Lundi de la 7ème semaine de Pâques (2 juin 2025)

S’appuyer sur le Seigneur… 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 29-33)

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il parlait à ses disciples. Ceux-ci lui disent alors: «Voici que tu parles ouvertement, sans employer de paraboles. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et qu’il n’y a pas besoin de t’interroger: voilà pourquoi nous croyons que tu es venu de Dieu.» Jésus leur répondit: «C’est maintenant que vous croyez! L’heure vient – et même elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul; pourtant je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix. Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde.»  ©AELF
 
 
Méditation
« Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » Ce sont les paroles des disciples à Jésus. Mais il tient à les mettre en garde. L’illusion guette les croyants, surtout à l’heure de l’épreuve. Personne ne peut être sûr de sa foi. Dès que nous nous appuyons sur nos seules forces, nous risquons de tomber. Au moment de son arrestation, ils ont fini par abandonner Jésus, ils l’ont laissé seul.
 
Cet Évangile est aussi pour chacun de nous aujourd’hui : nous reconnaissons qu’il y a un décalage entre la foi que nous affirmons et notre vie. Nous avons de belles paroles mais les actes ne suivent pas. Il ne suffit pas de chanter le Credo pour se dire croyant, il faut que toute notre vie corresponde à la foi que nous affirmons.
 
Mais le Seigneur ne nous laisse pas seuls. Il est toujours là pour nous tendre la main et nous relever quand nous sommes tombés. Son amour nous est toujours offert. Il est toujours là dans les moments difficiles. Aujourd’hui comme autrefois, il nous dit : « Courage, j’ai vaincu le monde. »
 

7ème dimanche de Pâques (1er juin 2025)

Unis dans la prière

Homélie
Textes biblique : lire
Entre l’Ascension et la Pentecôte, les textes bibliques nous invitent à la prière. C’est la seule attitude qui convient à des disciples qui attendent la venue de l’Esprit Saint. L’Évangile nous montre Jésus lui-même qui va prier pour nous. Nous nous tournons vers lui en ouvrant nos mains et nos cœurs. Le but de la prière c’est de nous mettre en état de réceptivité au don que Dieu veut nous faire.

La première lecture est tirée du livre des actes des apôtres ; elle nous montre la prière d’Étienne, le premier martyr. Il a suivi Jésus jusqu’au bout sans renoncer à sa foi, même devant la menace. Il n’a pas renié le Christ glorifié. Sa prière est pour nous un modèle de confiance. Il meurt en contemplant la gloire du Christ au ciel. En écoutant ce témoignage, nous pensons aux très nombreux martyrs d’aujourd’hui. Leur vie et leur mort nous interpellent : qu’avons-nous fait de notre baptême ? Le Seigneur nous rejoint pour nous combler de son amour ; mais trop souvent, nous sommes ailleurs.

Avec la deuxième lecture, nous avons une deuxième prière. C’est celle de toute l’Église au Christ vainqueur de la mort du péché. Nous avons là un message d’espérance adressé à des chrétiens persécutés. Quoi qu’il arrive, rien ni personne ne peut empêcher le Christ de vouloir nous associer à sa victoire. Avec lui, c’est un monde nouveau qui est en train de naître, un monde rempli de l’amour qui est un Dieu. Il faut que cette bonne nouvelle nous remplisse de joie et de confiance malgré les épreuves de la vie. Jésus est à jamais vivant. Nous le supplions : “viens”. Cette prière est déjà exaucée. Mais elle ne le sera pleinement que dans la gloire du Royaume.

Avec l’Évangile, nous avons une troisième prière. C’est une prière qui nous fait entrer dans l’intimité de Jésus avec son Père. Tout au long des Évangiles, nous voyons que le Christ a régulièrement éprouvé ce besoin de se retirer pour prier, pour être avec le Père. Il y passait de longues heures, surtout au moment des décisions les plus importantes.

Mais sa prière d’aujourd’hui à une intensité particulière. Jésus prie pour tous les hommes qu’il est venu sauver. Il est presque parvenu au terme de sa mission. Dans quelques heures il entrera dans sa Passion. Il sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Sa prière d’aujourd’hui vient ressaisir tout ce qu’il a fait pour le remettre entre les mains du Père. C’est tous les hommes du monde entier qu’il porte dans ses mains pour les offrir au Père. À travers ses paroles, on sent que Jésus veut prendre soin, encore, de l’humanité. Il veut qu’elle soit unie dans l’amour qu’il est venu inaugurer.

Jésus confie d’abord au Père ses apôtres. Sa Passion sera pour eux une difficile épreuve, un difficile combat de la fidélité. Il prie pour eux et pour ceux qui recevront leur témoignage : “qu’il soit UN en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.” Des communautés divisées sont un contre témoignage qui dit le contraire de Dieu. La prière de Jésus est une prière vraiment universelle parce qu’elle englobe tous les hommes de tous les temps. Elle est aussi universelle que sa mission de sauveur, mission qu’il a confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui.

Cette insistance de Jésus sur l’unité entre les hommes qu’il aime est très importante pour nous aujourd’hui. C’est un appel à faire grandir la fraternité, le partage, la solidarité. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Toute atteinte à la communion blesse ce salut qui nous a offert. Ceux qui ne partagent pas notre foi nous regardent vivre. Comment témoigner d’un Dieu amour s’il n’y a pas cet amour dans notre vie ? Nos divisions entre chrétiens nous apparaissent encore plus intolérables lorsque nous entendons cette parole du Christ.

Tout au long de ces derniers jours qui nous préparent à la Pentecôte, l’heure est donc à la prière. Le Christ nous veut tous avec lui. Il compte sur nous pour adhérer à son désir qui est aussi celui du Père. Viens Seigneur Jésus ! Envoie-nous ton Esprit Saint ! Qu’il vienne affermir notre foi notre espérance et notre charité. Qu’il vienne nous faire vivre de l’amour du Père.

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Sources : Célébrons dimanche (Assemblées de la parole dimanches et jours de fêtes année C) – Revue Feu nouveau – Dossiers personnel

Visitation de la bienheureuse Vierge Marie (31 mai 2025)

 Mon âme exalte le Seigneur…

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-56 En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. © AELF  

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Méditation

L’Évangile qui nous est proposé en ce dernier jour du mois de Marie fait suite à l’Annonciation. L’ange Gabriel vient d’annoncer à Marie qu’elle serait la mère du Sauveur. Ayant appris que sa cousine Élisabeth est devenue enceinte du futur Jean Baptiste, elle se met en route. Cette rencontre entre Marie et Élisabeth donne lieu à une explosion de joie. La Visitation ce n’est pas qu’une simple rencontre familiale entre deux cousines : c’est la rencontre des deux alliances, l’ancienne avec Élisabeth et la nouvelle avec Marie. À travers ce Messie pas encore né, c’est Dieu qui vient visiter le peuple de l’ancienne alliance. Tout cela doit donner une nouvelle orientation à la manière dont nous vivons les uns avec les autres. Si nous voulons honorer Marie, il ne faut pas oublier qu’elle est notre mère à tous, y compris de ceux que nous n’arrivons pas à supporter. Comment honorer Marie si nous avons un regard et des paroles méprisantes pour telle ou telle catégories de personnes. Comment l’appeler « Reine de la Paix » si nous sommes fâchés avec un voisin ? Comme le Christ, Marie souffre de ces divisions qu’il y a dans le monde, dans nos communautés et nos familles.

Mais avec elle, il n’y a pas de situation désespérée. Quand tout va mal, quand nous sommes sur la croix, elle est là. Elle se tient debout pour nous aider à traverser l’épreuve. Quand nous sommes en manque de paix et de joie, elle est encore là. Comme aux noces de Cana, elle dit à Jésus : « Ils n’ont plus de paix et de joie. » Et Jésus nous rend la paix et la joie. Quand nous sommes tombés au plus bas, elle se baisse pour nous ramasser. Elle ne craint ni notre péché ni notre douleur. Elle qui a misé toute sa vie sur l’amour, elle nous aide à nous remettre debout pour reprendre notre route à la suite du Christ.         

La Visitation c’est quand une personne vient vers nous avec Jésus en elle. Quand l’Amour s’approche de nous, c’est extraordinaire. La visitation c’est aussi quand nous allons vers l’autre pour l’aider mais aussi pour lui porter ce Dieu Amour et le faire resplendir dans la mesure où il nous habite. Ce n’est pas nous qui aimons mais toujours lui en nous.

 
 

Vendredi de la 6ème semaine de Pâques (30 mai 2025)

 
« Votre cœur se réjouira… »
 
Évangile de jésus Christ selon
saint Jean 16-20-23
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
Dans l’Évangile de ce jour, nous voyons Jésus distinguer la période qu’il est en train de vivre avec ses  disciples et celle qui sera la leur quand ils seront conduits par l’Esprit Saint. D’ici peu de temps, ils ne le verront plus ; il s’en va vers le Père. Ce départ passera par la Passion et la mort sur la croix. C’est alors que les disciples pleureront. Mais sous l’impulsion de l’Esprit Saint, leur peine de ne plus le voir se changera en joie.
 
Aujourd’hui comme autrefois, le Christ nous invite à abandonner la peur, la tristesse et la douleur. Il nous invite à les enterrer dans son tombeau, à les effacer avec la promesse de la résurrection. Il nous annonce sa victoire sur la mort et le péché. Il nous apporte une joie que personne ne pourra nous enlever.
 
Le chrétien n’est pas fait pour la tristesse. Certes, il peut rencontrer des difficultés, des souffrances, des croix. Mais il se sait appelé à la joie. Les souffrances de ce monde sont pour lui comme des douleurs d’enfantement. Elles le préparent au ciel, elles lui annoncent déjà le face-à-face. N’attendons pas le ciel pour vivre de cette joie. La joie est une conversion. Elle est une décision, un acte de foi dans le Christ. Elle est aussi un acte d’amour. Comme le disait saint François de Sales, « un saint triste est un triste saint ! ».
 

Ascension du Seigneur (29 mai 2025)

Vous serez mes témoins

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie
En ce jour de l’Ascension, nous célébrons le Christ ressuscité qui entre dans la gloire du Père. C’est sa dernière apparition à ses disciples. Désormais, il n’est plus visible sur la terre, mais il reste présent “tous les jours, jusqu’à la fin du monde”. Les apôtres sont pleins de joie car ils sont habités par la présence du Christ. De retour à Jérusalem, ils sont tous les jours au temple à bénir Dieu. Le soir de Pâques, Jésus leur avait donné le souffle de l’Esprit Saint. Au jour de la Pentecôte, ce souffle les transfigurera en témoins inlassables du Christ ressuscité. Avec eux, c’est le temps de l’Église qui commence.

La bonne nouvelle c’est aussi la confiance que Dieu nous fait. Le Christ ressuscité est présent partout. Il est tous les jours avec nous. Mais il n’est pas l’inquisiteur dont il faudrait se méfier. Il n’est pas là pour nous surveiller ni pour brimer notre liberté. Nous sommes créés libres et responsables. Son amour n’est pas écrasant. Il est libérant ; il fait confiance. Il ne cesse de nous dire : “N’ayez pas peur”. Au moment où il se retire, Jésus lève les mains et bénit ses disciples. Il est comme un père qui écarte les bras pour laisser son enfant marcher seul pour la première fois. Son amour nous rend libres. Il fait de nous des hommes et des femmes responsables, adultes dans la foi.

Cette confiance de Jésus à notre égard n’a d’égal que celle qu’il a pour son Père. Pour Jésus c’est allé jusqu’à la croix. Un tel amour est à la fois source de joie et de souffrance. La confiance est source d’émerveillement. Mais elle est aussi un risque. C’est une aventure qui nous apprend sans cesse à dépasser nos propres limites. La confiance donné et reçue nous grandit et nous rend humbles.

En ressuscitant Jésus et en l’élevant jusqu’à lui, Dieu confirme que ce chemin est celui de la vraie vie. Accepter le risque de la foi et mettre sa confiance en l’amour de Dieu nous fait passer, avec le Christ, de la mort à la vie. Notre Dieu est un Père plein d’amour qui croit en nous. Il fait de nous des hommes et des femmes libres, capables d’avancer sur le chemin qui conduit à lui. C’est par Jésus et avec lui que nous pourrons avancer sur ce chemin. En d’autres termes, on peut dire que l’Ascension du Christ nous prépare à notre ascension ; cette montée a commencé au jour de notre baptême et elle doit se continuer tout au long de notre vie.

Cette fête de l’Ascension est une bonne nouvelle pour notre monde qui en a bien besoin. Nous le voyons trop souvent plongé dans la méfiance et le doute. Pour beaucoup, l’avenir semble bouché. Si on veut gagner la confiance, il faut la mériter. Quand la rentabilité et l’efficacité deviennent les maître-mots, cela devient angoissant. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne peuvent plus supporter cette situation paralysante.

Devant tant de souffrances, nous entendons régulièrement cette question : “où est-il ce Dieu dont vous nous parlez” ? Il est bien là, présent au cœur de nos vies. Mais le problème c’est que nous sommes ailleurs. Les apôtres ont été envoyés dans toutes les nations. Leur mission a été de proclamer l’amour vainqueur. Aucune mort ne pourra arrêter sa course. C’est de cela que nous avons à témoigner dans notre vie de tous les jours. Le Christ ressuscité n’est plus visible à notre regard, mais le monde doit pouvoir contempler son visage à travers nous, entendre son message à travers nos paroles et toute notre vie. Et surtout, ils doivent y découvrir quelque chose de l’amour passionné pour tous les hommes. C’est cela la confiance que Jésus nous fait. Alors, ne perdons pas une minute. C’est à chaque instant que nous avons à rayonner cette lumière qui vient de Dieu.

L’Ascension de Jésus fait naître en nous une grande espérance. C’est une joie très forte que nous ne pouvons pas garder pour nous. Le Christ vainqueur de la mort et du péché veut nous associer tous à sa victoire. Il nous donne chaque jour son Esprit Saint qui fait de nous des témoins et des messagers de son amour. C’est avec joie que nous nous engageons activement à l’épopée de l’évangélisation. Il n’est pas question de conquérir mais de servir et d’aimer au nom du Seigneur qui nous envoie. Nous sommes tous appelés à vivre en ce monde en témoignant de cette Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu.

En ce jour, nous prions le Seigneur en communion les uns avec les autres. Rappelons-nous que c’est auprès de lui que nous trouvons la source de toute vie et de tout amour. Qu’il nous garde toujours unis à lui pour que nous soyons toujours fidèles à la mission qu’il nous confie.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : Ascension du Seigneur

 

Mercredi de la 6ème semaine de Pâques (28 mai 2025)

L’Esprit de vérité
 
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »
© AELF
 
 
Méditation
Jésus vient de nous présenter le rôle de l’Esprit saint dans son rôle d’avocat. Aujourd’hui, il nous en parle dans son rôle d’enseignement. L’Évangile  insiste très fortement sur ce point : Seul l’Esprit Saint peut nous faire comprendre et vivre en profondeur le mystère de Dieu. Les apôtres ne l’ont découvert que très progressivement. Au départ, ils n’ont guère vu en Jésus qu’un prophète, un maître en religion. Puis ils ont vu en lui le Messie, et enfin le Fils de Dieu. Les croyants de la Bible ont découvert que le Seigneur Dieu ne ressemblait guère aux autres divinités. Il s’est révélé comme un Dieu aimant et sauveur, un Dieu qui veut conduire l’humanité à sa propre vie divine. En Jésus, c’est le même Dieu qui se révèle. Il est le Dieu qui nous aime au point de devenir l’un de nous. Il nous conduit dans sa vie. Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous annonce qu’il nous a laissé son Esprit pour continuer à nous guider vers la Vérité tout entière, vers la vie de Dieu.
 
Voilà donc une approche bien limitée de ce mystère de Dieu. Je dirai que c’est un peu comme les vitraux d’une cathédrale : vus de l’extérieur, ils sont bien gris. Pour voir leur éblouissante lumière, il faut entrer, il faut franchir la porte. C’est alors que nous découvrons la merveille insoupçonnable. C’est ainsi que Dieu nous révèle les merveilles de son amour. Il nous ouvre la porte de son cœur pour nous les partager de l’intérieur. Mais rien n’est possible si nous ne plongeons pas dans cet océan d’amour qui est en Dieu.
 
C’est de cela que nous avons à témoigner dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons à lui dire que Dieu l’aime et qu’il nous appelle tous à revenir vers lui. C’est en vue de cette mission  que Jésus nous envoie l’Esprit Saint, pour qu’il nous conduise vers la Vérité tout entière. L’important, ce n’est pas d’avoir de grandes qualités intellectuelles, c’est d’être rempli de l’amour de Dieu et de vouloir le communiquer aux autres. Tout commence par le temps où nous venons puiser à la source dans la prière, l’écoute de la Parole Dieu et surtout l’Eucharistie. C’est à ce prix que nous pourrons être l’Église  de la Pentecôte.
 

Que ton Esprit, Seigneur, soit avec nous pour nous aider à accueillir l’amour qui vient de toi. Qu’il nous donne force et courage pour en être les témoins tout au long de notre vie.

La première en chemin, Marie tu nous entraines
A risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu.
Et voici qu’est semé en l’argile incertaine
De notre humanité, Jésus Christ, Fils de Dieu

Marche avec nous, Marie , sur nos chemins de foi,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu

 

Mardi de la 6ème semaine de Pâques (27 mai 2025

Viens Esprit Saint

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 5-11
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé,
et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”
Mais, parce que je vous dis cela,
la tristesse remplit votre cœur.
Pourtant, je vous dis la vérité :
il vaut mieux pour vous que je m’en aille,
car, si je ne m’en vais pas,
le Défenseur ne viendra pas à vous ;
mais si je pars, je vous l’enverrai.
Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde
en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché,
puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice,
puisque je m’en vais auprès du Père,
et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement,
puisque déjà le prince de ce monde est jugé. » (AELF)
 
 
Méditation
Avec cet Évangile, nous sommes à quelques heures de la Passion et de la mort de Jésus ; la perspective de ce départ est très douloureuse pour ses disciples. Mais il s’efforce de les rassurer en leur annonçant la venue de Celui qu’il appelle le Défenseur. Ce défenseur c’est l’Esprit Saint. Il va dénoncer la perversité du monde. Quand l’Évangile de saint Jean parle du monde, c’est le monde mauvais, celui qui refuse Jésus et qui organise sa vie sans Dieu, celui qui appelle bien ce qui est mal.
 
Nous nous préparons à fêter l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte. Ces deux fêtes nous révèleront la lumière éclatante de la croix. C’est la victoire de l’Amour sur le mal et le péché. Plus un amour est grand, plus on prend conscience de ce qui l’offense.
 
Comme la foule au jour de la Pentecôte, nous n’avons qu’une question à nous poser : « Que devons-nous faire ? » La réponse est toujours la même : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Invoquons l’Esprit de Vérité pour faire la lumière en nous et nous tourner vers le Seigneur pour qu’Il nous sauve. Et que la Vierge Marie nous accompagne pour nous aider à faire « Tout ce qu’il nous dira ».
 
 

Lundi de la 6ème semaine de Pâques (26 mai 2025)

« Quand viendra le Défenseur… »
 
Les 7 moines de Tibhirine
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16,1-4a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés.
On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.
Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.
Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
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Méditation
Nous continuons notre méditation sur le discours de Jésus au soir du Jeudi Saint. Aujourd’hui, il avertit ses disciples qu’ils auront à souffrir de la haine du monde. Leur vie sera un dur combat. Ils devront faire preuve de courage et de ténacité. Ils seront persécutés, battus, emprisonnés, martyrisés. Ceux qui leur feront subir tout cela s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.
 
Mais face à toutes ces attaques, les disciples de Jésus ne sont pas seuls. Il leur a promis un « défenseur » : c’est « l’Esprit de Vérité » qui procède du Père et du Fils. Il est toujours là pour accompagner les chrétiens persécutés. Il vient leur donner force et courage pour témoigner de leur foi au Christ.
 
Tout au long des siècles, on a cherché à étouffer l’annonce de l’Évangile. Pour beaucoup, la foi des chrétiens c’est de « l’obscurantisme ». Leur témoignage dérange car il va à l’opposé des idées à la mode. En fait, les accusateurs ne « connaissent » pas le vrai Dieu. Ils n’ont pas su contempler sa gloire manifestée dans le crucifié.
 
L’Esprit Saint nous est donné pour nous fortifier dans la foi. Quand les chrétiens sont tournés en dérision, quand ils sont persécutés, il intervient comme « défenseur ». C’est lui qui donne aux martyrs d’aujourd’hui le courage nécessaire pour rester fidèles jusqu’au bout. Avec Marie et avec toute l’Église, nous nous préparons à accueillir ce don de Dieu.
 
« O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre… »
 

6ème dimanche de Pâques (25 mai 2025)

O Seigneur, envoie ton Esprit

Textes bibliques : Lire

Pistes pour, l’homélie
Les textes bibliques de ce dimanche nous préparent à la grande fête de la Pentecôte. Ils nous annoncent ce que sera la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres et sur ceux qui entendront leur parole. Le livre des Actes des Apôtres nous dit que la bonne nouvelle se répand de plus en plus : de nombreux païens se convertissent à Jésus Christ. Mais un problème surgit : Des gens venus de Judée veulent leur imposer les pratiques reçues de la loi de Moïse. Mais contrairement à ce que pensent les esprits chagrins, l’ouverture au monde n’est pas un abandon de la foi. L’Église doit être ouverte aux nouveaux convertis. L’important ce n’est pas d’être fidèle à des traditions mais d’être fidèle à Jésus Christ et à sa parole.

Il faut le dire et le redire : la mission de l’Église n’est pas de sauver des traditions mais de travailler avec Jésus Christ qui veut sauver le monde. Nous sommes tous appelés à participer à cette mission. Quelqu’un a dit qu’une paroisse qui n’évangélise pas est une paroisse morte. Nous sommes tous invités à revenir au cœur de la foi et à en être les témoins dans le monde d’aujourd’hui. C’est l’Esprit saint qui nous y pousse. Sa présence dans notre vie et notre monde vient tout bousculer. Il ne suffit plus de respecter une loi et des interdits. Ce qui nous est proposé c’est de plonger dans cet océan d’amour qui est en Dieu. Si nous faisons cela, plus rien ne peut être comme avant.

Le texte de l’Apocalypse (2ème lecture) nous parle également d’ouverture. À sa manière, il nous fait redécouvrir la foi de Pâques. La résurrection de Jésus nous ouvre à un monde neuf et tout autre : nous savons que, dans la tradition biblique, la ville de Jérusalem est le lieu que Dieu a choisi pour habiter parmi les hommes. Désormais, le Christ ressuscité vient faire de nous un peuple ouvert aux quatre points de l’horizon ; nous ne devons jamais oublier cette perspective universelle. Si le Christ a livré son Corps et versé son sang, c’est précisément pour nous et pour le monde entier.

L’Évangile de ce jour vient justement nous rappeler que le plus important n’est pas de respecter des règles ou des traditions mais de nous attacher au Christ. Il est “le chemin, la vérité et la Vie”. Ses paroles sont celles “de la Vie éternelle”. Il veut nous faire entrer dans son intimité avec le Père et l’Esprit Saint : “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui, chez lui nous ferons notre demeure.” C’est ce qui se passe chaque fois que nous allons communier : Dieu vient habiter en nous, nous devenons le temple de Dieu.

Cette présence est bien plus efficace que celle du temps où il marchait sur les terres de Palestine. En effet, ce n’est plus seulement Jésus mais le Père et l’Esprit Saint qui viennent demeurer en nous. Et si Dieu vient en nous, c’est au nom de l’amour qu’il nous porte. Cet amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous n’oublions pas que Jésus a prononcé ce discours la veille de sa Passion. Il se préparait à livrer son corps et à verser son sang pour nous et pour la multitude.

Ces paroles du Christ sont comme un testament ; elles nous disent ses dernières volontés : garder sa parole et y être fidèle, même dans les moments les plus difficiles. Notre amour ne peut qu’être une réponse à celui qui ne cesse de faire le premier pas vers nous. Le seul désir du Christ c’est d’aimer chacun de nous comme s’il était son unique souci. Et il compte sur nous pour que nous en soyons les témoins vivants par nos paroles et surtout par toute notre vie.

Nous chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés dans le monde pour transmettre ce flambeau. Dans ce monde, il y a beaucoup de choses merveilleuses, des gestes de générosité extraordinaires. Il y a aussi beaucoup de souffrances ; la paix est de plus en plus menacée ; de nombreux chrétiens sont persécutés à cause de leur foi en Jésus Christ ; un peu partout, nous assistons à une montée de la violence, du racisme et de l’exclusion. Mais nous ne devons pas désespérer : ce monde malade, le Christ l’aime ; il a donné sa vie pour tous. Avec lui, nous apprenons à voir les autres comme il les voit et à les aimer comme il les aime. Il nous envoie pour y être les signes vivants de son amour par nos paroles, nos actes et toute notre vie.

En ce mois de mai, nous continuons à nous tourner vers Marie, notre Maman du ciel. Comme aux noces de Cana, elle continue à nous dire : “Faites tout ce qu’il vous dira”. Elle était avec les apôtres qui se préparaient à recevoir l’Esprit Saint en vue de la mission ; elle est aussi avec nous pour nous inviter à accueillir le don de Dieu. Sa présence vient raviver notre foi, notre lien profond avec le Christ et notre désir de le suivre sur le chemin vers la Maison du Père.

Télécharger : 6ème dimanche de Pâques

Sources : Revue Feu Nouveau – Pour célébrer l’eucharistie (Feder et Gorius) – homélie pour l’année C (Amédée Brunot) – Célébrons dimanche (assemblées de la parole) – missel de dimanche et fêtes des trois années – dossiers personnels.

Samedi de la 5ème semaine de Pâques (24 mai 2025)

DANS UN MONDE QUI A DE LA HAINE
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 18-21
 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. » (AELF)
 
Méditation
Jésus vient de parler de son amour pour ses disciples. Dans l’Évangile de ce jour, il leur annonce qu’ils auront à souffrir à cause de lui :  » Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. » L’Évangile de saint Jean a été écrit bien après la résurrection du Christ. Les chrétiens de Rome subissent la persécution ; dans le monde juif, ils sont exclus des synagogues. La foi chrétienne est considérée comme de « l’obscurantisme ».
 
Si Jésus subit toute cette haine c’est parce qu’il témoigne de ce qu’il y a de mauvais dans le monde. Cette haine atteint les disciples parce qu’ils dénoncent le monde pécheur. Et surtout, ils sont porteurs des paroles de Jésus qui vont à l’opposé de ce que vit le monde.
 
Le XXème siècle est celui qui a connu le plus grand nombre de martyrs. Et cela continue au XXIème. Nous vivons dans un monde qui refuse Dieu. Le conflit est sans pitié. Le procès de Jésus n’est pas achevé. Mais le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera.
L’image ci-dessus est horrible. Et pourtant c’est la réalité. Des églises sont vandalisées ou incendiées. Des chrétiens, hommes, femmes et enfants sont persécutés et mis à mort à cause de leur foi. Le message de l’Évangile va à l’encontre de la mentalité du monde. Il dérange. Alors on fait tout pour l’éliminer. Mais rien ni personne ne peut arrêter la Parole de Dieu. O Marie, toi que nous appelons « Notre Dame de la Paix », prie pour nous pauvres pécheurs.
 
 
Nous nous tournons vers la Vierge Marie : qu’elle intercède pour nous et pour notre monde