Jeudi de la 3ème semaine du Carême 2026

 
Jésus chasse les démons
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11, 14-23
 
En ce temps-là,
Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet.
Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler,
et les foules furent dans l’admiration.
Mais certains d’entre eux dirent :
« C’est par Béelzéboul, le chef des démons,
qu’il expulse les démons. »
D’autres, pour le mettre à l’épreuve,
cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit :
« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert,
ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même,
comment son royaume tiendra-t-il ?
Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul
que j’expulse les démons.
Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse,
vos disciples, par qui les expulsent-ils ?
Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.
En revanche, si c’est par le doigt de Dieu
que j’expulse les démons,
c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.
Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais,
tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort survient et triomphe de lui,
il lui enlève son armement, auquel il se fiait,
et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé.
Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ;
celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. » © AELF
 
 
Méditation
« Jésus venait de chasser un démon. Le possédé était muet. Quand il eut chassé le démon, le muet parla ». Cet événement nous montre à quel point la présence de Jésus est bienfaisante. Il est la lumière qui illumine les hommes. Les foules sont dans l’admiration.
 
Ce mal qui abime l’homme est toujours bien présent. Nous pensons à toutes ces violences terroristes qui ne cessent de faire la une de l’actualité. Les médias nous transmettent des discours accusateurs qui cherchent à anéantir l’adversaire. C’est comme des boules puantes que l’on s’envoie de l’un à l’autre. Cela fait partie des forces destructrices  que personne ne semble maîtriser. Jésus vient à nous pour nous libérer. Avec lui, les démons sont chassés. Le mal ne peut avoir le dernier mot. Le Christ veut nous associer à sa victoire sur le péché.
 
Nous pouvons parler, rendre grâce. Mais les adversaires de Jésus font preuve de mauvaise foi. Ils l’accusent d’utiliser les pouvoirs du chef des démons. Ça n’a pas de sens. Si le chef des démons agit contre son camp, il va à sa ruine. Attribuer la guérison du muet à Béelzéboul, c’est affirmer que Satan combat lui-même le mal qu’il fait. Dans ce cas, c’est la guerre civile dans son camp.
 
Certains peuvent penser que tout cela est un peu dépassé pour notre monde actuel. Détrompons-nous : Ils sont nombreux ceux qui font appel aux horoscopes, à la magie blanche ou noire, aux voyants, aux guérisseurs… Tout cela n’est pas de Dieu. Jésus n’agit pas avec les pouvoirs de Satan. En lui, c’est Dieu qui libère l’homme : les muets parlent, les aveugles retrouvent la vue, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Le Christ est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Mais pour reconnaître ces bienfaits, il faut la confiance qui expulse le démon de la méfiance et de la médisance.
 
Nous n’aurons jamais fini de redécouvrir l’image du vrai Dieu, du Dieu Amour, du Dieu libérateur. Au lieu de faire appel à ceux « qui ont des pouvoirs », jetons-nous dans ses bras. Demandons-lui qu’il nous donne force et courage pour prendre part avec les autres hommes à la lutte contre la maladie, la souffrance et toutes les emprises du mal. « O Seigneur, comment reconnaître Les bienfaits dont tu m’as comblé ? Chaque jour je célébrerai tes grandeurs, Alléluia ! »
 
 Chant du jour
 

Mercredi de la 3ème semaine du Carême 2026

Appel à nous convertir

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 17-19
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. » (AELF)
 
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Méditation
En lisant cet Évangile, nous voyons que Jésus s’inscrit dans une progression. Il ne supprime pas les étapes précédentes, ne pas tuer, ne pas voler. Il nous appelle à en franchir une nouvelle : « On vous a dit… Moi je vous dis… »
 
Cet évangile est un appel à une véritable conversion. Nous devons réapprendre à régler notre vie sur Jésus et non sur la manière de faire des hommes. Il est urgent de tout faire pour aller toujours plus loin dans l’amour. La véritable exigence pour un chrétien c’est d’aimer toujours davantage, c’est de nous laisser habiter par l’amour de Dieu.
 
Voilà un chemin difficile. Mais nous ne sommes pas seuls. Jésus est toujours là avec nous. Il nous donne la force nécessaire pour nous engager dans cette direction. Il ne se contente pas de nous donner des commandements. Il nous donne sa grâce. Son Esprit déploie sa force dans notre faiblesse. Il nous relève et nous affermit.     En ce jour, nous le prions en union avec tous les chrétiens : Dieu notre Père, nous te confions ton Église. Que la Parole du Christ, dans ses exigences et sa bienveillance soit toujours notre nourriture. Amen
 

Mardi de la 3ème semaine du Carême 2026

Une dette démesurée

Le pardon de Jean-Paul II
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 21-35
En ce temps-là,
Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.
 
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
 
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »
 
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Méditation

En nous racontant cette parabole, Jésus voudrait nous montrer où nous en sommes envers Dieu. Cette démesure de la dette remise n’est qu’une image de ce qui se passe entre Dieu et nous. Devant lui, nous sommes tous des débiteurs insolvables ; et pourtant, quand nous le supplions, il va jusqu’à nous faire grâce, tout cela au nom de l’amour qu’il nous porte. L’évangile nous dit qu’il est « saisi de pitié. » C’est le cœur qui parle, l’amour qui submerge tout. Le pardon est donné pour ouvrir un avenir à celui qui n’en a pas d’autre possible.

Mais ce pardon qu’il nous donne ne sera possible qu’à une condition : C’est que nous fassions preuve d’indulgence pour nos compagnons de route. Les cent deniers que doit le camarade, c’est insignifiant par rapport à l’énorme dette que le premier s’était vu remettre. C’est pour cette raison qu’il devait, à son tour remettre celle de son compagnon et retrouver son amitié. Ce pardon lui aurait donné l’occasion d’un nouveau départ sur de nouvelles bases.

En définitive, c’est l’exemple du Christ lui-même qu’il nous faut regarder et suivre. Ce qu’il nous demande aujourd’hui, il l’a vécu jusqu’au bout. Avant de mourir sur la croix, il a dit : «Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Par ses paroles et toute sa vie, Jésus nous dit ce qu’est le pardon : il ne s’agit pas d’oublier mais de tendre la main à l’offenseur pour l’aider à se relever. Pardonner c’est aimer. C’est repartir ensemble sur des bases nouvelles.

Et en parlant de réconciliation, comment ne pas rappeler l’importance du sacrement du pardon, celui qui nous décharge du poids de nos fautes et nous permet de nous rapprocher de Dieu. La force du sacrement nous aidera à devenir capables de pardonner. Le pardon est une chose divine que nous n’apprenons que de Dieu.

Lundi de la 3ème semaine du Carême 2026

La Bonne nouvelle est pour tous

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4, 24-30
 
Dans la synagogue de Nazareth,
Jésus déclara :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »
 
À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
Ils se levèrent,
poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.
© AELF
 
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Méditation
Cette page de l’évangile de saint Luc est un résumé de toute la vie de Jésus. Aujourd’hui, nous le voyons avec les gens de chez lui : il vient de lire le texte d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé proclamer aux prisonniers la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, aux opprimés la libération. » Puis il a fait ce commentaire : « Ce qui vient d’être proclamé, c’est aujourd’hui que cela se réalise (sous-entendu parce que je suis là.) »
 
Au début, les gens sont dans l’admiration. Puis ils en viennent à se poser des questions : « Comment peut-il parler ainsi ? Pour qui se prend-il ? C’est quelqu’un de chez nous et rien de plus…» Jésus ressent ces réticences, et du coup, il se fait encore plus précis : Si vous n’accueillez pas mon message, c’est d’autres qui le feront. Cette bonne nouvelle sera adressée à des étrangers, et chez eux elle sera accueillie.
 
Alors, tous ces gens qui sont autour de lui deviennent furieux. Ils le poussent non seulement hors de la synagogue mais aussi hors de la ville. Tout cela résume bien la vie de Jésus. Pendant trois ans, il a précisément annoncé la bonne nouvelle aux pauvres, aux exclus ; il a purifié les lépreux ; il les a réintégrés dans la communauté des croyants.
 
Mais son message va être de plus en plus rejeté. En allant vers les exclus, Jésus deviendra l’un d’entre eux. Un jour, il sera conduit hors de la ville et mis à mort sur une croix. Mais cette parole de Dieu, cette bonne nouvelle rejetée par certains, rien ne peut l’arrêter. Elle va partir de Jérusalem et se répandre dans le monde entier.
 
Voilà un évangile qui nous rejoint ; il nous pose une question fondamentale : Comment accueillons-nous cette bonne nouvelle que le Christ est venue apporter au monde ? Comment accueillons-nous les prophètes d’aujourd’hui ? Théoriquement, nous sommes tous bien d’accord avec l’enseignement de Jésus. Nous croyons, du moins intellectuellement, que l’Évangile est une bonne nouvelle que nous sommes heureux d’accueillir. Mais il importe que nous entrions vraiment dans le concret de notre vie. Nous aussi, il nous arrive de nous trouver face à des gens qui ne partagent pas nos convictions ou qui les tournent en dérision. Comment affirmer notre foi quand tout est organisé en dehors d’elle ?
 
Mais c’est cela que Jésus a vécu jusqu’au bout. Il ne s’est pas contenté d’annoncer la Bonne Nouvelle. Il a fait en sorte qu’elle se réalise. Il s’est laissé approcher par des lépreux, des intouchables ; il a choisi d’aller chez les pécheurs et de manger chez eux sans se soucier des reproches qu’on pourrait lui faire. À travers tout cela, Jésus nous révèle un Dieu ouvert à tous. Son premier souci, ce n’est pas de respecter les règlements ni de plaire aux chefs religieux de son temps mais de sauver les hommes.
 
Cet évangile d’aujourd’hui nous laisse entrevoir combien Jésus est passionné. Il est passionné d’amour pour son Père et il ne supporte pas une religion qui le défigure. Il leur parle d’un Dieu différent de celui qu’ils connaissent jusqu’ici, un Dieu d’amour, un Dieu qui pardonne et non un Dieu vengeur que tout le monde craint.
 
Jésus est également passionné par le salut de tous les hommes, en particulier de tous ceux qu’on rejetait soi-disant au nom de Dieu. Il ne pouvait pas supporter l’étroitesse d’esprit des pharisiens qui ne pensaient qu’à diviser le monde en bons et en mauvais. La grande passion de Jésus c’est de rejoindre chaque personne là où elle en est, même si c’est très loin et très bas. Et pour cela, il n’a pas peur de se compromettre et de se salir les mains.
 
La mission de l’Église, celle de chaque chrétien, c’est de continuer celle de Jésus, c’est d’annoncer la bonne nouvelle et de faire en sorte qu’elle rejoigne chacun dans la situation qui est la sienne.
 
Aujourd’hui, nous entendons Jésus qui se lance dans la grande aventure de la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres. Ce grand chantier est toujours ouvert chez nous mais aussi partout dans le monde. Comme Jésus, nous risquons de rencontrer la contradiction, nous serons obligés d’aller à contre-courant de la mentalité ambiante. Nous aurons à remettre en question nos jugements ; nous aurons à sortir de nos étroitesses d’esprit pour nous faire un cœur sans frontière à l’image même de Dieu. 
 
En accueillant aujourd’hui la parole de l’évangile, puissions-nous garder en nous l’espérance. Que le Seigneur nous aide à rester fidèles à notre foi et courageux face à toutes les épreuves de la vie !

 

 

Le Carême comme un printemps

Le Carême comme un printemps… Drôle de comparaison. Il fallait y penser. Et pourtant, observons bien : au Printemps, les gens commencent à retourner la terre. Ils pourront ensuite semer des graines. Le soleil et la pluie aidant, on aura une belle récolte. Mais le jardinier sait également que cela ne vient pas tout seul. Il doit s’y tenir tous les jours pour entretenir la terre et arracher les mauvaises herbes.

Durant le Carême, c’est un autre jardinage qui est entrepris. Les graines qu’il faut semer sont celles de l’amour qui est en Dieu. Si nous voulons qu’elles portent du fruit, il nous faut nettoyer le jardin de notre cœur, éradiquer l’orgueil, l’égoïsme, la violence, la rancune, autant de choses qui nous détournent de Dieu et des autres.

Mais comme dans tout jardin, la mauvaise herbe a toujours tendance à ressortir. Et elle peut être très envahissante. S’il ne veut pas être débordé, le jardinier doit être présent tous les jours sur le terrain pour le biner et l’entretenir.

Et surtout, il importe que toute notre vie soit vraiment orientée vers le Seigneur. En dehors de lui, nous tombons dans la sècheresse du cœur et les graines ne pourront pas germer. Accueillir le Seigneur, c’est se mettre à l’écoute de sa Parole, c’est répondre à son invitation le dimanche. A chaque messe, il rejoint les communautés réunies en son nom puis il les envoie en mission. C’est avec lui et en lui que notre vie pourra produire du fruit

De même, c’est tous les jours que nous avons à éradiquer le mal qui est en nous. Pour nous y aider et nous remettre en route, le Seigneur nous propose le sacrement du pardon. Un jour des enfants demandaient au pape Benoît XVI pourquoi se confesser puisqu’on retombe dans les mêmes péchés. Il leur a répondu : « Dans une maison, on fait bien le ménage tous les huit jours, et pourtant c’est la même poussière.

Le bon jardinier est fier de faire visiter son jardin à ceux qui viennent chez lui. On peut dire aussi que la fierté de Dieu c’est quand notre vie porte des fruits d’amour, de justice et de paix. Mais il ne peut y avoir de vrai Carême sans un combat de tous les jours contre l’esprit du mal qui vient semer l’égoïsme, la violence, la rancune… C’est à ce prix que nous pourrons parvenir à la victoire de Pâques.
Bon courage à tous pour le jardinage du Carême.

Source : Livret de Carême

3ème dimanche du Carême 2026 (A)

Puiser à la Source de l’eau vive

Monition d’ouverture
Nous sommes invités ce dimanche à accompagner la femme samaritaine dont nous parle l’évangile de ce jour, à rencontrer Jésus au bord du puits. Il va nous rappeler que personne ne peut posséder Dieu, ni en Samarie ni à Jérusalem, même pas dans les temples et les églises. Il se donne à voir, à entendre au-dedans de nous-mêmes, quand nous creusons notre soif de vivre et d’aimer en profondeur. Prier est une voie à suivre : prier, « precare » en latin, c’est offrir au Seigneur notre précarité qui conduit à adorer en esprit et en vérité.

Introduction aux lectures
1ère lecture : cette première lecture est le récit d’un miracle accompli par Moïse dans le désert de l’Horeb : pour désaltérer le peuple assoiffé, il fait jaillir du rocher une eau abondante.

2e lecture : l’amour de Dieu, fondement de notre espérance. Ce passage exalte l’espérance chrétienne, la-quelle repose tout entière sur cette certitude que Dieu nous aime.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes de l’Exode et l’Évangile nous parlent de l’importance de l’eau : on s’en aperçoit, surtout quand elle vient à manquer. La première lecture nous renvoie à l’histoire du peuple Hébreux. Il venait de quitter une vie d’esclavage en Égypte pour se rendre en terre de Canaan. Mais entre les deux, il y a le désert. C’est là qu’on voit à quel point l’eau est indispensable à la vie. En pleine chaleur, la situation peut devenir dramatique. C’est une question de vie ou de mort.

Malgré tous les bienfaits dont il a bénéficié, le peuple a du mal à s’abandonner en toute confiance. C’est bien ce qui nous arrive souvent : dès que notre vie semble en péril, nous doutons, nous crions à l’abandon. Nous oublions que le Seigneur n’a jamais cessé de nous aimer. Il n’a jamais cessé de nourrir et d’abreuver son peuple rebelle. La soif au désert est révélatrice d’une autre soif que Jésus apaisera chez la Samaritaine. Il se présentera à elle et à nous tous comme la Source d’eau vive.

La seconde lecture nous rappelle ce don que Dieu nous fait de sa vie et de son Esprit. Ce n’est pas une réponse à de supposés mérites de notre part ; il est offert à tous, gratuitement. Il devient agissant dès qu’il est accueilli avec foi. C’est bien de cela que témoigne l’Évangile de la Samaritaine. L’espérance ne déçoit pas. La grande priorité de Dieu, c’est que tous les pécheurs soient sauvés. Il n’a jamais cessé de les aimer. C’est pour nous tous que le Christ est mort sur la croix. C’est vrai qu’il est difficile de croire quand le manque d’eau nous tenaille. Mais il est inutile de nous précipiter vers des eaux qui nous laisseront sur notre soif. Dieu est l’unique et inépuisable source. Lui seul peut nous combler.

L’Évangile nous donne de méditer sur une scène absolument extraordinaire. Saint Jean nous y dévoile tout le mystère de Dieu. Il part de l’eau qui féconde la terre et donne la vie au monde. Cela se passe en Samarie, au puits de Jacob. C’est là que Jésus s’est arrêté car il est fatigué par la route. Et c’est là qu’il rencontre la samaritaine. Normalement, cette rencontre n’aurait pas dû avoir lieu. Les juifs et les samaritains évitaient de se rencontrer. Des rivalités très anciennes les opposaient.

Cette femme qui vient puiser est le symbole de notre humanité blessée. Dieu nous voit nous précipiter vers le danger et tomber dans le péché. Il fait tout pour nous en sortir. Il envoie son Fils pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Quand le Christ demande à la Samaritaine « donne-moi à boire, nous comprenons qu’il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre. La Samaritaine sera progressivement amenée à reconnaître en Jésus la Source d’Eau vive.

C’est important pour nous et pour notre monde. Une des caractéristiques de notre temps, c’est l’ignorance religieuse. On finit par s’installer dans le désert de l’indifférence, de l’incroyance, de la « mal-croyance ». La foi devient quelque chose de secondaire par rapport au métier, aux loisirs et à nos diverses activités de chaque jour. Dieu en est rejeté. Mais quand on veut chasser le religieux, il revient sous sa forme la plus perverse : c’est la montée des superstitions, des pratiques ésotériques, voyance, magie blanche ou noire… C’est dans ce désert que Jésus veut rejoindre le monde d’aujourd’hui. Il ne veut pas qu’un seul se perde. C’est pour nous et pour le monde entier qu’il a donné sa vie sur la croix.

Cet Évangile est un appel à découvrir quelle est notre véritable soif, notre désir profond. Le Christ ne cesse de nous proposer l’eau vive. Ses paroles sont celles « de la vie éternelle ». Quand nous acceptons de vraiment le rencontrer, tout est changé dans notre vie. C’est ce qui s’est passé pour la samaritaine. Porteuse d’eau, elle devient porteuse d’Évangile. Elle court alerter les siens ; elle les amène à rencontrer Celui qu’elle a reconnu comme le Messie. Les samaritains croient en Jésus : C’est lui le Sauveur du monde.

Le même Seigneur nous rejoint dans toutes les situations de notre vie, même les plus compliquées. Malgré nos faiblesses et nos péchés, il nous abreuve à la Source d’eau vive, celle de sa Parole et de son Eucharistie. Puis, comme la Samaritaine, nous sommes envoyés pour annoncer que Jésus est vraiment le « Sauveur du monde. » Nous faisons nôtres les paroles de ce chant : « Peuple de frères, peuple du partage, Porte l’Évangile et la paix de Dieu ». Amen

Prière universelle
Introduction
La Parole de Dieu nous invite autour du puits pour nous rafraîchir, et nous désaltérer à la source jaillissante pour une vie nouvelle. Présentons au Seigneur toutes les soifs de notre monde.

Pistes pour les intentions
Seigneur, tu connais la douleur des chrétiens qui souffrent de persécutions à cause de leur foi et de leur engagement, particulièrement dans les pays du Moyen-Orient. Qu’ils trouvent la force en toi et qu’ils éprouvent le soutien de toute l’Église grâce à la prière et l’aide matérielle. Prions ensemble.

Seigneur, nous te rendons grâce pour les catéchumènes en route vers le baptême. Que les ministres de l’Évangile ainsi que tous les fidèles aident ceux qui te cherchent en vérité à découvrir ta présence, tout spécialement au sein de la vie d’une communauté accueillante, priante et aimante. Prions ensemble.

Prions pour toutes les familles en conflit, séparées, déchirées, recomposées. Qu’elles puissent découvrir qu’aimer demande de toujours faire passer l’autre avant soi-même et de se pardonner les faiblesses quotidiennes. Prions ensemble.

Seigneur, tu es allé à la rencontre de la Samaritaine. Nous te prions pour toutes les femmes qui sont rejetées, méprisées, abusées ou par fois reléguées, sans raison, à des fonctions subalternes. Prions ensemble

Conclusion
Seigneur, Dieu d’amour, reçois nos prières. Que chaque chrétien découvre vraiment l’importance et la nécessité de puiser à la source d’eau vive dans les sacrements, tout spécialement dans celui de l’eucharistie. Que ton eau régénératrice et nourricière, celle de ton amour, coule en tout être humain et qu’elle lui donne vie et éternité. Amen.

Sources : Revue Feu Nouveau, Cursillos – Dossiers personnels

Samedi de la 2ème semaine du Carême 2026

Parabole du fils prodigue
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32
En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
“Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.”
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
“Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
“Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs :
“Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.”
Et ils commencèrent à festoyer.
 
Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
“Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
“Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit :
“Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé !” »
© AELF
 
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Méditation
L’évangile de ce jour nous rapporte la parabole du fils prodigue. C’est  l’histoire de ce garçon qui réclame à son père sa part d’héritage. Un fils qui part loin de sa famille et qui coupe toute relation avec elle, c’est un drame. Il ne peut plus participer aux joies et aux peines des siens parce qu’on ne sait plus où le joindre. Nous connaissons tous des familles qui vivent ce drame.
 
Ce fils dont nous parle l’Évangile part donc pour un pays lointain. Il dépense toute sa fortune dans une vie de débauche. Il finit par la pire déchéance pour un juif : garder les cochons, ces animaux impurs d’après la loi. Ce fils prodigue décide donc de revenir vers son père. Ce retour n’est pas dû à une vraie contrition mais à la faim qui le tenaille. Comme le père de la parabole, Dieu fait le premier pas vers nous. Il nous offre son pardon gratuit. Tel est le monde de Dieu, un Dieu qui nous accueille tels que nous sommes, avec nos lèpres et nos souillures, sans nous juger. Il est absolument bouleversé par le mal que nous nous faisons à nous-mêmes.
 
La grande joie de notre Dieu c’est de nous guérir et de nous accueillir. Il est incapable d’en vouloir à ses enfants, quoi qu’ils aient fait. Dieu est miséricorde. Il n’est que miséricorde, même pour le pire des hommes, ou plutôt celui qui a commis le pire. Nous sommes tous aimés de Dieu. Son Royaume est offert à tous. Il nous appartient de le dire et le redire à ceux qui ne le savent pas.
 
Il est urgent pour nous d’entrer dans ce monde de Dieu, monde de la miséricorde, de la gratuité et du pardon. Nous ressemblons trop souvent au fils aîné qui se contente de servir son père comme un simple salarié. Au lieu d’accueillir son frère il le juge et le condamne. Au premier abord il a raison : ce frère a fauté ; il a déshonoré sa famille ; il doit assumer les conséquences de ses actes.
 
Mais Dieu ne voit pas les choses ainsi. Sa grande joie c’est d’abord de retrouver son enfant : « il était mort, il est revenu à la vie. Il était perdu et le voilà retrouvé ! Entre donc dans la joie de ton père ! » Ce carême nous est proposé comme un temps fort pour expérimenter et célébrer la miséricorde de Dieu. Entrons dans la joie du pardon et de la réconciliation où l’on oublie le passé. Puissions-nous accueillir cette joie que Dieu nous offre et nous ouvrir à son Royaume.

Vendredi de la 2ème semaine du Carême 2026

 
« Voici l’héritier : venez ! Tuons-le ! »
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43.45-46
 
En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
“Voici l’héritier : venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »
 
En entendant les paraboles de Jésus,
les grands prêtres et les pharisiens
avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter,
ils eurent peur des foules,
parce qu’elles le tenaient pour un prophète.
© AELF
 
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Méditation
Ces vignerons ont oublié qu’ils ne sont que de simples gérants. Or voilà qu’ils se comportent comme des propriétaires. Ils gardent pour eux toute la récolte du vignoble.   En racontant cette parabole, Jésus s’adresse aux grands prêtres, aux scribes, aux pharisiens. Les uns et les autres vivaient comme s’ils étaient les propriétaires de la vigne. Tout au long de l’histoire, ils se sont montrés particulièrement odieux. Ils sont même allés jusqu’à tuer le fils du propriétaire. Il faut se rappeler que Jésus raconte cette parabole quelques jours avant sa passion et sa mort.           
 
Cette parabole de Jésus prend les allures d’un avertissement : Ce qu’il faut bien comprendre c’est que le seigneur nous donne beaucoup. Les bien qu’il nous remet ce sont ceux de son Royaume ; il nous a confié une Bonne Nouvelle dont nous devons témoigner ; il fait de nous ses enfants. Il met à notre disposition d’immenses richesses spirituelles. Il a mis sur notre route des frères et sœurs à aimer. Si nous ne sommes pas fidèles à cette mission, elle sera confiée à d’autres. Quant à nous, nous aurons des comptes à rendre.         
 
Il est important que tous puissent venir puiser dans les évangiles les paroles qui font vivre et qui redonnent l’espérance. En accueillant le pardon de Dieu, ils apprendront à aimer comme le Christ a aimé. Le vrai bonheur se trouve seulement dans l’amour et le service. Pour comprendre cela se vers le Christ que nous devons regarder. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. Il n’a pas cherché à profiter des dons du Père à son seul avantage. Il a toujours suivi le chemin de l’amour et du service. Jésus nous propose ce chemin et nous le rend possible dans le don de l’Eucharistie.       
 
En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour témoigner de l’Évangile. Mais nous ne devons pas oublier que nous ne sommes que les canaux de la grâce du Seigneur. Il compte sur nous pour que le Salut de Dieu atteigne tous ses enfants. C’est pour nous un appel à éliminer de notre vie toutes les tendances égoïstes qui bloquent l’action du Seigneur. La sainteté c’est être transparent à la lumière qui vient de Dieu en vivant de sa vie.
 
En ce jour, nous demandons au Seigneur qu’il nous aide à être responsables du don qu’il nous a confié ! Qu’il mette en nous un peu de cette ardeur qui poussait les apôtres et les missionnaires à voguer vers les grands larges ! En communion les uns avec les autres et avec toute l’Église, nous faisons nôtre cette prière d’action de grâce :         « Tout vient de toi, ô Père très bon:    Nous t’offrons les merveilles de ton amour. »

Jeudi de la 2ème semaine du Carême 2026

« Qu’as-tu fait de ton frère ? »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31
En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux,
il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
“Père Abraham,
prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua :
“Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit :
“Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.”
Abraham répondit :
“S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.” » AELF
 
 
Méditation :
Voilà un riche qui vivait dans le luxe et un pauvre qui restait couché devant son portail. C’est l’extrême richesse qui côtoie l’extrême pauvreté. La richesse n’est pas un mal en soi. Mais elle peut devenir un péché quand elle rend sourd et aveugle. Le péché du riche c’est de ne pas avoir vu le pauvre. Ses richesses lui ont fermé les yeux, bouché les oreilles et fermé le cœur.
 
Aujourd’hui encore, des hommes et des femmes vivent sans domicile fixe. Ils sont à la rue, victimes de l’indifférence. Le seul toit qu’ils finissent par obtenir, c’est un cercueil. Et comment ne pas penser à tous ces hommes, ces femmes et ces enfants qui ont quitté l’enfer de leur pays en guerre ? Quand ils arrivent chez nous, on ne veut pas les voir, on ne veut pas les entendre. Ils nous dérangent dans nos habitudes, notre tranquillité, notre confort.
 
Pendant ce temps, ils sont nombreux ceux et celles qui s’engagent pour… la cause animale. Ce n’est pas un mal en soi à condition de ne pas oublier la question absolument prioritaire : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Comme le riche dont nous parle l’Évangile, nous aurons à en rendre compte.
 
Un jour, un mendiant SDF avait affiché devant lui : « Au moins n’ayez pas peur de me regarder. » Ce regard qu’il attendait était bien plus important que la pièce qu’on pouvait lui donner. La campagne du Carême du CCFD Terre Solidaire nous invite à « vivre le Carême comme un chemin de fraternité ». Nous pourrons être amenés à sortir de chez nous pour ouvrir notre regard à celui  ou celle que nous ne connaissons pas… pas encore. C’est ensemble, avec nos différences, que nous pourrons construire un monde plus juste et plus fraternel.
 

Mercredi de la 2ème semaine du Carême 2026

« Ils le condamneront à mort »



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20, 17-28
 
En ce temps-là,
Jésus, montant à Jérusalem,
prit à part les Douze disciples
et, en chemin, il leur dit :
« Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l’homme sera livré
aux grands prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort
et le livreront aux nations païennes
pour qu’elles se moquent de lui,
le flagellent et le crucifient ;
le troisième jour, il ressuscitera. »
 
Alors la mère des fils de Zébédée
s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean,
et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit :
« Que veux-tu ? »
Elle répondit :
« Ordonne que mes deux fils que voici
siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ton Royaume. »
Jésus répondit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »
Ils lui disent :
« Nous le pouvons. »
Il leur dit :
« Ma coupe, vous la boirez ;
quant à siéger à ma droite et à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu,
s’indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et dit :
« Vous le savez :
les chefs des nations les commandent en maîtres,
et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi :
celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur ;
et celui qui veut être parmi vous le premier
sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,

et donner sa vie en rançon pour la multitude. » © AELF


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Méditation
Jésus annonce sa Passion, sa mort et sa résurrection à ses disciples. Il leur précise que les grands prêtres, les scribes et les pharisiens le livreront aux païens. Il sera tourné en dérision puis crucifié. Dans cette annonce, il y a bien la mention de la résurrection mais elle est très succincte.
 
Or voilà que la mère des fils de Zébédée et ses deux fils ne retiennent que cela. Ils passent par-dessus la souffrance et la mort. Ils ne souhaitent rien d’autre que de partager son  triomphe : siéger à droite et à gauche de Jésus.
 
Jésus ne leur reproche pas ce désir d’être avec lui dans son Royaume. Mais il leur rappelle que cela ne sera possible que s’ils acceptent de le suivre dans sa Passion et sa mort. Être avec Jésus, à sa droite et à sa gauche, c’est se faire « esclave » comme Lui, c’est « servir » les autres, c’est donner sa vie « en rançon pour la multitude ».
 
Le carême nous est donné pour progresser chaque jour dans notre capacité d’aimer. Il nous façonne à l’image de Jésus serviteur. C’est à ce prix que nous pourrons goûter La joie de Pâques.
 
« Ravive en ton peuple, Seigneur
La soif et la faim.
Rappelle à ton peuple, Seigneur,
Le chemin du serviteur
 
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Autre approche
Mercredi 4 mars 2026 Le Serviteur des serviteurs de Dieu.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 20, 17-28) : « En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. » Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Nous admirons la patience de Jésus vis-à-vis de ces jeunes ambitieux chaperonnés par leur mère. Jésus aurait pu s’énerver en leur disant : je vous annonce ma Passion avec trahison, flagellation, crucifixion, rejet, et vous me demandez de vous réserver les places de premier ministre et ministre de l‘intérieur !
Au lieu de cela, Jésus patiemment rebondit : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Le calice, la coupe, c’est sa Passion, sa Mission de sauveur du monde. Normalement ils devaient répondre non. Mais ils répondent avec un aplomb incroyable : « Nous le pouvons. » Alors Jésus :
« Ma coupe, vous la boirez ». Pour le moment il ne leur dit pas en quoi consistera le fait de boire la coupe. Ils seront persécutés comme lui, ils mourront martyr comme lui. Heureusement que le Seigneur ne nous révèle pas le plan de route tout entier quand il nous appelle. Nous n’irions pas !
Jésus poursuit : « quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » En revanche, il leur donne un enseignement essentiel : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. » Comme c’est vrai ! Peut-être connaissez-vous la blague : quelle est la différence entre une dictature et une démocratie. ? Eh bien une dictature c’est : « Ferme ta … bouche » Et une démocratie c’est « Cause toujours ! ». Le pouvoir se dégrade facilement en autoritarisme, en recherche de la toute-puissance par tous les moyens. Jésus demande instamment à ses disciples : « Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. » Bien sûr qu’il faut des appareils d’état, des rois ou des présidents qui arbitrent et décident, des directeurs, des P.D.G. ( Un reportage télévisé parlait d’un monastère qui fabrique du fromage. Les moines ont inventé un système ingénieux pour utiliser le petit lait comme source d’énergie. Presque à la fin de l’interview, le journaliste dit au Père abbé : « Finalement, vous êtes un vrai p.d.g. !? » Le religieux lui répond malicieusement : « J’aime bien dire que je suis un business moine. » !)
Mais Jésus leur demande d’accomplir leur mission comme un service. D’ailleurs aujourd’hui pour avoir un poste à responsabilité, mieux vaut avoir le cuir dur. Un journaliste demandait à plusieurs personnes de la petite ville s’ils connaissaient le maire. « C’est un menteur et un tricheur », dit le premier à la station-service. « C’est un âne plein de suffisance », dit le maître d’école. « Je n’ai jamais voté pour lui de toute ma vie », dit le pharmacien « C’est le politicien le plus corrompu que j’aie jamais connu », dit le coiffeur Lorsque, finalement, le reporter rencontra le maire, il lui demanda quel salaire il recevait. « Juste ciel ! je n’ai aucun salaire, dit le maire. – Alors, pourquoi avez-vous accédé à cette fonction ? – Pour l’honneur. » Pour l’honneur et surtout le sens du service. Mieux vaut avoir le cuir dur et un cœur d’or. Il faut aux candidats à la gestion des affaires publiques beaucoup d’ambition peut-être mais aussi de générosité et d’abnégation.
Jésus conclut : « Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Nous aimerions, quand cela nous arrange, que Dieu fasse sentir son pouvoir, que parfois, il pousse un cri de colère : « Nom de…moi-même, est-ce que vous allez enfin comprendre ? » Mais le Seigneur, comme un serviteur qui se tient prêt, semble attendre notre appel. Alors disons-le lui : Viens Seigneur Jésus, viens vite à notre secours !
(P. Trevet)