5ème dimanche du Carême A (2026)

« Lazare, viens dehors ! »

Mot d’accueil
Bienvenue à vous, frères et sœurs. Le Dieu de vie nous rassemble pour nous faire vivre de son Esprit. À l’approche des fêtes pascales, il révèle déjà tout son amour en son Fils. Réjouissons-nous, ouvrons nos cœurs à sa parole.

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture Ez 37,12-14 : Alors que tout semble annoncer la disparition du peuple de Dieu, Ézéchiel vient relever son espérance…

Psaume Ps 129,1-8 : Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance.

2ème lecture Rm 8,8-11 : L’accueil de l’Esprit, c’est la vie assurée…

Acclamation : Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. Tu es la Résurrection, tu es la Vie,Seigneur Jésus ! Celui qui croit en toi ne mourra jamais. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

Évangile Jn 11,1-45 : La mort n’est pas la fin de tout.

Homélie
Textes bibliques : Lire
Nous approchons de la fin du Carême.  Les textes bibliques de ce dimanche nous laissent entrevoir la joie de Pâques, la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes invités à participer à cette victoire en nous engageant au service de la paix et de la vie. Comme chaque année, le CCFD nous appelle à lutter contre les souffrances et les inégalités qui marquent notre monde. Nous le voyons bien, les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. L’actualité internationale est dominée par la violence, les conflits, la détresse de ceux qui fuient leur terre à la recherche d’un lieu de paix. Il est important d’être attentifs aux cris d’ici et de là-bas. Le CCFD-Terre Solidaire nous invite cette année à nous laisser toucher par les cris du monde et à les transformer en espérance partagée.

Pour ce combat, c’est vers le Seigneur que nous nous tournons. Les textes bibliques de ce dimanche voudraient nous y aider. Nous avons tout d’abord la première lecture qui nous ramène au quatrième siècle avant Jésus Christ. Le peuple d’Israël se trouve en grande détresse car il est déporté en terre d’exil. Mais le prophète Ézéchiel intervient pour raviver l’espérance des exilés. Dieu ouvrira le tombeau dans lequel ce peuple s’est englouti. Il le ramènera vers la terre d’Israël. Ce sera la victoire de la vie sur la mort. À travers ce texte biblique, nous avons déjà une approche de l’idée de résurrection.

Il y a un mot qui revient souvent dans l’Ancien Testament et dans l’Évangile : c’est le verbe « sortir ». Nous découvrons un Dieu qui fait « sortir » son peuple d’Égypte ; il lui annonce qu’il le fera sortir de ses tombeaux : « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez. » L’Évangile nous parle également d’un Dieu qui « sort ». Nous connaissons tous la parabole du semeur qui est sorti pour semer. Et nous n’oublions pas le maître qui sort pour embaucher jusqu’à la 11ème heure. Aujourd’hui, le CCFD nous invite à sortir de notre indifférence et de notre passivité. Comme au temps de Moïse, le Seigneur voit la misère de son peuple et il nous envoie pour le libérer de tout ce qui le détruit.

Dans la lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’Esprit qui nous fait sortir de l’emprise de la chair. Dans son langage, il s’agit des faiblesses de la condition humaine et du péché. Nous sommes appelés à vivre sous l’emprise de l’Esprit. À travers ce message, il nous revoie à la vie divine qui est semée en nous. Elle est le gage de notre résurrection. C’est la vie qui l’emporte sur la mort. Nous devenons de jour en jour plus attentifs, plus solidaires et généreux. Grâce à l’Esprit Saint, nous apprenons à ouvrir nos yeux, nos mains et notre cœur.

L’Évangile de ce dimanche nous fait assister à la sortie de Lazare de son tombeau. À travers ce geste extraordinaire, Jésus exprime pleinement son pouvoir sur la mort. Les disciples savent que cette montée vers Jérusalem est une marche vers la mort. Malgré leur incrédulité, il veut leur faire comprendre que cette route s’achèvera par la victoire de la vie.

De cet Évangile, nous devons surtout retenir la déclaration solennelle de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Puis nous avons la réponse de Marthe : « Oui, Seigneur, je crois. » En lisant cet Évangile, nous prenons conscience d’une réalité importante : ce n’est pas seulement Lazare qu’il faut sortir de son tombeau ; c’est l’humanité tout entière qu’il faut délivrer de la mort. Nous sommes tous appelés à sortir de notre égoïsme, notre indifférence, notre péché. Comme pour Lazare, le Seigneur nous dit à tous : « Viens dehors ! »

Un simple retour à la vie ne fait que reculer l’échéance. Le Christ veut nous faire émerger à une autre vie. Il nous appelle à une vie nouvelle. Ce sera le triomphe de la vie sur la mort. C’est une vie qui ne passera pas. Mais avant toute chose, il nous faut entendre l’appel du Christ qui veut nous faire sortir de notre tombeau. Avec lui, c’est l’événement merveilleux de la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes invités à vivre ce carême comme un passage vers une vie plus juste, plus solidaire, plus ouverte à Dieu et aux autres. Avec le Christ, nous pouvons toujours triompher de nos peurs et retrouver le courage et l’espérance de repartir en avant. C’est chaque jour qu’il nous faut ressusciter avec lui.

Aujourd’hui, le même Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération. Beaucoup de nos frères et sœurs sont un peu comme s’ils étaient enfermés dans des tombeaux. Nous pensons à tous ceux qui sont opprimés, sans travail, affamés ou malades. Nous croyons que le Seigneur peut ouvrir ces tombeaux-là. Mais nous savons aussi que sa parole et son action passent par nos engagements.

Le CCFD Terre solidaire nous lance un appel à transformer la clameur du monde en espérance. Il n’est pas acceptable que des hommes, des femmes et des enfants restent enfermés dans leur précarité. Le Christ nous apprend à écouter et à nous laisser toucher par leur souffrance. Il nous invite à ouvrir notre cœur, nos yeux, nos oreilles et nos mains. Les bandelettes qui entourent Lazare sont le symbole de notre égoïsme, de notre froideur et de notre indifférence. C’est de cela que Jésus veut nous libérer.

En appelant Lazare à venir dehors, Jésus s’adresse aussi à tous les hommes. Il les appelle tous par leur nom. Avec lui, la mort ne peut avoir le dernier mot. Elle est devenue un passage, une porte vers l’éternité. En ce jour, nous faisons nôtre la profession de foi de Marthe: « Je crois, Seigneur ; tu es le Fils de Dieu qui vient sauver le monde. »

Sources : Revue Feu Nouveau, Cahier de Prions en Église, Homélies de l’année liturgique À (Simon Faivre) – Documents du CCFD


Prière universelle
Introduction
« J’espère le Seigneur de toute mon âme », dit le psalmiste. Avec lui, nous mettons notre espérance en l’amour du Seigneur, nous lui confions tous nos frères.

Pistes pour les intentions
Le Carême est le temps du partage. Pour les bénévoles du CCFD-Terre solidaire et toutes les personnes témoignant de la charité du Christ, nous te prions, Seigneur de la vie.

Le chemin du Carême nous conduit à la vie. Pour les dirigeants politiques, les responsables d’associations, les parents et les éducateurs, nous te prions, Dieu d’amour.

Le Carême est le temps de l’humilité de l’homme désirant la miséricorde. Pour les enfants, les jeunes, les adultes préparant une étape importante de leur vie chrétienne, pour les catéchumènes en particulier, nous te prions, Dieu de tendresse.

Le Carême est le temps qui renouvelle notre foi. Pour les non-croyants, pour les déçus de l’Église, et pour que les baptisés osent dire leur joie de croire, nous te prions, Dieu de lumière.

Conclusion
Seigneur notre Dieu, viens au secours de ton peuple qui espère en ta miséricorde. Conduis-le aux sources de la vie. Par le Christ, notre Seigneur. – Amen

 

Samedi de la 4ème semaine du Carême 2026

 Prendre position
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 40-53) En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais- tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. (AELF)

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Méditation
Dans cet évangile, saint Jean nous montre les divergences d’opinions au sujet de Jésus. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Bien avant, le vieillard Siméon l’avait annoncé : « Il sera un signe de contradiction (Luc 2. 34). De fait, les notables et les sages restent enfermés dans leurs certitudes et leur suffisance. Et ils ne se gênent pas pour insulter ceux qui suivent Jésus.   

Par contre, pour les cœurs simples et accueillants, l’admiration provoquée par les paroles et les gestes de Jésus est déjà le point de départ d’une foi naissante. Et même parmi les notables, nous avons Nicodème qui ne s’enferme pas dans ses préjugés.    Cet éventail de réactions, nous l’avons toujours dans notre monde d’aujourd’hui. Il y a ceux qui suivent Jésus, ceux qui sont indifférents et ceux qui le rejettent. Et nous-mêmes, nous pouvons avoir des prises de position très contrastées vis-à-vis de lui.     
 
Nous chrétiens, nous sommes en marche vers Pâques. Le Carême est un moment favorable pour nous convertir au Christ. Tout cela doit nous renforcer dans cette décision de choisir pour lui et de lui donner la première place dans notre vie. Il veut être notre chemin, notre vérité et notre vie. Il attend de notre part une réponse libre et aimante.

Vendredi de la 4ème semaine du Carême 2026

Envoyé en mission…

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 2-10, 14, 25-30)

En ce temps-là,
Jésus parcourait la Galilée :
il ne voulait pas parcourir la Judée
car les Juifs cherchaient à le tuer.
La fête juive des Tentes était proche.
Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem
pour la fête,
il y monta lui aussi, 
non pas ostensiblement, mais en secret.

On était déjà au milieu de la semaine de la fête
quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors :
« N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ?
Le voilà qui parle ouvertement,
et personne ne lui dit rien !
Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu
que c’est lui le Christ ?
Mais lui, nous savons d’où il est.
Or, le Christ, quand il viendra,
personne ne saura d’où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria :
« Vous me connaissez ?
Et vous savez d’où je suis ?
Je ne suis pas venu de moi-même :
mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé,
lui que vous ne connaissez pas.
Moi, je le connais
parce que je viens d’auprès de lui,
et c’est lui qui m’a envoyé. »

On cherchait à l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui
parce que son heure n’était pas encore venue.
(AELF)


 Méditation
Un envoyé ! Sa raison d’être est de transmettre, par exemple au nom d’un chef d’État, comme ambassadeur, un document, un message destiné à d’autres. 

Dans l’Évangile de ce jour, comme souvent, nous voyons Jésus donner un enseignement. Il est dans le Temple de Jérusalem où l’on s’interroge à son sujet. Qui est-il vraiment ? Il est connu comme un habitant de Nazareth mais aussi par ses paroles et ses actes comme un prophète opérant guérisons et miracles. Mais on sait bien d’où il est. Et voilà qu’il se présente comme un « envoyé » de quelqu’un que ses auditeurs ne connaissent pas. Venant d’auprès de lui il le connaît bien  … puisqu’il l’a envoyé !

En s’exprimant ainsi c’est de Dieu bien évidemment qu’il se dit « envoyé » … celui qu’il appellera son Père jusqu’à dire : « le Père et moi nous sommes un », et même, à Philippe, l’un de ses apôtres : « Qui m’a vu, a vu le Père », affirmant ainsi sa divinité. Sa Bonne Nouvelle il veut la voir transmise au monde entier, à tous les hommes, de toutes races, de toutes couleurs, de toutes nations, de toutes catégories. Dans cette intention il a fait naître l’Église, avec ses apôtres, ses disciples, chargés eux aussi de transmettre le message divin. 

Une condition essentielle cependant pour une bonne transmission : vivre à la façon du Christ, en aimant de tout son cœur, et Dieu et tous ses frères humains. L’envoyé se doit d’être un témoin d’amour. Si cette tâche est plus fortement celle des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux et religieuses, nous savons qu’à l’heure actuelle l’Église compte de plus en plus sur tous les baptisés  pour travailler avec le Christ à sauver une humanité divisée, en recherche de libération de tout mal et de tout péché.

Puissions-nous en être, chacun de nous, avec des talents variés, différents, mais toujours porteurs d’amour. Il y en a tant besoin ! Ce temps de Carême doit nous conduire à prier, à œuvrer, courageusement, pour qu’il en soit ainsi.

Fête de Saint Joseph – 19 mars 2026

 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu ( 1, 16.18-21.24a)
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie,
de laquelle fut engendré Jésus,
que l’on appelle Christ.

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte
par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de Jésus
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. (AELF)

Méditation
« Joseph fit ce que l’ange lui avait prescrit. lui avait prescrit. Il prit chez lui son épouse. »
C’est ainsi que Joseph va remplir la mission que Dieu lui a confiée. Il va devenir le gardien de Marie et de Jésus. Puis cette garde s’étendra progressivement à toute l’Église. Il a exercé cette responsabilité avec discrétion, avec humilité et dans le silence. Il est resté très présent et toujours fidèle, même quand il ne comprenait pas. Il a accompagné chaque moment avec persévérance et avec amour.

C’est ainsi que Joseph est devenu le gardien de Marie, de Jésus, puis de l’Église. Il est resté ouvert aux signes de Dieu et toujours disponible à son projet. Il est « gardien » parce qu’il sait écouter Dieu ; il se laisse guider par sa volonté ; il est sensible aux personnes qui lui sont confiées ; il sait prendre des décisions sages. Avec lui, nous apprenons, nous aussi, à faire preuve de disponibilité et de promptitude pour répondre aux appels de Dieu ; nous apprenons à mettre le Christ au centre de notre vie et de notre vocation chrétienne. Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la création.

Cette vocation de garder ne concerne pas que nous les chrétiens. Elle a une dimension universelle ; elle vise tous les hommes. Nous devons avoir soin de tous, spécialement des plus fragiles qui sont trop souvent dans les périphéries de notre cœur. Les époux sont appelés à se garder mutuellement. Puis comme parents, ils prennent soin des enfants. Et avec le temps, les enfants deviennent les gardiens de leurs parents. Tout est confié à la garde de l’homme. C’est une responsabilité qui nous concerne tous. Nous avons tous pour mission d’être les gardiens des dons de Dieu. Quand nous nous ne la remplissons pas, c’est la destruction qui survient, c’est le cœur qui s’endurcit, c’est Hérode qui continue son œuvre de mort.    

Pour « garder », nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes : nous devons nous préserver de l’orgueil, de la haine et de l’envie qui souillent la vie. Garder, c’est veiller sur nos sentiments et sur notre cœur : c’est en effet de là que sortent toutes nos intentions, bonnes ou mauvaises, celles qui construisent et celles qui détruisent. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté ni de la tendresse.

Dans les Évangiles, Joseph apparaît comme l’homme fort, courageux, travailleur. Mais dans son âme, il fait preuve d’une grande tendresse. Ce n’est pas la vertu du faible mais celle du fort. Elle dénote une grande capacité d’attention et d’ouverture à l’autre. Garder Jésus et Marie, garder chaque personne, spécialement les plus pauvres, nous garder-nous-mêmes… C’est une grande mission que nous sommes tous appelés à accomplir. C’est ainsi que nous pourrons faire resplendir l’étoile de l’espérance. Oui, gardons avec amour ce que Dieu nous a confié. C’est un trésor inestimable qu’il faut développer et faire fructifier.

Tout cela ne va pas sans un engagement résolu contre la misère, l’injustice et la violence qui dégradent et défigurent le projet d’amour de Dieu sur l’humanité. Nous ne pouvons pas être de vrais chrétiens sans un engagement résolu pour retrouver le chemin du cœur. En cette période du Carême, Saint Joseph nous montre l’attitude qui convient pour nous préparer à la victoire de Pâques. Il s’agit pour nous d’écouter la Parole de Dieu et de nous rendre dociles à ce qu’il nous suggère. Comme Joseph, nous sommes invités à nous faire les serviteurs d’un mystère qui nous dépasse. Tout l’Évangile nous dit que le Seigneur nous conduit sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais les paroles qu’il nous adresse sont celles de la Vie éternelle.

Télécharger : Fête de Saint Joseph

Mercredi de la 4ème semaine du Carême – 18 mars 2026

Le jour du Sabbat
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (5, 17-30)
En ce temps-là, après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu. Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement. Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé. Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie. Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ; et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés. Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. » (AELF)
 
 
Méditation
Dans son évangile, saint Jean ne se contente pas de nous montrer les miracles de Jésus. Il en donne la « signification », la dimension invisible. Le paralysé vient de quitter cette piscine où il vivait depuis si longtemps dans l’espérance d’une vie nouvelle. Et c’est alors la controverse
 
En effet, les juifs reprochent à Jésus de violer le repos du Sabbat. Alors, il prend le temps de leur dévoiler le sens de son geste. Il leur révèle que Dieu « travaille ». Dieu est toujours à l’ouvrage. Son grand projet c’est de sauver tous les hommes, de les libérer de leurs esclavages et de tout ce qui les détruit. Il est important pour nous de contempler ce que Dieu est en train de faire.
 
Le grand secret de la vie de Jésus c’est qu’il passe tout son temps à rejoindre son Père qui est toujours à l’œuvre. Il ne cesse d’agir sur ce grand chantier où Dieu est toujours en train de « faire » quelque chose. Jésus est entièrement tourné vers Dieu pour coopérer à son œuvre de salut.
 
La guérison de l’homme paralysé annonce quelque chose de plus grand et de plus beau : Dieu veut nous combler tous de sa vie et de son amour. Celui qui « écoute » sa parole et « croit » en lui est branché sur Dieu, vivant de Dieu, participant de Dieu. Il a déjà la Vie de Dieu en lui, la Vie éternelle.

Mardi de la 4ème semaine du Carême 2026

Jésus nous guérit
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (5, 1-16)
À l’occasion d’une fête des Juifs, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la Porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bézatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades : aveugles, boiteux et paralysés. Il y en avait un qui était malade depuis trente-huit ans.
Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit: «Est-ce que tu veux retrouver la santé?» Le malade lui répondit: «Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi.» Jésus lui dit: «Lève-toi, prends ton brancard, et marche.» Et aussitôt l’homme retrouva la santé. Il prit son brancard: il marchait!
Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent à cet homme que Jésus avait guéri: «C’est le sabbat! Tu n’as pas le droit de porter ton brancard.» Il leur répliqua: «Celui qui m’a rendu la santé, c’est lui qui m’a dit: “Prends ton brancard, et marche!”»
Ils l’interrogèrent: «Quel est l’homme qui t’a dit: “Prends-le, et marche”?» Mais celui qui avait été guéri ne le savait pas; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouva dans le Temple et lui dit: «Te voilà en bonne santé. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver pire encore.»
L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui lui avait rendu la santé. Et les Juifs se mirent à poursuivre Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat. (AELF)
 
 
Méditation
L’évangile de ce jour nous présente une humanité souffrante : aveugles, boiteux, perclus…une humanité diminuée physiquement par la maladie et les accidents. Jésus voit toute cette souffrance et il la partage. Il s’approche de cet homme infirme depuis 38 ans. Il fait pour lui, le plus pauvre parmi ces pauvres malades, ce que les eaux bouillonnantes  obtenaient du plus fort d’entre eux. Comme à l’occasion du bouillonnement des eaux, un seul a été guéri. Mais pour Jésus, la Parole suffit. Le signe de l’eau n’est plus nécessaire.
 
La grande souffrance du paralysé, c’est de n’avoir personne. Ce qui sauve d’abord, c’est l’amour, c’est d’avoir quelqu’un. Voilà un message important pour ceux qui accompagnent ou qui visitent des malades.
 
Pour le paralysé, cette rencontre avec Jésus fut le début d’une vie nouvelle. Dieu veut des hommes et des femmes debout et qui avancent. Or le péché est une paralysie. Mais nous ne sommes pas seuls : Jésus est là près de nous comme il était près du paralysé. Si je refuse la Parole de Jésus, si je n’accepte pas son aide, je « n’ai personne. » Je reste comme le paralysé au bord de la piscine, incapable de rien.
 
Jésus n’est pas simplement un homme ; il porte en lui la puissance de Dieu. Ce jour-là, il a guéri un homme de sa paralysie. Mais ce miracle n’est qu’une sorte d’introduction. Le vrai combat est contre le mal et le péché. C’est là que nous avons besoin de son aide.
 
Seigneur Jésus, toi qui enlèves les péchés du monde, prends pitié de nous.
 

Lundi de la 4ème semaine du carême 2026

 

Va, ton fils vit »

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 4, 43-54
En ce temps-là,
après avoir passé deux jours chez les Samaritains,
Jésus partit de là pour la Galilée.
– Lui-même avait témoigné
qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays.
Il arriva donc en Galilée ;
les Galiléens lui firent bon accueil,
car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait
à Jérusalem pendant la fête de la Pâque,
puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête.
Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée,
où il avait changé l’eau en vin.
Or, il y avait un fonctionnaire royal,
dont le fils était malade à Capharnaüm.
Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée,
il alla le trouver ;
il lui demandait de descendre à Capharnaüm
pour guérir son fils qui était mourant.
Jésus lui dit :
« Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges,
vous ne croirez donc pas ! »
Le fonctionnaire royal lui dit :
« Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! »
Jésus lui répond :
« Va, ton fils est vivant. »
L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite
et il partit.
Pendant qu’il descendait,
ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre
et lui dirent que son enfant était vivant.
Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux.
Ils lui dirent :
« C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi),
que la fièvre l’a quitté. »
Le père se rendit compte que c’était justement
l’heure où Jésus lui avait dit :
« Ton fils est vivant. »
Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.
Tel fut le second signe que Jésus accomplit
lorsqu’il revint de Judée en Galilée. © AELF
 
Méditation
Jésus est revenu à Cana en Galilée. C’est là qu’il avait changé l’eau en vin. Aujourd’hui, l’évangéliste saint Jean nous parle d’un nouveau miracle ou plutôt d’un nouveau signe. Il ne s’agit plus d’un problème matériel (manque de vin) mais d’une vie humaine qui est en danger.
 
Nous remarquons d’abord que Jésus ne se rend pas directement chez le malade. Il lui rend la santé sans bouger de Cana. Reconnaissant la foi de son interlocuteur, il lui dit : « va ton fils vit. » Nous aussi, nous pouvons faire beaucoup de bien à distance. la situation dramatique des réfugiés de nombreux pays en guerre nous en donne l’occasion.
 
Cet Évangile nous révèle un 2ème  miracle. Il concerne le fonctionnaire royal, un homme qui faisait partie des persécuteurs d’Israël : « Il crut, lui et toute sa maison. » Le Royaume de Dieu est commencé. Il est offert à tous les hommes, quelle que soit leur origine. Dieu crée des cieux nouveaux, une terre nouvelle, une humanité nouvelle.
 
Le Carême nous adresse un appel à Croire en Jésus sauveur de l’humanité. Forts de cette foi, nous pourrons coopérer à cette œuvre de Dieu, même à distance

 

4ème dimanche du Carême (A) 2026

Guérison de l’aveugle-né

MONITION D’ACCUEIL
Joie et lumière : voilà l’esprit dans lequel nous sommes invités à vivre la célébration de ce dimanche. Le Carême n’est pas un temps de tristesse. Aujourd’hui, nous partageons la joie de l’aveugle-né, et nous passons avec lui de la nuit à la lumière. Le Seigneur lui-même éclaire notre

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture : Premier livre de Samuel 16,1b.6-7.10-13a. : A l’école de Dieu, apprenons à voir au-delà des apparences…

Psaume Ps 22,1-6 : Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer !

2ème lecture Ep 5,8-14 : Le baptême nous a faits passer des ténèbres à la lumière. Vivons donc en enfants de lumière…

Évangile Jn 9,1-41: La foi impose de se compromettre devant les autres.

Homélie
Textes bibliques : Lire
Ce 4ème dimanche du Carême est celui de la joie. C’est la joie d’un peuple déporté en terre d’exil qui entend une bonne nouvelle. Le prophète Isaïe lui annonce que Dieu est là au cœur de ses détresses. Il intervient pour apporter le salut à ce peuple opprimé. C’est aussi la joie des catéchumènes qui vivent la 2ème étape de leur baptême. Des enfants d’âge scolaire et des adultes se sont mis en route pour ce grand événement.

Tout au long de ce carême, nous sommes invités à « changer nos cœurs ». Les textes bibliques de ce jour nous invitent à changer notre regard sur les personnes et les événements : « Dieu ne regarde pas comme les hommes. Les hommes regardent l’apparence. Dieu voit le cœur. Avoir le cœur de Dieu c’est voir les qualités et la grandeur de celui qui est petit, faible et méprisé. C’est reconnaître que, lui aussi, est capable de grandes choses.

Au jour de notre baptême, nous avons été introduits dans le monde de la lumière. Saint Paul nous dit que cela n’est devenu possible que par la grâce du Christ. Il est la « lumière du monde ». Lui-même nous appelle à vivre en « enfants de lumière ». Ce qui doit nous guider c’est la Lumière qui est en Jésus, c’est son amour. Il est toujours là pour nous apprendre à voir les autres avec le regard de Dieu, un regard plein de miséricorde.

Dans l’Évangile, nous voyons Jésus qui guérit un mendiant aveugle de naissance. Il lui ouvre les yeux deux fois. Il commence par lui rendre la vue qui lui permettra de voir les personnes et le monde qui l’entoure. Et dans un deuxième temps, il lui ouvre les yeux de la foi. Tout cela se fait progressivement. Dans un premier temps, l’homme guéri parle de « l’homme qu’on appelle Jésus » ; ensuite il voit en lui un prophète ; puis quand il se trouve devant lui, il se prosterne en disant : Je crois, Seigneur. »

Comme cet homme, nous sommes appelés à passer des ténèbres à la foi. Nous aussi, nous sommes souvent aveugles ou malvoyants. Cet aveugle-né est le symbole de l’humanité plongée dans les ténèbres. Mais par le baptême, elle découvre la Lumière du Christ. Pour ces nouveaux convertis, c’est une illumination. C’est la Parole de l’Évangile de saint qui s’accomplit : « Le Verbe était la Lumière, qui, en venant en ce monde, illumine tout homme.

Face à cet homme guéri et sauvé, il y a tous ceux qui sont aveugles dans leur esprit et dans leur cœur ; il y a ceux qui s’enfoncent dans leur aveuglement qui est celui du péché. Comme le hibou ou la chouette, ils sont aveuglés par la lumière du jour. La Lumière de Dieu, la Lumière de la Vérité leur fait peur. Mais nous ne devons pas avoir peur de la Lumière de Jésus Christ ; il se présente à nous comme le soleil qui rendra lumineuse notre vie.

Autre constat : il arrive parfois que le soleil se cache : il y a des nuages, des épreuves ; il y a aussi la nuit. Mais quand il fait nuit, il ne nous vient pas à l’idée de douter de l’existence du soleil même si nous ne le voyons pas. L’amour du Seigneur est toujours bien présent, même quand tout va mal. Il est toujours là pour nous éclairer et, souvent c’est lui qui nous porte. Il veut nous conduire jusqu’à la victoire sur le péché et sur la mort. Tout l’Évangile nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant » dit saint Irénée.

La suite de l’Évangile nous parlera des souffrances, de la Passion et de la mort de Jésus ; c’est là qu’il a assumé toutes les misères et tous les handicaps du monde. Jésus nous révèle un Dieu qui n’explique pas les souffrances, qui ne condamne pas mais qui prend sur lui le péché du monde. Il devient solidaire de tous ceux qui sont « nés comme ça ». Et surtout, il devient source de toute guérison et de la santé totale de l’homme.

Dieu ne prend pas son parti de la misère de l’homme. Il l’assume. La croix n’est pas un signe d’échec, de résignation ; c’est une protestation, une victoire sur tout ce qui abîme l’homme. Jésus nous donne un signe de cette victoire pascale en ouvrant les yeux de l’aveugle-né et en lui donnant un accès à une autre lumière, celle de la foi. C’est aussi à cette lumière que la Samaritaine a pu accéder (Évangile de dimanche dernier). Et dimanche prochain, nous découvrirons Jésus qui redonne vie à Lazare. À travers ce signe, il s’affirmera maître de tous les handicaps, y compris le dernier, la mort.

Vivre le Carême, c’est accueillir cette lumière qui vient de Jésus. Cette lumière c’est celle de la foi. Elle nous aide à voir les personnes et les événements avec le regard de Dieu. Comme l’aveugle guéri, nous deviendrons des témoins du Christ. Nous pourrons proclamer notre foi avec fierté : « Je crois en Dieu qui est lumière, Je crois en Dieu, il est mon Père. » Amen

Sources : Revue Feu Nouveau, « C’est dimanche (Emmanuel Oré) – Homélies de l’année liturgique A (Simon Faivre), dossiers personnels.

Prière universelle
Introduction :
Les gestes de Jésus en faveur de l’aveugle nous mettent en confiance et nous encouragent à lui exprimer nos prières.

Intentions
Pour les catéchumènes et pour tous les baptisés qui se préparent à recevoir un sacrement au cours des prochaines semaines. Seigneur Jésus, nous te prions.

Pour toutes les personnes dont la vie est habitée par des ténèbres ou marquée par la maladie ou le handicap. Demandons à Jésus d’apporter sa lumière dans leur cœur alourdi par la peur ou la tristesse. Seigneur Jésus, nous te prions

Pour les responsables de l’Église ou d’autres courants religieux, qu’ils puissent remplir leur mission, inspirés comme David a pu l’être et puissent susciter la confiance et en rayonner. Seigneur Jésus, nous te prions.

En ce dimanche de la joie, jubilons avec tous ceux qui sont spécialement en fête aujourd’hui. Que leur joie soit lumière et contagieuse. Seigneur Jésus, nous te prions.

Conclusion
Seigneur Jésus, par ton souffle vivifiant, tu nous as arrachés aux ténèbres et tu nous conduis depuis notre baptême vers la lumière. Permets-nous de reconnaître ce qui est capable de plaire à notre Père. Gloire à toi pour les siècles.

Samedi de la 3ème semaine du Carême 2026

La prière que Dieu aime
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18, 9-14
 
En ce temps-là,
à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
et qui méprisaient les autres,
Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
L’un était pharisien,
et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
“Mon Dieu, je te rends grâce
parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –,
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”
Le publicain, lui, se tenait à distance
et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
mais il se frappait la poitrine, en disant :
“Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Je vous le déclare :
quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste,
plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »
© AELF
 
 
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Méditation
Voici donc ce publicain qui monte au temple pour prier. Il n’ose pas lever les yeux au ciel. Il se frappe la poitrine en disant : « Mon Dieu, prend pitié du pécheur que je suis ! » Et là, il ne dit que la stricte vérité. Il reconnaît qu’il a fait beaucoup de torts aux autres. Mais ce qui est important c’est qu’il est vrai devant Dieu. C’est cela qui nous est demandé : Être vrai devant le Seigneur, c’est reconnaître notre précarité. Voilà la vraie prière. Quand cet homme repartit chez lui, « il était devenu juste. »
 
A l’opposé, nous avons le pharisien, un homme qui mérite largement sa bonne réputation. Il est fidèle à la loi. Il jeûne deux fois par semaine. Il pratique l’aumône. Il cherche vraiment à plaire à Dieu. Tout ce qu’il dit dans sa prière est sûrement vrai. Mais il y a un problème : la démarche de cet homme n’est pas vraiment une prière. C’est une contemplation satisfaite de lui-même. Il n’a besoin de rien. Il ne prie pas. Il se regarde. Il fait le compte de ses propres mérites et il en a beaucoup.
 
Or, le Dieu de la Bible ne raisonne pas ainsi. Il n’est pas un juge ni un patron qui récompense les uns et les autres en fonction de leurs mérites. Son amour est totalement gratuit et sans mérite de notre part. Le publicain a reçu bien plus qu’il n’attendait parce qu’il était ouvert au pardon de Dieu. Quant au pharisien, il n’a rien reçu parce qu’il n’attendait rien.
 
Alors la question se pose : De quel côté sommes-nous ? Cette question nous est posée à chacun personnellement. Nous n’avons surtout pas le droit de nous servir de ce texte pour l’appliquer aux autres. Il y en a parfois qui se servent des versets de la Bible pour dénoncer l’hypocrisie des autres. Cette attitude est une insulte grossière à Dieu qui est amour. Nous avons tous plus ou moins à nous faire pardonner notre orgueil, notre suffisance, notre manière parfois de mépriser les autres et de vouloir leur faire la leçon.
 
L’idéal aurait été que ces deux hommes, si opposés entre eux, se mettent ensemble pour faire monter leur prière vers Dieu : Prends pitié des pécheurs que nous sommes… Prends pitié de moi qui ai fait du tort aux autres… Prends pitié de moi qui me crois supérieur aux autres… Prends pitié de nous qui sommes fâchés entre nous… Et le Seigneur aurait dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » En nous rapprochant de lui, il nous rapproche aussi des autres. Il nous apprend à les voir et à les aimer comme des frères et des sœurs.
 
Par notre prière, nos paroles, notre manière d’accueillir l’autre, de faire la paix avec lui, nous témoignons d’un Dieu Amour, d’un Dieu qui veut le salut de tous les hommes. L’apôtre Paul, qui était un pharisien converti, avait bien compris qu’il fallait s’en remettre totalement à Dieu car lui seul peut nous sauver. Devant lui, l’homme n’est jamais un juste; il est un justifié. Il n’est pas gracieux mais gracié. Le pardon du Père est toujours possible pour celui qui se reconnaît pécheur. Pour Dieu, il n’y a pas de situation désespérée. C’est de cette Bonne Nouvelle que nous avons tous à témoigner.

Vendredi de la 3ème semaine du Carême 2026

Tu aimeras
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12, 28b- 34
En ce temps-là,
un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :
« Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse :
« Voici le premier :
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit :
« Fort bien, Maître, tu as dit vrai :
Dieu est l’Unique
et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur,
de toute son intelligence, de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même,
vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit :
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.
© AELF
 
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Méditation
En ce jour, Jésus nous ramène vers l’essentiel : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grands que ceux-là. »         
 
Jésus nous transmet ainsi un message de la plus haute importance. Nous sommes créés pour aimer. Dieu qui est amour, nous a créés pour que nous puissions, nous aussi, aimer et demeurer unis à lui. Nous ne trouverons la vraie joie qu’en aimant. Il ne s’agit pas d’abord de faire beaucoup de choses mais de vivre selon un esprit filial envers Dieu et fraternel envers les autres. En nous faisant le prochain des autres, nous nous approchons de Dieu qui est amour. Mon prochain, c’est celui que je prends le temps d’écouter et de rencontrer. C’est un seul et même amour qui nous attire vers Dieu et vers les autres. Nos capacités à aimer peuvent être blessées, mais le Seigneur est toujours là pour nous remettre sur la bonne voie.  
 
Nous sommes amenés à découvrir un Dieu qui fait alliance avec les hommes. Il est celui qui fait sans cesse le premier pas vers nous. Mais rien ne se passera si nous ne faisons pas le second vers lui. Malheureusement, quand nous regardons autour de nous et en nous, nous voyons bien que Dieu est souvent le grand oublié. On vit facilement sans lui et en dehors de lui. Et quand nous regardons les journaux et la télévision, nous voyons tous les jours des actes de violence. Sur nos routes, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes de l’inconscience de certains. D’autres souffrent à cause des guerres, des conflits familiaux, de la faim, de l’exclusion. Le Christ est présent à travers celui qui n’en peut plus d’être harcelé. C’est tous les jours qu’il est jeté à la rue. Nous devons le reconnaître en celui qui meurt de faim, de froid et surtout de manque d’amour.          
 
En ce temps du Carême, la Parole de Dieu nous interpelle. Elle nous invite à changer notre regard sur Dieu et le prochain. Le Christ veut nous entraîner tous à sa suite. Il veut nous apprendre à voir tous nos frères et sœurs avec le cœur même de Dieu. Célébrer l’Eucharistie c’est communier à l’amour du Christ pour le Père et pour chaque être humain. C’est se mettre en disposition d’aimer. En ce jour, nous te prions Seigneur : Envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre. Amen