Mardi de la 20ème semaine du temps ordinaire 18 août 2026

Attention : Danger 

 
Évangile de Matthieu 19. 23-30
En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
« Amen, je vous le dis :
un riche entrera difficilement dans le royaume des Cieux.
    Je vous le répète :
il est plus facile à un chameau
de passer par un trou d’aiguille
qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. »
    Entendant ces paroles,
les disciples furent profondément déconcertés,
et ils disaient :
« Qui donc peut être sauvé ? »
    Jésus posa sur eux son regard et dit :
« Pour les hommes, c’est impossible,
mais pour Dieu tout est possible. »
    Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus :
« Voici que nous avons tout quitté pour te suivre :
quelle sera donc notre part ? »
    Jésus leur déclara :
« Amen, je vous le dis :
lors du renouvellement du monde,
lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire,
vous qui m’avez suivi,
vous siégerez vous aussi sur douze trônes
pour juger les douze tribus d’Israël.
    Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom,
des maisons, des frères, des sœurs,
un père, une mère, des enfants,
ou une terre,
recevra le centuple,
et il aura en héritage la vie éternelle.
    Beaucoup de premiers seront derniers,
beaucoup de derniers seront premiers. » 
© AELF
 
 
Méditation
Jésus vient de proposer au jeune homme de vendre tout ce qu’il a, de le distribuer aux pauvres et de le suivre. Mais celui-ci a préféré son fric. Voilà un danger qui menace la vie des disciples ; l’attachement excessif à l’argent durcit le cœur. Il rend difficile l’entrée dans le Royaume de Dieu. « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. »
 
Cette parole est dure mais il nous faut la prendre au sérieux. C’est à chacun de nous que le Christ s’adresse. Comprenons bien, ce n’est pas l’argent qui est mauvais mais l’égoïsme, l’avarice et la violence qu’il peut provoquer.
 
Mais Jésus veut nous amener plus loin. Il veut nous révéler la toute-puissance de Dieu, la surabondance de ses dons et de sa miséricorde. Il est le Dieu de l’impossible. L’avenir qu’il promet à ceux qui l’ont suivi est un avenir heureux. C’est la vie en abondance, la plénitude divine.
 
En méditant sur cet Évangile, comment ne pas penser à cet autre jeune homme qui a quitté toutes les richesses  de ce monde pour répondre à l’appel du Christ : François d’Assise.  « Il transforme alors sa vie, il se fait pauvre, se soucie d’annoncer les messages de joie, d’espoir et d’amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la Création. Il s’habille d’un vêtement gris et se ceint la taille d’un cordon. Il porte ainsi le vêtement du pauvre de son époque. » (franciscain.org)

Lundi de la 20ème semaine du temps ordinaire (2026)

« Un trésor dans les cieux »

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,16-22.

En ce temps-là, voici que quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. »
Il lui dit : « Lesquels ? » Jésus reprit : « ‘Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage.
Honore ton père et ta mère.’ Et aussi : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ »
Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l’ai observé : que me manque-t-il encore ? »
Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »
À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
(AELF)
 
 
 
Méditation
Cet Évangile nous montre un homme qui vient trouver Jésus. Il lui pose la question qui lui tient à cœur : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui rappelle les commandements, celui de l’amour de Dieu et ceux de l’amour du prochain. L’homme répond qu’il a observé tout cela depuis sa jeunesse.
 
Alors, Jésus l’invite à faire un pas de plus : en appelant cet homme qui vient à lui, il met le doigt sur ce qui ne va pas dans sa vie : avoir une vie correcte, ça ne suffit pas. C’est toute la différence entre une vie irréprochable et une vie amoureuse. Jésus nous invite à passer d’une vie délimitée par des commandements à une vie habitée par un amour. Cet amour ne peut se contenter du strict devoir. Il va beaucoup plus loin. Aimer c’est tout donner, c’est se donner à celui qui veut être notre unique berger. Avec lui nous ne manquons de rien. Sainte Thérèse disait : « Depuis que je suis devenue libre vis-à-vis des biens humains, je suis totalement heureuse. »
 
Mais l’homme dont parle l’Évangile n’a pas fait ce pas. Il n’a pas voulu renoncer à ses richesses. Il a préféré les garder pour lui plutôt que d’accueillir celle que Jésus lui offrait. Son attachement à la pacotille l’a empêché d’accueillir le seul vrai trésor qui pouvait le combler. Cette conversion qu’il n’a pas acceptée, d’autres l’ont vécue. Nous pensons à Saint François d’Assise. Il a rendu ses vêtements de luxe. Il s’en est allé tout joyeux et entièrement libéré pour se mettre à la suite du Christ.
 
Cet Évangile est un appel à ne pas nous crisper sur nos biens mais à les mettre au service des blessés de la vie. C’est à ce prix que nous serons des témoins de l’Évangile du Christ. Au terme de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. Même si nous commettons des erreurs, nous ne devons jamais cesser d’aimer. C’est l’unique chemin pour avoir en héritage la vie éternelle.
 
Ta parole, seigneur, nous bouscule et nous réveille. Elle met dans la lumière nos zones d’ombre. Nous te prions : ouvre nos cœurs et nos oreilles. Que ta parole trace dans nos vies un chemin de lumière et de paix. Amen
 

20ème dimanche du Temps ordinaire -16 août 2026

Homélie
Textes bibliques : Lire
Les lectures bibliques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle : le salut de Dieu est offert à tous les hommes ; il ne se limite pas aux bons croyants de son peuple ; il est pour tous, y compris pour les étrangers.

C’est ce message que nous trouvons dans le livre d’Isaïe, bien avant la venue du Christ : « Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs… je les conduirai sur ma montagne sainte. » N’oublions pas que dans le monde de la Bible, la montagne c’est le lieu de la rencontre avec Dieu. S’il n’y a qu’un seul Dieu, le salut ne concerne pas seulement ses enfants mais aussi tous les autres peuples. C’est ce que nous rappelait le pape François quand il nous demandait d’ouvrir les portes et d’aller au-devant de ceux qui sont loin, jusque dans les « périphéries ». La Parole de Dieu doit être annoncée à tous.

Le psaume 66 vient prolonger cette lecture d’Isaïe : tous les étrangers sont invités à se joindre à la grande action de grâce du peuple d’Israël : « Que tous les peuples te rendent grâce. Qu’ils te rendent grâce tous ensemble. » C’est une louange qui se veut universelle.

Avec la lettre de saint Paul, nous sommes en plein dans l’accomplissement de ce projet de Dieu. L’apôtre saint Paul s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Leur accueil dans la communauté chrétienne ne s’est pas passé sans de nombreuses tensions. Mais ces étrangers sont de plus en plus nombreux à se convertir au Christ. Le fait que l’Évangile soit reçu par des païens montre à lui seul que Dieu appelle tous les hommes. Il veut faire miséricorde à tous car il veut que tous soient sauvés.
A la suite de Paul et de tous les grands témoins de la foi, nous sommes envoyés vers ceux qui ne fréquentent pas nos assemblées. L’Église d’aujourd’hui doit ouvrir ses yeux, ses oreilles et son cœur aux appels du monde entier. La bonne nouvelle de Jésus Christ est pour tous.

L’Évangile nous montre qu’avec Jésus cette bonne nouvelle est en train de se réaliser. Lui-même vient de se heurter à l’incroyance des siens. Il se retire dans la région de Tyr et Sidon, en terre païenne ; et c’est là qu’a lieu la rencontre avec la Cananéenne. Sa race, son pays, son passé, tout la rend étrangère et lointaine. Et pourtant, cette païenne va faire preuve de droiture, d’humilité, de disponibilité, d’humour et surtout d’une foi étonnante qui va faire l’admiration de Jésus. Nous l’avons entendu : « Au moins les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître. » C’est une leçon extraordinaire pour les juifs et pour les disciples.

Nous venons de fêter l’Assomption ; nous pouvons nous poser la question : qu’y a-t-il de commun entre Marie et cette païenne anonyme et méprisée ? Apparemment rien… sauf la foi. Marie et la cananéenne se rejoignent en Jésus Christ. La foi de la cananéenne est une ouverture du cœur, une grande confiance en celui qu’elle implore. Quand tout est désespéré, une mère espère encore. La foi d’une maman étrangère ouvre le cœur de Jésus aux païens.

Comme la Cananéenne, nous supplions le Christ : « Aie pitié de nous, aie pitié de notre monde qui est tourmenté par les injustices, les violences, la misère… Beaucoup sont victimes de fausses accusations qui ne visent qu’à les enfoncer. Le Christ continue à nous envoyer pour témoigner de son amour auprès de tous les blessés de la vie, les malades, les exclus, les prisonniers.
Il nous envoie pour porter la guérison autour de nous. Le remède qu’il nous donne c’est bien plus que des miettes : c’est le don de sa Parole et de son Corps, c’est le don de son Esprit saint.

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur ceux qui ne sont pas de notre bord. Un jour, Jésus a dit : « aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés (autant que je vous ai aimés). Cet amour du Christ est universel et sans limite. Tous les peuples du monde entier sont invités à acclamer le Seigneur pour cet amour sans frontière. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles, nos gestes d’accueil, de partage et de solidarité

Nous faisons nôtre la prière de ce chant : « Allez-vous en sur les places et sur les parvis… Allez-vous en sur les places y chercher tous mes amis ». Amen

PRIÈRE UNIVERSELLE
Introduction
Que notre prière s’ouvre maintenant aux dimensions du monde, aux dimensions du cœur de notre Dieu…

Intentions
Pour l’Église et pour tous ceux qui, comme Paul, ont consacré leur vie à l’annonce de l’Évangile, Seigneur, nous te prions !

Pour ceux qui, sans relâche, œuvrent au service de la justice et de la paix entre les hommes, Seigneur, nous te prions !

Pour ceux qui sont loin de Toi, loin de l’Évangile, loin de l’Église… Aussi, pour tous ceux qui te cherchent, Seigneur, nous te prions !

Pour les malades, et pour ceux qui les entourent et les soignent, Seigneur, nous te prions !

Pour nous-mêmes que tu as rassemblés aujourd’hui dans ta maison pour te célébrer et te prier, Seigneur, nous te prions !

Conclusion
Prions :Dieu notre Père, tu aimes tous les hommes d’un amour sans frontières. Que ton visage s’illumine pour nous et notre cœur se fera accueillant à tout homme, en Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Assomption de Marie (15 août 2026)

Le puissant fait pour nous des merveilles

Textes bibliques : Lire
Chaque année, les chrétiens du monde entier se rassemblent dans les églises et surtout les lieux de pèlerinages pour fêter dans la joie l’Assomption de Marie. Beaucoup en profitent pour se rendre à Lourdes, Fatima et divers autres sanctuaires qui lui sont dédiés. C’est pour tous une manière de reconnaître la place privilégiée que tient Marie dans la vie de l’Église. Sur la croix, Jésus nous l’a donnée pour Mère. Elle accomplit ce rôle en veillant sur chacun de ses enfants.

L’Assomption, c’est la fête de Marie qui entre corps et âme dans la gloire de Dieu. Aucun texte ne nous parle de ce dogme dans la Bible. Mais depuis très longtemps, les chrétiens ne pouvaient imaginer que le Christ ait pu laisser le corps de sa mère se décomposer en terre. C’est le 1er novembre 1950 que le pape a proclamé le dogme de l’Assomption. Il n’a fait que ratifier cette tradition très ancienne. Marie est entrée corps et âme dans la gloire du Père. En célébrant cette fête, nous nous associons tous à sa joie et à sa prière de louange.

La bonne nouvelle de ce jour, c’est que nous aussi, nous sommes tous appelés à prendre part à son bonheur et sa joie. Ce que Dieu a réalisé pour elle nous est également destiné. Avec Marie, notre vie est une marche à la suite du Christ vers cette grande fête que Dieu nous a préparée. Elle est toujours là pour nous inviter à écouter les paroles de Jésus et à faire “tout ce qu’il nous dira.” Dans l’évangile, nous trouvons des paroles de la plus haute importance : “Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi.” Les messages de Marie à Lourdes, Fatima ou ailleurs, nous renvoient précisément à l’Évangile.

Dans l’évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de la Visitation et la belle prière du Magnificat. Marie se rend chez sa cousine Élisabeth qui est enceinte du futur Jean Baptiste. Elle y va bien sûr pour lui rendre des services matériels mais aussi pour communier avec elle au merveilleux bonheur de la vie. Elle rend grâce à Dieu qui fait des merveilles en elle et dans le monde. Aujourd’hui, nous pouvons lui demander de nous donner son regard de foi pour découvrir les merveilles que le Seigneur continue à réaliser pour son Église et le monde entier. Qu’elle mette en nos cœurs ses sentiments d’Action de grâce et de louange pour son amour qui s’étend d’âge en âge sur ceux qui l’accueillent.

Depuis la Visitation, Marie n’a pas changé. Si nous l’appelons, elle accourt. Elle vient toujours. Et Jésus est avec elle. Elle ne cesse de remplir son rôle de Mère auprès de nous. C’est le Christ qui le lui avait confié quand il était sur la croix. S’adressant à Jean, il dit : “Voici ta mère”. Et à Marie : “Voici ton fils.” A partir cette heure-là, le disciple la prit chez lui. A travers lui, c’est toute l’humanité que Jésus confiait à sa mère. Alors, comme le disciple, n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner la place d’honneur. Nous pourrons toujours compter sur elle. Le chemin qu’elle nous montre c’est celui de son Fils et celui de l’Évangile. Les prières que nous lui adressons vont également au Christ.

En ce jour, nous pouvons lui confier toutes nos souffrances et celles de notre monde. Chaque jour, les médias nous parlent de guerres, de catastrophes, violences et insécurité. Beaucoup sont en grande difficulté car ils ne peuvent pas vivre de leur travail. Et bien sûr, nous pensons à tous ceux et celles qui souffrent à cause de la maladie. Quand un enfant a mal, il appelle sa maman. Nous, chrétiens, c’est vers Marie que nous nous tournons. Et nous avons ce bonheur de voir que la Mère de notre Seigneur vient jusqu’à nous. Elle ne va pas résoudre nos problèmes matériels mais elle va nous aider à traverser l’épreuve. Avec elle et avec Jésus, il n’y a pas de situation désespérée.

La Visitation c’est donc Marie qui continue à venir à nous avec Jésus. C’est aussi quand nous allons vers l’autre pour l’aider mais aussi pour lui porter ce Dieu Amour et le faire resplendir dans la mesure où il nous habite. Ce n’est pas nous qui aimons mais toujours lui en nous. En ce jour de fête, nous nous sommes rassemblés pour précisément puiser à la source de Celui qui est l’Amour. A la fin de la messe, nous serons envoyés pour le porter aux autres, en particulier ceux et celles qui connaissent des épreuves de toutes sortes. L’important c’est de veiller à ce que nos visites deviennent des visitations, aller vers l’autre avec Jésus en nous.

En ce jour, nous te rendons grâce, Seigneur, pour ce cadeau merveilleux que tu nous fais en nous donnant Marie. Que cette fête de l’Assomption vienne raviver notre désir de te suivre fidèlement tout au long de notre vie. Et que l’heure où nous quitterons cette terre soit notre assomption.

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Prière universelle

Introduction

En ce jour où nous fêtons la Mère du Sauveur, élevée dans la gloire du ciel, prions avec confiance Dieu notre Père, pour tous ses enfants.

Intentions
Pour les communautés chrétiennes qui fêtent en ce jour l’Assomption de Marie : qu’elles marchent joyeusement sur les chemins de l’Évangile, dans l’espérance du bonheur du ciel.

Pour les chrétiens persécutés : que leur témoignage porte des fruits de sainteté et soutienne leurs frères et sœurs dans la foi.

Pour les mamans qui portent le nom de Marie : qu’elles se confient à l’humble servante du Seigneur et rendent grâce à Dieu pour tous ses bienfaits.

Pour les pèlerins qui visitent en ce jour un sanctuaire marial ; qu’ils se tournent vers Marie, la « bonne mère », et trouvent paix et réconfort dans leurs épreuves.

Pour les responsables des peuples : qu’ils travaillent pour plus de justice et reçoivent la récompense de leurs efforts.

Pour les malades et les affligés : qu’ils sollicitent l’intercession de la Mère des douleurs, attentive à tous ses enfants.

Conclusion
Accorde à tes serviteurs, Dieu très bon, la santé de l’âme et du corps et par la glorieuse intercession de la Vierge Marie, d’être libérés des tristesses du temps présent et de goûter les joies de l’éternité. Par Jésus Christ, le Christ, notre Seigneur

Vendredi de la 19ème semaine du temps ordinaire (14 août 2026)

« La sclérose du cœur »
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (19, 3-12)
 
Des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve; ils lui demandèrent: «Est-il permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif?»
Il répondit: «N’avez-vous pas lu l’Écriture? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme, et il leur dit: “Voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.” À cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas!»
Les pharisiens lui répliquent: «Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la séparation?» Jésus leur répond: «C’est en raison de votre endurcissement que Moïse vous a concédé de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis: si quelqu’un renvoie sa femme, – sauf en cas d’union illégitime – pour en épouser une autre, il est adultère.»
Ses disciples lui disent: «Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, il n’y a pas intérêt à se marier.» Il leur répondit: «Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l’a révélée. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne!
©AELF
 
 
Méditation
L’Évangile nous parle du grand projet d’amour fidèle et heureux voulu par Dieu depuis toujours. La question posée à Jésus par les chefs religieux a de quoi nous surprendre : « Est-il permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? » Le simple fait de poser la question témoigne de la dureté de leur cœur. La Bible parle de la « sclérose du cœur ». Vivre un si grand amour pour en arriver là, ce n’est pas possible.
 
Mais le but de Jésus n’est pas de faire une simple leçon de morale. Il a quelque chose de bien plus important à nous dire. Il veut nous ramener à ce qui a été voulu par Dieu depuis les origines : « N’avez-vous pas lu les Écritures ? Au commencement, il les fit homme et femme. Voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. Donc ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. »
 
Créé à l’image de Dieu, le couple doit être l’icône de Dieu. Cet amour vécu à l’intérieur du couple nous parle de Dieu, un Dieu qui accueille, qui écoute, qui se donne et qui va jusqu’au pardon. C’est très beau car ça montre que le mariage existait avant le péché de l’homme. Il demeure une bénédiction que le péché n’a pas abolie. Très abîmé par le péché originel, il retrouve tout son sens en Jésus. En voyant des époux vraiment unis, qui vivent le partage, qui se donnent et qui s’aiment jusqu’au pardon, le monde découvrira quelque chose de l’amour qui est en Dieu. La rancune, la colère, la violence sont un contre-témoignage qui nous dit le contraire de Dieu.
 
C’est important pour nous : personne ne pourra croire à l’amour de Dieu si nous restons enfermés dans notre égoïsme et notre indifférence. À ce moment-là, nous donnons une mauvaise image de Dieu. Ce n’est que par nos gestes de justice et de solidarité que notre témoignage sera crédible. Ce qui peut éclairer le monde c’est notre charité, c’est le témoignage de notre amour mutuel.
 
C’est de cela que les époux ont à témoigner tout au long de votre vie. Nous vivons dans un monde où priment les valeurs de rendement, de compétition et d’utilitarisme. Il est bon de se rappeler que l’amour humain est un don merveilleux de Dieu. Il serait donc le dernier des derniers celui qui chercherait à séparer ce que Dieu a uni.

Jeudi de la 19ème semaine du temps ordinaire (13 août 2026)

Une dette démesurée
 
70 fois sept fois
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 21 – 19, 1
    En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.
 
    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
     Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
    Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
     Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Lorsque Jésus eut terminé ce discours,
il s’éloigna de la Galilée
et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. (AELF)
 
 
 
Méditation
« Lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? » Un de mes amis disait : « Une fois, ça passe, deux fois ça lasse, trois fois, ça casse ». Et il ajoutait qu’avec Dieu, ça ne casse jamais.
 
 Pour nous faire comprendre cela, Jésus nous parle d’un serviteur qui doit à son roi une somme démesurée. Dix mille talents, cela représentait soixante millions de pièces d’argent. Ce chiffre exorbitant veut souligner l’importance de la remise de la dette. Cette histoire dépasse le raisonnable. Elle nous dit que devant Dieu, nous sommes tous des serviteurs insolvables. Notre péché représente un lourd passif. Que pourrions-nous faire pour être quittes ? Mais Dieu n’est pas un banquier qui exige le remboursement de la dette et des intérêts. Quand nous le supplions, il nous libère au nom de l’amour qu’il nous porte.
 
La démesure de la dette annulée et la folle générosité du maître ne sont qu’une image notre situation par rapport à Dieu. En raison de notre péché, nous sommes devenus des débiteurs insolvables. Et pourtant, Dieu nous fait grâce. Il est le « pardonneur« . Ce mot n’existe pas dans le dictionnaire, mais il définit bien ce qu’est Dieu. « Nos péchés les plus graves, disait le curé d’Ars, ne sont qu’un grain de sable face à la montagne de miséricorde du Seigneur. » Dieu pardonne infiniment. Il n’en finit pas de pardonner. Ce qu’il nous demande aujourd’hui, il l’a vécu jusqu’au bout.
 
Si le Seigneur se comporte ainsi à l’égard des hommes, comment peuvent-ils refuser de pardonner ? Encore une fois, cela reste difficile et douloureux. Mais l’exemple venu d’en haut peut nous aider et nous stimuler. Ce pardon donné et reçu c’est quelque chose d’extraordinaire. Celui qui le reçoit commence à « revivre » par la force de ce pardon. Malheureusement, trop de gens restent fâchés jusqu’à la mort. On enferme l’autre dans son passé et on ne lui laisse aucune chance de faire un geste de paix.
 
L’offense d’un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses à côté de nos péchés et de nos manques envers Dieu. Cent euros que me doit mon frère, c’est insignifiant par rapport aux soixante millions que je dois. La fin de cette parabole semble contredire ce qui est dit sur le pardon sans limite du Seigneur. En fait ce n’est pas Dieu qui refuse de pardonner. C’est l’homme au cœur dur qui devient imperméable au pardon de Dieu.
 
Par le sacrement de la réconciliation, Dieu est là pour nous renouveler dans la grâce du baptême. Nous retrouvons notre place d’enfants de Dieu. Par-delà le péché, Dieu nous redit sa tendresse. Son pardon nous donne un cœur nouveau et nous réapprend à aimer. Le Christ ressuscité dépose en nous son Esprit qui nous restaure dans la fraternité. En ce jour, Seigneur, nous te confions notre désir de pardon. Par ton Eucharistie, viens en aide à notre fragilité. Donne-nous force et courage pour aimer comme toi et pardonner comme toi. Amen

Mercredi de la 19ème semaine du temps ordinaire (12 août 2026)

Envoyés vers le frère qui a péché
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 15-20
 
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
    S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
    S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
    Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.
 
    Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
    En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux. »
© AELF
 
 
 
Méditation
 
Jésus  nous dit aujourd’hui que nous sommes envoyés vers le frère qui a péché. Il a tourné le dos à l’amour de Dieu et s’est enfoncé dans son refus. Notre mission n’est pas de le corriger ni de lui faire la morale. Nous devons d’abord nous rappeler que Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il veut ramener à lui tous ses enfants dispersés. Aujourd’hui, il nous invite à partager son souci en nous aidant mutuellement à vivre en enfant de Dieu. Notre mission n’est pas d’épier le péché de notre frère mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.       
 
Nous ne devons jamais oublier que celui qui a péché est d’abord notre frère. Avant d’être un coupable, il est un frère qu’il faut aimer, un malade qu’il faut soigner et guérir. Il ne s’agit plus d’accuser ou de dénoncer mais d’avoir un regard qui accueille et redonne confiance. C’est cette attitude qu’a eu Jésus envers la Samaritaine. Il a eu une qualité d’écoute et un regard qui ont provoqué en elle ce retournement et cette conversion.         
 
Si cette rencontre individuelle n’aboutit pas, Jésus nous invite à faire comme le médecin qui fait appel à un confrère : « Prends avec toi deux ou trois personnes… » A deux ou trois, on y voit plus clair. On arrivera à mieux le persuader. Puis en cas de refus, on va le dire à la communauté de l’Église. Elle va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener à Dieu.        
 
« S’il n’écoute pas l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. » Non, ce n’est pas la condamnation finale qui exclut le pécheur. C’est lui qui s’est mis en dehors. Tout doit être entrepris par l’ensemble de la communauté pour ramener celui ou celle qui s’est égaré en prenant une mauvaise orientation. Nous sommes tous responsables les uns des autres : un jour, Dieu nous posera la question : « qu’as-tu fait de ton frère ? »   
 
Cet Évangile se termine par un appel à nous unir dans la prière. Quand nous sommes réunis en son nom, Jésus est là. Il nous rejoint pour mettre son amour en nos cœurs. C’est avec lui que nous pourrons refaire la communion qui est cassée. Et surtout, n’oublions jamais que pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors « aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur. Amen

Mardi de la 19ème semaine du temps ordinaire -11 août 2026

Jésus berger de toute humanité…
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu  (18, 1-5.10.12-14)   
 
    À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Qui donc est le plus grand
dans le royaume des Cieux ? »
    Alors Jésus appela un petit enfant ;
il le plaça au milieu d’eux,
    et il déclara :
« Amen, je vous le dis :
si vous ne changez pas
pour devenir comme les enfants,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
    Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,
celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
    Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom,
il m’accueille, moi.
    Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits,
car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux
voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
    Quel est votre avis ?
Si un homme possède cent brebis
et que l’une d’entre elles s’égare,
ne va-t-il pas laisser les 99 autres
dans la montagne
pour partir à la recherche de la brebis égarée ?
    Et, s’il arrive à la retrouver,
amen, je vous le dis :
il se réjouit pour elle
plus que pour les 99
qui ne se sont pas égarées.
    Ainsi, votre Père qui est aux cieux
ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »
(AELF)
 
 Méditation
« Qui est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Cette question est posée par des disciples qui se prennent très au sérieux. Ils sont très attachés aux préséances à respecter. La réponse de Jésus n’est pas celle qu’ils avaient prévue. Il appelle un gosse de la rue et le jette au milieu de ces grandes personnes. Et il leur dit que s’ils ne deviennent pas comme des enfants, ils n’entreront pas dans son Royaume.
 
Cet Évangile nous invite donc à changer notre regard sur les enfants. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Qui touche à un enfant touche à Jésus. Chacun doit être respecté, surtout les plus faibles. À travers eux, c’est Jésus qui est là.
 
Cet Évangile nous invite également à changer notre regard sur la « brebis perdue ». Nous vivons dans une société qui accuse et qui enfonce ceux qui ont fauté. Elle oublie que le Christ est venu dans le monde pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». C’est pour eux qu’il a  donné sa vie sur une croix. Alors, qui sommes-nous pour condamner ?

Saint Laurent (10 août 2026)

Le grain de blé mis en terre (Saint Laurent)
 
Évangile de saint Matthieu 12. 24-26
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » © AELF
 
 
Méditation
Des grains de blé, c’est tout petit. Mais quand ils sont jetés en terre, nous savons qu’ils germeront, ils s’ouvriront, ils libèreront leurs forces pour devenir un champ de blé. Ces grains de blé, c’est nous. Le Christ nous annonce qu’un jour, nous surgirons de la terre, nous entrerons dans l’éternelle joie. Bien avant lui, c’était déjà l’espérance de Job. Il avait tout perdu, mais il avait gardé toute sa confiance en Dieu : « Je sais, moi, que mon libérateur est vivant… avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu ».
 
Voilà cette histoire toute simple de la mort, de la vie, de la résurrection. En nous la racontant, Jésus nous dit qu’il est lui-même  ce grain de blé qui va mourir, être mis en terre et ressusciter. Par ce don total, il fait naître un monde nouveau qu’il appelle le Royaume de Dieu. La mort est un passage vers la plénitude de la vie.
 
« Si le grain de blé ne meurt pas, il reste seul. » Nous savons que le grain enfermé dans un grenier ne peut produire du fruit. C’est aussi ce qui se passe quand nous sommes enfermés dans le grenier bien clos de notre égoïsme, nos certitudes, notre  orgueil, notre rancune.
 
Ce chemin de l’enfermement, Saint Laurent ne l’a pas suivi. En tant que diacre, il a rempli une mission de service. Puis il a témoigné de sa foi au Christ jusqu’au martyre. Il partage désormais la gloire promise au serviteur fidèle. Toute sa vie a été remplie de l’amour qui est en Dieu. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux qui nous entourent.
 
Rien de cet amour n’est perdu. Nous serons jugés sur l’amour que nous aurons répandu autour de nous. C’est vrai que parfois, nous nous sentons bien pauvres et bien imparfaits. Mais soyons sans crainte, Dieu est plus grand que notre cœur.

19ème dimanche du temps ordinaire (9 aout 2026)

Découvrir le vrai Dieu



Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à corriger l’idée que nous nous faisons de Dieu. C’est ce qu’a dû faire le prophète Élie sur la montagne de l’Oreb (le Sinaï). Il se le représentait comme un Dieu de puissance. Il pensait le trouver dans l’ouragan puis dans le tremblement de terre. Mais le Seigneur n’était ni dans l’un ni dans l’autre. Après cela, ce fut le murmure d’une brise légère. C’est là qu’Élie découvre le vrai Dieu. Lui qui croyait sauver son honneur en massacrant les « infidèles » découvre qu’il était sur une fausse piste. Le vrai Dieu est amour et miséricorde. Ce n’est qu’en aimant que nous disons quelque chose de lui.

L’apôtre Paul s’était lui aussi trompé sur Dieu. Dans un premier temps, il a violemment persécuté les chrétiens. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Pour lui, ce fut le point de départ d’une véritable conversion. Cette découverte extraordinaire, il voudrait la partager avec ses frères de la communauté juive. Mais ces derniers refusent de reconnaître Jésus comme le Messie. Paul nous fait part de sa douleur face à leur incrédulité. Ces derniers n’ont pas accepté de reconnaître que le privilège du peuple élu soit étendu aux païens qui ont mis leur foi en Dieu. Ils ne comprennent pas que si le Christ a livré son Corps et versé son sang c’est pour eux et pour la multitude.

Avec l’Évangile, c’est Jésus lui-même qui vient remettre les choses « à l’endroit ». Rappelons-nous : il vient de multiplier les pains pour nourrir une foule affamée. Imaginons l’excitation de tous ces gens. Les uns et les autres pensent qu’ils ont trouvé le roi qui les libèrera de l’occupant étranger. Jésus se rend compte de ce piège et il fait tout pour que ses disciples n’entrent pas dans ce jeu. C’est pour cela qu’il les renvoie de toute urgence vers l’autre rive. À travers cet événement, il veut nous faire comprendre que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde. Il ne correspond pas à l’idée que nous nous en faisons. Pour y entrer, il nous faut quitter notre petit confort, nos certitudes, nos habitudes. Le Christ nous donne rendez-vous sur « l’autre rive », celle de l’inconnu.

Après avoir renvoyé les foules, Jésus se retire seul sur la montagne pour prier. Il nous apprend que c’est là, dans la prière, que nous pourrons nous ajuster à Dieu et à son vrai projet d’amour. Comme Élie, comme Paul et comme les apôtres, nous risquons de nous faire des fausses idées sur le vrai Dieu. Mais si nous prenons le temps de le rencontrer dans la prière, nous comprenons mieux ce qu’il attend de nous. C’est dans le cœur à cœur avec lui que notre foi se purifie.

Pendant que Jésus est en prière sur la montagne, les disciples traversent la mer. Et voilà que survient la tempête. La barque est battue par les vagues. « Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. » Les disciples sont affolés. Ils pensent que c’est un « fantôme ». Notre vie actuelle ressemble à cette traversée de la mer. Nous sommes engagés vers « l’autre rive », celle où Jésus nous donne rendez-vous. Cette barque dont parle l’Évangile, c’est celle de Pierre, c’est l’Église de Jésus Christ. Tout au long des siècles, elle en a connu des tempêtes, des violences, des persécutions.

La mer déchaînée symbolise la mort. Elle représente le lieu des puissances du mal. Jésus qui marche sur la mer vient nous faire comprendre que le mal n’a pas de prise sur lui. Il nous révèle le vrai Dieu qui est vainqueur de la mort et du péché. Quand tout va mal, nous risquons de croire que Dieu nous a abandonnés. Mais il est là, bien présent ; et nous dit « Viens ». Il voit nos doutes, nos peurs quand nous sommes affrontés à la tempête. Mais il est là pour nous rassurer et nous apprendre l’espérance.

Si nous accueillons le Christ dans la barque de nos vies, nous savons que nous pourrons compter sur lui. Nous serons unis dans la foi en lui. Il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos doutes. Il ne cesse de nous tendre la main. L’Église est cette barque qui doit affronter les tempêtes. Ce qui la sauve ce n’est pas les qualités ni le courage de ses membres mais la foi qui lui permet d’avancer dans l’obscurité. La foi nous donne l’assurance de la présence de Jésus à nos côtés.

Et surtout, n’oublions pas : chaque dimanche, Jésus nous invite à l’Eucharistie. Il nous propose son Corps et son sang pour nous rendre forts dans les épreuves. Avec lui, nous pourrons continuer notre route avec plus de courage. Et à la fin de la messe, nous serons envoyés pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous pourrons faire cette belle profession de foi : « VRAIMENT, TU ES LE FILS DE Dieu ».

Prière universelle
Introduction
Frères et sœurs, portons devant le Père toutes les tempêtes qui secouent notre monde, avec la confiance de ceux à qui il a dit : n’aie pas peur.

Intentions
Pour l’Église : qu’elle soit dans le monde un lieu de paix pour ceux que la peur et le doute ont épuisés, une présence stable qui dit la proximité de Dieu. Seigneur, écoute-nous

. En ce temps d’incertitudes politiques et climatiques, que les responsables des nations aient le courage de servir le bien commun plutôt que leurs craintes. Seigneur, écoute-nous.

Pour ceux qui souffrent : pour ceux d’entre nous qui traversent une nuit de maladie, de deuil ou de solitude – que la main du Christ les rejoigne là où ils sont. Seigneur, écoute-nous.

Pour notre communauté : que nous soyons capables de tendre la main à ceux qui s’enfoncent, sans attendre qu’ils demandent, avec la délicatesse de celui qui n’écrase pas le roseau froissé. Seigneur, écoute-nous.

Conclusion
Père, tu es le rocher sur lequel nous pouvons bâtir quand tout s’agite. Reçois nos prières et fortifie notre confiance. Par le Christ, notre Seigneur.