Samedi après les Cendres – 21 février 2026

BONNE NOUVELLE POUR LES « MAL PORTANTS »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5, 27-32
En ce temps-là,
Jésus sortit et remarqua un publicain
(c’est-à-dire un collecteur d’impôts)
du nom de Lévi
assis au bureau des impôts.
Il lui dit :
« Suis-moi. »
Abandonnant tout,
l’homme se leva ; et il le suivait.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ;
il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens
attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient
en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes
mais des pécheurs,
pour qu’ils se convertissent. »
 
 
Méditation
Cet  évangile  nous  présente  un  homme  qui  a  changé  de  vie  et  qui  a  célébré  dans  la  fête  ce changement. Lévi était un publicain c’est-à-dire un homme qui collectait les impôts pour l’occupant Romain.  C’était  à  peu  près  l’équivalent du  terme  actuel  « exploiteur  public ».  Lévi  devait  être  très riche : il remplissait ses poches sur le dos du peuple avant de remplir les caisses de l’État.
 
Or c’est cet homme détesté de tous que Jésus a appelé à le suivre. Il ose choisir comme apôtre un de ces pécheurs mal vus. Il l’appelle à changer de vie. Et il le croit capable de changer. Il lui fait confiance.  Est-ce  que  je  donne  toutes  ses  chances  à  tout  homme  ?  Est-ce  que  je  crois  en  ma propre possibilité de conversion ?
 
« Alors, Lévi, quittant tout, se leva et se mit à le suivre. »  Tout quitter pour suivre Jésus. C’est vrai aussi pour nous. Si nous voulons suivre le Christ, il nous faut renoncer à certaines choses. Il nous faut prendre conscience de ce qui nous empêche de le suivre vraiment. Le Carême est un temps de purification, d’allègement. Larguer tout ce qui m’encombre, me concentrer sur l’essentiel.
 
« Il  lui  offrit  un  banquet  dans  sa  maison,  et  il  y  avait  une  grande  foule  de  publicains  et  de  gens divers attablés avec les disciples. » Voici un exemple de renoncement joyeux. Lévi quitte tout pour suivre Jésus mais cela ne le rend pas spécialement morose. Il offre un banquet pour célébrer ce grand renoncement à tout. Il fête sa conversion et sa vocation. Pour lui c’est un nouveau départ.
 
Les pharisiens et leurs scribes récriminaient… Ils passent leur temps à cela, à récriminer, à gémir et à déplorer. L’essentiel de leur religion était de se préserver, de se séparer, de juger de loin et de haut… « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin mais les mal portants. Je ne suis pas venu appeler les justes à la conversion mais les pécheurs… » 
 
Voilà une bonne nouvelle pour les pécheurs que nous sommes. Le Seigneur nous offre à tous une chance de conversion et de retour à  lui.  Trop  souvent,  nous  résistons  à  ses  appels.  Nous  ressentons  douloureusement  nos  limites. Arriverons-nous  à  faire  un  Carême  meilleur.  Je  compte  sur  toi,  Seigneur.  Ma  volonté  a  besoin d’être guérie.

Vendredi après les Cendres – 20 février 2026

Au sujet du jeûne
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 14-15
En ce temps-là,
les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus
en disant :
« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons,
tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur répondit :
« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil
pendant le temps où l’Époux est avec eux ?
Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors ils jeûneront. »


Méditation
On vient demander à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas. C’est vrai qu’ils se manifestaient comme une joyeuse communauté de table. On le  leur  a  souvent  reproché. C’était  tout  le  contraire  de  ceux  de  Jean Baptiste (qui  se  nourrissaient  de  sauterelles  et  de  miel  sauvage) et  des pharisiens.
 
Mais le jeûne que pratiquaient ces derniers était une manière de montrer qu’on  attendait  le  Messie. Or,  avec  Jésus,  le  Messie  est  là.  Il  dit  aux hommes  toute  la  sollicitude  du  Père  pour  eux.  Il  se  présente  comme l’époux qui fait alliance avec l’humanité. Avec lui, c’est la joie des noces. Personne n’a idée de jeûner lors d’un repas de noces. Il ne convient pas d’être  tristes quand  on  entend  une  telle  bonne  nouvelle. 
 
Ce  qui  est premier, c’est l’amour. Nous  chrétiens,  nous  jeûnons  parce  que  nous  attendons  le  retour  du Christ.  Mais  ne  faisons  pas  de  notre  carême  un  temps  de  deuil  et  de rigidité. Il ne s’agit pas de rechercher des performances d’austérité. Pour Jésus  c’est  d’abord  le  temps  de  l’amour,  un  temps    nous  donnons  la première  place  à  Dieu.  Avec  lui,  c’est  la  joie  car  il  est  avec  nous.  Nous sommes  invités  à  nous  libérer  de  tout  ce  qui  nous  encombre  pour  vivre dans une intimité de plus en plus grande avec lui.

Jeudi après les cendres – 19 février 2026

Montée vers Pâques


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 22-25
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Il leur disait à tous :
« Celui qui veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix chaque jour
et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie à cause de moi
la sauvera.
Quel avantage un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
s’il se perd ou se ruine lui-même ? »


Méditation
Dès le 2ème jour du Carême, nous sommes mis devant l’essentiel de cette période : c’est une montée vers Pâques, une marche vers la vie en plénitude, une ascension vers les sommets de la joie. Le but est la vie, le bonheur. Nous sommes en marche vers Pâques.

Mais le chemin, c’est la croix, c’est la souffrance et le renoncement. C’est sur ce chemin que nous sommes invités à suivre Jésus. Avec lui, nous comprenons qu’aimer c’est s’oublier, ne plus penser à soi, être tout à l’autre. C’est une vie de courage, d’énergie, de vigueur, d’ascèse.

Il ne s’agit pas de renoncer pour le plaisir de renoncer. Il s’agit de « se sauver ». L’homme ne s’épanouit qu’en se donnant, en se renonçant. Mais le but, c’est l’épanouissement.

« Aimer c’est tout donner, aimer c’est tout donner,
Aimer c’est tout donner et se donner soi-même »

Mercredi des Cendres 2026


“Revenez à moi…”

Textes bibliques : Lire

En ce mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême. C’est une période de quarante jours qui nous prépare à la plus grande fête de l’année, celle de Pâques. Malheureusement, le carême semble se vider de plus en plus de son sens. Les médias nous parlent régulièrement du Carnaval ; mais le carême n’a pratiquement plus de visibilité. Et pourtant, nous avons tous un immense besoin de redonner du sens au Carême. Les Églises sont appelées à lutter contre l’appauvrissement de la force de ces 40 jours. Quatre moyens nous sont proposés : la pénitence, le jeûne, l’aumône et la prière. C’est ainsi que le Seigneur retrouvera toute sa place au cœur de nos vies.

Le prophète Joël (1ère lecture) nous adresse un appel pressant : « Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les larmes et le deuil ». Pour comprendre cet appel, il faut connaître la détresse du peuple auquel il s’adresse. La campagne de Judée est ravagée par la sècheresse et les criquets. Les gens sont complètement désemparés. C’est là que le prophète intervient de la part de Dieu. Il invite chacun à revenir vers le Seigneur. Cette conversion les amènera à reconnaître la tendresse, la miséricorde et la plénitude de l’amour qui est en Dieu.

Cet appel est toujours d’actualité. Nous vivons dans un monde qui oublie Dieu et se détourne de lui. On organise sa vie en dehors de lui. Ce Carême qui commence le mercredi des Cendres nous invite à revenir vers le Seigneur et à lui redonner la première place dans notre vie. En dehors de lui, nous allons à notre perte. Le grand message du Carême c’est que Dieu est amour. Il nous aime tous d’un amour passionné qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C’est par amour pour nous que Dieu nous appelle tous à revenir à lui.

Le psaume 50 est précisément la prière de l’homme qui se reconnaît pécheur et qui se tourne vers le Seigneur. Il a compris que Dieu est plein de miséricorde. Son amour est bien plus grand que nos péchés. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Là où le péché a abondé, la grâce (l’amour) a surabondé. C’est en nous jetant dans les bras du Seigneur que nous retrouvons la joie d’être pardonnés. Et du coup, nous retrouvons l’intimité avec notre Dieu. Tout au long de ce Carême, nous pourrons rendre grâce pour cette merveille qu’il réalise dans notre vie.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous adresse un appel très fort à nous laisser réconcilier avec notre Dieu. Cette réconciliation n’est pas de notre initiative mais de celle de Dieu. C’est lui qui fait sans cesse le premier pas pour nous sortir de notre situation de péché. Il a tellement aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils. Sa mission c’est de nous ramener vers lui. Mais rien ne sera possible sans notre réponse personnelle. C’est pour cela que saint Paul nous invite à ne pas refuser cette réconciliation qui nous est offerte. Ce temps du carême nous est offert pour accueillir la miséricorde de Dieu.

L’Évangile nous montre ce que doit être une vie de convertis. Jésus nous invite à vivre « comme des justes ». Il s’agit pour nous de nous ajuster à la sainteté de Dieu. Jésus s’adresse à ceux qui prennent au sérieux les exigences de la loi de Moïse : la prière, le jeûne et le partage. Il n’est pas venu abolir cette loi mais l’accomplir. La loi est toujours là, mais si nous voulons être justes aux yeux de Dieu, nous avons à nous convertir et à changer de perspective.

Dans son Évangile, Jésus s’adresse à ceux qui cherchent à s’afficher en public. Ces derniers ont pour objectif d’être vus, admirés et applaudis. Certains en profitent même pour montrer qu’ils sont meilleurs que les autres. Rappelons-nous la prière du pharisien : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ (Luc 18) Satisfait de lui-même, ce pharisien a trouvé ce qu’il cherche : la gloire qui vient des hommes.

Mais toi, le disciple, quand tu pries, quand tu partages, quand tu jeûnes, renonce à être bien vu, ne cherche pas à te faire admirer, ni à être applaudi : « Ton Père voit ce que tu fais dans le secret, il te le revaudra ». Ce que Dieu nous offre, c’est son amour gratuit. Ce qui fait la valeur de la prière, de l’aumône et du jeûne c’est l’amour que nous y mettons. L’aumône ouvre notre cœur et nos mains vers l’autre. La prière dirige notre cœur vers Dieu. Le jeûne nous aide à ne penser qu’à Dieu et à tendre notre main vers nos frères. L’idéal serait que pendant ce carême, nous posions un acte que seul notre Père connaîtra.

Contrairement à ce que nous entendons parfois, le Carême n’est pas un temps triste. Seul le péché est triste. Mais ces 40 jours nous sont donnés pour nous bruler au feu de l’amour qui est en Dieu. En revenant à lui, nous le supplions : nous lui demandons que ce Carême soit un temps de conversion qui nous tourne de plus en plus vers lui et vers les autres. Amen

Jeûner pendant le Carême…

Meilleure façon de jeûner pendant le Carême   

( proposées par le Saint Père, le Pape François)

– Jeûne de paroles blessantes : que tes lèvres ne prononcent que des paroles de bénédiction.
– Jeûne de critiques et de médisances :
bienveillance et miséricorde doivent habiter ton âme.
– Jeûne de mécontentement : que douceur et patience deviennent tes compagnes de chaque jour.
– Jeûne de ressentiment : que ton cœur cultive la gratitude.
– Jeûne de rancune : que le pardon ouvre toutes les portes qui t’ont été fermées.
– Jeûne d’égoïsme : que la compassion et la charité fleurissent à chacun de tes pas.
– Jeûne de pessimisme : que l’espérance ne quitte jamais ton esprit.
– Jeûne de préoccupations et d’inquiétudes inutiles : que règne en toi la confiance en Dieu.
– Jeûne d’occupations superficielles : que la prière emplisse tes journées.
– Jeûne de paroles futiles : que le silence et l’écoute t’aident à entendre en toi le souffle de l’Esprit Saint.

Bon et fructueux Carême 2026 – Union de prières.

Mardi de la 6ème semaine du temps ordinaire – 17 février 2026

Manque de pain
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 14-21
    En ce temps-là,
    les disciples avaient oublié d’emporter des pains ;
ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.
    Or Jésus leur faisait cette recommandation :
« Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens
et au levain d’Hérode ! »
    Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.
    Jésus s’en rend compte et leur dit :
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ?
Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ?
Vous avez le cœur endurci ?
    Vous avez des yeux et vous ne voyez pas,
vous avez des oreilles et vous n’entendez pas !
Vous ne vous rappelez pas ?
    Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes,
combien avez-vous ramassé
de paniers pleins de morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Douze.
    – Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille,
combien avez-vous rempli de corbeilles
en ramassant les morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Sept. »
    Il leur disait :
« Vous ne comprenez pas encore ? » © AELF
 
 
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Méditation
 « Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode… » Le levain est utilisé par le boulanger pour faire du bon pain. Mais ici, il symbolise les dispositions mauvaises du cœur humain. Toutes ces critiques, ces dénonciations, ces médisances ne font que créer un climat malsain. Ce levain est un poison mortel qu’il nous faut éradiquer de notre vie. La suite de cet Évangile nous montre la lourdeur des disciples : ils ne comprennent pas, ils ne réalisent pas, ne se souviennent pas. Ils ont le cœur endurci. Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre. Ils ont vu Jésus accomplir des signes, ils ont entendu des paroles fortes ; mais ils n’en ont pas saisi le sens profond.
 
Avec Jésus dans la barque, les disciples n’ont rien à craindre. C’est important pour nous. Jésus nous invite à lui faire confiance. Avec lui, nous ne manquerons jamais du nécessaire. Nous sommes renvoyés au discours sur le Pain de Vie : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. » Ce pain nous est offert à tous. Il ne demande qu’à nous accompagner tout au long de notre vie. Mais pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. 
 

Lundi de la 6ème semaine du temps ordinaire – 16 février 2026

Des signes par milliers…
 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 11-13
En ce temps-là,
    les pharisiens survinrent
et se mirent à discuter avec Jésus ;
pour le mettre à l’épreuve,
ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
    Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit :
« Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ?
Amen, je vous le déclare :
aucun signe ne sera donné à cette génération. »
    Puis il les quitta, remonta en barque,
et il partit vers l’autre rive.
 
 
Méditation
« Les pharisiens se mirent à discuter avec Jésus… pour le mettre à l’épreuve. » Ils ne viennent pas pour s’éclairer ni pour discuter vraiment. Ils ne cherchent qu’à lui tendre un piège. Jésus est entouré de gens qui cherchent à lui tendre un piège, qui guettent ses erreurs ou ses imperfections. Des signes, ils en ont eu.
 
Tout ce passe comme lors de la tentation au désert : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain ». On aurait vraiment une preuve. Mais Jésus n’est pas venu pour donner des preuves irréfutables. Les signes qu’il accomplit nous montrent l’amour de Dieu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. »
 
Tous ces signes sont un appel à la foi. C’est vraiment le don de Dieu qui est offert à tous. Mais pour l’accueillir, il faut avoir un cœur de pauvres. Il nous faut redevenir comme des petits enfants qui sont émerveillés par un cadeau extraordinaire.
 
Jésus souffre de voir tous ces gens qui sont imbus de certitudes et qui ont un cœur fermé. Avec eux, on ne peut plus discuter. Alors il part vers « l’autre rive », celle du monde païen. Rien ni personne ne pourra arrêter l’annonce de la bonne nouvelle.
 
 

6ème dimanche du temps ordinaire (A) – 15 février 2026

« Un cœur pur… »

Monition d’ouverture
C’est le Seigneur qui a pris l’initiative de nous inviter et de nous rassembler. Sa parole peut par fois être un glaive tranchant qui nous rappelle notre responsabilité et l’importance de nos choix. Elle est aussi pleine de douceur pour celles et ceux qui peuvent l’accueillir avec leur cœur.

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un Dieu qui a vu la misère de son peuple. Cette misère c’est celle qui vient du péché, de l’égoïsme et des divisions. Le grand projet de Dieu c’est de nous en libérer. Toute la Bible nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Pour accomplir cette œuvre de salut, il nous propose plusieurs étapes. Dans un premier temps, il nous donne des règles, des commandements qui nous aideront à vivre en harmonie. Quand on vit en société, il est important de se respecter les uns les autres. On ne peut pas faire n’importe quoi. La première lecture nous dit que nous avons à choisir : d’un côté, la vie qui résulte de l’observation des commandements ; de l’autre, la mort qui est la sanction de l’orgueil. Le Seigneur veut nous libérer de tout ce qui détruit notre vie. Il nous invite à accueillir ses paroles qui sont celles « de la vie éternelle ».

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens venus du monde païen. Ils ont accueilli le message de l’Évangile. Mais aujourd’hui, il les invite à vraiment faire « le choix de Dieu ». Pour nous en parler, il n’utilise pas la prétendue « sagesse de ceux qui dirigent le monde », ceux-là même qui ont commis l’infâme injustice de crucifier « le Seigneur de gloire ». « Ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu ». C’est dans cette sagesse de Dieu que nous trouvons la vraie vie. L’Esprit Saint fait de nous des adultes dans la foi. Il nous aide à aller à contre-courant de la mentalité du monde et à vraiment entrer dans le projet de Dieu.

Dans l’Évangile, Jésus revient sur la loi qui a été transmise par Dieu aux anciens. C’était un minimum indispensable à la vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper… Pour Jésus, il est hors de question de supprimer ces acquis ; bien au contraire, il invite ses disciples et chacun de nous à aller encore plus loin. C’est comme dans une famille, la pratique scrupuleuse d’un règlement interne ne suffit pas à la rendre heureuse : il lui faut de la solidarité, de l’accueil, du partage et surtout de l’amour.

Pour se faire comprendre, Jésus entre dans le concret de la vie des gens : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre… Eh bien, moi je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ». Jésus nous rappelle ainsi que des paroles peuvent tuer : les calomnies, le harcèlement, les propos racistes sont un poison qui cause des dégâts importants. De même les médisances qui tuent la renommée des personnes. Aujourd’hui, Jésus nous propose la perfection de l’amour. Si nous refusons de faire la paix avec notre prochain, nous ne pouvons pas dire que nous aimons Dieu. Avant de manifester notre dévotion dans la prière, nous sommes invités à nous réconcilier avec lui.

Ce que Jésus attend de nous, c’est une vie remplie d’amour : « Soyez parfaits comme votre Père est parfait ». C’est ce que Jésus a vécu jusqu’au bout : il a pardonné à Zachée ; il n’a pas jeté la pierre à la femme adultère, mais il lui a donné la force de poursuivre sa route ; il a pardonné à Pierre qui venait de le renier. De nombreuses paraboles nous disent encore ce qu’est le véritable amour : nous connaissons celle de la brebis perdue et celle du fils prodigue. C’est cet amour qui doit transparaître dans nos vies.

Voilà ce chemin de conversion que Jésus nous propose. Le pape François nous disait qu’on ne doit pas louer Dieu avec la même langue qui insulte notre frère. Cela ne se fait pas. Si nous voulons louer Dieu, nous devons tout faire pour nous mettre d’accord entre nous. Nous demandons au Seigneur qu’il nous aide à sortir de nos rancunes et de notre rigidité. Nous ne pouvons pas vivre en enfants de Dieu sans vivre ensemble comme des frères. Ce qui fera la valeur de notre vie c’est la qualité de notre amour pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est à cela que nous serons jugés.

En lisant cet Évangile, nous reconnaissons que nous sommes tous plus ou moins coupables. Or pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut avoir un cœur parfaitement pur. Rien d’impur ne peut vivre en présence de Dieu. Nous ne pouvons pas parvenir à cette pureté avec nos pauvres moyens humains. Mais avec Dieu, tout est possible : Nous sommes invités à nous ouvrir à lui en priant souvent, en aimant beaucoup, en recevant le sacrement du pardon et en participant à l’Eucharistie. Si nous nous engageons sur ce chemin de conversion, Dieu nous purifiera ; alors nous serons ces cœurs purs qui voient Dieu. Dieu sera en nous et nous en lui.

Sources : Revues Feu Nouveau, , Parole pour chaque jour – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP. Bagot) – Pape François – dossiers personnels

Prière universelle
Prions le Seigneur de qui nous vient toute sagesse et réconfort.

Intentions
1. Nous te prions pour ton Église. Qu’elle annonce ta parole avec fidélité, mais qu’elle n’impose aucun joug à tes fidèles, sauf le joug de l’amour et de la vérité. Seigneur, écoute-nous !

2. Nous te confions Seigneur toutes les personnes qui exercent une responsabilité. Que leurs décisions et leurs choix soient guidés par le souci du bien commun, de la justice et de la vérité. Seigneur, écoute-nous !

3. Nous te prions pour celles et ceux dont la fidélité a été trahie. Qu’ils trouvent dans le Christ, le Rédempteur capable de guérir leurs blessures. Seigneur écoute-nous !

4. Nous te confions Seigneur les communautés chrétiennes appelées à vivre et à annoncer l’Évangile. Que la liberté de conscience soit toujours au cœur de leur vie et de leurs actions. Seigneur écoute-nous !

Conclusion
Seigneur, tu connais les désirs les plus profonds de celles et ceux qui se confient à ta miséricorde. Guide-les sur le chemin de la vie. Par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Saint Cyrille et Saint Méthode (14 février 2026

La moisson est abondante
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
«Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
«Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants: “Le règne de Dieu est tout proche de vous.”
© AELF
 
 
Méditation
La « joie de l’Évangile » doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.
 
Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze « dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : « Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire ». En dehors du Seigneur, rien n’est possible.
 
Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.
 
À chaque messe, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : « Le règne de Dieu s’est approché de vous. » Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.
 
Cette présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies « comme des agneaux au milieu des loups », rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.

Vendredi de la 5ème semaine du Temps ordinaire – 13 février 2026



« Ouvre-toi… »




Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 31-37

En ce temps-là,
    Jésus quitta le territoire de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
    Des gens lui amènent un sourd
qui avait aussi de la difficulté à parler,
et supplient Jésus de poser la main sur lui.
    Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et, avec sa salive, lui toucha la langue.
    Puis, les yeux levés au ciel,
il soupira et lui dit :
« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
    Ses oreilles s’ouvrirent ;
sa langue se délia,
et il parlait correctement.
    Alors Jésus leur ordonna
de n’en rien dire à personne ;
mais plus il leur donnait cet ordre,
plus ceux-ci le proclamaient.
    Extrêmement frappés, ils disaient :
« Il a bien fait toutes choses :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »
(AELF)

Méditation
 Jésus se trouve en plein territoire païen. Il n’hésite pas à sortir des frontières d’Israël. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle n’est pas réservée à quelques-uns mais au monde entier. Le voilà donc au milieu de tous ces gens qui n’ont pas d’oreille pour entendre la Parole de Dieu ni de bouche pour proclamer sa louange. Comme leurs idoles ils « ont une bouche et ne parlent pas… des oreilles et n’entendent pas. » (Psaume 113) Or voilà que l’Évangile de ce jour nous donne une pitoyable illustration de ce monde païen : un sourd muet est amené à Jésus.

Jésus se met tout de suite au travail : imposer les mains ne suffit pas ; le mal est trop grand : il faut aller à l’écart, mettre les doigts dans les oreilles, toucher la langue, lever les yeux au ciel, soupirer et prier. Le mal est très fort. Jésus se bat contre lui ; ce n’est pas sans peine mais il finit par gagner. Les oreilles s’ouvrent, la langue se délie. À travers cet homme, Dieu donne aux païens une oreille pour entendre la Parole de Dieu et une bouche pour proclamer sa louange.

« Ouvre-toi ! » C’est aussi à chacun de nous que le Christ s’adresse en ce jour. Nous savons bien qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas se laisser toucher par les appels de Dieu et de ses frères. Ces sont nos fermetures, nos blocages qui entravent une vraie communication entre nous. « Ouvre-toi » nous dit le Seigneur. Ne reste pas enfermé sur tes soucis personnels ni sur tes relations habituelles, ni sur ton milieu social. Ouvre-toi à Dieu et aux autres. Ce n’est pas pour rien que notre pape François nous recommande d’aller jusqu’aux « périphéries ».

En ce jour, nous faisons nôtre cette prière :
« Ouvre mes yeux, Seigneur, aux merveilles de ton amour.
Je suis l’aveugle sur le chemin, guéris-moi, je veux te voir.

Fais que j’entende, Seigneur, tous mes frères qui crient vers moi.
A leur souffrance et à leurs appels, que mon cœur ne soit pas sourd. »