« Ouvre-toi… »
En ce temps-là,
Jésus quitta le
territoire de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de
Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
Des gens lui
amènent un sourd
qui avait aussi de la difficulté à parler,
et supplient Jésus de poser la main sur lui.
Jésus l’emmena
à l’écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et, avec sa salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux
levés au ciel,
il soupira et lui dit :
« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles
s’ouvrirent ;
sa langue se délia,
et il parlait correctement.
Alors Jésus
leur ordonna
de n’en rien dire à personne ;
mais plus il leur donnait cet ordre,
plus ceux-ci le proclamaient.
Extrêmement
frappés, ils disaient :
« Il a bien fait toutes choses :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »
(AELF)
Méditation
Jésus se trouve en plein territoire païen. Il n’hésite pas à sortir des frontières
d’Israël. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle n’est pas réservée à
quelques-uns mais au monde entier. Le voilà donc au milieu de tous ces gens qui
n’ont pas d’oreille pour entendre la Parole de Dieu ni de bouche pour proclamer
sa louange. Comme leurs idoles ils « ont une bouche et ne parlent pas… des
oreilles et n’entendent pas. » (Psaume 113) Or voilà que l’Évangile de ce jour nous
donne une pitoyable illustration de ce monde païen : un sourd muet est amené à
Jésus.
Jésus se met tout de suite au
travail : imposer les mains ne suffit pas ; le mal est trop grand : il faut
aller à l’écart, mettre les doigts dans les oreilles, toucher la langue, lever
les yeux au ciel, soupirer et prier. Le mal est très fort. Jésus se bat contre
lui ; ce n’est pas sans peine mais il finit par gagner. Les oreilles s’ouvrent,
la langue se délie. À travers cet homme, Dieu donne aux païens une oreille pour
entendre la Parole de Dieu et une bouche pour proclamer sa louange.
« Ouvre-toi ! » C’est
aussi à chacun de nous que le Christ s’adresse en ce jour. Nous savons bien
qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas se laisser toucher par
les appels de Dieu et de ses frères. Ces sont nos fermetures, nos blocages qui
entravent une vraie communication entre nous. « Ouvre-toi » nous dit le
Seigneur. Ne reste pas enfermé sur tes soucis personnels ni sur tes relations
habituelles, ni sur ton milieu social. Ouvre-toi à Dieu et aux autres. Ce n’est
pas pour rien que notre pape François nous recommande d’aller jusqu’aux
« périphéries ».
En ce jour, nous faisons nôtre
cette prière :
« Ouvre mes yeux,
Seigneur, aux merveilles de ton amour.
Je suis l’aveugle sur le chemin,
guéris-moi, je veux te voir.
Fais que j’entende, Seigneur,
tous mes frères qui crient vers moi.
A leur souffrance et à leurs
appels, que mon cœur ne soit pas sourd. »

