Mercredi des Cendres 2026


“Revenez à moi…”

Textes bibliques : Lire

En ce mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême. C’est une période de quarante jours qui nous prépare à la plus grande fête de l’année, celle de Pâques. Malheureusement, le carême semble se vider de plus en plus de son sens. Les médias nous parlent régulièrement du Carnaval ; mais le carême n’a pratiquement plus de visibilité. Et pourtant, nous avons tous un immense besoin de redonner du sens au Carême. Les Églises sont appelées à lutter contre l’appauvrissement de la force de ces 40 jours. Quatre moyens nous sont proposés : la pénitence, le jeûne, l’aumône et la prière. C’est ainsi que le Seigneur retrouvera toute sa place au cœur de nos vies.

Le prophète Joël (1ère lecture) nous adresse un appel pressant : « Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les larmes et le deuil ». Pour comprendre cet appel, il faut connaître la détresse du peuple auquel il s’adresse. La campagne de Judée est ravagée par la sècheresse et les criquets. Les gens sont complètement désemparés. C’est là que le prophète intervient de la part de Dieu. Il invite chacun à revenir vers le Seigneur. Cette conversion les amènera à reconnaître la tendresse, la miséricorde et la plénitude de l’amour qui est en Dieu.

Cet appel est toujours d’actualité. Nous vivons dans un monde qui oublie Dieu et se détourne de lui. On organise sa vie en dehors de lui. Ce Carême qui commence le mercredi des Cendres nous invite à revenir vers le Seigneur et à lui redonner la première place dans notre vie. En dehors de lui, nous allons à notre perte. Le grand message du Carême c’est que Dieu est amour. Il nous aime tous d’un amour passionné qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C’est par amour pour nous que Dieu nous appelle tous à revenir à lui.

Le psaume 50 est précisément la prière de l’homme qui se reconnaît pécheur et qui se tourne vers le Seigneur. Il a compris que Dieu est plein de miséricorde. Son amour est bien plus grand que nos péchés. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Là où le péché a abondé, la grâce (l’amour) a surabondé. C’est en nous jetant dans les bras du Seigneur que nous retrouvons la joie d’être pardonnés. Et du coup, nous retrouvons l’intimité avec notre Dieu. Tout au long de ce Carême, nous pourrons rendre grâce pour cette merveille qu’il réalise dans notre vie.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous adresse un appel très fort à nous laisser réconcilier avec notre Dieu. Cette réconciliation n’est pas de notre initiative mais de celle de Dieu. C’est lui qui fait sans cesse le premier pas pour nous sortir de notre situation de péché. Il a tellement aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils. Sa mission c’est de nous ramener vers lui. Mais rien ne sera possible sans notre réponse personnelle. C’est pour cela que saint Paul nous invite à ne pas refuser cette réconciliation qui nous est offerte. Ce temps du carême nous est offert pour accueillir la miséricorde de Dieu.

L’Évangile nous montre ce que doit être une vie de convertis. Jésus nous invite à vivre « comme des justes ». Il s’agit pour nous de nous ajuster à la sainteté de Dieu. Jésus s’adresse à ceux qui prennent au sérieux les exigences de la loi de Moïse : la prière, le jeûne et le partage. Il n’est pas venu abolir cette loi mais l’accomplir. La loi est toujours là, mais si nous voulons être justes aux yeux de Dieu, nous avons à nous convertir et à changer de perspective.

Dans son Évangile, Jésus s’adresse à ceux qui cherchent à s’afficher en public. Ces derniers ont pour objectif d’être vus, admirés et applaudis. Certains en profitent même pour montrer qu’ils sont meilleurs que les autres. Rappelons-nous la prière du pharisien : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ (Luc 18) Satisfait de lui-même, ce pharisien a trouvé ce qu’il cherche : la gloire qui vient des hommes.

Mais toi, le disciple, quand tu pries, quand tu partages, quand tu jeûnes, renonce à être bien vu, ne cherche pas à te faire admirer, ni à être applaudi : « Ton Père voit ce que tu fais dans le secret, il te le revaudra ». Ce que Dieu nous offre, c’est son amour gratuit. Ce qui fait la valeur de la prière, de l’aumône et du jeûne c’est l’amour que nous y mettons. L’aumône ouvre notre cœur et nos mains vers l’autre. La prière dirige notre cœur vers Dieu. Le jeûne nous aide à ne penser qu’à Dieu et à tendre notre main vers nos frères. L’idéal serait que pendant ce carême, nous posions un acte que seul notre Père connaîtra.

Contrairement à ce que nous entendons parfois, le Carême n’est pas un temps triste. Seul le péché est triste. Mais ces 40 jours nous sont donnés pour nous bruler au feu de l’amour qui est en Dieu. En revenant à lui, nous le supplions : nous lui demandons que ce Carême soit un temps de conversion qui nous tourne de plus en plus vers lui et vers les autres. Amen

Jeûner pendant le Carême…

Meilleure façon de jeûner pendant le Carême   

( proposées par le Saint Père, le Pape François)

– Jeûne de paroles blessantes : que tes lèvres ne prononcent que des paroles de bénédiction.
– Jeûne de critiques et de médisances :
bienveillance et miséricorde doivent habiter ton âme.
– Jeûne de mécontentement : que douceur et patience deviennent tes compagnes de chaque jour.
– Jeûne de ressentiment : que ton cœur cultive la gratitude.
– Jeûne de rancune : que le pardon ouvre toutes les portes qui t’ont été fermées.
– Jeûne d’égoïsme : que la compassion et la charité fleurissent à chacun de tes pas.
– Jeûne de pessimisme : que l’espérance ne quitte jamais ton esprit.
– Jeûne de préoccupations et d’inquiétudes inutiles : que règne en toi la confiance en Dieu.
– Jeûne d’occupations superficielles : que la prière emplisse tes journées.
– Jeûne de paroles futiles : que le silence et l’écoute t’aident à entendre en toi le souffle de l’Esprit Saint.

Bon et fructueux Carême 2026 – Union de prières.

Mardi de la 6ème semaine du temps ordinaire – 17 février 2026

Manque de pain
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 14-21
    En ce temps-là,
    les disciples avaient oublié d’emporter des pains ;
ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.
    Or Jésus leur faisait cette recommandation :
« Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens
et au levain d’Hérode ! »
    Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.
    Jésus s’en rend compte et leur dit :
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ?
Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ?
Vous avez le cœur endurci ?
    Vous avez des yeux et vous ne voyez pas,
vous avez des oreilles et vous n’entendez pas !
Vous ne vous rappelez pas ?
    Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes,
combien avez-vous ramassé
de paniers pleins de morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Douze.
    – Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille,
combien avez-vous rempli de corbeilles
en ramassant les morceaux ? »
Ils lui répondirent :
« Sept. »
    Il leur disait :
« Vous ne comprenez pas encore ? » © AELF
 
 
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Méditation
 « Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode… » Le levain est utilisé par le boulanger pour faire du bon pain. Mais ici, il symbolise les dispositions mauvaises du cœur humain. Toutes ces critiques, ces dénonciations, ces médisances ne font que créer un climat malsain. Ce levain est un poison mortel qu’il nous faut éradiquer de notre vie. La suite de cet Évangile nous montre la lourdeur des disciples : ils ne comprennent pas, ils ne réalisent pas, ne se souviennent pas. Ils ont le cœur endurci. Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre. Ils ont vu Jésus accomplir des signes, ils ont entendu des paroles fortes ; mais ils n’en ont pas saisi le sens profond.
 
Avec Jésus dans la barque, les disciples n’ont rien à craindre. C’est important pour nous. Jésus nous invite à lui faire confiance. Avec lui, nous ne manquerons jamais du nécessaire. Nous sommes renvoyés au discours sur le Pain de Vie : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. » Ce pain nous est offert à tous. Il ne demande qu’à nous accompagner tout au long de notre vie. Mais pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. 
 

Lundi de la 6ème semaine du temps ordinaire – 16 février 2026

Des signes par milliers…
 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 11-13
En ce temps-là,
    les pharisiens survinrent
et se mirent à discuter avec Jésus ;
pour le mettre à l’épreuve,
ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
    Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit :
« Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ?
Amen, je vous le déclare :
aucun signe ne sera donné à cette génération. »
    Puis il les quitta, remonta en barque,
et il partit vers l’autre rive.
 
 
Méditation
« Les pharisiens se mirent à discuter avec Jésus… pour le mettre à l’épreuve. » Ils ne viennent pas pour s’éclairer ni pour discuter vraiment. Ils ne cherchent qu’à lui tendre un piège. Jésus est entouré de gens qui cherchent à lui tendre un piège, qui guettent ses erreurs ou ses imperfections. Des signes, ils en ont eu.
 
Tout ce passe comme lors de la tentation au désert : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain ». On aurait vraiment une preuve. Mais Jésus n’est pas venu pour donner des preuves irréfutables. Les signes qu’il accomplit nous montrent l’amour de Dieu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. »
 
Tous ces signes sont un appel à la foi. C’est vraiment le don de Dieu qui est offert à tous. Mais pour l’accueillir, il faut avoir un cœur de pauvres. Il nous faut redevenir comme des petits enfants qui sont émerveillés par un cadeau extraordinaire.
 
Jésus souffre de voir tous ces gens qui sont imbus de certitudes et qui ont un cœur fermé. Avec eux, on ne peut plus discuter. Alors il part vers « l’autre rive », celle du monde païen. Rien ni personne ne pourra arrêter l’annonce de la bonne nouvelle.
 
 

6ème dimanche du temps ordinaire (A) – 15 février 2026

« Un cœur pur… »

Monition d’ouverture
C’est le Seigneur qui a pris l’initiative de nous inviter et de nous rassembler. Sa parole peut par fois être un glaive tranchant qui nous rappelle notre responsabilité et l’importance de nos choix. Elle est aussi pleine de douceur pour celles et ceux qui peuvent l’accueillir avec leur cœur.

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un Dieu qui a vu la misère de son peuple. Cette misère c’est celle qui vient du péché, de l’égoïsme et des divisions. Le grand projet de Dieu c’est de nous en libérer. Toute la Bible nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Pour accomplir cette œuvre de salut, il nous propose plusieurs étapes. Dans un premier temps, il nous donne des règles, des commandements qui nous aideront à vivre en harmonie. Quand on vit en société, il est important de se respecter les uns les autres. On ne peut pas faire n’importe quoi. La première lecture nous dit que nous avons à choisir : d’un côté, la vie qui résulte de l’observation des commandements ; de l’autre, la mort qui est la sanction de l’orgueil. Le Seigneur veut nous libérer de tout ce qui détruit notre vie. Il nous invite à accueillir ses paroles qui sont celles « de la vie éternelle ».

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens venus du monde païen. Ils ont accueilli le message de l’Évangile. Mais aujourd’hui, il les invite à vraiment faire « le choix de Dieu ». Pour nous en parler, il n’utilise pas la prétendue « sagesse de ceux qui dirigent le monde », ceux-là même qui ont commis l’infâme injustice de crucifier « le Seigneur de gloire ». « Ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu ». C’est dans cette sagesse de Dieu que nous trouvons la vraie vie. L’Esprit Saint fait de nous des adultes dans la foi. Il nous aide à aller à contre-courant de la mentalité du monde et à vraiment entrer dans le projet de Dieu.

Dans l’Évangile, Jésus revient sur la loi qui a été transmise par Dieu aux anciens. C’était un minimum indispensable à la vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper… Pour Jésus, il est hors de question de supprimer ces acquis ; bien au contraire, il invite ses disciples et chacun de nous à aller encore plus loin. C’est comme dans une famille, la pratique scrupuleuse d’un règlement interne ne suffit pas à la rendre heureuse : il lui faut de la solidarité, de l’accueil, du partage et surtout de l’amour.

Pour se faire comprendre, Jésus entre dans le concret de la vie des gens : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre… Eh bien, moi je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ». Jésus nous rappelle ainsi que des paroles peuvent tuer : les calomnies, le harcèlement, les propos racistes sont un poison qui cause des dégâts importants. De même les médisances qui tuent la renommée des personnes. Aujourd’hui, Jésus nous propose la perfection de l’amour. Si nous refusons de faire la paix avec notre prochain, nous ne pouvons pas dire que nous aimons Dieu. Avant de manifester notre dévotion dans la prière, nous sommes invités à nous réconcilier avec lui.

Ce que Jésus attend de nous, c’est une vie remplie d’amour : « Soyez parfaits comme votre Père est parfait ». C’est ce que Jésus a vécu jusqu’au bout : il a pardonné à Zachée ; il n’a pas jeté la pierre à la femme adultère, mais il lui a donné la force de poursuivre sa route ; il a pardonné à Pierre qui venait de le renier. De nombreuses paraboles nous disent encore ce qu’est le véritable amour : nous connaissons celle de la brebis perdue et celle du fils prodigue. C’est cet amour qui doit transparaître dans nos vies.

Voilà ce chemin de conversion que Jésus nous propose. Le pape François nous disait qu’on ne doit pas louer Dieu avec la même langue qui insulte notre frère. Cela ne se fait pas. Si nous voulons louer Dieu, nous devons tout faire pour nous mettre d’accord entre nous. Nous demandons au Seigneur qu’il nous aide à sortir de nos rancunes et de notre rigidité. Nous ne pouvons pas vivre en enfants de Dieu sans vivre ensemble comme des frères. Ce qui fera la valeur de notre vie c’est la qualité de notre amour pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est à cela que nous serons jugés.

En lisant cet Évangile, nous reconnaissons que nous sommes tous plus ou moins coupables. Or pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut avoir un cœur parfaitement pur. Rien d’impur ne peut vivre en présence de Dieu. Nous ne pouvons pas parvenir à cette pureté avec nos pauvres moyens humains. Mais avec Dieu, tout est possible : Nous sommes invités à nous ouvrir à lui en priant souvent, en aimant beaucoup, en recevant le sacrement du pardon et en participant à l’Eucharistie. Si nous nous engageons sur ce chemin de conversion, Dieu nous purifiera ; alors nous serons ces cœurs purs qui voient Dieu. Dieu sera en nous et nous en lui.

Sources : Revues Feu Nouveau, , Parole pour chaque jour – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP. Bagot) – Pape François – dossiers personnels

Prière universelle
Prions le Seigneur de qui nous vient toute sagesse et réconfort.

Intentions
1. Nous te prions pour ton Église. Qu’elle annonce ta parole avec fidélité, mais qu’elle n’impose aucun joug à tes fidèles, sauf le joug de l’amour et de la vérité. Seigneur, écoute-nous !

2. Nous te confions Seigneur toutes les personnes qui exercent une responsabilité. Que leurs décisions et leurs choix soient guidés par le souci du bien commun, de la justice et de la vérité. Seigneur, écoute-nous !

3. Nous te prions pour celles et ceux dont la fidélité a été trahie. Qu’ils trouvent dans le Christ, le Rédempteur capable de guérir leurs blessures. Seigneur écoute-nous !

4. Nous te confions Seigneur les communautés chrétiennes appelées à vivre et à annoncer l’Évangile. Que la liberté de conscience soit toujours au cœur de leur vie et de leurs actions. Seigneur écoute-nous !

Conclusion
Seigneur, tu connais les désirs les plus profonds de celles et ceux qui se confient à ta miséricorde. Guide-les sur le chemin de la vie. Par Jésus, le Christ notre Seigneur.

Saint Cyrille et Saint Méthode (14 février 2026

La moisson est abondante
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
«Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
«Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants: “Le règne de Dieu est tout proche de vous.”
© AELF
 
 
Méditation
La « joie de l’Évangile » doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.
 
Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze « dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : « Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire ». En dehors du Seigneur, rien n’est possible.
 
Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.
 
À chaque messe, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : « Le règne de Dieu s’est approché de vous. » Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.
 
Cette présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies « comme des agneaux au milieu des loups », rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.

Vendredi de la 5ème semaine du Temps ordinaire – 13 février 2026



« Ouvre-toi… »




Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 31-37

En ce temps-là,
    Jésus quitta le territoire de Tyr ;
passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée
et alla en plein territoire de la Décapole.
    Des gens lui amènent un sourd
qui avait aussi de la difficulté à parler,
et supplient Jésus de poser la main sur lui.
    Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule,
lui mit les doigts dans les oreilles,
et, avec sa salive, lui toucha la langue.
    Puis, les yeux levés au ciel,
il soupira et lui dit :
« Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
    Ses oreilles s’ouvrirent ;
sa langue se délia,
et il parlait correctement.
    Alors Jésus leur ordonna
de n’en rien dire à personne ;
mais plus il leur donnait cet ordre,
plus ceux-ci le proclamaient.
    Extrêmement frappés, ils disaient :
« Il a bien fait toutes choses :
il fait entendre les sourds et parler les muets. »
(AELF)

Méditation
 Jésus se trouve en plein territoire païen. Il n’hésite pas à sortir des frontières d’Israël. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle n’est pas réservée à quelques-uns mais au monde entier. Le voilà donc au milieu de tous ces gens qui n’ont pas d’oreille pour entendre la Parole de Dieu ni de bouche pour proclamer sa louange. Comme leurs idoles ils « ont une bouche et ne parlent pas… des oreilles et n’entendent pas. » (Psaume 113) Or voilà que l’Évangile de ce jour nous donne une pitoyable illustration de ce monde païen : un sourd muet est amené à Jésus.

Jésus se met tout de suite au travail : imposer les mains ne suffit pas ; le mal est trop grand : il faut aller à l’écart, mettre les doigts dans les oreilles, toucher la langue, lever les yeux au ciel, soupirer et prier. Le mal est très fort. Jésus se bat contre lui ; ce n’est pas sans peine mais il finit par gagner. Les oreilles s’ouvrent, la langue se délie. À travers cet homme, Dieu donne aux païens une oreille pour entendre la Parole de Dieu et une bouche pour proclamer sa louange.

« Ouvre-toi ! » C’est aussi à chacun de nous que le Christ s’adresse en ce jour. Nous savons bien qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas se laisser toucher par les appels de Dieu et de ses frères. Ces sont nos fermetures, nos blocages qui entravent une vraie communication entre nous. « Ouvre-toi » nous dit le Seigneur. Ne reste pas enfermé sur tes soucis personnels ni sur tes relations habituelles, ni sur ton milieu social. Ouvre-toi à Dieu et aux autres. Ce n’est pas pour rien que notre pape François nous recommande d’aller jusqu’aux « périphéries ».

En ce jour, nous faisons nôtre cette prière :
« Ouvre mes yeux, Seigneur, aux merveilles de ton amour.
Je suis l’aveugle sur le chemin, guéris-moi, je veux te voir.

Fais que j’entende, Seigneur, tous mes frères qui crient vers moi.
A leur souffrance et à leurs appels, que mon cœur ne soit pas sourd. »





Jeudi de la 5ème semaine du Temps ordinaire – 12 février 2026

« Aie pitié de moi »
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 24-30
 
    En ce temps-là,
    Jésus partit et se rendit dans le territoire de Tyr.
Il était entré dans une maison,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
mais il ne put rester inaperçu :
    une femme entendit aussitôt parler de lui ;
elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ;
elle vint se jeter à ses pieds.
    Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance,
et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille.
    Il lui disait :
« Laisse d’abord les enfants se rassasier,
car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
    Mais elle lui répliqua :
« Seigneur, les petits chiens, sous la table,
mangent bien les miettes des petits enfants ! »
Alors il lui dit :
    « À cause de cette parole, va :
le démon est sorti de ta fille. »
    Elle rentra à la maison,
et elle trouva l’enfant étendue sur le lit :
le démon était sorti d’elle.
 
 
Méditation
Le cri de foi de cette maman est tout à fait étonnant. N’oublions pas qu’elle est totalement étrangère à la religion d’Israël. De plus, elle ignore tout de la véritable identité de Jésus. Et pourtant, elle l’appelle « Fils de David » et « Seigneur ». Ceux qui connaissent la Bible savent que ce sont là des titres divins. Après un premier refus de Jésus, elle insiste. Et quand elle entend qu’on ne peut pas « donner le pain des enfants aux petits chiens », elle a une réponse admirable : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître. »
 
En entendant cette parabole, nous pouvons penser à la parabole du « mauvais riche » qui faisait des festins somptueux. Au dehors, le pauvre Lazare se serait bien contenté des miettes tombées de la table du riche. Mais ce sont justement les chiens qui venaient lécher ses ulcères. De son côté, Jésus ne peut pas se mettre dans la situation du riche qui repousse un exclu. Il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Se tournant vers la Cananéenne, il lui dit : « Femme, ta foi est grande ; que tout se fasse pour toi comme tu le veux. »
 
Cet évangile nous adresse un appel de la plus haute importance : il nous  interpelle sur la manière dont nous prions. Bien souvent, nous avons l’impression que Dieu ne nous entend pas. Nous nous heurtons à son silence. Nous avons beau insister, prier encore et encore ; mais nous ne recevons aucune réponse. Aujourd’hui, c’est la Cananéenne, une étrangère à la foi, qui nous montre le vrai chemin : Elle nous apprend la pauvreté du cœur : « Heureux les pauvres de cœur, ils seront rassasiés ». Cette attitude nous rendra entièrement ouverts au don de Dieu ; Il nous promet de ne pas nous donner les miettes mais de nous faire asseoir à la table des enfants.
 
Aujourd’hui  encore, des étrangers viennent frapper à la porte de l’Église. Beaucoup sont « mal croyants », marginaux de la foi. Certains ont adopté des superstitions qui les laissent insatisfaits. Et puis, nous pensons aussi à tous ces baptisés qui, pendant des années, se sont éloignés de la foi. Mais le Seigneur s’arrange toujours pour les mettre sur notre route. Alors, nous pouvons nous poser la question : qu’avons-nous à leur offrir ? Des miettes ou du pain ?
 
Nous te louons, Seigneur, pour cet amour universel que tu portes envers tous. Dans l’Eucharistie, tu nous donnes « le Pain des enfants ». Donne-nous d’accueillir en ton nom tous ceux et celles qui ont faim de ta présence. AMEN
 

Mercredi de la 5ème Semaine du Temps Ordinaire – 11 février 2026

Ce qui rend l’homme impur…
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 14-23
En ce temps-là,
    appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait :
« Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
    Rien de ce qui est extérieur à l’homme
et qui entre en lui
ne peut le rendre impur.
Mais ce qui sort de l’homme,
voilà ce qui rend l’homme impur. »
 
    Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison,
ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole.
    Alors il leur dit :
« Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ?
Ne comprenez-vous pas
que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors,
ne peut pas le rendre impur,
    parce que cela n’entre pas dans son cœur,
mais dans son ventre, pour être éliminé ? »
C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
 
    Il leur dit encore :
« Ce qui sort de l’homme,
c’est cela qui le rend impur.
    Car c’est du dedans, du cœur de l’homme,
que sortent les pensées perverses :
inconduites, vols, meurtres,
    adultères, cupidités, méchancetés,
fraude, débauche, envie,
diffamation, orgueil et démesure.
    Tout ce mal vient du dedans,
et rend l’homme impur. » (AELF)
 
 
Méditation
Jésus enseigne qu’aucun aliment ne peut rendre l’homme impur. Quand Marc écrit son Évangile quarante ans plus tard, la question n’est pas encore résolue. Certains pensent qu’il faut imposer aux chrétiens nouveaux convertis les strictes coutumes des juifs.
 
Mais la vraie religion n’est pas liée à ces coutumes. L’Église doit être ouverte à tous, même s’ils sont différents. Le messager de l’Évangile est amené à découvrir la valeur de ceux qui n’ont pas nos coutumes. Nous n’avons pas à leur imposer notre mode de vie. La vraie conversion est ailleurs.
 
Le vrai problème se situe au niveau du cœur : « Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés… Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. » Les racines qui conduisent au péché sont bien présentes au cœur ce chacun d’entre nous. Nous connaissons tous nos limites, nos imperfections. Mais le Seigneur ne nous abandonne pas. Lui seul peut purifier notre cœur.
 

Mardi de la 5ème Semaine du Temps Ordinaire – 10 février 2026

« Des mains impures… »
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 1-13
En ce temps-là,
    les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
    et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
    – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
    et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
    Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
    Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
    C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
    Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
    Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour établir votre tradition.
    En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
    Mais vous, vous dites :
Supposons qu’un homme déclare
à son père ou à sa mère :
“Les ressources qui m’auraient permis de t’aider
sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,
    alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit
pour son père ou sa mère ;
    vous annulez ainsi la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »
(AELF)
 
Méditation
Jésus reproche aux pharisiens de laisser de côté les commandements de Dieu pour s’attacher aux traditions des hommes. Aujourd’hui, il voudrait nous dire que le plus important n’est pas de se laver les mains mais de se laver le cœur. Jésus nous invite à faire la vérité dans tous nos actes religieux, nos pratiques religieuses, notre prière et tout ce qui est important pour nous.
 
Cet évangile nous invite à faire notre examen de conscience : il y a des paroles qui sonnent creux. Elles ne correspondent pas à des sentiments vrais. Nous n’aimons pas qu’on nous parle comme si on nous récitait une leçon. Pour Dieu c’est pareil. Il n’accepte pas de notre part des prières vides, vides de notre cœur. Nous ne pouvons atteindre Dieu qu’avec le cœur. Dans notre vie de relation de Dieu avec nous et de nous avec Dieu, tout se joue au niveau du cœur.
 
Vivre en chrétien, c’est vivre intensément cette alliance d’amour entre Dieu et nous. Il n’y a que cela qui compte. On comprend alors que Jésus soit déconcerté par les critiques des pharisiens qui lui reprochent de ne pas respecter les traditions religieuses. Si l’évangile nous rapporte cet événement, c’est pour attirer notre attention sur nous. Comme eux, nous avons facilement tendance à juger la religion des autres. L’intolérance n’a rien à voir avec l’Évangile.
 
En critiquant et en dénonçant, nous ne faisons qu’ajouter un peu plus d’amertume à ce monde. Notre bataille contre le mal doit commencer par le cœur. C’est dans le cœur que nous devons planter les bonnes herbes de la solidarité, de l’amitié, de la patience, de l’humilité, de la piété, de la miséricorde et du pardon. Le chemin vers cette plantation, c’est l’Évangile qui nous le trace. Il nous apprend à mettre tous les jours un peu plus d’amour dans notre vie. 
 
Que ta parole éclaire mes pas…