Mercredi de la 23ème semaine du temps ordinaire (2025)

« Soyez heureux… »
 
Évangile selon saint Luc 6. 20-26
En ce temps-là, Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
L’évangile nous présente quatre béatitudes suivies de quatre lamentations. Chacun peut se poser la question : Qu’est ce qui me rend « bien-heureux » dans ma vie ? Et qu’est ce qui me rend « mal-heureux » en m’orientant de façon contraire ? Le but de cet examen de conscience n’est pas d’abord de nous regarder nous-mêmes mais d’entrer dans un temps de prière.
 
La première opposition entre bonheur et malheur concerne les pauvres. Non, il ne s’agit pas des SDF ni de ceux qui vivent dans la misère. En fait, il s’adresse en fait à celui qui a un cœur de pauvre, celui qui n’a pas « le cœur fier ni le regard hautain » (psaume 131), celui qui se tourne vers Dieu pour combler tous ses manques. Bien que n’ayant aucun bien, il peut compter sur la gratuité de la grâce. Quant aux riches, ils croient tenir leur bonheur en possédant de grands biens. Mais le Royaume de Dieu ne se possède pas. Il est donné gratuitement, sans mérite de notre part. Alors oui, demandons à Dieu d’ouvrir notre cœur au vrai bonheur.
 
La deuxième opposition s’adresse aux affamés et aux repus : « Heureux vous qui avez faim maintenant, vous serez rassasiés… Malheureux vous qui êtes repus maintenant, vous aurez faim. » Il s’adresse à ceux et celles qui ont faim du Royaume de Dieu. Le Seigneur ne demande qu’à nous combler. Mais il ne peut rien faire pour ceux qui ne pensent qu’aux nourritures terrestres. Ce renversement des valeurs a été chanté par Marie lors de sa visite chez sa cousine Élisabeth : Le Seigneur « comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ».
 
La troisième opposition concerne ceux qui pleurent et ceux qui rient. Ces situations de malheur, nous les connaissons bien : chacun pense à la mort d’un être cher, la souffrance physique ou morale, les actes de violence qui font des victimes innocentes : Ce ne sont pas ces épreuves qui rendent les gens heureux mais la présence du Christ au sein même de ce qu’ils vivent. Par contre ceux qui cherchent leur bonheur dans les seules joies de ce monde oublient le but de leur vie. Ils vont vers leur perte.
 
La dernière opposition nous rappelle que ce bonheur promis se joue maintenant et pas seulement dans un au-delà. Quand saint Luc écrit son évangile, les chrétiens vivent des situations tragiques. Être reconnu disciple du Christ était dangereux. On risquait d’être poursuivi, emprisonné et mis à mort. Dans le monde d’aujourd’hui, de nombreux chrétiens sont persécutés à cause de leur foi au Christ.
 
Le message de cet évangile rejoint celui de l’Apocalypse de Saint Jean : Vous vivez des situations douloureuses, vous êtes persécutés, tournés en dérision. Mais le mal n’aura pas le dernier mot ; il y aura un renversement de situation au bénéfice des croyants. Bien sûr, cela ne va pas gommer la dureté du temps présent. Le plus important c’est d’aider les croyants à tenir bon dans la fidélité et la persévérance. Être attaché au Christ n’est pas toujours facile mais tout l’évangile est là pour nous rappeler qu’il veut nous associer tous à sa victoire sur le péché et la mort.
 

Mardi de la 23ème semaine du temps ordinaire (2025)

Jésus appelle les Douze

 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (6, 12-19)
 En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître.
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.
©AELF
 
 
Méditation
Jésus se prépare à faire du nouveau. Il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Cette grande mission commence par une nuit en prière sur la montagne. C’est le lieu de la rencontre avec Dieu.
 
À la fin de la nuit, il appelle ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’apôtres. Ce mot signifie « envoyé« . C’est ainsi que ces disciples sont appelés à devenir missionnaires. En lien avec Jésus, ils auront à annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile. Il ne s’agit pas de travailler POUR le Seigneur mais de faire le travail DU Seigneur.
 
Fort de cette union à Dieu et entouré de ses douze apôtres, Jésus redescend vers la plaine. Il y retrouve une foule nombreuse venue de toutes la Palestine. Les Douze sont mis en contact avec cette foule qu’ils auront à enseigner et à guérir. Jésus ne leur propose pas une retraite spirituelle. Leur apprentissage apostolique se fera au contact des homes.
 
Le même Jésus rejoint notre monde d’aujourd’hui. Il vient chercher et sauver ceux qui sont perdus. Il associe son Église (chacun de nous) à cette mission. La bonne nouvelle de l’Évangile doit être annoncée à tous les hommes du monde entier. Les paroles du Christ sont celles de la Vie Éternelle.
 
 

8 septembre : Fête de la nativité de la Vierge Marie

« Ne crains pas de prendre chez toi Marie… »

 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1,1-16.18-23.

Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham :
Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,
Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,
Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone,
Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé,
Jessé engendra le roi David.

David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon,
Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,
Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,
Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias,
Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias,
Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.
Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,
Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor,
Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud,
Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob,
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.
Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

 
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 


Méditation
Cette fête de la nativité de Marie se présente sous la forme d’un joyeux anniversaire. Elle commémore la venue au monde de celle qui devait devenir la Mère du Sauveur et notre Mère. En ce jour, de nombreux chrétiens se rassemblent pour la célébrer à Lourdes mais aussi dans de nombreuses petites chapelles en pleine campagne.

Cette naissance de Marie fut une grande joie pour ses parents, bien sûr, mais aussi pour tous les anges du ciel. C’est cette joie qui éclate dans toutes les prières de l’Église. La naissance de Marie est commencement d’une aventure personnelle unique. Nous pensons au rôle qu’elle est appelée à jouer
– En tant que Mère du Christ
– En tant que collaboratrice de la Rédemption par l’union de ses souffrances au sacrifice de Jésus
– En tant que Mère spirituelle de tous les hommes et médiatrice de toutes les grâces.

En ce jour, l’Évangile nous parle de Joseph qui est invité par l’ange du Seigneur à prendre chez lui Marie son épouse : « L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » Joseph a fait confiance ; la parole de Dieu a été plus forte que ses réticences. Il a accepté de se faire serviteur d’un mystère qu’il ne comprend pas.

Comme Marie et Joseph, nous sommes invités à faire de la place dans nos vies pour accueillir le Christ. Garder Jésus et Marie, garder chaque personne, spécialement les plus pauvres, nous garder-nous-mêmes… C’est une grande mission que nous sommes tous appelés à accomplir.

En regardant Marie et Joseph, nous apprenons à être dociles au projet de Dieu et à nous tenir en silence devant lui. Nous apprenons l’obéissance. Que Marie, en cette fête de sa nativité nous donne le goût du consentement et de l’humilité.

23ème dimanche du temps ordinaire (C)

Comment suivre Jésus jusqu’au bout
sans le souffle de l’Esprit ?

Les vacances scolaires d’été sont terminées… C’est la rentrée : joie d’un commencement nouveau ! À cet égard, ce 23ème dimanche du temps ordinaire invite justement, une nouvelle fois, à choisir Jésus de manière radicale, en recherchant la volonté de Dieu dans nos quotidiens, par l’Esprit Saint. Le moment est idéal pour décider de se mettre à la suite du Christ : se déposséder pour que l’amour de Dieu et la recherche de sa volonté soient premiers dans nos vies.

Ouverture
« Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (1re lecture). L’Esprit sonde tout jusqu’aux profondeurs de Dieu. Nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Demandons à Dieu de souffler sur nous son Esprit pour que, dans la volonté divine, nous puissions suivre Jésus… jusqu’au bout.

Litanie
Ô Seigneur,
tu libères tous les baptisés que nous sommes
de tout lien et entrave.
Aide-nous, prends pitié de nous.

Ô Christ,
par l’exemple de ta croix,
tu nous incites à marcher derrière toi
tout en portant la nôtre.
Aide-nous, prends pitié de nous.

Ô Seigneur,
tu nous invites à te préférer
à tous et à tout.
Aide-nous, prends pitié de nous

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture – Sg 9, 13-18 : La Sagesse, qui prend ici le visage du Christ, nous est révélée par le don de l’Esprit Saint.

Psaume 89

2ème lecture – Phm 9b-10.12-17 : Paul renvoie à son disciple Philémon son esclave Onésime qui, s’il n’est affranchi dans la loi des juifs, est passible de mort. Ce faisant, Paul lui demande de le considérer définitivement comme son frère.

Évangile : Luc 14, 25-33

Homélie
Textes bibliques :  Lire

“Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?” Ce sont là des questions que nous avons entendues dans la 1ère lecture extraite du livre de la Sagesse. C’est vrai, nous croyons savoir beaucoup de choses sur Dieu, mais nous nous trompons. Dieu nous dépasse infiniment. Mais il intervient dans la vie des hommes pour leur transmettre sa “Sagesse”. Cette Sagesse c’est son Esprit Saint. Il nous est donné pour nous conduire “vers la vérité tout entière”. C’est lui qui nous fait  adhérer au Christ quand nous nous rassemblons le dimanche pour écouter la Parole de Dieu et célébrer l’Eucharistie.

C’est aussi cet Esprit de Dieu qui fait découvrir à Philémon qu’Onésime n’est plus seulement un esclave mais un enfant de Dieu. C’est le message de saint Paul dans la 2ème lecture. Il nous montre toute la délicatesse de l’amour que Dieu met dans le cœur des disciples. Onésime était un esclave en fuite.  Paul l’a accueilli et lui a parlé de l’amour de Jésus. C’est ainsi qu’Onésime s’est converti et à été baptisé. A travers cette lettre, nous découvrons toute la délicatesse que Dieu met dans nos cœurs. Il fait de nous des frères.

Cette Sagesse de Dieu nous est également révélée dans l’Évangile de ce dimanche. Les paroles que nous y avons entendues sont déroutantes. Jésus nous invite à l’aventure. Il nous demande un vrai saut dans l’inconnu. Si nous voulons être ses disciples, il nous faut accepter les conditions qu’il pose : “Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.” Ce qui est premier, c’est de laisser le Christ remplir notre vie de l’amour qui est en lui. Nos affections naturelles sont limitées et imparfaites. Elles sont souvent mêlées d’égoïsme. Le Seigneur nous demande d’y renoncer pour accueillir son amour désintéressé et intensément généreux.

Pour aller à Jésus, il nous faut “haïr” ce qui n’est pas lui. Le commandement de l’amour du prochain est toujours là. Mais le Christ nous demande aujourd’hui de réorganiser notre vie affective. Dieu doit passer avant tout. On lui doit tout. Il est notre priorité absolue. Son amour fera naître en nos cœurs un nouvel amour pour les membres de nos familles.

Donner la première place à Dieu, voilà cet appel qui nous est adressé en cette période de rentrée. Or c’est trop souvent le contraire qui se passe. C’est ce qui arrive quand on se contente d’un programme minimum. Des temps de rencontres, des partages et des célébrations seront proposés aux enfants, aux jeunes et aux adultes. Ces appels du Seigneur attendent une réponse de notre part. Ils doivent passer avant les activités sportives, culturelles ou autres. Si nous voulons venir à Jésus, toute notre vie doit être organisée en fonction de lui. Nous devons le préférer à tout le reste.

Être disciple du Christ ne va donc pas de soi. C’est difficile et exigeant. Celui qui veut suivre Jésus doit réfléchir. Il doit se demander s’il est prêt à tout mettre en œuvre pour le faire sérieusement. Si ce n’est pas le cas, il sera comme celui qui veut bâtir une tour mais qui n’a pas assez d’argent pour l’achever. De même, celui qui veut partir en guerre doit commencer par s’asseoir et réfléchir. C’est encore plus vrai si nous voulons être disciples du Christ : nous devons être lucides sur nos moyens et nos faiblesses.

Il est important que notre vie soit nourrie par la prière, la lecture de la Bible ou de l’Évangile. Sans ressourcement dans la durée, nous n’irons pas assez loin dans nos engagements humains et chrétiens ; nous serons comme celui qui commence à bâtir une tour et ne peut achever.

Aujourd’hui, le Christ nous met en garde contre le danger d’être “un chrétien à moitié”. Ce comportement ne peut convaincre personne. Bien au contraire, il ne fera que provoquer scandale et rejet. Il se creuse souvent un fossé entre ce que nous disons en tant que chrétiens et la manière dont nous vivons. Et alors, on se moque de nous comme dans la parabole de l’Évangile. Si nous voulons être crédibles, il nous faut mettre de l’ordre dans notre vie. Si nous donnons à Dieu la première place sans y mettre de conditions, alors notre vie trouvera le bon cap. Le faire à moitié, ça ne marche vraiment pas.

Ces trois lectures nous révèlent la Sagesse de Dieu qui n’a rien à voir avec celle du monde. Elles nous disent l’amour passionné du Seigneur qui veut le salut de tous les hommes. En réponse, nous ne pouvons pas nous contenter de quelques petites prières. L’important, c’est de vraiment marcher à la suite du Christ et de nous laisser transformer par lui. C’est avec lui que nous entrerons dans la vraie vie.

Seigneur Jésus, donne-nous de ne jamais oublier ta présence. Alors nous serons heureux d’être aimés tels que nous sommes. Jésus, Fils de Dieu, tu es la joie de nos cœurs. Amen

Sources :  Feu Nouveau – Paroles pour la route (Jean Yves Garneau) – l’Évangile de la miséricorde (Cardinal Christoph SCHÖNBORN) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux –Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)

Télécharger : 23ème dimanche du temps ordinaire

Prière universelle
Invitation
À l’ l’occasion de cette nouvelle rentrée de vie scolaire, étudiante et de responsabilité au service de tous, nous te présentons, ô notre Père, toutes les intentions de l’humanité.

Intentions
Nos communautés chrétiennes font leur rentrée. Nous te prions particulièrement pour tous les responsables, pape, évêques, prêtres et laïcs,
qu’ils soient soucieux d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ à tous,  et cela dans un effort de partage selon l’esprit synodal. R/

Les enfants et les jeunes font leur rentrée scolaire. Nous te prions pour l’ensemble de cette jeunesse désireuse d’apprendre et de s’ouvrir à la vie. Qu’elle soit aussi habitée par le désir de bâtir un monde meilleur
en se laissant  toucher par  les appels du Seigneur à la fraternité. R/

Toutes nos institutions font aussi leur rentrée. Nous te prions, Seigneur, pour tous ceux qui ont la responsabilité de faire naître et vivre la justice pour tous, dans le respect des uns et des autres. Qu’ils favorisent, par leurs décisions, une vie plus fraternelle. R/

Notre monde reprend sa marche après un temps de vacances. Nous te prions Seigneur pour tous les responsables des nations. Donne-leur d’être, en tous points, serviteurs de leurs peuples, dans une volonté de justice et de paix. R/

Conclusion
Toi, notre Père, attentif au bien de tous tes enfants, entends notre prière pour que cette nouvelle année de travail soit marquée par la paix et la recherche du bien de toute l’humanité, par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen.

Samedi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

SCANDALE DANS UN CHAMP DE BLÉ
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6. 1-5)

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. » (AELF)

Méditation
Cet évangile nous rapporte un conflit de Jésus avec les pharisiens le jour du Sabbat. Le Sabbat, c’est le 7ème jour de la semaine. Pour un juif fidèle, c’est le jour de la prière, le jour du repos, le jour de la famille et des amis. Les chefs religieux tenaient à tout prix à préserver la qualité exceptionnelle de ce jour unique dans la semaine. Alors, ils l’ont entouré d’une quantité impressionnante de défenses.
 
Ce jour-là, les pharisiens reprochent à Jésus d’avoir grappillé des épis ; comme si ce geste banal était déjà un geste de moisson (ce qui est interdit par la loi). Mais pour Jésus, Dieu n’est pas ce Dieu tatillon. Le Dieu de Jésus est un Dieu plein d’amour pour l’homme. Bien sûr, il ne faut pas interpréter l’Évangile dans l’autre sens. Jésus n’accepte pas que le jour du Seigneur soit profané. Il n’accepte pas qu’on glisse dans le sens de faire ce qu’on veut, d’en prendre et d’en laisser. Jésus ne supprime pas le sabbat. Il en donne la signification profonde : le sabbat a été fait pour l’homme. C’est un bienfait de Dieu pour le bonheur de l’homme. Les obligations que nous avons ce jour-là ne sont pas une brimade supplémentaire. C’est une sorte de nécessité pour notre épanouissement véritable.
 
S’arrêter de travailler, donner du temps supplémentaire à Dieu, soigner ses relations familiales et amicales, tout cela est bon pour l’homme. Oui, Jésus nous le répète, tous nos devoirs, y compris les interdits, n’ont pas été dictés par un Dieu jaloux de son autorité mais par un Dieu Père qui veut le bonheur de ses enfants. Le Sabbat est fait pour le bien et non pour le mal. Il est fait pour sauver une vie et non pour tuer. Ces deux affirmations sont toujours actuelles. Elles nous renvoient sur la manière dont nous vivons nos dimanches.
 
On a fait du dimanche un Week-end, une fin de semaine. Liturgiquement c’est faux. Le dimanche n’est pas une fin de semaine mais un début. C’est le jour où on fête Jésus ressuscité. C’est le jour où chacun est invité à venir puiser à la source pour repartir à neuf. Quant au dimanche, jour de bienfaits, on peut aussi en parler. Le risque est grand que ce jour soit le plus néfaste de la semaine. Il y a ceux qui cherchent un défoulement encore plus fatigant que le travail. De plus, c’est souvent le jour où l’on cherche à rattraper tel ou tel travail en retard.
 
La Bible nous dit aussi que le jour du Seigneur est un jour de vie et non un jour de mort. C’est vrai, mais si on va faire un tour aux Urgences de nos hôpitaux, on s’aperçoit bien vite que le dimanche c’est le grand jour des accidentés de la route. Tout cela nous ramène à quelques questions essentielles : Quelle est notre conception du dimanche à la suite de Jésus ? Est-ce que c’est un jour sacré pour moi ? Est-ce que je fais de mes dimanches un jour de fête, d’épanouissement, de calme, de prière ?
 
Et puis, le dimanche, il y a la messe. Ceux qui ne peuvent se déplacer à cause des infirmités peuvent s’unir à la prière de l’église grâce à la messe télévisée. Chaque fois, c’est le rappel brûlant du grand don de Jésus : Voici mon Corps livré… Voici mon sang versé… Faites cela en mémoire de moi… manquer la messe, c’est manquer à une des graves obligations que le Seigneur nous a faites pour notre bonheur. La messe aussi est faite pour l’homme.

Vendredi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

Pratiques anciennes, pratiques nouvelles

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 33-39)
On disait un jour à Jésus: «Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent!» Jésus leur dit: «Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux? Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé: ces jours-là, ils jeûneront.»       Et il dit pour eux une parabole: «Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit: “C’est le vieux qui est bon”.»
©AELF
 
 
Méditation
Certaines gens (des scribes et des pharisiens) reprochent aux disciples de Jésus de ne pas observer certaines règles, en particulier celles qui concernent le jeûne et la prière. Jésus leur répond que les invités à une noce ne peuvent jeûner pendant que l’époux est avec eux. L’époux en question c’est Jésus lui-même. Pendant qu’il vit avec ses disciples, il ne convient pas que ces derniers se mettent à jeûner
 
En venant sur terre, Jésus a inauguré un monde nouveau ; il a fait toutes choses nouvelles. Il a littéralement renouvelé le monde ; il l’a mis en fête éternelle. Il n’a pas fait que mettre du vin neuf dans de vieilles outres ou rapiécer un vieux vêtement avec un tissu neuf. Il a conclu avec le monde une alliance nouvelle et éternelle ; il affirme ainsi l’amour immense et toujours fidèle de Dieu en nous invitant dans sa fête pleinement.
 
Cette terre nouvelle, cette fête totale, nous est acquise particulièrement par la mort et la résurrection du Seigneur. Même si cette transformation n’apparaît pas encore, elle est déjà bien présente par tout le bien qui se produit dans le monde grâce à nos efforts. Ce bien prend sa racine dans l’amour éternel du Père pour nous.
 
Rendons grâce au Seigneur pour être notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer à ce renouvellement sans précédent dans l’Histoire du  Salut. Désormais, ce n’est plus pareil. Avec Jésus, c’est vraiment un nouveau départ.

Jeudi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

Avancez au large
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
 
Méditation
L’Évangile nous parle de l’appel des premiers disciples. Pressé par la foule, Jésus a besoin d’être aidé. C’est important car il faut que le filet de la Parole atteigne tous les hommes. Cette aide, il va la demander aux pêcheurs qui ont mis leurs barques à sa disposition. Il va d’abord les inviter à avancer au large et de jeter leurs filets pour prendre du poisson.
 
 
Simon qui avait peiné toute la nuit sans rien prendre répond à l’invitation du Maître : « Sur ta parole, je vais jeter les filets. » Simon joue gros sur la Parole de Jésus. Il joue son avenir mais il ne le sait pas encore. Un seul geste exécuté à la demande du Seigneur et le résultat est inespéré. Il doit même demander à ses compagnons de l’autre barque de venir l’aider sinon cette pêche extraordinaire aurait été perdue.
 
 
Aujourd’hui comme autrefois, le Christ nous invite à avancer au large. Comme Pierre, nous n’avons peut-être pas envie de quitter la rive de nos habitudes, le sol ferme de nos certitudes. Comme Pierre, nous avons peiné des mois et des années sans grand résultat. Nous nous sommes engagés dans nos paroisses, nos quartiers, nos lieux de travail et de loisirs. Mais nous constatons que nos églises se vident ; la plupart des jeunes n’y mettent plus les pieds. Nos petits-enfants ne sont pas baptisés. Alors, on se dit qu’il faut s’organiser pour sauver ce qui peut l’être. On ne pense qu’à se protéger d’un monde qui nous ignore, nous ridiculise ou nous persécute.
 
 
Mais ce n’est pas cela que le Seigneur attend de nous : Ce qu’il nous demande, c’est d’avancer au large. Simon refait exactement ce qu’il a fait toute la nuit sans rien prendre. Mais cette fois, tout est changé car Jésus est à bord. Le bateau coule tellement il est chargé. La pêche miraculeuse, ça ne se fait pas tout seul : c’est une mission de toute l’Église. Mais il faut que Jésus soit à bord. Il doit être là pour commander la manœuvre, donner des ordres et se faire obéir. Il ne suffit pas d’avoir des plans bien élaborés ni d’utiliser les techniques les plus modernes. Le plus important c’est de jeter les filets et de la faire avec foi « sur sa parole ». La pêche miraculeuse, c’est lui qui s’en charge. Le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur de ceux et celles à qui nous annonçons la Parole.
 
 
Comme Pierre, nous sommes tous appelés par le Seigneur. Il compte sur nous pour une mission bien précise. Il ne s’adresse pas nécessairement aux meilleurs ni aux plus saints. Il n’appelle pas « que les enfants sages. » Il peut venir nous chercher très loin et très bas. Les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés. Son appel est toujours le même : « Avance au large et jetez vos filets. » Avec ce qui est petit et faible, le Seigneur peut faire des grandes choses. L’important c’est d’être AVEC le Seigneur.
 
 
 

Mercredi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

Elle se leva et elle les servait. 
 
 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.

En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait.
Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.
Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter.
Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation
Dans ce Évangile, Jésus nous rapporte la guérison de la belle-mère de Pierre et de nombreux malades. Il menace la fièvre comme si c’était une puissance démoniaque. Il en sera de même à propos des vagues du lac. Jésus est vraiment engagé dans le grand combat qui emprisonne le monde.  En libérant les malades, il nous montre qu’il ne veut pas la maladie et la souffrance qui accablent l’homme. Elles ne sont jamais bonnes en elles-mêmes, même s’il est possible d’en faire un chemin de croissance spirituelle. Il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Le seul état que Dieu désire pour nous, c’est celui de ressuscité. C’est ce que le Christ nous fait comprendre en guérissant la belle-mère de Pierre. Il la prend par la main et la fait « se lever ». Ressusciter et se lever, c’est le même verbe. Cela veut dire que le Christ nous veut debout et en marche, disponibles pour servir les autres. Et surtout, il nous veut en état de résurrection. En guérissant les malades, Jésus leur ouvre un chemin d’espérance.

Nos Eucharisties sont autant de pas sur ce chemin de libération. Chaque dimanche, nous avons rendez-vous avec le Maître de la Vie. Nous rendons grâce à celui qui prend soin de nous, qui se fait proche de nous pour guérir les cœurs brisés et soigner leurs blessures. Et que la Vierge Marie soit toujours avec nous pour nous aider à faire « tout ce qu’il nous dira ».

 

Mardi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

« Tu es le Saint de Dieu »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 31-37)
 
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d’autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque, qui se mit à crier d’une voix forte: «Ah! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais fort bien qui tu es: le Saint, le Saint de Dieu!» Jésus l’interpella vivement: «Silence! Sors de cet homme!» Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal.
Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux: «Quelle est cette parole? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent!»
Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.
 
©AELF
 
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Méditation
Dans l’Évangile de ce jour, nous entendons deux paroles qui s’opposent, celle de Jésus et celle du possédé. Ce dernier nous dit qui est Jésus : « Tu es le Saint, le Saint de Dieu… » Jusque-là, il a raison, mais il a une parole qui vient semer le doute : « Es-tu venu pour nous perdre ? »
 
Nous savons que Jésus n’est pas venu pour nous perdre mais pour nous sauver. Il est le Salut de Dieu. Sa Parole est efficace et agissante : elle libère le possédé. Tout l’Évangile nous dit que Jésus vient nous libérer du mal qui empoisonne notre vie. Sa Parole nous annonce la résurrection, la victoire sur la mort et le péché.
 
Il ne suffit pas de savoir qui est Jésus ni de dire qu’il vient nous sauver. Il nous faut surtout croire en lui et nous ouvrir pour de vrai à sa présence.
 
Changez vos cœurs, croyez à la bonne nouvelle.
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime.
 

Lundi de la 22ème semaine du Temps ordinaire (2025)

 La bonne nouvelle annoncée à tous

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 16-30)

Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.» Tous lui rendaient témoignage; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient: «N’est-ce pas là le fils de Joseph?» Mais il leur dit: «Sûrement vous allez me citer le dicton: “Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm: fais donc de même ici dans ton pays!”» Puis il ajouta: «Amen, je vous le dis: aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays. En toute vérité, je vous le déclare: Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël; pourtant Élie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël; pourtant aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien.» À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
©AELF

Méditation

L’Évangile nous révèle celui qui se présente à nous comme l’Envoyé de Dieu. Jésus se trouve à la synagogue de Nazareth, le village où il a passé son enfance. Il cite l’annonce qui a été faite par le prophète Isaïe. « L’Esprit du Seigneur est sur moi… Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle… » Après avoir lu ce texte Jésus conclut : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre« .  Cela signifie qu’il se déclare comme le Messie envoyé par Dieu ; nous imaginons la surprise des gens de son village : pour eux, il n’est que le fils du charpentier.
Comprenons bien : ce n’est pas l’annonce de l’Évangile aux pauvres qui pose problème. Ce que Jésus voudrait leur faire comprendre c’est qu’il est envoyé par un Dieu qui n’est le bien de personne. Il n’accepte pas de se laisser annexer par des gens de son village. Il se justifie en rappelant les événements racontés par l’Ancien Testament : la veuve de Sarepta et Naaman le Syrien étaient des païens. Ils ont su accueillir la grâce de Dieu mieux que les gens de son peuple. Le vrai Dieu n’est pas celui de quelques-uns mais de tous. Il aime les païens, les incroyants, les pécheurs, les ingrats. Nous ne pouvons pas être en communion avec lui si nous n’entrons pas dans son projet d’amour universel.
En méditant cet Évangile, nous découvrons que la parole de Dieu manifeste sa puissance d’une manière inouïe. C’est sur lui, Jésus, que repose l’Esprit du Seigneur. Il est celui qui fait accéder les opprimés à la liberté, celui qui rend la vue aux aveugles. Il ne se contente pas d’interpréter les textes sacrés. Il est la Parole de Dieu en personne.
Nous sommes donc invités à prendre position POUR le Seigneur. Ses paroles peuvent nous dérouter. Elles peuvent aller à contre-courant de l’esprit du monde. Mais elles sont les paroles de la Vie éternelle. Nous sommes tous envoyés pour en être les messagers. C’est une aventure passionnante, pleine de risques ; mais nous ne sommes pas seuls : l’Esprit du Seigneur repose sur nous. C’est avec lui que la bonne nouvelle portera du fruit.