Mardi de la 2ème semaine du Carême (C)

Ils disent et ne font pas
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23, 1-12
En ce temps-là,
Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens
enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. » ©  AELF
 
 
Méditation
Aujourd’hui, Jésus nous montre les pièges de l’autorité. S’adressant à la foule, il dénonce les comportements des scribes et des pharisiens. Mais ce qu’il dit pour eux vaut aussi pour chacun de nous. Qu’il s’agisse des autorités religieuses, politiques ou parentales, ces pièges sont les mêmes.
 
Premier piège : « Ils disent et ne font pas ». Nous reconnaissons tous le décalage entre nos belles paroles et notre vie de tous les jours. Il est important que chacun pratique ce qu’il enseigne. Un jour, Jésus a dit : « Il ne suffit pas de dire seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père. » Nous sommes envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ, mais il importe que toute notre vie soit ajustée à cette Parole.
 
Deuxième piège : pratiquer l’autorité comme une domination et non comme un service. Jésus reproche aux scribes et aux pharisiens de lier « des fardeaux pesants » et d’en charger les épaules des gens ; mais eux-mêmes « ne veulent pas les remuer du doigt ». Ils ont l’avoir, le savoir et le pouvoir. Cela pourrait être un merveilleux moyen de servir les autres. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’à dominer.
 
Troisième piège : vouloir paraître : « Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes ». Nous connaissons tous cette tentation d’aimer paraître, de rechercher la considération et l’intérêt. Dans le sermon sur la montagne, Jésus nous recommande de n’agir que par amour pour Dieu et par amour pour nos frères sans chercher les louanges des hommes.
 
Quatrième piège : se croire important, avoir le goût des honneurs. « Ils aiment les places d’honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, ils aiment recevoir le titre de Rabbi (Maître). L’orgueil vient les détourner de Dieu et des autres. Jésus vient leur rappeler la valeur de l’humilité. Les titres et les honneurs ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Mais le fait de les porter implique une responsabilité, un témoignage à donner, une mission à accomplir. On ne se grandit qu’en se mettant au service des autres. Cet humble service nous grandit aux yeux de Dieu comme au regard de nos frères.
 
En ce jour, nous sommes provoqués à une véritable remise en question. Le Seigneur nous appelle à revenir vers lui et à nous ajuster à son amour. Il est notre compagnon de route et il chemine avec nous. Tout au long de ce Carême, nous le remercions de remettre en l’endroit ce qui était à l’envers dans nos vies.

 

 

Lundi de la 2ème semaine du Carême

« Soyez miséricordieux ! »
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6, 36-38
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera :
c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
car la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira de mesure aussi pour vous. » (AELF)

Méditation
À la radio et à la télé, les journalistes commentent volontiers, avec un plaisir évident, telle petite phrase d’un homme politique connu, qu’ils jugent plus ou moins chargée de sens. Nous pourrions nous mettre comme eux, à l’affût de petites phrases, non de nos gouvernants mais de Jésus lui-même. C’est à nous qu’elles s’adressent.

« Soyez miséricordieux… ne jugez pas… Ne condamnez pas… pardonnez… donnez… » Non, il ne s’agit pas d’une simple leçon de morale. C’est bien plus que cela. Celui qui nous fait ces recommandations c’est Jésus lui-même. Il a donné l’exemple en pardonnant, en faisant miséricorde. Il s’est donné entièrement pour notre salut et celui du monde entier. Il est la parfaite image de Dieu.

Nous aussi, nous sommes appelés à être l’image de Dieu. Il nous envoie pour être les porteurs de cet amour qui est en lui. Il a besoin de nos pieds et de nos mains pour aller vers les autres et agir. Il a besoin de notre bouche pour dire les paroles de miséricorde. Il a besoin de nos oreilles pour entendre le cri de ceux et celles qui souffrent.

Mais trop souvent, nous donnons une fausse idée de Dieu miséricordieux. Les non croyants nous regardent vivre. Nos duretés, nos aigreurs, nos méchancetés sont un contre-témoignage. Nous déformons le visage de Dieu. Nous ne sommes pas crédibles. Mais le Seigneur n’a jamais cessé de nous aimer tels que nous sommes.

Durant ce Carême, il nous appelle à revenir vers lui. Il attend de nous que nous lui ressemblions. Comme Pierre qui l’avait renié, il continue à nous envoyer. À travers nous et par nous, c’est lui qui veut les rejoindre. Il compte sur nous pour être les porteurs de sa miséricorde infinie. Avec lui, c’est « une bonne mesure, tassée, secouée, débordante. »


2ème dimanche du Carême © (16 mars 2025)

Le Dieu de l’alliance

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Quand nous parlons du Carême, nous pensons souvent sacrifices, renoncements, privations. En fait, les lectures bibliques de ce dimanche nous invitent à regarder plus loin et plus haut ; c’est toute notre destinée éternelle qui nous est rappelée en ce jour ; c’est ce qui apparaît dans la promesse faite à Abraham (1ère lecture), dans les encouragements de saint Paul aux chrétiens de Philippe (2ème lecture) et dans l’Évangile de la Transfiguration.

La 1ère lecture a pu nous paraître un peu déroutante ; en fait, elle évoque des pratiques très connues dans le Proche Orient : quand deux hommes ou deux groupes faisaient alliance, ils utilisaient ce rituel. Ici, c’est Dieu qui fait alliance avec Abraham : « Tu as répondu à mon appel, tu as quitté ton pays, ton confort, tu m’as fait confiance… » Et Dieu lui promet une nombreuse descendance ; il lui promet d’être toujours avec lui. Comme Abraham, nous sommes tous invités à regarder plus loin que notre petit horizon. Dieu veut nous conduire vers son Royaume. Et il attend de nous que nous devenions des semeurs de fraternité.

C’est cette bonne nouvelle que l’apôtre saint Paul nous rappelle dans sa lettre aux Philippiens. Le but de notre vie n’est pas sur cette terre. Nous sommes « citoyens du ciel ». Nos pauvres corps sont destinés à être transformés à l’image du « Corps glorieux » de Jésus. Le Carême nous donne l’occasion de nous détourner de nos préoccupations mondaines et de nous attacher au Christ. Aujourd’hui, l’apôtre dénonce « ceux qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Nous chrétiens, nous savons que nous sommes sauvés par le Christ seul. Nous attendons de partager sa résurrection. C’est en ce sens que nous sommes « citoyens du ciel.

L’Évangile nous montre Jésus qui prend trois de ses disciples sur la montagne pour prier. « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Ainsi, les disciples de Jésus découvrent que sa prière devient « transfigurante » ; c’est aussi vrai pour chacun de nous. Elle nous aide à sortir de nous-mêmes et à nous ajuster à Dieu. Ce contact permanent avec lui ne peut que nous transformer. Il s’agit pour nous d’accueillir l’amour qui est en Dieu pour qu’il rayonne et soit communiqué autour de nous.

Sur la montagne, Jésus n’est pas seul : deux hommes s’entretiennent avec lui, Moïse et Élie qui ont été les grands acteurs de l’alliance de Dieu avec les hommes. Tous trois « parlaient ensemble de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem ». C’est là que Jésus sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Pour les disciples, ce sera une épreuve très douloureuse.

Mais pour raviver leur foi, Jésus leur laisse entrevoir la gloire qui sera la sienne lors de sa résurrection. Au-delà de nos souffrances et de nos épreuves, c’est à cette gloire que nous sommes tous appelés par Dieu lui-même. En ce dimanche et tout au long du Carême la voix du Père est là : « Celui-ci st mon Fils, écoutez-le ». Aujourd’hui, vous voyez son visage transfiguré ; un jour, vous le verrez défiguré par la haine, la violence et les scandales de toutes sortes. Mais le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. Nous sommes tous appelés à participer à la victoire du Christ ressuscité.

Voilà cet appel du Père. La réponse que nous donnerons nous transfigurera si elle répond au désir de Dieu. Toutes nos actions du Carême participent à ce vaste mouvement de transfiguration. Cela peut se manifester par de nouvelles formes de jeûne, de partage et de solidarité. En ce temps du Carême, de nombreuses associations caritatives nous rappellent que millions de personnes ne mangent pas à leur faim. À travers eux, c’est le Seigneur qui est là et qui nous interpelle. Comme Abraham, comme Paul et comme les disciples, nous sommes invités à sortir de nous-mêmes et à ÉCOUTER la voix du Père. C’est la condition requise pour notre transfiguration.

Mais n’oublions pas que pour nous comme pour Jésus, tout doit commencer dans la prière. L’Eucharistie que nous célébrons est « source et sommet de toute vie chrétienne ». Qu’elle nous envoie vers une transfiguration de la vie concrète que nous allons trouver « en descendant de la montagne ».

Télécharger l’homélie et la prière universelle : 2ème dimanche du Carême

Sources : Revue Feu Nouveau – Homélies Année C (Amédée Brunot) – Missel communautaire des dimanches et fêtes – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux)

Samedi de la 1ère semaine du Carême

« Illumine-les tous »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 43-48
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »
© AELF
 
 
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Méditation
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » Comment-est-ce possible ?  Face aux nombreux drames qui frappent l’humanité, il est difficile de faire ce choix. Comment pardonner à ceux qui m’ont fait de tant de mal ?  Comment aimer ceux qui sont responsables de la mort de si nombreuses personnes dans le monde ?
 
Oui, c’est vrai, nous ne savons pas. Mais Jésus nous invite à nous tourner vers Dieu qui est notre Père à tous. Il fait naître son soleil sur les méchants et les bons. Il fait pleuvoir sur les justes et les injustes. Il ne dit pas : « Illumine ceux-ci et pas ceux-là… » Il dit : « Illumine-les tous. » Son amour est pour tous, les bons et les méchants.
 
Jésus termine par cette recommandation : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Il s’agit d’imiter le Père dans la perfection de l’amour, un amour qui va jusqu’au pardon. On dit parfois que la vengeance est un plat qui se mange froid. Mais ce n’est pas chrétien. Ce que Jésus nous demande c’est d’aimer nos ennemis. Et surtout, priez inlassablement pour eux. La prière fait des miracles.
 
Vaste programme pour notre carême.
 




 

Vendredi de la 1ère semaine du Carême

Non au « Carême minimum »
 
Évangile selon saint Matthieu 5, 20-26
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le dis :
Si votre justice ne surpasse pas
celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. » © AELF
 
 
Méditation
Les habitués des radios et télévisions publiques savent qu’en cas de grève, on leur propose un programme minimum. C’est souvent très décevant. Les excuses qui nous sont présentées n’y changent rien.
 
Avec Jésus, le programme minimum ça ne marche pas. On ne peut pas se contenter de quelques gestes religieux pour être en règle. Ce qu’il attend de nous c’est la surabondance de l’amour. « Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. » (Georges Guynemer)  Cet amour doit faire de nous des artisans de paix, de fraternité, de réconciliation. Le Christ nous invite à aimer jusqu’au pardon.
 
En lisant cet Évangile, nous voyons bien  que nous sommes loin du compte. Mais le temps du Carême nous est donné pour accueillir la bonne nouvelle de l’Évangile. Le Christ nous appelle tous à venir à lui. C’est auprès de lui que nous allons puiser pour aimer comme lui et avec lui.


Jeudi de la 1ère semaine du Carême

Prier avec confiance
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7, 7-12
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore :
lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils
quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent,
quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses
à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. » © AELF
 
Méditation
L’Évangile de ce jeudi nous invite à réorienter notre vie vers Dieu notre Père. Cet appel rejoint celui de tout le carême. Jésus nous fait des promesses bien précises : « Demandez et l’on vous donnera. Cherchez, vous trouverez. Frappez et l’on vous ouvrira. »
 
Nous savons que Jésus consacrait beaucoup de temps à ce cœur à cœur avec le Père. Et il nous invite à le suivre sur ce chemin. Et pourtant, ils sont nombreux ceux et celles qui disent : « J’ai prié et je n’ai pas été exaucé… » Ils pensent alors que cela ne sert à rien, que c’est de temps perdu.
 
Et pourtant… Avez-vous observé un petit enfant au supermarché ? Tout lui fait envie ; il fait des caprices pour obtenir de sa maman ce qu’il désire. Il crie, il pleure mais il n’obtient pas. Et pourtant, elle l’aime son enfant. Mais si elle fait de la résistance, c’est qu’elle sait mieux que son enfant ce qui est bon pour lui. Et surtout, elle a mieux à lui donner.
 
Aucune prière n’est perdue devant Dieu notre Père. Mais si Jésus nous demande d’insister, c’est pour que notre prière se purifie. Il veut que nous apprenions à demander ce qui est bon pour nous. Trop souvent, nous demandons la pacotille alors qu’il à un trésor à nous donner. Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.(cf. Ps 137, 3a)
 

Mercredi de la 1ère semaine du Carême

Le signe de Jonas

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11, 29-32
En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. » (AELF)
 
 
 Méditation
« Cette génération est une génération mauvaise : elle réclame un signe… » Jésus s’adresse à des gens qui font preuve de mauvaise foi. Il s’adresse aussi à notre génération : elle ne réclame plus de signe ; elle en est bien incapable car elle s’est installée dans l’indifférence et l’athéisme.
 
« Il ne lui sera donné que le signe de Jonas… » Ce dernier est allé à contre cœur à Ninive pour annoncer la destruction de cette ville. Les gens se sont convertis parce qu’ils ont eu peur de cette menace. Nous aussi, nous sommes appelés à nous convertir. Ce n’est plus la peur qui nous y pousse mais l’amour. Dieu nous appelle à lui car il veut nous combler de son amour. C’est là le message essentiel du carême : « Convertissez-vous ».
 
La bonne nouvelle du jour : « Il y a ici bien plus que Salomon… bien plus que Jonas… » Il y a Jésus, le Fils de Dieu. Il est la vraie Sagesse de Dieu, une sagesse infiniment plus grande que celle de Salomon. Il a été envoyé par le Père, non plus pour annoncer la destruction mais le salut. « Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu » (Saint Jean-Paul II)
 
Ce temps du Carême nous est donné pour accueillir cette bonne nouvelle. C’est le Seigneur lui-même qui nous appelle : « Revenez à moi de tout votre cœur car je suis un Dieu de tendresse. » C’est avec confiance que nous nous mettons en marche vers la victoire de Pâques.


 

Mardi de la 1ère semaine du Carême

Notre Père…

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6, 7-15
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
© AELF
 
 
Méditation
Nous savons tous que la prière fait partie des piliers essentiels du Carême. Elle nous aide à revenir vers le Seigneur et à lui redonner toute sa place dans notre vie. Jésus désire qu’elle ne soit pas un rabâchage mais qu’elle soit vraie.
 
Les païens pensent qu’en multipliant les paroles, ils seront exaucés. Ils multiplient les rites magiques. Ils cherchent à forcer la décision de Dieu : « J’ai fait tout ce qu’il fallait, tu dois m’exaucer »
 
Contrairement aux prières juives de l’époque, sa prière commence par « Père ». C’est le titre que Jésus donnait à Dieu. Il nous invite donc à entrer dans sa propre prière filiale. En utilisant le « nous », la prière devient communautaire, ecclésiale. Elle nous relie à un peuple que nous portons dans la prière et qui nous porte dans la sienne. Ainsi nous ne prions jamais seuls.
 
Jésus nous présente Dieu comme un Père qui aime chacun de ses enfants. Il sait de quoi nous avons besoin avant que nous le lui demandions. Le titre « Abba » est l’équivalent de « Petit Papa chéri ». Nous sommes loin de « l’Être suprême dont il faudrait gagner les grâces.
 
En nous enseignant cette prière, Jésus nous a donné ses mots à lui pour qu’ils deviennent les nôtres. Dieu ne se lasse jamais de l’entendre ; nous ne devrions jamais nous lasser de la lui adresser.
 
Inspire-moi, Seigneur Jésus, de réciter chaque jour cette prière que tu nous as donnée.


Lundi de la 1ère semaine du Carême (C)

« C’est à moi que vous l’avez fait… »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 31-46
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
 
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
“Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront :
“Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.”
 
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
“Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi :
“Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
 
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »
© AELF
 
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Méditation
Ce qui fait la valeur d’une vie c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux qui nous entourent. Aimer c’est partager, visiter, accueillir, vêtir. C’est du concret. Dès le début du Carême, nous sommes renvoyés à l’essentiel. Nous ne serons pas jugés sur nos bonnes intentions, nos bons sentiments mais sur ce que nous aurons fait pour les petits, les pauvres, les exclus.
 
Le Carême est là pour nous inviter à revenir vers le Seigneur et à lui donner la première place dans notre vie. Mais l’Évangile nous rappelle que ce Jésus que nous accueillons à l’église nous renvoie aussi aux plus démunis. Il se reconnaît en chacun d’eux. Si nous voulons le rencontrer et l’accueillir, c’est aussi vers eux que nous devons aller. À travers eux, c’est lui qui nous attend.
 
C’est donc à l’amour que nous serons jugés. Ce sont les paroles mêmes du Christ : « Venez les bénis de mon Père car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Il faut se rappeler que ces paroles sont pour toutes les nations. Beaucoup sont surpris car ils ne se souviendront pas d’avoir eu ces gestes de bonté à son égard. Ils découvriront que derrière le visage du pauvre, se trouvait celui de Jésus.
 
Cet Évangile nous invite donc à promouvoir le service du frère. C’est sur notre amour, notre proximité avec les plus démunis que nous serons jugés. Heureux sommes-nous de prendre soin des autres sans calcul. Tout homme qui vit dans l’amour appartient déjà à Jésus. Il est urgent que chacun de nous prenne ses responsabilités dans la construction du Royaume.
 
Et bien sûr, c’est en regardant vers la croix du Christ que nous commençons à comprendre : Jésus y a souffert l’emprisonnement, les blessures, la soif, le rejet. Il est allé jusqu’au bout du don. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». En ce jour, nous sommes tous invités à mettre nos pas dans ceux du Christ pour vivre éternellement.

 
 

 

Entrer en carême

Un jour, dans un groupe d’enfants, je demandais s’ils savaient ce qu’est le Carême. Ce fut un grand silence… Puis au bout d’un moment, il y en a un qui a dit : « Moi je sais, on ne mange pas de viande… » Et un autre ajoute : « On ne mange pas de bonbons. » Ce à qui j’ai répondu : « J’aimerais bien voir ça. »

Alors, je leur ai proposé une histoire : « Vous avez entendu parler de la chèvre de M. Seguin ; vous allez me la raconter. » Et ils ont raconté cette histoire de Blanchette qui est partie de chez son maître parce qu’elle avait envie de liberté. Et elle s’est retrouvée toute seule dans la montagne.
– « Et qu’a fait le maître quand il a vu que Blanchette était partie ? »
– Il l’a cherchée et il lui a dit : « Reviens. »
Le Carême c’est exactement ça : C’est Dieu qui nous cherche et qui nous dit : « Reviens ! « 

Comment allons-nous nous y prendre pour revenir vers Dieu ? Pendant ces quarante jours, plusieurs choses nous sont proposées :

D’abord revenir à la Parole de Dieu. Nous découvrirons des textes d’évangile, les tentations de Jésus au désert, la Transfiguration, le fils prodigue… Le Carême est là pour nous rappeler que « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Ce qui est le plus important, c’est ce que chacun va faire chaque jour pour montrer qu’il veut revenir vers Dieu :
– Ne pas laisser passer une journée sans un temps de prière…
– Répondre à l’invitation de Jésus le dimanche…
– Apprendre à partager, à donner de la joie aux autres…
C’est chaque jour que Jésus nous dit : « Reviens. »

« C’est le temps passé avec la rose qui fait que la rose est importante » (Saint-Exupéry)
Pendant ce Carême, ces quarante jours qui me préparent à Pâques, je veux passer du temps pour toi Seigneur.
« Tu es très important pour moi… »