« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. »Comment-est-ce possible ?Face aux nombreux drames qui frappent l’humanité, il est difficile de faire ce choix. Comment pardonner à ceux qui m’ont fait de tant de mal ?Comment aimer ceux qui sont responsables de la mort de si nombreuses personnes dans le monde ?
Oui, c’est vrai, nous ne savons pas. Mais Jésus nous invite à nous tourner vers Dieu qui est notre Père à tous. Il fait naître son soleil sur les méchants et les bons. Il fait pleuvoir sur les justes et les injustes. Il ne dit pas : « Illumine ceux-ci et pas ceux-là… » Il dit : « Illumine-les tous. » Son amour est pour tous, les bons et les méchants.
Jésus termine par cette recommandation : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Il s’agit d’imiter le Père dans la perfection de l’amour, un amour qui va jusqu’au pardon. On dit parfois que la vengeance est un plat qui se mange froid. Mais ce n’est pas chrétien. Ce que Jésus nous demande c’est d’aimer nos ennemis. Et surtout, priez inlassablement pour eux. La prière fait des miracles.
Les habitués des radios et télévisions publiques savent qu’en cas de grève, on leur propose un programme minimum. C’est souvent très décevant. Les excuses qui nous sont présentées n’y changent rien.
Avec Jésus, le programme minimum ça ne marche pas. On ne peut pas se contenter de quelques gestes religieux pour être en règle. Ce qu’il attend de nous c’est la surabondance de l’amour. « Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. » (Georges Guynemer)Cet amour doit faire de nous des artisans de paix, de fraternité, de réconciliation. Le Christ nous invite à aimer jusqu’au pardon.
En lisant cet Évangile, nous voyons bienque nous sommes loin du compte. Mais le temps du Carême nous est donné pour accueillir la bonne nouvelle de l’Évangile. Le Christ nous appelle tous à venir à lui. C’est auprès de lui que nous allons puiser pour aimer comme lui et avec lui.
L’Évangile de ce jeudi nous invite à réorienter notre vie vers Dieu notre Père. Cet appel rejoint celui de tout le carême. Jésus nous fait des promesses bien précises : « Demandez et l’on vous donnera. Cherchez, vous trouverez. Frappez et l’on vous ouvrira. »
Nous savons que Jésus consacrait beaucoup de temps à ce cœur à cœur avec le Père. Et il nous invite à le suivre sur ce chemin. Et pourtant, ils sont nombreux ceux et celles qui disent : « J’ai prié et je n’ai pas été exaucé… » Ils pensent alors que cela ne sert à rien, que c’est de temps perdu.
Et pourtant… Avez-vous observé un petit enfant au supermarché ? Tout lui fait envie ; il fait des caprices pour obtenir de sa maman ce qu’il désire. Il crie, il pleure mais il n’obtient pas. Et pourtant, elle l’aime son enfant. Mais si elle fait de la résistance, c’est qu’elle sait mieux que son enfant ce qui est bon pour lui. Et surtout, elle a mieux à lui donner.
Aucune prière n’est perdue devant Dieu notre Père. Mais si Jésus nous demande d’insister, c’est pour que notre prière se purifie. Il veut que nous apprenions à demander ce qui est bon pour nous. Trop souvent, nous demandons la pacotille alors qu’il à un trésor à nous donner. Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.(cf. Ps 137, 3a)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11, 29-32
En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. » (AELF)
Méditation
« Cette génération est une génération mauvaise : elle réclame un signe… » Jésus s’adresse à des gens qui font preuve de mauvaise foi. Il s’adresse aussi à notre génération : elle ne réclame plus de signe ; elle en est bien incapable car elle s’est installée dans l’indifférence et l’athéisme.
« Il ne lui sera donné que le signe de Jonas… » Ce dernier est allé à contre cœur à Ninive pour annoncer la destruction de cette ville. Les gens se sont convertis parce qu’ils ont eu peur de cette menace. Nous aussi, nous sommes appelés à nous convertir. Ce n’est plus la peur qui nous y pousse mais l’amour. Dieu nous appelle à lui car il veut nous combler de son amour. C’est là le message essentiel du carême : « Convertissez-vous ».
La bonne nouvelle du jour : « Il y a ici bien plus que Salomon… bien plus que Jonas… » Il y a Jésus, le Fils de Dieu. Il est la vraie Sagesse de Dieu, une sagesse infiniment plus grande que celle de Salomon. Il a été envoyé par le Père, non plus pour annoncer la destruction mais le salut. « Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu » (Saint Jean-Paul II)
Ce temps du Carême nous est donné pour accueillir cette bonne nouvelle. C’est le Seigneur lui-même qui nous appelle : « Revenez à moi de tout votre cœur car je suis un Dieu de tendresse. » C’est avec confiance que nous nous mettons en marche vers la victoire de Pâques.
Nous savons tous que la prière fait partie des piliers essentiels du Carême. Elle nous aide à revenir vers le Seigneur et à lui redonner toute sa place dans notre vie. Jésus désire qu’elle ne soit pas un rabâchage mais qu’elle soit vraie.
Les païens pensent qu’en multipliant les paroles, ils seront exaucés. Ils multiplient les rites magiques. Ils cherchent à forcer la décision de Dieu : « J’ai fait tout ce qu’il fallait, tu dois m’exaucer »
Contrairement aux prières juives de l’époque, sa prière commence par « Père ». C’est le titre que Jésus donnait à Dieu. Il nous invite donc à entrer dans sa propre prière filiale. En utilisant le « nous », la prière devient communautaire, ecclésiale. Elle nous relie à un peuple que nous portons dans la prière et qui nous porte dans la sienne. Ainsi nous ne prions jamais seuls.
Jésus nous présente Dieu comme un Père qui aime chacun de ses enfants. Il sait de quoi nous avons besoin avant que nous le lui demandions. Le titre « Abba » est l’équivalent de « Petit Papa chéri ». Nous sommes loin de « l’Être suprême dont il faudrait gagner les grâces.
En nous enseignant cette prière, Jésus nous a donné ses mots à lui pour qu’ils deviennent les nôtres. Dieu ne se lasse jamais de l’entendre ; nous ne devrions jamais nous lasser de la lui adresser.
Inspire-moi, Seigneur Jésus, de réciter chaque jour cette prière que tu nous as donnée.
Ce qui fait la valeur d’une vie c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux qui nous entourent. Aimer c’est partager, visiter, accueillir, vêtir. C’est du concret. Dès le début du Carême, nous sommes renvoyés à l’essentiel. Nous ne serons pas jugés sur nos bonnes intentions, nos bons sentiments mais sur ce que nous aurons fait pour les petits, les pauvres, les exclus.
Le Carême est là pour nous inviter à revenir vers le Seigneur et à lui donner la première place dans notre vie. Mais l’Évangile nous rappelle que ce Jésus que nous accueillons à l’église nous renvoie aussi aux plus démunis. Il se reconnaît en chacun d’eux. Si nous voulons le rencontrer et l’accueillir, c’est aussi vers eux que nous devons aller. À travers eux, c’est lui qui nous attend.
C’est donc à l’amour que nous serons jugés. Ce sont les paroles mêmes du Christ : « Venez les bénis de mon Père car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Il faut se rappeler que ces paroles sont pour toutes les nations. Beaucoup sont surpris car ils ne se souviendront pas d’avoir eu ces gestes de bonté à son égard. Ils découvriront que derrière le visage du pauvre, se trouvait celui de Jésus.
Cet Évangile nous invite donc à promouvoir le service du frère. C’est sur notre amour, notre proximité avec les plus démunis que nous serons jugés. Heureux sommes-nous de prendre soin des autres sans calcul. Tout homme qui vit dans l’amour appartient déjà à Jésus. Il est urgent que chacun de nous prenne ses responsabilités dans la construction du Royaume.
Et bien sûr, c’est en regardant vers la croix du Christ que nous commençons à comprendre : Jésus y a souffert l’emprisonnement, les blessures, la soif, le rejet. Il est allé jusqu’au bout du don. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». En ce jour, nous sommes tous invités à mettre nos pas dans ceux du Christ pour vivre éternellement.
Un jour, dans un groupe d’enfants, je demandais s’ils savaient ce qu’est le Carême. Ce fut un grand silence… Puis au bout d’un moment, il y en a un qui a dit : « Moi je sais, on ne mange pas de viande… » Et un autre ajoute : « On ne mange pas de bonbons. » Ce à qui j’ai répondu : « J’aimerais bien voir ça. »
Alors, je leur ai proposé une histoire : « Vous avez entendu parler de la chèvre de M. Seguin ; vous allez me la raconter. » Et ils ont raconté cette histoire de Blanchette qui est partie de chez son maître parce qu’elle avait envie de liberté. Et elle s’est retrouvée toute seule dans la montagne. – « Et qu’a fait le maître quand il a vu que Blanchette était partie ? » – Il l’a cherchée et il lui a dit : « Reviens. » – Le Carême c’est exactement ça : C’est Dieu qui nous cherche et qui nous dit : « Reviens ! «
Comment allons-nous nous y prendre pour revenir vers Dieu ? Pendant ces quarante jours, plusieurs choses nous sont proposées :
– D’abord revenir à la Parole de Dieu. Nous découvrirons des textes d’évangile, les tentations de Jésus au désert, la Transfiguration, le fils prodigue… Le Carême est là pour nous rappeler que « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
Ce qui est le plus important, c’est ce que chacun va faire chaque jour pour montrer qu’il veut revenir vers Dieu : – Ne pas laisser passer une journée sans un temps de prière… – Répondre à l’invitation de Jésus le dimanche… – Apprendre à partager, à donner de la joie aux autres… C’est chaque jour que Jésus nous dit : « Reviens. »
« C’est le temps passé avec la rose qui fait que la rose est importante » (Saint-Exupéry) Pendant ce Carême, ces quarante jours qui me préparent à Pâques, je veux passer du temps pour toi Seigneur. « Tu es très important pour moi… »
Textes bibliques : Lire Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Cette période qui dure quarante jours nous prépare à la grande fête de Pâques. Ce sera pour nous l’occasion de retrouver les vraies priorités de notre vie chrétienne. Nous reconnaissons que bien souvent, nous nous sommes détournés du Seigneur et qu’il n’est pas toujours notre priorité. Nous avons trop souvent organisé notre vie en dehors de lui. Alors il est là pour nous dire et nous redire : “Revenez à moi de tout votre cœur !” Le Carême c’est précisément ce temps privilégié qui nous est donné pour revenir vers le Seigneur ; il est urgent de le remettre au centre de notre vie.
Le livre du Deutéronome (1ère lecture) nous montre comment Dieu a pris l’initiative de sauver son peuple. Nous nous rappelons que les Hébreux étaient esclaves en Égypte. Dieu a entendu leur voix et il les a conduits vers une terre de liberté. Le Carême c’est cette longue route de libération. Quand nous nous détournons de Dieu, nous ne pouvons tomber que sur des chemins de perdition. Mais le Seigneur ne nous abandonne pas. Il ne cesse de venir chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il nous fait retrouver notre dignité humaine. Tout au long de la Bible, nous retrouvons cet appel à accueillir le Dieu libérateur. C’est dans cet esprit que nous sommes invités à vivre ce temps du Carême.
Dans la seconde lecture, saint Paul nous invite à reconnaître le Christ comme Seigneur. Cela signifie que nous voulons qu’il soit le maître de nos vies. Nous l’accueillons pour qu’il en prenne la direction. C’est à ce prix que nous serons sauvés. Notre Dieu est un Dieu libérateur ; il veut le salut de tous les hommes quelle que soit leur religion. Tous doivent pouvoir entendre ses paroles qui sont celles “de la vie éternelle”. Cette parole est en nous, dans notre cœur. Le Seigneur compte sur nous pour qu’elle soit proclamée partout dans le monde entier. Vivre le Carême, c’est accueillir cette parole, c’est nous laisser transformer par elle et en témoigner auprès de tous ceux et celles qui nous entourent.
Dans l’Évangile, nous retrouvons le récit des tentations de Jésus au désert. Le tentateur se présente à lui en commençant par le flatter : “Si tu es le Fils de Dieu…” Lorsqu’il s’approche de nous, il utilise la même technique en flattant notre orgueil, notre désir de liberté et d’indépendance : “Fais donc ce qui te plait ; ainsi tu pourras retrouver ta dignité et ta liberté. En fait, cette tentation nous conduit à une impasse qui nous détourne de l’amour de Dieu.
Aujourd’hui, Jésus nous apprend qu’être fils de Dieu c’est nous laisser conduire par Dieu sans lui imposer nos moyens, c’est lui faire une totale confiance sans vouloir lui imposer des garanties, sans espérer des merveilleux prodiges qui nous détourneraient de nos luttes et de nos engagements. À chacune des tentations, Jésus répond par une parole de la Bible : “Il est écrit : l’homme ne vit pas seulement de pain… C’est devant Dieu que tu te prosterneras et à lui seul que tu rendras un culte… Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu…”
C’est ainsi que Jésus a été victorieux face au tentateur. Pendant ce Carême, il veut nous associer tous à sa victoire. Il nous apprend à être entièrement tournés vers Dieu et à nous nourrir de sa Parole chaque jour. Le carême est là pour nous rappeler que nous sommes engagés dans un combat contre les forces du mal. Mais dans ce combat, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur est là et nous pouvons toujours compter sur lui. Nous pouvons aussi nous tourner vers Marie, notre maman du ciel. Avec elle, il n’y a pas de situation désespérée. Quand tout va mal, nous pouvons toujours compter sur elle. Quand nous sommes en manque de paix et de joie, elle est là. Et comme à Cana, elle le dit à son Fils. Et Jésus nous invite à « puiser à la Source » de celui qui est l’amour, la paix et la joie. Et quand nous sommes tombés au plus bas, elle se baisse pour nous ramasser. Elle qui a misé toute sa vie sur l’amour, elle nous aide à nous remettre debout pour reprendre notre route à la suite du Christ.
Sur cette route, le Seigneur est là ; il nous donne le vrai pain de vie qui vient renouveler notre cœur ; il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et nous donne la force d’aimer ; apprenons à toujours avoir faim du Christ, seul pain vivant et vrai et à vivre de toute parole qui sort de sa bouche. Amen
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ;
il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens
attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient
en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes
mais des pécheurs,
pour qu’ils se convertissent. »
Méditation
Méditation
Cet évangile nous présente un homme qui a changé de vie et qui a célébré dans la fête ce changement. Lévi était un publicain c’est-à-dire un homme qui collectait les impôts pour l’occupant Romain. C’était à peu près l’équivalent du terme actuel « exploiteur public ». Lévi devait être très riche : il remplissait ses poches sur le dos du peuple avant de remplir les caisses de l’État.
Or c’est cet homme détesté de tous que Jésus a appelé à le suivre. Il ose choisir comme apôtre un de ces pécheurs mal vus. Il l’appelle à changer de vie. Et il le croit capable de changer. Il lui fait confiance. Est-ce que je donne toutes ses chances à tout homme ? Est-ce que je crois en ma propre possibilité de conversion ?
« Alors, Lévi, quittant tout, se leva et se mit à le suivre. » Tout quitter pour suivre Jésus. C’est vrai aussi pour nous. Si nous voulons suivre le Christ, il nous faut renoncer à certaines choses. Il nous faut prendre conscience de ce qui nous empêche de le suivre vraiment. Le Carême est un temps de purification, d’allègement. Larguer tout ce qui m’encombre, me concentrer sur l’essentiel.
« Il lui offrit un banquet dans sa maison, et il y avait une grande foule de publicains et de gens divers attablés avec les disciples. » Voici un exemple de renoncement joyeux. Lévi quitte tout pour suivre Jésus mais cela ne le rend pas spécialement morose. Il offre un banquet pour célébrer ce grand renoncement à tout. Il fête sa conversion et sa vocation. Pour lui c’est un nouveau départ.
Les pharisiens et leurs scribes récriminaient… Ils passent leur temps à cela, à récriminer, à gémir et à déplorer. L’essentiel de leur religion était de se préserver, de se séparer, de juger de loin et de haut… »Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin mais les mal portants. Je ne suis pas venu appeler les justes à la conversion mais les pécheurs… »
Voilà une bonne nouvelle pour les pécheurs que nous sommes. Le Seigneur nous offre à tous une chance de conversion et de retour à lui. Trop souvent, nous résistons à ses appels. Nous ressentons douloureusement nos limites. Arriverons-nous à faire un Carême meilleur. Je compte sur toi, Seigneur. Ma volonté a besoin d’être guérie.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ;
il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens
attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient
en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes
mais des pécheurs,
pour qu’ils se convertissent. »
Méditation
Méditation
Cet évangile nous présente un homme qui a changé de vie et qui a célébré dans la fête ce changement. Lévi était un publicain c’est-à-dire un homme qui collectait les impôts pour l’occupant Romain. C’était à peu près l’équivalent du terme actuel « exploiteur public ». Lévi devait être très riche : il remplissait ses poches sur le dos du peuple avant de remplir les caisses de l’État.
Or c’est cet homme détesté de tous que Jésus a appelé à le suivre. Il ose choisir comme apôtre un de ces pécheurs mal vus. Il l’appelle à changer de vie. Et il le croit capable de changer. Il lui fait confiance. Est-ce que je donne toutes ses chances à tout homme ? Est-ce que je crois en ma propre possibilité de conversion ?
« Alors, Lévi, quittant tout, se leva et se mit à le suivre. » Tout quitter pour suivre Jésus. C’est vrai aussi pour nous. Si nous voulons suivre le Christ, il nous faut renoncer à certaines choses. Il nous faut prendre conscience de ce qui nous empêche de le suivre vraiment. Le Carême est un temps de purification, d’allègement. Larguer tout ce qui m’encombre, me concentrer sur l’essentiel.
« Il lui offrit un banquet dans sa maison, et il y avait une grande foule de publicains et de gens divers attablés avec les disciples. » Voici un exemple de renoncement joyeux. Lévi quitte tout pour suivre Jésus mais cela ne le rend pas spécialement morose. Il offre un banquet pour célébrer ce grand renoncement à tout. Il fête sa conversion et sa vocation. Pour lui c’est un nouveau départ.
Les pharisiens et leurs scribes récriminaient… Ils passent leur temps à cela, à récriminer, à gémir et à déplorer. L’essentiel de leur religion était de se préserver, de se séparer, de juger de loin et de haut… »Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin mais les mal portants. Je ne suis pas venu appeler les justes à la conversion mais les pécheurs… »
Voilà une bonne nouvelle pour les pécheurs que nous sommes. Le Seigneur nous offre à tous une chance de conversion et de retour à lui. Trop souvent, nous résistons à ses appels. Nous ressentons douloureusement nos limites. Arriverons-nous à faire un Carême meilleur. Je compte sur toi, Seigneur. Ma volonté a besoin d’être guérie.