Voici maintenant…

Voici maintenant…

« C’est maintenant… Voici aujourd’hui… » A travers ces mots, la liturgie du Carême nous annonce un Salut à accueillir et à vivre. Il est urgent de nous éveiller à son approche. « Laissez-vous réconcilier par Dieu. C’est maintenant le jour du Salut. »

Tout au long de ces dimanches, nous entendrons un mot qui reviendra régulièrement, un peu comme un goutte-à-goutte. C’est le mot « Voici ». Nous le retrouvons tout au long de la Bible : « Voici le signe de l’alliance… Voici mon Fils bien-aimé. » Tout cela nous mène vers un « voici l’homme » le Vendredi Saint puis vers le joyeux chant de Pâques : « Voici le jour que fit le Seigneur. »

Aujourd’hui, le même Seigneur continue à appeler des hommes, des femmes et des enfants. Il attend de nous que nous lui répondions : « Me voici ». « Son unique désir est d’entrer dans notre cœur et d’y régner, et nous allons le lui permettre en lui ouvrant la porte de notre cœur. Il en a encore plus envie que nous. Pour lui comme pour nous, le Carême est un temps de bonheur. » (Carême pour les cancres, page 5)

Oui, le Seigneur est heureux de voir des hommes, des femmes et des enfants qui reviennent vers lui, qui retrouvent le goût de la prière et de la Parole de Dieu. Il est heureux de voir, en ce temps de Carême, des gestes de partage et de solidarité avec les plus pauvres.

Seigneur notre Dieu, en ce temps du Carême, nous nous présentons humblement devant toi. Tu nous as créés à ton image et tu nous as donné un cœur capable d’aimer. Nous t’en supplions, ne te souviens pas de notre péché, mais regarde le désir de notre cœur. Fais-nous revenir vers toi et nous chanterons tes louanges, toi Dieu qui nous fais vivre dès aujourd’hui et jusqu’aux siècles des siècles.

 

 

Le Carême

Revenez à moi de tout votre cœur

Un jour, dans un groupe d’enfants, je demandais s’ils savaient ce qu’est le Carême. Ce fut un grand silence… Puis au bout d’un moment, il y en a un qui a dit : « Moi je sais, on ne mange pas de viande… » Et un autre ajoute : « On ne mange pas de bonbons. » Ce à quoi j’ai répondu : « J’aimerais bien voir ça. »

Alors, je leur ai proposé une histoire (inspiration d’un directeur de séminaire) : « Vous avez entendu parler de la chèvre de M. Seguin ; vous allez me la raconter. » Et ils ont raconté cette histoire de Blanchette qui est partie de chez son maître parce qu’elle avait envie de liberté. Et elle s’est retrouvée toute seule dans la montagne.
– « Et qu’a fait le maître quand il a vu que Blanchette était partie ? »
– Il l’a cherchée et il lui a dit : « Reviens. »
– Le Carême c’est exactement ça : C’est Dieu qui nous cherche et qui nous dit : « Reviens ! »

Comment allons-nous nous y prendre pour revenir vers Dieu ? Pendant ces quarante jours, plusieurs choses nous sont proposées :

– D’abord revenir à la Parole de Dieu. Nous découvrirons des textes d’évangile, Les tentations de Jésus au désert, le récit de la Transfiguration, l’événement des vendeurs chassés du temple, la rencontre de Jésus avec Nicodème, la parabole du grain de blé semé en terre… Ces textes nous disent l’amour passionné de Dieu pour l’humanité et nous invitent chacun à leur manière à revenir vers lui et à le suivre… Au cours de ce Carême, sur nos paroisses, des moyens nous seront proposées pour nous aider dans notre route vers Pâques.

– Ce qui est le plus important, c’est ce que chacun va faire chaque jour pour montrer qu’il veut revenir vers Dieu :
• Ne pas laisser passer une journée sans un temps de prière…
• Prendre un peu de temps pour lire un texte d’Évangile.
• Répondre à l’invitation de Jésus le dimanche…
• Apprendre à partager, à donner de la joie aux autres…
• Demander à recevoir le pardon de Dieu dans le sacrement de la Réconciliation.
• C’est chaque jour que Jésus nous dit : « Reviens. » Notre Carême sera ce que nous le ferons. Il nous appartient de faire en sorte qu’il ne soit pas « insignifiant ».

« C’est le temps passé avec la rose qui fait que la rose est importante. » (Saint-Exupéry)
Pendant ce Carême, ces quarante jours qui me préparent à Pâques, je veux passer du temps pour toi Seigneur. « Tu es très important pour moi… »

PS. : Une amie me signale que ces enfants auraient pu transformer le mot « Carême » en « Car-aime ». Elle ne croyait pas si bien dire. C’est vrai que le Carême est un temps pour aimer, ou plutôt pour répondre à un amour qui fait sans cesse le premier pas vers nous. Ce que le Seigneur attend de nous ce n’est pas que nous soyons des bons pratiquants mais des amoureux de plus en plus passionnés.

Père Jean C

Quelques  moyens pour nous aider
Livrets Carême à domicile
Carême dans la ville
Conférences du Carême sur KTO

Dimanche de la santé

Le dimanche 12 février est celui de la santé. Il a été instauré vers la fin des années 80 à l’initiative d’un groupe de l’Action Catholique des Milieux Sanitaires et Sociaux (ACMSS) pour mettre en lumière les soignants de tous les horizons dans les communautés paroissiales. Ces soignants, avec leurs horaires décalés, ne pouvaient pas toujours pratiquer facilement. Mais ils vivaient au quotidien la parole du Christ : « J’étais malade et vous m’avez visité’ (Mt 25, 35-45).

Cette journée nous donne aussi l’occasion de mettre à l’honneur toutes les personnes qui donnent le meilleur de leur temps pour visiter les malades, celles qui s’engagent dans les aumôneries des hôpitaux, dans les Ehpad, au Service Évangélique des malades. Nous savons tous combien ces visites sont très attendues.

En ce jour, nous tenons à manifester toute notre reconnaissance à tous ceux et celles qui vivent au quotidien ces engagements ; tous sont absolument essentiels :
• Services administratifs…
• Soins des malades…
• Préparation et service des repas…
• Service de nettoyage…
Que serait le séjour des résidant si l’un ou l’autre de ces services venait à défaillir ?

Et puis, dans de nombreux Ehpad, nous trouvons un autre service qu’il ne faut surtout pas oublier : c’est celui des animateurs et animatrices. Leur rôle est absolument essentiel. Avec eux et grâce à eux, les résidant n’ont pas le temps de s’ennuyer. Nous les avons vus organiser toutes sortes d’activités, préparation des décorations de Noël, Carnaval, chant, sorties, rencontres intergénérationnelles pour apprendre Internet (à 95 ans !)…

Ce service des personnes malades et handicapées, nous le retrouvons avec l’Hospitalité lors du pèlerinage diocésain à Lourdes. C’est un vrai bonheur d’y voir tous ces nombreux jeunes qui s’engagent avec leurs aînés auprès des plus fragiles. Les uns et les autres peuvent dire : « J’ai beaucoup plus reçu que donné ».

Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est précisément notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent, en particulier les plus fragiles. Tous ces gestes de service prennent valeur d’éternité ; un jour, beaucoup seront surpris d’entendre cette parole du Christ : « tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». Alors oui, soyons dans la joie de servir ces petits que le monde oublie.

Page Facebook d’une équipe d’animation : Résistance joyeuse

Témoignage d’un grand malade

Né en 1952, marié en 1977, viticulteur-arboriculteur de profession, hyper dynamique de nature, je vivais heureux et croquais la vie à pleines dents. Un jour, vers la fin de l’année 1985, j’avais 33 ans, j’ai commencé à être gêné pour utiliser un tournevis. Six mois après j’étais en fauteuil roulant et, trois ans après, ne pouvant plus tenir ma tête, j’optais pour le lit… que je n’ai plus quitté depuis ce jour. Aujourd’hui, je suis entièrement paralysé, trachéotomisé, branché à un appareil respiratoire et ne peux désormais remuer que les yeux.

Cette maladie, appelée « Sclérose Latérale Amyotrophique » (S.L.A.) ou « maladie de Charcot » entraîne une dégénérescence inexorable de tous les muscles et conduit rapidement le malade à une dépendance totale.

Par bonheur, je possède un ordinateur équipé d’un logiciel spécial qui me permet d’écrire avec les yeux. C’est grâce à cet équipement que je peux vous écrire aujourd’hui.

Le premier moment d’abattement passé, je me suis tourné vers le Ciel et j’ai demandé : pourquoi moi ? ? ? Mon sort me paraissait injuste ; il y a tant de chômeurs professionnels… Tant d’individus sans foi ni loi… POURQUOI MOI ?

Je voulais comprendre… et j’ai compris ! J’ai compris qu’il m’avait fallu cette maladie pour me rendre compte que, comme beaucoup de monde, je me mettais la conscience tranquille en allant à la messe le dimanche mais qu’en fait, j’étais très loin de suivre la route du Seigneur.

Aujourd’hui, je suis entièrement paralysé, je ne peux remuer que les yeux mais je suis heureux : – heureux de marcher à nouveau sur la route du Seigneur, – heureux de vivre enfin en conformité avec mon idéal, – heureux d’être modestement utile à mon Dieu.

Issu d’une vieille famille terrienne, catholique et pratiquante, ayant toujours eu la Foi, à l’annonce de ma maladie, je me suis jeté en elle avec le désespoir et la frénésie d’un naufragé sur une bouée de sauvetage… Malgré l’extrême douleur des premières années : le désarroi dure tant que dure la descente aux enfers, j’ai maintenu ma confiance en Dieu…

La descente dure tant qu’il reste des muscles à immobiliser, à paralyser. A partir de là, quand on a touché le fond, quand la maladie ne trouve plus de quoi alimenter son appétit destructeur, on entre dans ce que nos éminents spécialistes appellent la phase terminale. Il y a 17 ans que je suis en phase terminale, je m’y suis habitué et, au risque de vous surprendre, ma joie de vivre balayant ou occultant tous les inconvénients et contraintes liés à mon état, je suis heureux !

J’ai les idées bien en place et aucune envie de me plaindre ! Oserai-je dire : au contraire !… Car cette maladie est, pour moi, une sanctification forcée… à la limite de l’injustice… Gloire à Dieu ! Réaction au malheur incompréhensible pour la plupart, mais Dieu remplit ma vie et je ne manque de rien. Le bonheur serait il subjectif et totalement indépendant de toute jouissance humaine ? Je laisse à chacun le soin de méditer cette pensée qui est une approche directe de l’influence permanente de Dieu dans nos vies, par une action à la fois permanente et imperceptible sur notre cœur, notre ressenti et nos évidences fondamentales…

Oui, la souffrance existe, aussi bien physique que morale mais il est écrit dans la Bible : Matthieu 11, 28-30 « Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Moi Je vous soulagerai. Chargez-vous de Mon joug et mettez-vous à Mon école, car Je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, Mon joug est aisé et Mon fardeau léger.  »

Je suis là pour en témoigner !… J’ai, bien souvent, remonté le moral de gardes-malades désespérées pour des peines légères et passagères mais j’ai moi-même rarement perdu le moral et je n’ai jamais perdu l’espoir parce que je n’ai jamais douté de l’Amour de Dieu.

Comment penser à l’euthanasie quand on a Dieu dans le cœur et quand aucune souffrance ne peut altérer notre confiance en Lui… Les « sans Dieu » sont à plaindre car ils ne connaissent pas l’incommensurable bonheur de se sentir aimé de Dieu, ils ne peuvent pas imaginer le secours bien réel dont bénéficient les amis de Dieu dans l’épreuve. Quand l’enfer se déchaîne contre nous, nous savons qu’il ne s’agit que d’une épreuve supplémentaire, destinée à tester notre Foi et notre confiance envers le Tout-Puissant, Créateur de tout ce qui est…

Il faut savoir que nous avons été créés par un débordement de l’Amour Infini de Dieu et que toutes nos souffrances sont nécessaires à notre purification, pour la préparation de notre Éternité bienheureuse dans la Gloire de Dieu.

Oui, quand l’enfer se déchaîne contre nous, nous accentuons notre prière, nous implorons le Ciel et nous gardons confiance… alors que les « sans Dieu », dans la même situation, désespèrent, appellent la mort et revendiquent le droit à mourir. Ils appellent ça « mourir dans la dignité » ! Ne s’agit il pas plutôt de désespoir et de lâcheté ? Ce qui est grave, parce qu’irréversible, c’est qu’ils refusent la Volonté Divine qui est Lumière et se précipitent dans la mort qui est ténèbres. Dieu respectera leur choix, leur libre arbitre, et les laissera aller dans les ténèbres éternelles puisque telle est leur volonté, libre et délibérée.

Alors que celui qui accepte et offre sa souffrance se met en phase avec la Volonté Divine parce qu’il fait preuve d’humilité, d’obéissance, de soumission, de confiance et d’amour envers notre Créateur et Rédempteur. La souffrance acceptée et offerte purifie notre âme, constitue une protection contre l’enfer et fait office de sauf conduit pour le purgatoire dont elle peut réduire sensiblement la durée.

L’euthanasie est donc criminelle à double titre : pour le temps et pour l’Éternité. Par son refus radical de la Volonté Divine elle est un billet pour l’enfer.

Il en est de même pour l’avortement. La culpabilité de l’avorteuse est même bien pire car, pour un confort égoïste, elle ôte la vie à son propre enfant qui possède déjà une âme immortelle et vivra donc éternellement dans le Ciel en qualité de martyr de sa propre mère.

Mais il est IMPORTANT de savoir que Dieu pardonne au pire des criminels qui implore son pardon avec un repentir sincère. Chacun peut donc décider de revenir à Dieu à tout moment mais, en nos temps troublés, il serait quand-même prudent de ne pas attendre.

En conclusion, qu’importe notre vie actuelle, offrons la joyeusement à la Divine Justice, soyons des amis fidèles de notre Dieu d’Amour et de Miséricorde, des esclaves de l’Amour, car nous savons que nous passerons l’Éternité dans Sa Gloire et que la Vision Béatifique chavirera perpétuellement notre cœur dans le ravissement et dans l’extase.

Pierre PANIS.

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Le temps ordinaire

Vous rappelez-vous de l’époque où les voitures roulaient à l’essence ordinaire ou au super ? Un jour, au moment de faire le plein, j’ai lu une petite affichette qui indiquait : « Chez nous, l’ordinaire sort de l’ordinaire ». C’était une manière de souligner la haute qualité du produit en question. Qu’en est-il de notre vie chrétienne ?

Après le temps des fêtes, nous voici entrés dans cette période liturgique dite du « temps ordinaire ». Nous venons de célébrer Noël, le 1er janvier, l’Épiphanie, le baptême du Seigneur… Nous avons vu comment le Christ a été manifesté aux bergers, aux mages, aux pécheurs. Nous avons mieux compris que le venue du Sauveur est pour tous, les pauvres, les étrangers, les exclus de tous les temps. C’est à tous que la bonne nouvelle de l’évangile doit être annoncée. 

Tout au long de cette période du temps ordinaire, nous serons invités à marcher en « conduite accompagnée » à la suite du Christ. Quelle que soit notre situation, nous pouvons toujours compter sur lui. Son amour nous est acquit d’une manière définitive. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans passer par lui.

Au plan liturgique nous serons amenés nous vivrons des temps forts qui « sortiront de l’ordinaire. » Nous pensons bien sûr à toutes les solennités, les fêtes de Marie, celles des grands saints, mais aussi les « dimanches autrement » ; certains feront peut-être une retraite, un pèlerinage. Nous avons tous besoin de ces temps forts pour nous remettre sur le chemin du Christ.

C’est tous les jours de notre vie que nous avons à redire : « O Seigneur, je viens vers toi… Je te cherche mon Dieu… » Et sur cette longue route, Marie est toujours là. Elle nous redit inlassablement : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Elle nous renvoie à une mise en pratique quotidienne des commandements de Jésus. Notre témoignage ne sera vraiment crédible que si nous mettons toute notre vie en conformité avec l’Évangile du Christ. Avec lui « l’ordinaire sortira de l’ordinaire. » 

Un cadeau à Jésus

Lorsque les bergers s’en furent allés et que la quiétude fut revenue, l’enfant de la crèche leva sa tête et regarda vers la porte entrebâillée. Un jeune garçon timide se tenait là… tremblant et apeuré.
– Approche, lui dit Jésus. Pourquoi as-tu si peur ?
– Je n’ose… je n’ai rien à te donner, répondit le garçon.
– J’aimerais tant que tu me fasses un cadeau, dit le nouveau-né.
Le petit étranger rougit de honte.
– Je n’ai vraiment rien… rien ne m’appartient ; si j’avais quelque chose, je te l’offrirais… regarde.
Et en fouillant dans les poches de son pantalon rapiécé, il retira une vieille lame de couteau rouillée qu’il avait trouvée.
– C’est tout ce que j’ai, si tu la veux, je te la donne.
– Non, rétorqua Jésus, garde-la. Je voudrais tout autre chose de toi. J’aimerais que tu me fasses trois cadeaux.
– Je veux bien, dit l’enfant, mais que puis-je pour toi ?
– Offre-moi le dernier de tes dessins.
Le garçon, tout embarrassé, rougit. Il s’approcha de la crèche et, pour empêcher Marie et Joseph de l’entendre, il chuchota dans l’oreille de l’enfant Jésus :
– Je ne peux pas… mon dessin est trop moche… personne ne veut le regarder !
– Justement, dit l’enfant dans la crèche, c’est pour cela que je le veux… Tu dois toujours m’offrir ce que les autres rejettent et ce qui ne leur plaît pas en toi.
Ensuite, poursuivit le nouveau-né, je voudrais que tu me donnes ton assiette.
– Mais je l’ai cassée ce matin ! bégaya le garçon.
– C’est pour cela que je la veux… Tu dois toujours m’offrir ce qui est brisé dans ta vie, je veux le recoller…
Et maintenant, insista Jésus, répète-moi la réponse que tu as donnée à tes parents quand ils t’ont demandé comment tu avais cassé ton assiette…
Le visage du garçon s’assombrit, il baissa la tête honteusement et, tristement, il murmura :
– Je leur ai menti… J’ai dit que l’assiette m’avait glissé des mains par inadvertance ; mais ce n’était pas vrai… J’étais en colère et j’ai poussé furieusement mon assiette de la table, elle est tombée sur le carrelage et elle s’est brisée !
– C’est ce que je voulais t’entendre dire ! dit Jésus. Donne-moi toujours ce qu’il y a de méchant dans ta vie, tes mensonges, tes calomnies, tes lâchetés et tes cruautés. Je veux t’en décharger… Tu n’en as pas besoin… Je veux te rendre heureux et sache que je te pardonnerai toujours tes fautes.
Et en l’embrassant pour le remercier de ces trois cadeaux, Jésus ajouta :
– Maintenant que tu connais le chemin de mon Cœur, j’aimerais tant que tu viennes me voir tous les jours…

Retrouver le vrai Noël

A quelques semaines de Noël, nos villes et nos bourgs commencent à prendre un air de fête. Les rues et les magasins sont illuminés. Dans nos maisons, on se prépare activement à faire la fête. Les publicités nous annoncent un Noël de rêve.

Mais quand on y regarde de plus près, on voit bien que ces festivités ne seront pas possibles pour tous. En raison de la crise, de nombreuses familles sont en grande difficulté. Ces jours-ci, le secours catholique nous a parlé de la situation dramatique de nombreux jeunes et moins jeunes. Faute d’argent à cause du chômage, beaucoup fêteront Noël maigrement.

Mais si nous regardons de près l’évangile de saint Luc, nous découvrons que le premier Noël fut un Noël d’austérité. Marie et Joseph sont loin de chez eux. Jésus naîtra pauvre dans un abri de fortune et dans un pays soumis à l’occupation étrangère. Ses premiers visiteurs ont été des pauvres.

C’est ainsi que Dieu nous rejoint dans nos situations de détresse. Il se fait petit enfant pour être « Emmanuel », Dieu avec nous. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée à tous ceux et celles qui n’en peuvent plus de souffrir de l’exclusion et de la solitude.

Bien sûr, ce Sauveur ne vient pas pour résoudre tous nos problèmes matériels. Il a bien mieux à faire que de jouer au magicien. Avec la puissance de l’Esprit, il vient nous annoncer une bonne nouvelle. Pour l’accueillir vraiment, il nous faut avoir un cœur de pauvre, entièrement ouvert au don de Dieu

Vivre Noël, ce n’est pas d’abord faire la fête ; c’est accueillir le Sauveur qui vient faire naître en nous une grande espérance. Ce temps de l’Avent nous est donné pour nous mettre en route vers Celui qui ne cesse de venir à nous.

Bonnes fêtes de début d’année

Tous les jours, on nous parle de “Fêtes de fin d’année”. Serait-ce parce que le mot “Noël”, à consonance religieuse, est devenu tabou ? Aujourd’hui, je viens vous parler de “fêtes de début d’année”. Non, ce n’est pas de la provocation, et je souhaiterais que nous soyons nombreux à prendre cette habitude.

Comprenons bien, Noël est d’abord une fête chrétienne. Oui, mais elle tombe le 25 décembre, donc à la fin de l’année. C’est exact, mais nous chrétiens, nous ne devons pas oublier que le calendrier liturgique commence au premier dimanche de l’Avent, au début du mois de décembre. Cela a été dit dans toutes les églises mais beaucoup ont oublié d’en tirer les conséquences : toutes les festivités qui ont lieu durant cette période annoncent bien un “début d’année”.

Noël c’est d’abord Dieu qui se fait petit bébé pour se mettre à notre niveau. On a pris l’habitude de compter les années à partir de sa naissance (à quelques années près). Nous chrétiens, nous disons avec le Cardinal Eyt que « nous ne sommes pas deux mille ans après Jésus Christ mais deux mille ans avec lui ». Il est le Chemin, la Vérité et la Vie, c’est par lui et avec lui que nous allons vers le Père.

Alors, n’hésitons pas à parler de fêtes de “début d’année”, même le 31 décembre ; nous ne sommes en effet qu’au début de l’année liturgique. On ne vit pas de la même manière quand on commence une chose et quand on la finit.
Bonnes fêtes de début d’année à tous.

Halte aux GAMINERIES !

Halte aux GAMINERIES ! Vous êtes des ENFANTS

Noël papillotes ! Noël rissoles ! Noël Père Noël ! Noël sous la cheminée !  Qui osera toucher à ce sacré Noël de notre enfance ? Qui ? Précisément Celui pour qui Noël existe ! Pour lui, ni papillotes ni cadeau, mais une mangeoire d’animaux pour berceau ! Et dès le début, des menaces de mort de la part du pouvoir politique pour ce nouveau-né innocent, à tel point qu’il devra fuir en Égypte… 

A la mièvrerie infantilisante de nos contes de Noël répond la splendeur du mystère de la nativité… A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres, dit Jésus dans l’Évangile. Et en même temps, il nous dit : « Si vous ne changez pas pour devenir comme des enfants, vs n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux (Matthieu 18, 3).

Jésus ne me demande pas de croire à un monde magique mais à un amour qui m’aime au point d’épouser mes propres souffrances jusqu’à crier : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Jésus ne me demande pas de croire en des tours de passe-passe, mais à un amour qui pénètre tellement au cœur de l’homme qu’il brise toutes les chaines qu’il brise toutes les chaines qui l’empêchent de voir et d’entendre, de marcher et de parle, non seulement avec les bras, les jambes et les oreilles, mais avec le cœur !

Quittons nos gamineries ! il est temps, avec Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de dire à Dieu « Papa » ! et de nous émerveiller en enfants libres devant la splendeur d’un gamin couché sur la paille ! C’est ça Noël ! Ce n’est que ça ! Et c’est tout ça !
Source : L’Année Chrétienne 2022-2023

Christ Roi de l’univers

Dans son Évangile, saint Luc nous présente le visage bouleversant de Jésus entre deux malfaiteurs. Nous le voyons tourné en dérision. Une inscription était placée sur sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs ». C’était, bien sûr, un titre de dérision vis-à-vis de Jésus ; il était également très méprisant pour les juifs de la part de Pilate ; un peuple dont le roi est crucifié n’a pas à être fier. Et pourtant, c’est bien par son sacrifice que Jésus manifeste sa Royauté. La croix est le trône où il est monté librement pour dire son amour non seulement aux juifs mais aussi au monde entier ; car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

L’Évangile nous montre plusieurs manières de répondre à ce sacrifice du Christ : le peuple restait là à observer, les chefs religieux se moquent de lui ainsi que les soldats ; ses amis l’ont abandonné ; l’un des malfaiteurs condamné en même temps que lui se met à l’injurier. Jésus ne répond pas à ces provocations.

En lisant cet évangile, nous pensons aux réactions souvent entendues au sujet des victimes de la souffrance, de la misère et des catastrophes en tous genre. Même dans nos quartiers, nos villages, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui n’ont pas le minimum pour survivre. À travers eux, c’est toujours le Christ qui est bafoué et rejeté. La tentation est grande de dire : « Si tu es le Fils de Dieu, fais quelque chose. » Quelquefois, nous entendons : « S’il y avait un bon Dieu, il n’y aurait pas tout ce mal et toutes ces souffrances dans le monde. » C’est vrai que devant tant de malheurs, certains se révoltent contre Dieu et finissent par quitter l’Église.

Mais une fois de plus, Dieu n’est pas un magicien qui va résoudre nos erreurs par un coup de baguette magique. Il nous a donné le monde avec tout ce qu’il contient pour que nous puissions vivre heureux. N’oublions pas qu’à travers les exclus de notre société, c’est le Christ qui continue d’être bafoué et rejeté. Si nous voulons le rencontrer, c’est vers eux qu’il nous faut aller. Et c’est avec eux que nous devons nous engager en lien avec le Secours Catholique. À travers eux, c’est le rendez-vous le plus important de notre vie qui nous attend.

Ce qui est extraordinaire c’est qu’il accueille la prière de celui que nous appelons le « bon larron » : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Cette attitude de confiance et d’abandon est à peine croyable de la part « d’un hors-la-loi, d’un hors-la-foi ». Dans l’Évangile de saint Luc, c’est la dernière parole de Jésus avec un confrère en humanité. Jésus lui annonce qu’en mourant ensemble, ils se retrouveront ensemble au paradis.

Comme cet homme, nous nous tournons vers le Seigneur : « Souviens-toi de nous ». Souviens-toi de ce monde ; Souviens-toi des chrétiens persécutés ; souviens-toi de ceux et celles qui vont à la dérive. Souviens-toi des personnes éprouvées par la maladie, les infirmités, la précarité, l’exclusion. Souviens-toi de ceux et celles qui vivent sans espérance et sans amour. Tu es le Roi de l’univers. Tu veux rassembler tous les hommes dans ton Royaume. Nous avons la ferme espérance qu’un jour tu nous diras : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ».