Mercredi de la 1ère semaine de Pâques 2025

Les disciples d’Emmaüs
  
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 13-35
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
 
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence !
Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.
 
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.
 
Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.
(AELF)
 
 
Méditation
Cet  Évangile    des  disciples  d’Emmaüs  nous  croyons  bien  le  connaître  car nous  l’avons  entendu  souvent.  Mais  il  nous  faut  sans  cesse  le  relire  avec  un regard neuf   car   il   reste   inépuisable. Ces   deux   disciples   complètement désemparés  qui  retournent  dans  leur  village  c’est  chacun  de  nous.  Nous aussi,  nous  sommes  parfois  marqués  par  la  tristesse.  Notre  vie  de  tous  les jours   est   souvent   une   défaite   :   c’est   la   défaite   de   l’Évangile   pour   les persécutés,  les  pauvres,  les  victimes de  la  violence,  des  guerres,  de  la solitude, de la maladie  et  de  l’abandon.  Cette  défaite  c’est  aussi  quand  nous  disons  qu’au point où nous en sommes, il n’y a plus d’espoir possible.
 
Mais voilà que sur le chemin des disciples, Jésus lui-même s’approche et les rejoint. Il leur pose des questions et il les écoute parler de leur déception et de leur tristesse. Puis il intervient pour leur expliquer les Écritures, Moïse et les prophètes.  C’est aussi important  pour  nous : accueillir  le  Christ  et  son Évangile, nous laisser éclairer par lui, tout cela ne peut que changer notre vie.
 
Mais  il  y  a  une  autre  étape  absolument  essentielle  :  c’est  la  demande  des disciples : « Reste avec nous ». Une telle rencontre ne peut pas s’arrêter ainsi. Jésus entre donc pour rester avec eux. L’Évangile nous parle d’un repas, d’un pain  rompu  et  distribué.  Alors  leur  yeux  et  ils  le  reconnaissent.  Comme  pour les  disciples,  notre  foi  au  Christ  ressuscité  a  besoin  d’être  réchauffée  par  la Parole  de  Dieu  et le Pain  Eucharistique.  Le  Christ  ressuscité  nous  rejoint  au cœur  de  nos  vies  et  se  donne  à  nous  pour  nous ouvrir   un   chemin d’espérance.
 
Seigneur,  en  ces lendemains  de  Pâques,  nous  avons  du  mal  à  te  reconnaître sur  nos  routes  humaines.  Reste  avec  nous.  Fais-nous  voir  la  clarté  de  ton visage afin que nous devenions de vrais témoins de ton amour.

Mardi de la 1ère semaine de Pâques 2025

SE « RETOURNER » ET ANNONCER 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 11-18
En ce temps-là,
Marie Madeleine se tenait près du tombeau,
au-dehors, tout en pleurs.
Et en pleurant,
elle se pencha vers le tombeau.
Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc,
assis l’un à la tête et l’autre aux pieds,
à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
Ils lui demandent :
« Femme, pourquoi pleures-tu ? »
Elle leur répond :
« On a enlevé mon Seigneur,
et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ;
elle aperçoit Jésus qui se tenait là,
mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit :
« Femme, pourquoi pleures-tu ?
Qui cherches-tu ? »
Le prenant pour le jardinier, elle lui répond :
« Si c’est toi qui l’as emporté,
dis-moi où tu l’as déposé,
et moi, j’irai le prendre. »
Jésus lui dit alors :
« Marie ! »
S’étant retournée, elle lui dit en hébreu :
« Rabbouni ! »,
c’est-à-dire : Maître.
Jésus reprend :
« Ne me retiens pas,
car je ne suis pas encore monté vers le Père.
Va trouver mes frères pour leur dire
que je monte vers mon Père et votre Père,
vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples :
« J’ai vu le Seigneur ! »,
et elle raconta ce qu’il lui avait dit. © AELF
 
 
Méditation
Devant  le  tombeau  de Jésus, Marie  ne  pleure  plus  le  Calvaire  mais  la disparition  du  Corps  de  son Seigneur. Elle  ne  pensait  plus qu’au  cadavre enlevé. L’Évangile nous dit qu’elle aperçoit Jésus mais elle ne savait pas que c’était lui. Il suffit d’un mot « Marie » pour qu’elle se « retourne ».
 
On peut penser qu’elle lui tournait le dos. Mais en grec, le verbe « se retourner » signifie aussi « se convertir », se retourner vers Dieu, revenir à lui en changeant de cœur et de vie. C’est ce qui se passe pour Marie : Elle passe des pleurs à la joie.
 
Cette rencontre  avec Jésus vivant  l’invite  à  aimer  autrement.  Désormais, elle peut  annoncer  la bonne  nouvelle aux  disciples.  Les  grands  témoins  de la  foi sont des gens qui ont fait cette rencontre avec le Christ vivant et qui se sont « retournés. Laissons le Seigneur ressuscité nous appeler par le nom qui nous a  été  donné.  Il  ne  demande  qu’à  raviver  notre  espérance  pour  faire  de  nous des messagers de la bonne nouvelle.

Lundi de la 1ère semaine de Pâques 2025

Envoyés en mission
 
Lire l’Évangile de Matthieu 28, 8-15
En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui. (AELF)
 
 
Méditation
Cet  Évangile  nous  montre  l’empressement  des  femmes  qui  vont  annoncer  la résurrection de Jésus aux disciples. Elles sont  remplies de crainte mais aussi d’une grande joie. Pour elles, c’est la victoire de la vie.
 
Or  voilà  que  Jésus  lui-même  les  rejoint  sur  leur  route.  Il  les  charge  de demander  à  ses  disciples  de  se  rendre  en  Galilée.  Cette  région  est  un carrefour  des  païens  ;  elle  devient  une  terre  de  mission.  C’est    que  les disciples le rencontreront. Voir et rencontrer le Christ est une étape importante pour eux.
 
Nous, disciples du Christ, nous sommes envoyés comme apôtres pour être les messagers  de  cette  bonne  nouvelle  dans  le  monde  d’aujourd’hui.  Mais  nous découvrons avec émerveillement qu’il nous précède dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Le principal travail, c’est lui qui le fait.

L’âne

L’âne est un animal bien familier de Jésus. Il l’a porté, alors qu’il était dans le sein de la Vierge Marie pour aller visiter sa cousine Élisabeth puis à Bethléem la veille de sa naissance. Il l’a encore porté avec sa maman quand Joseph les a conduits en Égypte pour fuir la colère d’Hérode qui voulait le tuer. L’âne les a certainement ramenés d’Égypte à Nazareth. On ne sait pas si Jésus montait parfois sur un âne lors de ses déplacements mais on connaît bien son entrée triomphale à Jérusalem monté sur un ânon – ce que nous célébrons demain en agitant joyeusement nos rameaux.

L’âne a bien mauvaise presse chez nous en France. Dans les écoles autrefois, on mettait les enfants qui ne savaient pas leurs leçons au coin avec un bonnet d’âne sur la tête.

Un ami, responsable d’un troupeau des Espaces Naturels Sensibles, décrit les ânes : « Ils sont affectueux, sensibles et sensitifs, intelligents, joueurs, sociables, tactiles, endurants, curieux, calmes, confiants, malicieux voire espiègles, solides, impassibles. Plus rarement, ils peuvent être têtus, taciturnes, inquiets, mal-lunés, et même insolents. »

Voilà donc un animal bien attachant qui a eu l’honneur de porter Dieu, son créateur. On pourrait prendre son tempérament comme exemple.

Prière : Seigneur Jésus, quand les événements, ou même notre vie nous sont lourds à porter, que nous avancions comme l’âne sans nous plaindre et en te faisant confiance.
Source : Carême à domicile (Édition 2025)

Jour de Pâques 2025

Ensemble,
éveillons-nous avec le Christ ressuscité

Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie
En ce dimanche de Pâques, nous célébrons avec tous les chrétiens la résurrection du Christ. Il s’agit de sa victoire sur la mort et le péché. Cet événement s’est produit sans que personne ne puisse le voir ni le décrire.

Après la mort de Jésus, deux hommes s’étaient occupés de son corps. Ils l’avaient descendu de la croix puis déposé respectueusement dans un tombeau. Pendant ce temps, les apôtres s’étaient cachés. Ils avaient peur d’être poursuivis et mis à mort comme leur Maître. Nous n’avons pas à les juger. Nous chrétiens, nous savons bien que dans un monde hostile ou indifférent, nous avons du mal à affirmer notre foi. Devant le Seigneur, nous sommes invités à reconnaître nos erreurs et nos lâchetés.

L’Évangile nous montre que Marie-Madeleine a fait preuve d’un plus grand courage. Elle n’a pas eu peur des menaces qui pesaient sur les disciples de Jésus. De bon matin, elle se rend au tombeau. Mais quand elle y arrive, elle voit qu’il est ouvert et vide. Elle en déduit qu’on a enlevé le corps de Jésus ; elle court prévenir Pierre et Jean ; tous deux arrivent devant le tombeau vide ; ils voient les linges restés sur place et bien rangés ; Pierre est perplexe. Mais pour Jean, c’est différent. Quelques mots disent sa foi : « Il vit et il crut. »

C’est important pour nous aujourd’hui : nous n’aurons jamais d’autre preuve de la résurrection de Jésus que le tombeau vide. Bien sûr, il y a les apparitions du Christ. Les quatre Évangiles nous en donnent le témoignage. Mais aucune de ces preuves n’est vraiment contraignante. Si nous croyons au Christ ressuscité, c’est parce que nous faisons confiance au témoignage des apôtres et à celui des communautés chrétiennes qui nous a été transmis de génération en génération.

C’est ce témoignage que nous trouvons dans le livre des Actes des Apôtres (1ère lecture). Il s’agit d’un discours de Pierre chez un centurion de l’armée Romaine. Nous nous rappelons qu’au moment de la Passion, il avait renié son Maître devant de simples domestiques. Or aujourd’hui, il se trouve à Césarée qui est le lieu de résidence de Pilate et de ses légions. C’est là qu’il ose proclamer la bonne nouvelle de la résurrection. Les mots de son discours sont audacieux : « Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois de la croix, Dieu l’a ressuscité le troisième jour.

Tout cela se passe chez un centurion de l’armée romaine, donc un païen. C’est une manière de dire que le salut offert en Jésus Christ est offert à tous, même à ceux qui sont très loin de la foi. Dieu n’exclut personne. Quelle que soit sa nation ou sa langue, chacun peut recevoir le salut dans la mesure où il accueille l’Évangile. La bonne nouvelle doit être proclamée au monde entier. C’est pour tous que le Christ a donné sa vie sur une croix.

Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous avons à rendre compte de nos raisons de croire. Sur notre route, nous rencontrons des jeunes et des moins jeunes qui doutent. Ils ont besoin de notre témoignage. Mais n’oublions pas : pour témoigner de l’espérance qui nous anime, il nous faut puiser à la Source, rencontrer le Seigneur dans la prière, nous nourrir de sa Parole et de son Eucharistie. Ce témoignage que nous avons à donner n’est pas le nôtre mais celui du Christ en nous.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous recommande d’enlever de nos cœurs le vieux levain, c’est-à-dire tous les ferments mauvais de pourriture. Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner le monde ni passer sa journée à regarder vers le ciel. Il s’agit pour nous de fixer notre regard vers le Christ. C’est un appel à lui manifester chaque jour notre amour. Cette manifestation, nous pourrons la vivre dans la prière, dans les sacrements, dans la charité et dans notre témoignage. Alors, comme saint Paul, nous pourrons dire fièrement : « Pour moi, vivre, c’est le Christ et mourir est un avantage. »

En ce dimanche, de nombreux baptêmes sont célébrés dans la plupart des églises du monde entier. Des enfants, des jeunes et des adultes entrent dans la grande famille des chrétiens. Pour eux aussi, c’est un nouveau départ. Toutes ces personnes qui sont baptisées s’engagent sur la même route que nous. Sur cette route, ce n’est pas toujours facile. Comme nous, ils connaîtront le doute et le découragement. Ils auront besoin de sentir que Jésus ressuscité c’est quelqu’un d’important, qu’il est vraiment la Lumière de notre vie.

Le Seigneur ressuscité ne demande qu’à enlever de nos cœurs la pierre qui nous enferme dans les ténèbres. Il veut que la lumière de Pâques brille dans le monde entier. Si nous voulons que nos communautés chrétiennes soient vivantes, il faut qu’elles soient missionnaires. Le Christ ressuscité compte sur notre témoignage à la place qui est la nôtre. Il désire que nous soyons porteurs de cette bonne nouvelle auprès de tous ceux qui nous entourent.

En ce jour, nous demandons au Seigneur qu’il fasse de nous des ressuscités, des témoins de la Vie qu’il donne en plénitude. Qu’il nous donne sa force et ta joie pour révéler aux plus pauvres la grandeur de son amour.

Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches et fêtes des trois années, dossiers personnels.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : Dimanche de Pâques

Chemin de croix (Vendredi Saint)

En ce vendredi Saint, nous pensons aussi aux personnes seules isolées ou malades en particuliers dans nos EHPAD (4 sur notre paroisse) et hôpitaux… nous leur restons UNIS par la prière…Chaque année, ceux qui le souhaitaient pouvaient se réunir pour un chemin de croix. Le Service évangélique des malades de notre paroisse vous proposent celui qu’ils leur ont fait parvenir (en trois parties

Télécharger : Chemin ce croix 1

Télécharger : chemin de Croix 2

Télécharger : chemin de croix 3

Veillée pascale 2025

“Il est vivant”

Textes bibliques de la veillée pascale : lire

Toutes ces lectures bibliques qui nous sont proposées pour cette veillée pascale nous montrent que Dieu n’a jamais cessé d’être présent à son peuple.

Il est celui qui crée le monde avec amour et par amour. Il est encore celui qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. Tout au long des siècles, le monde a beaucoup changé. Mais Dieu n’a pas changé. Malgré les infidélités de son peuple, Dieu reste fidèle à son alliance. Et il envoie des prophètes pour le lui dire. Au cours des périodes sombres, ces derniers sont intervenus pour appeler le peuple à la conversion : « Revenez à moi de tout votre cœur… »

C’est très important pour nous aujourd’hui. Notre monde aussi a beaucoup changé. Mais Dieu reste le même. Il est le Dieu de l’alliance, celui qui continue à aimer son peuple d’un amour passionné. L’important ce n’est pas d’adapter notre religion à ce monde mais de nous ajuster à Dieu qui nous appelle à revenir vers lui. Avec lui, le mal et la mort ne peuvent avoir le dernier mot.

C’est cette bonne nouvelle qui nous est rapportée dans l’Évangile de saint Luc. Il nous parle des femmes qui sont venues au tombeau de grand matin. Ce sont les mêmes qui avaient suivi Jésus jusqu’au pied de la croix. Elles ont été plus courageuses que les hommes. Ces derniers se sont cachés car ils avaient peur d’être recherchés et poursuivis par les juifs. Elles ont suivi leur Maître jusqu’au pied de la croix. En venant au tombeau en ce matin de Pâques, elles croyaient embaumer son corps.

Mais rien ne se passe comme elles l’avaient prévu. Quand elles arrivent, elles trouvent un tombeau vide. Deux messagers du Seigneur interviennent. Si elles veulent trouver Jésus, ce n’est pas dans un cimetière qu’il faut le chercher. Il est sorti de son tombeau ; il est vivant. Cette bonne nouvelle, il faut l’annoncer à tous, et en premier aux disciples. Ces derniers ont eu du mal à y croire. Pour eux, c’était impensable. Mais la victoire du Christ ressuscité a été plus forte que leurs réticences.

Voilà cette bonne nouvelle qui a été transmise de génération en génération. C’est à nous maintenant de prendre le relai pour qu’elle continue à être annoncée. Dans certains pays, les chrétiens le font au péril de leur vie. Mais rien ne peut empêcher la progression de la Parole de Dieu. Nous-mêmes, nous sommes envoyés dans le monde d’aujourd’hui pour être témoins et messagers de Jésus ressuscité. Notre mission c’est de dire et de témoigner. Mais le principal travail, c’est Dieu qui le fait dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. L’Évangile restera toujours une force communicative pour les hommes d’aujourd’hui.

Cette mission qui nous est confiée, nous la portons dans notre prière. C’est important pour nous. La parole que nous avons à proclamer ce n’est pas la nôtre mais celle de Jésus. C’est pour cela que nous avons sans cesse à nous ajuster à lui. C’est avec lui que notre vie pourra devenir un authentique témoignage.

Ce soir, nous pouvons faire nôtre ce chant d’envoi : « Allez-vous-en sur les places et sur les parvis ! Allez-vous-en sur les places y chercher mes amis. »

Télécharger : Veillée pascale

Vendredi saint 2025

Victoire, tu règneras…

Textes bibliques : Lire

Ce Vendredi Saint nous révèle un Dieu qui nous aime sans mesure. Il n’a pas refusé son Fils unique. Il l’a livré pour sauver tous les hommes. Bien sûr, il n’a pas voulu qu’il meure ainsi. Il a simplement voulu qu’il nous aime comme lui, le Père, nous aime. Le Christ nous a aimés jusqu’à mourir sur une croix. Dans sa Passion c’est l’amour du Père qui est à l’œuvre. C’est la réussite du projet de Dieu annoncé dans la première lecture : “Mon serviteur réussira.”

A première vue, cette réussite n’est pas très évidente. En effet, nous voyons une foule qui rejette Jésus. Puis il y a la croix, la mort atroce réservée aux esclaves. Mais le serviteur broyé deviendra le Sauveur de tous ses frères. C’est par la croix que Jésus est devenu cause du Salut éternel. Saint Jean nous présente la Passion comme une marche triomphale du Fils de Dieu vers son Père. Il nous faut la lire comme un récit de glorification.

En lisant ce récit de la Passion, nous découvrons que Jésus a parfaitement conscience de ce qui va lui arriver. C’est lui qui donne librement sa vie : “Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne.” (Jn 10. 18) C’est lui qui interpelle Judas et non l’inverse.

En ce Vendredi Saint, nous nous tournons vers la croix du Christ et nous faisons silence. Nous ne demandons pas au Seigneur de comprendre ce trop grand mystère mais d’y communier. En cette année de la foi c’est une démarche absolument essentielle. Au cours de cette célébration, une grande prière universelle nous sera proposée pour le monde entier. C’est en effet pour tous les hommes de tous les temps que Jésus a donné sa vie.

En ce jour, notre pensée et notre prière vont vers tant d’hommes et de femmes qui portent une croix douloureuse. Pour beaucoup cette croix s’appelle solitude, longue maladie, précarité… Nous n’oublions pas les victimes de la haine et de la violence des hommes, en particulier ceux qui sont retenus loin de chez eux contre leur volonté. Nous pensons aussi aux chrétiens persécutés en Corée du Nord, en Chine et dans de nombreux autres pays. Beaucoup sont persécutés à cause de leur foi.

Mais à travers ces petits, ces exclus, ces personnes qui souffrent, le Seigneur est là. Il se reconnaît dans celui qui a faim, celui qui est malade et seul, celui qui est persécuté. Il nous rejoint dans notre vie et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa résurrection. En ce Vendredi Saint, nous contemplons la gloire de Celui qui nous a aimés jusqu’au bout. Et avec toute l’Église, nous chantons et nous proclamons : “Victoire, tu règneras ; O Croix, tu nous sauveras.”

Télécharger : Vendredi saint

Jeudi Saint 2025

« Il les aima jusqu’au bout… »

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie
Les lectures de ce soir du Jeudi Saint nous décrivent deux repas : celui des Juifs qui faisaient mémoire de la libération d’Égypte, puis celui du Jeudi Saint, au cours duquel Jésus se désignait comme le libérateur définitif. La messe du Jeudi Saint et les célébrations de ces trois jours réinstallent dans le monde la libération. Elles nous rappellent que nous sommes “appelés à la liberté.”

Avec l’Évangile, nous sommes mis en présence du Christ qui lave les pieds de ses disciples. Il se met à nos pieds pour accomplir le geste qui, normalement était confié à l’esclave. A l’heure où nous le lâchons, il nous fait les plus grands cadeaux. L’eau qu’il utilise devient un symbole fort qui nous rappelle le baptême. Nous sommes plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Nous ne sommes plus appelés serviteurs mais enfants de Dieu.

Cet évangile nous montre donc un Dieu en tablier. Il est à l’opposé de l’image que, trop souvent, nous nous faisons de lui. Ne lui prêtons pas la volonté de nous dominer. Il n’est pas un dieu souverain mais le Dieu serviteur des hommes, pas un Très-Haut mais le Très-bas. Ce qui aurait été normal, c’est que Jésus se fasse laver les pieds. Or c’est tout le contraire qui se passe. Lui, le Maître et Seigneur, se met à genoux devant ses disciples. Il voulait leur faire comprendre jusqu’où allait son amour. Il voulait leur montrer qu’il les aimait assez pour se mettre à leur service.

Et Jésus termine en disant : “c’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez comme j’ai fait pour vous.” Les disciples n’ont certainement pas compris sur le coup. Ce que Jésus nous demande, et que Pierre a eu du mal à accepter, c’est de nous laisser aimer par lui ; c’est là un premier point. Il nous demande surtout d’aimer comme lui, avec la même radicalité et le même absolu. Le disciple doit lui aussi se mettre en tablier pour servir ses frères. Comme Jésus, nous avons à les rejoindre au plus bas de leur fragilité en les considérant comme supérieurs à nous-mêmes. Bouleversés de voir le Christ en tablier, les disciples peuvent aussi devenir bouleversants.

Chacun de nous pense à des personnes qui expriment leur foi par le service de leurs frères. Pas seulement Mère Teresa, mais aussi des personnes proches de nous : les éducateurs qui font souvent preuve d’une grande patience, les animateurs d’associations qui donnent beaucoup de leur temps, les soignants qui se dévouent sans bruit auprès des malades. Les exemples ne manquent pas… Toutes ces personnes et bien d’autres nous montrent que le Christ fait passer de la mort à la Vie.

En ce jeudi saint, nous sommes invités à élargir notre regard à la dimension de celui de Jésus, un regard solidaire de tous ceux qui nous entourent, en particulier ceux qui sont bouleversés par les catastrophes au Japon, les victimes de la haine et de la violence des hommes, les victimes de la précarité et de l’exclusion. L’Eucharistie qui nous rassemble chaque dimanche trouve son accomplissement quand elle est suivie du service du frère. Faire mémoire du Christ c’est aussi le suivre dans ce don qu’il fait de lui-même jusqu’au sacrifice de sa vie car “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie.

Ce soir, nous te prions, Seigneur, pour ton Église. Rends-la servante et pauvre. Qu’elle connaisse la joie de tout donner. Amen

Télécharger l’homélie et la prière Universelle : Jeudi Saint 2025

Mercredi de la Semaine Sainte

Pour 30 pièces d’argent…

 

 Évangile de saint Matthieu 26, 14-25

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation Judas se prépare à livrer Jésus pour 30 pièces d’argent, le prix du rachat d’un esclave. C’était l’un des Douze, un de ses plus proches. Jésus l’avait choisi et aimé au même titre que les autres. Et maintenant c’est lui-même qui veut le vendre. En fait, le cœur de Judas s’est laissé séduire par les richesses. Jésus avait averti : « On ne peut servir Dieu et l’argent ». Judas a fini par préférer l’argent.

Nous sommes à peu de temps de la fête de la Pâque. Jésus envoie ses disciples pour la préparer. C’est là, au cours du repas qu’il annonce que l’un des siens va le livrer. En réalité, ce n’est pas Judas qui livrait Jésus aux chefs des prêtres ; c’est Jésus qui « se livrait » par amour pour les hommes. Il ne cherche pas à anéantir celui qui le trahit. Il veut la conversion du pécheur et non sa destruction.

Cette question de l’amour continue à être posée à nous disciples du Christ et à tous les hommes. Judas n’est pas lointain ni étranger à chacun de nous. Mais si nous accueillons la croix du Christ, nous serons libérés de toute trahison, de l’indifférence et du péché.