Mardi de la 12ème semaine du temps ordinaire 2026

 
La porte étroite
  
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7, 6.12-14.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer.
Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »
Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
« Entrez par la porte étroite. » Passer par la porte étroite c’est se libérer des privilèges, des honneurs et des prétentions qui encombrent notre vie. Toutes ces richesses que nous aurons accumulées ne nous seront d’aucune utilité lors de notre passage vers « l’autre rive ».
 
Nous ne pourrons l’accueillir que si nous faisons le vide en nous. Dans certaines églises anciennes, il y a des portes très basses. C’est une manière de dire que pour aller à Jésus, il nous faut nous faire tout petit. Si nous sommes imbus de nos certitudes et de nos préjugés, cela ne sera pas possible. Nous serons incapables d’accueillir la nouveauté de l’évangile. Entrer par la porte étroite, c’est accepter les purifications nécessaires, c’est chaque jour, nous laisser transformer par l’amour de Dieu. Lui-même frappe à notre porte et il attend que nous lui ouvrions et que nous lui donnions toute sa place dans notre vie. Sa présence va déranger nos habitudes mais n’oublions pas que ses paroles sont celles « de la vie éternelle. »
 
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ! » Dans certains grands immeubles, on trouve deux portes dont l’une est réservée au service. Celle-ci est étroite et elle donne sur un escalier plutôt raide. Cette image vient nous rappeler l’orientation que nous avons à donner à notre vie. Passer par la porte étroite c’est s’engager dans l’escalier de service, c’est se donner aux autres, c’est accueillir et partager. Chaque jour, l’actualité nous montre des gens qui s’engagent au service de ceux qui ont tout perdu dans les catastrophes. Ils donnent de leurs temps, de leurs forces et de leur argent pour les aider à sortir de cette situation désastreuse. Tout ce que nous pouvons faire pour aider l’autre à se relever et à retrouver sa dignité prend valeur d’éternité.
 
Cette porte étroite c’est celle que le Christ a franchie. En mourant sur une croix et en ressuscitant, il nous a ouvert un passage vers la Vie Éternelle. Un jour, il a dit : « Je suis la porte des brebis. Celui qui entrera par moi sera sauvé. » Notre entrée dans le Royaume dépend donc de la place que nous donnons au Christ dans notre vie. Le Salut est offert à tous, mais rien n’est possible sans notre accueil. Ce salut est une qualité de vie dans l’amour, une relation dont on jouit ou non. Vouloir faire semblant ne sert à rien. L’amour est vrai ou il n’est pas.

Lundi de la 12ème semaine du temps ordinaire 2026

La paille dans  l’œil de mon frère
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (7, 1-5)
Comme  les  disciples  s’étaient  rassemblés  autour  de Jésus, sur la montagne, il leur disait: «Ne jugez pas, pour ne pas être jugés; le jugement que vous portez contre les autres, sera porté aussi contre vous; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.
 
«Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors  que  la  poutre  qui  est  dans  ton  œil,  tu  ne  la remarques  pas?  Comment  vas-tu  dire  à  ton  frère: “Laisse-moi retirer la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi? Esprit faux! Enlève d’abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère.»
©AELF
 
 
Commentaire
« Ne jugez pas pour ne pas être jugés… » L’unique et vrai jugement c’est celui de Dieu avec sa miséricorde. Prétendre juger celui qui a mal agi, c’est prendre la place du Seigneur en doutant de sa parole. Jésus précise que c’est de la manière dont nous jugeons que nous-mêmes, nous serons jugés.
 
Au jour du jugement, nous voulons tous que le Seigneur oublie les choses laides que nous avons faites  dans notre vie. C’est juste car nous sommes des fils ; et un fils sait qu’il peut compter sur la miséricorde de son père. Mais si nous jugeons constamment les autres, nous serons jugés avec la même mesure. Nous devons donc prendre le temps de nous regarder dans le miroir pour voir comment nous sommes.
 
Nous avons toujours tendance à voir la paille qui est  dans l’œil de notre frère. Mais la poutre qui est dans le nôtre, nous ne la remarquons pas. Juger les autres c’est de l’hypocrisie, c’est vouloir se mettre à la place de Dieu. Nous sommes trop mal placés pour le faire. Le jugement revient à Dieu seul. À notre jugement, il manque la miséricorde.
 
Seigneur, guéris-moi de ma mauvaise vue qui m’empêche d’aimer comme tu aimes.

Le poulet de Philippe Néri

Une dame, tout ce que secrétait de mieux la société romaine, ayant entendu parler des dons exceptionnels de confesseur de Saint Philippe Néri, se précipita un jour à confesse auprès de lui. Parmi les diverses peccadilles, elle avoua un travers dans lequel, reconnaissait-elle, elle tombait trop fréquemment, celui de dénigrer trop facilement les autres et de ne pas retenir sa langue des jugements téméraires.

L’excellent homme de Dieu, après un rapide « fervorino spirituel » et avant de l’absoudre, lui prescrivit une pénitence pour le moins inattendue : acheter un poulet, le plumer et aller disperser les plumes dans les rues de Rome.

Quelques jours plus tard, cette même dame se retrouvait agenouillée au confessionnal, et, d’une voix humble et hésitante, balbutiait qu’elle n’avait pas renoncé à son péché, ayant manqué peu d’occasions de médisances et de calomnie.

Philippe Néri s’empressa de vérifier qu’elle s’était bien acquittée de la pénitence de sa confession précédente et come il reçut une réponse affirmative, il lui prescrivit sa nouvelle réparation :   » Eh bien, ma chère dame, cette fois-ci, comme pénitence, vous allez revenir dans les rues de Rome où vous avez jeté les plumes du poulet et les récupérer une à une. »

Le saint homme de Dieu lui fit ainsi comprendre qu’il était impossible de rattraper les mots hasardeux qu’elle répandait autour d’elle.
Cette anecdote perd-elle tellement d’actualité pour notre temps ? Il serait bon de relire le chapitre 3 de Saint Jacques sur l’intempérance du langage… et sur le venin mortel que distille parfois ce membre minuscule qui est dans notre bouche.

Sans doute, vaudrait-il mieux que je dissuade mes frères prêtres de donner de pareilles pénitences si nous voulons maintenir la fluidité de la circulation dans nos rues.
B. G.

12ème dimanche du temps ordinaire 2026 (A)

Ne craignez pas

1ère lecture Jr 20,10-13: Le prophète Jérémie subit sans cesse la persécution, mais sa confiance en Dieu lui permet de tenir…

Psaume Ps 68,8.10.14.30-31.33-34: Vie et joie à vous qui cherchez Dieu.

2ème lecture Rm 5,12-15: Là où l’homme a fait entrer le péché, Jésus fait entrer la vie…

Acclamation : Alléluia. Alléluia . L’Esprit de vérité témoigne dans vos cœurs; témoignez, vous aussi, du Christ devant les hommes. Alléluia !

Évangile Mt 10,26-33: Qui se prononce pour le Seigneur n’a pas à craindre pour sa vie….

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Porter la Parole du Seigneur a toujours été une grande et belle mission. Mais nous savons tous qu’elle comporte son lot de difficultés et de souffrances. La liturgie de ce jour nous a fait entendre les lamentations du prophète Jérémie : « J’entends les calomnies de la foule… Dénoncez-le ! » Il lui en coûte de proclamer la parole que Dieu a mise dans sa bouche. Sa foi est une mise à l’épreuve. Mais il se tourne vers le Seigneur pour qu’il prenne sa défense. Dieu lui a promis d’être avec lui pour le délivrer de ses persécuteurs.

Jusque dans l’adversité Dieu reste proche de nous. En signe de reconnaissance, le prophète termine sa prière par une louange. « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. » C’est aussi cette reconnaissance que nous faisons monter vers le Seigneur. Comme le dit l’apôtre Paul, rien ne peut nous séparer de son amour. »

Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’humanité plongée dans le péché : « …par un seul homme, le péché est entré dans le monde… » Cette présence du mal, nous la constatons tous les jours. Mais ce régime du péché ne peut pas avoir le dernier mot. Par sa mort et sa résurrection, le Christ a inauguré le régime universel du salut. Un autre jour, l’apôtre Paul écrira : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » On a beaucoup parlé du « péché originel » mais peut-être pas assez de la « grâce originelle » obtenue par le Christ.

Alors oui, nous ne devons pas craindre ; c’est ce que Jésus nous rappelle en ce dimanche. À la suite du prophète Jérémie, de l’apôtre Paul et de bien d’autres, nous sommes envoyés pour porter la Parole de Dieu. Notre mission est de révéler Celui qui a « les Paroles de la Vie éternelle ». Cette mission ne va pas sans de nombreuses difficultés. Les chrétiens sont chaque jour affrontés à l’incroyance, l’indifférence, la dérision… On les accuse de propager une « idéologie obscurantiste ». Mais le Seigneur nous rassure : « Ne craignez pas… Je suis avec vous. »

Quand saint Matthieu écrit son Évangile, les chrétiens sont persécutés, pourchassés et mis à mort. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Mais il nous faut réentendre cette parole du Seigneur : « Ne craignez pas… N’ayez pas peur… Je suis avec vous ». Les hommes les plus mal intentionnés peuvent tuer le corps mais ils ne peuvent tuer l’âme. Ils ne peuvent rien contre notre dynamisme, notre confiance. Ils ne peuvent pas nous faire douter de l’amour de Dieu. Ce n’est pas le moment de chanceler car le mal n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur le péché et la mort.

Nous chrétiens, sommes donc tous appelés à accueillir le Christ et à le mettre au centre de notre vie. Cet amour qu’il met en nous, il nous faut l’annoncer, le rayonner autour de nous. De nombreux chrétiens s’organisent pour relayer son message à la télévision, la radio, la Presse, Internet et par tous les moyens qui sont à leur disposition. Le Christ compte sur l’engagement de tous ses disciples pour que son Évangile soit proclamé à toutes les nations. Personne ne peut le faire à leur place.

L’Évangile de ce jour se termine par un avertissement très ferme : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Nous ne devons pas craindre de nous compromettre sans réticence pour le Christ. Dans un milieu hostile ou indifférent, il n’est pas facile d’affirmer sa foi. Et pourtant, même des enfants nous donnent l’exemple. Beaucoup préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi au Christ. C’est important pour nous : nous pouvons toujours compter sur lui, même quand tout va mal.

La bonne nouvelle de ce dimanche c’est que Dieu ne nous abandonne pas ; bien au contraire, il prend soin de chacun de nous. Il est à nos côtés dans notre combat contre les forces du mal. Son amour nous est acquit une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer. Au-delà de la croix, se trouve la certitude de la résurrection, celle que nous célébrons chaque dimanche.

Comme Jérémie, comme Jésus et comme Paul, nous sommes envoyés. Nous arrivons à la veille des vacances. C’est aussi le moment favorable pour être de simples et authentiques témoins. Que l’Esprit Saint soit toujours avec nous pour nous aider à rendre compte de l’espérance qui nous anime. Et que Marie, notre maman du ciel, nous accompagne sur ce chemin.

Prière universelle

Pour l’Église, ses pasteurs et ses fidèles : que l’annonce de l’attention de Dieu à nos vies apporte à tous réconfort et consolation. Père nous t’en prions.

Pour tous les peuples de la terre : que l’engagement et le témoignage des chrétiens soient source de paix et de réconciliation. Père, nous t’en prions. R/

Pour les responsables de la vie civile ou économique : que le message de l’Évangile inspire leurs choix et leurs décisions pour le bien de tous. Père, nous te prions. R/

Pour notre communauté : que ce rassemblement dominical autour de son Seigneur nourrisse sa foi, fortifie son espérance et la fasse grandir dans la charité. Père, nous te prions. R/

Samedi de la 11ème semaine du temps ordinaire 2026

La vraie priorité

 

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,24-34. En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris  

Méditation :  Cet Évangile nous adresse un appel à la confiance : « Ne vous faites pas tant de soucis pour votre vie, ni pour le corps au sujet du vêtement… Ne vous faites pas tant de soucis pour demain… » Comment recevoir cet Évangile. Jésus ne dit pas qu’il ne faut pas s’occuper de la nourriture ni du vêtement. Il ne dit pas non plus que l’argent est mauvais. Il veut simplement nous inviter à ramener les choses à leur juste niveau : la nourriture, le vêtement et l’argent ne doivent pas être le but premier de notre vie. Ce qu’il nous faut chercher en priorité c’est le Royaume de Dieu et sa justice. Nous sommes créés pour Dieu et pour nos frères. Nous ne pouvons pas laisser l’argent devenir le seul but de notre vie et de nos actions.    

En ce siècle de la vitesse, nous entendons dire que « le temps c’est de l’argent ». Le résultat, c’est que dans les bureaux, les usines, les commerces, des hommes et des femmes sont soumis à un rythme infernal. Il faut toujours courir pour sauvegarder l’économie moderne. C’est une cause de nos infarctus, surmenages et dépressions. Pensons à cet homme d’affaires qui a son agenda plein de rendez-vous. Seuls manquent les rendez-vous avec son épouse, ses enfants, avec lui-même et encore plus avec Dieu.

Autre méfait provoqué par le pouvoir de l’argent : Tous les jours, les médias nous parlent d’attaques à main armée, de vols, de délits et malversations en tous genres. Des hommes, des femmes et même des enfants sont réduits en esclavage pour permettre à des riches de s’enrichir toujours plus. Quand il nous gagne, l’argent devient un tyran. Il peut nous entraîner aux pires bassesses. C’est comme une drogue dont on est toujours en manque et qui nous détruit. N’oublions pas que si Judas a trahi Jésus, c’est pour « trente pièces d’argent » (le prix d’un esclave !)

Jésus vient à nous pour nous libérer de toutes ces obsessions qui ne font que nous égarer. Il veut nous rendre disponibles pour l’essentiel, le Royaume de Dieu et sa justice. Cette justice, ce n’est pas seulement l’équité mais aussi la sainteté. Ce qui est premier, ce n’est pas la belle situation. Le seul vrai trésor c’est Jésus ; il ne demande qu’à remplir notre vie de son amour.

Vendredi de la 11ème semaine du temps ordinaire (Saint Romuald)

Notre seul vrai trésor

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,19-23. En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation Jésus nous rejoint dans la situation qui est la nôtre pour nous guider vers une vraie conversion : il nous voit attachés à l’argent et aux biens de ce monde. Beaucoup sont capables du pire pour en avoir toujours plus. Mais en y réfléchissant, nous voyons bien que ces trésors ne pourront jamais nous combler.

Le seul trésor qui a une vraie valeur, c’est l’amour que nous mettons dans notre vie. C’est à cet amour que nous serons jugés. À la fin des temps, le Christ dira : « j’avais faim et vous m’avez donné à manger… J’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Un commentateur a écrit : « Tout ce que le cœur accomplit devient un trésor à emporter ». Nous accueillons cet Évangile comme un appel à puiser à la Source de Celui qui est l’amour.

Jeudi de la 11ème semaine du temps ordinaire 2026

Notre Père… 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

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Commentaire :
Il n’y a pas besoin de tant de paroles pour prier. Le Seigneur sait ce que nous voulons lui dire. Il n’est pas nécessaire de faire du bruit pour se faire entendre de Dieu. Ce qu’il nous faut éviter, c’est la « mondanité » qui nous fait claironner pour être vus des autres.
Jésus nous apprend à appeler Dieu « Notre Père ». Sans entendre et sans prononcer ce nom, on ne peut pas prier. Ces mots prononcés avec les lèvres doivent être aussi ceux du cœur. Et si nous disons « Notre Père », cela veut dire que nous ne sommes pas des fils uniques. Aucun ne l’est ; nous le sommes avec tous nos frères. Dieu est notre Père à tous.

Cela signifie aussi que si je ne suis pas en paix avec mes frères, je ne peux pas l’appeler Père. C’est vrai que c’est difficile. Mais on ne peut pas prier en conservant de la rancœur pour nos ennemis. 

Mercredi de la 11ème semaine du temps ordinaire 2026

Vivre comme des justes
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
“Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer”. Ce mot “Juste” n’a pas le même sens que dans notre langage actuel. Il ne s’agit pas de l’équité, de la justice sociale pour laquelle on va parfois manifester. Aujourd’hui, Jésus nous parle plutôt de la droiture et de la rectitude. L’important c’est de marcher  droit sous  le  regard  du Seigneur  et de  se  comporter comme un fils envers son Père.
 
Dans cet évangile, nous voyons Jésus aborder trois pratiques de la religion juive : l’aumône, la prière et le jeûne. Pour les croyants, c’était une manière de montrer leur fidélité au Seigneur. Faire l’aumône, c’est ouvrir son cœur à la pitié, c’est nous rendre miséricordieux. À travers cela, on cherche à ressembler au Seigneur qui veut le bonheur de tous ses enfants.
 
Par la prière, nous laissons Dieu nous ajuster à son projet ; nous disons : “Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel…” Et nous attendons de lui qu’il nous enseigne les vrais chemins du Royaume.
 
Par le jeûne, nous cessons de poursuivre ce que nous croyons nécessaire à notre bonheur et qui risque de nous accaparer. Le problème dans ces pratiques, c’est la vanité de celui qui fait sonner les trompettes de la renommée. Il s’arrange pour que tous se rendent bien compte qu’il est un homme de prière et de bonnes œuvres. Il cherche à être admiré. Ses exercices de piété ne sont pas pour la gloire de Dieu mais pour sa gloriole personnelle.
 
Nous avons tous à lutter contre cette tentation de nous valoriser aux yeux des autres, dans le domaine profane comme dans le domaine religieux. Pour nous prémunir contre ces dangers, Jésus recommande le secret. Cela ne signifie pas que la pratique religieuse doit être reléguée dans le domaine du privé. Ce qui nous est demandé, c’est de vivre sous le regard du Père et de tout faire pour sa plus grande gloire.
 
Nous reconnaissons que tout n’est pas toujours très clair dans notre vie. La Parole de Dieu nous lance un appel à nous convertir. C’est un véritable demi-tour que nous avons à faire. Il s’agit de retourner nos pas vers notre Dieu. C’est maintenant le moment favorable. C’est maintenant le jour du Salut. Le Christ est là et il nous attend pour que nous prenions la route avec lui. Prions-le pour qu’il nous donne d’avancer à sa suite dans la paix.

Mardi de la 11ème semaine du temps ordinaire 2026

« Illumine-les tous » 
 
 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,43-48.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
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Méditation
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » Arrêtez de les critiquer et de les enfoncer sur les réseaux « pas très sociaux ». Comment-est-ce possible ? Face   aux   nombreux   drames   qui   frappent l’humanité,   il   est   difficile   de   faire   ce   choix. Comment aimer ceux qui sont responsables de la mort de si nombreuses personnes dans le monde ?
 
Oui, c’est vrai, nous ne savons pas. Mais Jésus nous invite à nous tourner vers Dieu qui est notre Père à tous. Il fait naître son soleil sur les méchants et les bons. Il fait pleuvoir sur les justes et les injustes. Il ne dit pas : « Illumine ceux-ci et pas ceux-là… » Il dit : « Illumine-les tous. » Son amour est pour tous, les bons et les méchants.
 
Jésus termine par cette recommandation : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Il s’agit d’imiter le Père dans la perfection de l’amour, un amour qui va jusqu’au pardon. On dit parfois que la vengeance est un plat qui se mange froid. Mais ce n’est pas chrétien. Ce que Jésus nous demande c’est d’aimer nos ennemis. Aimez chaque jour « aujourd’hui plus que hier » Et surtout, priez inlassablement pour eux. La prière fait des miracles.

Lundi de la 11ème semaine du temps ordinaire (15 juin 2026)

 » Œil pour œil, dent pour dent. »
 

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,38-42. En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris 

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Méditation : « Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, dent pour dent. » À l’époque cette loi visait à freiner la vengeance disproportionnée. La victime ou sa famille devaient se contenter d’un minimum de vengeance. On sait ce que la rancune a pu donner dans certains pays où sévit la guerre civile. Elle est implacable et féroce. 

La volonté de Jésus c’est de casser cette spirale de la violence. Il nous adresse des paroles fortes qu’il nous faut accueillir telles qu’elles sont. Mais en même temps, nous devons faire très attention à la manière dont nous les interprétons. Il n’est pas question de laisser courir les racketteurs et les voleurs. Quand des enfants sont victimes de violences, il faut leur demander de le dire. Notre responsabilité c’est de les protéger.
 
Aujourd’hui, Jésus voudrait nous inviter à faire un pas de plus : « N’ajoutez pas de la haine à la haine ; arrêtez cette montée de la vengeance qui ne fait qu’attiser la haine ». Nous en avons un exemple très fort dans la vie d’Edmond Michelet. Quand il a été dénoncé et envoyé en camp de concentration, il a écrit à sa famille : « Il nous faut pardonner ; c’est la seule attitude qui convienne à des chrétiens. » Lui-même a fini par rencontrer le jeune qui l’avait dénoncé et il lui a pardonné. Ce témoignage rejoint celui du Christ sur la croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
 
C’est auprès de Jésus et en lui que nous trouvons la force de pardonner comme lui et avec lui. Ce que le Christ attend de nous c’est précisément que nous aimions comme lui-même nous a aimés. Quand nous lisons les évangiles, nous le voyons accueillir tous ceux et celles qui viennent à lui ; il n’a pas hésité à s’approcher des lépreux alors que c’était formellement interdit par la loi de Moïse ; il est allé chez les pécheurs ; il a pardonné à ces bourreaux. Son amour était si grand qu’il a livré son corps et versé son sang pour le salut du monde. 
 
Dans l’évangile de ce jour, il nous adresse des paroles fortes : « On vous a dit… Moi je vous dis. » C’est une manière de montrer à tous qu’il parle avec l’autorité de Dieu. Et il ne se contente pas de parler. Il nous montre l’exemple ; il est celui qui aime ses ennemis et prie pour eux. L’amour vrai ne calcule pas ; il donne jusqu’au bout et sans mesure. Il n’est plus question d’en rester au permis ou au défendu. L’important c’est d’aimer toujours et partout, comme le Christ et avec lui.
 
Cette vie, Seigneur, tu viens de la développer en nous par l’eucharistie. Nous te rendons grâce pour cette merveille. Oui, Seigneur, viens vivre en nous. « Alors, avec toi, par toi et en toi, notre vie sera amour pour le Père et pour tous nous frères. » Amen