Saint Jacques le Majeur

Siéger à droite et à gauche
Évangile Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20, 20-28 En ce temps-là, la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » © AELF
 
 
  Méditation 
Cet Évangile nous montre les disciples Jacques et Jean qui ont réclamé d’être à droite et à gauche de Jésus dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent contre ceux qui ont voulu « se pousser ». C’est normal car ils se disent : « pourquoi pas nous ? » Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité.
 
Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples. La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu.
 
C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. » C’est très important pour nous aujourd’hui. Notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous laisser imprégner par l’Esprit Saint pour ne pas déformer le message de l’Évangile.
 
Notre travail c’est de poursuivre la mission du Christ ; c’est d’annoncer une bonne nouvelle, celle de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants. Mais dans notre monde, deux hommes sur trois ne le connaissent pas. C’est une raison de plus pour témoigner à temps et à contretemps de la bonne nouvelle de l’Évangile. Demandons au Seigneur qu’il nous donne force et courage pour cette mission.

Jeudi de la 16ème semaine du Temps ordinaire

Face au message de Jésus


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,10-17.
    En ce temps-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
    Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là.
    À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a.
    Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
    Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : ‘Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
    Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.’
    Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !
    Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Méditation
Jésus vient de raconter la parabole du semeur. Elle nous montre deux attitudes face à son enseignement : D’un côté ceux qui voient et entendent sans comprendre ; de l’autre ceux qui comprennent et sont prêts à changer de vie et à suivre le Christ.

La venue de Jésus ouvre des temps nouveaux. C’est le règne de Dieu qui est là ; il est offert en plénitude à tous les hommes. Jésus ne promet pas un bonheur futur mais un bonheur actuel.

O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre. Qu’il nous conduise vers la vérité tout entière

23 juillet 2025 : Sainte Brigitte de Suède

La vraie famille de Jésus
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 31-35)
 
En ce temps-là,
comme Jésus était dans une maison,
    arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors,
ils le font appeler.
    Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
    Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
    Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
    Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (AELF)
 
 
Méditation
Aujourd’hui, Jésus nous fait comprendre que sa vraie parenté n’est pas celle qu’on croit. Les liens du sang, les liens familiaux sont importants mais ils ne sont pas premiers. La vraie famille de Jésus, ce sont « ceux qui font la volonté de Dieu ».
 
À ce titre, Marie est doublement Sa mère. Elle est celle qui a mis Jésus au monde. Mais sa vraie grandeur n’est pas dans les liens du sang. Elle est d’avoir été « l’humble servante de Dieu ». Plus que tout autre, elle est celle qui a fait la volonté de Dieu.
 
Cet Évangile nous annonce une bonne nouvelle : Nous pouvons tous faire partie de la grande famille de Dieu. Nous y sommes entrés au jour de notre baptême. À travers la communauté chrétienne, c’est le Christ qui nous y a accueillis. C’est avec lui que nous apprenons à faire la volonté du Père.
 
En relisant l’histoire du Salut dans la Bible et surtout dans le Nouveau Testament, nous découvrons un Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. Si le Fils de Dieu s’est incarné c’est pour rejoindre ce monde de ténèbres. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est en lui et par lui que nous devenons membres de la famille de Dieu

22 juillet 2025 : Fête de sainte Marie-Madeleine

« J’ai vu le Seigneur ! »

 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1.11-18.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus         . Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »     Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.         Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.   Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
Le premier jour de la semaine (dimanche), « Marie-Madeleine se rend au tombeau alors qu’il fait sombre ». Sa détresse est celle de toute personne qui se réveille chaque matin pour se trouver devant un grand vide. Celui que son cœur aime n’est plus là. C’est cette souffrance morale qui la pousse de grand matin vers le cimetière.
 
Mais si nous sommes attentifs à la vie de notre monde, nous découvrons l’ampleur du drame. De nos jours, des pays entiers sont transformés en cimetières. Pensons à toutes les victimes de l’oppression, de la violence, de la guerre en Ukraine et ailleurs dans le monde : devant ces images de mort, nous sommes souvent comme les disciples de Jésus : nous fuyons. 
 
L’Évangile nous montre que Marie-Madeleine a fait preuve d’un plus grand courage. Elle n’a pas eu peur des menaces qui pesaient sur les disciples de Jésus. De bon matin, elle se rend au tombeau. Mais quand elle y arrive, elle voit qu’il est ouvert et vide. Elle en déduit qu’on a enlevé le corps de Jésus.   Pour elle, c’est un drame de plus. Mais voilà que Jésus ressuscité la rejoint  » : Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Quand elle l’a reconnu, il l’envoie : « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
 
Cette première Pâque est offerte à une pauvre femme méprisée et rejetée. À travers elle, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres et aux exclus. Elle est envoyée pour leur annoncer que Jésus est ressuscité d’entre les morts. 
 
Comme Marie Madeleine, nous sommes envoyés pour témoigner de la victoire  du Christ sur la mort et le péché ;    Demandons-lui qu’il nous envoie son Esprit Saint. Ainsi, nous pourrons proclamer avec force que Jésus est vivant pour les siècles des siècles. Amen

Lundi de la 16ème semaine du temps ordinaire (2025)

Un signe du ciel
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,38-42.
En ce temps-là, quelques-uns des scribes et des pharisiens adressèrent la parole à Jésus : « Maître, nous voudrions voir un signe venant de toi. »Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.En effet, comme Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, le Fils de l’homme restera de même au cœur de la terre trois jours et trois nuits.Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération, et elle la condamnera ; en effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
« Cette génération est une génération mauvaise : elle réclame un signe… » Jésus s’adresse à des gens qui font preuve de mauvaise foi. Il s’adresse aussi à notre génération : elle ne réclame plus de signe ; elle en est bien incapable car elle s’est installée dans l’indifférence et l’athéisme.

« Il ne lui sera donné que le signe de Jonas… » Ce dernier est allé à contre cœur à Ninive pour annoncer la destruction de cette ville. Les gens se sont convertis parce qu’ils ont eu peur de cette menace. Nous aussi, nous sommes appelés à nous convertir. Ce n’est plus la peur qui nous y pousse mais l’amour. Dieu nous appelle à lui car il veut nous combler de son amour.

La bonne nouvelle du jour : « Il y a ici bien plus que Salomon… bien plus que Jonas… » Il y a Jésus, le Fils de Dieu. Il est la vraie Sagesse de Dieu, une sagesse infiniment plus grande que celle de Salomon. Il a été envoyé par le Père, non plus pour annoncer la destruction mais le salut. « Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu » (Saint Jean-Paul II)

16ème dimanche du temps ordinaire 2025

Avec le Christ ressuscité, choisir la meilleure part

Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie
La première lecture et l’évangile de ce dimanche nous parlent de l’accueil et de l’hospitalité. Abraham se montre très généreux envers les trois hommes qui s’approchent de sa tente. Jésus reçoit l’hospitalité dans la maison de Marthe et Marie. Voilà donc deux récits très proches l’un de l’autre. Mais il y a entre eux une différence importante. Dans la première lecture, ce qui est mis en avant, c’est la générosité du patriarche qui accueille les invités. Dès que ces derniers s’approchent de sa tente, il va à leur rencontre. Il leur demande d’accepter son hospitalité. Il leur manifeste une disponibilité extraordinaire. Ce qui est surprenant, c’est qu’il s’adresse à eux comme à une seule personne. Il les appelle “Mon Seigneur”

Il importe peu de savoir combien ils étaient. En fait, Abraham a compris qu’en donnant l’hospitalité à ces trois personnes, c’est Dieu qu’il accueille. Cet événement a beaucoup marqué la spiritualité orientale. Nous connaissons tous l’icône d’Andrei Roublev qui en donne une explication trinitaire. Les Pères de l’Église ont vu en ces trois personnages une image de la Trinité : trois personnes qui sont un seul Seigneur. En pratiquant l’hospitalité, nous entrons en contact avec Dieu.

Le Dieu d’Abraham vient à nous aujourd’hui. Nous ne voyons pas son image ; mais nous le reconnaissons dans cette assemblée. Ses traits sont parfois ceux de l’étranger que nous regardons à peine. Il est là, à travers le pauvre, le petit, l’immigré, l’exclu ; c’est lui qui frappe à notre porte. Au terme de notre vie, il nous dira : “tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. C’est un appel pour chacun de nous à donner généreusement au service de Dieu et de nos frères

Dans l’évangile, nous lisons le témoignage de l’hospitalité de Marthe. Elle est attentive à servir Jésus et à tout faire pour qu’il se trouve à son aise dans sa maison. A côté de cette hyperactivité de Marthe, nous avons l’attitude totalement différente de Marie : elle s’est tout simplement assise à ses pieds pour l’écouter. Jésus fait comprendre à Marthe que seconde manière est la meilleure. Bien sûr, il importe que le service soit assuré correctement. Mais un hôte est plus honoré quand on prend le temps de l’écouter et de comprendre ce qu’il veut. C’est encore plus vrai pour Jésus car il est “la Parole de Dieu”.

Marie a choisi la meilleure “part.” Elle est reçue et accueillie par le Seigneur. Elle se nourrit de sa parole. Dans ce cas, on peut dire que la relation d’hospitalité est réciproque. C’est important pour nous : nous avons toujours besoin d’accueillir Jésus, d’accueillir sa Parole, d’accueillir son amour dans nos cœurs. Bien sûr, l’action est nécessaire. Mais nous ne devons pas oublier la supériorité de l’accueil du Seigneur dans nos vies ; ce qui est le plus important, c’est ce que le Seigneur fait pour nous, ce qu’il dit et ce qu’il accomplit. Quant à nous, nous ne sommes que ses modestes collaborateurs.

Quand on a ainsi accueilli la Parole de Dieu, on ne peut que vouloir la communiquer aux autres. C’est ce que nous montre l’apôtre Paul dans la seconde lecture. C’est avec beaucoup de zèle qu’il annonce le Christ ; il s’adresse à tous, en particulier aux païens. Il leur annonce que Dieu aime tous les hommes de toutes les nations. Il veut tous les unir pour les faire tous entrer dans une même grande famille. Cette lettre de Paul s’adresse aussi à nous aujourd’hui : elle nous invite à vraiment accueillir la Parole du Christ dans nos vies. Sans lui, nous n’avancerons pas. C’est avec lui que nous pourrons collaborer à son œuvre de salut dans le monde. Il est “l’âme de tout apostolat” (Dom Chautard).

Comme à Mambré et comme à Béthanie, le Seigneur continue à s’inviter. C’est ce qui se passe dans chaque Eucharistie. Il reçoit nos offrandes mais c’est pour se donner lui-même : “Prenez et mangez…” Pour nous orienter vers le repas eucharistique, il se tient à notre porte et il frappe ; il attend que nous lui ouvrions pour nous inviter à manger avec lui et lui avec nous (Ap. 3. 20). Il est toujours là pour nous offrir la meilleure part, la Parole de vie et le Pain du Royaume. Puis à la fin de la messe, nous serons envoyés pour la porter à nos frères.

Nous te prions, Seigneur : rends-nous accueillants et attentifs comme Marie et serviables comme Marthe. Ainsi, autour de nous, beaucoup pourront se réjouir de ta présence. Amen.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : 16ème dimanche du temps ordinaire

Samedi de la 15ème semaine du Temps ordinaire (2025)

« Voici mon serviteur que j’ai choisi »

Pharisiens
 


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12, 14-21

En ce temps-là,
    une fois sortis de la synagogue,
les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus
pour voir comment le faire périr.
    Jésus, l’ayant appris, se retira de là ;
beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous.
    Mais il leur défendit vivement
de parler de lui.
    Ainsi devait s’accomplir
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
    « Voici mon serviteur que j’ai choisi,
mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur.
Je ferai reposer sur lui mon Esprit,
aux nations il fera connaître le jugement.
    Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas,
on n’entendra pas sa voix sur les places publiques.
    Il n’écrasera pas le roseau froissé,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement.
    Les nations mettront en son nom leur espérance. » © AELF


Méditation

Les scribes et les pharisiens ne supportent plus les actes et les paroles de Jésus. L’évangéliste nous rapporte plusieurs incidents autour du Sabbat ainsi que des paroles de Jésus contraire à leurs certitudes. Il se trouve face à des esprits bloqués. Ces chefs religieux sont enfermés dans les règles du « permis et du défendu ». Ils s’imaginent que la foi est perdue si on le laisse faire. Alors, ils élaborent un plan de mort contre Jésus.
 
L’hostilité est devenue si forte qu’il est obligé de se cacher. Mais rien ni personne ne l’empêchera d’accomplir sa mission jusqu’au bout. Matthieu lui applique ce que disait Isaïe au sujet du « serviteur de Dieu ». Même s’il est rejeté par les siens, il est l’espérance des justes et des pécheurs, des croyants et des incroyants. Ce n’est pas la loi qui apporte cette espérance mais la personne même de Jésus.

 

Vendredi de la 15ème semaine du temps ordinaire (2025)

Les épis arrachés
 


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12, 1-8
    En ce temps-là, un jour de sabbat,
Jésus vint à passer à travers les champs de blé ;
ses disciples eurent faim
et ils se mirent à arracher des épis et à les manger.
    Voyant cela, les pharisiens lui dirent :
« Voilà que tes disciples
font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! »
    Mais il leur dit :
« N’avez-vous pas lu ce que fit David,
quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ?
    Il entra dans la maison de Dieu,
et ils mangèrent les pains de l’offrande ;
or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger,
mais seulement les prêtres.
    Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi
que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple,
manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ?
    Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple.
    Si vous aviez compris ce que signifie :
Je veux la miséricorde, non le sacrifice,
    vous n’auriez pas condamné
ceux qui n’ont pas commis de faute.
En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. » © AELF.



Méditation

Parce qu’ils avaient faim, les disciples avaient arraché des épis pour les manger. Le problème c’est que c’était un jour de Sabbat. Ce jour-là, tout travail est interdit. Les pharisiens ne manquent pas de le signaler à Jésus.
 
C’est vrai que la loi du repos absolu avait été donnée par Dieu. Il s’agissait pour lui d’éduquer son peuple et de le faire grandir. Le Sabbat (samedi) était vraiment le jour du Seigneur.
 
Malheureusement, les pharisiens n’ont rien compris. Ils sont sans doute très respectueux de la loi. Mais leur cœur est loin de Dieu. Alors, Jésus voudrait les inviter à faire un pas de plus sur le chemin de la conversion. Il n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir. Observer des préceptes ne suffit pas. Le plus important c’est que toute notre vie soit remplie de l’amour qui est en Dieu. « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. » (1 Co 13)
 

Aux yeux de Dieu, nous ne sommes pas seulement des « observants » mais des fils qui reproduisent l’image de son Fils  bien-aimé. C’est son amour que nous devons prendre au sérieux dans les petites choses de la vie. Il s’agit de passer du devoir à l’amour, de la loi à la présence.

Jeudi de la 15ème semaine du temps ordinaire

 « Prenez sur vous mon joug ! » 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 28-30  En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (AELF)

 

 Méditation 

«Prenez sur vous mon joug !» Les nouvelles générations et les gens de la ville se trompent souvent dans l’interprétation de cette parole. Ils ne savent pas ce qu’est un joug. Non, ce n’est pas un fardeau de plus.
 
 Pour comprendre cette parole de Jésus, il faut avoir connu les paysans des anciennes générations. Ceux-ci ne possédaient pas de tracteur. Ils travaillaient avec des bœufs qui étaient joints l’un à l’autre au moyen d’un joug. Ils pouvaient ainsi tirer des fardeaux très lourds, remorque de foin, de bois, machine agricole… Un tout seul ne pouvait pas tirer ce fardeau, mais joints l’un à l’autre au moyen du joug, ils étaient plus forts et tout devenait possible.
 
Le Christ voit le lourd fardeau que nous traînons tout au long de notre vie. Mais il ne veut pas nous laisser seuls. S’il nous invite à prendre son joug, c’est précisément parce que ce fardeau il veut le porter avec nous.
 
Cela ne sera possible que si nous acceptons d’être joints à lui. Ce qui est important c’est cet appel : « Venez à moi. » Or quand l’épreuve et le désarroi sont trop lourds, on ne veut voir personne. Celui qui souffre est tenté de s’enfermer dans le silence et l’isolement. Il est convaincu que personne ne peut le comprendre ni le soulager.
 
« Je referai vos forces », nous dit Jésus. Cela veut dire qu’il vient nous relever par une force intérieure nouvelle. Il veut nous faire revivre, renaître. En nous donnant son Esprit Saint, il nous donne une énergie nouvelle pour marcher à nouveau et repartir vers une nouvelle étape. Nous ne serons pas dispensés de nos responsabilités. Nos fardeaux n’auront pas disparu. Mais ils cesseront de nous anéantir. Nous ne serons plus seuls à les porter.
 
A chaque Eucharistie, nous déposons notre poids de vie auprès du pain et du vin offerts en sacrifice. Nous reconnaissons le Seigneur au partage de son Corps et de son sang qui nous fortifient. Jésus nous propose la nourriture qui nous permettra de continuer notre route et de vivre reliés à lui. Et nous repartirons heureux de témoigner que l’Évangile est un fardeau léger qui nous porte bien plus que nous ne le portons.
 

Mercredi de la 14ème semaine du temps ordinaire (2025)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 25-27)
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation
Cet Évangile fait suite aux reproches très durs que Jésus avait adressés aux villes du bord du lac de Tibériade. Ces dernières avaient eu le privilège de ses miracles et de sa présence, mais elles ne s’étaient pas converties. Les pharisiens n’ont jamais cessé de le critiquer quoi qu’il fasse. De la part de Jésus, on aurait pu s’attendre à des plaintes. En fait, c’est tout le contraire qui se passe. Sa prière est une prière de louange, inspirée par ce qu’il vit.

« Tu as caché ces choses aux sages et aux savants… » Tu les as cachées aux pharisiens d’hier et à ceux d’aujourd’hui. Ne nous trompons pas. Dieu n’a rien caché à personne. Jésus s’adresse à ceux qui se rengorgent de leur savoir et de leur pouvoir. Ces derniers traitent les petits avec mépris. Eux, ils savent. Ils ricanent quand ils entendent ce prophète parler de l’amour sans condition qui prétend les libérer et les faire renaître. C’est comme dit saint Jean au début de son Évangile : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

Face à ces gens conscients de leur supériorité, nous avons les petits : Eux, n’ont rien à perdre. Ils sont loin du savoir et du pouvoir. Leur disponibilité leur permet d’accueillir la bonne nouvelle que Jésus est venue apporter au monde. Ces gens considérés comme des bons à rien sont prêts à jouer leur vie sans calcul. C’est pour cela que Jésus rend grâce : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Il faut le redire : Dieu ne cache rien à personne. C’est l’orgueil humain qui empêche l’homme d’accueillir la bonne nouvelle de l’Évangile. Le « tout-petit » chez saint Matthieu, c’est celui qui accueille le « tout-grand » c’est-à-dire Dieu. Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume de Dieu est à eux ».

Ces « tout-petits » dont il est question, ce ne sont pas des « enfants de chœur » ni des « enfants de Marie ». Ce sont les publicains d’hier et d’aujourd’hui, ce sont les prostituées, les étrangers, les malades aux contagions redoutables, des gens qui ont perdu la tête. Ce sont aussi des prisonniers et des marginaux de toutes sortes. Par rapport aux bien-pensants, ils sont tout-petits parce qu’on les regarde de haut. Or, c’est vers eux que Jésus va. Il ne cesse de leur dire que Dieu les aime. Il ne leur parle pas « d’aller à confesse » mais de « venir à un banquet ». Il ne brandit pas la loi, mais il annonce le Royaume pour tous.

Oui, Seigneur, « que ma bouche chante ta louange…
Sois loué Seigneur, pour ta grandeur,
Sois loué pour tous tes bienfaits….
Que ma bouche chante ta louange. »