Journée de prière pour les défunts

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Le Seigneur Jésus, Prince de la paix, a souffert la Passion et la mort sur la croix, au terme d’un procès injuste. Sa Résurrection au troisième jour est au cœur de l’espérance chrétienne. L’eucharistie célébrée pour tous les défunts en ce 2 novembre s’éclaire à la lumière de la Résurrection du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 1-6
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
“Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
(AELF)

Pistes pour l’homélie
Le mois de novembre est traditionnellement consacré à la prière pour les défunts. Ils font partie de notre vie, de notre histoire. Leur départ a été pour nous une séparation douloureuse. Beaucoup ont de la peine à s’en remettre ; pensons à la douleur de ces parents qui ont vu partir leur enfant dans un accident, une maladie, une mort violente… Pour d’autres cela s’est passé d’une manière plus paisible. C’est ce qui arrive quand on sait qu’un défunt a vécu toute sa vie pour cette rencontre avec le Seigneur.

Prier pour les défunts, c’est raviver notre espérance face à la réalité mystérieuse de la mort. Nous nous rappelons que la résurrection de Jésus nous ouvre un chemin. Avec lui nous sommes sûrs de triompher de la mort et du péché, dès maintenant et pour l’éternité. Cette prière nous invite également à réfléchir sur notre vie et à voir ce qui en fait la valeur. La seule chose qui en restera c’est notre amour pour Dieu et pour tous nos frères. Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous l’aurons fait. « Dis-moi quel est ton amour et je te dirai qui tu es. » (Jean Paul II)

L’Évangile qui nous est proposé en ce jour nous ramène au soir du Jeudi Saint. Jésus annonce à ses disciples son départ ver le Père. Mais son enseignement se veut rassurant. Ce départ n’est pas un abandon ni une fuite : Jésus leur annonce qu’il leur prépare une place dans la Maison de son Père. Cette annonce est une bonne nouvelle, un appel à vivre dans l’espérance. Les épreuves ne manqueront pas : dans quelques heures, ce sera la Passion et la mort de leur Maître ; par la suite, ils connaîtront le temps des persécutions.

Mais rien ne doit troubler l’espérance des chrétiens : le Christ reste bien présent au milieu d’eux. Il est « le chemin, la Vérité et la Vie ». C’est en passant par lui que nous allons au Père. Jésus n’est pas un simple chef religieux qui enseigne dans une synagogue. Son enseignement s’est répandu sur les routes de Galilée, de Samarie et de Judée. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ce chemin n’est plus un lieu ni une destination mais une rencontre, une parole partagée avec Jésus. C’est en lui que nous trouvons la plénitude de la vérité. En dehors de lui, nous allons à notre perte.

Avec le Christ ressuscité, notre vie devient un chemin d’espérance, un chemin de confiance. Notre vie se trouve transformée par l’amour qui est en Dieu. Sa Parole nous met en mouvement. Elle nous appelle à une conversion de nos vies, de nos raisonnements et de nos mentalités. C’est nécessaire si nous voulons que l’amour de Dieu habite et rayonne dans nos vies. Aujourd’hui comme autrefois, l’appel du Christ se fait entendre : « Croyez en moi. »

Ce Jésus qui s’adressait à ses apôtres est « Dieu avec nous » ; chaque jour, c’est lui qui vient à nous comme lumière dans la nuit ; il n’a jamais cessé de nous aimer. Et quand nous tombons, il vient nous dire : « Reprends confiance en toi ; remets-toi en route ; tu vaux plus que ce que tu crois ; je suis avec toi pour te prendre par la main quand tu risques de flancher. » Croire en Jésus, c’est renaître chaque jour à l’espérance, à la confiance et au courage de vivre. Cela ne devient possible que si nous le fréquentons assidument par la prière, la méditation de l’Évangile et l’Eucharistie.

Jésus termine son discours par une prédiction solennelle : « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. » Ce mot « œuvre » nous renvoie à la grande œuvre de Dieu qui est de libérer son peuple. Nous y sommes tous associés : le même Dieu veut libérer l’humanité de tous ses esclavages ; comme les apôtres, nous sommes envoyés pour être les messagers de cette bonne nouvelle.

En ce jour, nous rendons grâce pour cette lumière de la foi qui nous a été donnée. Par elle, c’est le Christ qui éclaire nos pas plus ou moins hésitants en direction du Royaume de Dieu. Nous le prions les uns pour les autres : qu’il nous rende plus disponibles pour témoigner de son amour qui vient sauver tous les hommes.

En ce dimanche, nous rendons grâce pour cette lumière de la foi qui nous a été donnée. Par elle, c’est le Christ qui éclaire nos pas plus ou moins hésitants en direction du Royaume de Dieu. Par l’intercession de la Vierge Marie, nous le prions les uns pour les autres : qu’il nous rende plus disponibles pour témoigner de son amour qui vient sauver tous les hommes.

Prière universelle
Introduction
Par Jésus Christ,
mort et ressuscité pour tous les hommes,
prions le Père source de toute vie

Intentions
1. Pour nos frères et sœurs qui sont éprouvés
par le deuil d’un être cher, parfois leur propre enfant ;
que l’espérance de la résurrection éclaire leur route,
ensemble prions.

2. Pour ceux qui souffrent des guerres, de la faim,
de la violence ou du terrorisme.
Et pour les victimes des catastrophes naturelles,
ensemble prions.

3. Pour l’Église et ses pasteurs,
pour les baptisés de Pâques ;
pour nos paroisses petites ou grandes.
Qu’elles trouvent la joie dans la prière,
le témoignage et le service,
ensemble prions.

Conclusion
Dieu de toute bonté,
tu nous as donné ton propre Fils
comme notre Seigneur et notre frère.
Nous t’en prions, fais grandir
la fraternité sur cette terre,
toi qui es un Dieu bon et ami des hommes,
avec ton Fils et le Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.

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Fête de tous les saints

L’immense cortège de tous les saints

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Tous les membres du corps sont importants. Tous les membres du Corps de l’Église sont importants. Tous, nous sommes appelés à la sainteté. Jésus, Saint de Dieu, est la tête du Corps ; sa sainteté se diffuse dans tout le Corps. Entrons dans l’émerveillement d’un si grand bonheur.

Acte pénitentiel
Seigneur, tu ne regardes pas nos péchés, prends pitié de nous.

Ô Christ, ton Père veut que nous soyons appelés enfants de Dieu, prends pitié de nous.

Seigneur, tu nous veux heureux avec toi, prends pitié de nous.

Introduction aux lectures
Apocalypse : la sainteté n’est pas le privilège d’une élite ; elle est foule immense que nul ne peut dénombrer.

Psaume : le psalmiste nous rappelle que la sainteté est un don de Dieu : « il obtient du Seigneur la bénédiction et de Dieu son Sauveur, la justice ».

1 Jean : la sainteté est déjà inscrite en nous, comme un germe ; elle va s’épanouir. Quelle source d’espérance !

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
C’est aujourd’hui la fête de tous ceux et celles qui sont dans la joie auprès de Dieu. Dans la première lecture, l’auteur de l’Apocalypse nous en fait un tableau enthousiasmant, extraordinaire. Il nous montre que la sainteté n’est pas réservée à quelques privilégiés. C’est une grâce que Dieu prépare pour une multitude innombrable. Dieu la propose à tous ; nous sommes tous appelés à la sainteté. Malheureusement, certains résistent et n’accueillent cette grâce très précieuse de Dieu.

L’auteur de l’Apocalypse nous parle de 144 000 personnes qui proviennent de toutes les tribus d’Israël. Ce chiffre représente le très grand nombre de croyants qui forment le nouveau peuple de Dieu. Cette foule immense que nul ne peut dénombrer vient de tous les horizons, du monde juif mais aussi du monde païen. Au-delà des épreuves et des persécutions, ils découvrent le Christ, l’Agneau de Dieu “qui enlève le péché du monde”. Avec lui, le mal n’aura pas le dernier mot car l’Amour est plus fort que tout. Leur victoire est déjà la nôtre. Nous attendons le triomphe définitif du Christ sur le mal.

Cet amour de Dieu pour chacun de nous, c’est quelque chose d’extraordinaire. C’est saint Jean qui nous le dit dans la deuxième lecture. Dieu “a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes”. Mais la sainteté n’est pas quelque chose que nous pouvons acquérir par nos seules forces ni en accomplissant des performances spirituelles ; c’est Dieu qui nous la communique, même à nous pauvres pécheurs. Ce qui nous est simplement demandé, c’est d’avoir les mains et le cœur ouverts pour accueillir cet amour qui est en Dieu. C’est ainsi que nous pourrons vivre notre condition de fils. Nous vivons des situations difficiles, mais si nous nous attachons au Christ, rien ne peut nous séparer de son amour.

Aujourd’hui, l’Église nous invite donc à fêter tous ceux et celles qui ont réussi leur vie, ici-bas et dans l’autre monde. Dans l’Évangile, Jésus nous présente le chemin qui les a conduits au bonheur. Ce bonheur n’a rien à voir avec celui que le monde nous donne pour modèle. Beaucoup ne pensent qu’à celui des “personnes riches, belles, intelligentes, diplômées, pistonnées” (Denis Sonet). Au contraire, Jésus nous dit : “Heureux les pauvres de cœur… ceux qui pleurent… ceux qui sont persécutés pour la justice… les cœurs purs… les miséricordieux…” Ce message du Christ est proclamé aujourd’hui dans toutes les églises du monde entier. Il nous rejoint tous quand nous sommes rassemblés en son nom.

Pour beaucoup, le vrai bonheur c’est d’être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade. Et pourtant, nous voyons bien que les richesses du monde ne suffisent pas à nous combler. Le seul qui peut vraiment nous combler et nous rendre heureux, c’est le Seigneur. En allant à lui et en le suivant, nous choisissons la meilleure part. Mais ce ne sera possible que si nous ne sommes pas accaparés par nos richesses. Ainsi, nous serons entièrement disponibles pour accueillir le salut de Dieu. Lui seul peut nous combler pleinement.

C’est ce chemin qui a été suivi par les saints que nous fêtons en ce jour. L’Église est fière de nous montrer tous ceux qui ont vécu au mieux l’Évangile des béatitudes. Nous pensons à tous ceux et celles qui ont marqué l’histoire humaine et chrétienne, les apôtres, les martyrs, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Mais la sainteté n’est pas offerte seulement à quelques élites. Elle est pour tous. Pour y parvenir, il suffit d’accueillir le Seigneur et de le laisser agir en nous. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie ; c’est par lui que nous allons au Père.
Cette fête nous rappelle une fois de plus que nous sommes tous appelés à devenir des saints. La tentation est grande de dire que “ce n’est pas pour moi pauvre pécheur”. Il faut le dire et le redire, elle est pour chacun de nous ; au ciel, il n’y a que des saints et des saintes. Certains ont été de grands pécheurs, mais ils ont accueilli le pardon de Dieu : pensons à Pierre qui avait renié le Christ, Paul qui avait persécuté les chrétiens, saint Augustin qui avait passé toute une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement bouleversé leur vie. C’est ce qu’il veut aussi pour chacun de nous : il est capable de venir nous chercher très loin et très bas.

Alors en communion les uns avec les autres et avec tous les chrétiens du monde entier, nous chantons : “Dieu, nous te louons, Seigneur, nous t’acclamons dans l’immense cortège de tous les saints.”

Prière universelle
Introduction
Soutenus par la prière de tous ceux qui nous précèdent sur le chemin du Royaume, prions celui qui est la source de toute grâce.

Intentions
1. Prions pour ceux qui pleurent, écrasés par des fardeaux trop lourds, le cœur brisé par la souffrance, l’échec ou l’abandon.

2. Prions pour ceux qui sont persécutés pour la justice, parfois incompris dans leur combat pour la défense des plus petits et des plus pauvres.

3. Prions pour les artisans de paix, qui, face à la violence et à la haine, n’ont pour seule arme que la non-violence et le pardon.

4. Prions pour nos communautés, appelées à être signe de la sainteté de Dieu et témoins de la force de son amour.

Père, tu nous rappelles en ce jour que nous sommes tes enfants. C’est donc en toute confiance que nous te confions nos prières et que nous nous en remettons à ta grâce par Jésus, le Christ, notre Frère.

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Un beau témoignage de foi

— Doc­teur, dites-​moi la vérité

— Mon pauvre ami, il est perdu… Seul un miracle pour­rait le sauver…

Len­te­ment, Pierre L… ferma la porte. Ainsi, son petit Jean allait mou­rir… et cela, à la fleur de l’âge ; dans huit jours il aurait treize ans ! Irait-​il seule­ment jusque-​là ?

Depuis quelques jours Pierre voyait la pro­gres­sion du mal. Cepen­dant les paroles du doc­teur aujourd’hui l’ont bou­le­versé. Il est dur d’admettre l’évidence dans un pareil cas ! Abattu, mais fai­sant le fort, il revient vers la salle à man­ger où un lit a été ins­tallé pour son enfant. Un moment il s’arrête près de sa couche et regarde son fils comme si c’était la pre­mière fois. Jean ne le voit même pas ; sa tête repose sur l’oreiller, ses traits sont tirés, ses joues creu­sées par la souf­france.

La tris­tesse enva­hit le cœur du mal­heu­reux père… Ah ! s’il pou­vait prendre sa mala­die et souf­frir à sa place ! Et les der­nières paroles du doc­teur résonnent à ses oreilles seul un miracle pour­rait le sau­ver ! Un miracle !… Mais il n’y a pas de miracles ! Ce sont des his­toires d’enfants… Quant à lui, il n’y croit plus depuis long­temps. D’ailleurs, s’il y avait un Dieu, son enfant ne serait pas malade ! Qu’ont-ils fait dans sa famille pour être trai­tés de la sorte ? Certes, lui ne pra­tique pas mais il n’est pas contre la reli­gion ! Cha­cun fait comme il l’entend ! Sa femme, elle, va à l’église, et jamais il ne s’y est opposé ! Quant à son Jean, voilà plu­sieurs années qu’il est enfant de chœur à la paroisse Saint-​Pierre. Non, non, Dieu n’existe pas, sinon il ne per­met­trait pas de sem­blables mal­heurs.

Et le pauvre père affolé se tait… Des larmes coulent sur ses joues… mais crai­gnant que son fils ou sa femme ne s’en aper­çoivent il les essuie fur­ti­ve­ment puis se dirige vers la cui­sine où son épouse pré­pare le repas. D’un seul regard elle voit que son mari a pleuré… Les mamans voient tou­jours quand il y a quelque chose qui ne va pas ! En vain Pierre essaie de cacher la triste nou­velle. Fina­le­ment, il doit rap­por­ter les paroles du méde­cin : Seul un miracle pour­rait sau­ver leur enfant !

— C’est tout ce qu’il t’a dit ? ques­tionne la mère.

— Oui… Mais ce sont des his­toires… et je ne crois pas aux miracles.

— Pierre, ne parle pas comme cela, je t’en prie. Moi j’y crois ! dit la mère. Veux-​tu m’accorder quelque chose ?

— Quoi donc ?

Rappelle-​toi, peu avant de tom­ber malade, Jean nous deman­dait d’aller à Lourdes avec l’Abbé, aux grandes vacances. Tu étais d’accord. Pour­quoi n’irions-nous pas tous les trois maintenant ?

— Tu crois qu’il va gué­rir ? Non, c’est impos­sible… Il est perdu

— Rai­son de plus pour réa­li­ser le der­nier désir de notre enfant, il sera si heureux !

— Puisque tu y tiens, soit. Je deman­de­rai un congé à mon patron et nous irons.

Huit jours plus tard, une ambu­lance pre­nait Jean chez lui pour le conduire à la gare… Cepen­dant, il allait de plus en plus mal et le doc­teur n’assurait pas qu’il sup­por­te­rait le voyage ! On l’installa dans un com­par­ti­ment spé­cial et le train s’ébranla… Les sen­ti­ments des voya­geurs étaient bien dif­fé­rents… Jean et sa maman par­taient avec une immense espé­rance tan­dis que le papa ne savait que pen­ser. Après de longues heures de che­min de fer, le convoi arrive enfin à Lourdes. Jean est à toute extré­mité… Humai­ne­ment par­lant sa mort est immi­nente. Vu son état, il reçoit les der­niers sacre­ments avant d’être conduit à l’esplanade où va se dérou­ler la pro­ces­sion du Saint-​Sacrement.

Bien­tôt la Pro­ces­sion s’avance… Un Car­di­nal tient l’ostensoir au-​dessus de sa tête. Tan­dis que Jésus-​Hostie approche de l’endroit où Jean est étendu, celui-​ci mur­mure dou­ce­ment et à plu­sieurs reprises : « Jésus, Fils de Marie, rends-​moi la santé ! » Mais Jésus passe… et le miracle attendu ne se pro­duit pas. Alors, Jean, ras­sem­blant le peu de forces qui lui reste, se sou­lève péni­ble­ment sur son coude et crie : « Jésus, Fils de Marie, tu ne m’as pas guéri ! Je le dirai à ta Mère ! » Épuisé par ce suprême effort, l’enfant retombe sur son brancard…

Ému d’une telle détresse et d’une si grande foi, le Car­di­nal, qui a tout entendu, revient vers le petit mori­bond et, une seconde fois, lui donne la béné­dic­tion. Alors, quelque chose d’extraordinaire se passe… De nou­velles forces enva­hissent les membres du jeune malade… il se sent guéri ! D’un geste brusque, il rejette ses cou­ver­tures et se lève, vacillant mais rayon­nant ! Et avec joie cette fois il s’écrie tourné vers l’ostensoir « Jésus, Fils de Marie, tu m’as guéri… Merci ! Je le dirai à ta Mère pour qu’elle m’aide à te remercier ! »

Ce jour-​là ce ne fut pas un miracle mais deux qui se pro­dui­sirent sur l’Esplanade de Lourdes. Le père de Jean, bou­le­versé devant une telle mer­veille, tom­bait à genoux et écla­tait en san­glots… Son âme était guérie !

Vendredi de la 30ème semaine du temps ordinaire

Guérison d’un hydropique
 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1-6.
Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie.
Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? »
Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller.
Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? »
Et ils furent incapables de trouver une réponse.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
Jésus se trouve devant un homme atteint d’hydropisie. L’Évangile ne dit pas que ce malade lui demandait la guérison. C’est Jésus qui fait le premier pas. Il en est toujours ainsi. Il va à la rencontre de tous, y compris de ceux qui s’opposent à lui. Aucune barrière sociale ou religieuse ne fait obstacle à son amour. Il est venu chercher et sauver ceux qui sont perdus.
 
Les pharisiens sont là aussi, mais ils ne cherchent qu’à le prendre en défaut. Ils n’ont aucune pitié pour cet homme. Sa maladie était considérée comme la conséquence d’une faute. Jésus voudrait montrer aux pharisiens que l’amour est supérieur à la loi. Guérir un malade le jour du Sabbat c’est une manière d’honorer les actes de Dieu libérateur et sauveur.
 

Comme ce malade, nous sommes invités à nous tenir bien simplement en présence de Jésus en ne pensant qu’à son amour. Nous allons à lui tels que nous sommes. Nous lui confions tout ce qui nous préoccupe. Il ne vient pas pour nous juger mais pour nous guérir et nous sauver. Il n’hésite pas à venir nous chercher très loin et très bas. Il veut nous faire remonter vers la Lumière. Avec lui, nous retrouvons notre place dans le monde des vivants. 

 

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« Ils gardèrent le silence. » Pour les hommes de la parole que sont les pharisiens et les docteurs de la Loi, c’est pour le moins paradoxal. Eux qui sont habitués à discourir sans fin pour interpréter la Loi dans ses moindres détails, les voici incapables de répondre. Ils n’ouvrent pas la bouche, devenant ainsi semblables aux idoles païennes. Dieu rend la vie à la main desséchée quand ceux qui scrutent la Loi écrite par la main de Dieu voient la sécheresse de leur cœur être dévoilée. Ils n’ont pas compris que la Loi était source de vie, faite pour la vie. Ils en ont fait une idole et en partagent la condition : être incapable de délivrer une parole, de révéler le sens, le Verbe. Notre foi est-elle aussi une idole pour nous ? La parole de l’Évangile prend-elle chair dans notre existence par des comportements concrets, ou sommes-nous enfermés comme beaucoup de nos contemporains dans les idoles du paraître, du confort et du plaisir ?

 

Jeudi de la 30ème semaine du temps ordinaire

« Allez dire à ce renard… » 
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13, 31-35

En ce jour-là,
quelques pharisiens s’approchèrent de Jésus pour lui dire :
« Pars, va-t’en d’ici :
Hérode veut te tuer. »
Il leur répliqua :
« Allez dire à ce renard :
voici que j’expulse les démons et je fais des guérisons
aujourd’hui et demain,
et, le troisième jour, j’arrive au terme.
Mais il me faut continuer ma route
aujourd’hui, demain et le jour suivant,
car il ne convient pas
qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem.

Jérusalem, Jérusalem,
toi qui tues les prophètes
et qui lapides ceux qui te sont envoyés,
combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants
comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes,
et vous n’avez pas voulu !
Voici que votre temple est abandonné à vous-mêmes.
Je vous le déclare :
vous ne me verrez plus
jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz :
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (AELF)

Méditation 
Hérode cherche à faire mourir Jésus. Les pharisiens l’avertissent de ce danger. Ils lui conseillent de partir sans danger pour échapper à cette menace de mort. Ils auraient dû se réjouir de la venue de Celui qui avait été annoncé par les prophètes. Au lieu de cela, ils cherchent à l’éloigner.

Mais devant Jésus, la menace et la terreur ne fonctionnent pas. Il veut aller jusqu’au bout de sa mission. Il a été envoyé pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Et cette mission trouvera son accomplissement sur la croix. C’est en la regardant que tous les hommes de tous les temps reconnaîtront un signe son amour infini.
 
En se donnant jusqu’au bout, Jésus se veut solidaire de tous les prophètes de tous les temps mis à mort pour la justice. Mais rien ne peut l’empêcher de vouloir « rassembler ses enfants  comme une poule rassemble ses poussins sous son aile ».
 
Changez vos cœurs, croyez à la Bonne Nouvelle
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime !

Mercredi de la 30ème semaine du temps ordinaire

ENTRER PAR LA PORTE ÉTROITE
Évangile selon saint Luc 13, 22-30
En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.” Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.” Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »
© AELF
 
 
Méditation
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ! » Dans certains grands immeubles, on trouve deux portes dont l’une est réservée au service. Celle-ci est étroite et elle donne sur un escalier plutôt raide. Cette image vient nous rappeler l’orientation que nous avons à donner à notre vie. Passer par la porte étroite c’est s’engager dans l’escalier de service, c’est se donner aux autres, c’est accueillir et partager. Chaque jour, l’actualité nous montre des gens qui s’engagent au service de ceux qui ont tout perdu dans les catastrophes qui ne cessent de s’accumuler dans le monde. Ils donnent de leurs temps, de leurs forces et de leur argent pour les aider à sortir de cette situation désastreuse. Tout ce que nous pouvons faire pour aider l’autre à se relever et à retrouver sa dignité prend valeur d’éternité.
 
Cette porte étroite c’est celle que le Christ a franchie. En mourant sur une croix et en ressuscitant, il nous a ouvert un passage ver la Vie Éternelle. Un jour, il a dit : « Je suis la porte des brebis. Celui qui entrera par moi sera sauvé. » Notre entrée dans le Royaume dépend donc de la place que nous donnons au Christ dans notre vie. Le Salut est offert à tous, mais rien n’est possible sans notre accueil. Ce salut est une qualité de vie dans l’amour, une relation dont on jouit ou non. Vouloir faire semblant ne sert à rien. L’amour est vrai ou il n’est pas.
 
En ce jour, nous nous tournons vers toi Seigneur. Nous te redisons notre désir de vivre en toi et d’avancer avec toi. Beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Mais avec toi, tout est possible. Aide-nous à nous débarrasser de tout ce qui nous encombre et de tout ce qui retarde notre marche à ta suite. Que ta parole réveille notre foi. Alors nous pourrons marcher vers toi avec la multitude de ceux que tu appelles. Amen.
 

Saint Simon et saint Jude Apôtres

 Disciples – Missionnaires

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6, 12-19. En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. (AELF)

Méditation : L’Évangile de ce jour nous ramène à un moment où Jésus se prépare à une décision importante : Tout commence par un temps de prière : Il passa toute la nuit à prier Dieu ». C’est un exemple qu’il nous donne : Quand nous avons à faire des choix qui engagent toute notre vie, nous sommes invités à prendre le temps de la prière. C’est ce que nous faisons en commençant chacune de nos journées.

« Le jour venu, il appela ses disciples… » Le disciple, c’est celui qui se met à l’école de son maître ; il le suit et l’écoute. « Il en choisit douze auxquels il donna le nom d’apôtres ». L’apôtre c’est l’envoyé, le missionnaire? Après la Pentecôte, ils seront tous envoyés pour annoncer l’Évangile au monde entier.

En lisant cet Évangile, nous remarquons que Jésus choisit des gens très différents. D’un côté, nous avons Simon le Zélote, farouchement opposé à l’occupant Romain. A l’opposé, nous trouvons Matthieu le publicain qui collabore avec les ennemis d’Israël. Cela nous rappelle que l’amour de Dieu est universel. Royaume de Dieu n’est pas de ce monde

Un dernier point : Jésus n’appelle pas les meilleurs ni les plus méritants. Il choisit toujours ce qui est petit et humble pour faire de grandes choses pour accomplir de grandes choses. C’est vrai aussi pour nous pauvres pécheurs. Nous ne pourrons vraiment accomplir notre mission que si nous sommes vraiment attachés à lui. C’est à cette condition que nous deviendrons disciples-missionnaires.

Lundi de la 30ème semaine du temps ordinaire

Guérison un jour de Sabbat
 
Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Il y avait là une femme, possédée par un esprit mauvais qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l’interpella : « Femme, te voilà délivrée de ton infirmité. » Puis, il lui imposa les mains ; à l’instant même, elle se trouva toute droite, et elle rendait gloire à Dieu.  
Le chef de la synagogue fut indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat. Il prit la parole pour dire à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Esprits faux que vous êtes ! N’est-il pas vrai que le jour du sabbat chacun de vous détache de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Et cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée il y a dix-huit ans, n’est-il pas vrai que le jour du sabbat il fallait la délivrer de ce lien ? »       
Ces paroles de Jésus couvraient de honte tous ses adversaires, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait. © AELF
 
 
Méditation

L’Évangile de ce jour nous parle d’une femme « possédée par un esprit impur qui la rendait infirme depuis dix-huit ans. Elle est une image très parlante de notre humanité blessée par le péché. La chance de cette femme et la nôtre c’est d’avoir rencontré le Christ : il est venue « chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

 
Comme on pouvait s’y attendre, le chef de la synagogue est indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du Sabbat. À ce sujet, la loi juive était très stricte. Ce jour-là, tout travail est absolument interdit. Pour lui, les prescriptions concernant le repos sabbatique l’emportent sur la guérison d’une pauvre femme ; une seule chose compte : le respect de la loi.
 
Mais le calendrier de Jésus n’est pas celui du chef de la synagogue. Il ne s’est pas trompé de jour pour « redresser » la femme possédée. Ce relèvement, c’est comme un geste de résurrection. En effet, c’est la résurrection de Pâques qui est anticipée dans cette guérison, une résurrection qui se célèbre le jour du Seigneur.
 
 
 

 

 

COMMENTAIRE de l’Évangile (Dieu avec nous aujourd’hui)
Être courbé est un des signes de l’état de pécheur dans l’Écriture. Caïn a la face orientée vers le sol après son meurtre (Genèse 4, 6). Le pécheur ne regarde plus le ciel, il ne le peut plus parce que son péché le lie sous le pouvoir de Satan. Par l’action du Christ, le pécheur est délié de ce pouvoir et peut à nouveau se tenir droit en présence de son Dieu. En l’appelant « Femme », il lui redonne son humanité, en l’appelant « fille d’Abraham », il lui rend sa place dans la communauté des croyants et lui permet de recevoir à nouveau l’héritage promis à Abraham. Par le pardon de Dieu, nous sommes restaurés dans notre humanité et dans notre relation avec Dieu. « La vie de l’homme, c’est la vision de Dieu. » (St Irénée de Lyon)

30ème dimanche du temps ordinaire

Monition d’ouverture
Frères et sœurs, c’est le Seigneur qui nous accueille à sa table. Il nous accueille tels que nous sommes, avec nos pauvretés et nos faiblesses. Présentons-nous à lui avec confiance, son amour est toujours prêt à nous guérir

Prière pénitentielle
De ton peuple rassemblé par ta parole :
Seigneur, prends pitié (bis).

De ton Église rachetée par ton sang :
Ô christ, prends pitié (bis).

De ton Église sanctifiée par ton Esprit :
Seigneur, prends pitié (bis).


LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture – Si 35, 15b-17. 20-22a.
La prière de celui qui vit la pauvreté en son cœur est forcément entendue de Dieu, quel que soit le temps que met sa réponse à se manifester.

Psaume 33

2ème lecture – 2 Tm 4, 6-8. 16-18.
Paul a confiance. Au bout de son chemin de vie, il a la certitude de trouver le Christ à l’attendre.

Évangile : Luc 18, 9-14

Homélie
Dimanche dernier, nous avons entendu une invitation à prier avec insistance et avec foi. Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous rappelle les dispositions intérieures que nous devons avoir.

La première lecture nous invite à rectifier l’image que nous nous faisons de Dieu. Elle vient nous rappeler que “le Seigneur ne fait pas de différence entre les hommes.” Il entend la prière et la plainte du pauvre, de l’opprimé, de la veuve et de l’orphelin. Nous pensons à toutes les victimes de toutes les guerres. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à tant de souffrances. Plus tard, Jésus proclamera que l’Évangile, c’est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres. Et il précisera qu’il se reconnaît à travers celui qui a faim, celui qui est sans vêtement, celui qui est étranger ou prisonnier. À travers eux, c’est lui que nous accueillons ou que nous refusons.

À moment où il écrit sa lettre, l’apôtre Paul se trouve lui aussi en situation de détresse. Il est en prison et il sait que bientôt, il va être exécuté. Toute sa vie a été un combat mais il est resté fidèle jusqu’au bout. Il s’est totalement impliqué dans sa mission qui était d’annoncer l’Évangile aux nations païennes. Il attend maintenant la récompense promise au “serviteur fidèle”, rencontrer le Seigneur et être avec lui dans son Royaume. C’est là son espérance et sa force. Sa prière est entièrement tournée vers Dieu.

L’Évangile est précisément là aujourd’hui pour mettre en valeur la prière du pauvre. Jésus nous raconte une parabole pour faire passer un message de la plus haute importance. Il nous présente un pharisien et un publicain. Tous deux montent au temple pour prier. Ils pratiquent la même religion mais ils ne sont pas ensemble. Le pharisien présente à Dieu un bilan impressionnant : il n’a commis aucune faute, il jeûne, il fait l’aumône. Tout ce dont il est fier est sans doute vrai. D’ailleurs, ce n’est pas cela que Jésus lui reproche.

Le problème de cet homme c’est son orgueil. Il est convaincu d’être juste mais il n’a que mépris pour les autres. Il ne se contente pas de se donner des coups d’encensoir. II fait en même temps l’examen de conscience du publicain. Il n’a pas compris que pour être exaucé, il nous faut être plein de bonté et de compréhension pour les autres, même s’ils sont pécheurs. C’est ce que nous rappelle cette journée missionnaire : Dieu veut le salut de tous les hommes.

Bien à distance, nous avons le publicain. C’est un homme méprisé et même détesté de tous. Il a pactisé avec l’occupant romain. De plus, il a rançonné la population. Il s’avoue pécheur et se reconnaît coupable. Il est au fond du gouffre. La seule chose qu’il peut faire c’est d’implorer le pardon de Dieu à son égard : “Mon Dieu, prend pitié du pécheur que je suis.”

En nous racontant cette parabole le Christ vient nous annoncer une bonne nouvelle : il nous dit que Dieu est Amour. Et cet amour va jusqu’au pardon. Tout cela nous est offert gratuitement et sans mérite de notre part. Celui qui se croit supérieur aux autres n’a rien compris. Comment pouvons-nous nous adresser à Dieu si nous n’avons que du mépris pour ceux qui sont autour de nous ? Si nous réalisons quelque chose de bien, ce n’est pas dû à nos mérites mais à l’action du Seigneur en nous. Il attend de nous que nous venions à lui les mains vides pour les remplir de son amour. N’oublions pas qu’il a donné sa vie et versé son sang pour nous et pour la multitude, y compris pour les publicains. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il compte sur nous pour les aimer et les porter dans notre prière.

En célébrant cette Eucharistie, nous venons nous nourrir de la Parole de Dieu et de son Corps. Le Seigneur se donne à nous pour nous, il vient nous remplir de force pour annoncer l’Évangile. Cette force, c’est la grâce du baptême sans cesse vivifiée par l’Eucharistie. Nous le prions pour que tous les hommes puissent entendre et accueillir cette Bonne Nouvelle que tu es venu apporter au monde.


Prière universelle
Confiants en la miséricorde du Père, adressons-lui notre supplication pour tous les hommes. Nous le croyons : elle parviendra jusqu’au ciel.

1. Donne à ton Église un cœur de pauvre, Seigneur. Qu’elle soit accueillante à tous les hommes, miséricordieuse envers les exclus, impartiale envers les personnes, nous t’en prions.

2. Entends les cris de celles et ceux qui t’appellent, Seigneur. Que chacun découvre ta présence à ses côtés, ta lumière et le réconfort de ta bonté, nous t’en prions.

3. Accorde à tous les baptisés la force de ton Esprit, Seigneur. Qu’ils soient de bons relais de l’annonce de l’Évangile en tous lieux d’humanité, nous t’en prions.

4. Révèle ton pardon aux pécheurs en quête de réconciliation. Que personne ne se sente indigne de ta miséricorde qui renouvelle toute vie, nous t’en prions.

5. Sois aux côtés de tous les missionnaires, Seigneur. Que les jeunes s’interrogent sur leur vocation et se sentent responsables, avec tous, de l’évangélisation, nous t’en prions.

Réponds aux appels de ton Église, Seigneur, pour qu’elle annonce ton amour à tous les hommes. Exauce nos prières, par le Christ, notre Seigneur. – Amen.

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Samedi de la 29ème semaine du temps ordinaire

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Évangile selon saint Luc (13, 1-9)
Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. Jésus leur répondit: «Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort? Eh bien non, je vous le dis; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? Eh bien non, je vous le dis; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière.» Jésus leur disait encore cette parabole: «Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron: “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol?” « Mais le vigneron lui répondit: “Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.”»
© AELF
 
Méditation
Tous les jours, les médias nous accablent de mauvaises nouvelles, des drames de plus en plus atroces. Et alors, on se pose la question : où est-il notre Dieu ? que fait-il ? Il nous faut relire la réponse de Jésus : Nous n’avons pas le droit de dire que ces  malheurs viennent de Dieu. Ce serait trahir son image. En effet, Dieu est notre Père, un Père qui aime chacun de ses enfants et qui ne veut que leur bonheur. Mais Jésus en profite pour nous faire comprendre une chose importante : nous avons tous à nous remettre en cause ; nous devons interpréter ces événements comme des signes qu’il nous donne.
 
Ce n’est pas notre péché qui entraine la condamnation mais notre refus de nous convertir. « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez comme eux. » Non ce n’est pas une menace, ce n’est pas Dieu qui va nous faire périr ; c’est nous qui allons à notre perte. C’est pour cela que le Christ nous demande instamment de ne pas remettre à demain notre conversion. La mort peut arriver à l’imprévu. Le danger le plus grave c’est celui de la mort éternelle, celle qui sépare définitivement l’homme de Dieu. Chacun est donc invité à se convertir, changer de comportement et se détourner de ses péchés. Dieu ne veut que notre bonheur. Il attend de nous une vie belle et fructueuse. Mais si nous refusons d’entendre son appel, c’est nous qui faisons notre malheur.
 
Tout au long de notre vie, le Seigneur ne cesse de nous appeler à revenir vers lui. Il voit notre misère, notre péché et il veut nous en libérer. Le sacrement du pardon nous est offert pour accueillir cet amour libérateur. L’histoire du figuier est là pour nous rappeler qu’il y a une chance. C’est Dieu qui nous l’offre. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. » (Ps 94) Oui, nous te supplions, Père, allume en nous le feu de ton amour.