Mercredi de la 1ère semaine du temps ordinaire – 14 janvier 2026

Une parole qui relève

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 29-39

En ce temps-là,
    aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm,
Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean,
dans la maison de Simon et d’André.
    Or, la belle-mère de Simon était au lit,
elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
    Jésus s’approcha,
la saisit par la main
et la fit lever.
La fièvre la quitta,
et elle les servait.

    Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons.
    La ville entière se pressait à la porte.
    Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,
et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler,
parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

    Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert,
et là il priait.
    Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
    Ils le trouvent et lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
    Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

    Et il parcourut toute la Galilée,
proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons. (AELF)

Méditation : Dans l’évangile, nous découvrons le comportement de Jésus devant les malades. Face à toute cette souffrance, il est « saisi de pitié. » Mais ce qui est le plus important, c’est sa volonté farouche de se battre contre le mal. Au début de sa vie publique, il alterne enseignements, exorcismes et guérisons. En libérant les malades, il nous montre qu’il ne veut pas la maladie et la souffrance qui accablent l’homme. Elles ne sont jamais bonnes en elles-mêmes, même s’il est possible d’en faire un chemin de croissance spirituelle.

Le seul état que Dieu désire pour nous, c’est celui de ressuscité. C’est ce que le Christ nous fait comprendre en guérissant la belle-mère de Pierre. Il la prend par la main et la fait « se lever ». Ressusciter et se lever, c’est le même verbe. Cela veut dire que le Christ nous veut debout et en marche, disponibles pour servir les autres. Et surtout, il nous veut en état de résurrection. En guérissant les malades, Jésus leur ouvre un chemin d’espérance.  

Nos Eucharisties sont autant de pas sur ce chemin de libération. Chaque dimanche, nous avons rendez-vous avec le Maître de la Vie. Nous rendons grâce à celui qui prend soin de nous, qui se fait proche de nous pour guérir les cœurs brisés et soigner leurs blessures.

Mardi de la 1ère semaine du temps ordinaire – 13 janvier 2026

Une parole qui libère

 
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 21-28
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue,
et là, il enseignait.
    On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
    Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
    « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
    Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
    L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
    Ils furent tous frappés de stupeur
et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »
    Sa renommée se répandit aussitôt partout,
dans toute la région de la Galilée.
(Source : AELF)
 
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Méditation

L’Évangile de ce jour nous rapporte la première prédication de Jésus. Il est LE prophète qui enseigne avec autorité. Il est venu nous révéler le Père et nous enseigner le sens des Écritures. En face de lui, nous sommes appelés à devenir des disciples, des gens qui l’écoutent et le suivent. Je ne me fabrique pas MA religion ; je ne me fabrique pas un Dieu comme ça m’arrange. Je me mets à l’écoute de Jésus qui enseigne.
 
L’Évangile insiste sur ce point : Jésus enseigne avec autorité. Il est le Verbe du Père, la Parole de Dieu. Il n’a à se référer à personne d’autre. En lui, habite la plénitude de la divinité. Par rapport aux scribes et aux pharisiens de son temps, c’est tout-à-fait nouveau. Dans leur enseignement, ils se contentaient de répéter ce qui avait été dit avant eux : « Rabbi Untel, bénie soit sa mémoire, disait que… » Avec Jésus, il n’en est pas ainsi : sa seule référence, c’est le Père.
Dans la synagogue, il y avait un homme qui était possédé par un esprit impur. Cet esprit ne l’a pas empêché de venir à la synagogue pour écouter l’enseignement de Jésus. Il ne nous empêche pas non plus d’aller à l’église. Un esprit impur, c’est un esprit qui nuit à notre intégrité. Il nous empêche d’être complètement donnés à Dieu. Nous n’entendons que ce que nous avons envie d’entendre. Et nous n’acceptons pas d’être remis en cause. « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? » Autrement dit, « pourquoi viens-tu nous déranger ? » Cet Évangile doit être reçu comme un appel à la foi. Cela doit être une adhésion amoureuse et pas seulement une simple connaissance.
 
Accueillons cet Évangile comme une bonne nouvelle : Jésus est venu pour nous débarrasser de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes, en particulier des esprits mauvais qui nous détournent de Dieu. Plus tard, il donnera ce pouvoir à ses disciples. La Parole de Dieu manifestée en Jésus est bien plus forte que tous les démons et tous les esprits mauvais. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot.
 

Comme autrefois dans la synagogue, le même Jésus rejoint les communautés réunies en son nom dans toutes les églises du monde. Il nous fait entendre sa Parole. Il vient nous libérer de toutes nos possessions. Ouvrons-nous à cette Parole qui guérit d’elle-même. Avec lui, nos actes et toute notre vie deviendront conformes à cette parole. En accueillant le Christ libérateur, nous pourrons chanter avec plus de force : « Ta Parole, Seigneur est vérité, et ta loi délivrance. » Amen

 

Lundi 12 janvier 2026 – 1ère semaine du temps ordinaire



La Bonne Nouvelle pour tous


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,14-20.
Après l’arrestation de Jean le Baptiste,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » 
Passant le long de la mer de Galilée,
Jésus vit Simon et André, le frère de Simon,
en train de jeter les filets dans la mer,
car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit :
« Venez à ma suite.
Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets,
ils le suivirent.
Jésus avança un peu
et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela.
Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,
ils partirent à sa suite. (AELF) 


Méditation : L’Évangile nous montre Jésus qui prêche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Tout commence en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait sortir rien de bon est devenue un carrefour des païens, une terre de ténèbres et de débauche ; il y lance un appel pressant : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est tout proche. » En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre pour nous sauver. Il veut nous communiquer son amour ; il nous demande d’éliminer tous les obstacles qui nous détournent de lui.

Pour embraser le monde, Jésus fait appel à des collaborateurs. L’Évangile nous raconte la vocation des premiers apôtres. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. Ces hommes surpris dans leur travail laissent tout tomber ; ils se mettent à suivre Jésus. Pour André, Simon, Jacques et Jean, c’est le début d’un grand amour. Ils vont accueillir la bonne nouvelle et toute leur vie en sera transformée.

Comme ces apôtres, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l’Évangile. Cette mission comporte des risques. Nous vivons dans une société qui n’aime pas entendre parler de Dieu ni de Jésus. Mais la bonne nouvelle doit être annoncée à tous car Dieu veut le salut de tous les hommes. Face à l’incroyance, la mal-croyance ou l’indifférence, nous ne pouvons pas rester passifs. Notre pape François nous recommande de sortir vers les « périphéries » pour y annoncer le message du Christ. L’Église ne peut vivre qu’en partant pour la « Galilée ». C’est là que vivent ceux qui paraissent les plus éloignés de Dieu. Le Christ compte sur nous pour être témoins et messagers du Royaume de Dieu.

Prions ensemble, les uns avec les autres. Que le Seigneur nous rende attentifs à ses appels. Qu’il nous donne plus de générosité pour y répondre. Et qu’il fasse de nous des artisans d’unité, de paix et de réconciliation partout où nous vivons.




Baptême du Seigneur (11 janvier 2026)

Mon Fils bien-aimé

Monition d’ouverture
Frères et sœurs, nous sommes venus aujourd’hui à cette célébration qui nous rassemble pour rencontrer le Christ, écouter sa Parole et renouveler notre désir de le suivre en communiant à son corps et à son sang. Il nous invite à nous rappeler le sens de notre baptême, par lequel nous avons dit oui à Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, pour l’aimer et faire sa volonté. En souvenir de notre baptême, marquons-nous du signe de la croix, signe de l’amour dont il nous a aimés

Litanie pénitentielle
Seigneur Jésus, toi qui as reçu l’Esprit Saint parce que tu es venu pour faire la volonté du Père, béni sois-tu et prends pitié de nous.

Seigneur Jésus, toi le Serviteur par fait du Père, sur qui reposait son Esprit d’Amour pour libérer les captifs et rendre la vue aux aveugles, béni sois-tu et prends pitié de nous.

Seigneur Jésus, toi qui as entendu de l’Esprit cette parole mer veilleuse : Tu es mon Fils bien-aimé, béni sois-tu et prends pitié de nous.

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Il y a une semaine, nous étions encore à Bethléem en compagnie des mages. Nous avons fêté dans la joie la naissance de Jésus puis sa manifestation au monde païen. Aujourd’hui, nous sommes renvoyés à trente ans plus tard pour fêter une autre Épiphanie, celle qui a eu lieu au cours de son baptême par Jean. C’est l’entrée de Jésus dans son ministère public.

Cet événement était annoncé au sixième siècle avant Jésus Christ. A cette époque, le peuple d’Israël se trouve en exil à Babylone ; le prophète Isaïe s’efforce de lui redonner du courage : il annonce le “serviteur” qui aura pour mission d’accomplir l’œuvre de salut de Dieu. La volonté de Dieu c’est de sauver toute l’humanité. Il est celui qui ouvre les yeux des aveugles et qui rend la liberté aux opprimés. Il est surtout celui qui fait alliance avec son peuple.

C’est de cette espérance que doit témoigner le peuple que Dieu s’est choisi. Même s’il est ballotté par les grands empires du moment, rien ne doit l’arrêter. Il a pour mission de faire connaître le vrai Dieu aux païens. Il doit annoncer le message de Dieu “avec fermeté et douceur”. Aux yeux des hommes, cela peut paraître dérisoire. Mais Dieu est là. Il fait reposer son Esprit sur son serviteur. Ce dernier doit témoigner que Dieu est lumière et libération pour tous les hommes.

Le Nouveau Testament applique ce poème d’Isaïe à Jésus. C’est cette bonne nouvelle que proclame la voix venue du ciel. Jésus est vraiment ce serviteur non violent, plein de douceur et de discrétion. C’est lui que nous sommes invités à écouter et à suivre. Il se présente à nous comme la “lumière des nations”. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour porter cette lumière au monde d’aujourd’hui. Nous vivons dans une société qui veut mettre à distance la bonne nouvelle de l’Évangile. De nombreux pays sont guettés par la déchristianisation. Mais rien ne peut arrêter la réalisation du plan de Dieu.

La deuxième lecture est extraite du livre des Actes des Apôtres. Elle nous parle de l’Évangile “pour tous”. Il n’est pas seulement réservé à une élite de fervents. Il doit atteindre le monde entier. Il n’y a pas de borne au message de paix et de liberté que Dieu annonce par don Fils. Jésus Christ s’est fait le Seigneur de tous, y compris des païens. L’Esprit de Dieu nous précède dans leur cœur. C’est lui qui fait que la Parole de ses messagers porte du fruit. La Pentecôte en milieu païen continue tous les jours. Dieu ne cesse d’agir au-delà des frontières visibles de son Église.

L’Évangile nous rapporte l’événement du baptême de Jésus par Jean. C’est sa première manifestation publique. Il se mêle à la foule des pécheurs pour recevoir le baptême donné par Jean. Pourtant, il n’a pas de péchés à se faire pardonner. Il n’a donc pas besoin de repentir. Ce baptême de Jésus n’était pas nécessaire pour lui. Mais il l’était pour nous. Si Jésus a choisi de recevoir ce baptême, c’est pour être immergé dans notre condition humaine très concrète. Il est entré dans l’eau du Jourdain pur de tout péché. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Ce mal qui nous accable, il le prend sur lui car il veut nous en libérer. Il veut nous en libérer car il veut que nous vivions heureux.

Cette fête du Seigneur nous annonce un autre baptême bien plus grand, celui que reçoivent les chrétiens. D’un côté, nous voyons Jésus qui entre dans l’eau boueuse du Jourdain et qui prend sur lui tous nos péchés. Avec le baptême chrétien, nous sommes plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. C’est important pour nous : nous vivons dans un monde guetté par la haine et la violence. Tout cela, c’est un colis piégé dont il faut absolument se débarrasser. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour lui dire et lui montrer par toute notre vie que Dieu l’aime. Avec Jésus, plus rien ne peut être comme avant. Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.

Avec cette fête, nous entrons dans le temps ordinaire. C’est une période moins festive mais elle reste importante. C’est là que nous aurons à grandir dans la fidélité et l’écoute de la Parole de Dieu. Avec Jésus, nous sommes les acteurs d’un monde nouveau qui est déjà là mais qu’il faut faire croître. Nous sommes appelés à agir à la manière du serviteur, porteur et dispensateur de l’amour de Dieu.

C’est en vue de cette mission que nous venons nous ressourcer à la table eucharistique. Le Christ est là pour nous communiquer sa vie. Il est le pain vivant sur nos chemins humains. Nous te prions, Seigneur, aide-nous à vraiment redécouvrir la force et la grandeur ce don que tu nous fais. Donne-nous de nous plonger chaque jour dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Amen

Sources : Revues Feu Nouveau, L’Intelligence des Ecritures (Narie Noëlle Thabut), Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Ta Parole est ma joie (Joseph Proux)

Prière universelle
Intentions
1/. Pour le Saint Père, pour les évêques et les prêtres, et pour nous tous qui avons reçu le baptême, pour que nous soyons témoins de la paix et de la justice par Jésus Christ, le Seigneur de tous. Nous te prions, Seigneur.

2/. Pour les dirigeants des peuples, pour qu’ils exercent leurs fonctions avec sagesse et humilité, sans rechercher leur intérêt propre et avec une authentique droiture d’intention dans la poursuite du bien commun. Nous te prions, Seigneur.

3/. Pour les populations qui habitent dans les zones de guerre, pour les victimes de l’accident d’avion de cette semaine, et pour le peuple d’Australie confronté à de terribles incendies. Nous te prions, Seigneur.

4/. Pour notre communauté paroissiale, afin que nous prenions de plus en plus conscience dans notre vie du sacrement dans lequel nous avons été plongés par le baptême, et afin que nous discernions avec courage les signes des temps que nous traversons, confiants dans la miséricorde de Dieu. Nous te prions, Seigneur.

Samedi après l’Épiphanie – 10 janvier 2026

La joie de l’époux

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,22-30.
En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.
Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification.
Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui.
Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation 

Nous sommes à la fin du ministère de Jean Baptiste et au début de celui de Jésus. Entre les deux, il y a une courte coexistence. Les disciples de Jean constatent que Jésus baptise ; ils perçoivent cela comme une concurrence. Jean Baptiste voit les choses autrement ; et c’est la parabole de l’époux, de l’épouse et de l’ami de l’époux. Jean se considère comme l’ami de l’époux. Dès que celui-ci paraît, il le désigne puis il s’efface. Entendre la voix de l’époux suffit à son bonheur. Il est comblé de joie d’être précédé par plus grand que lui au point de laisser ses disciples le quitter pour suivre l’Agneau de Dieu.

Nous recevons cet Évangile comme une invitation à bien prendre conscience de notre rôle. Comme Jean Baptiste, je ne suis pas le Sauveur. Nous sommes envoyés devant lui pour préparer sa venue. C’est notre vocation de chrétiens baptisés et confirmés de préparer le  terrain pour que Jésus puisse rencontrer nos contemporains. Comme Jean Baptiste, nous sommes appelés à désigner l’Agneau de Dieu, le reconnaître au milieu de nous, nous effacer devant lui et nous redire chaque jour : Convertissons-nous car le Royaume de Dieu est tout proche.

« Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue… » Cela vaut pour les prêtres, pour les couples et pour tous ceux qui sont en poste de responsabilité. Nous devons résister contre la tentation de nous servir d’un ministère, d’une responsabilité… La tentation de se servir et d’être rétribué par le regard des autres et la reconnaissance sociale…

 Dans notre prière, nous contemplons Jésus comme le Bien-Aimé, comme l’époux de mon âme, l’époux de l’Église. Nous demandons à l’Esprit Saint de nous aider à voir dans quel domaine précis et concret je dois vivre cette diminution de Jean Baptiste pour que l’autre soit élevé. Chacun peut se réapproprier la joie d’être proche, ami et collaborateur de Jésus.

Férie de Noël après l’Épiphanie – Vendredi 9 janvier 2026

Jésus et le lépreux
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5, 12-16 Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. » De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.© AELF
 
 
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Méditation

Cet Évangile nous voyons que Jésus se laisse bousculer par une situation imprévue. Il reste ouvert et disponible. Il est présent à celui qui vient à lui. C’est une invitation pour moi à le déranger en tout temps et en tout lieu ; il écoute la prière de l’homme. Nous pouvons toujours avoir confiance en lui.

Jésus étend la main et touche le lépreux. Il ne nous aime pas de loin. Il n’est pas rebuté par l’aspect dégoûtant du lépreux. Mon péché ce qui peut m’écœurer quand je pense à certaines choses, ça ne rebute pas Jésus. Il conjugue une parole et un geste comme dans les sacrements de l’Église : « Je le veux, sois purifié.

Nous pouvons nous répéter cette parole qui est la volonté de Jésus. Il veut purifier mon cœur et guérir mon âme. Cet Évangile nous montre également la discrétion de Jésus. Il demande à ce lépreux guéri de ne rien dire. C’est l’humilité de Dieu. « Va te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ». Jésus ne s’oppose pas à la loi de Dieu, il l’accomplit. Il attire les hommes à lui pour deux choses : Les hommes veulent l’entendre en raison de la qualité de son enseignement et de a parole. Puis ils veulent se faire guérir de leurs maladies.

Enfin, Jésus se retire à l’écart, dans les endroits déserts et il prie. Nous pouvons le contempler, nous émerveiller de ce qui est dit de lui dans ce passage et surtout nous émerveiller.

Cet Évangile nous parle aussi de l’homme abîmé, couvert de lèpre. Ses relations fondamentales sont perturbées ; relation à lui-même : on ne peut qu’éprouver du dégoût par rapport à son corps qui se dégrade ; relations par rapport aux autres : on est exclu ; de plus, dans la mentalité de l’époque, s’il arrive un mal, c’est que Dieu l’a permis ou voulu pour me punir d’une faute cachée. Dans ce récit, nous voyons l’homme qui adore ; il tombe la face contre terre ; il supplie Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier » ; il se laisse toucher et guérir.

Dans ma prière, je peux identifier ce qui peut être ma ou mes lèpres aujourd’hui ; ça peut toucher mon corps mais aussi mon cœur et mon âme. Comme le lépreux, je supplie Jésus ; je me laisse toucher par lui, particulièrement par les sacrements de l’Église, Pardon et Eucharistie. Nous recevons cet Évangile comme une invitation à aimer les lépreux de notre temps, ceux qui peuvent nous dégoûter, les pécheurs, les prisonniers. « Aimez-vous les autres comme (autant que) je vous ai aimés. »

   

Férie de Noël après l’Épiphanie – Jeudi 8 janvier 2026

« Dans la puissance de l’Esprit Saint »
Évangile selon saint Luc (4, 14-22a)
Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.» Tous lui rendaient témoignage; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. © AELF
 
 
Méditation
Nous sommes après le baptême de Jésus, au début de son ministère. Il y a eu la manifestation de l’Esprit Saint.
 
Jésus vit et agit dans la puissance de l’Esprit Saint. Nous, disciples du Christ, nous avons été plongés dans le baptême et incorporés à son Corps, l’Église ; nous avons reçu le sacrement de confirmation : nous sommes appelés à une vie guidée par l’Esprit de Dieu
 
Jésus enseigne :  dans la synagogue et tout le monde fait son éloge. C’est dire l’importance de l’enseignement dans  sa vie. Cet enseignement que nous recevons n’en finit pas de nous émerveiller, même si nous sommes âgés. Nous sommes toujours émerveillés par la richesse de la parole de Jésus. Nous sommes invités à accueillir cet enseignement et à le transmettre par nos paroles, nos témoignages et notre manière de vivre.
 
La clé de la lecture : Isaïe chapitre 1 ; Jésus se présente comme celui qui accomplit les Écritures ; il est donc le Messie attendu, celui qui peut dire : « L’Esprit du Seigneur est sur moi ». C’est ce qui caractérise le Messie, le « oint de Dieu ». Pour nous, c’est important : la Parole de Dieu va être ce qui  donne l’éclairage pour comprendre notre vocation, notre mission, notre vie.
 
Le contenu de la mission : la Bonne Nouvelle aux pauvres, la libération des captifs, la liberté aux opprimés, une année de grâce et de bienfaits… C’est l’action guérissante et libératrice de Jésus, tout particulièrement pour les pauvres, tous ceux qui ne peuvent pas s’auto-suffire. Nous avons tous à vivre dans l’accueil de cette bonne nouvelle : nous sommes le captif libéré, l’aveugle qui recouvre la vue, l’opprimé qui retrouve la liberté. Nous sommes tous appelés à entrer dans une année de grâce et de bienfaits. En en même temps, avec Jésus, en Jésus, dans l’Esprit de Jésus, je dois être avec l’Église celui qui libère, qui redonne la vue, qui apporte la fin de l’oppression, l’année de grâce et de bienfaits.
 
« Aujourd’hui… » C’est le moment attendu depuis des siècles. Jésus n’est pas un personnage du passé dont je fais mémoire. Il est toujours présent aujourd’hui. En ce 8 janvier, nous pouvons nous redire : « Aujourd’hui, s’accomplit cette Parole de Dieu que je viens d’entendre. »
 
 
 

Férie de Noël après l’Épiphanie – Mercredi 7 janvier 2026

 Jésus marche sur les eaux 

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,45-52.
Aussitôt après avoir nourri les cinq mille hommes, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule.
Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.
Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples pensèrent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris.
Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient au comble de la stupeur,
car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation 

Après avoir multiplié les pains, Jésus se retire sur la montagne pour prier son Père. Il n’en est pas moins présent aux siens. Il voit leur « panique » face aux vents contraires. Et il vient les rassurer : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ».

Cet Évangile nous rejoint dans ce que nous vivons. Les vents contraires ne manquent pas. La panique et le découragement peuvent nous saisir. Mais, comme les disciples, nous pouvons toujours appeler le Seigneur. Il vient à nous pour nous redonner force et courage : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ».

Nous recevons cet Évangile comme un appel à nous unir la prière du Christ. Cette prière ouvre nos cœurs ; elle nous permet de voir les besoins réels de ceux qui « rament autour de nous ». Nous pouvons alors leur venir en aide, chacun selon ses possibilités. Que l’Esprit Saint nous en fasse la grâce.

Mardi 6 janvier – Férie de Noël après l’Épiphanie

Comme des brebis sans berger

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,34-44.
En ce temps-là, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive.

Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »
Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. »
Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte.
Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons.
Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation
En Jésus, c’est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. À travers ces paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde de Dieu qui se donnent aux hommes. En ce jour, nous demandons à l’Esprit Saint de rendre nos cœurs pareils à celui du Christ, attentifs et ouverts devant la misère et la faim de nos frères. Nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour passionné qui est en Dieu. Mais si nous voulons être crédibles aux yeux du monde, il faut que cela se voie dans notre vie, il nous faut mettre nos actes en accord avec l’Évangile.

Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C’est vrai que nourrir toute une foule dans un  endroit désert, c’est extraordinaire. Mais ce n’est pas le plus important. Cet Évangile nous invite d’abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd’hui comme autrefois, il prend soin de son peuple ; il nous nourrit gratuitement. En lui et par lui, c’est tout l’amour du Père qui se donne.

Mais aujourd’hui, il nous faut faire un pas de plus : Jésus a été envoyé pour nourrir l’homme affamé de Dieu. Et puis, il y a un point important qu’il nous faut souligner : Les auteurs des évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : “Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna.” Ce  pain qui est annoncé dans l’Évangile  de ce jour, c’est celui de la Vie éternelle ; c’est son Corps livré pour nous et pour la multitude. Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains qui ne cesse de s’accomplir par le ministère des prêtres.

La multiplication des pains nous enseigne que  Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d’aimer.  Elle nous ouvre à l’humanité toute entière. Tous les hommes sont “invités au festin des noces”.  Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : “Heureux les invités au Repas du Seigneur”, il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu’il fait totalement sans rien garder pour lui.

En lisant cet Évangile, nous pensons à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’il n’y avait plus de vin. Elle voit aussi tous nos manques, manques de pain, manques d’amour… Et elle ne cesse d’intercéder auprès de son Fils pour nous et pour notre monde désemparé. Et aujourd’hui encore, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

Lundi de la férie de Noël après l’Épiphanie

Aller vers les « périphéries »

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,12-17.23-25.

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’ À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie. On lui amena tous ceux qui souffraient, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés. Et il les guérit. De grandes foules le suivirent, venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation

L’Évangile de ce jour nous parle d’un monde compliqué qui a mauvaise réputation. C’est le cas des territoires de Zabulon et de Nephtali au Nord de la Galilée. Il faut savoir que c’est un lieu de passage proche des régions païennes. On l’appelle « Galilée des nations » parce qu’elle est influencée et contaminée par le monde païen. Mais le prophète réagit. Il annonce que ces territoires vont bénéficier, eux aussi, du salut que le Seigneur prépare. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les pays des habitants de l’ombre, une lumière a resplendi. »

Or c’est là, dans ce lieu couvert de honte, que Jésus entreprend sa première évangélisation. Tout commence loin de Jérusalem, en plein cœur de ce monde bigarré, un monde païen où l’on ne cesse de s’affronter et de se diviser. Sa priorité va donc vers ceux qui sont le plus loin de Dieu, ces terres maudites, terres de péché et de ténèbres. Il vient habiter à Capharnaüm ; cette ville évoque encore aujourd’hui le plus sombre désordre.

C’est de la part de Jésus un défi lancé au péché et à Satan. Et c’est en même temps un acte de foi extraordinaire en l’homme. Il aurait pu se dire qu’au point où ils en étaient, il ne pouvait pas compter sur eux. Or c’est exactement le contraire qui se passe : il va jusqu’à choisir ses premiers collaborateurs, ses premiers responsables, parmi les habitants de cette région.

La bonne nouvelle de l’Évangile est pour tous. Aucun être, aucune situation n’échappe à la proximité et à l’amour de Dieu. C’est pour nous un appel à changer notre regard sur les personnes et sur le monde. Trop souvent, nous avons un regard méfiant ou désabusé. Si nous voulons être disciples et missionnaires, nous devons nous tourner vers le Christ et nous laisser guider par lui. Il nous apprendra à accueillir chacun tel qu’il est, à lui faire confiance et à lui donner toutes ses chances. Nous sommes appelés à être « l’amour du Christ ».

Quand le pape François invitait l’Église à aller vers les « périphéries », il ne fait qu’actualiser ce qu’a fait Jésus. Le suivre c’est aller avec lui à la rencontre de toute l’humanité, c’est se rendre proche de chacun et surtout de celui qui vit à la marge. La tentation est grande de se dire : « À quoi bon ? Cela ne sert à rien. » Ce serait oublier que la mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Seigneur. C’est lui qui nous envoie son Esprit saint. Il agit dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Sans lui, rien n’est possible. Jésus le Galiléen est toujours là, vivant et agissant au cœur de son Église. Il est la Lumière pour éclairer toutes les nations. Nous pouvons toujours compter sur lui. Rien ne peut nous séparer de son amour.

En ce jour, nous entendons l’appel du Christ. Il continue à vouloir sauver ceux qui vont à leur perte. Il nous envoie vers ceux qui ne rentrent pas dans nos églises, ceux qui n’appartiennent pas à nos familles spirituelles, ceux qui, apparemment, vivent dans les ténèbres. Son regard sur la Galilée des nations est toujours d’actualité. Il compte sur nous pour avoir le même regard que lui sur le monde d’aujourd’hui. La qualité de notre regard reflète celle de notre foi. Nous n’avons pas à douter de l’attachement de Jésus à chaque être humain. C’est avec lui que nous deviendrons pêcheurs d’hommes.