23ème dimanche du Temps ordinaire 2026

La correction fraternelle

Textes bibliques : Lire
Les lectures bibliques de ce dimanche nous rejoignent en période de rentrée. Beaucoup d’activités communes, scolaires ou autres, reprennent leur cours. À cette occasion, il nous est utile de réfléchir à nos responsabilités. Qu’est-ce qui doit nous guider dans nos relations avec les autres ? Cette question se pose depuis toujours et elle occupe une place importante dans la liturgie de ce jour. 

C’est ce qui se passe avec le prophète Ézéchiel au temps lointain de l’exil à Babylone. Nous le voyons se sentir responsable de sa communauté. Il s’entend appelé par le Seigneur et reçoit la mission de « guetteur » pour la maison d’Israël. Dieu ne lui demande pas de surveiller ses proches mais d’être un gardien qui veille sur eux ; il doit tout faire pour les empêcher de prendre le mauvais chemin. Le psaume qui suit nous montre la route à suivre : « Écoutez la voix du Seigneur ; ne fermez pas votre cœur.

Quelques siècles plus tard, saint Paul viendra apporter un éclairage nouveau. S’adressant aux chrétiens de Rome, il leur rappelle les éléments essentiels de la loi : pas d’adultère, pas de meurtre, pas de vol, as de convoitise… Mais il invite à aller plus loin : » Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même… Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. »

L’Évangile vient préciser un aspect important de cette loi de l’amour, notamment en ce qui concerne les relations dans la communauté des disciples. Pour comprendre ce message, nous devons nous rappeler que nous sommes tous membres de la famille de Dieu et qu’il ne veut pas qu’un seul se perde. Il veut ramener à lui tous ses enfants dispersés. Il nous invite à partager son souci en nous aidant mutuellement à vivre en enfants de Dieu. Notre mission n’est pas d’épier le péché de notre frère mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.

Nous ne devons jamais oublier que celui qui a péché est d’abord notre frère. Avant d’être un coupable, il est un frère qu’il faut aimer, un malade qu’il faut soigner et guérir. Il ne s’agit plus d’accuser ou de dénoncer mais d’avoir un regard fraternel qui accueille et redonne confiance. C’est cette attitude qu’a eu Jésus envers la Samaritaine. Il a eu une qualité d’écoute et un regard qui ont provoqué en elle ce retournement et cette conversion.

Si cette rencontre individuelle n’aboutit pas, Jésus nous invite à faire comme le médecin qui fait appel à un confrère : “Prends avec toi deux ou trois personnes…” A deux ou trois, on y voit plus clair. On arrivera à mieux le persuader. Puis en cas de refus, on va le dire à la communauté de l’Église. Elle va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener à Dieu.

“S’il n’écoute pas l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.” Non, ce n’est pas la condamnation finale qui exclut le pécheur. C’est lui qui s’est mis en dehors. Tout doit être entrepris par l’ensemble de la communauté pour ramener celui ou celle qui s’est égaré en prenant une mauvaise orientation. Nous connaissons tous la parabole de la brebis perdue. Son maître fait tout pour la retrouver. On peut dire qu’actuellement, c’est tout le troupeau qui est perdu. Nous sommes tous concernés. Personne n’a le droit de dire que ce n’est pas son problème. Nous sommes tous responsables les uns des autres : un jour, Dieu nous posera la question : “qu’as-tu fait de ton frère ?”

Cet Évangile se termine par un appel à nous unir dans la prière. Quand nous sommes réunis en son nom, Jésus est là. Il est présent aujourd’hui dans l’Eucharistie qui nous rassemble. Il nous rejoint pour mettre son amour en nos cœurs. C’est avec lui que nous pourrons refaire la communion qui est cassée. Et surtout, n’oublions jamais que pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors “aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur. Amen

Prière universelle
Introduction
« Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. » Avec confiance, d’un même cœur, présentons au Seigneur nos prières pour l’Église et pour le monde

Intentions
Pour ton Église. Tu lui as confié le ministère de réconciliation et du pardon. Qu’elle témoigne toujours de ta tendresse, de ta compassion, et de ta miséricorde, nous te prions Seigneur.

Pour tous les peuples confrontés à la guerre. Pour tous ceux qui travaillent à renouer le dialogue entre les adversaires, et pour ceux qui exercent des médiations au service d’une paix durable, nous te prions Seigneur.

Pour les victimes d’abus et pour ceux qui les ont perpétrés. Que chacun puisse, dans la vérité, retrouver la paix touché par ta miséricorde. Nous te prions, Seigneur,

Pour nos communautés. Dans leur désir de fraternité, que le respect mutuel, la tolérance et le dialogue soient le ferment de toute relation. Nous te prions Seigneur.

Conclusion
Dieu qui exauces toujours la prière de ses enfants, que ton Esprit nous conduise vers la plénitude de ton amour aujourd’hui et jusqu’en ton Royaume pour les siècles des siècles. Prière sur Que ce pain et ce vin les offrandes que nous offrons aujourd’hui

Samedi de la 22ème semaine du temps ordinaire 2026

SCANDALE DANS UN CHAMP DE BLÉ
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6. 1-5)

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. » (AELF)

 

Méditation
Cet évangile nous rapporte un conflit de Jésus avec les pharisiens le jour du Sabbat. Le Sabbat, c’est le 7ème jour de la semaine. Pour un juif fidèle, c’est le jour de la prière, le jour du repos, le jour de la famille et des amis. Les chefs religieux tenaient à tout prix à préserver la qualité exceptionnelle de ce jour unique dans la semaine. Alors, ils l’ont entouré d’une quantité impressionnante de défenses.
 
Ce jour-là, les pharisiens reprochent à Jésus d’avoir grappillé des épis ; comme si ce geste banal était déjà un geste de moisson (ce qui est interdit par la loi). Mais pour Jésus, Dieu n’est pas ce Dieu tatillon. Le Dieu de Jésus est un Dieu plein d’amour pour l’homme. Bien sûr, il ne faut pas interpréter l’Évangile dans l’autre sens. Jésus n’accepte pas que le jour du Seigneur soit profané. Il n’accepte pas qu’on glisse dans le sens de faire ce qu’on veut, d’en prendre et d’en laisser. Jésus ne supprime pas le sabbat. Il en donne la signification profonde : le sabbat a été fait pour l’homme. C’est un bienfait de Dieu pour le bonheur de l’homme. Les obligations que nous avons ce jour-là ne sont pas une brimade supplémentaire. C’est une sorte de nécessité pour notre épanouissement véritable.
 
S’arrêter de travailler, donner du temps supplémentaire à Dieu, soigner ses relations familiales et amicales, tout cela est bon pour l’homme. Oui, Jésus nous le répète, tous nos devoirs, y compris les interdits, n’ont pas été dictés par un Dieu jaloux de son autorité mais par un Dieu Père qui veut le bonheur de ses enfants. Le Sabbat est fait pour le bien et non pour le mal. Il est fait pour sauver une vie et non pour tuer. Ces deux affirmations sont toujours actuelles. Elles nous renvoient sur la manière dont nous vivons nos dimanches.
 
On a fait du dimanche un Week-end, une fin de semaine. Liturgiquement c’est faux. Le dimanche n’est pas une fin de semaine mais un début. C’est le jour où on fête Jésus ressuscité. C’est le jour où chacun est invité à venir puiser à la source pour repartir à neuf. Quant au dimanche, jour de bienfaits, on peut aussi en parler. Le risque est grand que ce jour soit le plus néfaste de la semaine. Il y a ceux qui cherchent un défoulement encore plus fatigant que le travail. De plus, c’est souvent le jour où l’on cherche à rattraper tel ou tel travail en retard.
 
La Bible nous dit aussi que le jour du Seigneur est un jour de vie et non un jour de mort. C’est vrai, mais si on va faire un tour aux Urgences de nos hôpitaux, on s’aperçoit bien vite que le dimanche c’est le grand jour des accidentés de la route. Tout cela nous ramène à quelques questions essentielles : Quelle est notre conception du dimanche à la suite de Jésus ? Est-ce que c’est un jour sacré pour moi ? Est-ce que je fais de mes dimanches un jour de fête, d’épanouissement, de calme, de prière ?
 
Et puis, le dimanche, il y a la messe. Ceux qui ne peuvent se déplacer à cause des infirmités peuvent s’unir à la prière de l’église grâce à la messe télévisée. Chaque fois, c’est le rappel brûlant du grand don de Jésus : Voici mon Corps livré… Voici mon sang versé… Faites cela en mémoire de moi… manquer la messe, c’est manquer à une des graves obligations que le Seigneur nous a faites pour notre bonheur. La messe aussi est faite pour l’homme.

Vendredi de la 22ème semaine du temps ordinaire 2026

Pratiques anciennes, pratiques nouvelles

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 33-39)
On disait un jour à Jésus: «Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent!» Jésus leur dit: «Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux? Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé: ces jours-là, ils jeûneront.»       Et il dit pour eux une parabole: «Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit: “C’est le vieux qui est bon”.»
©AELF
 
 
Méditation
Certaines gens (des scribes et des pharisiens) reprochent aux disciples de Jésus de ne pas observer certaines règles, en particulier celles qui concernent le jeûne et la prière. Jésus leur répond que les invités à une noce ne peuvent jeûner pendant que l’époux est avec eux. L’époux en question c’est Jésus lui-même. Pendant qu’il vit avec ses disciples, il ne convient pas que ces derniers se mettent à jeûner
 
En venant sur terre, Jésus a inauguré un monde nouveau ; il a fait toutes choses nouvelles. Il a littéralement renouvelé le monde ; il l’a mis en fête éternelle. Il n’a pas fait que mettre du vin neuf dans de vieilles outres ou rapiécer un vieux vêtement avec un tissu neuf. Il a conclu avec le monde une alliance nouvelle et éternelle ; il affirme ainsi l’amour immense et toujours fidèle de Dieu en nous invitant dans sa fête pleinement.
 
Cette terre nouvelle, cette fête totale, nous est acquise particulièrement par la mort et la résurrection du Seigneur. Même si cette transformation n’apparaît pas encore, elle est déjà bien présente par tout le bien qui se produit dans le monde grâce à nos efforts. Ce bien prend sa racine dans l’amour éternel du Père pour nous.
 
Rendons grâce au Seigneur pour être notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer à ce renouvellement sans précédent dans l’Histoire du  Salut. Désormais, ce n’est plus pareil. Avec Jésus, c’est vraiment un nouveau départ.

Jeudi de la 22ème semaine du temps ordinaire 2026

Avancez au large
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
 
Méditation
L’Évangile nous parle de l’appel des premiers disciples. Pressé par la foule, Jésus a besoin d’être aidé. C’est important car il faut que le filet de la Parole atteigne tous les hommes. Cette aide, il va la demander aux pêcheurs qui ont mis leurs barques à sa disposition. Il va d’abord les inviter à avancer au large et de jeter leurs filets pour prendre du poisson.
 
 
Simon qui avait peiné toute la nuit sans rien prendre répond à l’invitation du Maître : « Sur ta parole, je vais jeter les filets. » Simon joue gros sur la Parole de Jésus. Il joue son avenir mais il ne le sait pas encore. Un seul geste exécuté à la demande du Seigneur et le résultat est inespéré. Il doit même demander à ses compagnons de l’autre barque de venir l’aider sinon cette pêche extraordinaire aurait été perdue.
 
 
Aujourd’hui comme autrefois, le Christ nous invite à avancer au large. Comme Pierre, nous n’avons peut-être pas envie de quitter la rive de nos habitudes, le sol ferme de nos certitudes. Comme Pierre, nous avons peiné des mois et des années sans grand résultat. Nous nous sommes engagés dans nos paroisses, nos quartiers, nos lieux de travail et de loisirs. Mais nous constatons que nos églises se vident ; la plupart des jeunes n’y mettent plus les pieds. Nos petits-enfants ne sont pas baptisés. Alors, on se dit qu’il faut s’organiser pour sauver ce qui peut l’être. On ne pense qu’à se protéger d’un monde qui nous ignore, nous ridiculise ou nous persécute.
 
 
Mais ce n’est pas cela que le Seigneur attend de nous : Ce qu’il nous demande, c’est d’avancer au large. Simon refait exactement ce qu’il a fait toute la nuit sans rien prendre. Mais cette fois, tout est changé car Jésus est à bord. Le bateau coule tellement il est chargé. La pêche miraculeuse, ça ne se fait pas tout seul : c’est une mission de toute l’Église. Mais il faut que Jésus soit à bord. Il doit être là pour commander la manœuvre, donner des ordres et se faire obéir. Il ne suffit pas d’avoir des plans bien élaborés ni d’utiliser les techniques les plus modernes. Le plus important c’est de jeter les filets et de la faire avec foi « sur sa parole ». La pêche miraculeuse, c’est lui qui s’en charge. Le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur de ceux et celles à qui nous annonçons la Parole.
 
 
Comme Pierre, nous sommes tous appelés par le Seigneur. Il compte sur nous pour une mission bien précise. Il ne s’adresse pas nécessairement aux meilleurs ni aux plus saints. Il n’appelle pas « que les enfants sages. » Il peut venir nous chercher très loin et très bas. Les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés. Son appel est toujours le même : « Avance au large et jetez vos filets. » Avec ce qui est petit et faible, le Seigneur peut faire des grandes choses. L’important c’est d’être AVEC le Seigneur.
 
 
 

Mercredi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2026)

Elle se leva et elle les servait. 
 
 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.

En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait.
Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.
Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter.
Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation
Cet Évangile nous rapporte la guérison de la belle-mère de Pierre et de nombreux malades. Il menace la fièvre comme si c’était une puissance démoniaque. Il en sera de même à propos des vagues du lac. Jésus est vraiment engagé dans le grand combat qui emprisonne le monde.  En libérant les malades, il nous montre qu’il ne veut pas la maladie et la souffrance qui accablent l’homme. Elles ne sont jamais bonnes en elles-mêmes, même s’il est possible d’en faire un chemin de croissance spirituelle. Il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus.   

Le seul état que Dieu désire pour nous, c’est celui de ressuscité. C’est ce que le Christ nous fait comprendre en guérissant la belle-mère de Pierre. Il la prend par la main et la fait « se lever ». Ressusciter et se lever, c’est le même verbe. Cela veut dire que le Christ nous veut debout et en marche, disponibles pour servir les autres. Et surtout, il nous veut en état de résurrection. En guérissant les malades, Jésus leur ouvre un chemin d’espérance.

Nos Eucharisties sont autant de pas sur ce chemin de libération. Chaque dimanche, nous avons rendez-vous avec le Maître de la Vie. Nous rendons grâce à celui qui prend soin de nous, qui se fait proche de nous pour guérir les cœurs brisés et soigner leurs blessures. Et que la Vierge Marie soit toujours avec nous pour nous aider à faire « tout ce qu’il nous dira ».

 

Mardi de la 22ème semaine du temps ordinaire 2026

« Tu es le Saint de Dieu »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 31-37)
 
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d’autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque, qui se mit à crier d’une voix forte: «Ah! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais fort bien qui tu es: le Saint, le Saint de Dieu!» Jésus l’interpella vivement: «Silence! Sors de cet homme!» Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal.
Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux: «Quelle est cette parole? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent!»
Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.
 
©AELF
 
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Méditation
Dans l’Évangile de ce jour, nous entendons deux paroles qui s’opposent, celle de Jésus et celle du possédé. Ce dernier nous dit qui est Jésus : « Tu es le Saint, le Saint de Dieu… » Jusque-là, il a raison, mais il a une parole qui vient semer le doute : « Es-tu venu pour nous perdre ? »
 
Nous savons que Jésus n’est pas venu pour nous perdre mais pour nous sauver. Il est le Salut de Dieu. Sa Parole est efficace et agissante : elle libère le possédé. Tout l’Évangile nous dit que Jésus vient nous libérer du mal qui empoisonne notre vie. Sa Parole nous annonce la résurrection, la victoire sur la mort et le péché.
 
Il ne suffit pas de savoir qui est Jésus ni de dire qu’il vient nous sauver. Il nous faut surtout croire en lui et nous ouvrir pour de vrai à sa présence.
 
Changez vos cœurs, croyez à la bonne nouvelle.
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime.
 

Lundi de la 22ème semaine du Temps ordinaire 2026

 La bonne nouvelle annoncée à tous

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 16-30)

Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.» Tous lui rendaient témoignage; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient: «N’est-ce pas là le fils de Joseph?» Mais il leur dit: «Sûrement vous allez me citer le dicton: “Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm: fais donc de même ici dans ton pays!”» Puis il ajouta: «Amen, je vous le dis: aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays. En toute vérité, je vous le déclare: Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël; pourtant Élie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël; pourtant aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien.» À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
©AELF

Méditation

L’Évangile nous révèle celui qui se présente à nous comme l’Envoyé de Dieu. Jésus se trouve à la synagogue de Nazareth, le village où il a passé son enfance. Il cite l’annonce qui a été faite par le prophète Isaïe. « L’Esprit du Seigneur est sur moi… Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle… » Après avoir lu ce texte Jésus conclut : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre« .  Cela signifie qu’il se déclare comme le Messie envoyé par Dieu ; nous imaginons la surprise des gens de son village : pour eux, il n’est que le fils du charpentier.
 
Comprenons bien : ce n’est pas l’annonce de l’Évangile aux pauvres qui pose problème. Ce que Jésus voudrait leur faire comprendre c’est qu’il est envoyé par un Dieu qui n’est le bien de personne. Il n’accepte pas de se laisser annexer par des gens de son village. Il se justifie en rappelant les événements racontés par l’Ancien Testament : la veuve de Sarepta et Naaman le Syrien étaient des païens. Ils ont su accueillir la grâce de Dieu mieux que les gens de son peuple. Le vrai Dieu n’est pas celui de quelques-uns mais de tous. Il aime les païens, les incroyants, les pécheurs, les ingrats. Nous ne pouvons pas être en communion avec lui si nous n’entrons pas dans son projet d’amour universel.
 
En méditant cet Évangile, nous découvrons que la parole de Dieu manifeste sa puissance d’une manière inouïe. C’est sur lui, Jésus, que repose l’Esprit du Seigneur. Il est celui qui fait accéder les opprimés à la liberté, celui qui rend la vue aux aveugles. Il ne se contente pas d’interpréter les textes sacrés. Il est la Parole de Dieu en personne.
 
Nous sommes donc invités à prendre position POUR le Seigneur. Ses paroles peuvent nous dérouter. Elles peuvent aller à contre-courant de l’esprit du monde. Mais elles sont les paroles de la Vie éternelle. Nous sommes tous envoyés pour en être les messagers. C’est une aventure passionnante, pleine de risques ; mais nous ne sommes pas seuls : l’Esprit du Seigneur repose sur nous. C’est avec lui que la bonne nouvelle portera du fruit.
 
 
 
 

22ème dimanche du temps ordinaire (A)

S’ajuster à Dieu

Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent les difficultés que les hommes peuvent avoir pour s’ajuster à Dieu. C’est ce qui se passe avec le prophète Jérémie (1ère lecture). Il est envoyé par Dieu pour appeler son peuple à la conversion. Mais il se trouve affronté à des gens qui ne veulent rien entendre. On le considère comme un véritable trouble-fête car il n’arrête pas d’annoncer des catastrophes imminentes. Nous le voyons rejeté de tous et criant son désespoir. Il voudrait échapper à Dieu. Mais celui-ci l’a séduit. Dans son cœur, c’est comme un feu qu’il ne peut contenir. Il ne peut se taire car la vérité de Dieu est plus forte que lui.

C’était il y a très longtemps ; aujourd’hui la situation n’a guère changé. Nous vivons dans un monde désireux de confort, de facilité et d’égoïsme. Beaucoup y souffrent de la violence, de l’intolérance et de l’exclusion. Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur ne cesse de nous envoyer des prophètes pour nous dire et nous redire : « Convertissez-vous, sinon vous courez à la catastrophe. Or ces appels ne sont pas pris au sérieux. Ils sont souvent tournés en dérision. Mais rien ni personne ne peut empêcher la progression de la Parole de Dieu. C’est à cette parole que nous devons nous ajuster chaque jour et non aux idées du monde. Comme Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés « de faire croire mais de dire ».

Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de saint Paul. Après avoir été un persécuteur des chrétiens, il a changé de cap. Il s’est ajusté à Jésus Christ. Et aujourd’hui, il nous invite à faire de même : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu. » C’est en progressant dans l’amour que nous trouvons la vraie joie. Dieu est amour. Il ne sait pas être autre chose. Sa joie est d’aimer et de se donner avec une absolue générosité.

Dans l’Évangile, nous voyons Pierre qui a du mal à s’ajuster à Jésus. Dimanche dernier nous l’avons entendu faire une belle profession de foi. Il proclamait : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Jésus le proclamait « heureux ». Il lui a alors fait comprendre qu’il n’avait pas découvert cette vérité tout seul mais grâce à son Père du ciel. Mais il sait que ses disciples sont loin d’avoir tout compris. C’est pour cette raison qu’il leur impose le silence.

Aujourd’hui, nous comprenons mieux pourquoi. Jésus vient d’annoncer sa Passion, sa mort sur la croix et sa résurrection. Pour Pierre, c’est impensable. Il s’attendait à un Messie qui allait triompher avec puissance sur tous les obstacles. Il voyait en lui celui qui allait libérer son peuple de ses péchés et de l’occupation Romaine. Jésus résiste violemment à cette mentalité comme il le fit lors de la tentation au désert. Comme Pierre, nous risquons nous aussi de nous égarer en nous faisant une fausse idée de Jésus. C’est pour cela qu’il nous faut lire et relire les Evangiles chaque jour.

En ce jour, nous entendons, de la part de Jésus, une mise au point très ferme : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. » Il ne s’agit plus pour les disciples de tracer leur route selon leurs propres désirs mais de marcher derrière Jésus. C’est lui qui nous montre le chemin pour nous conduire vers la vraie vie. Son amour va jusqu’à livrer son corps et verser son sang pour nous et pour la multitude. Le chemin qu’il nous montre n’est pas un chemin de facilité mais de renoncement et de don de soi.

Etre disciple du Christ c’est donc prendre notre croix. A ce sujet, une mise au point s’impose. Devant une personne éprouvée, il arrive qu’on entende dire : « Que voulez-vous, chacun doit porter sa croix ! » Il faut le dire et le redire : la croix ce n’est pas la maladie, ni le malheur, ni le chômage, ni la torture, même si c’est très lourd à porter et même si cela comporte des tourments physiques et moraux. Porter sa croix c’est accepter le risque de la fidélité, le risque d’être incompris, bafoué et mis à mort. C’est accepter de donner la priorité au service des autres. Nous sommes loin des perspectives du monde qui met le « moi » au premier plan, le service des autres au deuxième et le service de Dieu en dernier (quand il est considéré). Celui qui choisit les perspectives de ce monde peut obtenir des avantages matériels immédiats. Mais à quoi ça sert si nous devons y perdre notre véritable vie, celle qui conduit à Dieu ?

Voilà ces textes bibliques qui nous provoquent à nous ajuster à Dieu et à son projet. C’est une conversion de tous les jours qui se sera possible que dans la méditation de l’évangile et dans la prière. Si nous le voulons bien, le Christ sera toujours là pour nous guider sur le chemin de la vie et nous accompagner dans notre lutte contre la tentation. Avec lui, les forces du mal n’auront jamais le dernier mot. Il en a été victorieux et il veut nous associer tous à sa victoire.

En ce jour, nous te prions, Seigneur. Tu viens nous combler de ta vie et de ton amour. Garde-nous de faire obstacle à ta volonté. Affermis notre courage. En te suivant sur le chemin de la Croix, nous pourrons partager ta gloire pour les siècles des siècles. Amen

Prière universelle
Tournons-nous vers Dieu qui nous a donné son Fils pour nous faire goûter la joie de l’Évangile.

Pour les disciples du Christ ; qu’ils se nourrissent de la Parole de Dieu, lumière pour leur route ; qu’ils en fassent leur prière et que, dans les temps d’épreuves, ils y trouvent le réconfort dans l’Esprit Saint, ensemble prions.

Pour les responsables du bien commun : que par leurs choix politiques, économiques et sociétaux, ils encouragent ceux qui souffrent ; que leur sagesse aide leurs concitoyens à grandir en humanité, ensemble prions.

Pour les enfants et les jeunes qui vont reprendre le chemin de l’école ou du travail ; qu’ils trouvent des guides et des témoins qui éclairent leur chemin ; qu’ils gardent confiance dans les moments difficiles et trouvent des frères et sœurs bienveillants, ensemble prions.

Pour les baptisés qui entendent en ce jour l’invitation à porter la croix et à suivre le Christ. Que la communion au corps et au sang du Christ soit leur force et leur joie ; que le bonheur des Béatitudes soutienne leur traversée terrestre, ensemble prions.

Père très bon, tu as soutenu les prophètes et les apôtres dans leurs épreuves. Que la fidélité de ton Fils fasse grandir notre joie et soutienne notre espérance. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur.

29 Août 2026 : Le martyre de saint Jean Baptiste

Le martyre de saint Jean Baptiste
 
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6. 17-29    
Hérode, prince de Galilée, avait fait arrêter Jean et l’avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et Jean lui disait: «Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère.» Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean: il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l’entendre.
Cependant, une occasion favorable se présenta lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un banquet à ses dignitaires, aux chefs de l’armée et aux notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives.
Le roi dit à la jeune fille: «Demande-moi tout ce que tu veux, et je te le donnerai.» Et il lui fit ce serment: «Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume.» Elle sortit alors pour dire à sa mère: «Qu’est-ce que je vais demander?» Hérodiade répondit: «La tête de Jean le Baptiste.» Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande: «Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste.»
Le roi fut vivement contrarié; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla, et le décapita dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Lorsque les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre le corps et le déposèrent dans un tombeau.
© AELF
 
 
Méditation
La mission de Jean Baptiste était de préparer les chemins du Seigneur : il proposait une conversion radicale, un idéal de justice et de rectitude morale. Il n’a pas peur d’affronter un puissant de ce monde pour lui dire qu’il n’a pas le droit de prendre la femme de son frère. C’est ainsi que Jean Baptiste a mis en lumière la vie ténébreuse d’Hérode.
 
L’Évangile nous raconte son emprisonnement et son exécution. Il n’est pas mort à cause de sa foi mais parce qu’il a défendu la vérité du mariage. En donnant sa vie, il a été le  témoin de Celui qui est la Vérité.
 
Ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui sont persécutés parce qu’ils témoignent des valeurs de l’Évangile. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui sont mis en prison pour avoir dénoncé le mal sous une forme ou sous une autre.
 
« O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre… »

Vendredi de la 21ème semaine du temps ordinaire 2026

Veillez 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 1-13
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable
à dix jeunes filles invitées à des noces,
qui prirent leur lampe
pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes,
et cinq étaient prévoyantes :   
les insouciantes avaient pris leur lampe
sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes,
des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait,
elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
“Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent
et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
“Donnez-nous de votre huile,
car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent :
“Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter,
l’époux arriva.
Celles qui étaient prêtes
entrèrent avec lui dans la salle des noces,
et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour
et dirent :
“Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit :
“Amen, je vous le dis :
je ne vous connais pas.”
    Veillez donc,
car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » (AELF)   
 

 

Méditation
En nous racontant cette parabole, Jésus voudrait attirer notre attention sur un message de la plus haute importance. Le cortège des jeunes filles qui accompagne l’époux représente la communauté des chrétiens. C’est donc de notre vie qu’il s’agit ; de quel côté sommes-nous ? Des prévoyants ou des « insensés » ?
 
En nous racontant cette parabole Jésus veut nous parler d’une autre noce. Nous y sommes tous invités. Comprenons bien : la Bible est une grande histoire d’amour. C’est l’histoire des noces de Dieu avec l’humanité. Dès le départ, nous découvrons un Dieu qui a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Malheureusement, l’homme s’est détourné de son Dieu. Il est tombé bien bas. Mais Dieu ne cesse de lui renouveler son alliance. Il l’aime comme un époux aime son épouse. Mais il ne peut pas nous sauver sans nous. Il attend de notre part une réponse libre et aimante.
 
Aujourd’hui, Jésus nous adresse un avertissement très fort : « Veillez donc car vous ne savez pas ni le jour ni l’heure. » Non, il ne s’agit pas d’une menace pour nous faire peur. L’évangile est d’abord une bonne nouvelle qui doit radicalement changer notre vie. Le retour du Christ nous est présenté comme un événement merveilleux auquel nous devons nous préparer tout au long de notre vie. Cette rencontre avec lui sera une grande fête. Mais comme chacun sait, une fête ça se prépare. Celui que nous attendons, c’est notre Sauveur. Il nous faut être prêt à le recevoir. Cela suppose une vigilance de tous les jours et un comportement conforme à la volonté de Dieu.
 
A travers ces dix jeunes filles, Jésus évoque d’abord le peuple des Juifs qui attendent la venue du Messie. Il constate que, de fait, beaucoup se sont assoupis. Mais voilà que Jésus arrive ; en lui, c’est le salut de Dieu qui est offert à tous. Cette parabole vaut aussi pour tous les chrétiens de tous les temps. Beaucoup se sont laissé gagner par le sommeil. L’usure du temps, la fatigue, la routine, la souffrance endorment notre foi et notre espérance. On s’installe dans l’insouciance et on oublie celui qui donne son vrai sens à notre vie. Il ne nous suffit pas d’être invité pour entrer, il faut surtout être prêt.
 
Les sages, les prévoyants, les avisés, ce sont ceux et celles qui ont choisi de s’installer dans la fidélité. Ils se sont donné des temps réguliers de prière. Ils se sont nourris de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Ils ont compris qu’un feu qui n’est pas alimenté s’éteint vite. Un jour, Jésus a dit : « Gardez vos lampes allumées » : Cette lampe c’est celle de notre conscience. Pour nous chrétiens, c’est celle de notre foi, celle de notre espérance, celle de la prière. L’huile de cette lampe, c’est l’amour de Dieu qui doit imprégner toute notre vie. Cet évangile est donc pour nous un appel pressant à puiser à la source de cet amour qui est en Dieu.
 
En ce jour, nous te prions, Seigneur : aide-nous à rester éveillés et à reconnaître les signes de ta présence au milieu de nous. Avec toute l’Église, nous te prions : « Viens, Seigneur Jésus, nous avons prévu ton retour, nous sommes éveillés pour veiller. » Amen