Allez boire à la fontaine

Jeudi 25 février 1858, Bernadette se trouve à la grotte de Massabielle ; elle est accompagnée de 300 personnes. La dame lui demande de boire à la source : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. » Bernadette ne trouvait qu’un peu d’eau vaseuse. Au 4ème essai, elle put boire. La foule l’accuse d’être folle. Elle répond : « C’est pour les pécheurs ».

« Les pécheurs ! Ces personnes qui ont coupé les liens qui les tenaient debout, et tombent à quatre pattes comme des bêtes, qui mangent de l’herbe et se roulent dans la boue ! Mais au fond de la boue, il n’y a pas la boue, il y a la Source. Au fond du péché, il n’y a pas le péché, mais la miséricorde et le pardon. Dieu Amour n’a pas oublié qu’il nous a dit ‘Je te baptise’. Il vient nous redire : ‘Je te pardonne.’ Il vient élargir l’espace de nos cœurs. Il veut faire naître en nous, pécheurs pardonnés, une famille réconfortée dans l’Amour. » Livret des pèlerins de Rodez 2018

À la suite de Bernadette, des foules de pèlerins, arrivés du monde entier, viennent refaire ce geste de boire à la source et s’y laver.

 

3ème dimanche du temps ordinaire (A) – 25 janvier 2026

Lumière sur le pays de l’ombre

« Dieu fait vivre celui qui vient à lui. Il n’est pas nécessaire d’être pur, d’être conforme, d’être digne, d’être brillant. Il suffit de se lever, d’aller vers lui et de dire : Me voici! J’ai faim! »
Charles Singer, Saisons, Desclée, p. 166.

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Aujourd’hui, Dieu nous rassemble et nous partage sa Parole. Mettons-nous à son écoute afin que nous puissions aussi lui répondre par notre prière commune et toute notre vie.

Prière pénitentielle
Seigneur Jésus,
ta Parole nous éclaire et nous guide,
Seigneur prends pitié.

Ô Christ Jésus, ton Évangile nous interpelle
et, avec toi, nous transforme,
ô Christ prends pitié.

Seigneur Jésus, ton appel nous convoque
et, en toi, nous renouvelle,
Seigneur prends pitié.

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture Is 8, 23b-9,3 : Dieu n’oublie pas son peuple…

Psaume Ps 26, 1-4.13-14 :
Ma lumière et mon salut, c’est le Seigneur. Alléluia !

2ème lecture 1Co 1,10-13.17 :
An nom de Jésus qu’il n’y ait pas de division entre nous.

Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Béni soit le Seigneur notre Dieu : sur ceux qui habitent les ténèbres, il a fait resplendir sa lumière. Alléluia.

Évangile Mt 4,12-23 :
Dieu ne cesse d’envoyer vers les païens.

Homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un monde compliqué qui a mauvaise réputation. C’est le cas des territoires de Zabulon et de Nephtali au Nord de la Galilée. Il faut savoir que c’est un lieu de passage proche des régions païennes. On l’appelle “Galilée des nations” parce qu’elle est influencée et contaminée par le monde païen. Mais le prophète réagit. Il annonce que ces territoires vont bénéficier, eux aussi, du salut que le Seigneur prépare. “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les pays des habitants de l’ombre, une lumière a resplendi.”

Or c’est là, dans ce lieu couvert de honte, que Jésus entreprend sa première évangélisation. Tout commence loin de Jérusalem, en plein cœur de ce monde bigarré, un monde païen où l’on ne cesse de s’affronter et de se diviser. Jésus lui-même se rend à Nazareth, une ville dont on se demande ce qu’il peut sortir de bon. Jean Baptiste l’a désigné comme l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. Sa priorité va donc vers ceux qui sont le plus loin de Dieu, ces terres maudites, terres de péché et de ténèbres. Il vient habiter à Capharnaüm ; cette ville évoque encore aujourd’hui le plus sombre désordre.

C’est de la part de Jésus un défi lancé au péché et à Satan. Et c’est en même temps un acte de foi extraordinaire en l’homme. Il aurait pu se dire qu’au point où ils en étaient, il ne pouvait pas compter sur eux. Or c’est exactement le contraire qui se passe : il va jusqu’à choisir ses premiers collaborateurs, ses premiers responsables, parmi les habitants de cette région. S’adressant à Pierre et à André, il leur dit : “Venez à ma suite, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.” Il n’appelle pas des champions de la Bible ou de la liturgie mais des gens tout-à-fait ordinaires, des simples pêcheurs.

Il nous appartient d’en tirer les conséquences pour notre foi. La première, c’est que nous sommes tous appelés tels que nous sommes. Le Seigneur n’appelle pas les plus capables mais il les rend capables. Nous avons des témoignages de repris de justice et même des terroristes qui se sont convertis à Jésus Christ et qui témoignent tant qu’ils peuvent de cette rencontre avec lui. Tout l’Évangile nous montre qu’il est venu “chercher et sauver ceux qui étaient perdus”. C’est ce qui s’est passé pour Saul le persécuteur et bien d’autres.

La bonne nouvelle de l’Évangile est pour tous. Aucun être, aucune situation n’échappe à la proximité et à l’amour de Dieu. C’est pour nous un appel à changer notre regard sur les personnes et sur le monde. Trop souvent, nous avons un regard méfiant ou désabusé. Si nous voulons être disciples et missionnaires, nous devons nous tourner vers le Christ et nous laisser guider par lui. Il nous apprendra à accueillir chacun tel qu’il est, à lui faire confiance et à lui donner toutes ses chances. Nous sommes appelés à être “l’amour du Christ”.

Quand le pape François invitait l’Église à aller vers les “périphéries”, il ne faisait qu’actualiser ce qu’a fait Jésus. Le suivre c’est aller avec lui à la rencontre de toute l’humanité, c’est se rendre proche de chacun et surtout de celui qui vit à la marge. La tentation est grande de se dire : “À quoi bon ? Cela ne sert à rien.” Ce serait oublier que la mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Seigneur. C’est lui qui nous envoie son Esprit saint. Il agit dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Sans lui, rien n’est possible. Jésus le Galiléen est toujours là, vivant et agissant au cœur de son Église. Il est la Lumière pour éclairer toutes les nations. Nous pouvons toujours compter sur lui. Rien ne peut nous séparer de son amour.

Suivre Jésus, ce n’est pas s’enfermer dans un système religieux en se disant qu’on a toujours fait ainsi. Quand il nous appelle, nous devons savoir qu’il nous conduira sur des chemins que nous n’avions pas prévus. C’est en nous rapprochant de lui que nous apprendrons à voir les autres comme des frères. C’est l’appel que nous lance l’apôtre saint Paul à l’occasion de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens. S’adressant à la communauté de Corinthe, il leur rappelle que les rivalités missionnaires sont sans intérêt : il n’y a qu’un seul Seigneur qui envoie Apollos, Paul et Pierre. Les divisions entre chrétiens restent toujours un contre-témoignage.

En ce dimanche, nous entendons l’appel du Christ. Il continue à vouloir sauver ceux qui vont à leur perte. Il nous envoie vers ceux qui ne rentrent pas dans nos églises, ceux qui n’appartiennent pas à nos familles spirituelles, ceux qui, apparemment, vivent dans les ténèbres. Son regard sur la Galilée des nations et les pêcheurs du lac était plein de miséricorde. Il compte sur nous pour avoir le même regard que lui sur le monde d’aujourd’hui. La qualité de notre regard reflète celle de notre foi. Nous n’avons pas à douter de l’attachement de Jésus à chaque être humain. C’est avec lui que nous deviendrons pêcheurs d’hommes.

En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. Nous lui demandons qu’il nous donne la force et le courage pour la mission qu’il nous confie : “Toi qui es la Lumière du monde, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour.”

Sources : Revues Feu Nouveau, = Homélies de l’année liturgique À (Simon Faivre) – Dossiers personnels

 

Prière universelle
Introduction
Chers frères et sœurs, d’un seul cœur, tournons-nous vers le Christ notre Seigneur au Nom duquel nous avons tous été baptisés.

Intentions
– Nous te prions pour les évêques, successeurs des apôtres que tu t’es choisis, et pour tous les pasteurs de nos Églises. Qu’ils mettent tous leurs soins à conduire ton peuple sur le chemin de l’unité.

– Que ton Esprit Saint visite en ces jours tous ceux qui ont été baptisés en toi, afin que chacun cherche l’harmonie de pensées et de sentiments pour aller au-delà de nos divisions.

– Prends pitié de tous les peuples païens à qui ton Évangile n’est pas encore parvenu. Suscite parmi nous des prédicateurs de ton Royaume, et ouvre leurs cœurs à ta Bonne Nouvelle.

– Vois nos maladies et nos infirmités physiques, psychologiques et spirituelles. Vois les jougs qui pèsent sur les épaules de bien des innocents. Viens à notre secours, guéris-nous et délivre-nous.

– Par cette Eucharistie, viens ouvrir nos cœurs et nos mains afin que, par notre charité, la joie de t’appartenir se manifeste à tous ceux qui nous approchent.

Conclusion
Seigneur Jésus, toi qui as été crucifié pour nous, ne repousse pas la prière que nous t’adressons d’un seul cœur. Agis pour nous selon ton amour, car tu règnes pour les siècles des siècles.

 

Samedi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 24 janvier 2026

 Il a perdu la tête  

 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3, 20-21
En ce temps-là,
Jésus revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »
Source : AELF


Méditation

En parcourant les Évangiles, nous rencontrons régulièrement des conflits de Jésus avec les chefs religieux de son temps. Ici, il s’agit d’un conflit avec sa propre parenté, les gens de chez lui. On veut se saisir de lui. Le clan familial est dérangé par la mission de Jésus. Dans le monde oriental, il a un pouvoir très grand sur l’individu. Ici, on considère qu’il « a perdu la tête ». Jésus, la « Sagesse de Dieu » est perçu comme fou.

Dans la vie des saints et dans les contextes de chrétienté, on voit souvent une hostilité vis-à-vis de la vocation radicale de certains saints à suivre Jésus et à vouloir vivre l’Évangile. C’est ce qui s’est passé pour François d’Assise, pour saint Thomas d’Aquin qui a été séquestré pendant plusieurs mois dans sa maison familiale ; on ne veut pas qu’il rejoigne les dominicains. L’enjeu est de préférer la volonté de Dieu et la famille spirituelle de l’Église, assumer les souffrances dues à l’incompréhension des siens.

En évoquant cet événement, nous pensons à tous nos frères qui viennent du monde arabo-musulman qui deviennent chrétien : ils vont vivre cette même souffrance, cette opposition. Les membres du clan familial vont vouloir se saisir de ce nouveau converti pour le ramener au pays. Ici c’est la sagesse de Dieu et la folie des hommes. Ce thème sera repris par Saint Paul : « Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes » et « ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes

Aujourd’hui, Seigneur, je choisis ta sagesse dans ma manière de penser, dans ma manière de vivre, dans les choix de ma vie, même si tout cela peut être perçu comme quelque chose de déroutant ou même d’insensé. Par amour pour toi, j’accepte cela. Amen


 

Vendredi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 23 janvier 2026

Appelés pour être avec Jésus


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3, 13-19
En ce temps-là,
    Jésus gravit la montagne,
et il appela ceux qu’il voulait.
Ils vinrent auprès de lui,
    et il en institua douze
pour qu’ils soient avec lui
et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle
    avec le pouvoir d’expulser les démons.
    Donc, il établit les Douze :
Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,
     Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques
– il leur donna le nom de « Boanerguès »,
c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,
    André, Philippe, Barthélemy, Matthieu,
Thomas, Jacques, fils d’Alphée,
Thaddée, Simon le Zélote,
    et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
©  AELF

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Méditation

Saint Marc nous rapporte aujourd’hui l’appel des « disciples-missionnaires ». Cet appel se déroule sur la montagne. Dans la Bible, la montagne, c’est le lieu symbolique de ce qui est au-dessus de nous, le lieu de Dieu. C’est sur la montagne que Moïse reçoit la Torah ; il descend pour la transmettre au peuple. C’est sur la montagne que Jésus, nouveau Moïse, va transmettre la Parole de vie. 

Jésus appelle les Douze pour qu’ils soient avec lui. Avant d’être missionnaire, il faut demeurer dans la présence de Jésus, vivre dans son intimité, marcher avec lui. Son désir profond c’est d’être avec nous, demeurer en nous. « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous ». (Jean 15, 4)

Deuxième consigne : Proclamer la bonne nouvelle, crier le message (un peu comme les supporters d’un match quand ils ont gagné). Nous sommes appelés à avoir une vie qui crie l’Évangile. C’est son amour et sa Lumière qui doivent transparaître dans notre témoignage.

Troisième mission : Expulser les démons. L’annonce de la bonne nouvelle est accompagnée de signes. Nous sommes engagés dans un combat spirituel, une lutte contre les forces du mal qui sont dans le monde et en nous. Nous participons à cette action de libération, de guérison et d’humanisation de l’homme.

« Il appela ceux qu’il voulait ». Aucune explication n’est donnée, ni du côté de Jésus, ni du côté de l’homme. Cela signifie que Dieu n’a pas de compte à nous rendre pour justifier notre vocation ou celle des autres.

Comme les douze, chacun de nous est appelé par son nom. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous formons la communauté Église. Si le Seigneur nous appelle, c’est pour nous envoyer en mission et pour inviter les hommes et les femmes d’aujourd’hui à devenir à leur tour disciples et missionnaires.

 

Jeudi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 22 janvier 2026

 BONNE NOUVELLE POUR TOUS.

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3, 7-12.

En ce temps-là,
    Jésus se retira avec ses disciples près de la mer,
et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent.
    De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie,
et de la région de Tyr et de Sidon
vinrent aussi à lui une multitude de gens
qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait.
    Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition
pour que la foule ne l’écrase pas.
    Car il avait fait beaucoup de guérisons,
si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal
se précipitaient sur lui pour le toucher.
    Et lorsque les esprits impurs le voyaient,
ils se jetaient à ses pieds et criaient :
« Toi, tu es le Fils de Dieu ! »
    Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.
© AELF

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Méditation 

Jésus et ses disciples se retirent au bord du lac. Beaucoup de gens le suivent. Ils viennent de toutes les contrées voisines. L’Évangile de Marc insiste beaucoup sur les noms des différents lieux. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle de l’Évangile n’est pas seulement réservée aux juifs de Palestine. Elle est pour tous. Plus tard, elle sera annoncée au monde entier.

Les gens qui viennent à Jésus sont témoins des guérisons et des exorcismes qu’il opère. À travers tous ces signes, ils découvrent que le Royaume de Dieu s’est approché des hommes. Mais Jésus ne veut pas qu’on en reste au niveau du spectaculaire. C’est pour cette raison qu’il impose le silence aux esprits impurs qui le proclament « Fils de Dieu ». Le plus important c’est d’entrer dans le mystère intime de Jésus.

Quand nous allons à Lourdes ou à Fatima, nous sommes témoins de la foi des malades qui cherchent espoir auprès du Maître et de sa mère. Ils découvrent le Fils de Dieu qui est venu prendre soin de notre humanité blessée par le péché. Tout l’Évangile nous annonce qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

En communion avec tous les chrétiens du monde entier, nous supplions le Seigneur : « O Seigneur, guéris-nous. O Seigneur, sauve-nous. Donne-nous la paix. » 



Temps de prière

Mercredi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 21 Janvier 2026

Sa main redevint normale

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3, 1-6
En ce temps- là,
Jésus entra de nouveau dans une synagogue ;
il y avait là un homme dont la main était atrophiée.
On observait Jésus
pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat.
C’était afin de pouvoir l’accuser.
Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée :
« Lève-toi, viens au milieu. »
Et s’adressant aux autres :
« Est-il permis, le jour du sabbat,
de faire le bien ou de faire le mal ?
de sauver une vie ou de tuer ? »
Mais eux se taisaient.
Alors, promenant sur eux un regard de colère,
navré de l’endurcissement de leurs cœurs,
il dit à l’homme :
« Étends la main. »
Il l’étendit, et sa main redevint normale.
Une fois sortis,
les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode
contre Jésus,
pour voir comment le faire périr. © AELF 


Méditation :
« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Les scribes sont bien d’accord sur ce sujet : Sauver une vie, ça passe avant l’observance de la loi. Mais dans le cas présent, ils estiment qu’il n’y a pas urgence et qu’on peut attendre au lendemain.  

Mais pour Jésus, il y a toujours urgence quand il s’agit de sauver. Avec lui, « la charité n’a pas d’heure » (Mgr Rodhain). Sa priorité c’est le salut des hommes. La situation de cet homme nous rappelle le psaume : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche… » En guérissant cet homme paralysé, Jésus nous fait comprendre qu’il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance.  

Au nom du légalisme, nous jugeons, nous condamnons, nous oublions que notre vocation est l’amour ; nous oublions que c’est la miséricorde du Seigneur qui nous rachète et nous sauve. Gardons-nous d’être pire que les pharisiens. Il nous faut regarder avec le cœur, un cœur semblable à celui de Jésus, un cœur bouleversé d’amour pour chacun de nous.    

« Changez vos cœurs, croyez à la bonne nouvelle.     
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime »   

 
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Paroles du saint père

L’Évangile de la liturgie de ce jour montre des scribes et des pharisiens étonnés par l’attitude de Jésus. (…) Pourquoi Jésus ne fait-il pas attention ? Parce qu’il est important pour Lui de ramener la foi à son centre. Nous le voyons encore et encore dans l’Évangile : cette remise de la foi au centre. Et éviter un risque, qui vaut pour ces scribes comme pour nous : observer les formalités extérieures en faisant passer au second plan le cœur de la foi. Souvent, nous aussi, nous « maquillons » notre âme. Une formalité extérieure et non le cœur de la foi : c’est un risque. C’est le risque d’une religiosité de l’apparence : paraître bien à l’extérieur, en négligeant de purifier le cœur. La tentation est toujours présente de « fixer Dieu » par une dévotion extérieure, mais Jésus ne se satisfait pas de cette adoration. Jésus ne veut pas l’extériorité, il veut une foi qui atteint le cœur. (Angélus, 29 août 2021)

 

Mardi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 20 janvier 2026

Le Sabbat est fait pour l’homme

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,23-28.
Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis.
Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. »
Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?
Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat.
Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. » Source : AELF

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Méditation

Les pharisiens étaient soucieux de suivre la volonté de Dieu jusque dans les moindres détails. Pour être sûrs de ne pas enfreindre la loi, ils avaient multiplié les précautions. C’est pour cette raison qu’ils reprochent à Jésus d’avoir grappillé des épis, comme si ce geste banal était un  geste de moisson.

Dans sa réponse, Jésus ne cherche pas à justifier une profanation du Sabbat. Il est hors de question  d’en prendre et d’en laisser. Ce que Jésus veut nous faire comprendre, c’est que ce jour est un bienfait pour l’homme. C’est un jour pour soigner nos relations familiales et amicales. C’est surtout un jour consacré à la prière.

Nos dimanches sont appelés à être des jours de fête et d’épanouissement, d’amour, de calme et de prière. C’est le jour de l’Eucharistie « source et sommet de toute vie chrétienne ». Manquer la messe du dimanche c’est manquer à une des plus graves obligations qui nous est faite pour notre bonheur. La messe est aussi faite pour l’homme.

 
 

Lundi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 19 janvier 2026

Le vin nouveau

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2, 18-22
En ce temps-là,
    comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient,
on vint demander à Jésus :
« Pourquoi, alors que les disciples de Jean
et les disciples des Pharisiens jeûnent,
tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
    Jésus leur dit :
« Les invités de la noce pourraient-ils jeûner,
pendant que l’Époux est avec eux ?
Tant qu’ils ont l’Époux avec eux,
ils ne peuvent pas jeûner.
    Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors, ce jour-là, ils jeûneront.
 
    Personne ne raccommode un vieux vêtement
avec une pièce d’étoffe neuve ;
autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu
et la déchirure s’agrandit.
    Ou encore, personne ne met du vin nouveau
dans de vieilles outres ;
car alors, le vin fera éclater les outres,
et l’on perd à la fois le vin et les outres.
À vin nouveau, outres neuves. »
Source : AELF
 
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Méditation 
 
« Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ?  » Pour comprendre la réponse du Christ, il faut savoir que dans l’Ancien Testament, le jeûne était lié à l’attente du Messie. C’était une manière de montrer qu’on était impatient de le voir arriver. Le sens de la réponse est clair. Nous ne sommes plus au temps de l’attente. Le Messie est là, il est arrivé. Ce type de jeûne n’a plus de raison d’être. Désormais c’est le temps de faire la fête.
 
Ce vin nouveau dont parle Jésus, c’est précisément celui de la fête. Il ne peut y avoir de bon repas sans un bon vin. Mais pour mieux en comprendre la signification, il faut en connaître le symbolisme. Ce vin nouveau évoque le renouveau spirituel qu’apporte le message de l’Évangile. Ce vin, on ne le met pas dans de vieilles outres. Il faut l’accueillir avec un cœur renouvelé. Jésus ne vient pas faire du raccommodage. Il fait du neuf. Avec Jésus c’est l’époux qui est là. Il veut nous revêtir des habits neufs de notre beauté retrouvée. Il nous invite à boire le vin de la nouvelle alliance. Il nous offre d’avoir avec Dieu une relation d’amour sans cesse renouvelée. Et si nous jeûnons, ce n’est plus parce que nous attendons le Messie. C’est pour être plus ouverts et plus disponibles à sa présence, son action et son amour.
 
Pour être rayonnants de la nouveauté de l’Évangile, il nous faut l’accueillir en nous et nous en imprégner. Et pour cela, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Chaque semaine, nous sommes invités à nous nourrir de sa Parole et de son Corps. En mangeant le même Pain et en recevant le même Christ, nous ne formons qu’un seul Corps. Si nous lui demandons de nous inoculer son amour passionné pour son Père et pour nos frères, la communauté se transformera ; l’idéal du Christ pénètrera dans nos vies. Beaucoup de choses changeront.
 
Rendons grâce à celui qui est notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer au renouvellement de nous-mêmes, de notre Église et de notre monde. Avec Jésus c’est vraiment un nouveau départ.

2ème dimanche du temps ordinaire – 18 janvier 2026

“Voici l’Agneau de Dieu”

Accueil
Frères et sœurs,
si nous sommes rassemblés ici,
c’est d’abord parce que Dieu nous y a invités.
En Jésus, il a pris l’initiative de nous convier à sa table.
Ce qu’il nous offre, c’est lui-même, sa présence, son pardon, son amour.
Ouvrons notre cœur à cette présence
et entrons dans la fête que Dieu nous a préparée.

Litanie pénitentielle
Seigneur Jésus, promis comme Sauveur
jusqu’aux extrémités de la terre,
prends pitié de nous.

Ô Christ Jésus qui sanctifies
tous ceux que tu attires à toi,
prends pitié de nous.

Seigneur, agneau de Dieu qui fais
de chacune et de chacun de nous ta demeure,
prends pitié de nous.

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture – Isaïe 49, 3. 5-6
Nous avons tous de la valeur aux yeux du Seigneur car c’est notre Dieu qui est notre joie.

Psaume 39

2ème lecture – 1 Corinthiens 1, 1-3
Nous sommes tous appelés à être saints !

Évangile : Jean 1, 29-34

Homélie
Textes bibliques : Lire
Nous entrons aujourd’hui dans le cycle du temps ordinaire. Ce Jésus dont nous venons de fêter la naissance a une bonne nouvelle pour notre humanité. Cette bonne nouvelle a été annoncée aux bergers puis aux mages. Les Évangiles nous font découvrir les merveilles que le Seigneur a accomplies pour le salut du monde.

Cette libération était déjà annoncée plusieurs siècles avant par le prophète Isaïe. Nous avons entendu son message adressé à un peuple qui a été déporté en terre étrangère. Il y a été victime de toutes sortes de brimades. Mais Dieu voit la souffrance des siens et il envoie son prophète pour leur annoncer la libération. Tous, même les plus humiliés et les plus méprisés, sont amenés à découvrir qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu.

Nous avons là un message d’espérance pour tous les prisonniers et les exclus d’aujourd’hui. Nous pensons à tous ceux qui sont enfoncés dans leur mauvaise réputation à cause de leur passé et de leurs actes. Mais le Seigneur ne les abandonne pas. Il leur envoie des prophètes, des prêtres, des témoins pour leur dire qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu. Il ne veut pas qu’un seul se perde ; et il compte sur nous pour être des porteurs d’espérance et de lumière pour toute l’humanité.

C’est aussi ce message d’espérance que nous trouvons dans la lettre de saint Paul aux Corinthiens. Il s’adresse à des nouveaux convertis. Parmi eux, se trouvent des petites gens, des personnes peu recommandables. Le monde les méprise ; mais ils sont amenés à découvrir que le Christ est venu pour tous. Les uns et les autres sont invités à devenir disciples et missionnaires. Jésus les appelle tous à la sainteté, y compris ceux qui sont tombés très bas. Ils ont tous du prix aux yeux de Dieu.

L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus qui vient à Jean Baptiste. Nous n’oublions pas que le nom de Jésus signifie : “Le Seigneur sauve”. Or voilà qu’en ce jour, nous le voyons rejoindre l’humanité blessée par son péché. C’est lui qui a l’initiative. L’humanité a bien besoin d’être sauvée. Cela, nous le constatons tous les jours. Nous risquons peut-être de nous décourager car ce salut nous paraît bien lointain. Mais saint Jean nous rappelle que Dieu ne nous abandonne pas. Il “nous a aimés le premier”. Nous venons de fêter Noël : c’est l’irruption de Dieu chez les hommes pour leur apporter le salut.

C’est ainsi que Jean Baptiste découvre Jésus sous un jour nouveau. Nous l’avons entendu dire par deux fois : “Je ne le connaissais pas”. Et pourtant, ils sont cousins ; ils avaient bien dû se rencontrer dans leur enfance. Nous aussi, nous avons aussi fait cette expérience. Dans nos relations, il peut y avoir des personnes que nous pensions bien connaître. Mais au bout d’un certain temps, nous les découvrons sous un jour nouveau. Nous n’aurions jamais imaginé les retrouver ainsi.

Quand Jean Baptiste nous dit qu’il ne connaissait pas Jésus, il veut nous parler de son mystère. Il découvre en lui “l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde”. En lui, c’est la promesse d’Isaïe qui se réalise bien au-delà de toutes nos espérances. Le Christ prend sur lui tout le péché du monde pour nous en libérer. Un jour, il dira que “le Fils de l’Homme est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus”. La bonne nouvelle c’est que le Christ n’est pas seulement un personnage du passé. Il continue à nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos joies et de nos épreuves.

Mais pour trouver le Christ, il faut le chercher ou plutôt se laisser trouver par lui. Il est toujours là. Il ne demande qu’à nous rejoindre. Mais c’est souvent nous qui sommes ailleurs. Aujourd’hui, nous sommes invités à accueillir cette présence du Christ pour en être les témoins auprès de ceux qui ne le connaissent pas. Le meilleur endroit pour le rencontrer c’est l’Eucharistie. C’est un cadeau qu’il nous offre gratuitement pour perpétuer sa présence au milieu de nous. Plus nous nous approcherons de l’Eucharistie, plus nous nous conformerons à lui et plus grandiront notre présence et notre amour.

En ce jour, nous te prions, Seigneur : “Aide-nous à reprendre une intimité plus grande avec toi, moins rare, moins courte. Donne-nous faim de toi. Donne-nous soif de ta Parole. Fais-nous vivre avec toi, familièrement, joyeusement, dans l’intimité du Père et de l’Esprit. Amen

Sources : Revue Feu Nouveau – Elle est vivante la Parole de Dieu Homélies dominicales Année À (R. Houlliot) – Dossiers personnels

Prière universelle
Introduction :
En union avec tous ceux qui partagent notre foi, nous te supplions humblement, toi notre Père, d’exaucer la prière que nous faisons monter vers toi avec confiance.

Pistes pour les intentions :
Pour notre Église, peuple de Dieu en marche, afin que tous ses membres se sentent profondément aimés de Dieu, et sauvés

Pour tous ceux qui, dans nos communautés ont la charge de préparer les baptêmes et d’éveiller les plus jeunes à la foi. Seigneur, nous te prions.

Pour tous nos frères en humanité et particulièrement ceux qui n’ont pas eu la chance de rencontrer le Seigneur. Qu’ils puissent accueillir sur leurs chemins d’humanité d’authentiques témoins de la Bonne Nouvelle du Christ. Seigneur, nous te prions.

Pour notre monde trop marqué par les divisions, les guerres, les égoïsmes,
la volonté de domination et la non-reconnaissance de Dieu sauveur. Seigneur, nous te prions.

Conclusion :
Ô Seigneur, toi qui connais chacune de tes créatures, et sais les besoins de chacune d’entre elles, entends et exauce notre prière universelle. Nous te le demandons par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Samedi de la 1ère semaine du temps ordinaire – 17 janvier 2026

 
BONNE NOUVELLE POUR LES PÉCHEURS
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 2, 13-17)
En ce temps-là,
    Jésus sortit de nouveau le long de la mer ;
toute la foule venait à lui,
et il les enseignait.
    En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée,
assis au bureau des impôts.
Il lui dit :
« Suis-moi. »
L’homme se leva et le suivit.
    Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi,
beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
et beaucoup de pécheurs
vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples,
car ils étaient nombreux à le suivre.
    Les scribes du groupe des pharisiens,
voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains,
disaient à ses disciples :
« Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
    Jésus, qui avait entendu, leur déclara :
« Ce ne sont pas les gens bien portants
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes,
mais des pécheurs. »
© AELF
 
 
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 MÉDITATION
Lévi était un publicain c’est-à-dire un homme qui collectait les impôts pour l’occupant Romain. Il devait être très riche : il remplissait ses poches sur le dos du peuple avant de remplir les caisses de l’État. Or c’est cet homme détesté de tous que Jésus a appelé à le suivre. Il ose choisir comme apôtre un de ces pécheurs les plus mal vus. Et il le croit capable de changer. Il lui fait confiance.
 
« Alors, Lévi, quittant tout, se leva et se mit à le suivre. »  Il a tout quitté pour suivre Jésus… C’est vrai aussi pour nous. Si nous voulons suivre le Christ, il nous faut renoncer à certaines choses. Il nous faut prendre conscience de ce qui nous empêche de le suivre vraiment. Larguer tout ce qui m’encombre, me concentrer sur l’essentiel.
 
Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur continue à appeler des hommes, des femmes et des enfants. Il ne choisit pas seulement les plus capables. Mais il rend capables ceux qu’il appelle. Il en fait des messagers de la bonne nouvelle de l’Évangile.
 
« Lévi lui « offrit un banquet dans sa maison, et il y avait une grande foule de publicains et de gens divers attablés avec les disciples. » Voici un exemple de renoncement joyeux. Lévi quitte tout pour suivre Jésus mais cela ne le rend pas spécialement morose. Il offre un banquet pour célébrer ce grand renoncement à tout. Il fête sa conversion et sa vocation. Pour lui c’est un nouveau départ.
 
Les pharisiens et leurs scribes récriminaient… Ils passent leur temps à cela, à récriminer, à gémir et à déplorer. L’essentiel de leur religion était de se préserver, de se séparer, de juger de loin et de haut…
 
« Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes à la conversion mais les pécheurs… » Voilà une bonne nouvelle pour les pécheurs que nous sommes. Le Seigneur nous offre à tous une chance de conversion et de retour à lui. Trop souvent, nous résistons à ses appels. Nous ressentons douloureusement nos limites. Mais nous pouvons toujours compter sur le Seigneur. Notre volonté a besoin d’être guérie.