, un homme a-t-il
à gagner le monde entier
si c’est au prix de sa vie ?
    Que pourrait-il donner en échange de sa vie ?
    Celui qui a honte de moi et de mes paroles
dans cette génération adultère et pécheresse,
le Fils de l’homme aussi aura honte de lui,
quand il viendra dans la gloire de son Père
avec les saints anges. »
    Et il leur disait :
« Amen, je vous le dis :
parmi ceux qui sont ici,
certains ne connaîtront pas la mort
avant d’avoir vu le règne de Dieu
venu avec puissance. » © AELF
 
 
Méditation
Jésus vient d’annoncer sa Passion, sa mort et sa résurrection. Il précise que le seul chemin de la gloire, c’est le chemin de croix. Cela vaut pour les disciples comme pour lui. Cette exigence est enseignée non seulement aux Douze mais aussi à la foule. C’est important pour nous aujourd’hui : Il n’y a pas d’un côté des chrétiens qui appliqueraient des exigences fortes et de l’autre des chrétiens ordinaires qui se contenteraient d’un programme minimum. Les paroles de Jésus sont pour tous.
 
Cela signifie que notre existence de chrétiens est définie par celle de Jésus. Nous ne pouvons pas nous limiter à une petite existence tranquille. Nous sommes tous appelés à témoigner de l’absolu de Dieu par nos paroles et toute notre vie. Suivre le Christ, cela implique des renoncements à nousmêmes.
 
Cet Évangile a été écrit pour des chrétiens persécutés. Beaucoup ont peur et ils cherchent à sauver leur vie. Mais l’évangéliste les invite à tenir bon, même quand tout va mal. Ils ne doivent pas craindre de mourir pour le Christ: « Celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Évangile la sauvera »

Jeudi de la 6ème semaine du temps ordinaire

Qui est Jésus pour nous ?
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 27-33
Jésus s’en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait: «Pour les gens, qui suis-je?» Ils répondirent: «Jean Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres, un des prophètes.» Il les interrogeait de nouveau: «Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je?» Pierre prend la parole et répond: «Tu es le Messie.» Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne.
Et, pour la première fois, il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cela ouvertement.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre: «Passe derrière moi, Satan! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.» © AELF
 
 
Méditation
Jésus est en chemin vers Césarée de Philippe. En cours de route, il interroge ses disciples : « Qui suis-je au dire des gens ? » Depuis vingt siècles, la question ne cesse d’être posée. Les réponses sont très diverses : on le considère comme un sage, un moraliste généreux ; on reconnaît qu’il a une place importante dans l’histoire. Mais l’unique et véritable identité c’est celle qui est proclamée par Pierre : « Tu es le Christ. »
 
Cette réponse de Pierre semble la meilleure ; elle est porteuse de toutes les espérances du monde juif. On attendait un Messie qui libèrerait le pays de l’occupant étranger. Il  rétablirait le Royauté en Israël ; avec lui, ce serait l’avènement du règne d’un Dieu puissant et fort. Ce rêve de Pierre est toujours d’actualité : nous voudrions un Messie qui résoudrait tous les douloureux problèmes de notre monde, la crise économique, la précarité, les guerres, les violences.
 
Mais ce n’est pas ainsi que Jésus voit les choses. Les pensées de Pierre ne sont pas celles de Dieu mais celles de Satan. Nous vivons dans une société qui raisonne à la manière des hommes et qui oublie toute référence à l’Évangile. Confondre le Royaume de Dieu avec le Royaume de ce monde, c’est se poser en adversaire de Dieu. Celui qui veut être disciple du Christ doit accepter d’être serviteur comme lui-même s’est fait serviteur : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
 
Se mettre à la suite de Jésus c’est donc prendre sa croix pour l’accompagner sur son chemin. Ce chemin n’est pas celui du succès ni de la gloire passagère de ce monde ; c’est celui qui conduit vers la véritable liberté, celle qui libère de l’égoïsme  et du péché. Nous sommes certains que Jésus nous conduit à la résurrection, à la vie pleine et définitive avec Dieu.
 
La Vierge Marie a suivi Jésus jusqu’au Calvaire. Demandons-lui qu’elle nous aide chaque jour à purifier notre foi des fausses images de Dieu pour adhérer pleinement au Christ et à son Évangile.
 
 

Mercredi de la 6ème semaine du temps ordinaire

Un aveugle amené à Jésus…
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 22-26
    En ce temps-là,
    Jésus et ses disciples arrivèrent à Bethsaïde.
Des gens lui amènent un aveugle
et le supplient de le toucher.
    Jésus prit l’aveugle par la main
et le conduisit hors du village.
Il lui mit de la salive sur les yeux
et lui imposa les mains.
Il lui demandait :
« Aperçois-tu quelque chose ? »
    Levant les yeux, l’homme disait :
« J’aperçois les gens :
ils ressemblent à des arbres
que je vois marcher. »
    Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains
sur les yeux de l’homme ;
celui-ci se mit à voir normalement,
il se trouva guéri,
et il distinguait tout avec netteté.
    Jésus le renvoya dans sa maison en disant :
« Ne rentre même pas dans le village. »
© AELF
 
 
Méditation
Ce récit de guérison nous montre que la connaissance est toujours progressive… Ce n’est qu’au prix de beaucoup de temps et d’un long apprentissage qu’on peut parvenir à la connaissance parfaite. D’abord les saletés s’en vont, la cécité s’en va et c’est ainsi que la lumière vient.
 
La salive du Seigneur est un enseignement parfait : pour enseigner de façon parfaite, elle provient de la bouche du Seigneur… Cette parole qui provient de sa bouche est un remède… Elle agit progressivement. « Je vois des hommes, comme des arbres qui marchent. » Je vois quelque chose de la loi, mais je n’aperçois pas encore la lumière éclatante de l’Évangile.
 
Jésus « lui imposa de nouveau les mains et il commença à voir si bien qu’il voyait tout clairement. » Il voyait le mystère de la Trinité. Il voyait tous les mystères sacrés qui sont dans l’Évangile… nous aussi, nous voyons car nous croyons en Jésus qui est la vraie lumière. »
(D’après saint Jérôme)

Mardi de la 6ème semaine du temps ordinaire (18/02/2025)

Manque de pain
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 14-21
    En ce temps-là,
    les disciples avaient oublié d’emporter des pains ;
ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.
    Or Jésus leur faisait cette recommandation :
« Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens
et au levain d’Hérode ! »
    Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.
    Jésus s’en rend compte et leur dit :
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ?
Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ?
Vous avez le cœur endurci ?
    Vous avez des yeux et vous ne voyez pas,
vous avez des oreilles et vous n’entendez pas !
Vous ne vous rappelez pas ?
    Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes,
combien avez-vous ramassé
de paniers pleins de morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Douze.
    – Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille,
combien avez-vous rempli de corbeilles
en ramassant les morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Sept. »
    Il leur disait :
« Vous ne comprenez pas encore ? » © AELF
 
 
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Méditation
 « Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode… » Le levain est utilisé par le boulanger pour faire du bon pain. Mais ici, il symbolise les dispositions mauvaises du cœur humain. Toutes ces critiques, ces dénonciations, ces médisances ne font que créer un climat malsain. Ce levain est un poison mortel qu’il nous faut éradiquer de notre vie.

La suite de cet Évangile nous montre la lourdeur des disciples : ils ne comprennent pas, ils ne réalisent pas, ne se souviennent pas. Ils ont le cœur endurci. Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre. Ils ont vu Jésus accomplir des signes, ils ont entendu des paroles fortes ; mais ils n’en ont pas saisi le sens profond.
 
Avec Jésus dans la barque, les disciples n’ont rien à craindre. C’est important pour nous. Jésus nous invite à lui faire confiance. Avec lui, nous ne manquerons jamais du nécessaire. Nous sommes renvoyés au discours sur le Pain de Vie : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. » Ce pain nous est offert à tous. Il ne demande qu’à nous accompagner tout au long de notre vie. Mais pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. 

 

Lundi de la 6ème semaine du temps ordinaire (2025)

Des signes par milliers…

 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 11-13

En ce temps-là,
    les pharisiens survinrent
et se mirent à discuter avec Jésus ;
pour le mettre à l’épreuve,
ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
    Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit :
« Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ?
Amen, je vous le déclare :
aucun signe ne sera donné à cette génération. »
    Puis il les quitta, remonta en barque,
et il partit vers l’autre rive.
 
 
Méditation
« Les pharisiens se mirent à discuter avec Jésus… pour le mettre à l’épreuve. » Ils ne viennent pas pour s’éclairer ni pour discuter vraiment. Ils ne cherchent qu’à lui tendre un piège. Jésus est entouré de gens qui cherchent à lui tendre un piège, qui guettent ses erreurs ou ses imperfections. Des signes, ils en ont eu.
 
Tout ce passe comme lors de la tentation au désert : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain ». On aurait vraiment une preuve. Mais Jésus n’est pas venu pour donner des preuves irréfutables. Les signes qu’il accomplit nous montrent l’amour de Dieu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. »
 
Tous ces signes sont un appel à la foi. C’est vraiment le don de Dieu qui est offert à tous. Mais pour l’accueillir, il faut avoir un cœur de pauvres. Il nous faut redevenir comme des petits enfants qui sont émerveillés par un cadeau extraordinaire.
 
Jésus souffre de voir tous ces gens qui sont imbus de certitudes et qui ont un cœur fermé. Avec eux, on ne peut plus discuter. Alors il part vers « l’autre rive », celle du monde païen. Rien ni personne ne pourra arrêter l’annonce de la bonne nouvelle.