Samedi de la 1ère semaine du Carême – 28 février 2026

« Illumine-les tous »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 43-48
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »
© AELF
 
 
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Méditation
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » Comment-est-ce possible ?  Face aux nombreux drames qui frappent l’humanité, il est difficile de faire ce choix. Comment pardonner à ceux qui m’ont fait de tant de mal ?  Comment aimer ceux qui sont responsables de la mort de si nombreuses personnes dans le monde ?
 
Oui, c’est vrai, nous ne savons pas. Mais Jésus nous invite à nous tourner vers Dieu qui est notre Père à tous. Il fait naître son soleil sur les méchants et les bons. Il fait pleuvoir sur les justes et les injustes. Il ne dit pas : « Illumine ceux-ci et pas ceux-là… » Il dit : « Illumine-les tous. » Son amour est pour tous, les bons et les méchants.
 
Jésus termine par cette recommandation : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Il s’agit d’imiter le Père dans la perfection de l’amour, un amour qui va jusqu’au pardon. On dit parfois que la vengeance est un plat qui se mange froid. Mais ce n’est pas chrétien. Ce que Jésus nous demande c’est d’aimer nos ennemis. Et surtout, priez inlassablement pour eux. La prière fait des miracles.
 
Vaste programme pour notre carême.
 
 

Vendredi de la 1ère semaine du Carême – 27 février 2026

Non au « Carême minimum »
 
Évangile selon saint Matthieu 5, 20-26
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le dis :
Si votre justice ne surpasse pas
celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. » © AELF
 
 
Méditation
Les habitués des radios et télévisions publiques savent qu’en cas de grève, on leur propose un programme minimum. C’est souvent très décevant. Les excuses qui nous sont présentées n’y changent rien.
 
Avec Jésus, le programme minimum ça ne marche pas. On ne peut pas se contenter de quelques gestes religieux pour être en règle. Ce qu’il attend de nous c’est la surabondance de l’amour. « Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. » (Georges Guynemer)  Cet amour doit faire de nous des artisans de paix, de fraternité, de réconciliation. Le Christ nous invite à aimer jusqu’au pardon.
 
En lisant cet Évangile, nous voyons bien  que nous sommes loin du compte. Mais le temps du Carême nous est donné pour accueillir la bonne nouvelle de l’Évangile. Le Christ nous appelle tous à venir à lui. C’est auprès de lui que nous allons puiser pour aimer comme lui et avec lui.
 
 

Jeudi de la 1ère semaine du Carême – 26 février 2026

Prier avec confiance
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7, 7-12
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Demandez, on vous donnera ;
cherchez, vous trouverez ;
frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ;
qui cherche trouve ;
à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore :
lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils
quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent,
quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien plus votre Père qui est aux cieux
donnera-t-il de bonnes choses
à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
faites-le pour eux, vous aussi :
voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. » © AELF
 
 
Méditation
L’Évangile de ce jeudi nous invite à réorienter notre vie vers Dieu notre Père. Cet appel rejoint celui de tout le carême. Jésus nous fait des promesses bien précises : « Demandez et l’on vous donnera. Cherchez, vous trouverez. Frappez et l’on vous ouvrira. »
 
Nous savons que Jésus consacrait beaucoup de temps à ce cœur à cœur avec le Père. Et il nous invite à le suivre sur ce chemin. Et pourtant, ils sont nombreux ceux et celles qui disent : « J’ai prié et je n’ai pas été exaucé… » Ils pensent alors que cela ne sert à rien, que c’est de temps perdu.
 
Et pourtant… Avez-vous observé un petit enfant au supermarché ? Tout lui fait envie ; il fait des caprices pour obtenir de sa maman ce qu’il désire. Il crie, il pleure mais il n’obtient pas. Et pourtant, elle l’aime son enfant. Mais si elle fait de la résistance, c’est qu’elle sait mieux que son enfant ce qui est bon pour lui. Et surtout, elle a mieux à lui donner.
 
Aucune prière n’est perdue devant Dieu notre Père. Mais si Jésus nous demande d’insister, c’est pour que notre prière se purifie. Il veut que nous apprenions à demander ce qui est bon pour nous. Trop souvent, nous demandons la pacotille alors qu’il à un trésor à nous donner. Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel.(cf. Ps 137, 3a)
 

Mercredi de la 1ère semaine du Carême -25 février 2026

Le signe de Jonas
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11, 29-32
En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. » (AELF)
 
 
 Méditation
« Cette génération est une génération mauvaise : elle réclame un signe… » Jésus s’adresse à des gens qui font preuve de mauvaise foi. Il s’adresse aussi à notre génération : elle ne réclame plus de signe ; elle en est bien incapable car elle s’est installée dans l’indifférence et l’athéisme.
 
« Il ne lui sera donné que le signe de Jonas… » Ce dernier est allé à contre cœur à Ninive pour annoncer la destruction de cette ville. Les gens se sont convertis parce qu’ils ont eu peur de cette menace. Nous aussi, nous sommes appelés à nous convertir. Ce n’est plus la peur qui nous y pousse mais l’amour. Dieu nous appelle à lui car il veut nous combler de son amour. C’est là le message essentiel du carême : « Convertissez-vous ».
 
La bonne nouvelle du jour : « Il y a ici bien plus que Salomon… bien plus que Jonas… » Il y a Jésus, le Fils de Dieu. Il est la vraie Sagesse de Dieu, une sagesse infiniment plus grande que celle de Salomon. Il a été envoyé par le Père, non plus pour annoncer la destruction mais le salut. « Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu » (Saint Jean-Paul II)
 
Ce temps du Carême nous est donné pour accueillir cette bonne nouvelle. C’est le Seigneur lui-même qui nous appelle : « Revenez à moi de tout votre cœur car je suis un Dieu de tendresse. » C’est avec confiance que nous nous mettons en marche vers la victoire de Pâques.
 

Mardi de la 1ère semaine du Carême – 24 février 2026

Notre Père…
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6, 7-15
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Lorsque vous priez,
ne rabâchez pas comme les païens :
ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait de quoi vous avez besoin,
avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes,
comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes
à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes,
votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
© AELF
 
 
Méditation
Nous savons tous que la prière fait partie des piliers essentiels du Carême. Elle nous aide à revenir vers le Seigneur et à lui redonner toute sa place dans notre vie. Jésus désire qu’elle ne soit pas un rabâchage mais qu’elle soit vraie.
 
Les païens pensent qu’en multipliant les paroles, ils seront exaucés. Ils multiplient les rites magiques. Ils cherchent à forcer la décision de Dieu : « J’ai fait tout ce qu’il fallait, tu dois m’exaucer »
 
Contrairement aux prières juives de l’époque, sa prière commence par « Père ». C’est le titre que Jésus donnait à Dieu. Il nous invite donc à entrer dans sa propre prière filiale. En utilisant le « nous », la prière devient communautaire, ecclésiale. Elle nous relie à un peuple que nous portons dans la prière et qui nous porte dans la sienne. Ainsi nous ne prions jamais seuls.
 
Jésus nous présente Dieu comme un Père qui aime chacun de ses enfants. Il sait de quoi nous avons besoin avant que nous le lui demandions. Le titre « Abba » est l’équivalent de « Petit Papa chéri ». Nous sommes loin de « l’Être suprême dont il faudrait gagner les grâces.
 
En nous enseignant cette prière, Jésus nous a donné ses mots à lui pour qu’ils deviennent les nôtres. Dieu ne se lasse jamais de l’entendre ; nous ne devrions jamais nous lasser de la lui adresser.
 

Inspire-moi, Seigneur Jésus, de réciter chaque jour cette prière que tu nous as donnée.

 

Lundi de la 1ère semaine du Carême – 23 février 2026

« C’est à moi que vous l’avez fait… »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 31-46
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
 
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
“Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront :
“Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.”
 
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
“Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi :
“Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
 
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »
© AELF
 
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Méditation
Ce qui fait la valeur d’une vie c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux qui nous entourent. Aimer c’est partager, visiter, accueillir, vêtir. C’est du concret. Dès le début du Carême, nous sommes renvoyés à l’essentiel. Nous ne serons pas jugés sur nos bonnes intentions, nos bons sentiments mais sur ce que nous aurons fait pour les petits, les pauvres, les exclus.
 
Le Carême est là pour nous inviter à revenir vers le Seigneur et à lui donner la première place dans notre vie. Mais l’Évangile nous rappelle que ce Jésus que nous accueillons à l’église nous renvoie aussi aux plus démunis. Il se reconnaît en chacun d’eux. Si nous voulons le rencontrer et l’accueillir, c’est aussi vers eux que nous devons aller. À travers eux, c’est lui qui nous attend.
 
C’est donc à l’amour que nous serons jugés. Ce sont les paroles mêmes du Christ : « Venez les bénis de mon Père car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Il faut se rappeler que ces paroles sont pour toutes les nations. Beaucoup sont surpris car ils ne se souviendront pas d’avoir eu ces gestes de bonté à son égard. Ils découvriront que derrière le visage du pauvre, se trouvait celui de Jésus.
 
Cet Évangile nous invite donc à promouvoir le service du frère. C’est sur notre amour, notre proximité avec les plus démunis que nous serons jugés. Heureux sommes-nous de prendre soin des autres sans calcul. Tout homme qui vit dans l’amour appartient déjà à Jésus. Il est urgent que chacun de nous prenne ses responsabilités dans la construction du Royaume.
 
Et bien sûr, c’est en regardant vers la croix du Christ que nous commençons à comprendre : Jésus y a souffert l’emprisonnement, les blessures, la soif, le rejet. Il est allé jusqu’au bout du don. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». En ce jour, nous sommes tous invités à mettre nos pas dans ceux du Christ pour vivre éternellement.
 
 

1er dimanche du carême – 22 février 2026

Trois tentations

Monition d’ouverture 
Nous prenons aujourd’hui la route du désert en ouverture au temps du carême. Belle occasion pour faire la vérité sur notre vie et décider de rejoindre le Christ qui nous a précédés dans le choix de la liberté et de l’amour. Être du monde sans être mondain. Vivre heureux, mais pas sans les autres. Nous savoir fils d’Adam c’est-à-dire créature de Dieu, mais aussi être fragile, tenté souvent de vouloir posséder, dominer et asservir. La liturgie de ce premier dimanche du carême nous invite à rejoindre le Christ qui domine le tentateur et se veut totalement en correspondance avec le Père.

Prière pénitentielle : 
Pardonnes-moi Seigneur
Pardonne-moi, Seigneur, j’ai renié ton Nom,
Pardonne-moi, Seigneur, j’ai quitté ta maison.
J’ai voulu posséder sans attendre le don,
Pardonne-moi et purifie mon cœur !

Kyrie eleison,
Kyrie eleison. (Kyrie!) (bis)

Pardonne-moi, Seigneur, j’ai suivi d’autres dieux,
Pardonne-moi, Seigneur, j’ai détourné les yeux.
J’ai choisi loin de toi la richesse et l’honneur,
Pardonne-moi et purifie mon cœur !

Christe eleison,
Christe eleison. (Christe!) (bis)

Pardonne-moi, Seigneur j’ai n’ai pas su aimer,
Pardonne-moi, Seigneur je me suis dérobé.
Je ne suis pas resté le gardien de mon frère,
Pardonne-moi et purifie mon cœur !

Kyrie eleison,
Kyrie eleison. (Kyrie!) (bis)

Liturgie de la Parole

Introduction à la première lecture
Rappelons-nous que nous sommes fils d’Adam,créatures fragiles et pas toujours fidèles au projet de Dieu.

Psaume 50 :  Pitié, Seigneur, car nous avons péché !

Deuxième lecture : Depuis Adam, l’homme se trompe souvent de bonheur. Depuis le Christ, nouvel Adam, un avenir nouveau est offert.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,1-11.

Homélie
Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne savent plus très bien ce que c’est. Beaucoup pensent d’abord aux privations : on jeûne… on ne mange pas de viande… Les enfants ajoutent qu’on ne mange pas de bonbons…

Oui, bien sûr, tout cela peut faire partie du Carême. Mais ces privations ne sont que des moyens. Le véritable but de ces quarante jours c’est de nous débarrasser. Notre seule priorité c’est Jésus mort et ressuscité. Quand on a compris cela, tout le reste est accessoire. Nous sommes invités à nous éloigner des bruits du monde et à nous libérer des bagages qui encombrent. Le Carême n’est pas une période de manque mais un temps de retrouvaille avec le Seigneur qui n’a jamais cessé de nous aimer.

Les textes bibliques de ce dimanche nous apportent un éclairage lumineux. Le récit de la Genèse (1ère lecture) nous dit que l’homme a été créé pour le bonheur, la paix et la joie. Dieu veut notre bien et celui de notre monde. Mais le tentateur cherche à nous détourner de Dieu. Il veut nous faire croire que Dieu a de mauvaises intentions sur nous. Ce n’est là que mensonge. Au désert, le peuple d’Israël a fait l’expérience de serpents venimeux. Le soupçon porté sur Dieu est un poison mortel qui empoisonne nos vies.

Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur nous voit nous enfoncer dans le péché et nous détourner de lui. En ce début du Carême, il nous adresse un appel solennel : « Revenez à moi de tout votre cœur… » C’est une supplication pressante de notre Dieu. Il ne veut que notre bonheur. Toute la bible nous dit qu’il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Dieu n’est pas là pour nous punir mais pour nous sauver et nous combler de ses bienfaits. C’est avec lui que nous trouvons la joie d’être pardonnés. Et du coup, nous retrouvons l’intimité avec notre Dieu. Et nous pourrons rendre grâce pour cette merveille qu’il réalise dans notre vie.

Voilà ce chemin qui nous est proposé. Mais sur ce chemin, nous rencontrons la tentation. L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus y a été affronté. Derrière ces tentations, il y a quelqu’un : La bible le nomme « le diable ». Il est celui qui cherche à faire tomber l’homme. Il est présent dans toutes les luttes de notre vie et n’en démord pas. Jésus a été tenaillé par la faim. Mais il a refusé de céder à la tentation de posséder et de consommer. Il est le Fils bien-aimé du Père et il veut lui rester fidèle jusqu’au bout. Il répond par un rappel de la Parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… »

Jésus sait très bien qu’avec Satan, on ne peut pas dialoguer. Il choisit de se réfugier dans la Parole de Dieu. Nous l’avons entendu : Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme. Manger c’est vital. Être en accord avec Dieu est encore plus vital : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ». Ne le provoque pas. À Dieu seul, tu rendras un culte… Ne te prosterne pas devant les idoles, devant les personnes et encore moins devant le diable. Ces tentations sont aussi appétissantes que le fruit défendu de la Genèse. À nous de choisir si nous voulons vivre en enfants de Dieu et être en relation de fraternité entre nous. Si nous choisissons de marcher à la suite du Christ, nous vivrons ; sinon c’est la jungle.

Jésus a résisté au tentateur et celui-ci a fini par le quitter. Le Seigneur nous montre comment faire face à toutes ses attaques. Il nous invite à nous réfugier, comme lui, dans la Parole de Dieu ; les Écritures nous ouvrent le cœur de Dieu. Leur méditation, leur mise en pratique auprès de nos frères nous rapprochent de Dieu. C’est avec lui que nous trouverons force et courage dans notre lutte contre le mal. Avec le Christ, nous apprendrons à rejeter toutes les publicités mensongères qui courent à travers le monde et nous détournent de l’Évangile. La Lumière de la Parole de Dieu nous est offerte pour éclairer notre vie.

Si nous approfondissons un peu plus les Évangiles, nous découvrons une bonne nouvelle : Tout ce que le diable lui promet, Jésus l’obtiendra de son Père : ce sera l’événement de la multiplication des pains, puis la résurrection d’entre les morts au matin de Pâques. Mais tandis que le diable lui offre de posséder tout cela immédiatement, Jésus ne veut le recevoir que de son Père, en acceptant la voie douloureuse qui l’établira en Messie glorieux.

À chaque Eucharistie, le Seigneur ne demande qu’à nous nourrir du « Pain vivant descendu du ciel ». Il nourrit la foi ; il fait grandir l’espérance et nous donne la force d’aimer. Puissions-nous, tout au long de ce Carême à avoir toujours faim du Christ, seul Pain vivant, et de toute parole qui sort de sa bouche.

Sources : Revue Feu Nouveau, Pensées sur l’Évangile de Matthieu (Christoph Schonborn), François selon saint Matthieu,dossiers personnels…

Prière universelle
Introduction
Rejoignons le Christ dans le silence du désert. Admirons sa liberté devant le tentateur et prions pour que son exemple nous touche et guide les responsables de l’Église et du monde.

Intentions
Jésus fut conduit dans le désert. Il fait le choix d’un temps de silence et de recours à l’essentiel. Seigneur, aide-nous à prendre régulièrement dans notre vie un temps de retrait pour libérer notre vie de ce qui l’encombre.

L’homme ne vit pas seulement de pain. Seigneur, que les soucis légitimes pour assurer le quotidien ne soient pas le tout de notre vie. Que l’accueil de ta Parole et le souci des frères y trouvent aussi une bonne place, et même par fois une priorité.

Tu ne mettras pas Dieu à l’épreuve. Seigneur tu n’as jamais abusé de ta situation d’envoyé du Père. Que notre foi chrétienne s’exerce dans l’humilité, le don de soi et la sérénité.

C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras. Seigneur, tu nous as appris à vivre libres et détachés de l’emprise de l’argent et de tous les pouvoirs. Nous te prions pour tous ceux qui exercent un pouvoir dans l’Église ou dans le monde. Qu’ils se souviennent que leurs responsabilités consistent d’abord à travailler au bonheur de tous avec une priorité pour les démunis, les sans terre, sans argent et sans relations.

Conclusion
Dieu d’amour et de vérité, nous te savons toujours attentif à nos demandes, aide-nous à entrer généreusement dans ce temps de carême, à renoncer aux illusions qui trompent et à nous attacher à ce qui donne sens à notre vie aujourd’hui et demain ; nous te le demandons par le Christ, notre Seigneur

 

Samedi après les Cendres – 21 février 2026

BONNE NOUVELLE POUR LES « MAL PORTANTS »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5, 27-32
En ce temps-là,
Jésus sortit et remarqua un publicain
(c’est-à-dire un collecteur d’impôts)
du nom de Lévi
assis au bureau des impôts.
Il lui dit :
« Suis-moi. »
Abandonnant tout,
l’homme se leva ; et il le suivait.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ;
il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens
attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient
en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes
mais des pécheurs,
pour qu’ils se convertissent. »
 
 
Méditation
Cet  évangile  nous  présente  un  homme  qui  a  changé  de  vie  et  qui  a  célébré  dans  la  fête  ce changement. Lévi était un publicain c’est-à-dire un homme qui collectait les impôts pour l’occupant Romain.  C’était  à  peu  près  l’équivalent du  terme  actuel  « exploiteur  public ».  Lévi  devait  être  très riche : il remplissait ses poches sur le dos du peuple avant de remplir les caisses de l’État.
 
Or c’est cet homme détesté de tous que Jésus a appelé à le suivre. Il ose choisir comme apôtre un de ces pécheurs mal vus. Il l’appelle à changer de vie. Et il le croit capable de changer. Il lui fait confiance.  Est-ce  que  je  donne  toutes  ses  chances  à  tout  homme  ?  Est-ce  que  je  crois  en  ma propre possibilité de conversion ?
 
« Alors, Lévi, quittant tout, se leva et se mit à le suivre. »  Tout quitter pour suivre Jésus. C’est vrai aussi pour nous. Si nous voulons suivre le Christ, il nous faut renoncer à certaines choses. Il nous faut prendre conscience de ce qui nous empêche de le suivre vraiment. Le Carême est un temps de purification, d’allègement. Larguer tout ce qui m’encombre, me concentrer sur l’essentiel.
 
« Il  lui  offrit  un  banquet  dans  sa  maison,  et  il  y  avait  une  grande  foule  de  publicains  et  de  gens divers attablés avec les disciples. » Voici un exemple de renoncement joyeux. Lévi quitte tout pour suivre Jésus mais cela ne le rend pas spécialement morose. Il offre un banquet pour célébrer ce grand renoncement à tout. Il fête sa conversion et sa vocation. Pour lui c’est un nouveau départ.
 
Les pharisiens et leurs scribes récriminaient… Ils passent leur temps à cela, à récriminer, à gémir et à déplorer. L’essentiel de leur religion était de se préserver, de se séparer, de juger de loin et de haut… « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin mais les mal portants. Je ne suis pas venu appeler les justes à la conversion mais les pécheurs… » 
 
Voilà une bonne nouvelle pour les pécheurs que nous sommes. Le Seigneur nous offre à tous une chance de conversion et de retour à  lui.  Trop  souvent,  nous  résistons  à  ses  appels.  Nous  ressentons  douloureusement  nos  limites. Arriverons-nous  à  faire  un  Carême  meilleur.  Je  compte  sur  toi,  Seigneur.  Ma  volonté  a  besoin d’être guérie.

Vendredi après les Cendres – 20 février 2026

Au sujet du jeûne
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 14-15
En ce temps-là,
les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus
en disant :
« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons,
tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur répondit :
« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil
pendant le temps où l’Époux est avec eux ?
Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors ils jeûneront. »


Méditation
On vient demander à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas. C’est vrai qu’ils se manifestaient comme une joyeuse communauté de table. On le  leur  a  souvent  reproché. C’était  tout  le  contraire  de  ceux  de  Jean Baptiste (qui  se  nourrissaient  de  sauterelles  et  de  miel  sauvage) et  des pharisiens.
 
Mais le jeûne que pratiquaient ces derniers était une manière de montrer qu’on  attendait  le  Messie. Or,  avec  Jésus,  le  Messie  est  là.  Il  dit  aux hommes  toute  la  sollicitude  du  Père  pour  eux.  Il  se  présente  comme l’époux qui fait alliance avec l’humanité. Avec lui, c’est la joie des noces. Personne n’a idée de jeûner lors d’un repas de noces. Il ne convient pas d’être  tristes quand  on  entend  une  telle  bonne  nouvelle. 
 
Ce  qui  est premier, c’est l’amour. Nous  chrétiens,  nous  jeûnons  parce  que  nous  attendons  le  retour  du Christ.  Mais  ne  faisons  pas  de  notre  carême  un  temps  de  deuil  et  de rigidité. Il ne s’agit pas de rechercher des performances d’austérité. Pour Jésus  c’est  d’abord  le  temps  de  l’amour,  un  temps    nous  donnons  la première  place  à  Dieu.  Avec  lui,  c’est  la  joie  car  il  est  avec  nous.  Nous sommes  invités  à  nous  libérer  de  tout  ce  qui  nous  encombre  pour  vivre dans une intimité de plus en plus grande avec lui.

Jeudi après les cendres – 19 février 2026

Montée vers Pâques


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 22-25
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Il leur disait à tous :
« Celui qui veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix chaque jour
et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie à cause de moi
la sauvera.
Quel avantage un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
s’il se perd ou se ruine lui-même ? »


Méditation
Dès le 2ème jour du Carême, nous sommes mis devant l’essentiel de cette période : c’est une montée vers Pâques, une marche vers la vie en plénitude, une ascension vers les sommets de la joie. Le but est la vie, le bonheur. Nous sommes en marche vers Pâques.

Mais le chemin, c’est la croix, c’est la souffrance et le renoncement. C’est sur ce chemin que nous sommes invités à suivre Jésus. Avec lui, nous comprenons qu’aimer c’est s’oublier, ne plus penser à soi, être tout à l’autre. C’est une vie de courage, d’énergie, de vigueur, d’ascèse.

Il ne s’agit pas de renoncer pour le plaisir de renoncer. Il s’agit de « se sauver ». L’homme ne s’épanouit qu’en se donnant, en se renonçant. Mais le but, c’est l’épanouissement.

« Aimer c’est tout donner, aimer c’est tout donner,
Aimer c’est tout donner et se donner soi-même »