6 aout 2025 : fête de la Transfiguration du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 28b-36
En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,
et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait,
l’aspect de son visage devint autre,
et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui :
c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire.
Ils parlaient de son départ
qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;
mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus,
et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui,
quand Pierre dit à Jésus :
« Maître, il est bon que nous soyons ici !
Faisons trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler,
qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ;
ils furent saisis de frayeur
lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils,
celui que j’ai choisi :
écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre,
il n’y avait plus que Jésus, seul.

Les disciples gardèrent le silence
et, en ces jours-là,
ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu. (AELF)
 

Méditation
Chaque année, le 6 août est consacré à fête de la Transfiguration du Seigneur. C’est un très grand mystère que nous sommes invités à contempler à la suite des trois apôtres que Jésus a pris avec lui sur la montagne.
 
Mais c’est surtout à la suite de Pierre que nous allons assister à cet événement unique de la vie de Jésus. Car s’il y a quelqu’un qui a osé se manifester ce jour-là, c’est bien Pierre. La transfiguration du Seigneur l’a tellement marqué qu’il en a longuement parlé dans sa deuxième lettre. Avec Pierre et à sa suite, voyons ce qui s’est passé : « Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. » L’événement de la Transfiguration consiste pour Jésus à manifester tout l’éclat et toute la gloire de sa divinité.
 
Jésus qui est homme veut montrer le plus clairement possible qu’il est aussi Dieu. Tout ce qui est humain en lui demeure véritablement humain. Mais tout cela prend un aspect et une apparence qui dépasse en plénitude tout ce que l’esprit de l’homme peut concevoir de lui. Mais ce qui est le plus important c’est le message que Jésus veut faire passer. Il veut montrer aux siens ce que Dieu réserve pour l’éternité à toute l’humanité régénérée par le mystère de son Incarnation et celui de la Rédemption Pascale. Élie leur apparut, avec Moïse et ils conversaient avec Jésus. Tout ce que les prophètes ont annoncé de la part de Dieu, tout ce que Moïse a enseigné au peuple que Dieu s’est choisi, tout cela, Jésus l’accomplit.

 

Il n’y a pas d’autre chemin que celui-là : Il faut croire les prophètes et accomplir ce qu’ils disent. Il faut observer la loi de Moïse. En d’autres mots, si nous voulons mériter la gloire du ciel, il faut obéir à la loi de Dieu et suivre l’Esprit du Seigneur qui nous parle par les prophètes. Pierre prend la parole : Maître, il est heureux que nous soyons ici : nous allons dresser trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie… Vraiment Pierre est heureux. Il veut que cela dure longtemps. C’est pour cela qu’il veut dresser trois tentes. Il veut que Jésus, Moïse et Élie puissent demeurer là devant lui, dans l’éclat et la splendeur de la gloire. C’est cela qu’il veut avoir devant les yeux pour toujours. Il s’en souviendra longtemps.

 

« Et voici qu’une nuée se forma et les couvrit de son ombre. Une voix s’éleva du sein de la nuée : Celui-ci est mon fils bien-aimé ; écoutez-le. Regardant aussitôt autour d’eux, ils ne virent personne si ce n’est Jésus seul avec eux.» L’événement va donc se terminer par une parole du Père, une parole qui révèle le Fils et qui invite à l’écouter. En plus de cette vision grandiose, il y donc cette voix du Père. Mais c’est ce discours du Père qui va mettre fin à la vision. La Transfiguration de Jésus n’est qu’une étape, un chemin vers la gloire du ciel.
 
Le chrétien vit déjà dans le ciel par la foi, l’espérance et la charité. Mais il demeure toujours sur terre, obligé de suivre fidèlement la loi de Dieu et les inspirations de l’Esprit du Seigneur. A la suite de Pierre, de Jacques et de Jean, nous devons tous écouter le Christ notre Maître. Il ne cesse de nous rassasier de sa parole et de son amour.
 
« Tandis qu’ils descendaient de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu avant que le fils de l’homme ne ressuscite d’entre les morts. Ils retinrent cette recommandation tout en se demandant les uns aux autres ce que voulait dire « ressusciter d’entre les morts ».
 
Aujourd’hui, Jésus est ressuscité. Le mystère de la transfiguration peut être proclamé partout et toujours. Alors n’hésitons pas à le faire. Le Christ  nous invite sans cesse à reprendre la marche avec Dieu et à lui faire une totale confiance. Il ne nous évitera pas les souffrances ni les peines de la vie. À travers toutes ces épreuves, il ne nous conduira pas jusqu’à la montagne de la transfiguration mais à quelque chose de plus grand, jusqu’à la gloire de la résurrection. Alors oui, faisons-lui confiance, même si, comme les trois disciples, nous ne savons pas encore ce que signifie « ressusciter ».

Mardi de la 18ème semaine du temps ordinaire (5 août 2025)

N’ayez pas peur

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,22-36.

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades.
Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Méditation

Cet Évangile nous montre Jésus  qui vient remettre les choses « à l’endroit ». Rappelons-nous : il vient de multiplier les pains pour nourrir une foule affamée. Imaginons l’excitation de tous ces gens. Les uns et les autres pensent qu’ils ont trouvé le roi qui les libèrera de l’occupant étranger. Jésus se rend compte de ce piège et il fait tout pour que ses disciples n’entrent pas dans ce jeu. C’est pour cela qu’il les renvoie de toute urgence vers l’autre rive. À travers cet événement, il veut nous faire comprendre que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde. Il ne correspond pas à l’idée que nous nous en faisons. Pour y entrer, il nous faut quitter notre petit confort, nos certitudes, nos  habitudes. Le Christ nous donne rendez-vous sur « l’autre rive », celle de l’inconnu.

Après avoir renvoyé les foules, Jésus se retire seul sur la montagne pour prier. Il nous apprend que c’est là, dans la prière, que nous pourrons nous ajuster à Dieu et à son vrai projet d’amour. Comme les apôtres, nous risquons de nous faire des fausses idées sur le vrai Dieu. Mais si nous prenons le temps de le rencontrer dans la prière, nous comprenons mieux ce qu’il attend de nous. C’est dans le cœur à cœur avec lui que notre foi se purifie.

Pendant que Jésus est en prière sur la montagne, les disciples traversent la mer. Et voilà que survient la tempête. La barque est battue par les vagues. « Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. » Les disciples sont affolés. Ils pensent que c’est un « fantôme ». Notre vie actuelle ressemble à cette traversée de la mer. Nous sommes engagés vers « l’autre rive », celle où Jésus nous donne rendez-vous. Cette barque dont parle l’Évangile, c’est celle de Pierre, c’est l’Église de Jésus Christ. Tout au long des siècles, elle en a connu des tempêtes, des violences, des persécutions.

La mer déchaînée symbolise la mort. Elle représente le lieu des puissances du mal. Jésus qui marche sur la mer vient nous faire comprendre que le mal n’a pas de prise sur lui. Il nous révèle le vrai Dieu qui est vainqueur de la mort et du péché. Quand tout va mal, nous risquons de croire que Dieu nous a abandonnés. Mais il est là, bien présent ; et nous dit « Viens ». Il voit nos doutes, nos peurs quand nous sommes affrontés à la tempête. Comme Pierre, nous sommes souvent des mini-croyants. Mais Jésus est là pour nous rassurer et nous apprendre l’espérance.

Si nous accueillons le Christ dans la barque de nos vies, nous savons que nous pourrons compter sur lui. Nous serons unis dans la foi en lui. Il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos doutes. Il ne cesse de nous tendre la main. L’Église est cette barque qui doit affronter les tempêtes. Ce qui la sauve ce n’est pas les qualités ni le courage de ses membres mais la foi qui lui permet d’avancer dans l’obscurité. La foi nous donne l’assurance de la présence de Jésus  à nos côtés.

Et surtout, n’oublions pas : chaque dimanche, Jésus nous invite à l’Eucharistie. Il nous propose son Corps et son sang pour nous rendre forts dans les épreuves. Avec lui, nous pourrons continuer notre route avec plus de courage. Et à la fin de la messe, nous serons envoyés pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous pourrons faire cette belle profession de foi : « VRAIMENT, TU ES LE FILS DE Dieu ».

Lundi de la 18ème semaine du temps ordinaire (4 août 2025)

Dieu nourrit
son peuple
 
 
 

Évangile de Matthieu 14. 13-21
En ce temps-là,
quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
Mais Jésus leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
Jésus dit :
« Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

Méditation
En Jésus, c’est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. Il guérit les infirmes. Il vient pour guérir et donner aux hommes la paix. À travers ces paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde de Dieu qui se donnent aux hommes.

Le soir venu, c’est le signe de la multiplication des pains. Toute la foule a été rassasiée. Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C’est vrai que nourrir toute une foule dans un endroit désert, c’est extraordinaire. Mais ce n’est pas le plus important. Cet Évangile nous invite d’abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd’hui comme autrefois, il prend soin de son peuple ; il nous nourrit gratuitement. En lui et par lui, c’est tout l’amour du Père qui se donne.

Mais aujourd’hui, il nous faut faire un pas de plus : Jésus a été envoyé pour nourrir l’homme affamé de Dieu. Et puis, il y a un point important qu’il nous faut souligner : Les auteurs des évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : « Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna. » Ce pain qui est annoncé dans l’Évangile de ce jour, c’est celui de la Vie éternelle ; c’est son Corps livré pour nous et pour la multitude. Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains qui ne cesse de s’accomplir par le ministère des prêtres.

La multiplication des pains nous enseigne que Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d’aimer. Elle nous ouvre à l’humanité toute entière. Tous les hommes sont « invités au festin des noces ». Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : « Heureux les invités au Repas des noces de l’Agneau », il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu’il fait totalement sans rien garder pour lui.

En sortant de cette messe, nous sommes envoyés vers les autres avec un panier plein. Comme autrefois, Jésus continue à nous dire : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Donnez à ceux qui ont faim de pain, faim d’amour, faim de reconnaissance. Si nous unissons nos forces humaines à celles du Christ, le miracle pourra se reproduire et l’Église revivra.

En ce jour, nous faisons nôtres les paroles de cette prière : Tu nourris tous ceux qui ont faim de ta Parole et de ton pain. Les peuples sont rassasiés dans ton amour multiplié.
Merci, Seigneur, merci.

18ème dimanche du temps ordinaire © (2025)

« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours. »

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« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours. »
Qu’est-ce qui est important dans notre vie ? Quelles sont nos richesses ? Voilà les questions directes qui vont nous être posées par la parole de Dieu de ce dimanche. Préparons nos cœurs à accueillir les exigences de cette Parole en reconnaissant que nous avons péché.

Litanie pénitentielle
Seigneur Jésus, par ta vie,
tu nous apprends la vraie valeur des choses
et de nos engagements.
Prends pitié de nous !

Ô Christ, notre Seigneur, de condition divine,
tu t’es fait pauvre et tu nous révèles ainsi
quelle est la vraie richesse.
Prends pitié de nous !

Seigneur Jésus, ta Parole est un trésor inestimable.
Nous l’oublions trop souvent.
Prends pitié de nous !

1ère lecture – Qo 1, 2 ; 2, 21-23
Tout est vanité si les hommes font pour eux-mêmes et ne sont pas orientés vers un autre et pour certains, vers Dieu.

Psaume 89

2ème lecture – Col 3, 1-5. 9-11
Se revêtir de l’homme nouveau, c’est se mettre à la suite du Christ.

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! Alléluia !

Évangile Luc 12, 13-21: Les grandes, comme les petites richesses, risquent de nous empêcher de prendre l’Évangile au sérieux…

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
En cette période de vacances d’été, les textes liturgiques nous proposent de réfléchir sur les biens matériels. Oui, bien sûr, nous en avons besoin pour assurer notre quotidien. Mais le vrai problème est ailleurs : on se donne beaucoup de peine pour accumuler les richesses, on fait preuve d’ingéniosité, on s’impose des fatigues qui ruinent la santé, l’union des foyers, l’éducation des enfants. Le confort matériel c’est bien, mais si notre vie n’est pas remplie d’amour, il manque l’essentiel.

Dans une de ses homélies, le pape François nous disait que “la cupidité est une idolâtrie.” Il nous recommande de la combattre avec la capacité de partager, de donner et de se donner aux autres. Un homme vient demander à Jésus de se faire l’arbitre dans ses problèmes d’héritage. Jésus refuse d’être juge dans cette affaire. Il en profite pour dire qu’il y a des richesses que nous n’emporterons pas au paradis.

Pour mieux se faire comprendre, il raconte une parabole. Il nous parle d’un homme riche “dont le domaine avait bien rapporté” ; son grand souci, c’est qu’il n’a pas assez de place pour entreposer toute cette récolte. Ce que Jésus dénonce dans cette histoire, ce n’est pas les richesses mais l’attachement aux richesses. Ailleurs, il nous dit qu’il est très difficile à un homme attaché aux richesses d’entrer dans le Royaume des cieux. Le pape François précisait que cet attachement immodéré aux richesses est une idolâtrie ; nous sommes en face de deux dieux : “Dieu le vivant… et de dieu d’or dans lequel je mets ma sécurité”.

Il ne faut jamais oublier que la terre et ses richesses ont été créées par Dieu. Elles continuent à lui appartenir. Il nous les a confiées pour que nous les fassions fructifier au bénéfice de tous ses enfants. Nous avons le droit d’en user mais pas d’en abuser. Par la bouche de Jésus, Dieu traite de fous ceux qui s’y laissent enfermer. Ils s’enferment devant le veau d’or ; ils oublient d’aimer Dieu et le prochain. En cette période d’été et de dépenses, cela vaut la peine de réfléchir sur le vrai sens de la vie. C’est important car nous savons bien que les richesses, petites ou grandes, risquent de nous empêcher de prendre l’Évangile au sérieux.

Pour Jésus, le seul bonheur qui dure, c’est la rencontre avec Dieu, c’est d’être “riche en vue de Dieu”. Nous sommes tous riches des richesses de Dieu, de sa joie, son amour, son pardon. Ces richesses-là, on peut même les offrir aux autres. Nous connaissons tous des hommes, des femmes et même des enfants qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour aider les autres à avoir une vie meilleure.

Ce qui fait la valeur d’une vie c’est précisément notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. Pour comprendre cela, c’est vers la croix du Christ qu’il nous faut regarder : il s’est donné jusqu’au bout. Il nous a aimés “comme on n’a jamais aimé”. Lui-même nous recommande de nous aimer les uns les autres “comme il nous a aimés” (autant qu’il nous a aimés). Nous voyons bien que nous, pauvres pécheurs, nous sommes loin du compte. Mais l’important c’est d’accueillir cet amour qui vient de lui ; c’est une richesse qu’il nous faut communiquer au monde.

Cet Évangile est une très belle réponse au regard désabusé de Quohelet (1ère lecture). On se donne beaucoup de peine, puis un jour, il faut tout laisser. Saint Paul (2ème lecture) nous invite à faire mourir “tout ce qui n’appartient qu’à la terre… en particulier cette soif de posséder qui n’est qu’idolâtrie”. Si nous voulons trouver le Christ, nous devons rechercher “les réalités d’en haut”. Ces réalités s’appellent justice, amour, charité. N’oublions jamais qu’au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Avec lui, plus rien ne peut être comme avant. C’est une vie entièrement renouvelée qui s’ouvre devant nous. Pour Paul, l’homme accompli c’est Jésus Christ. C’est vers lui que nous devons orienter notre existence.

Nous sommes donc tous invités à édifier le monde des hommes non sur la fortune de quelques-uns mais sur la justice qu’inspire l’amour. Alors, plus que jamais, nous accueillons cet appel à la conversion : “Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur.”

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Samedi de la 17ème semaine du temps ordinaire (2025)

 
La mort de Jean Baptiste
Père Jacques Hamel
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12.
En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. » Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode. Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
Méditation
Jean Baptiste vient d’être mis à mort par un soldat d’Hérode. Il était devenu très gênant  car il dénonçait l’adultère d’Hérode qui avait épousé la femme de son frère. Hérode refuse d’entendre la parole prophétique de Jean Baptiste qui dénonce leur péché. Hérodiade profite d’une fête pour assouvir sa vengeance.
 
Voilà une histoire qui se répètera de nombreuses fois tout au long  des siècles. De nombreux martyrs préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi. Celui qui croit en Dieu ne peut pas le renier. Notre vie doit être en accord avec notre foi ; sinon, ce serait un affront à tous les martyrs d’hier et à ceux d’aujourd’hui.
 
Mais il ne faut pas seulement voir dans cet Évangile une dénonciation du péché. Le martyre de Jean Baptiste préfigure celui de Jésus sur la croix. Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous libère du péché et de la mort et nous entraîne vers une vie nouvelle. Son martyre, après celui de Jean, est l’événement de notre salut.
 
« Victoire, tu règneras,
O croix, tu nous sauveras » 

Vendredi de la 17ème semaine du temps ordinaire (2025)

Le Messie rejeté par les siens

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 54-58
          En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. » Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. © AELF
 
 
Méditation
Les paroles et les gestes de Jésus ne laissent personne indifférent: ils suscitent l’adhésion, l’enthousiasme, la foi, la confiance. Pour d’autres, c’est la méfiance, l’hostilité, le refus. Il en était ainsi pour les prophètes de l’Ancien Testament. Bien que leur parole vienne de Dieu, ils étaient rejetés par leurs compatriotes, leurs parents, leurs amis. Ces derniers n’acceptaient pas de voir leurs institutions déstabilisées par des paroles et des gestes provocants.
 
Les gens de Nazareth n’ont vu en Jésus que le fils de Joseph et Marie. Il est trop connu et en même temps méconnu. Ils n’acceptent pas de s’engager sur le chemin de la foi : tout l’Évangile nous dit que Jésus est le Fils de Dieu venu guérir et sauver tous les hommes.
 
Aujourd’hui encore, ils sont nombreux ceux et celles qui éprouvent de la sympathie pour le fils du charpentier et pour son message. Mais ils refusent de voir en lui le Fils de Dieu. Ils se font hostiles à la prédication de l’Église qui proclame sa seigneurie. Mais le Christ respecte la liberté de chacun. Il ne force pas les consciences.
 
« Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur,
Mais écoutons la voix du Seigneur. »

Jeudi de la 17ème semaine du temps ordinaire (2025)

Déployer l’Évangile
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 47-53
En ce temps-là,
Jésus disait aux foules :
    « Le royaume des Cieux est encore comparable
à un filet que l’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
    Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
    Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
    et les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
    « Avez-vous compris tout cela ? »
Ils lui répondent : « Oui ».
    Jésus ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du royaume des Cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »
    Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles,
il s’éloigna de là. © AELF
 
 
Méditation
Ce pêcheur qui déploie les filets pour ramener toutes sortes de poissons nous rappelle que Jésus avait dit à Pierre : « Tu seras pêcheur d’hommes ». Il ne s’agit pas d’une capture mais d’un sauvetage. À l’image du filet, l’Évangile doit être largement déployé dans le monde. Il doit atteindre le plus grand nombre sans discrimination, sans tri préalable. La bonne nouvelle de l’Évangile est offerte à tous sans exception. Chacun peut être recueilli et accueilli dans le Royaume. Chacun peut trouver sa place dans l’Église de Jésus Christ.
 
Mais pour apprécier le résultat de cette pêche, il faut ramener le filet à terre. Le pêcheur garde les bons poissons et rejette les mauvais. C’est aussi ce qui se passe pour celui qui a été pris dans les filets de la Parole. Il a pu naître à une vie nouvelle et s’engager sur un chemin de conversion. Mais la Parole permet à chacun de reconnaître le mal et de le rejeter. Nous le confions au Seigneur pour qu’il en vienne à bout.
 
Seul le Seigneur est capable de démasquer le « mauvais » et lui seul le supprimera le jour où il installera le Royaume des cieux. En attendant, nous nous confions à lui afin qu’il nous libère de tout ce qui nous détourne de lui.
 
« O Seigneur, guéris-nous, O Seigneur, sauve-nous,
Donne-nous la paix »
 

Mercredi de la 17ème semaine du temps ordinaire

Un trésor caché

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 44-46
 En ce temps-là,
Jésus disait aux foules :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.
Ou encore :
Le royaume des Cieux est comparable
 à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle. »
 
Méditation
L’Évangile nous parle de trésors de grande valeur, celui qui est découvert par hasard dans un champ et celui qui est trouvé après une longue recherche. À travers ces deux paraboles, Jésus veut nous révéler que le Royaume de Dieu est notre seul vrai trésor. On peut le trouver à l’improviste ou le chercher inlassablement, peu importe : ce qui compte c’est de tout faire pour lui donner la première place dans notre vie.
 
C’est vraiment important car ce trésor dont parle Jésus vaut plus que toutes les autres richesses. L’agriculteur et le marchand dont nous parle la parabole de l’Évangile renoncent à tous les autres biens pour les acquérir. Notre trésor c’est le Royaume de Dieu. Celui qui le trouve n’a pas de doute : il sent que c’est ce qu’il cherchait, ce qu’il attendait. Quand on a vraiment rencontré Jésus, plus rien ne peut être comme avant : on reste fasciné, attiré par tant de bonté et de vérité. Chercher Jésus et le rencontrer c’est cela notre trésor.
 
Pour nous rendre compte de la grandeur de ce cadeau, il suffit de lire les témoignages de nombreuses personnes et de nombreux saints. En lisant les Évangiles avec le cœur ouvert, ils ont été tellement frappés qu’ils se sont convertis à lui. Même des délinquants de la pire espèce ont fait cette rencontre avec lui. Leur vie en a été complètement bouleversée. Et maintenant, ils témoignent dans les écoles et même dans les prisons. Ils ont compris que ce cadeau qui les a comblés est fait pour être partagé.
 
Quand on a trouvé ce trésor du Royaume de Dieu, cela transparaît, cela se voit ; le chrétien ne peut garder sa foi cachée car elle transparaît dans chaque parole, chaque geste. L’amour que Dieu nous a donné à travers Jésus transparaît dans nos vies. C’est ce qu’avait bien compris une petite fille en regardant les vitraux d’une église : « un saint c’est quelqu’un qui laisse passer la lumière ». Prions ensemble le Seigneur par l’intercession de la Vierge Marie et de tous les saints : que vienne à nous ce Royaume d’amour, de justice et de paix.
 

Saintes Marthe, Marie et saint Lazare

« Oui, Seigneur, je le crois… »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11, 19-27
En ce temps-là, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » © AELF
 
Méditation
De cet Évangile, nous devons surtout retenir la déclaration solennelle de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Puis nous avons la réponse de Marthe : « Oui, Seigneur, je crois. » En lisant cet Évangile, nous prenons conscience d’une réalité importante : ce n’est pas seulement Lazare qu’il faut sortir de son tombeau ; c’est l’humanité tout entière qu’il faut délivrer de la mort.
 
Un simple retour à la vie ne fait que reculer l’échéance. Le Christ veut nous faire émerger à une autre vie. Il nous appelle à une vie nouvelle. Ce sera le triomphe de la vie sur la mort. C’est une vie qui ne passera pas. Mais avant toute chose, il nous faut entendre l’appel du Christ qui veut nous faire sortir de notre tombeau.
 
Avec Jésus, la mort ne peut avoir le dernier mot. Elle est devenue un passage, une porte vers l’éternité. En ce jour, nous faisons nôtre la profession de foi de Marthe : « Je crois, Seigneur ; tu es le Fils de Dieu qui vient sauver le monde. »

Lundi de la 17ème semaine du temps ordinaire

La graine de moutarde et le levain
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (13, 31-35)
 
Jésus proposa à la foule une autre parabole: «Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches.»
Il leur dit une autre parabole: «Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé.»
Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète: C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines. © AELF
 
 
Méditation
Jésus nous parle du Royaume de Dieu comme d’une réalité qui nous atteint tous. Mais alors, comment se fait-il que si peu de choses soient effectivement changées ? En réponse, Jésus nous invite à la foi confiante. Ce qui n’a l’air de rien deviendra sûrement quelque chose de grand. Rien ne peut arrêter la croissance du Royaume de Dieu parmi les hommes.   
 
La foi la plus petite possible est comparée à une graine de moutarde. Ici, ce n’est plus la croissance qui est visée mais le contraste entre l’état présent du Royaume et celui auquel il parviendra. Les oiseaux du ciel qui viennent y faire leur nid peuvent représenter la venue des nations païennes vers l’Église.
 
Pour nous aider à mieux comprendre, Jésus nous raconte la parabole du levain. Ce levain c’est la Parole du Christ qui instaurera le Royaume. Il est un ferment puissant qui peut soulever toute la pâte qu’est l’humanité. Il se présente comme une puissance mystérieuse et invisible ; elle opère avec une efficacité certaine sans que nous nous en apercevions.
 
Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes loin d’être majoritaires. Nos communautés d’Église sont restreintes. Nous devons savoir que Dieu se rend présent dans l’humilité de nos vies humaines. Rien ne distinguait l’enfant de la crèche de Noël des autres enfants. Et pourtant, c’est la plus précieuse des graines du Royaume. Elle annonce le Christ glorieux qui récapitulera tout dans son immense amour.