Jeudi de la 19ème semaine du temps ordinaire (14 août 2025)

Une dette démesurée
 
70 fois sept fois
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 21 – 19, 1
    En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.
 
    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
     Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
    Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
     Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Lorsque Jésus eut terminé ce discours,
il s’éloigna de la Galilée
et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. (AELF)
 
 
 
Méditation
« Lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? » Un de mes amis disait : « Une fois, ça passe, deux fois ça lasse, trois fois, ça casse ». Et il ajoutait qu’avec Dieu, ça ne casse jamais.
 
 Pour nous faire comprendre cela, Jésus nous parle d’un serviteur qui doit à son roi une somme démesurée. Dix mille talents, cela représentait soixante millions de pièces d’argent. Ce chiffre exorbitant veut souligner l’importance de la remise de la dette. Cette histoire dépasse le raisonnable. Elle nous dit que devant Dieu, nous sommes tous des serviteurs insolvables. Notre péché représente un lourd passif. Que pourrions-nous faire pour être quittes ? Mais Dieu n’est pas un banquier qui exige le remboursement de la dette et des intérêts. Quand nous le supplions, il nous libère au nom de l’amour qu’il nous porte.
 
La démesure de la dette annulée et la folle générosité du maître ne sont qu’une image notre situation par rapport à Dieu. En raison de notre péché, nous sommes devenus des débiteurs insolvables. Et pourtant, Dieu nous fait grâce. Il est le « pardonneur« . Ce mot n’existe pas dans le dictionnaire, mais il définit bien ce qu’est Dieu. « Nos péchés les plus graves, disait le curé d’Ars, ne sont qu’un grain de sable face à la montagne de miséricorde du Seigneur. » Dieu pardonne infiniment. Il n’en finit pas de pardonner. Ce qu’il nous demande aujourd’hui, il l’a vécu jusqu’au bout.
 
Si le Seigneur se comporte ainsi à l’égard des hommes, comment peuvent-ils refuser de pardonner ? Encore une fois, cela reste difficile et douloureux. Mais l’exemple venu d’en haut peut nous aider et nous stimuler. Ce pardon donné et reçu c’est quelque chose d’extraordinaire. Celui qui le reçoit commence à « revivre » par la force de ce pardon. Malheureusement, trop de gens restent fâchés jusqu’à la mort. On enferme l’autre dans son passé et on ne lui laisse aucune chance de faire un geste de paix.
 
L’offense d’un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses à côté de nos péchés et de nos manques envers Dieu. Cent euros que me doit mon frère, c’est insignifiant par rapport aux soixante millions que je dois. La fin de cette parabole semble contredire ce qui est dit sur le pardon sans limite du Seigneur. En fait ce n’est pas Dieu qui refuse de pardonner. C’est l’homme au cœur dur qui devient imperméable au pardon de Dieu.
 
Par le sacrement de la réconciliation, Dieu est là pour nous renouveler dans la grâce du baptême. Nous retrouvons notre place d’enfants de Dieu. Par-delà le péché, Dieu nous redit sa tendresse. Son pardon nous donne un cœur nouveau et nous réapprend à aimer. Le Christ ressuscité dépose en nous son Esprit qui nous restaure dans la fraternité. En ce jour, Seigneur, nous te confions notre désir de pardon. Par ton Eucharistie, viens en aide à notre fragilité. Donne-nous force et courage pour aimer comme toi et pardonner comme toi. Amen

Mercredi de la 19ème semaine du temps ordinaire (13 août 2025)

Envoyés vers le frère qui a péché
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 15-20
 
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
    S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
    S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
    Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.
 
    Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
    En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux. »
© AELF
 
 
 
Méditation
 
Jésus  nous dit aujourd’hui que nous sommes envoyés vers le frère qui a péché. Il a tourné le dos à l’amour de Dieu et s’est enfoncé dans son refus. Notre mission n’est pas de le corriger ni de lui faire la morale. Nous devons d’abord nous rappeler que Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il veut ramener à lui tous ses enfants dispersés. Aujourd’hui, il nous invite à partager son souci en nous aidant mutuellement à vivre en enfant de Dieu. Notre mission n’est pas d’épier le péché de notre frère mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.       
 
Nous ne devons jamais oublier que celui qui a péché est d’abord notre frère. Avant d’être un coupable, il est un frère qu’il faut aimer, un malade qu’il faut soigner et guérir. Il ne s’agit plus d’accuser ou de dénoncer mais d’avoir un regard qui accueille et redonne confiance. C’est cette attitude qu’a eu Jésus envers la Samaritaine. Il a eu une qualité d’écoute et un regard qui ont provoqué en elle ce retournement et cette conversion.         
 
Si cette rencontre individuelle n’aboutit pas, Jésus nous invite à faire comme le médecin qui fait appel à un confrère : « Prends avec toi deux ou trois personnes… » A deux ou trois, on y voit plus clair. On arrivera à mieux le persuader. Puis en cas de refus, on va le dire à la communauté de l’Église. Elle va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener à Dieu.        
 
« S’il n’écoute pas l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. » Non, ce n’est pas la condamnation finale qui exclut le pécheur. C’est lui qui s’est mis en dehors. Tout doit être entrepris par l’ensemble de la communauté pour ramener celui ou celle qui s’est égaré en prenant une mauvaise orientation. Nous sommes tous responsables les uns des autres : un jour, Dieu nous posera la question : « qu’as-tu fait de ton frère ? »   
 
Cet Évangile se termine par un appel à nous unir dans la prière. Quand nous sommes réunis en son nom, Jésus est là. Il nous rejoint pour mettre son amour en nos cœurs. C’est avec lui que nous pourrons refaire la communion qui est cassée. Et surtout, n’oublions jamais que pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors « aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur. Amen

Mardi de la 19ème semaine du temps ordinaire

Jésus berger de toute humanité…
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu  (18, 1-5.10.12-14)
    À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Qui donc est le plus grand
dans le royaume des Cieux ? »
    Alors Jésus appela un petit enfant ;
il le plaça au milieu d’eux,
    et il déclara :
« Amen, je vous le dis :
si vous ne changez pas
pour devenir comme les enfants,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
    Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,
celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
    Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom,
il m’accueille, moi.
    Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits,
car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux
voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
    Quel est votre avis ?
Si un homme possède cent brebis
et que l’une d’entre elles s’égare,
ne va-t-il pas laisser les 99 autres
dans la montagne
pour partir à la recherche de la brebis égarée ?
    Et, s’il arrive à la retrouver,
amen, je vous le dis :
il se réjouit pour elle
plus que pour les 99
qui ne se sont pas égarées.
    Ainsi, votre Père qui est aux cieux
ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »
(AELF)
 
 
 
 Méditation
« Qui est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Cette question est posée par des disciples qui se prennent très au sérieux. Ils sont très attachés aux préséances à respecter. La réponse de Jésus n’est pas celle qu’ils avaient prévue. Il appelle un gosse de la rue et le jette au milieu de ces grandes personnes. Et il leur dit que s’ils ne deviennent pas comme des enfants, ils n’entreront pas dans son Royaume.
 
Cet Évangile nous invite donc à changer notre regard sur les enfants. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Qui touche à un enfant touche à Jésus. Chacun doit être respecté, surtout les plus faibles. À travers eux, c’est Jésus qui est là.
 
Cet Évangile nous invite également à changer notre regard sur la « brebis perdue ». Nous vivons dans une société qui accuse et qui enfonce ceux qui ont fauté. Elle oublie que le Christ est venu dans le monde pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». C’est pour eux qu’il a  donné sa vie sur une croix. Alors, qui sommes-nous pour condamner ?

Lundi de la 19ème semaine du temps ordinaire (11 août 2025)

Deux drachmes pour le temple

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17. 22-27
    En ce temps-là,
    comme Jésus et les disciples étaient réunis en Galilée,
il leur dit :
« Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ;
    ils le tueront
et, le troisième jour, il ressuscitera. »
Et ils furent profondément attristés.
    Comme ils arrivaient à Capharnaüm,
ceux qui perçoivent la redevance des deux drachmes pour le Temple
vinrent trouver Pierre et lui dirent :
« Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas ? »
    Il répondit :
« Oui. »
Quand Pierre entra dans la maison,
Jésus prit la parole le premier :
« Simon, quel est ton avis ?
Les rois de la terre,
de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ?
De leurs fils, ou des autres personnes ? »
    Pierre lui répondit :
« Des autres. »
Et Jésus reprit :
« Donc, les fils sont libres.
    Mais, pour ne pas scandaliser les gens,
va donc jusqu’à la mer,
jette l’hameçon,
et saisis le premier poisson qui mordra ;
ouvre-lui la bouche,
et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes.
Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi. » (AELF)
 
 
Méditation
Cet Évangile nous rapporte la 2ème annonce de la Passion de Jésus. « Le Fils de l’Homme est livré aux mains des hommes ». Cette annonce attriste profondément les disciples. Pour eux, c’est inimaginable. La Passion ne fait pas partie de leur vision du Messie. Ils ont encore beaucoup de choses à apprendre. Ils ne comprendront que plus tard, à la lumière de Pâques. Le Christ ressuscité est vainqueur de la mort et du péché.
 
Mais voici que survient une étrange question : les percepteurs de la redevance des « deux drachmes » s’approchent de Pierre pour lui demander si son maître paie bien cette redevance. Voilà une question bien dérisoire par rapport aux révélations que Jésus vient de faire. Le vrai Temple vivant, c’est Jésus lui-même. Le fils du roi n’a pas à payer l’impôt à son père. Jésus est chez lui dans le Temple de Dieu. De ce fait, il n’a pas à payer l’impôt pour l’entretien de ce temple.
 
Mais pour éviter de scandaliser, il s’acquitte des deux drachmes comme tout le monde. Il se soumet librement aux lois de son peuple. C’est important pour nous : nous sommes dans la situation des fils libérés mais aussi membres d’une communauté humaine qui a ses propres lois. Notre rapport à l’argent doit être exemplaire. Certains médias ne se gênent pas pour dénoncer les scandales qui pourraient survenir dans la vie des chrétiens. Personne ne doit se croire au-dessus des lois.
 
L’offrande que le Seigneur attend de nous n’est plus de deux drachmes. « Aimer c’est tout donner, c’est se donner soi-même ».

19ème dimanche du temps ordinaire (10 août 2025)

Ne craignez pas…

Textes bibliques : Lire

“Sois sans crainte petit troupeau !” Voilà un message que nous retrouvons souvent tout au long de la Bible : “Ne crains pas, dit Dieu, je suis avec toi.” Et quand saint Luc écrit son évangile, il pense aux chrétiens persécutés. Il se rend compte que tout va mal et que beaucoup sont tentés d’abandonner la foi. Alors, il leur rappelle les paroles de Jésus autrefois : “Sois sans crainte petit troupeau !” Cette image du troupeau est beau symbole. Elle exprime la vigilance, l’amour de Dieu pour son peuple. Jésus se présente aux siens dans le rôle du berger. Il est le bon pasteur qui veille sur chacune de ses brebis et rien ne saurait les séparer de son amour.

Cette crainte qui menaçait les premiers chrétiens, nous la connaissons bien. Nous avons souvent bien des raisons d’avoir peur. Nous pensons à nos limites, nos fragilités face aux difficultés et aux rudesses de la vie. Nous avons conscience de nos péchés. Nous savons aussi qu’il n’est pas évident d’affirmer sa foi dans un monde hostile et indifférent. Mais la Parole de Dieu retentit inlassablement : “Ne crains pas, je suis avec toi ; n’aie pas ce regard anxieux car je suis ton Dieu. (Is 43. 1) Comme il l’a fait pour ses apôtres lors d’une tempête sur le lac, Jésus nous interpelle : “Confiance ! je suis là, n’ayez pas peur.” Le même Christ nous rejoint dans les tempêtes de notre vie pour nous rassurer et nous inviter à aller de l’avant. Il nous recommande de nous raccrocher à lui et de marcher à sa suite. Ce mal qui nous accable n’aura pas le dernier mot.

Le petit troupeau d’autrefois a grandi mais l’Eglise du Christ n’en reste pas moins un petit troupeau. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne connaissent pas Jésus et qui, trop souvent, ne veulent pas de lui. Le Seigneur n’a pas promis le succès ni la puissance à son Eglise. Il veut simplement qu’elle soit “le sel de la terre” et “le levain dans la pâte”. Bien sûr, cela ne sera possible que si nous sommes en communion avec lui. Le sel de la terre et le levain dans la pâte c’est d’abord lui. Si nous venons à lui c’est pour accueillir cet amour qui est en lui afin qu’il transforme notre vie et celle de notre monde. C’est en nous immergeant dans cet amour que nous deviendrons le sel de la terre et le levain dans la pâte.

Mais cela n’est jamais acquis une fois pour toutes. Nous sommes parfois tentés de revenir en arrière. Aujourd’hui, Jésus nous recommande de rester vigilants : “C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’Homme viendra.” Il ne s’agit pas d’entretenir une inquiétude ni une angoisse devant “le Maître qui tarde à venir”. Cette vigilance c’est celle de l’amour qui cherche toujours à grandir et qui s’ouvre davantage aux autres. Cet amour nous empêche de nous replier sur nous-mêmes et de nous endormir sur nos soucis, grands ou petits. Être vigilants c’est creuser toujours plus en nous le désir de la présence de l’Esprit de Jésus, c’est rester attentifs à sa Parole, c’est apprendre à aimer toujours mieux parce que nous sommes infiniment aimés.

Dans l’évangile de ce dimanche, nous avons entendu des propos qui ont pu nous surprendre, surtout venant de Jésus : “Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre.” Le danger serait de transposer ces paroles sur le registre de la loi. Enfreindre une loi entraîne une punition. Or, avec Jésus, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Avec lui, il faut se situer encore et toujours sur le plan de l’amour. Celui qui aime peu n’a pas conscience des exigences d’une relation aimante. Mais plus l’amour grandit, plus on voit ce qui l’offense. Plus l’intimité avec Jésus grandit, plus les conséquences de cette intimité s’accroissent. C’est cette prise de conscience qui fait que certaines personnes demandent souvent le sacrement de la réconciliation.

Voilà donc un évangile qui nous interpelle sur de nos responsabilités dans l’Eglise. Et il le fait en plein milieu de l’été et des vacances pour certains. Nous aurions peut-être préféré y réfléchir à un autre moment, par exemple à la rentrée. Mais il est important que profitions de cette période pour faire le point sur notre vie. Il est indispensable de garder les yeux fixés sur le Seigneur. Il est le seul trésor de notre cœur. Prions-le ensemble, en communion les uns avec les autres : qu’il nous donne de rester “en tenue de service” sans craindre ce monde dans lequel il nous envoie ; qu’il garde nos lampes allumées, la lampe de la foi, la lampe de la prière, la lampe de l’amour.

Seigneur Jésus, tu nous promets un avenir de joie et de lumière auprès de toi. Garde nous vigilants dans l’espérance, ouverts et accueillants aux signes de l’Esprit Saint. Alors ta venue, loin de nous surprendre, sera notre bonheur pour les siècles des siècles. Amen

Prière universelle

Invitation.
Ensemble, présentons au Seigneur, Dieu de lumière, toutes les intentions de notre humanité, de notre Église, de nos communautés et de nos familles.

Refrain : Toi qui es lumière, toi qui es l’amour, mets dans nos ténèbres ton Esprit d’amour.

Pistes pour les intentions.
Seigneur, donne à tous les responsables de ton Église cette vigilance attentive, toujours présente, pour soutenir la marche de tes enfants, à ta suite, dans la foi. R /

Seigneur, donne à tous les hommes et femmes de bonne volonté de découvrir la vigilance pour transformer ce monde en une terre où l’amour sera toujours plus fort que la haine. R /

Seigneur, suscite des hommes et des femmes sachant prendre la tenue de service pour devenir les veilleurs actifs d’un monde plus fraternel et plus humain. R /

Seigneur, fais que tous les chrétiens soient des veilleurs soucieux de communiquer la lumière de ta Bonne Nouvelle à tous ceux qui marchent dans la nuit. R /

Conclusion
Oui, Seigneur, accueille notre prière pour toute notre humanité et fais de nous tous des veilleurs dans la foi. Par le Christ, notre Seigneur. Amen

Télécharger l’homélie et des pistes pour la prière universelle : 19ème dimanche du temps ordinaire

9 août : sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein)

Veillez  

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 1-13
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
    Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
 

.

Méditation
En nous racontant cette parabole, Jésus voudrait attirer notre attention sur un message de la plus haute importance. Le cortège des jeunes filles qui accompagne l’époux représente la communauté des chrétiens. C’est donc de notre vie qu’il s’agit ; de quel côté sommes-nous ? Des prévoyants ou des « insensés » ?
 
En nous racontant cette parabole Jésus veut nous parler d’une autre noce. Nous y sommes tous invités. Comprenons bien : la Bible est une grande histoire d’amour. C’est l’histoire des noces de Dieu avec l’humanité. Dès le départ, nous découvrons un Dieu qui a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. Malheureusement, l’homme s’est détourné de son Dieu. Il est tombé bien bas. Mais Dieu ne cesse de lui renouveler son alliance. Il l’aime comme un époux aime son épouse. Mais il ne peut pas nous sauver sans nous. Il attend de notre part une réponse libre et aimante.
 
Aujourd’hui, Jésus nous adresse un avertissement très fort : « Veillez donc car vous ne savez pas ni le jour ni l’heure. » Non, il ne s’agit pas d’une menace pour nous faire peur. L’évangile est d’abord une bonne nouvelle qui doit radicalement changer notre vie. Le retour du Christ nous est présenté comme un événement merveilleux auquel nous devons nous préparer tout au long de notre vie. Cette rencontre avec lui sera une grande fête. Mais comme chacun sait, une fête ça se prépare. Celui que nous attendons, c’est notre Sauveur. Il nous faut être prêt à le recevoir. Cela suppose une vigilance de tous les jours et un comportement conforme à la volonté de Dieu.
 
A travers ces dix jeunes filles, Jésus évoque d’abord le peuple des Juifs qui attendent la venue du Messie. Il constate que, de fait, beaucoup se sont assoupis. Mais voilà que Jésus arrive ; en lui, c’est le salut de Dieu qui est offert à tous. Cette parabole vaut aussi pour tous les chrétiens de tous les temps. Beaucoup se sont laissé gagner par le sommeil. L’usure du temps, la fatigue, la routine, la souffrance endorment notre foi et notre espérance. On s’installe dans l’insouciance et on oublie celui qui donne son vrai sens à notre vie. Il ne nous suffit pas d’être invité pour entrer, il faut surtout être prêt.
 
Les sages, les prévoyants, les avisés, ce sont ceux et celles qui ont choisi de s’installer dans la fidélité. Ils se sont donné des temps réguliers de prière. Ils se sont nourris de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Ils ont compris qu’un feu qui n’est pas alimenté s’éteint vite. Un jour, Jésus a dit : « Gardez vos lampes allumées » : Cette lampe c’est celle de notre conscience. Pour nous chrétiens, c’est celle de notre foi, celle de notre espérance, celle de la prière. L’huile de cette lampe, c’est l’amour de Dieu qui doit imprégner toute notre vie. Cet évangile est donc pour nous un appel pressant à puiser à la source de cet amour qui est en Dieu.
 
En ce jour, nous te prions, Seigneur : aide-nous à rester éveillés et à reconnaître les signes de ta présence au milieu de nous. Avec toute l’Église, nous te prions : « Viens, Seigneur Jésus, nous avons prévu ton retour, nous sommes éveillés pour veiller. » Amen
 

Vendredi de la 18ème semaine du temps ordinaire (2025)

Si quelqu’un veut me suivre
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 24-28
En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
    Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite.
 
    Amen, je vous le dis :
parmi ceux qui sont ici,
certains ne connaîtront pas la mort
avant d’avoir vu le Fils de l’homme
venir dans son Règne. »
© AELF
 
 
Méditation
« Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Et nous qui pensions que l’Évangile était une bonne et heureuse nouvelle, nous voilà bien remis en place. D’autant plus que l’apôtre Paul en rajoute une dose : « Je vous exhorte, par la tendresse de Dieu à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu. » Certains peuvent se poser des questions : Serions-nous dans une religion de souffrance ?
 
La volonté du Seigneur n’est pas que nous soyons malades ni que nous souffrions. Lui-même nous a dit qu’il est venu pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. C’est vrai, dans la Bible, on trouve le mot « sacrifice ». Mais dans ce mot, il y a « sacré ». C’est l’amour infini de Jésus pour son Père qui le fait sacré par excellence. Jésus a entraîné dans sa mort la plénitude de l’amour. Sa mort est l’aboutissement de toute sa vie d’amour. Le sacrifice de Jésus, ce ne sont pas ses souffrances, mais l’accueil de l’amour du Père. Le christianisme n’est pas une religion de souffrance. C’est celle de la vie habitée par l’amour.
 
L’évangile de ce jour nous adresse un commandement très fort : « Passe derrière moi ! » C’est un appel à changer notre regard sur Dieu et sur le sens que nous donnons à notre vie. Le plus important ce n’est pas la réussite matérielle, la promotion, la mise en valeur du moi. Jésus voudrait nous orienter vers une autre logique, celle de l’amour vrai, du don de soi, de la gratuité. C’est sur ce chemin que nous sommes appelés à le suivre. En choisissant le Christ, nous choisissons la Vie. La vraie joie est au terme d’un dépassement. Le Christ vient déposer en nous une soif d’aller toujours plus loin dans sa recherche, dans le cœur à cœur avec lui au service des plus pauvres.
 

Jeudi de la 18ème semaine du temps ordinaire (2025)

Pour vous, qui suis-je ?

 
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 13-23
 
    En ce temps-là,
    Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
    Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
    Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ?
Pour vous, qui suis-je ? »
    Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
    Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
    Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
    Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »
    Alors, il ordonna aux disciples
de ne dire à personne que c’était lui le Christ.
 
    À partir de ce moment,
Jésus commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué,
et le troisième jour ressusciter.
    Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. » (AELF)
 
 
 « Que  dit-on de moi autour de vous ? » C’est la question que Jésus pose à ses disciples.  Les avis sont partagés : pour les uns, c’est Jean Baptiste revenu à la vie. Pour d’autres, c’est Élie dont on attendait le retour, ou encore Jérémie ou l’un des prophètes… Aujourd’hui, beaucoup reconnaissent en Jésus une personnalité hors du commun. Il a marqué l’histoire du monde d’une manière exceptionnelle. Mais de plus en plus, le nom de Jésus n’évoque plus rien. Beaucoup n’ont jamais entendu parler de lui.
 
Vient ensuite une deuxième question de Jésus : « Pour vous, qui suis-je ? » Nous pouvons imaginer le silence gêné des disciples. Heureusement, il y a Pierre qui est toujours très spontané : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » Pierre a vécu des expériences fortes : il y a eu l’événement de la multiplication des pains, la tempête apaisée, de nombreuses guérisons. Il en a été profondément marqué. Aujourd’hui, il est proclamé heureux parce qu’il a reçu la lumière de la foi.
 
Dans le même langage, Jésus s’adresse à chacun de nous aujourd’hui : Qui suis-je pour vous ? Quelle est votre profession de foi. Il ne s’agit pas de réciter une réponse apprise au catéchisme ou trouvée dans un livre. Le plus important c’est de nous demander quelle place il tient dans notre vie. Est-il vraiment au centre de tout ce qui est important pour nous ? Est-il notre chemin, notre vérité et notre vie ? Qu’en est-il de notre bonheur de croire ? De plus en plus, nous trouvons des témoignages de gens dont la vie a été bouleversée par une rencontre avec lui. Autrefois, ils étaient très loin de la foi. Puis un jour, ils ont découvert son amour qui dépasse tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Pour eux, c’est quelque chose d’extraordinaire.
 
Pour Pierre, reconnaître en Jésus le Messie équivaut à un engagement à sa suite. Cet engagement n’est pas à sens unique : le Seigneur s’est engagé envers Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église. » Remarquons que le bâtisseur c’est lui. Notre mission ce n’est pas de travailler pour le Seigneur mais de faire le travail du Seigneur. Si le Seigneur nous appelle à sa suite c’est pour nous embaucher à son chantier.
 
Il compte sur nous pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Il nous envoie vers les autres, vers tous ceux qui souffrent à cause du chômage, de l’exclusion, la violence, tous ceux pour qui la vie n’a plus aucun sens parce qu’ils se sentent inutiles. C’est dans ce monde-là que nous avons à témoigner de la foi qui nous anime. Mais au bout du compte, nous découvrons qu’il nous précède dans le cœur de ceux qu’il met sur notre route. Nous ne devons pas bâtir sans lui. Nous ne sommes pas à notre compte. Le Seigneur est présent avec nous, tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Si nous croyons vraiment en lui, nous ne nous laisserons pas aller au découragement. Nous croirons à l’avenir de l’Église et à l’avenir de l’homme aimé de Dieu.

6 aout 2025 : fête de la Transfiguration du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 28b-36
En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,
et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait,
l’aspect de son visage devint autre,
et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui :
c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire.
Ils parlaient de son départ
qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;
mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus,
et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui,
quand Pierre dit à Jésus :
« Maître, il est bon que nous soyons ici !
Faisons trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler,
qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ;
ils furent saisis de frayeur
lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils,
celui que j’ai choisi :
écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre,
il n’y avait plus que Jésus, seul.

Les disciples gardèrent le silence
et, en ces jours-là,
ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu. (AELF)
 

Méditation
Chaque année, le 6 août est consacré à fête de la Transfiguration du Seigneur. C’est un très grand mystère que nous sommes invités à contempler à la suite des trois apôtres que Jésus a pris avec lui sur la montagne.
 
Mais c’est surtout à la suite de Pierre que nous allons assister à cet événement unique de la vie de Jésus. Car s’il y a quelqu’un qui a osé se manifester ce jour-là, c’est bien Pierre. La transfiguration du Seigneur l’a tellement marqué qu’il en a longuement parlé dans sa deuxième lettre. Avec Pierre et à sa suite, voyons ce qui s’est passé : « Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. » L’événement de la Transfiguration consiste pour Jésus à manifester tout l’éclat et toute la gloire de sa divinité.
 
Jésus qui est homme veut montrer le plus clairement possible qu’il est aussi Dieu. Tout ce qui est humain en lui demeure véritablement humain. Mais tout cela prend un aspect et une apparence qui dépasse en plénitude tout ce que l’esprit de l’homme peut concevoir de lui. Mais ce qui est le plus important c’est le message que Jésus veut faire passer. Il veut montrer aux siens ce que Dieu réserve pour l’éternité à toute l’humanité régénérée par le mystère de son Incarnation et celui de la Rédemption Pascale. Élie leur apparut, avec Moïse et ils conversaient avec Jésus. Tout ce que les prophètes ont annoncé de la part de Dieu, tout ce que Moïse a enseigné au peuple que Dieu s’est choisi, tout cela, Jésus l’accomplit.

 

Il n’y a pas d’autre chemin que celui-là : Il faut croire les prophètes et accomplir ce qu’ils disent. Il faut observer la loi de Moïse. En d’autres mots, si nous voulons mériter la gloire du ciel, il faut obéir à la loi de Dieu et suivre l’Esprit du Seigneur qui nous parle par les prophètes. Pierre prend la parole : Maître, il est heureux que nous soyons ici : nous allons dresser trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie… Vraiment Pierre est heureux. Il veut que cela dure longtemps. C’est pour cela qu’il veut dresser trois tentes. Il veut que Jésus, Moïse et Élie puissent demeurer là devant lui, dans l’éclat et la splendeur de la gloire. C’est cela qu’il veut avoir devant les yeux pour toujours. Il s’en souviendra longtemps.

 

« Et voici qu’une nuée se forma et les couvrit de son ombre. Une voix s’éleva du sein de la nuée : Celui-ci est mon fils bien-aimé ; écoutez-le. Regardant aussitôt autour d’eux, ils ne virent personne si ce n’est Jésus seul avec eux.» L’événement va donc se terminer par une parole du Père, une parole qui révèle le Fils et qui invite à l’écouter. En plus de cette vision grandiose, il y donc cette voix du Père. Mais c’est ce discours du Père qui va mettre fin à la vision. La Transfiguration de Jésus n’est qu’une étape, un chemin vers la gloire du ciel.
 
Le chrétien vit déjà dans le ciel par la foi, l’espérance et la charité. Mais il demeure toujours sur terre, obligé de suivre fidèlement la loi de Dieu et les inspirations de l’Esprit du Seigneur. A la suite de Pierre, de Jacques et de Jean, nous devons tous écouter le Christ notre Maître. Il ne cesse de nous rassasier de sa parole et de son amour.
 
« Tandis qu’ils descendaient de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu avant que le fils de l’homme ne ressuscite d’entre les morts. Ils retinrent cette recommandation tout en se demandant les uns aux autres ce que voulait dire « ressusciter d’entre les morts ».
 
Aujourd’hui, Jésus est ressuscité. Le mystère de la transfiguration peut être proclamé partout et toujours. Alors n’hésitons pas à le faire. Le Christ  nous invite sans cesse à reprendre la marche avec Dieu et à lui faire une totale confiance. Il ne nous évitera pas les souffrances ni les peines de la vie. À travers toutes ces épreuves, il ne nous conduira pas jusqu’à la montagne de la transfiguration mais à quelque chose de plus grand, jusqu’à la gloire de la résurrection. Alors oui, faisons-lui confiance, même si, comme les trois disciples, nous ne savons pas encore ce que signifie « ressusciter ».

Mardi de la 18ème semaine du temps ordinaire (5 août 2025)

N’ayez pas peur

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,22-36.

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades.
Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Méditation

Cet Évangile nous montre Jésus  qui vient remettre les choses « à l’endroit ». Rappelons-nous : il vient de multiplier les pains pour nourrir une foule affamée. Imaginons l’excitation de tous ces gens. Les uns et les autres pensent qu’ils ont trouvé le roi qui les libèrera de l’occupant étranger. Jésus se rend compte de ce piège et il fait tout pour que ses disciples n’entrent pas dans ce jeu. C’est pour cela qu’il les renvoie de toute urgence vers l’autre rive. À travers cet événement, il veut nous faire comprendre que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde. Il ne correspond pas à l’idée que nous nous en faisons. Pour y entrer, il nous faut quitter notre petit confort, nos certitudes, nos  habitudes. Le Christ nous donne rendez-vous sur « l’autre rive », celle de l’inconnu.

Après avoir renvoyé les foules, Jésus se retire seul sur la montagne pour prier. Il nous apprend que c’est là, dans la prière, que nous pourrons nous ajuster à Dieu et à son vrai projet d’amour. Comme les apôtres, nous risquons de nous faire des fausses idées sur le vrai Dieu. Mais si nous prenons le temps de le rencontrer dans la prière, nous comprenons mieux ce qu’il attend de nous. C’est dans le cœur à cœur avec lui que notre foi se purifie.

Pendant que Jésus est en prière sur la montagne, les disciples traversent la mer. Et voilà que survient la tempête. La barque est battue par les vagues. « Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. » Les disciples sont affolés. Ils pensent que c’est un « fantôme ». Notre vie actuelle ressemble à cette traversée de la mer. Nous sommes engagés vers « l’autre rive », celle où Jésus nous donne rendez-vous. Cette barque dont parle l’Évangile, c’est celle de Pierre, c’est l’Église de Jésus Christ. Tout au long des siècles, elle en a connu des tempêtes, des violences, des persécutions.

La mer déchaînée symbolise la mort. Elle représente le lieu des puissances du mal. Jésus qui marche sur la mer vient nous faire comprendre que le mal n’a pas de prise sur lui. Il nous révèle le vrai Dieu qui est vainqueur de la mort et du péché. Quand tout va mal, nous risquons de croire que Dieu nous a abandonnés. Mais il est là, bien présent ; et nous dit « Viens ». Il voit nos doutes, nos peurs quand nous sommes affrontés à la tempête. Comme Pierre, nous sommes souvent des mini-croyants. Mais Jésus est là pour nous rassurer et nous apprendre l’espérance.

Si nous accueillons le Christ dans la barque de nos vies, nous savons que nous pourrons compter sur lui. Nous serons unis dans la foi en lui. Il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos doutes. Il ne cesse de nous tendre la main. L’Église est cette barque qui doit affronter les tempêtes. Ce qui la sauve ce n’est pas les qualités ni le courage de ses membres mais la foi qui lui permet d’avancer dans l’obscurité. La foi nous donne l’assurance de la présence de Jésus  à nos côtés.

Et surtout, n’oublions pas : chaque dimanche, Jésus nous invite à l’Eucharistie. Il nous propose son Corps et son sang pour nous rendre forts dans les épreuves. Avec lui, nous pourrons continuer notre route avec plus de courage. Et à la fin de la messe, nous serons envoyés pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous pourrons faire cette belle profession de foi : « VRAIMENT, TU ES LE FILS DE Dieu ».