Mercredi de la 6ème semaine du temps ordinaire

Un aveugle amené à Jésus…
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 22-26
    En ce temps-là,
    Jésus et ses disciples arrivèrent à Bethsaïde.
Des gens lui amènent un aveugle
et le supplient de le toucher.
    Jésus prit l’aveugle par la main
et le conduisit hors du village.
Il lui mit de la salive sur les yeux
et lui imposa les mains.
Il lui demandait :
« Aperçois-tu quelque chose ? »
    Levant les yeux, l’homme disait :
« J’aperçois les gens :
ils ressemblent à des arbres
que je vois marcher. »
    Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains
sur les yeux de l’homme ;
celui-ci se mit à voir normalement,
il se trouva guéri,
et il distinguait tout avec netteté.
    Jésus le renvoya dans sa maison en disant :
« Ne rentre même pas dans le village. »
© AELF
 
 
Méditation
Ce récit de guérison nous montre que la connaissance est toujours progressive… Ce n’est qu’au prix de beaucoup de temps et d’un long apprentissage qu’on peut parvenir à la connaissance parfaite. D’abord les saletés s’en vont, la cécité s’en va et c’est ainsi que la lumière vient.
 
La salive du Seigneur est un enseignement parfait : pour enseigner de façon parfaite, elle provient de la bouche du Seigneur… Cette parole qui provient de sa bouche est un remède… Elle agit progressivement. « Je vois des hommes, comme des arbres qui marchent. » Je vois quelque chose de la loi, mais je n’aperçois pas encore la lumière éclatante de l’Évangile.
 
Jésus « lui imposa de nouveau les mains et il commença à voir si bien qu’il voyait tout clairement. » Il voyait le mystère de la Trinité. Il voyait tous les mystères sacrés qui sont dans l’Évangile… nous aussi, nous voyons car nous croyons en Jésus qui est la vraie lumière. »
(D’après saint Jérôme)

Mardi de la 6ème semaine du temps ordinaire (18/02/2025)

Manque de pain
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 14-21
    En ce temps-là,
    les disciples avaient oublié d’emporter des pains ;
ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.
    Or Jésus leur faisait cette recommandation :
« Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens
et au levain d’Hérode ! »
    Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.
    Jésus s’en rend compte et leur dit :
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ?
Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ?
Vous avez le cœur endurci ?
    Vous avez des yeux et vous ne voyez pas,
vous avez des oreilles et vous n’entendez pas !
Vous ne vous rappelez pas ?
    Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes,
combien avez-vous ramassé
de paniers pleins de morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Douze.
    – Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille,
combien avez-vous rempli de corbeilles
en ramassant les morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Sept. »
    Il leur disait :
« Vous ne comprenez pas encore ? » © AELF
 
 
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Méditation
 « Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode… » Le levain est utilisé par le boulanger pour faire du bon pain. Mais ici, il symbolise les dispositions mauvaises du cœur humain. Toutes ces critiques, ces dénonciations, ces médisances ne font que créer un climat malsain. Ce levain est un poison mortel qu’il nous faut éradiquer de notre vie.

La suite de cet Évangile nous montre la lourdeur des disciples : ils ne comprennent pas, ils ne réalisent pas, ne se souviennent pas. Ils ont le cœur endurci. Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre. Ils ont vu Jésus accomplir des signes, ils ont entendu des paroles fortes ; mais ils n’en ont pas saisi le sens profond.
 
Avec Jésus dans la barque, les disciples n’ont rien à craindre. C’est important pour nous. Jésus nous invite à lui faire confiance. Avec lui, nous ne manquerons jamais du nécessaire. Nous sommes renvoyés au discours sur le Pain de Vie : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. » Ce pain nous est offert à tous. Il ne demande qu’à nous accompagner tout au long de notre vie. Mais pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. 

 

Lundi de la 6ème semaine du temps ordinaire (2025)

Des signes par milliers…

 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 11-13

En ce temps-là,
    les pharisiens survinrent
et se mirent à discuter avec Jésus ;
pour le mettre à l’épreuve,
ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
    Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit :
« Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ?
Amen, je vous le déclare :
aucun signe ne sera donné à cette génération. »
    Puis il les quitta, remonta en barque,
et il partit vers l’autre rive.
 
 
Méditation
« Les pharisiens se mirent à discuter avec Jésus… pour le mettre à l’épreuve. » Ils ne viennent pas pour s’éclairer ni pour discuter vraiment. Ils ne cherchent qu’à lui tendre un piège. Jésus est entouré de gens qui cherchent à lui tendre un piège, qui guettent ses erreurs ou ses imperfections. Des signes, ils en ont eu.
 
Tout ce passe comme lors de la tentation au désert : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain ». On aurait vraiment une preuve. Mais Jésus n’est pas venu pour donner des preuves irréfutables. Les signes qu’il accomplit nous montrent l’amour de Dieu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. »
 
Tous ces signes sont un appel à la foi. C’est vraiment le don de Dieu qui est offert à tous. Mais pour l’accueillir, il faut avoir un cœur de pauvres. Il nous faut redevenir comme des petits enfants qui sont émerveillés par un cadeau extraordinaire.
 
Jésus souffre de voir tous ces gens qui sont imbus de certitudes et qui ont un cœur fermé. Avec eux, on ne peut plus discuter. Alors il part vers « l’autre rive », celle du monde païen. Rien ni personne ne pourra arrêter l’annonce de la bonne nouvelle.
 
 

7ème dimanche du temps ordinaire (année C 2025)

Miséricordieux comme le Père

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
En écoutant l’Évangile de ce dimanche, Beaucoup peuvent se dire que c’est le monde à l’envers ; il accumule des situations impossibles à gérer au premier abord : aimer ses ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïssent, prier pour ceux qui nous calomnient, présenter l’autre joue à celui qui a frappé la première. Nous vivons dans un monde où beaucoup ne pensent qu’à se faire justice.

Pour comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder : il a été harcelé tout au long de son ministère ; il a été rejeté, humilié et condamné à mourir sur une croix. Sa dernière prière a été : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Son amour est allé jusqu’au pardon et au don de sa vie. Lui-même nous demande de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés (Autant qu’il nous a aimés).

Nous ne devons jamais oublier que l’Évangile c’est d’abord le livre de la miséricorde de Dieu. C’est en le lisant et en le relisant régulièrement, nous découvrons cette révélation : tout ce que Jésus a dit et accompli est une expression de cette miséricorde du Père. Il a accueilli les exclus, il a pardonné ; il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il est venu nous combler de la surabondance de son amour, et tout cela sans mérite de notre part.

Mais tout n’a pas été écrit dans ce livre. L’Évangile de la miséricorde reste un livre ouvert ; il doit être rempli de tous les signes d’amour du Christ. Ces gestes concrets d’amour que nous sommes appelés à donner sont le meilleur témoignage de la miséricorde. C’est ainsi que nous deviendrons des témoins vivants de l’Évangile, des porteurs de la bonne nouvelle. C’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Comment parler de la miséricorde de Dieu si nous-mêmes nous ne pardonnons pas ?

Certes, nous pouvons nous interroger : sommes-nous capables d’être miséricordieux comme le Père ? Pouvons-nous nous comporter, dans le monde actuel, comme Jésus, le Christ ? Ce qui paraît impossible aux hommes, laissés à eux-mêmes, est possible à Dieu. Oui, nous le pouvons, si nous nous laissons transformer par l’Esprit Saint ; il est la force de Dieu à l’intime de nous-mêmes ; il est puissance de vie pour le corps du Christ, l’Église du Seigneur.

Cette vérité, nous la déclarons dans la préface pour la réconciliation : « Dieu, Père tout-puissant…, ton Esprit travaille le cœur des hommes pour que les ennemis se parlent à nouveau, les adversaires se tendent la main, et que les peuples cherchent à se rencontrer. Oui, c’est ton œuvre, Seigneur, quand l’amour l’emporte sur la haine, quand la vengeance fait place au pardon, et la discorde se change en amitié. »

« Son amour est de toujours à toujours » (psaume 117/118). C’est vrai, la miséricorde de Dieu est éternelle. Elle ne finit pas ; elle ne s’épuise pas ; elle ne se fatigue jamais ; elle nous apporte force et espérance dans les moments d’épreuves. Nous sommes certains que Dieu ne nous abandonne jamais. Nous devons le remercier pour ce si grand amour qu’il nous est impossible de comprendre : Dieu a oublié nos péchés, il les a pardonnés ; et aujourd’hui, il nous invite à en tirer les conséquences.

Pour cela, deux attitudes sont nécessaires : reconnaître nos propres torts et oublier les offenses des autres. Tout au long de sa vie et surtout au moment de sa Passion, Jésus n’a eu d’autre attitude que celle de l’amour et de la miséricorde. Avant de mourir, il a eu cette prière : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Nous ne devons pas recevoir cet Évangile comme une simple leçon de morale. Ce que Jésus nous dit, il l’a vécu. Il attend de nous que nous ayons le même regard que lui, les mêmes sentiments et les mêmes gestes que lui à l’égard des bons et des méchants. Son amour pour nous et pour le monde est comme un feu qui vient brûler nos rancœurs, nos rancunes et toutes les formes de violences qui empoisonnent notre vie.

La prière de saint François d’Assise nous inspire toujours : « Seigneur, fais de moi un artisan de paix ; là où il y a la haine, que je mette l’amour ; là où il y a l’offense, que je mette le pardon ; là où il y a le mensonge, que je mette la vérité, etc. »

Déjà, au temps de la première alliance, David a eu un comportement exemplaire, digne de Dieu. David, jalousé par le roi Saül, a la grandeur d’âme de demander à son compagnon d’arme d’épargner Saül. David agit en artisan de paix. Ainsi, loin de perdre pied, laissons descendre en nos consciences ces paroles inouïes : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »

Télécharger l’homélie et la Prière universelle : 7ème dimanche du temps ordinaire

Samedi de la 5ème semaine du temps ordinaire.

« Combien avez-vous de pains ? »


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 1-10
En ces jours-là,
comme il y avait de nouveau une grande foule,
et que les gens n’avaient rien à manger,
Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit :
    « J’ai de la compassion pour cette foule,
car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi,
et n’ont rien à manger.
    Si je les renvoie chez eux à jeun,
ils vont défaillir en chemin,
et certains d’entre eux sont venus de loin. »
    Ses disciples lui répondirent :
« Où donc pourra-t-on trouver du pain
pour les rassasier ici, dans le désert ? »
    Il leur demanda :
« Combien de pains avez-vous ? »
Ils lui dirent :
« Sept. »
    Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre.
Puis, prenant les sept pains
et rendant grâce,
il les rompit,
et il les donnait à ses disciples
pour que ceux-ci les distribuent ;
et ils les distribuèrent à la foule.
    Ils avaient aussi quelques petits poissons,
que Jésus bénit et fit aussi distribuer.
    Les gens mangèrent et furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait sept corbeilles.
    Or, ils étaient environ quatre mille.
Puis Jésus les renvoya.
    Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples,
il alla dans la région de Dalmanoutha. (AELF)
 
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Méditation
Cet Évangile nous parle d’une foule nombreuse : dans le désert du monde, elle est affamée. Jésus la nourrit de sa Parole. Mais en voyant cette foule, il est remué jusqu’aux entrailles. Au bout de trois jours avec lui, ces gens vont défaillir sur le chemin du retour. En Jésus, c’est Dieu qui voit la misère de son peuple affamé. À travers ses paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde de Dieu qui se donne aux hommes.
 
Jésus se montre particulièrement soucieux de certains qui sont venus de loin. Le repas leur est offert tout aussi bien qu’aux Juifs. Quand saint Marc écrit son Évangile, il pense aux païens qui ont accès à l’Évangile et à l’Eucharistie. Ce pain partagé est précisément une annonce de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’au soir du Jeudi Saint. Ce soir-là, il nous a offert le Pain de la Vie éternelle. Ce pain vivant c’est son Corps livré pour nous et pour la multitude.
 
L’Évangile de ce jour nous parle également de sept pains. Et il précise qu’après la distribution, il resta sept paniers. Ce chiffre symbolique indique la surabondance des dons de Dieu. C’est vraiment une annonce du festin messianique. Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit au moment de la communion  « Heureux les invités au repas du Seigneur », il ne s’adresse pas seulement à ceux qui sont présents physiquement mais à tous les hommes sans exception. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie, un don qu’il fait totalement, sans rien garder pour lui.
 
Dans ce récit d’aujourd’hui, il y a un mot important, c’est le verbe « servir« . C’est Jésus qui a l’initiative. Mais les disciples ne sont pas de simples exécutants. Chez saint Matthieu, nous lisons cette parole : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Donnez à ceux qui ont faim de pain, faim d’amour et de paix, faim de reconnaissance. À la fin de la messe, nous sommes envoyés vers les autres avec un panier plein. Si nous unissons nos forces humaines à celle du Christ, le miracle pourra se reproduire et l’Église revivra.
 
Nous accueillons cet Évangile comme une bonne nouvelle pour les pauvres. Aujourd’hui comme autrefois, Jésus voit toute cette foule, ceux qui sont affamés, ceux qui se font la guerre, ceux qui souffrent de la solitude et de l’exclusion. Il est saisi de pitié devant toutes ces souffrances. Et il nous repose la même question : « Combien avez-vous de pains ? » Et il attend de nous que nous donnions le peu que nous avons. À travers nos gestes de partage et de solidarité c’est l’amour de Dieu qui est multiplié.
 
En ce jour, nous nous tournons avec confiance vers le Seigneur pour lui présenter la faim des foules qui nous entourent. Il est hors de question de nous lamenter, de nous dire que nous n’y pouvons rien. Le Seigneur veut se servir de nous pour distribuer ce qui pourra combler leur faim. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il est venu pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.
 
En réponse à ce cadeau que Dieu nous fait en Jésus, nous ne pouvons que rendre grâce :

« O Seigneur, comment reconnaître
les bienfaits dont tu m’as comblé ?
Chaque jour je célébrerai tes grandeurs, Alléluia ! »


Fête des saints Cyrille, moine, et Méthode, évêque, patrons de l’Europe

14 février

La moisson est abondante
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
«Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
«Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants: “Le règne de Dieu est tout proche de vous.”
© AELF
 
 
Méditation
La « joie de l’Évangile » doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.
 
Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze « dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : « Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire ». En dehors du Seigneur, rien n’est possible.
 
Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.
 
À chaque messe, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : « Le règne de Dieu s’est approché de vous. » Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.
 
Cette présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies « comme des agneaux au milieu des loups », rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.
 
 

Jeudi de la 5ème semaine du Temps ordinaire

« Aie pitié de moi »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 24-30
 
    En ce temps-là,
    Jésus partit et se rendit dans le territoire de Tyr.
Il était entré dans une maison,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
mais il ne put rester inaperçu :
    une femme entendit aussitôt parler de lui ;
elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ;
elle vint se jeter à ses pieds.
    Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance,
et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille.
    Il lui disait :
« Laisse d’abord les enfants se rassasier,
car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
    Mais elle lui répliqua :
« Seigneur, les petits chiens, sous la table,
mangent bien les miettes des petits enfants ! »
Alors il lui dit :
    « À cause de cette parole, va :
le démon est sorti de ta fille. »
    Elle rentra à la maison,
et elle trouva l’enfant étendue sur le lit :
le démon était sorti d’elle.
 
 
Méditation
Le cri de foi de cette maman est tout à fait étonnant. N’oublions pas qu’elle est totalement étrangère à la religion d’Israël. De plus, elle ignore tout de la véritable identité de Jésus. Et pourtant, elle l’appelle « Fils de David » et « Seigneur ». Ceux qui connaissent la Bible savent que ce sont là des titres divins. Après un premier refus de Jésus, elle insiste. Et quand elle entend qu’on ne peut pas « donner le pain des enfants aux petits chiens », elle a une réponse admirable : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître. »
 
En entendant cette parabole, nous pouvons penser à la parabole du « mauvais riche » qui faisait des festins somptueux. Au dehors, le pauvre Lazare se serait bien contenté des miettes tombées de la table du riche. Mais ce sont justement les chiens qui venaient lécher ses ulcères. De son côté, Jésus ne peut pas se mettre dans la situation du riche qui repousse un exclu. Il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Se tournant vers la Cananéenne, il lui dit : « Femme, ta foi est grande ; que tout se fasse pour toi comme tu le veux. »
 
Cet évangile nous adresse un appel de la plus haute importance : il nous  interpelle sur la manière dont nous prions. Bien souvent, nous avons l’impression que Dieu ne nous entend pas. Nous nous heurtons à son silence. Nous avons beau insister, prier encore et encore ; mais nous ne recevons aucune réponse. Aujourd’hui, c’est la Cananéenne, une étrangère à la foi, qui nous montre le vrai chemin : Elle nous apprend la pauvreté du cœur : « Heureux les pauvres de cœur, ils seront rassasiés ». Cette attitude nous rendra entièrement ouverts au don de Dieu ; Il nous promet de ne pas nous donner les miettes mais de nous faire asseoir à la table des enfants.
 
Aujourd’hui  encore, des étrangers viennent frapper à la porte de l’Église. Beaucoup sont « mal croyants », marginaux de la foi. Certains ont adopté des superstitions qui les laissent insatisfaits. Et puis, nous pensons aussi à tous ces baptisés qui, pendant des années, se sont éloignés de la foi. Mais le Seigneur s’arrange toujours pour les mettre sur notre route. Alors, nous pouvons nous poser la question : qu’avons-nous à leur offrir ? Des miettes ou du pain ?
 
Nous te louons, Seigneur, pour cet amour universel que tu portes envers tous. Dans l’Eucharistie, tu nous donnes « le Pain des enfants ». Donne-nous d’accueillir en ton nom tous ceux et celles qui ont faim de ta présence. AMEN
 

 

Mercredi de la 5ème Semaine du Temps Ordinaire

Ce qui rend l’homme impur…


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 14-23
En ce temps-là,
    appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
    Rien de ce qui est extérieur à l’homme
et qui entre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l’homme,
voilà ce qui rend l’homme impur. »
 
    Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison,
ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole.
    Alors il leur dit :
« Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ?
Ne comprenez-vous pas
que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors,
ne peut pas le rendre impur,
    parce que cela n’entre pas dans son cœur,
mais dans son ventre, pour être éliminé ? »
C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
 
    Il leur dit encore :
« Ce qui sort de l’homme,
c’est cela qui le rend impur.
    Car c’est du dedans, du cœur de l’homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduites, vols, meurtres,
    adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
    Tout ce mal vient du dedans,
et rend l’homme impur. » (AELF)
 
 
Méditation
Jésus enseigne qu’aucun aliment ne peut rendre l’homme impur. Quand Marc écrit son Évangile quarante ans plus tard, la question n’est pas encore résolue. Certains pensent qu’il faut imposer aux chrétiens nouveaux convertis les strictes coutumes des juifs.
 
Mais la vraie religion n’est pas liée à ces coutumes. L’Église doit être ouverte à tous, même s’ils sont différents. Le messager de l’Évangile est amené à découvrir la valeur de ceux qui n’ont pas nos coutumes. Nous n’avons pas à leur imposer notre mode de vie. La vraie conversion est ailleurs.
 
Le vrai problème se situe au niveau du cœur : « Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés… Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. » Les racines qui conduisent au péché sont bien présentes au cœur ce chacun d’entre nous. Nous connaissons tous nos limites, nos imperfections. Mais le Seigneur ne nous abandonne pas. Lui seul peut purifier notre cœur.

Le sacrement de l’Eucharistie

Avec le baptême et la confirmation, l’Eucharistie est un des sacrements de l’initiation chrétienne. Elle permet aux croyants de se nourrir du Christ et de nourrir leur foi. Tous les croyants sont appelés chaque dimanche à participer à la célébration Eucharistique.

Quand on parle de l’Eucharistie, il faut « s’accrocher » car c’est un « sommet » de la foi catholique. Tout au long des siècles, l’Église n’a jamais cessé d’approfondir ce mystère, mais il nous dépassera toujours. L’essentiel ce n’est pas d’en faire une approche théorique et intellectuelle mais une approche amoureuse et vitale. Nous y découvrons à chaque messe combien le Christ est plein d’amour pour chacun de nous et pour le monde. Il est tellement passionné que nous lui manquons quand nous ne nous approchons pas de lui.

L’Eucharistie est un repas.

Les Évangiles nous montrent souvent Jésus à table avec ses amis. Nous savons que Matthieu et Zachée ont été totalement transformés en l’accueillant dans leur maison. Et puis, il y a eu le Jeudi Saint. Ce jour-là, Jésus a réuni les Douze pour le repas de la Pâque. Mais ce repas a pris un caractère particulier. C’est en effet ce jour-là que Jésus a institué l’Eucharistie. Il a distribué le pain et le vin en prononçant des paroles inattendues : « Prenez e mangez, ceci est mon Corps… Prenez et buvez, ceci est mon Sang, faites cela en mémoire de moi..

Nous aussi, nous sommes invités et attendus chaque dimanche par Jésus dans sa maison. Nous y sommes tous les bienvenus. Il s’agit d’un repas au cours duquel Jésus se donne en nourriture. Ce repas est une anticipation des noces éternelles avec l’humanité.

Une action de grâce.

Le mot Eucharistie désigne généralement l’ensemble de la messe. Mais au sens rigoureux du terme c’est seulement la deuxième partie, celle au cours de laquelle on dit la grande prière de louange. Ce mot vient du verbe grec « Euchaistein » qui signifie : « rendre grâce ». Lors de la multiplication des pains et surtout au cours du repas du jeudi Saint, il récite sur le pain la prière de louange et de bénédiction. Jésus récite remercie son Père pour le pain et le vin et nous nous associons à sa prière de louange et de bénédiction. Nous n’allons pas à la messe pour que cela nous apporte quelque chose. Le Seigneur n’a pas de comptes à nous rendre. C’est nous qui avons un devoir de reconnaissance envers lui. Et c’est pour cette raison que nous répondons à son appel le dimanche.

C’est important car toute la création est présente dans ce petit morceau de pain :

•  L a terre : c’est le sol où le blé a été semé pour y mourir et donner du fruit

•  Le feu évoque le soleil qui fait germer le blé. C’est aussi le feu pour cuire le pain

•  L’eau : elle est nécessaire à la croissance. Elle est également mélangée à la farine pour faire cuire le pain

•  Le blé : Le pain représente aussi tout le travail de l’homme, celui du semeur, du moissonneur, du meunier, du boulanger… Avec Jésus, nous remercions le Père pour son œuvre d’amour. A travers ce « merci », nous reconnaissons Jésus comme le seul Seigneur. Nous le laissons agir pour nous et en nous.

La Cène, anticipation de la mort de Jésus.

Le repas de la Cène est un repas d’adieu. Jésus sait que son disciple Judas va le trahir, qu’il sera arrêté et condamné à mourir sur une croix. Il sait que son corps sera ‘livré » et que son sang sera versé. Au soir du Jeudi Saint, Jésus dit oui à sa mort en l’anticipant. Il l’accepte au plus profond de lui-même et la transforme en acte d’amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jean 15. 13) Ceux qu’il appelle ses amis, ce ne sont pas seulement les Douze mais aussi tous les hommes pécheurs qu’il est venu sauver.

Le lieu où la mort et la résurrection du Seigneur sont rendues sacramentellement présentes.

L’Eucharistie n’est pas seulement la commémoration d’un événement passé : « Quand l’Église célèbre l’Eucharistie, mémorial de la mort et de la résurrection de son Seigneur, cet événement central du Salut est rendu réellement présent. » (Jean Paul II) A travers ce qui n’aurait pu n’être qu’une évocation, Dieu redonne vie présente à ce qui s’est passé jadis. Nous nous y trouvons tous impliqués. Ce passé agit en nous.

A chaque Eucharistie c’est comme si nous assistions « en direct au moment où Jésus fait le don de sa vie. Il n’y a qu’un sacrifice unique et définitif de Jésus. Quand nous sommes à la messe, c’est à ce sacrifice que nous assistons, à l’offrande de Jésus et à sa mort sur la croix. Nous assistons aussi à la victoire de l’amour sur la mort et nous en recevons les fruits.

Tout cela a eu lieu il y a plus de 2000 ans. Mais Dieu créateur est en dehors du temps. En venant dans le monde, Jésus a assumé notre humanité. Il s’est offert en sacrifice une seule fois. Mais l’amour qui l’y a conduit est éternellement présent. A chaque messe, il nous est manifesté. Il est rendu présent à nos yeux. A chaque messe, je peux dire : C’est aujourd’hui que cela se passe.

 

L’Eucharistie est présence réelle de Jésus.

Sous les apparences du pain et du vin consacrés, Jésus est réellement présent en son Corps et son sang. Lors de la Cène Jésus a dit sur ce qui était du pain et du vin : « Ceci est mon Corps… Ceci est mon sang. » Lorsque le prêtre prononce ces paroles sur le pain et le vin, c’est le Corps et le Sang du Seigneur qui sont présents sous les espèces du pain et du vin. Mais le but de l’Eucharistie n’est pas la transformation du pain et du vin mais la transformation et la conversion des cœurs et des communautés chrétiennes de façon à rendre le Christ présent dans le monde d’aujourd’hui.

Un défi pour notre foi.

Avec l’Eucharistie, nous sommes face à une réalité qui met notre foi à rude épreuve. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Il en était ainsi au temps de Jésus. Dans son discours sur le Pain de vie, il proclame haut et fort : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » Quand les gens ont entendu cela, ils l’ont pris pour un fou : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »

Jésus aurait pu chercher à sauver la situation en disant que c’est un malentendu, un langage symbolique. Mais c’est tout le contraire qui se passe ; il en rajoute : « En vérité, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous…. Ma chair est une vraie nourriture et mon sang une vraie boisson. » En entendant ces paroles, beaucoup ont préféré partir. Mais Pierre et ses amis ont choisi de rester parce que les paroles de Jésus étaient « les paroles de la Vie Éternelle.

Il en est de même pour nous aujourd’hui. Si nous voulons considérer l’Eucharistie avec nos seules mesures, nous ne pouvons qu’être scandalisés. Il nous arrive parfois d’entendre des personnes qui cherchent à atténuer les paroles de Jésus. En fait, quand nous allons communier, c’est tout son être, son humanité et sa divinité que nous accueillons en nous. Il ne suffit pas de comprendre ce mystère avec notre intelligence. Car ce n’est que par la foi qu’il se révèlera à nous. C’est d’ailleurs ce que le prêtre proclame à chaque messe : « Il est grand le mystère de la foi ! » Par la foi, nous nous laissons toucher et interpeller par Celui qui a voulu se rendre présent pour nous et qui nous a aimés jusqu’à livrer son corps et son sang pour nous.

Croire aux paroles de Jésus.

Quand nous sommes à l’Eucharistie, nous faisons confiance aux paroles de Jésus qui a dit : « Ceci est mon Corps livré pour vous. » Nous lui faisons confiance parce qu’il est « le chemin, la vérité et la vie. » Ce mystère dépasse notre raison mais il n’est pas absurde. La foi soutient et prolonge notre intelligence sans la nier.

Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique. Ce dernier a été « livré aux mains des hommes.

•  A Noël, c’était le corps fragile d’un petit bébé livré aux soins de Marie et Joseph

•  Au cours de la Passion le Vendredi Saint, c’est le corps blessé d’un condamné, livré à la cruauté des hommes pécheurs.

•  Aujourd’hui, c’est dans l’hostie consacrée que Jésus continue à se livrer pour nous. Il se donne à nous comme notre serviteur et notre nourriture par amour pour nous et pour le monde. Il aime chacun d’un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Il attend de nous que nous nous laissions bouleverser par lui, que nous lui rendions « amour pour amour. »

C’est de cela que nous avons à témoigner dans le monde : « Quand le prêtre proclamait à la fin : « Ite, missa est », il signifiait que le temps de la mission est là. Les chrétiens sont envoyés en mission pour témoigner de la Bonne Nouvelle du Salut offert à tous. C’est aussi un engagement à être reliés les uns aux autres dans une communion permanente et à être des signes gratuits de l’amour de Dieu pour les hommes de notre temps.

Témoignages :

•  Françoise : « L’Eucharistie n’a jamais cessé de me rapprocher de Dieu… Elle est demeuré la nourriture essentielle à ma foi mais aussi la racine du don de moi-même à mon mari, mes enfants et maintenant petits enfants et aux autres. »

•  Père Jean-Paul (Burkina Faso) : Comment puis-je dire : « Prenez et mangez » sans penser à la famine et à la malnutrition ? L’Eucharistie est inséparable de la vie des hommes. Quand je la célèbre, je communie au manque de pain, j’apprends à partager le pain. Le pain de Dieu partagé à la même table crée des liens entre les hommes, les noue entre eux dans la fraternité, la rencontre et la solidarité.

Sources :

•  Initiation à la prière et à l’adoration de Anne Françoise Vater (Éditions de l’Emmanuel)

•  50 clés pour comprendre les sacrements (Pèlerin)

•  Les mots des chrétiens (Presses de la Renaissance)

•  Manuel de la foi (Association des catéchistes Allemands

Mardi de la 5ème Semaine du Temps Ordinaire

« Des mains impures… »
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 1-13
En ce temps-là,
    les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
    et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
    – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
    et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
    Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
    Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
    C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
    Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
    Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour établir votre tradition.
    En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
    Mais vous, vous dites :
Supposons qu’un homme déclare
à son père ou à sa mère :
“Les ressources qui m’auraient permis de t’aider
sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,
    alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit
pour son père ou sa mère ;
    vous annulez ainsi la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »
(AELF)
 
Méditation
Jésus reproche aux pharisiens de laisser de côté les commandements de Dieu pour s’attacher aux traditions des hommes. Aujourd’hui, il voudrait nous dire que le plus important n’est pas de se laver les mains mais de se laver le cœur. Jésus nous invite à faire la vérité dans tous nos actes religieux, nos pratiques religieuses, notre prière et tout ce qui est important pour nous.
 
Cet évangile nous invite à faire notre examen de conscience : il y a des paroles qui sonnent creux. Elles ne correspondent pas à des sentiments vrais. Nous n’aimons pas qu’on nous parle comme si on nous récitait une leçon. Pour Dieu c’est pareil. Il n’accepte pas de notre part des prières vides, vides de notre cœur. Nous ne pouvons atteindre Dieu qu’avec le cœur. Dans notre vie de relation de Dieu avec nous et de nous avec Dieu, tout se joue au niveau du cœur.
 
Vivre en chrétien, c’est vivre intensément cette alliance d’amour entre Dieu et nous. Il n’y a que cela qui compte. On comprend alors que Jésus soit déconcerté par les critiques des pharisiens qui lui reprochent de ne pas respecter les traditions religieuses. Si l’évangile nous rapporte cet événement, c’est pour attirer notre attention sur nous. Comme eux, nous avons facilement tendance à juger la religion des autres. L’intolérance n’a rien à voir avec l’Évangile.
 
En critiquant et en dénonçant, nous ne faisons qu’ajouter un peu plus d’amertume à ce monde. Notre bataille contre le mal doit commencer par le cœur. C’est dans le cœur que nous devons planter les bonnes herbes de la solidarité, de l’amitié, de la patience, de l’humilité, de la piété, de la miséricorde et du pardon. Le chemin vers cette plantation, c’est l’Évangile qui nous le trace. Il nous apprend à mettre tous les jours un peu plus d’amour dans notre vie. 
 



Que ta parole éclaire mes pas…