Mardi de la semaine Sainte

 Il les aima jusqu’au bout…

Lire l’Évangile de Jean 13, 21-33.36-38

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. » © AELF

 
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Méditation :
Jésus vient de manifester son amour aux Douze en leur lavant les pieds. C’est ainsi qu’il nous apprend à nous mettre au service les uns des autres. L’Évangile de ce jour nous le montre en train de donner à Judas une bouchée de choix qu’il vient de tremper dans le plat. C’était un geste habituel du maître de repas pour honorer un de ses invités.

C’est ainsi qu’il manifeste son amour à celui-là même qui va le livrer. Mais Judas n’est pas retourné par cette manifestation d’amour de Jésus. Il persiste à vouloir trahir son Maître. Il sort dans la nuit. C’est une manière de dire qu’il s’enfonce dans les ténèbres. Cet Évangile nous invite à prendre conscience de toute la souffrance morale de Jésus. Il se retrouve seul face à ce qui va lui arriver, seul face au reniement de Pierre et à toutes les manifestations de la faiblesse humaine. Mais en fait, il n’est pas seul : il s’appuie sur le roc inébranlable de l’amour de Dieu son Père. Face aux épreuves de la vie, il nous apprend à ne pas nous fier à nous-mêmes mais à nous en remettre chaque jour à la protection de Dieu.

Lundi de la Semaine Sainte

« Vous ne m’aurez pas toujours… »
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12, 1-11
Six jours avant la Pâque,
Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare,
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
          On donna un repas en l’honneur de Jésus.
Marthe faisait le service,
Lazare était parmi les convives avec Jésus.
 
          Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur
et de très grande valeur ;
elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus,
qu’elle essuya avec ses cheveux ;
la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
          Judas Iscariote, l’un de ses disciples,
celui qui allait le livrer,
dit alors :
                   « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum
pour trois cents pièces d’argent,
que l’on aurait données à des pauvres ? »
          Il parla ainsi, non par souci des pauvres,
mais parce que c’était un voleur :
comme il tenait la bourse commune,
il prenait ce que l’on y mettait.
          Jésus lui dit :
« Laisse-la observer cet usage
en vue du jour de mon ensevelissement !
                   Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,
mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »
 
          Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là,
et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus,
mais aussi pour voir ce Lazare
qu’il avait réveillé d’entre les morts.
          Les grands prêtres décidèrent alors
de tuer aussi Lazare,
          parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui,
s’en allaient, et croyaient en Jésus. (AELF)
 
 
Méditation
Ce geste de Marie qui répand du parfum très cher sur les pieds de Jésus nous introduit à la Passion. Jésus nous en donne la signification en disant : « Elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture. » Elle anticipe les soins qui ne pourront être donnés à son cadavre. En effet, Jésus sera mis au tombeau le vendredi soir. A ce moment-là, le Sabbat est déjà commencé. Cette onction ne pourra pas non plus avoir lieu le dimanche matin, premier jour de la semaine. Ce jour-là, les femmes viendront au tombeau avec leurs aromates parfumés, mais Jésus sera déjà ressuscité. Elles retrouveront le tombeau vide.
 
Cette onction de Marie est le signe symbolique de la résurrection. Jésus pense à sa mort prochaine et à sa sépulture. Habituellement ce parfum était répandu sur la tête. L’onction sur les pieds était destinée aux morts. Jésus  en parle avec beaucoup de lucidité, tout comme les grands malades qui sont conscients de leur mort prochaine.
 
« Les pauvres, vous les aurez toujours parmi vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Jésus sait que son absence va créer un grand vide. Nous avons beau le chercher par la foi, les sacrements, la prière… Il reste apparemment absent. Mais nous pouvons toujours le retrouver dans ces pauvres qui, eux, sont bien présents. Tout ce que nous faisons pour eux, c’est à lui que nous le faisons.
 
Bonne semaine Sainte à tous

Dimanche des Rameaux et de la Passion 2025

Ensemble,
acclamons le Christ qui se donne

Textes bibliques : Lire

L’évangile des Rameaux proclamé avant la procession d’entrée nous a rapporté des paroles qui donnent à réfléchir : “Quelques pharisiens qui se trouvaient dans la foule dirent à Jésus : “Maître, arrête tes disciples !” Mais Jésus leur répondit : “Je vous le déclare, s’ils se taisent, les pierres crieront.” Voilà donc cette foule à laquelle nous nous joignons pour acclamer le Christ. Mais aujourd’hui, nous voyons qu’elle n’est pas unanime. Il y en a toujours quelques uns pour récriminer.

Cette foule rassemblée autour du Seigneur rend grâce pour tous les miracles qu’elle a vus. Elle reconnaît en Jésus “celui qui vient au nom du Seigneur.” Mais certains estiment que c’est trop et ils lui demandent d’arrêter ses disciples. Aujourd’hui, nous pouvons nous poser la question : Est-il possible d’en faire trop pour le Seigneur ? Si nous lisons les évangiles et l’histoire de l’Église, nous remarquons que ce reproche revient régulièrement : Marie verse un parfum précieux sur les pieds de Jésus. Alors Judas fait remarquer qu’avec l’argent correspondant, on aurait pu servir les pauvres. Le curé d’Ars qui vivait très pauvrement se procurera les ornements et les objets sacrés les plus beaux pour le culte. Ce ne sont là que quelques exemples parmi bien d’autres.

Rien n’est trop beau pour Dieu. Nous n’avons pas à nous retenir quand il s’agit de lui rendre grâce pour les merveilles qu’il accomplit. Nous n’en ferons jamais trop pour lui. Quelquefois, on entend parler de “programme minimum” pour la télévision ou les services publics et nous savons combien cela peut être décevant. Dans notre relation avec le Seigneur, cela ne doit pas exister car lui-même s’est donné totalement, jusqu’au sacrifice de sa vie sur une croix.

Aujourd’hui, nous entrons dans la grande semaine sainte. Nous allons suivre jusqu’à son sacrifice sur la croix. Comprenons bien : C’est notre vie qui est clouée à la croix avec lui ? Notre vie avec ses peines, ses souffrances et ses péchés que le Christ a pris sur lui. “C’était nos péchés qu’il portait dans son corps sur le bois”. Un jour il a dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est ce don total du Christ que nous allons célébrer tout au long de cette semaine Sainte.

Alors n’ayons pas peur d’en faire trop pour Celui qui n’a pas mesuré son amour pour nous. Ne nous retenons pas pour chanter les louanges du Seigneur. Nous sommes tous attendus pour les célébrations du Jeudi Saint, Vendredi Saint, veillée pascale et dimanche de Pâques. Rejoignons tous les vivants qui tombent à genoux et qui proclament : « Jésus Christ est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père. » Et que notre liturgie vécue tout au long de cette semaine nous affermisse dans la foi.

Seigneur, nous voulons être là avec la foule pour te louer et pour te glorifier. Nous ne voulons pas être seulement des spectateurs. Tu es vraiment le Roi qui vient au nom du Seigneur ! Tu mérites notre louange pour toutes les grandes choses que tu as faites et que tu fais encore. Tu mérites notre reconnaissance éternelle pour tout ce que tu as fait pour nous. Accorde-nous ta grâce, que nous chantions sans cesse tes louanges non seulement par des mots mais également par nos actions.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : Dimanche des Rameaux et de la Passion

Samedi de la 5ème semaine du Carême 2025

Suite à la guérison de Lazare
 

Évangile de Jean 11, 45-57 En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter. (AELF)

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Méditation

Les grands prêtres et les pharisiens ont décidé d’arrêter Jésus pour mettre un terme à sa prédication. Il vient de ressusciter Lazare. Tout le peuple vient voir le ressuscité et acclamer celui qui fait un tel miracle. Alors, les grands prêtres craignent que la foule suive Jésus. Ce serait une perte de pouvoir pour eux. Et surtout cela déclencherait une émeute. La répression serait terrible. Cela irait jusqu’à la destruction du temple de Jérusalem.
 
C’est là que l’Évangile nous rapporte cette parole prophétique de Caïphe : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour tout le peuple… » Il ne croyait pas si bien dire. Il prophétise que la mort de Jésus serait une mort pour le salut de tous, pas seulement pour la nation juive, mais pour la multitude de tous les pays et de tous les temps. Par cette mort du Christ, tous peuvent être sauvés et ressuscités.
 
Au moment d’entrer dans cette semaine sainte, nous accueillons cette bonne nouvelle que nous n’aurions jamais imaginée. Le Christ a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour le monde entier. Demandons-lui que notre réponse soit de plus en plus à la mesure de son amour infini.

Vendredi de la 5ème semaine du Carême 2025

Dieu nous a aimés jusqu’à nous donner son Fils. 

 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 31-42
En ce temps-là,
         de nouveau, des Juifs prirent des pierres
pour lapider Jésus.
          Celui-ci reprit la parole :
« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes
qui viennent du Père.
Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
          Ils lui répondirent :
« Ce n’est pas pour une œuvre bonne
que nous voulons te lapider,
mais c’est pour un blasphème :
tu n’es qu’un homme,
et tu te fais Dieu. »
          Jésus leur répliqua :
« N’est-il pas écrit dans votre Loi :
J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
                   Elle les appelle donc des dieux,
ceux à qui la parole de Dieu s’adressait,
et l’Écriture ne peut pas être abolie.
                  Or, celui que le Père a consacré
et envoyé dans le monde,
vous lui dites : “Tu blasphèmes”,
parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
                   Si je ne fais pas les œuvres de mon Père,
continuez à ne pas me croire.
                   Mais si je les fais,
même si vous ne me croyez pas,
croyez les œuvres.
Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus,
que le Père est en moi,
et moi dans le Père. »
          Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter,
mais il échappa à leurs mains.
 
          Il repartit de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où, au début, Jean baptisait ;
et il y demeura.
          Beaucoup vinrent à lui en déclarant :
« Jean n’a pas accompli de signe ;
mais tout ce que Jean a dit de celui-ci
était vrai. »
          Et là, beaucoup crurent en lui. (AELF)
 
Méditation
« Jésus allait et venait dans le Temple. Une fois encore, les juifs ramassèrent des pierres pour le lapider. »
 
La Passion du Christ a commencé bien avant le Vendredi Saint. Il a vécu ses dernières semaines entouré d’ennemis impitoyables. La souffrance morale, il connaît. Tout au long de ses derniers jours, il est entouré de gens qui le harcèlent et qui déforment ses intentions profondes.
 
Tant d’êtres humains connaissent cette situation douloureuse. Jésus a voulu être l’un des nôtres jusque dans nos souffrances et notre mort. Mais rien ne peut l’ébranler car, nous dit-il, « le Père est en moi et je suis dans le Père. » Même dans l’angoisse et l’épouvante, il peut s’appuyer sur le Père. Il se sent aimé de lui, en communion profonde avec lui.
 
 Tout cela, ses adversaires ne l’acceptent pas. Il parle de Dieu comme son Père, se faisant ainsi son égal. Ce sera précisément la cause de sa mort. Les juges l’accuseront de blasphème et le condamneront. Il sera crucifié entre deux malfaiteurs.
 
Mais Jésus va jusqu’au bout de son enseignement sans chercher à l’atténuer. En lui, c’est Dieu qui s’est incarné, qui a voulu vivre notre condition humaine. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. »
 
Voilà cette Bonne Nouvelle qui transforme dans notre vie si nous voulons bien l’accueillir. C’est un cadeau que Dieu nous fait sans mérite de notre part. C’est aussi pour chacun de nous une responsabilité, un appel sans cesse renouvelé à  la sainteté : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

jeudi de la 5ème semaine du Carême 2025

Vouloir vivre avec Jésus 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 51-59
En ce temps-là,
Jésus disait aux Juifs :
                   « Amen, amen, je vous le dis :
si quelqu’un garde ma parole,
jamais il ne verra la mort. »
          Les Juifs lui dirent :
« Maintenant nous savons bien que tu as un démon.
Abraham est mort, les prophètes aussi,
et toi, tu dis :
“Si quelqu’un garde ma parole,
il ne connaîtra jamais la mort.”
                   Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ?
Il est mort, et les prophètes aussi sont morts.
Pour qui te prends-tu ? »
          Jésus répondit :
« Si je me glorifie moi-même,
ma gloire n’est rien ;
c’est mon Père qui me glorifie,
lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
                  alors que vous ne le connaissez pas.
Moi, je le connais
et, si je dis que je ne le connais pas,
je serai comme vous, un menteur.
Mais je le connais,
et sa parole, je la garde.
                   Abraham votre père a exulté,
sachant qu’il verrait mon Jour.
Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
          Les Juifs lui dirent alors :
« Toi qui n’as pas encore cinquante ans,
tu as vu Abraham ! »
          Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
avant qu’Abraham fût,
moi, JE SUIS. »
          Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter.
Mais Jésus, en se cachant,
sortit du Temple.
 
 
Méditation
Les adversaires de Jésus se font de plus en plus agressifs. Ils vont jusqu’à vouloir lui jeter des pierres pour le tuer. Mais il arrive à esquiver les coups et à sortir de la cohue. Son heure n’est pas encore tout à fait arrivée.
 
« Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » C’est pour cette parole qu’ils lui en veulent. Il vient de leur annoncer la Bonne Nouvelle la plus importante, la victoire de la Vie sur la mort.
 
Lui qui va vers la mort annonce qu’on triomphera de la mort. Mais ils ne veulent pas le croire. Et pourtant cette Bonne Nouvelle vient tout changer : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. »
 
Cette mort, Jésus l’a vue. Il y est passé. Ce fut une mort violente et affreuse. Mais tout l’évangile nous dit qu’il a voulu être avec nous dans nos souffrances et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa résurrection. L’humanité n’est pas destinée au trou noir mais à la vie en plénitude.
 
Ce que Jésus apporte au monde, c’est le roc, le fondement solide qui est en Dieu. Lui seul peut libérer l’homme de sa fatalité extrême. Nous sommes tous appelés à vivre avec Dieu, connaître Dieu et aimer.
 
Dans quelques jours, nous serons invités à suivre Jésus jusqu’à la croix. Le centurion romain a reconnu en lui le Fils de Dieu. Puissions-nous, à notre tour, reconnaître en Jésus crucifié le Fils de Dieu venu nous sauver.

Mercredi de la 5ème semaine du carême 2025

La Vérité vous rendra libres  
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 31-42
En ce temps-là,
    Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole,
vous êtes vraiment mes disciples ;
    alors vous connaîtrez la vérité,
et la vérité vous rendra libres. »
    Ils lui répliquèrent :
« Nous sommes la descendance d’Abraham,
et nous n’avons jamais été les esclaves de personne.
Comment peux-tu dire :
“Vous deviendrez libres” ? »
    Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
qui commet le péché
est esclave du péché.
    L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ;
le fils, lui, y demeure pour toujours.
    Si donc le Fils vous rend libres,
réellement vous serez libres.
    Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham,
et pourtant vous cherchez à me tuer,
parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous.
    Je dis ce que moi, j’ai vu
auprès de mon Père,
et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu
chez votre père. »
    Ils lui répliquèrent :
« Notre père, c’est Abraham. »
Jésus leur dit :
« Si vous étiez les enfants d’Abraham,
vous feriez les œuvres d’Abraham.
    Mais maintenant, vous cherchez à me tuer,
moi, un homme qui vous ai dit la vérité
que j’ai entendue de Dieu.
Cela, Abraham ne l’a pas fait.
            Vous, vous faites les œuvres de votre père. »
Ils lui dirent :
« Nous ne sommes pas nés de la prostitution !
Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »
    Jésus leur dit :
« Si Dieu était votre Père,
vous m’aimeriez,
car moi, c’est de Dieu que je suis sorti
et que je viens.
Je ne suis pas venu de moi-même ;
c’est lui qui m’a envoyé. » (AELF)
 
 
Méditation
Jésus de Nazareth était juif. Au cours de sa vie publique, il a dû affronter bien des conflits avec les autorités juives ; on lui reprochait de ne pas observer le Sabbat, de ne pas respecter les règles de pureté, de s’opposer au commerce dans le Temple. Mais la plus grande source d’incompréhension tournait autour du mystère de sa personne.
 
Cet évangile a été écrit par saint Jean autour des années 90. Les rapports entre les juifs et les chrétiens étaient très tendus. Les juifs devenus chrétiens étaient considérés comme des traîtres ; de ce fait, ils étaient exclus des synagogues. Les discussions et les malentendus sur les Écritures étaient nombreux.
 
Saint Jean veut encourager les juifs chrétiens à « demeurer » fidèles. Ce verbe « demeurer », nous le retrouvons souvent chez Jean. Il signifie « habiter quelque part » et y rester. Le chrétien doit être attaché au Christ. Ce qu’il leur demande c’est de durer, d’être fidèle à sa parole.
 
Nous vivons dans un monde pas toujours facile. Ce n’est pas évident de témoigner de sa foi dans un milieu hostile ou indifférent. Et pourtant, c’est cela que Jésus attend de nous. Il ne nous demande pas de faire croire mais de dire. Cette mission ne portera de fruit que si nous « demeurons » avec lui et lui avec nous.
 
« Dieu fait de nous en Jésus Christ des hommes libres »

Mardi de la 5ème semaine du carême

 Connaître Dieu ; Jésus nous le révèle
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean12, 32.34
En ce temps-là,
Jésus disait aux Pharisiens :
« Je m’en vais ;
vous me chercherez,
et vous mourrez dans votre péché.
Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient :
« Veut-il donc se donner la mort,
puisqu’il dit :
“Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller” ? »
Il leur répondit :
« Vous, vous êtes d’en bas ;
moi, je suis d’en haut.
Vous, vous êtes de ce monde ;
moi, je ne suis pas de ce monde.
C’est pourquoi je vous ai dit
que vous mourrez dans vos péchés.
En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS,
vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient :
« Toi, qui es-tu ? »
Jésus leur répondit :
« Je n’ai pas cessé de vous le dire.
À votre sujet, j’ai beaucoup à dire
et à juger.
D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité,
et ce que j’ai entendu de lui,
je le dis pour le monde. »
Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.
Jésus leur déclara :
« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme,
alors vous comprendrez que moi, JE SUIS,
et que je ne fais rien de moi-même ;
ce que je dis là,
je le dis comme le Père me l’a enseigné.
Celui qui m’a envoyé est avec moi ;
il ne m’a pas laissé seul,
parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
Sur ces paroles de Jésus,
beaucoup crurent en lui. (AELF)

Méditation
« Là où je vais, vous ne pouvez venir ». Apparemment, cette parole de Jésus est en contradiction avec le reste des évangiles si nous le retirons de son contexte. En d’autres termes, cela signifie que nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous restons enfoncés dans notre péché. Rejeter le Christ c’est rejeter Dieu, c’est se couper de lui.

 
Comme l’a fait Moïse pour son peuple, le Christ parle ici au nom de Dieu. A l’époque où il était le pasteur d’Israël, Moïse avait entendu les mots suivants : « JE SUIS m’a envoyé vers vous ; Yahvé, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’a envoyé vers vous. » (Exode 3, 14-15)
 
Le nom de Dieu suffisait aux Hébreux pour avoir confiance en Moïse, pour fuir l’esclavage et se mettre en route vers la Terre Promise. C’est grâce à ce Nom que la Pâque (le passage) a pu s’accomplir. Le peuple n’a manqué ni de la manne, ni de l’eau. Il a même eu les cailles pour nourriture et le serpent d’airain pour le sauver de la mort.
 
Jésus évoque ce nom qui est son nom. Il rappelle tout le chemin parcouru de l’esclavage à la liberté. Chacun doit entreprendre ce passage qui mène de la mort à la Vie. A l’approche de la Semaine Sainte, nous sommes invités à mettre vraiment toute notre foi en Jésus et à nous imprégner de ses paroles et de son amour. Nous pourrons le suivre dans sa Passion, sa mort sur la croix et sa résurrection.
 
« Seigneur, donne-nous de savoir te reconnaître sur la Croix comme le Fils bien-aimé du Père. Donne-nous la grâce de ne pas avoir peur de nous engager à ta suite sur le chemin de ta passion. Dans toutes nos croix, donne-nous la même confiance que toi envers ton Père pour nous abandonner entre ses mains. Que notre péché qui nous conduit à la mort soit cloué à la croix et que notre être intérieur soit élevé en toi auprès du Père, Source de toute vie ! »

Lundi de la 5ème semaine du Carême 2025

 « Je suis la lumière du monde »

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 12-20
 
En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Moi, je suis la lumière du monde.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
il aura la lumière de la vie. »
Les pharisiens lui dirent alors :
« Tu te rends témoignage à toi-même,
ce n’est donc pas un vrai témoignage. »
Jésus leur répondit :
« Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même,
et pourtant mon témoignage est vrai,
car je sais d’où je suis venu,
et où je vais ;
mais vous, vous ne savez ni d’où je viens,
ni où je vais.
Vous, vous jugez de façon purement humaine.
Moi, je ne juge personne.
Et, s’il m’arrive de juger,
mon jugement est vrai
parce que je ne suis pas seul :
j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé.
Or, il est écrit dans votre Loi
que, s’il y a deux témoins,
c’est un vrai témoignage.
Moi, je suis à moi-même mon propre témoin,
et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »
Les pharisiens lui disaient :
« Où est-il, ton père ? »
Jésus répondit :
« Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ;
si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »
 
Il prononça ces paroles
alors qu’il enseignait dans le Temple,
à la salle du Trésor.
Et personne ne l’arrêta,
parce que son heure n’était pas encore venue. © AELF
 
 
Méditation
L’Évangile du 5ème dimanche du Carême nous parlait de cette femme adultère que les chefs religieux ont amenée à Jésus pour le piéger. La question était de savoir si, à son avis, on devait la lapider ou pas. Jésus les a renvoyés à eux-mêmes en disant : « Que celui qui est sans péché soit le premier à lui jeter la pierre. »
 
C’est au terme de cette rencontre avec la femme adultère que Jésus se présente comme « la lumière du monde. » C’est une réponse au péché, celui de la femme adultère mais surtout l’endurcissement des scribes et des pharisiens
 
Cette Lumière qui est en Dieu, le Christ ne demande qu’à nous la communiquer. Il veut qu’elle brille dans ce monde couvert par les ténèbres. Nous sommes renvoyés à cette parole de Dieu dans le récit de la Genèse : « Que la lumière soit… »
 
 
« Toi qui est lumière,
Toi qui est l’amour.
Mets dans nos ténèbres
ton esprit d’amour » (R. Fau)

 

5ème dimanche du Carême 2025

Dieu libérateur

Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie.
Les textes bibliques de ce dimanche nous révèlent un Dieu qui veut libérer et sauver ceux qui étaient perdus. Le prophète Isaïe (1ère lecture) s’adresse à un peuple qui vient de vivre une longue période de captivité. Il lui annonce une bonne nouvelle : c’est aujourd’hui que Dieu intervient pour sauver son peuple. Ce dernier va pouvoir revenir vers la Terre promise ; le désert qu’il va traverser sera jalonné d’oasis ; il faut y voir le signe que Dieu peut redonner vie et espérance aux cœurs les plus arides.

Cette bonne nouvelle nous concerne tous aujourd’hui : dans ce monde qui est le nôtre, beaucoup vivent dans la désespérance. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés. Notre mission, c’est d’y révéler la Source d’eau vive, celle qui fait fleurir tous les déserts, ceux de nos familles, ceux de notre vie et ceux de notre monde. Cette source inépuisable c’est celle de l’amour qui est en Dieu. C’est auprès de lui que nous sommes invités à puiser chaque jour.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous donne son témoignage. Sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas a provoqué un renversement radical dans sa vie. Au départ, il était un ardent défenseur de la loi juive. Il poursuivait les chrétiens et les faisait enfermer. Mais après sa conversion, il n’a désormais d’autre fierté et d’autre ambition que de « connaître le Christ » et de « parvenir à la résurrection des morts » en communiant aux souffrances de sa Passion. Pour nous comme pour Paul, la vraie libération c’est celle qui vient du Christ. C’est un don que Dieu nous fait par pure miséricorde. C’est avec lui que nous trouverons la force de nous libérer de tout ce qui nous enferme sur nous-mêmes.

L’Évangile de saint Jean nous montre la miséricorde qui libère. Dimanche dernier, Jésus en parlait sous la forme d’une parabole, celle du fils prodigue. Mais aujourd’hui, nous le voyons confronté à une situation bien réelle : on lui amène une femme coupable d’adultère. Ses accusateurs sont des scribes et des pharisiens, des experts de la loi de Moïse, des personnes reconnues pour leur ferveur religieuse. D’après la loi de Moïse, cette femme doit être lapidée. Mais s’ils se tournent vers lui, c’est pour le piéger. S’il refuse de la condamner, il est en contradiction avec la loi de Moïse ; et s’il la condamne, il est en contradiction avec la miséricorde qu’il prêche.

Mais Jésus opère un renversement : il ouvre un nouveau procès, celui des accusateurs : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Pendant que Jésus a la délicatesse de baisser les yeux, chacun examine sa conscience et… se retire. Il reste un homme sans péché, Jésus ; lui seul aurait eu le droit de condamner, mais il ne le fait pas : « Moi non plus, je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus. » La menace de mort disparaît, le chemin d’une vie nouvelle s’ouvre pour cette femme.

En lisant cet Évangile, nous pensons à tous les scandales, petits ou grands. Certains sont connus seulement de l’entourage familier. D’autres sont répandus par la Presse, la télé et Internet. Alors les langues vont bon train. Bien sûr, on ne lapide plus les pécheurs et les pécheresses. Mais on ricane, on dénonce celui qui a fauté ; on l’enfonce dans sa mauvaise réputation. On ne lui laisse aucune chance de s’en sortir.

C’est alors qu’il nous faut revenir à cette parole du Christ : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Devant Dieu, nous sommes tous des pauvres pécheurs. Avant de faire la leçon aux autres, nous sommes invités à enlever la poutre qui est dans notre œil. Cette poutre c’est l’orgueil, c’est le mépris à l’égard de celui qui a fauté. En agissant ainsi, nous allons contre le Christ qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est par amour pour eux et pour le monde entier qu’il est mort sur une croix.

Comprenons bien, le péché est un mal que nous devons combattre de toutes nos forces. Mais le pécheur c’est quelqu’un qu’il faut guérir et sauver. Il a besoin qu’on l’aide à retrouver sa place dans la communauté chrétienne. La vie chrétienne est un combat de tous les jours contre les forces du mal. Mais pour ce combat, nous ne sommes pas seuls. Jésus est avec nous pour nous montrer le chemin. Marie est là aussi ; comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira… » Puisez à la Source de Celui qui est l’Amour… Soyez les témoins et les messagers de sa miséricorde dans le monde d’aujourd’hui. Si nous voulons que ce carême soit vraiment libérateur, il n’y a qu’un seul commandement : aimer comme Jésus aime.

Seigneur, en ce dimanche, nous sommes venus à toi avec notre désir d’accueillir ta Parole et de nous laisser transformer par elle. Tu peux changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Que ta présence nous apporte la joie d’aider, de soutenir, de consoler et d’aimer. Que ta Parole soit Lumière pour notre monde et que ton amour apaise tous ceux qui souffrent.

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