Mercredi de la 1ère semaine du temps ordinaire

Une parole qui relève
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 29-39

En ce temps-là,
    aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm,
Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean,
dans la maison de Simon et d’André.
    Or, la belle-mère de Simon était au lit,
elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
    Jésus s’approcha,
la saisit par la main
et la fit lever.
La fièvre la quitta,
et elle les servait.

    Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons.
    La ville entière se pressait à la porte.
    Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,
et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler,
parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

    Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert,
et là il priait.
    Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
    Ils le trouvent et lui disent :
« Tout le monde te cherche. »
    Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »

    Et il parcourut toute la Galilée,
proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons. (AELF)


Méditation

Dans l’évangile, nous découvrons le comportement de Jésus devant les malades. Face à toute cette souffrance, il est « saisi de pitié. » Mais ce qui est le plus important, c’est sa volonté farouche de se battre contre le mal. Au début de sa vie publique, il alterne enseignements, exorcismes et guérisons. En libérant les malades, il nous montre qu’il ne veut pas la maladie et la souffrance qui accablent l’homme. Elles ne sont jamais bonnes en elles-mêmes, même s’il est possible d’en faire un chemin de croissance spirituelle.         

Le seul état que Dieu désire pour nous, c’est celui de ressuscité. C’est ce que le Christ nous fait comprendre en guérissant la belle-mère de Pierre. Il la prend par la main et la fait « se lever ». Ressusciter et se lever, c’est le même verbe. Cela veut dire que le Christ nous veut debout et en marche, disponibles pour servir les autres. Et surtout, il nous veut en état de résurrection. En guérissant les malades, Jésus leur ouvre un chemin d’espérance.         

Nos Eucharisties sont autant de pas sur ce chemin de libération. Chaque dimanche, nous avons rendez-vous avec le Maître de la Vie. Nous rendons grâce à celui qui prend soin de nous, qui se fait proche de nous pour guérir les cœurs brisés et soigner leurs blessures.    

Mardi de la 1ère semaine du temps ordinaire

 

Une parole qui libère

 
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 21-28
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue,
et là, il enseignait.
    On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
    Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
    « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
    Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
    L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
    Ils furent tous frappés de stupeur
et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »
    Sa renommée se répandit aussitôt partout,
dans toute la région de la Galilée.
(Source : AELF)
 
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Méditation
L’Évangile de ce jour nous rapporte la première prédication de Jésus. Il est LE prophète qui enseigne avec autorité. Il est venu nous révéler le Père et nous enseigner le sens des Écritures. En face de lui, nous sommes appelés à devenir des disciples, des gens qui l’écoutent et le suivent. Je ne me fabrique pas MA religion ; je ne me fabrique pas un Dieu comme ça m’arrange. Je me mets à l’écoute de Jésus qui enseigne.
 
L’Évangile insiste sur ce point : Jésus enseigne avec autorité. Il est le Verbe du Père, la Parole de Dieu. Il n’a à se référer à personne d’autre. En lui, habite la plénitude de la divinité. Par rapport aux scribes et aux pharisiens de son temps, c’est tout-à-fait nouveau. Dans leur enseignement, ils se contentaient de répéter ce qui avait été dit avant eux : « Rabbi Untel, bénie soit sa mémoire, disait que… » Avec Jésus, il n’en est pas ainsi : sa seule référence, c’est le Père.

Dans la synagogue, il y avait un homme qui était possédé par un esprit impur. Cet esprit ne l’a pas empêché de venir à la synagogue pour écouter l’enseignement de Jésus. Il ne nous empêche pas non plus d’aller à l’église. Un esprit impur, c’est un esprit qui nuit à notre intégrité. Il nous empêche d’être complètement donnés à Dieu. Nous n’entendons que ce que nous avons envie d’entendre. Et nous n’acceptons pas d’être remis en cause. « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? » Autrement dit, « pourquoi viens-tu nous déranger ? » Cet Évangile doit être reçu comme un appel à la foi. Cela doit être une adhésion amoureuse et pas seulement une simple connaissance.
 
Accueillons cet Évangile comme une bonne nouvelle : Jésus est venu pour nous débarrasser de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes, en particulier des esprits mauvais qui nous détournent de Dieu. Plus tard, il donnera ce pouvoir à ses disciples. La Parole de Dieu manifestée en Jésus est bien plus forte que tous les démons et tous les esprits mauvais. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot.
 
Comme autrefois dans la synagogue, le même Jésus rejoint les communautés réunies en son nom dans toutes les églises du monde. Il nous fait entendre sa Parole. Il vient nous libérer de toutes nos possessions. Ouvrons-nous à cette Parole qui guérit d’elle-même. Avec lui, nos actes et toute notre vie deviendront conformes à cette parole. En accueillant le Christ libérateur, nous pourrons chanter avec plus de force : « Ta Parole, Seigneur est vérité, et ta loi délivrance. » Amen


 

 

Le temps ordinaire

Vous rappelez-vous de l’époque où les voitures roulaient à l’essence ordinaire ou au super ? Un jour, au moment de faire le plein, j’ai lu une petite affichette qui indiquait : « Chez nous, l’ordinaire sort de l’ordinaire ». C’était une manière de souligner la haute qualité du produit en question. Qu’en est-il de notre vie chrétienne ?

Après le temps des fêtes, nous voici entrés dans cette période liturgique dite du « temps ordinaire ». Nous avons célébré Noël, Pâques, la Pentecôte… Nous avons vu comment le Christ a été manifesté aux bergers, aux mages, aux pécheurs. Nous avons mieux compris que le venue du Sauveur est pour tous, les pauvres, les étrangers, les exclus de tous les temps. C’est à tous que la bonne nouvelle de l’évangile doit être annoncée.

Tout au long de cette période du temps ordinaire, nous serons invités à marcher en « conduite accompagnée » à la suite du Christ. Quelle que soit notre situation, nous pouvons toujours compter sur lui. Son amour nous est acquit d’une manière définitive. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans passer par lui.

Au plan liturgique nous serons amenés nous vivrons des temps forts qui « sortiront de l’ordinaire. » Nous pensons bien sûr à toutes les solennités, les fêtes de Marie, celles des grands saints, mais aussi les « dimanches autrement » ; certains feront peut-être une retraite, un pèlerinage. Nous avons tous besoin de ces temps forts pour nous remettre sur le chemin du Christ.

C’est tous les jours de notre vie que nous avons à redire : « O Seigneur, je viens vers toi… Je te cherche mon Dieu… » Et sur cette longue route, Marie est toujours là. Elle nous redit inlassablement : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Elle nous renvoie à une mise en pratique quotidienne des commandements de Jésus. Notre témoignage ne sera vraiment crédible que si nous mettons toute notre vie en conformité avec l’Évangile du Christ. Avec lui « l’ordinaire sortira de l’ordinaire. »

Lundi de la 1ère semaine du temps ordinaire



La Bonne Nouvelle pour tous


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,14-20.
Après l’arrestation de Jean le Baptiste,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée,
Jésus vit Simon et André, le frère de Simon,
en train de jeter les filets dans la mer,
car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit :
« Venez à ma suite.
Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets,
ils le suivirent.
Jésus avança un peu
et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela.
Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,
ils partirent à sa suite. (AELF)


Méditation

L’Évangile nous montre Jésus qui prêche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Tout commence en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait sortir rien de bon est devenue un carrefour des païens, une terre de ténèbres et de débauche ; il y lance un appel pressant : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est tout proche. » En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre pour nous sauver. Il veut nous communiquer son amour ; il nous demande d’éliminer tous les obstacles qui nous détournent de lui.

Pour embraser le monde, Jésus fait appel à des collaborateurs. L’Évangile nous raconte la vocation des premiers apôtres. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. Ces hommes surpris dans leur travail laissent tout tomber ; ils se mettent à suivre Jésus. Pour André, Simon, Jacques et Jean, c’est le début d’un grand amour. Ils vont accueillir la bonne nouvelle et toute leur vie en sera transformée.

Comme ces apôtres, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l’Évangile. Cette mission comporte des risques. Nous vivons dans une société qui n’aime pas entendre parler de Dieu ni de Jésus. Mais la bonne nouvelle doit être annoncée à tous car Dieu veut le salut de tous les hommes. Face à l’incroyance, la mal-croyance ou l’indifférence, nous ne pouvons pas rester passifs. Notre pape François nous recommande de sortir vers les « périphéries » pour y annoncer le message du Christ. L’Église ne peut vivre qu’en partant pour la « Galilée ». C’est là que vivent ceux qui paraissent les plus éloignés de Dieu. Le Christ compte sur nous pour être témoins et messagers du Royaume de Dieu.

Prions ensemble, les uns avec les autres. Que le Seigneur nous rende attentifs à ses appels. Qu’il nous donne plus de générosité pour y répondre. Et qu’il fasse de nous des artisans d’unité, de paix et de réconciliation partout où nous vivons.





2ème dimanche du temps ordinaire (C)

« Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »


Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie
«Il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité, ainsi que ses disciples»… Or, on manqua de vin… » ce n’est pas surprenant car au temps de Jésus, les noces duraient sept jours. La fête a donc failli être gâchée. On n’avait pas prévu assez de vin. Marie s’en aperçoit. Elle s’adresse directement à Jésus ; puis elle s’adresse aux serviteurs ; elle leur dit : « faites tout ce qu’il vous dira ». Et c’est le signe extraordinaire : six cents litres de vin, c’est bien plus qu’il n’en faut pour une noce.

Ainsi donc, Jésus commence son ministère en prenant part à un repas de noces. Certains esprits grognons ont dû penser que c’était une curieuse façon d’annoncer la Parole de Dieu. D’ailleurs on le lui reprochera. Jésus lui-même s’en est rendu compte : un jour il dira : « le Fils de l’homme est venu : il mange et il boit et l’on dit : c’est un glouton et un ivrogne » (Mt 11-19)

Il ne faut pas lire cet Évangile comme une belle histoire qui finit bien. En agissant ainsi Jésus agit dans la ligne des prophètes. Les uns et les autres proclamaient le Message de Dieu autant par des gestes symboliques que par des paroles. L’image des noces exprime l’amour de Dieu pour son peuple. Son geste d’aujourd’hui nous rappelle l’alliance nouvelle. Un jour, il a comparé le Royaume de Dieu à un roi qui célébrait des noces pour son fils. Jésus a épousé notre humanité pécheresse pour l’élever jusqu’à sa divinité. Il invite chacun à vivre une alliance d’amour avec lui.

Mais le vin manqua. Dans la Bible, le vin c’est le symbole de la joie et de la bénédiction divine. Le manque de vin exprime la détresse des hommes qui sont loin de Dieu. Jésus a vu cette détresse et il est descendu parmi nous pour que nous ayons la plénitude de sa joie. Tout cela, il le manifeste à Cana par ces noces. Et il ne lésine pas sur les moyens : six cuves, environ six cents litres ! Et pas du vin ordinaire mais du vraiment « supérieur » comme on n’en avait jamais goûté ! Du bon vin gardé jusqu’à maintenant, celui de son amour pour nous.

La première lecture nous invite à entrer dans l’élan d’enthousiasme du prophète. Il s’adresse pourtant à une communauté qui se trouve réduite à une poignée de rescapés. Nous n’avons pas de mal à nous reconnaître dans cette description : il est de bon ton d’être inquiet pour l’Église ; c’est vrai que la baisse de la pratique religieuse, le manque de prêtres, les divisions entre chrétiens ont de quoi nous inquiéter. Mais le prophète intervient pour nous rappeler que Dieu n’a jamais cessé de nous aimer. Il se présente à tous comme l’époux qui est passionné d’amour pour son épouse. Sa puissance et sa gloire vont éclater, à tel point que les pays voisins seront émerveillés.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous rappelle précisément que nous ne sommes pas abandonnés. Si des communautés chrétiennes se développent c’est d’abord grâce à l’Esprit Saint. Il est toujours présent et agissant dans le cœur de ceux et celles qui le met sur la route des missionnaires. Comme l’apôtre Paul, nous pouvons, nous aussi, faire la liste considérable des dons de l’Esprit Saint dans l’église d’aujourd’hui. Quel que soit le charisme de chacun, c’est toujours lui qui agit. C’est d’abord grâce à lui que le travail des missionnaires peut porter du fruit.

En lisant l’Évangile de ce jour, nous ne devons pas oublier le rôle de Marie, la mère de Jésus. Elle a vu le manque de vin et elle a dit à son fils. Elle est aussi présente dans notre vie. Elle voit tous nos manques, manques d’amour et de joie, manques d’espérance, manques de de paix.
Si nous n’avons pas l’amour, nous ne pouvons pas entrer dans cette alliance entre Dieu et les hommes. Mais il nous faut entendre l’invitation de Marie : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous invite à puiser. Cette eau qu’il nous faut puiser c’est celle de la vie qui est en Dieu, c’est celle de son amour ; c’est l’eau vive que Jésus proposait à la Samaritaine. Le Seigneur ne cesse de vouloir nous combler de cette vie qui est en lui. Il suffit de puiser à la source et il fait tout le reste.

En conclusion, l’Évangile nous dit que Jésus « manifesta sa gloire » et que « ses disciples crurent en lui ». Ici, ce n’est que le début. La manifestation suprême de sa gloire aura lieu à « l’Heure de la Croix ». Le signe de Cana nous annonce la joie débordante de Pâques. Ce vin servi en abondance est le signe de la nouveauté et de la puissance de l’Évangile. À Cana, Jésus a remplacé l’eau par du vin. Mais n’oublions pas qu’il veut changer notre vie fade comme de l’eau en une vie bonne et savoureuse comme un grand cru. Un jour, ce sera la grande surprise. Nous pensions qu’il aurait servi le bon vin en premier. Encore une fois, une dernière fois, nous découvrirons que Jésus aura gardé le meilleur pour après et pour les siècles des siècles. Amen

Télécharger : 2ème dimanche du Temps ordinaire

Samedi après l’Épiphanie

La joie de l’époux
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,22-30.
En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.
Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification.
Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui.
Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Méditation
Nous sommes à la fin du ministère de Jean Baptiste et au début de celui de Jésus. Entre les deux, il y a une courte coexistence. Les disciples de Jean constatent que Jésus baptise ; ils perçoivent cela comme une concurrence. Jean Baptiste voit les choses autrement ; et c’est la parabole de l’époux, de l’épouse et de l’ami de l’époux. Jean se considère comme l’ami de l’époux. Dès que celui-ci paraît, il le désigne puis il s’efface. Entendre la voix de l’époux suffit à son bonheur. Il est comblé de joie d’être précédé par plus grand que lui au point de laisser ses disciples le quitter pour suivre l’Agneau de Dieu.

Nous recevons cet Évangile comme une invitation à bien prendre conscience de notre rôle. Comme Jean Baptiste, je ne suis pas le Sauveur. Nous sommes envoyés devant lui pour préparer sa venue. C’est notre vocation de chrétiens baptisés et confirmés de préparer le  terrain pour que Jésus puisse rencontrer nos contemporains. Comme Jean Baptiste, nous sommes appelés à désigner l’Agneau de Dieu, le reconnaître au milieu de nous, nous effacer devant lui et nous redire chaque jour : Convertissons-nous car le Royaume de Dieu est tout proche.

« Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue… » Cela vaut pour les prêtres, pour les couples et pour tous ceux qui sont en poste de responsabilité. Nous devons résister contre la tentation de nous servir d’un ministère, d’une responsabilité… La tentation de se servir et d’être rétribué par le regard des autres et la reconnaissance sociale…

 Dans notre prière, nous contemplons Jésus comme le Bien-Aimé, comme l’époux de mon âme, l’époux de l’Église. Nous demandons à l’Esprit Saint de nous aider à voir dans quel domaine précis et concret je dois vivre cette diminution de Jean Baptiste pour que l’autre soit élevé. Chacun peut se réapproprier la joie d’être proche, ami et collaborateur de Jésus.

Vendredi après l’Épiphanie

Jésus et le lépreux

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5, 12-16
Jésus était dans une ville
quand survint un homme couvert de lèpre ;
voyant Jésus, il tomba face contre terre
et le supplia :
« Seigneur, si tu le veux,
tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main et le toucha en disant :
« Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta.
Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne :
« Va plutôt te montrer au prêtre
et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ;
ce sera pour tous un témoignage. »

De plus en plus, on parlait de Jésus.
De grandes foules accouraient pour l’entendre
et se faire guérir de leurs maladies.
Mais lui se retirait dans les endroits déserts,
et il priait.© AELF
 
 
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Méditation

Cet Évangile nous voyons que Jésus se laisse bousculer par une situation imprévue. Il reste ouvert et disponible. Il est présent à celui qui vient à lui. C’est une invitation pour moi à le déranger en tout temps et en tout lieu ; il écoute la prière de l’homme. Nous pouvons toujours avoir confiance en lui.
Jésus étend la main et touche le lépreux. Il ne nous aime pas de loin. Il n’est pas rebuté par l’aspect dégoûtant du lépreux. Mon péché ce qui peut m’écœurer quand je pense à certaines choses, ça ne rebute pas Jésus. Il conjugue une parole et un geste comme dans les sacrements de l’Église : « Je le veux, sois purifié. Nous pouvons nous répéter cette parole qui est la volonté de Jésus. Il veut purifier mon cœur et guérir mon âme.
Cet Évangile nous montre également la discrétion de Jésus. Il demande à ce lépreux guéri de ne rien dire. C’est l’humilité de Dieu. « Va te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ». Jésus ne s’oppose pas à la loi de Dieu, il l’accomplit.
Il attire les hommes à lui pour deux choses : Les hommes veulent l’entendre en raison de la qualité de son enseignement et de a parole. Puis ils veulent se faire guérir de leurs maladies.

Enfin, Jésus se retire à l’écart, dans les endroits déserts et il prie. Nous pouvons le contempler, nous émerveiller de ce qui est dit de lui dans ce passage et surtout nous émerveiller.

Cet Évangile nous parle aussi de l’homme abîmé, couvert de lèpre. Ses relations fondamentales sont perturbées ; relation à lui-même : on ne peut qu’éprouver du dégoût par rapport à son corps qui se dégrade ; relations par rapport aux autres : on est exclu ; de plus, dans la mentalité de l’époque, s’il arrive un mal, c’est que Dieu l’a permis ou voulu pour me punir d’une faut cachée.
Dans ce récit, nous voyons l’homme qui adore ; il tombe la face contre terre ; il supplie Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier » ; il se laisse toucher et guérir. Dans ma prière, je peux identifier ce qui peut être ma ou mes lèpres aujourd’hui ; ça peut toucher mon corps mais aussi mon cœur et mon âme. Comme le lépreux, je supplie Jésus ; je me laisse toucher par lui, particulièrement par les sacrements de l’Église, Pardon et Eucharistie.
Nous recevons cet Évangile comme une invitation à aimer les lépreux de notre temps, ceux qui peuvent nous dégoûter, les pécheurs, les prisonniers. « Aimez-vous les autres comme (autant que) je vous ai aimés. »



Jeudi après l’Épiphanie

« Dans la puissance de l’Esprit Saint »
Évangile selon saint Luc (4, 14-22a)
Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.» Tous lui rendaient témoignage; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. © AELF
 
Méditation
Nous sommes après le baptême de Jésus, au début de son ministère. Il y a eu la manifestation de l’Esprit Saint. Jésus vit et agit dans la puissance de l’Esprit Saint. Nous, disciples du Christ, nous avons été plongés dans le baptême et incorporés à son Corps, l’Église ; nous avons reçu le sacrement de confirmation : nous sommes appelés à une vie guidée par l’Esprit de Dieu

Jésus enseigne dans la synagogue et tout le monde fait son éloge. C’est dire l’importance de l’enseignement dans  sa vie. Cet enseignement que nous recevons n’en finit pas de nous émerveiller, même si nous sommes âgés. Nous sommes toujours émerveillés par la richesse de la parole de Jésus. Nous sommes invités à accueillir cet enseignement et à le transmettre par nos paroles, nos témoignages et notre manière de vivre.

La clé de la lecture : Isaïe chapitre 1 ; Jésus se présente comme celui qui accomplit les Écritures ; il est donc le Messie attendu, celui qui peut dire : « L’Esprit du Seigneur est sur moi ». C’est ce qui caractérise le Messie, le « oint de Dieu ». Pour nous, c’est important : la Parole de Dieu va être ce qui  donne l’éclairage pour comprendre notre vocation, notre mission, notre vie.

Le contenu de la mission : la Bonne Nouvelle aux pauvres, la libération des captifs, la liberté aux opprimés, une année de grâce et de bienfaits… C’est l’action guérissante et libératrice de Jésus, tout particulièrement pour les pauvres, tous ceux qui ne peuvent pas s’auto-suffire.
Nous avons tous à vivre dans l’accueil de cette bonne nouvelle : nous sommes le captif libéré, l’aveugle qui recouvre la vue, l’opprimé qui retrouve la liberté. Nous sommes tous appelés à entrer dans une année de grâce et de bienfaits.
En en même temps, avec Jésus, en Jésus, dans l’Esprit de Jésus, je dois être avec l’Église celui qui libère, qui redonne la vue, qui apporte la fin de l’oppression, l’année de grâce et de bienfaits.

« Aujourd’hui… » C’est le moment attendu depuis des siècles. Jésus n’est pas un personnage du passé dont je fais mémoire. Il est toujours présent aujourd’hui. En ce 6 janvier, nous pouvons nous redire : « Aujourd’hui, s’accomplit cette Parole de Dieu que je viens d’entendre. »
 
 

Mercredi après l’Épiphanie

 Jésus marche sur les eaux 

 Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,45-52.
Aussitôt après avoir nourri les cinq mille hommes, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule.
Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.
Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples pensèrent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris.
Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient au comble de la stupeur,
car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation

Après avoir multiplié les pains, Jésus se retire sur la montagne pour prier son Père. Il n’en est pas moins présent aux siens. Il voit leur « panique » face aux vents contraires. Et il vient les rassurer : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ».

Cet Évangile nous rejoint dans ce que nous vivons. Les vents contraires ne manquent pas. La panique et le découragement peuvent nous saisir. Mais, comme les disciples, nous pouvons toujours appeler le Seigneur. Il vient à nous pour nous redonner force et courage : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ».

Nous recevons cet Évangile comme un appel à nous unir la prière du Christ. Cette prière ouvre nos cœurs ; elle nous permet de voir les besoins réels de ceux qui « rament autour de nous ». Nous pouvons alors leur venir en aide, chacun selon ses possibilités. Que l’Esprit Saint nous en fasse la grâce.

Mardi après l’Épiphanie

Comme des brebis sans berger

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,34-44.
En ce temps-là, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive.

Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »
Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. »
Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte.
Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons.
Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris


Méditation
En Jésus, c’est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. À travers ces paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde de Dieu qui se donnent aux hommes. En ce jour, nous demandons à l’Esprit Saint de rendre nos cœurs pareils à celui du Christ, attentifs et ouverts devant la misère et la faim de nos frères. Nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour passionné qui est en Dieu. Mais si nous voulons être crédibles aux yeux du monde, il faut que cela se voie dans notre vie, il nous faut mettre nos actes en accord avec l’Évangile.

Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C’est vrai que nourrir toute une foule dans un  endroit désert, c’est extraordinaire. Mais ce n’est pas le plus important. Cet Évangile nous invite d’abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd’hui comme autrefois, il prend soin de son peuple ; il nous nourrit gratuitement. En lui et par lui, c’est tout l’amour du Père qui se donne.

Mais aujourd’hui, il nous faut faire un pas de plus : Jésus a été envoyé pour nourrir l’homme affamé de Dieu. Et puis, il y a un point important qu’il nous faut souligner : Les auteurs des évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : “Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna.” Ce  pain qui est annoncé dans l’Évangile  de ce jour, c’est celui de la Vie éternelle ; c’est son Corps livré pour nous et pour la multitude. Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains qui ne cesse de s’accomplir par le ministère des prêtres.

La multiplication des pains nous enseigne que  Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d’aimer.  Elle nous ouvre à l’humanité toute entière. Tous les hommes sont “invités au festin des noces”.  Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : “Heureux les invités au Repas du Seigneur”, il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu’il fait totalement sans rien garder pour lui.

En lisant cet Évangile, nous pensons à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’il n’y avait plus de vin. Elle voit aussi tous nos manques, manques de pain, manques d’amour… Et elle ne cesse d’intercéder auprès de son Fils pour nous et pour notre monde désemparé. Et aujourd’hui encore, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. »