Mardi de l’octave de Pâques 2026

SE « RETOURNER » ET ANNONCER 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 11-18
En ce temps-là,
Marie Madeleine se tenait près du tombeau,
au-dehors, tout en pleurs.
Et en pleurant,
elle se pencha vers le tombeau.
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc,
assis l’un à la tête et l’autre aux pieds,
à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
Ils lui demandent :
« Femme, pourquoi pleures-tu ? »
Elle leur répond :
« On a enlevé mon Seigneur,
et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ;
elle aperçoit Jésus qui se tenait là,
mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit :
« Femme, pourquoi pleures-tu ?
Qui cherches-tu ? »
Le prenant pour le jardinier, elle lui répond :
« Si c’est toi qui l’as emporté,
dis-moi où tu l’as déposé,
et moi, j’irai le prendre. »
Jésus lui dit alors :
« Marie ! »
S’étant retournée, elle lui dit en hébreu :
« Rabbouni ! »,
c’est-à-dire : Maître.
Jésus reprend :
« Ne me retiens pas,
car je ne suis pas encore monté vers le Père.
Va trouver mes frères pour leur dire
que je monte vers mon Père et votre Père,
vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples :
« J’ai vu le Seigneur ! »,
et elle raconta ce qu’il lui avait dit. © AELF
 
 
Méditation
Devant  le  tombeau  de Jésus, Marie  ne  pleure  plus  le  Calvaire  mais  la disparition  du  Corps  de  son Seigneur. Elle  ne  pensait  plus qu’au  cadavre enlevé. L’Évangile nous dit qu’elle aperçoit Jésus mais elle ne savait pas que c’était lui. Il suffit d’un mot « Marie » pour qu’elle se « retourne ».
 
On peut penser qu’elle lui tournait le dos. Mais en grec, le verbe « se retourner » signifie aussi « se convertir », se retourner vers Dieu, revenir à lui en changeant de cœur et de vie. C’est ce qui se passe pour Marie : Elle passe des pleurs à la joie.
 
Cette rencontre  avec Jésus vivant  l’invite  à  aimer  autrement.  Désormais, elle peut  annoncer  la bonne  nouvelle aux  disciples.  Les  grands  témoins  de la  foi sont des gens qui ont fait cette rencontre avec le Christ vivant et qui se sont « retournés. Laissons le Seigneur ressuscité nous appeler par le nom qui nous a  été  donné.  Il  ne  demande  qu’à  raviver  notre  espérance  pour  faire  de  nous des messagers de la bonne nouvelle.

Lundi de l’octave de Pâques 2026

Envoyés en mission
Lire l’Évangile de Matthieu 28, 8-15
En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui. (AELF)
 
 
Méditation
Cet  Évangile  nous  montre  l’empressement  des  femmes  qui  vont  annoncer  la résurrection de Jésus aux disciples. Elles sont  remplies de crainte mais aussi d’une grande joie. Pour elles, c’est la victoire de la vie.
 
Or  voilà  que  Jésus  lui-même  les  rejoint  sur  leur  route.  Il  les  charge  de demander  à  ses  disciples  de  se  rendre  en  Galilée.  Cette  région  est  un carrefour  des  païens  ;  elle  devient  une  terre  de  mission.  C’est    que  les disciples le rencontreront. Voir et rencontrer le Christ est une étape importante pour eux.
 
Nous, disciples du Christ, nous sommes envoyés comme apôtres pour être les messagers  de  cette  bonne  nouvelle  dans  le  monde  d’aujourd’hui.  Mais  nous découvrons avec émerveillement qu’il nous précède dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Le principal travail, c’est lui qui le fait.

Dimanche de Pâques A (5 avril 2026)

Réjouissons-nous, Christ est ressuscité, alléluia

Monition d’ouverture
Frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui la plus belle, la plus grande nouvelle de l’histoire : la vie a vaincu la mort ! L’Esprit de Dieu nous fait renaître et nous formons tous un seul corps avec le Christ ressuscité. Rassemblés en fils et filles de la lumière, marchons joyeusement vers Dieu, notre Père, et ouvrons nos cœurs à notre Sauveur, le Vivant parmi nous.

Litanie pénitentielle
Seigneur Jésus relevé d’entre les morts, prends pitié de nous.
Ô Christ premier-né d’un monde nouveau, prends pitié de nous.
Seigneur Vie nouvelle, et espérance d’un monde nouveau, prends pitié de nous.

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture Ac 10,34a.37-43: Écoutons Luc nous parler de ce Jésus qui faisait le bien là où il passait et guérissait ceux qui étaient sous le pouvoir du démon….

Psaume Ps 117, 1-4.16-17.22-23: Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie. Alléluia !

2ème lecture 1 Co 5, 6b-8 : On ne passe pas de la mort à la vie « d’un coup de baguette magique » !

Acclamation : Alléluia. Alléluia ! Notre Pâque immolée, c’est le Christ !. Alléluia ; Alléluia !

Évangile Jn 20, 1-9: Dieu nous réservera toujours des surprises !

Homélie
Textes bibliques : Lire
Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de Jésus. Pour elle, c’est un jour de tristesse. C’est souvent le cas dans notre vie quand nous nous rendons sur la tombe d’un être cher. Mais aujourd’hui, il y a une tristesse de plus : ce n’est plus seulement le corps d’un ami qui finit dans la tombe ; c’est l’espérance d’un règne nouveau qui est anéantie.

L’Évangile de saint Jean nous dit qu’il faisait encore sombre ; comprenons bien : ce n’est pas seulement l’obscurité de la nuit. Il veut nous montrer que la lumière est en train de l’emporter sur les ténèbres. Elle chasse la nuit dans laquelle les hommes sont plongés à cause de leur péché. Jésus ressuscité est la Lumière qui luit dans les ténèbres. Cette lumière, rien ne peut l’arrêter ; rien ne peut l’empêcher de briller.

Arrivée devant le tombeau, Marie-Madeleine découvre que la pierre a été roulée. Elle en déduit qu’on a enlevé le corps de Jésus ; elle court prévenir Pierre et Jean. Tous deux arrivent devant le tombeau vide. Ils voient les linges restés sur place et bien rangés. Pierre est perplexe ; mais pour Jean, c’est différent : quelques mots disent sa foi : “Il vit et il crut.” Nous nous rappelons qu’il avait suivi Jésus jusqu’au pied de la croix ; il avait participé à l’ensevelissement. Il voit bien qu’il n’y a pas de désordre provoqué par une violation de sépulture. Plus tard, Jésus dira : “Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”

C’est important pour nous aujourd’hui : nous n’aurons jamais d’autre preuve de la résurrection de Jésus que le tombeau vide. Bien sûr, il y a les apparitions du Christ ressuscité. Les quatre Évangiles nous en donnent le témoignage. Mais aucune de ces preuves n’est vraiment contraignante. Si nous croyons au Christ ressuscité, c’est parce que nous faisons confiance au témoignage des apôtres et à celui des communautés chrétiennes qui nous a été transmis de génération en génération.

La première lecture (Actes des Apôtres) nous rapporte un discours de Pierre après la résurrection. Nous nous rappelons qu’il avait renié son Maître devant de simples domestiques. Aujourd’hui, il ose proclamer la bonne nouvelle de sa résurrection dans la ville de Césarée qui est le lieu de résidence de Pilate et de ses légions. Les mots de ce discours de Pierre sont très audacieux : “Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois de la croix, Dieu l’a ressuscité le 3ème jour.”

Tout cela se passe chez le centurion de l’armée romaine. C’est une manière de dire que le salut est offert à tous, même aux païens. Dieu n’exclut personne. Quelle que soit sa nation ou sa langue, toute personne peut recevoir le salut dans la mesure où elle accueille l’Évangile. Cette bonne nouvelle doit être proclamée à tous les peuples du monde entier. C’est pour tous que le Christ a donné sa vie sur la croix.

C’est aussi ce témoignage de foi en Jésus ressuscité que nous trouvons chez saint Paul dans la 2ème lecture. Cette résurrection n’est pas un simple retour en arrière comme c’était le cas pour Lazare. Paul nous dit qu’il est ” assis à la droite de Dieu”. Il est monté au ciel ; il a reçu l’autorité de la part du Père. C’est un appel pour nous à lever les yeux vers le ciel et à rechercher “les réalités d’en haut”. Si nous croyons en Jésus ressuscité et si nous le suivons, plus rien ne peut être comme avant. Cette résurrection du Christ nous provoque à un renouveau de notre vie, un renouveau de la prière, une joie de découvrir et de vivre l’Évangile.

Tout cela passe par des décisions concrètes : sortir du “tombeau” de notre égoïsme pour vivre un amour vrai, rouler la pierre du découragement qui nous emprisonne et nous empêche d’aller de l’avant, ne pas nous laisser emporter par la rancune et la vengeance mais faire triompher le pardon et la miséricorde. C’est par notre manière de vivre que nous pourrons montrer que le Christ est vivant et qu’il transfigure ceux et celles qui accueillent sa force de vie.

C’est en vivant ainsi que nous pourrons être porteurs de vie et d’espérance. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur toutes les forces du mal qui cherchent à détruire l’homme. Nous sommes tous appelés à choisir la vie et à nous laisser envahir par l’amour de Dieu. Nous vivons dans un monde où beaucoup souffrent de la guerre, de la violence, de la haine et du mépris des autres. Mais le Seigneur ressuscité ne demande qu’à enlever de nos cœurs cette pierre qui nous enferme dans les ténèbres. Il veut que la lumière de Pâques brille dans le monde entier. En communion avec toute l’Église, soyons témoins de cette bonne nouvelle auprès de tous ceux et celles que nous rencontrons.

Sources : Feu nouveau – Parole de Dieu pour chaque jour de 2014 (V. Paglia) – Au cœur de l’Église, année A (P. Chauvet) – Missel communautaire – Guide Emmaüs des dimanches – Dossiers personnels


Prière universelle
Introduction
En ce jour où le Christ est ressuscité pour toute l’humanité, prions pour tous les hommes et les femmes qui, aujourd’hui encore, vivent la passion dans l’espérance d’être à leur tour relevés à la vie.

Intentions
Pour les nouveaux baptisés et pour tous les messagers de ton Évangile : que ta joie inonde leur cœur, Seigneur, nous te prions !

Pour les hommes et les femmes que la tristesse et la peur empêchent de vivre, qu’ils trouvent dans la résurrection du Christ un enthousiasme nouveau et une joie communicative. Seigneur, nous te prions.

Pour les nombreux hommes et femmes qui consacrent leur vie au service des plus malheureux, que nous sachions un peu mieux reconnaître et apprécier leurs multiples gestes de bonté comme autant de signes de résurrection. Seigneur, nous te prions.

Pour les hommes, les femmes et les enfants qui meurent à cause de la violence meurtrière, puissent les chefs d’État, sous la pression de l’humanité tout entière, chercher et trouver des solutions pour résoudre les conflits par le dialogue. Seigneur, nous te prions.

Conclusion
Exauce nos prières, Seigneur, et fais que tous les hommes et les femmes qui habitent notre terre sachent que ton fils est mort et ressuscité pour eux. Amen.Prière sur En ce jour de Pâque

Vigile pascale 2026

Les hauts faits de Dieu

Homélie
Lire les textes bibliques
Nous venons d’écouter longuement la Parole de Dieu. L’Ancien et le Nouveau Testament ont touché nos oreilles. Le Seigneur a voulu nous faire connaître ses hauts faits. Écouter l’Écriture Sainte est bien plus que la communication de faits et d’événements mis par écrit sur du papier. Chaque fois, nous avons répondu « Nous rendons grâce à Dieu » ou encore « Louange à toi, Seigneur Jésus ». Nous avons reconnu dans ces textes que Dieu est présent dans notre monde et dans l’histoire humaine.

Nous remercions Dieu de nous avoir fait passer la Mer Rouge – oui, je dis bien « nous », car saint Paul nous a rappelé que dans le baptême nous participons sacramentellement à la mort et à la résurrection du Christ. En ce temps de Pâques, des enfants et des adultes vont être baptisés. Être plongé avec tout son corps dans l’eau lors de son baptême, cela a une autre signification symbolique que verser quelques gouttes d’eau sur le front ou la tête.

L’Apôtre Paul évoque certainement le baptême par immersion, car l’immersion est comme une expérience de mort et sortir de l’eau est sans doute vécu comme une expérience de vie. « Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. » Et nous sommes appelés à une nouvelle vie. Saint Paul dit : « Si nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi. »

Nous participons donc à la résurrection du Christ. La toute-puissance de Dieu fait également de nous des hommes nouveaux. Être un homme nouveau, c’est ne plus être esclave du péché, c’est vivre dans une nouvelle liberté, c’est vivre avec le Christ. Nous avons été appelés à vivre ce carême comme un chemin vers des retrouvailles avec la liberté que le Christ nous a acquise. Je voudrais que, pour nous tous, la veillée pascale, avec ses lectures et ses rites, soit une fête qui confirme la liberté reçue au baptême. « Lui qui est vivant, dit saint Paul, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ. »

Nous allons bientôt poursuivre la célébration de la veillée. Il s’agit d’un des plus beaux offices de toute l’année liturgique. Nous touchons les fondements de notre être chrétien, car nous célébrons le mémorial de la mort et de la résurrection du Christ dans un contexte particulier. L’Évangile de la résurrection selon saint Mathieu a une particularité par rapport aux autres. Mathieu nous fait en quelque sorte assister à la résurrection du Crucifié. Cela commence avec un grand tremblement de terre. L’Ange du Seigneur est là et roule la pierre. Cette pierre, c’est celle de tous nos enfermements, nos égoïsmes, notre péché. Cet événement de la résurrection nous rappelle que la mort et le péché ne peuvent avoir le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer à sa victoire.

Cette célébration va se poursuivre par la bénédiction de l’eau qui servira pour les baptêmes. Par ce sacrement, nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. C’est ce que va nous rappeler l’aspersion. Mais pour bien manifester que nous voulons nous attacher au Christ, nous allons confesser la foi de notre baptême et manifester notre désir de vivre d’une vie nouvelle.

Oui, béni-sois-tu, Seigneur, pour cette merveille de ton amour. Garde-nous dans l’émerveillement de cette nuit et dans la joie de nous savoir aimés de toi. Amen

VENDREDI DE LA SEMAINE SAINTE

« Victoire, tu règneras, O croix, tu nous sauveras. »

Homélie
Textes bibliques : Lire
« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jean 14, 13). Ce récit de la Passion du Christ nous le connaissons bien parce que nous l’avons entendu et médité nombre de fois. Et pourtant, il ne peut jamais nous laisser indifférent. C’est la Passion d’un homme abandonné, trahi et bafoué. Elle nous montre un chemin déroutant, révoltant où apparemment Dieu se tait.

Mais si nous nous réunissons à l’Eglise le Vendredi Saint, ce n’est pas seulement pour commémorer l’anniversaire d’un événement vieux de 2000 ans ; c’est d’abord pour communier au sacrifice volontaire de Jésus qui donne sa vie pour sauver tous les hommes.

La croix est la victoire de l’amour. Voilà une affirmation absolument capitale qui résume bien le message de ce Vendredi Saint. A nous de nous demander si nous sommes capables de l’accueillir en vérité. Sommes-nous remplis de l’Esprit Saint pour en témoigner aujourd’hui dans le quotidien de nos vies ?

En ce Vendredi Saint, notre regard se porte vers la Croix du Christ. Cette croix symbolise la souffrance de l’homme, notre souffrance. Pour beaucoup, elle s’appelle longue maladie, souffrance, échec, violence, le deuil. Mais la croix du Christ n’est pas une croix comme les autres. Elle est pour tous les hommes et pour chacun absolument UNIQUE. Elle est notre unique espérance parce qu’elle est la victoire de l’amour. En ce Vendredi Saint, nous ne célébrons pas la souffrance ni la mort. Nous célébrons le signe de l’immense amour de Jésus Christ et de Dieu notre Père pour tous les hommes sans exception. Ce n’est pas une croix ignominieuse, c’est une croix glorieuse, c’est la Croix de l’Amour.

La croix du Christ, signe d’amour et signe de notre salut, reste pour chacun de nous un mystère. Il n’est pas facile de l’accueillir en vérité surtout si nous connaissons la morsure de la souffrance. Quand tout va bien, quand la réussite, le succès et la santé sont au rendez-vous, il est assez facile de chanter la croix victoire de l’amour. Mais quand le Seigneur nous invite à Gethsémani, nous reconnaissons bien vite nos limites. Alors que faire en ce Vendredi Saint ?

En ce Vendredi Saint, nous nous réunissons pour méditer sur la mort prématurée du Christ. Sa vie terrestre n’a pas été longue mais elle a été parfaitement réussie parce qu’elle était centrée sur l’Amour. Elle n’a trouvé sa plénitude qu’au-delà de la mort, dans la résurrection et la communion définitive avec le Père. C’est bien là le symbole de notre propre aventure personnelle. Et pourtant… nous oublions trop souvent que, sur cette terre, nous ne sommes que des voyageurs. Nous avons trop tendance à nous installer. Nous savons que la Vie Éternelle commence sur terre, mais nous oublions que son terme se situe dans la rencontre définitive de Dieu.

Pour progresser dans l’intelligence du mystère de la croix, il ne suffit pas d’acclamer la croix ou de la vénérer. Ce n’est pas non plus de discuter à perte de vue sur ce mystère. Le plus important c’est de prendre modèle sur le Christ : Il n’a pas attendu le Calvaire pour donner sa vie. Il l’a fait jour après jour au hasard des rencontres, chaque fois qu’il s’est mis au service des petits, des malades et des pauvres.

Beaucoup ont compris que la meilleure manière de porter sa croix c’est de porter celle des autres ; c’est de faire renaître et aider à renaître à l’espérance tous ceux qui sont méprisés, asservis, malades, découragés. C’est ainsi que nous sommes appelés à célébrer la croix du Christ.

En ce Vendredi Saint, les uns pour les autres, nous prierons l’Esprit Saint pour qu’il ouvre chacun de nos cœurs à l’intelligence de plus en plus grande de ce mystère d’amour qu’est le mystère de la Croix. Et c’est alors seulement que nous pourrons chanter en toute vérité : « Victoire ! Tu règneras. O croix, tu nous sauveras. »

Chemin de croix (Vendredi de la Semaine Sainte)

En ce vendredi Saint, nous pensons aussi aux personnes seules isolées ou malades en particuliers dans nos EHPAD (4 sur notre paroisse) et hôpitaux… nous leur restons UNIS par la prière…Chaque année, ceux qui le souhaitaient pouvaient se réunir pour un chemin de croix. Le Service évangélique des malades de notre paroisse vous proposent celui qu’ils leur ont fait parvenir (en trois parties

Télécharger : Chemin ce croix 1

Télécharger : chemin de Croix 2

Télécharger : chemin de croix 3

Jeudi de la Semaine Sainte 2026

« Il les aima jusqu’au bout… »

Homélie
Textes bibliques : lire
En cette soirée du Jeudi Saint, nous célébrons un événement absolument essentiel dans l’histoire du salut. Il nous est rapporté par les Évangiles de Saint Matthieu, Marc et Luc ainsi que par Saint Paul que nous venons d’écouter. La veille de sa mort, Jésus a réuni ses disciples pour son dernier repas. Il prit du pain et du vin et dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps…Prenez et buvez, ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude… » C’est ce soir-là que Jésus a institué l’Eucharistie et le sacerdoce.

Ce Jeudi Saint nous rappelle donc que Jésus se donne comme nourriture et comme boisson. Dans l’Évangile de saint Jean, nous lisons : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. » Au moment de la communion, quand le prêtre dit « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », il ne s’adresse pas seulement à la communauté qui est devant lui ; le Christ Pain de vie ne demande qu’à se donner au monde entier.

Le Concile Vatican II nous a dit que « l’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation ». Nous avons le témoignage du jeune saint Carlo Acutis, un jeune de 15 ans décédé en 2006. Depuis très tôt, il allait à la messe tous les jours et il passait de longs moments en prière devant le Saint Sacrement. Il disait que l’Eucharistie était son « autoroute vers le ciel ». Ce cadeau nous est offert à tous, gratuitement et sans mérite de notre part. C’est là que nous recevons la force dont nous avons besoin pour continuer notre route à la suite du Christ. C’est Jésus qui se donne en nourriture. Il veut faire de nous ses amis intimes. Il se donne à nous pour nous communiquer sa vie et son amour.

Malheureusement beaucoup n’ont pas vraiment compris l’importance de l’Eucharistie. Le Pain partagé est le symbole de la vie offerte par Jésus. « Ceci est mon Corps livré pour vous ». Dans cette expression, nous sommes tous inclus. Cette coupe est celle de « mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ». C’est donc la nouvelle alliance entre Dieu et le monde. Cette veillée du jeudi saint nous révèle cet amour extraordinaire de Dieu pour le monde. Nous n’aurons jamais fini de méditer sur cette générosité qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C’est par ce sacrifice suprême du Christ que tous les hommes peuvent accéder au salut.

Cet amour que nous recevons du Christ doit aussi nous unir les uns aux autres. Des chrétiens divisés ne peuvent que donner un contre-témoignage. Sans la charité, la communion n’est qu’une hypocrisie. L’Évangile insiste sur le lien très fort entre l’Eucharistie et la charité. Le partage du pain n’a donc pas suffi. Il a fallu que le « Maitre et Seigneur » se lève et se mette à genoux. Et cela non plus n’a pas suffi : il s’est mis à laver les pieds de ses disciples. Il s’est abaissé devant chacun sans dire un mot. À travers ce geste, c’est Dieu qui s’avance vers nous : il s’agenouille pour laver nos souillures.

Aujourd’hui comme autrefois Jésus nous rejoint dans une humanité blessée. Beaucoup y souffrent de la haine, de la violence et de la précarité. Ce monde malade, Jésus veut le sauver. C’est pour lui qu’il est mort sur la croix. Il veut le remplir de son amour. En communion les uns avec les autres, nous sommes envoyés pour témoigner de cette bonne nouvelle et faire en sorte qu’elle se réalise. C’est dans ce contexte que nous devons faire preuve d’inventivité pour célébrer ce « mémorial » institué par le Seigneur.

Nous sommes là pour reconnaître tout ce que le Seigneur a fait pour nous et pour le monde entier. Nous voulons l’accueillir et nous émerveiller. Mais cela ne sera possible qu’ensemble, les uns avec les autres, jamais les uns sans les autres. Tout au long de cette semaine sainte, nous prenons conscience de l’Amour qui se manifeste en actes. C’est un amour toujours à l’œuvre aujourd’hui et chaque jour.

Oui, Seigneur, donne-nous de t’aimer en toute humilité. Donne-nous de t’aimer et de te suivre dans ton amour pour chacun. Donne-nous de les aimer, proches et lointains, comme tu les aimes, un amour qui s’éprouve et se prouve.

Prière universelle
En mémoire du Seigneur,ayons à cœur de nous mettre au service les uns des autres. Présentons au Seigneur, qui demeure au milieu de nous, notre prière.

Intentions
Tu t’es fait, Seigneur, le serviteur parmi tous les serviteurs ! Que ton Église se fasse servante au bénéfice de tous, en particulier des plus petits. Qu’elle trouve sa joie dans le partage et le service.

Lors du repas que tu as partagé avec tes disciples, tu nous as fait don de ton corps et de ton sang. Que nos tables soient de véritables lieux d’accueil et de fraternité afin que nous soyons témoins de ta Bonne Nouvelle pour tous.

Tu as livré ton corps, tu as donné ton sang pour nous libérer de tout péché. Que ce don de ta personne nous pousse à nous donner, nous aussi, sans compter.

Tu as aimé les tiens jusqu’au bout pour l’amour de Dieu. Que cet amour reçu se décuple en nous pour que nous devenions, toujours plus, un seul corps pour un monde de justice et de paix.

Conclusion
Reçois notre prière, Seigneur Jésus ! Apprends-nous à devenir les serviteurs de la Bonne Nouvelle et les témoins d’un monde nouveau, maintenant et pour les siècles des siècles.

Mercredi de la Semaine Sainte 2026

Pour 30 pièces d’argent…

 

 Évangile de saint Matthieu 26, 14-25

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres
et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent.
Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? »
Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” »
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. »
Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer.
Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Méditation
Judas se prépare à livrer Jésus pour 30 pièces d’argent, le prix du rachat d’un esclave. C’était l’un des Douze, un de ses plus proches. Jésus l’avait choisi et aimé au même titre que les autres. Et maintenant c’est lui-même qui veut le vendre. En fait, le cœur de Judas s’est laissé séduire par les richesses. Jésus avait averti : « On ne peut servir Dieu et l’argent ». Judas a fini par préférer l’argent.  

Nous sommes à peu de temps de la fête de la Pâque. Jésus envoie ses disciples pour la préparer. C’est là, au cours du repas qu’il annonce que l’un des siens va le livrer. En réalité, ce n’est pas Judas qui livrait Jésus aux chefs des prêtres ; c’est Jésus qui « se livrait » par amour pour les hommes. Il ne cherche pas à anéantir celui qui le trahit. Il veut la conversion du pécheur et non sa destruction.

Cette question de l’amour continue à être posée à nous disciples du Christ et à tous les hommes. Judas n’est pas lointain ni étranger à chacun de nous. Mais si nous accueillons la croix du Christ, nous serons libérés de toute trahison, de l’indifférence et du péché.

Mardi de la semaine Sainte 2026

 Il les aima jusqu’au bout…

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples,
il fut bouleversé en son esprit,
et il rendit ce témoignage :
« Amen, amen, je vous le dis :
l’un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras,
ne sachant pas de qui Jésus parlait.
Il y avait à table, appuyé contre Jésus,
l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus
de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus
et lui dit :
« Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond :
« C’est celui à qui je donnerai la bouchée
que je vais tremper dans le plat. »
Il trempe la bouchée,
et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée,
Satan entra en lui.
Jésus lui dit alors :
« Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit
pourquoi il lui avait dit cela.
Comme Judas tenait la bourse commune,
certains pensèrent que Jésus voulait lui dire
d’acheter ce qu’il fallait pour la fête,
ou de donner quelque chose aux pauvres.
Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt.
Or il faisait nuit.

Quand il fut sorti, Jésus déclara :
« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié,
et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui,
Dieu aussi le glorifiera ;
et il le glorifiera bientôt.

Petits enfants,
c’est pour peu de temps encore
que je suis avec vous.
Vous me chercherez,
et, comme je l’ai dit aux Juifs :
“Là où je vais,
vous ne pouvez pas aller”,
je vous le dis maintenant à vous aussi. »

Simon-Pierre lui dit :
« Seigneur, où vas-tu ? »
Jésus lui répondit :
« Là où je vais,
tu ne peux pas me suivre maintenant ;
tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit :
« Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ?
Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique :
« Tu donneras ta vie pour moi ?
Amen, amen, je te le dis :
le coq ne chantera pas
avant que tu m’aies renié trois fois. »
(AELF)

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Méditation :

Jésus vient de manifester son amour aux Douze en leur lavant les pieds. C’est ainsi qu’il nous apprend à nous mettre au service les uns des autres. L’Évangile de ce jour nous le montre en train de donner à Judas une bouchée de choix qu’il vient de tremper dans le plat. C’était un geste habituel du maître de repas pour honorer un de ses invités.

C’est ainsi qu’il manifeste son amour à celui-là même qui va le livrer. Mais Judas n’est pas retourné par cette manifestation d’amour de Jésus. Il persiste à vouloir trahir son Maître. Il sort dans la nuit. C’est une manière de dire qu’il s’enfonce dans les ténèbres.

Cet Évangile nous invite à prendre conscience de toute la souffrance morale de Jésus. Il se retrouve seul face à ce qui va lui arriver, seul face au reniement de Pierre et à toutes les manifestations de la faiblesse humaine. Mais en fait, il n’est pas seul : il s’appuie sur le roc inébranlable de l’amour de Dieu son Père. Face aux épreuves de la vie, il nous apprend à ne pas nous fier à nous-mêmes mais à nous en remettre chaque jour à la protection de Dieu.

Lundi de la Semaine sainte 2026

« Vous ne m’aurez pas toujours… » 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12, 1-11
Six jours avant la Pâque,
Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare,
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
          On donna un repas en l’honneur de Jésus.
Marthe faisait le service,
Lazare était parmi les convives avec Jésus.
 
          Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur
et de très grande valeur ;
elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus,
qu’elle essuya avec ses cheveux ;
la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
          Judas Iscariote, l’un de ses disciples,
celui qui allait le livrer,
dit alors :
                   « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum
pour trois cents pièces d’argent,
que l’on aurait données à des pauvres ? »
          Il parla ainsi, non par souci des pauvres,
mais parce que c’était un voleur :
comme il tenait la bourse commune,
il prenait ce que l’on y mettait.
          Jésus lui dit :
« Laisse-la observer cet usage
en vue du jour de mon ensevelissement !
                   Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,
mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »
 
          Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là,
et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus,
mais aussi pour voir ce Lazare
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
          Les grands prêtres décidèrent alors
de tuer aussi Lazare,
          parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui,
s’en allaient, et croyaient en Jésus. (AELF)
 
 
Méditation
Ce geste de Marie qui répand du parfum très cher sur les pieds de Jésus nous introduit à la Passion. Jésus nous en donne la signification en disant : « Elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture. » Elle anticipe les soins qui ne pourront être donnés à son cadavre. En effet, Jésus sera mis au tombeau le vendredi soir. A ce moment-là, le Sabbat est déjà commencé. Cette onction ne pourra pas non plus avoir lieu le dimanche matin, premier jour de la semaine. Ce jour-là, les femmes viendront au tombeau avec leurs aromates parfumés, mais Jésus sera déjà ressuscité. Elles retrouveront le tombeau vide.
 
Cette onction de Marie est le signe symbolique de la résurrection. Jésus pense à sa mort prochaine et à sa sépulture. Habituellement ce parfum était répandu sur la tête. L’onction sur les pieds était destinée aux morts. Jésus  en parle avec beaucoup de lucidité, tout comme les grands malades qui sont conscients de leur mort prochaine.
 
« Les pauvres, vous les aurez toujours parmi vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Jésus sait que son absence va créer un grand vide. Nous avons beau le chercher par la foi, les sacrements, la prière… Il reste apparemment absent. Mais nous pouvons toujours le retrouver dans ces pauvres qui, eux, sont bien présents. Tout ce que nous faisons pour eux, c’est à lui que nous le faisons.
 
Bonne semaine Sainte à tous