Vendredi de la 31ème semaine du temps ordinaire

Danger des richesses  

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,1-8.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.” Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 

Méditation
En écoutant l’Évangile de ce jour, nous avons pu nous sentir un peu mal à l’aise. Voilà un homme licencié pour faute grave. Demain, il sera à la rue, les poches vides. Il doit réfléchir très vite à la meilleure solution. Et il profite de son ultime pouvoir pour abaisser les dettes des débiteurs de son maître. Il y a là une escroquerie qu’aucun patron ne peut accepter. Quand ça arrive, cela se règle au tribunal. Or voilà que Jésus fait l’éloge de cet homme car il s’est montré habile.

Comprenons bien, le but de cette parabole n’est pas d’aller contre la morale la plus élémentaire. Elle nous montre simplement que « les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière ». C’est vrai, quand les intérêts personnels sont en jeu, on devient très inventif. Jésus voudrait bien que notre ardeur pour la paix, la justice et la fraternité nous rende aussi ingénieux. Le jour où nous consacrerons autant d’intelligence et d’acharnement pour inventer des solutions de paix, de justice et de fraternité qu’à gagner de l’argent, beaucoup de choses changeront.

Un jour, la question nous sera posée : qu’as-tu fait de tes biens ? C’est une question redoutable mais aussi une bonne nouvelle pour ceux qui auront tout compris. Aux yeux de Dieu, il n’y a qu’une façon de placer notre argent et nos biens spirituels, c’est de partager par amour pour lui. Quand nous aurons à rendre compte de notre vie, nous aurons de nombreux amis, des pauvres, des malades, des exclus… Ils seront là pour nous accueillir dans les demeures éternelles. En ce jour, nous te supplions, Seigneur : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’Amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ». Amen

Jeudi de la 31ème semaine du temps ordinaire

 
Joie au ciel 
 
pour un seul pécheur qui se convertit 
Évangile selon saint Luc (15, 1-10)
 
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui: «Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux!» Alors Jésus leur dit cette parabole: «Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve? Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins; il leur dit: “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue!”
«Je vous le dis: C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
«Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve? Quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit: “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue!”
« De même, je vous le dis: Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.»
© AELF
 
 
Méditation
L’Évangile nous décrit la miséricorde de Dieu et sa joie de retrouver le pécheur qui revient à lui. Nous connaissons tous cette parabole de la brebis perdue. L’Évangile  nous parle d’un homme qui a cent brebis et qui en perd une. Il laisse de côté les 99 pour aller à la recherche de celle qui est égarée. Mais notre pape François lisait cette parabole en l’inversant. Il nous disait que « l’Église  possède une brebis et qu’elle en a perdu 99 ». L’urgence n’est pas d’entretenir celle qui est restée fidèle mais de partir à la recherche du troupeau perdu. C’est ce que nous lisons à la fin de l’Évangile  de saint Marc : « Allez dans le monde entier : de tous les peuples, faites des disciples. »
 
Mais voilà que dans l’Évangile de ce jour, Jésus met l’accent sur un problème grave. Tout au long de son ministère, il s’est trouvé face à des scribes et des pharisiens qui lui ont reproché de faire bon accueil aux pécheurs. Eux-mêmes sont restés fidèles à la tradition jusque dans ses moindres détails. Mais Jésus leur reproche de confondre fidélité et raideur. C’est pour eux qu’il raconte ces paraboles. Il voudrait leur faire comprendre qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdu. Pour lui, ils sont tellement importants qu’il est allé jusqu’à donner sa vie pour eux sur une croix.
 
Aujourd’hui encore, ils sont nombreux ceux et celles qui se sont détournés de Dieu. Alors, il fait tout pour les retrouver. C’est pour cela que Jésus est venu dans le monde. Il veut à tout prix chercher et sauver ceux qui courent à leur perdition. Certains croient que leur situation est désespérée. Mais pour Dieu, cela n’est pas vrai. Il est toujours capable de venir les chercher très loin et très bas.
 
Le grand message de cet Évangile c’est la joie extraordinaire de Dieu quand un seul pécheur se convertit. Et il veut tous nous associer à cette joie. Avec lui, le passé est passé. Désormais c’est un nouveau départ qui commence. Chaque fois que nous allons nous confesser c’est un jour de fête.
 
En ce jour, nous te prions Seigneur : apprends-nous à ne pas mépriser les pécheurs mais à les regarder comme tu les vois. Donne-nous d’être auprès d’eux des témoins de ta miséricorde pour tous. Amen
 

Mercredi de la 31ème semaine du temps ordinaire 2025

Pour venir à Jésus…

Évangile selon saint Luc 14,25-33.
De grandes foules faisaient route avec Jésus; il se retourna et leur dit: «Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui: “Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever!” Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.
«De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple.»

AELF

Méditation
Les paroles que nous venons d’entendre sont déroutantes. Jésus nous invite à l’aventure. Il nous demande un vrai saut dans l’inconnu. Si nous voulons être ses disciples, il nous faut accepter les conditions qu’il pose : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » Ce qui est premier, c’est de laisser le Christ remplir notre vie de l’amour qui est en lui. Nos affections naturelles sont limitées et imparfaites. Elles sont souvent mêlées d’égoïsme. Le Seigneur nous demande d’y renoncer pour accueillir son amour désintéressé et intensément généreux.
 
Pour aller à Jésus, il nous faut « haïr » ce qui n’est pas lui. Le commandement de l’amour du prochain est toujours là. Mais le Christ nous demande aujourd’hui de réorganiser notre vie affective. Dieu doit passer avant tout. On lui doit tout. Il est notre priorité absolue. Son amour fera naître en nos cœurs un nouvel amour pour les membres de nos familles.
 
Trop souvent, nous nous contentons d’un programme minimum. Celui qui veut suivre Jésus doit réfléchir. Il doit se demander s’il est prêt à tout mettre en œuvre pour le faire sérieusement. Si ce n’est pas le cas, il sera comme celui qui veut bâtir une tour mais qui n’a pas assez d’argent pour l’achever. De même, celui qui veut partir en guerre doit commencer par s’asseoir et réfléchir. C’est encore plus vrai si nous voulons être disciples du Christ : nous devons être lucides sur nos moyens et nos faiblesses.
 
Aujourd’hui, le Christ nous met en garde contre le danger d’être « un chrétien à moitié ». Ce comportement ne peut convaincre personne. Bien au contraire, il ne fera que provoquer scandale et rejet. Il se creuse souvent un fossé entre ce que nous disons en tant que chrétiens et la manière dont nous vivons. Et alors, on se moque de nous comme dans la parabole de l’Évangile. Si nous voulons être crédibles, il nous faut mettre de l’ordre dans notre vie. Si nous donnons à Dieu la première place sans y mettre de conditions, alors notre vie trouvera le bon cap. Le faire à moitié, ça ne marche vraiment pas.
 
Seigneur Jésus, donne-nous de ne jamais oublier ta présence. Alors nous serons heureux d’être aimés tels que nous sommes. Jésus, Fils de Dieu, tu es la joie de nos cœurs. Amen
 
 



Mercredi de la 31ème semaine du temps ordinaire

Pour venir à Jésus…
Évangile selon saint Luc 14,25-33.
De grandes foules faisaient route avec Jésus; il se retourna et leur dit: «Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui: “Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever!” Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.
«De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple.»

AELF

Méditation
Les paroles que nous venons d’entendre sont déroutantes. Jésus nous invite à l’aventure. Il nous demande un vrai saut dans l’inconnu. Si nous voulons être ses disciples, il nous faut accepter les conditions qu’il pose : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » Ce qui est premier, c’est de laisser le Christ remplir notre vie de l’amour qui est en lui. Nos affections naturelles sont limitées et imparfaites. Elles sont souvent mêlées d’égoïsme. Le Seigneur nous demande d’y renoncer pour accueillir son amour désintéressé et intensément généreux.
 
Pour aller à Jésus, il nous faut « haïr » ce qui n’est pas lui. Le commandement de l’amour du prochain est toujours là. Mais le Christ nous demande aujourd’hui de réorganiser notre vie affective. Dieu doit passer avant tout. On lui doit tout. Il est notre priorité absolue. Son amour fera naître en nos cœurs un nouvel amour pour les membres de nos familles.
 
Trop souvent, nous nous contentons d’un programme minimum. Celui qui veut suivre Jésus doit réfléchir. Il doit se demander s’il est prêt à tout mettre en œuvre pour le faire sérieusement. Si ce n’est pas le cas, il sera comme celui qui veut bâtir une tour mais qui n’a pas assez d’argent pour l’achever. De même, celui qui veut partir en guerre doit commencer par s’asseoir et réfléchir. C’est encore plus vrai si nous voulons être disciples du Christ : nous devons être lucides sur nos moyens et nos faiblesses.
 
Aujourd’hui, le Christ nous met en garde contre le danger d’être « un chrétien à moitié ». Ce comportement ne peut convaincre personne. Bien au contraire, il ne fera que provoquer scandale et rejet. Il se creuse souvent un fossé entre ce que nous disons en tant que chrétiens et la manière dont nous vivons. Et alors, on se moque de nous comme dans la parabole de l’Évangile. Si nous voulons être crédibles, il nous faut mettre de l’ordre dans notre vie. Si nous donnons à Dieu la première place sans y mettre de conditions, alors notre vie trouvera le bon cap. Le faire à moitié, ça ne marche vraiment pas.
 
Seigneur Jésus, donne-nous de ne jamais oublier ta présence. Alors nous serons heureux d’être aimés tels que nous sommes. Jésus, Fils de Dieu, tu es la joie de nos cœurs. Amen
 
 



Mardi de la 31ème semaine du temps ordinaire

« Tu nous invites à la fête… »  

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,15-24.
En entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde. À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.” Mais ils se mirent tous, unanimement, à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir ; je t’en prie, excuse-moi.” Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi.” Un troisième dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir.” De retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici.” Le serviteur revint lui dire : “Maître, ce que tu as ordonné est exécuté, et il reste encore de la place.” Le maître dit alors au serviteur : “Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner.” »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation

Cet Évangile nous annonce une bonne nouvelle : Dieu nous invite tous à la fête. Il attend notre réponse. Aujourd’hui, il nous parle de ces invités qui n’ont pas daigné donner suite à son appel. Il n’y a aucune hostilité de leur part. En fait, ils sont trop occupés : « Les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie » prennent toutes leurs énergies. Ils n’ont pas le temps.

En réponse à ce refus, Dieu envoie ses serviteurs « sur les places et dans les rues de la ville ». Il leur demande de faire entrer « les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux ». Il faut savoir que tous ces gens étaient exclus du temple : il fallait absolument éviter qu’ils ne profanent le sanctuaire et son contenu. Mais aujourd’hui, Dieu nous révèle qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu.

« Force-les à entrer pour que ma maison soit remplie… » Non, il ne s’agit pas de forcer quelqu’un à la foi. Cette insistance s’adresse à des gens qui n’osent pas croire qu’ils sont vraiment invités. Plus tard, l’Église sera ouverte aux non Juifs qui n’avaient aucun droit à y entrer. Saint Luc nous révèle un Dieu qui veut le salut de tous les hommes.

Lundi de la 31ème semaine du temps ordinaire

 « QUAND TU INVITES… »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,12-14.
Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas. Il disait à celui qui l’avait invité: «Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; sinon, eux aussi t’inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; et tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre: cela te sera rendu à la résurrection des justes.» AELF
 
Méditation
Jésus s’adresse aujourd’hui au chef des pharisiens qui l’avait invité. Il évoque la tendance courante à inviter ceux qui pourront rendre la politesse à leur hôte de la veille. Il n’y rien de mal dans cet échange de faveurs. Mais en agissant ainsi, on en reste au simple niveau naturel. Il n’y a là aucune motivation qui tienne de la vie de foi. Les pécheurs et les païens en font autant.
 
Aujourd’hui, Jésus voudrait nous aider à faire un pas de plus : « Mais toi, quand tu donnes une réception, invite les pauvres, les boiteux, les aveugles… » Il faut savoir que les boiteux et les aveugles n’avaient pas accès au temple. Ils en étaient exclus car il fallait éviter qu’ils ne profanent le sanctuaire et son contenu. Mais avec Jésus, il y a un changement radical : c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu.
 
C’est ainsi que Jésus nous apprend à aimer « sans rien attendre en retour ». Il nous invite à un désintéressement absolu. Cette conduite rejoint celle de Dieu envers les hommes : « Il ne calcule pas ses heures à veiller sur nous, à nous instruire, à nous pardonner. Il nous a donné le premier et se réjouit de nous voir l’imiter » (Prions en Église).
 
Autre COMMENTAIRE de l’Évangile
« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » dit le Christ (Ac 20,35). Ce qui est vrai à la boxe est aussi vrai pour Dieu et pour chacun d’entre nous ! La joie de Dieu est de pouvoir donner, et donc de voir des mains ouvertes pour accueillir ce don. Or, par définition, il nous est impossible de répondre à Dieu avec la même mesure. Son don est infini, le nôtre sera toujours fini ! Nous sommes ces pauvres, estropiés, boiteux et aveugles qu’il invite à sa table. Ainsi lorsqu’à notre tour nous donnons à ceux qui ne peuvent nous rendre, nous imitions Dieu et nous goûtons le bonheur qui est le sien. À qui allez-vous donner de cette manière aujourd’hui ? (Dieu avec nous aujourd’hui)
 
 

Journée de prière pour les défunts

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Le Seigneur Jésus, Prince de la paix, a souffert la Passion et la mort sur la croix, au terme d’un procès injuste. Sa Résurrection au troisième jour est au cœur de l’espérance chrétienne. L’eucharistie célébrée pour tous les défunts en ce 2 novembre s’éclaire à la lumière de la Résurrection du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 1-6
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
“Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
(AELF)

Pistes pour l’homélie
Le mois de novembre est traditionnellement consacré à la prière pour les défunts. Ils font partie de notre vie, de notre histoire. Leur départ a été pour nous une séparation douloureuse. Beaucoup ont de la peine à s’en remettre ; pensons à la douleur de ces parents qui ont vu partir leur enfant dans un accident, une maladie, une mort violente… Pour d’autres cela s’est passé d’une manière plus paisible. C’est ce qui arrive quand on sait qu’un défunt a vécu toute sa vie pour cette rencontre avec le Seigneur.

Prier pour les défunts, c’est raviver notre espérance face à la réalité mystérieuse de la mort. Nous nous rappelons que la résurrection de Jésus nous ouvre un chemin. Avec lui nous sommes sûrs de triompher de la mort et du péché, dès maintenant et pour l’éternité. Cette prière nous invite également à réfléchir sur notre vie et à voir ce qui en fait la valeur. La seule chose qui en restera c’est notre amour pour Dieu et pour tous nos frères. Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous l’aurons fait. « Dis-moi quel est ton amour et je te dirai qui tu es. » (Jean Paul II)

L’Évangile qui nous est proposé en ce jour nous ramène au soir du Jeudi Saint. Jésus annonce à ses disciples son départ ver le Père. Mais son enseignement se veut rassurant. Ce départ n’est pas un abandon ni une fuite : Jésus leur annonce qu’il leur prépare une place dans la Maison de son Père. Cette annonce est une bonne nouvelle, un appel à vivre dans l’espérance. Les épreuves ne manqueront pas : dans quelques heures, ce sera la Passion et la mort de leur Maître ; par la suite, ils connaîtront le temps des persécutions.

Mais rien ne doit troubler l’espérance des chrétiens : le Christ reste bien présent au milieu d’eux. Il est « le chemin, la Vérité et la Vie ». C’est en passant par lui que nous allons au Père. Jésus n’est pas un simple chef religieux qui enseigne dans une synagogue. Son enseignement s’est répandu sur les routes de Galilée, de Samarie et de Judée. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ce chemin n’est plus un lieu ni une destination mais une rencontre, une parole partagée avec Jésus. C’est en lui que nous trouvons la plénitude de la vérité. En dehors de lui, nous allons à notre perte.

Avec le Christ ressuscité, notre vie devient un chemin d’espérance, un chemin de confiance. Notre vie se trouve transformée par l’amour qui est en Dieu. Sa Parole nous met en mouvement. Elle nous appelle à une conversion de nos vies, de nos raisonnements et de nos mentalités. C’est nécessaire si nous voulons que l’amour de Dieu habite et rayonne dans nos vies. Aujourd’hui comme autrefois, l’appel du Christ se fait entendre : « Croyez en moi. »

Ce Jésus qui s’adressait à ses apôtres est « Dieu avec nous » ; chaque jour, c’est lui qui vient à nous comme lumière dans la nuit ; il n’a jamais cessé de nous aimer. Et quand nous tombons, il vient nous dire : « Reprends confiance en toi ; remets-toi en route ; tu vaux plus que ce que tu crois ; je suis avec toi pour te prendre par la main quand tu risques de flancher. » Croire en Jésus, c’est renaître chaque jour à l’espérance, à la confiance et au courage de vivre. Cela ne devient possible que si nous le fréquentons assidument par la prière, la méditation de l’Évangile et l’Eucharistie.

Jésus termine son discours par une prédiction solennelle : « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. » Ce mot « œuvre » nous renvoie à la grande œuvre de Dieu qui est de libérer son peuple. Nous y sommes tous associés : le même Dieu veut libérer l’humanité de tous ses esclavages ; comme les apôtres, nous sommes envoyés pour être les messagers de cette bonne nouvelle.

En ce jour, nous rendons grâce pour cette lumière de la foi qui nous a été donnée. Par elle, c’est le Christ qui éclaire nos pas plus ou moins hésitants en direction du Royaume de Dieu. Nous le prions les uns pour les autres : qu’il nous rende plus disponibles pour témoigner de son amour qui vient sauver tous les hommes.

En ce dimanche, nous rendons grâce pour cette lumière de la foi qui nous a été donnée. Par elle, c’est le Christ qui éclaire nos pas plus ou moins hésitants en direction du Royaume de Dieu. Par l’intercession de la Vierge Marie, nous le prions les uns pour les autres : qu’il nous rende plus disponibles pour témoigner de son amour qui vient sauver tous les hommes.

Prière universelle
Introduction
Par Jésus Christ,
mort et ressuscité pour tous les hommes,
prions le Père source de toute vie

Intentions
1. Pour nos frères et sœurs qui sont éprouvés
par le deuil d’un être cher, parfois leur propre enfant ;
que l’espérance de la résurrection éclaire leur route,
ensemble prions.

2. Pour ceux qui souffrent des guerres, de la faim,
de la violence ou du terrorisme.
Et pour les victimes des catastrophes naturelles,
ensemble prions.

3. Pour l’Église et ses pasteurs,
pour les baptisés de Pâques ;
pour nos paroisses petites ou grandes.
Qu’elles trouvent la joie dans la prière,
le témoignage et le service,
ensemble prions.

Conclusion
Dieu de toute bonté,
tu nous as donné ton propre Fils
comme notre Seigneur et notre frère.
Nous t’en prions, fais grandir
la fraternité sur cette terre,
toi qui es un Dieu bon et ami des hommes,
avec ton Fils et le Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.

Télécharger : Journée de prière pour les défunts

Fête de tous les saints

L’immense cortège de tous les saints

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Tous les membres du corps sont importants. Tous les membres du Corps de l’Église sont importants. Tous, nous sommes appelés à la sainteté. Jésus, Saint de Dieu, est la tête du Corps ; sa sainteté se diffuse dans tout le Corps. Entrons dans l’émerveillement d’un si grand bonheur.

Acte pénitentiel
Seigneur, tu ne regardes pas nos péchés, prends pitié de nous.

Ô Christ, ton Père veut que nous soyons appelés enfants de Dieu, prends pitié de nous.

Seigneur, tu nous veux heureux avec toi, prends pitié de nous.

Introduction aux lectures
Apocalypse : la sainteté n’est pas le privilège d’une élite ; elle est foule immense que nul ne peut dénombrer.

Psaume : le psalmiste nous rappelle que la sainteté est un don de Dieu : « il obtient du Seigneur la bénédiction et de Dieu son Sauveur, la justice ».

1 Jean : la sainteté est déjà inscrite en nous, comme un germe ; elle va s’épanouir. Quelle source d’espérance !

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
C’est aujourd’hui la fête de tous ceux et celles qui sont dans la joie auprès de Dieu. Dans la première lecture, l’auteur de l’Apocalypse nous en fait un tableau enthousiasmant, extraordinaire. Il nous montre que la sainteté n’est pas réservée à quelques privilégiés. C’est une grâce que Dieu prépare pour une multitude innombrable. Dieu la propose à tous ; nous sommes tous appelés à la sainteté. Malheureusement, certains résistent et n’accueillent cette grâce très précieuse de Dieu.

L’auteur de l’Apocalypse nous parle de 144 000 personnes qui proviennent de toutes les tribus d’Israël. Ce chiffre représente le très grand nombre de croyants qui forment le nouveau peuple de Dieu. Cette foule immense que nul ne peut dénombrer vient de tous les horizons, du monde juif mais aussi du monde païen. Au-delà des épreuves et des persécutions, ils découvrent le Christ, l’Agneau de Dieu “qui enlève le péché du monde”. Avec lui, le mal n’aura pas le dernier mot car l’Amour est plus fort que tout. Leur victoire est déjà la nôtre. Nous attendons le triomphe définitif du Christ sur le mal.

Cet amour de Dieu pour chacun de nous, c’est quelque chose d’extraordinaire. C’est saint Jean qui nous le dit dans la deuxième lecture. Dieu “a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes”. Mais la sainteté n’est pas quelque chose que nous pouvons acquérir par nos seules forces ni en accomplissant des performances spirituelles ; c’est Dieu qui nous la communique, même à nous pauvres pécheurs. Ce qui nous est simplement demandé, c’est d’avoir les mains et le cœur ouverts pour accueillir cet amour qui est en Dieu. C’est ainsi que nous pourrons vivre notre condition de fils. Nous vivons des situations difficiles, mais si nous nous attachons au Christ, rien ne peut nous séparer de son amour.

Aujourd’hui, l’Église nous invite donc à fêter tous ceux et celles qui ont réussi leur vie, ici-bas et dans l’autre monde. Dans l’Évangile, Jésus nous présente le chemin qui les a conduits au bonheur. Ce bonheur n’a rien à voir avec celui que le monde nous donne pour modèle. Beaucoup ne pensent qu’à celui des “personnes riches, belles, intelligentes, diplômées, pistonnées” (Denis Sonet). Au contraire, Jésus nous dit : “Heureux les pauvres de cœur… ceux qui pleurent… ceux qui sont persécutés pour la justice… les cœurs purs… les miséricordieux…” Ce message du Christ est proclamé aujourd’hui dans toutes les églises du monde entier. Il nous rejoint tous quand nous sommes rassemblés en son nom.

Pour beaucoup, le vrai bonheur c’est d’être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade. Et pourtant, nous voyons bien que les richesses du monde ne suffisent pas à nous combler. Le seul qui peut vraiment nous combler et nous rendre heureux, c’est le Seigneur. En allant à lui et en le suivant, nous choisissons la meilleure part. Mais ce ne sera possible que si nous ne sommes pas accaparés par nos richesses. Ainsi, nous serons entièrement disponibles pour accueillir le salut de Dieu. Lui seul peut nous combler pleinement.

C’est ce chemin qui a été suivi par les saints que nous fêtons en ce jour. L’Église est fière de nous montrer tous ceux qui ont vécu au mieux l’Évangile des béatitudes. Nous pensons à tous ceux et celles qui ont marqué l’histoire humaine et chrétienne, les apôtres, les martyrs, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Mais la sainteté n’est pas offerte seulement à quelques élites. Elle est pour tous. Pour y parvenir, il suffit d’accueillir le Seigneur et de le laisser agir en nous. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie ; c’est par lui que nous allons au Père.
Cette fête nous rappelle une fois de plus que nous sommes tous appelés à devenir des saints. La tentation est grande de dire que “ce n’est pas pour moi pauvre pécheur”. Il faut le dire et le redire, elle est pour chacun de nous ; au ciel, il n’y a que des saints et des saintes. Certains ont été de grands pécheurs, mais ils ont accueilli le pardon de Dieu : pensons à Pierre qui avait renié le Christ, Paul qui avait persécuté les chrétiens, saint Augustin qui avait passé toute une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement bouleversé leur vie. C’est ce qu’il veut aussi pour chacun de nous : il est capable de venir nous chercher très loin et très bas.

Alors en communion les uns avec les autres et avec tous les chrétiens du monde entier, nous chantons : “Dieu, nous te louons, Seigneur, nous t’acclamons dans l’immense cortège de tous les saints.”

Prière universelle
Introduction
Soutenus par la prière de tous ceux qui nous précèdent sur le chemin du Royaume, prions celui qui est la source de toute grâce.

Intentions
1. Prions pour ceux qui pleurent, écrasés par des fardeaux trop lourds, le cœur brisé par la souffrance, l’échec ou l’abandon.

2. Prions pour ceux qui sont persécutés pour la justice, parfois incompris dans leur combat pour la défense des plus petits et des plus pauvres.

3. Prions pour les artisans de paix, qui, face à la violence et à la haine, n’ont pour seule arme que la non-violence et le pardon.

4. Prions pour nos communautés, appelées à être signe de la sainteté de Dieu et témoins de la force de son amour.

Père, tu nous rappelles en ce jour que nous sommes tes enfants. C’est donc en toute confiance que nous te confions nos prières et que nous nous en remettons à ta grâce par Jésus, le Christ, notre Frère.

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Un beau témoignage de foi

— Doc­teur, dites-​moi la vérité

— Mon pauvre ami, il est perdu… Seul un miracle pour­rait le sauver…

Len­te­ment, Pierre L… ferma la porte. Ainsi, son petit Jean allait mou­rir… et cela, à la fleur de l’âge ; dans huit jours il aurait treize ans ! Irait-​il seule­ment jusque-​là ?

Depuis quelques jours Pierre voyait la pro­gres­sion du mal. Cepen­dant les paroles du doc­teur aujourd’hui l’ont bou­le­versé. Il est dur d’admettre l’évidence dans un pareil cas ! Abattu, mais fai­sant le fort, il revient vers la salle à man­ger où un lit a été ins­tallé pour son enfant. Un moment il s’arrête près de sa couche et regarde son fils comme si c’était la pre­mière fois. Jean ne le voit même pas ; sa tête repose sur l’oreiller, ses traits sont tirés, ses joues creu­sées par la souf­france.

La tris­tesse enva­hit le cœur du mal­heu­reux père… Ah ! s’il pou­vait prendre sa mala­die et souf­frir à sa place ! Et les der­nières paroles du doc­teur résonnent à ses oreilles seul un miracle pour­rait le sau­ver ! Un miracle !… Mais il n’y a pas de miracles ! Ce sont des his­toires d’enfants… Quant à lui, il n’y croit plus depuis long­temps. D’ailleurs, s’il y avait un Dieu, son enfant ne serait pas malade ! Qu’ont-ils fait dans sa famille pour être trai­tés de la sorte ? Certes, lui ne pra­tique pas mais il n’est pas contre la reli­gion ! Cha­cun fait comme il l’entend ! Sa femme, elle, va à l’église, et jamais il ne s’y est opposé ! Quant à son Jean, voilà plu­sieurs années qu’il est enfant de chœur à la paroisse Saint-​Pierre. Non, non, Dieu n’existe pas, sinon il ne per­met­trait pas de sem­blables mal­heurs.

Et le pauvre père affolé se tait… Des larmes coulent sur ses joues… mais crai­gnant que son fils ou sa femme ne s’en aper­çoivent il les essuie fur­ti­ve­ment puis se dirige vers la cui­sine où son épouse pré­pare le repas. D’un seul regard elle voit que son mari a pleuré… Les mamans voient tou­jours quand il y a quelque chose qui ne va pas ! En vain Pierre essaie de cacher la triste nou­velle. Fina­le­ment, il doit rap­por­ter les paroles du méde­cin : Seul un miracle pour­rait sau­ver leur enfant !

— C’est tout ce qu’il t’a dit ? ques­tionne la mère.

— Oui… Mais ce sont des his­toires… et je ne crois pas aux miracles.

— Pierre, ne parle pas comme cela, je t’en prie. Moi j’y crois ! dit la mère. Veux-​tu m’accorder quelque chose ?

— Quoi donc ?

Rappelle-​toi, peu avant de tom­ber malade, Jean nous deman­dait d’aller à Lourdes avec l’Abbé, aux grandes vacances. Tu étais d’accord. Pour­quoi n’irions-nous pas tous les trois maintenant ?

— Tu crois qu’il va gué­rir ? Non, c’est impos­sible… Il est perdu

— Rai­son de plus pour réa­li­ser le der­nier désir de notre enfant, il sera si heureux !

— Puisque tu y tiens, soit. Je deman­de­rai un congé à mon patron et nous irons.

Huit jours plus tard, une ambu­lance pre­nait Jean chez lui pour le conduire à la gare… Cepen­dant, il allait de plus en plus mal et le doc­teur n’assurait pas qu’il sup­por­te­rait le voyage ! On l’installa dans un com­par­ti­ment spé­cial et le train s’ébranla… Les sen­ti­ments des voya­geurs étaient bien dif­fé­rents… Jean et sa maman par­taient avec une immense espé­rance tan­dis que le papa ne savait que pen­ser. Après de longues heures de che­min de fer, le convoi arrive enfin à Lourdes. Jean est à toute extré­mité… Humai­ne­ment par­lant sa mort est immi­nente. Vu son état, il reçoit les der­niers sacre­ments avant d’être conduit à l’esplanade où va se dérou­ler la pro­ces­sion du Saint-​Sacrement.

Bien­tôt la Pro­ces­sion s’avance… Un Car­di­nal tient l’ostensoir au-​dessus de sa tête. Tan­dis que Jésus-​Hostie approche de l’endroit où Jean est étendu, celui-​ci mur­mure dou­ce­ment et à plu­sieurs reprises : « Jésus, Fils de Marie, rends-​moi la santé ! » Mais Jésus passe… et le miracle attendu ne se pro­duit pas. Alors, Jean, ras­sem­blant le peu de forces qui lui reste, se sou­lève péni­ble­ment sur son coude et crie : « Jésus, Fils de Marie, tu ne m’as pas guéri ! Je le dirai à ta Mère ! » Épuisé par ce suprême effort, l’enfant retombe sur son brancard…

Ému d’une telle détresse et d’une si grande foi, le Car­di­nal, qui a tout entendu, revient vers le petit mori­bond et, une seconde fois, lui donne la béné­dic­tion. Alors, quelque chose d’extraordinaire se passe… De nou­velles forces enva­hissent les membres du jeune malade… il se sent guéri ! D’un geste brusque, il rejette ses cou­ver­tures et se lève, vacillant mais rayon­nant ! Et avec joie cette fois il s’écrie tourné vers l’ostensoir « Jésus, Fils de Marie, tu m’as guéri… Merci ! Je le dirai à ta Mère pour qu’elle m’aide à te remercier ! »

Ce jour-​là ce ne fut pas un miracle mais deux qui se pro­dui­sirent sur l’Esplanade de Lourdes. Le père de Jean, bou­le­versé devant une telle mer­veille, tom­bait à genoux et écla­tait en san­glots… Son âme était guérie !

Vendredi de la 30ème semaine du temps ordinaire

Guérison d’un hydropique
 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1-6.
Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie.
Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? »
Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller.
Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? »
Et ils furent incapables de trouver une réponse.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
Jésus se trouve devant un homme atteint d’hydropisie. L’Évangile ne dit pas que ce malade lui demandait la guérison. C’est Jésus qui fait le premier pas. Il en est toujours ainsi. Il va à la rencontre de tous, y compris de ceux qui s’opposent à lui. Aucune barrière sociale ou religieuse ne fait obstacle à son amour. Il est venu chercher et sauver ceux qui sont perdus.
 
Les pharisiens sont là aussi, mais ils ne cherchent qu’à le prendre en défaut. Ils n’ont aucune pitié pour cet homme. Sa maladie était considérée comme la conséquence d’une faute. Jésus voudrait montrer aux pharisiens que l’amour est supérieur à la loi. Guérir un malade le jour du Sabbat c’est une manière d’honorer les actes de Dieu libérateur et sauveur.
 

Comme ce malade, nous sommes invités à nous tenir bien simplement en présence de Jésus en ne pensant qu’à son amour. Nous allons à lui tels que nous sommes. Nous lui confions tout ce qui nous préoccupe. Il ne vient pas pour nous juger mais pour nous guérir et nous sauver. Il n’hésite pas à venir nous chercher très loin et très bas. Il veut nous faire remonter vers la Lumière. Avec lui, nous retrouvons notre place dans le monde des vivants. 

 

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« Ils gardèrent le silence. » Pour les hommes de la parole que sont les pharisiens et les docteurs de la Loi, c’est pour le moins paradoxal. Eux qui sont habitués à discourir sans fin pour interpréter la Loi dans ses moindres détails, les voici incapables de répondre. Ils n’ouvrent pas la bouche, devenant ainsi semblables aux idoles païennes. Dieu rend la vie à la main desséchée quand ceux qui scrutent la Loi écrite par la main de Dieu voient la sécheresse de leur cœur être dévoilée. Ils n’ont pas compris que la Loi était source de vie, faite pour la vie. Ils en ont fait une idole et en partagent la condition : être incapable de délivrer une parole, de révéler le sens, le Verbe. Notre foi est-elle aussi une idole pour nous ? La parole de l’Évangile prend-elle chair dans notre existence par des comportements concrets, ou sommes-nous enfermés comme beaucoup de nos contemporains dans les idoles du paraître, du confort et du plaisir ?