Samedi de la 5ème semaine du Carême 2025

Suite à la guérison de Lazare
 

Évangile de Jean 11, 45-57 En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter. (AELF)

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Méditation

Les grands prêtres et les pharisiens ont décidé d’arrêter Jésus pour mettre un terme à sa prédication. Il vient de ressusciter Lazare. Tout le peuple vient voir le ressuscité et acclamer celui qui fait un tel miracle. Alors, les grands prêtres craignent que la foule suive Jésus. Ce serait une perte de pouvoir pour eux. Et surtout cela déclencherait une émeute. La répression serait terrible. Cela irait jusqu’à la destruction du temple de Jérusalem.
 
C’est là que l’Évangile nous rapporte cette parole prophétique de Caïphe : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour tout le peuple… » Il ne croyait pas si bien dire. Il prophétise que la mort de Jésus serait une mort pour le salut de tous, pas seulement pour la nation juive, mais pour la multitude de tous les pays et de tous les temps. Par cette mort du Christ, tous peuvent être sauvés et ressuscités.
 
Au moment d’entrer dans cette semaine sainte, nous accueillons cette bonne nouvelle que nous n’aurions jamais imaginée. Le Christ a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour le monde entier. Demandons-lui que notre réponse soit de plus en plus à la mesure de son amour infini.

Vendredi de la 5ème semaine du Carême 2025

Dieu nous a aimés jusqu’à nous donner son Fils. 

 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 31-42
En ce temps-là,
         de nouveau, des Juifs prirent des pierres
pour lapider Jésus.
          Celui-ci reprit la parole :
« J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes
qui viennent du Père.
Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
          Ils lui répondirent :
« Ce n’est pas pour une œuvre bonne
que nous voulons te lapider,
mais c’est pour un blasphème :
tu n’es qu’un homme,
et tu te fais Dieu. »
          Jésus leur répliqua :
« N’est-il pas écrit dans votre Loi :
J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
                   Elle les appelle donc des dieux,
ceux à qui la parole de Dieu s’adressait,
et l’Écriture ne peut pas être abolie.
                  Or, celui que le Père a consacré
et envoyé dans le monde,
vous lui dites : “Tu blasphèmes”,
parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
                   Si je ne fais pas les œuvres de mon Père,
continuez à ne pas me croire.
                   Mais si je les fais,
même si vous ne me croyez pas,
croyez les œuvres.
Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus,
que le Père est en moi,
et moi dans le Père. »
          Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter,
mais il échappa à leurs mains.
 
          Il repartit de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où, au début, Jean baptisait ;
et il y demeura.
          Beaucoup vinrent à lui en déclarant :
« Jean n’a pas accompli de signe ;
mais tout ce que Jean a dit de celui-ci
était vrai. »
          Et là, beaucoup crurent en lui. (AELF)
 
Méditation
« Jésus allait et venait dans le Temple. Une fois encore, les juifs ramassèrent des pierres pour le lapider. »
 
La Passion du Christ a commencé bien avant le Vendredi Saint. Il a vécu ses dernières semaines entouré d’ennemis impitoyables. La souffrance morale, il connaît. Tout au long de ses derniers jours, il est entouré de gens qui le harcèlent et qui déforment ses intentions profondes.
 
Tant d’êtres humains connaissent cette situation douloureuse. Jésus a voulu être l’un des nôtres jusque dans nos souffrances et notre mort. Mais rien ne peut l’ébranler car, nous dit-il, « le Père est en moi et je suis dans le Père. » Même dans l’angoisse et l’épouvante, il peut s’appuyer sur le Père. Il se sent aimé de lui, en communion profonde avec lui.
 
 Tout cela, ses adversaires ne l’acceptent pas. Il parle de Dieu comme son Père, se faisant ainsi son égal. Ce sera précisément la cause de sa mort. Les juges l’accuseront de blasphème et le condamneront. Il sera crucifié entre deux malfaiteurs.
 
Mais Jésus va jusqu’au bout de son enseignement sans chercher à l’atténuer. En lui, c’est Dieu qui s’est incarné, qui a voulu vivre notre condition humaine. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. »
 
Voilà cette Bonne Nouvelle qui transforme dans notre vie si nous voulons bien l’accueillir. C’est un cadeau que Dieu nous fait sans mérite de notre part. C’est aussi pour chacun de nous une responsabilité, un appel sans cesse renouvelé à  la sainteté : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

jeudi de la 5ème semaine du Carême 2025

Vouloir vivre avec Jésus 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 51-59
En ce temps-là,
Jésus disait aux Juifs :
                   « Amen, amen, je vous le dis :
si quelqu’un garde ma parole,
jamais il ne verra la mort. »
          Les Juifs lui dirent :
« Maintenant nous savons bien que tu as un démon.
Abraham est mort, les prophètes aussi,
et toi, tu dis :
“Si quelqu’un garde ma parole,
il ne connaîtra jamais la mort.”
                   Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ?
Il est mort, et les prophètes aussi sont morts.
Pour qui te prends-tu ? »
          Jésus répondit :
« Si je me glorifie moi-même,
ma gloire n’est rien ;
c’est mon Père qui me glorifie,
lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
                  alors que vous ne le connaissez pas.
Moi, je le connais
et, si je dis que je ne le connais pas,
je serai comme vous, un menteur.
Mais je le connais,
et sa parole, je la garde.
                   Abraham votre père a exulté,
sachant qu’il verrait mon Jour.
Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
          Les Juifs lui dirent alors :
« Toi qui n’as pas encore cinquante ans,
tu as vu Abraham ! »
          Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
avant qu’Abraham fût,
moi, JE SUIS. »
          Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter.
Mais Jésus, en se cachant,
sortit du Temple.
 
 
Méditation
Les adversaires de Jésus se font de plus en plus agressifs. Ils vont jusqu’à vouloir lui jeter des pierres pour le tuer. Mais il arrive à esquiver les coups et à sortir de la cohue. Son heure n’est pas encore tout à fait arrivée.
 
« Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » C’est pour cette parole qu’ils lui en veulent. Il vient de leur annoncer la Bonne Nouvelle la plus importante, la victoire de la Vie sur la mort.
 
Lui qui va vers la mort annonce qu’on triomphera de la mort. Mais ils ne veulent pas le croire. Et pourtant cette Bonne Nouvelle vient tout changer : « Si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. »
 
Cette mort, Jésus l’a vue. Il y est passé. Ce fut une mort violente et affreuse. Mais tout l’évangile nous dit qu’il a voulu être avec nous dans nos souffrances et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa résurrection. L’humanité n’est pas destinée au trou noir mais à la vie en plénitude.
 
Ce que Jésus apporte au monde, c’est le roc, le fondement solide qui est en Dieu. Lui seul peut libérer l’homme de sa fatalité extrême. Nous sommes tous appelés à vivre avec Dieu, connaître Dieu et aimer.
 
Dans quelques jours, nous serons invités à suivre Jésus jusqu’à la croix. Le centurion romain a reconnu en lui le Fils de Dieu. Puissions-nous, à notre tour, reconnaître en Jésus crucifié le Fils de Dieu venu nous sauver.

Mercredi de la 5ème semaine du carême 2025

La Vérité vous rendra libres  
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 31-42
En ce temps-là,
    Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole,
vous êtes vraiment mes disciples ;
    alors vous connaîtrez la vérité,
et la vérité vous rendra libres. »
    Ils lui répliquèrent :
« Nous sommes la descendance d’Abraham,
et nous n’avons jamais été les esclaves de personne.
Comment peux-tu dire :
“Vous deviendrez libres” ? »
    Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
qui commet le péché
est esclave du péché.
    L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ;
le fils, lui, y demeure pour toujours.
    Si donc le Fils vous rend libres,
réellement vous serez libres.
    Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham,
et pourtant vous cherchez à me tuer,
parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous.
    Je dis ce que moi, j’ai vu
auprès de mon Père,
et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu
chez votre père. »
    Ils lui répliquèrent :
« Notre père, c’est Abraham. »
Jésus leur dit :
« Si vous étiez les enfants d’Abraham,
vous feriez les œuvres d’Abraham.
    Mais maintenant, vous cherchez à me tuer,
moi, un homme qui vous ai dit la vérité
que j’ai entendue de Dieu.
Cela, Abraham ne l’a pas fait.
            Vous, vous faites les œuvres de votre père. »
Ils lui dirent :
« Nous ne sommes pas nés de la prostitution !
Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »
    Jésus leur dit :
« Si Dieu était votre Père,
vous m’aimeriez,
car moi, c’est de Dieu que je suis sorti
et que je viens.
Je ne suis pas venu de moi-même ;
c’est lui qui m’a envoyé. » (AELF)
 
 
Méditation
Jésus de Nazareth était juif. Au cours de sa vie publique, il a dû affronter bien des conflits avec les autorités juives ; on lui reprochait de ne pas observer le Sabbat, de ne pas respecter les règles de pureté, de s’opposer au commerce dans le Temple. Mais la plus grande source d’incompréhension tournait autour du mystère de sa personne.
 
Cet évangile a été écrit par saint Jean autour des années 90. Les rapports entre les juifs et les chrétiens étaient très tendus. Les juifs devenus chrétiens étaient considérés comme des traîtres ; de ce fait, ils étaient exclus des synagogues. Les discussions et les malentendus sur les Écritures étaient nombreux.
 
Saint Jean veut encourager les juifs chrétiens à « demeurer » fidèles. Ce verbe « demeurer », nous le retrouvons souvent chez Jean. Il signifie « habiter quelque part » et y rester. Le chrétien doit être attaché au Christ. Ce qu’il leur demande c’est de durer, d’être fidèle à sa parole.
 
Nous vivons dans un monde pas toujours facile. Ce n’est pas évident de témoigner de sa foi dans un milieu hostile ou indifférent. Et pourtant, c’est cela que Jésus attend de nous. Il ne nous demande pas de faire croire mais de dire. Cette mission ne portera de fruit que si nous « demeurons » avec lui et lui avec nous.
 
« Dieu fait de nous en Jésus Christ des hommes libres »

Mardi de la 5ème semaine du carême

 Connaître Dieu ; Jésus nous le révèle
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean12, 32.34
En ce temps-là,
Jésus disait aux Pharisiens :
« Je m’en vais ;
vous me chercherez,
et vous mourrez dans votre péché.
Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient :
« Veut-il donc se donner la mort,
puisqu’il dit :
“Là où moi je vais,
vous ne pouvez pas aller” ? »
Il leur répondit :
« Vous, vous êtes d’en bas ;
moi, je suis d’en haut.
Vous, vous êtes de ce monde ;
moi, je ne suis pas de ce monde.
C’est pourquoi je vous ai dit
que vous mourrez dans vos péchés.
En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS,
vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient :
« Toi, qui es-tu ? »
Jésus leur répondit :
« Je n’ai pas cessé de vous le dire.
À votre sujet, j’ai beaucoup à dire
et à juger.
D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité,
et ce que j’ai entendu de lui,
je le dis pour le monde. »
Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.
Jésus leur déclara :
« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme,
alors vous comprendrez que moi, JE SUIS,
et que je ne fais rien de moi-même ;
ce que je dis là,
je le dis comme le Père me l’a enseigné.
Celui qui m’a envoyé est avec moi ;
il ne m’a pas laissé seul,
parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
Sur ces paroles de Jésus,
beaucoup crurent en lui. (AELF)

Méditation
« Là où je vais, vous ne pouvez venir ». Apparemment, cette parole de Jésus est en contradiction avec le reste des évangiles si nous le retirons de son contexte. En d’autres termes, cela signifie que nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous restons enfoncés dans notre péché. Rejeter le Christ c’est rejeter Dieu, c’est se couper de lui.

 
Comme l’a fait Moïse pour son peuple, le Christ parle ici au nom de Dieu. A l’époque où il était le pasteur d’Israël, Moïse avait entendu les mots suivants : « JE SUIS m’a envoyé vers vous ; Yahvé, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’a envoyé vers vous. » (Exode 3, 14-15)
 
Le nom de Dieu suffisait aux Hébreux pour avoir confiance en Moïse, pour fuir l’esclavage et se mettre en route vers la Terre Promise. C’est grâce à ce Nom que la Pâque (le passage) a pu s’accomplir. Le peuple n’a manqué ni de la manne, ni de l’eau. Il a même eu les cailles pour nourriture et le serpent d’airain pour le sauver de la mort.
 
Jésus évoque ce nom qui est son nom. Il rappelle tout le chemin parcouru de l’esclavage à la liberté. Chacun doit entreprendre ce passage qui mène de la mort à la Vie. A l’approche de la Semaine Sainte, nous sommes invités à mettre vraiment toute notre foi en Jésus et à nous imprégner de ses paroles et de son amour. Nous pourrons le suivre dans sa Passion, sa mort sur la croix et sa résurrection.
 
« Seigneur, donne-nous de savoir te reconnaître sur la Croix comme le Fils bien-aimé du Père. Donne-nous la grâce de ne pas avoir peur de nous engager à ta suite sur le chemin de ta passion. Dans toutes nos croix, donne-nous la même confiance que toi envers ton Père pour nous abandonner entre ses mains. Que notre péché qui nous conduit à la mort soit cloué à la croix et que notre être intérieur soit élevé en toi auprès du Père, Source de toute vie ! »

Lundi de la 5ème semaine du Carême 2025

 « Je suis la lumière du monde »

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 12-20
 
En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Moi, je suis la lumière du monde.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
il aura la lumière de la vie. »
Les pharisiens lui dirent alors :
« Tu te rends témoignage à toi-même,
ce n’est donc pas un vrai témoignage. »
Jésus leur répondit :
« Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même,
et pourtant mon témoignage est vrai,
car je sais d’où je suis venu,
et où je vais ;
mais vous, vous ne savez ni d’où je viens,
ni où je vais.
Vous, vous jugez de façon purement humaine.
Moi, je ne juge personne.
Et, s’il m’arrive de juger,
mon jugement est vrai
parce que je ne suis pas seul :
j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé.
Or, il est écrit dans votre Loi
que, s’il y a deux témoins,
c’est un vrai témoignage.
Moi, je suis à moi-même mon propre témoin,
et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »
Les pharisiens lui disaient :
« Où est-il, ton père ? »
Jésus répondit :
« Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ;
si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »
 
Il prononça ces paroles
alors qu’il enseignait dans le Temple,
à la salle du Trésor.
Et personne ne l’arrêta,
parce que son heure n’était pas encore venue. © AELF
 
 
Méditation
L’Évangile du 5ème dimanche du Carême nous parlait de cette femme adultère que les chefs religieux ont amenée à Jésus pour le piéger. La question était de savoir si, à son avis, on devait la lapider ou pas. Jésus les a renvoyés à eux-mêmes en disant : « Que celui qui est sans péché soit le premier à lui jeter la pierre. »
 
C’est au terme de cette rencontre avec la femme adultère que Jésus se présente comme « la lumière du monde. » C’est une réponse au péché, celui de la femme adultère mais surtout l’endurcissement des scribes et des pharisiens
 
Cette Lumière qui est en Dieu, le Christ ne demande qu’à nous la communiquer. Il veut qu’elle brille dans ce monde couvert par les ténèbres. Nous sommes renvoyés à cette parole de Dieu dans le récit de la Genèse : « Que la lumière soit… »
 
 
« Toi qui est lumière,
Toi qui est l’amour.
Mets dans nos ténèbres
ton esprit d’amour » (R. Fau)

 

5ème dimanche du Carême 2025

Dieu libérateur

Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie.
Les textes bibliques de ce dimanche nous révèlent un Dieu qui veut libérer et sauver ceux qui étaient perdus. Le prophète Isaïe (1ère lecture) s’adresse à un peuple qui vient de vivre une longue période de captivité. Il lui annonce une bonne nouvelle : c’est aujourd’hui que Dieu intervient pour sauver son peuple. Ce dernier va pouvoir revenir vers la Terre promise ; le désert qu’il va traverser sera jalonné d’oasis ; il faut y voir le signe que Dieu peut redonner vie et espérance aux cœurs les plus arides.

Cette bonne nouvelle nous concerne tous aujourd’hui : dans ce monde qui est le nôtre, beaucoup vivent dans la désespérance. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés. Notre mission, c’est d’y révéler la Source d’eau vive, celle qui fait fleurir tous les déserts, ceux de nos familles, ceux de notre vie et ceux de notre monde. Cette source inépuisable c’est celle de l’amour qui est en Dieu. C’est auprès de lui que nous sommes invités à puiser chaque jour.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous donne son témoignage. Sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas a provoqué un renversement radical dans sa vie. Au départ, il était un ardent défenseur de la loi juive. Il poursuivait les chrétiens et les faisait enfermer. Mais après sa conversion, il n’a désormais d’autre fierté et d’autre ambition que de « connaître le Christ » et de « parvenir à la résurrection des morts » en communiant aux souffrances de sa Passion. Pour nous comme pour Paul, la vraie libération c’est celle qui vient du Christ. C’est un don que Dieu nous fait par pure miséricorde. C’est avec lui que nous trouverons la force de nous libérer de tout ce qui nous enferme sur nous-mêmes.

L’Évangile de saint Jean nous montre la miséricorde qui libère. Dimanche dernier, Jésus en parlait sous la forme d’une parabole, celle du fils prodigue. Mais aujourd’hui, nous le voyons confronté à une situation bien réelle : on lui amène une femme coupable d’adultère. Ses accusateurs sont des scribes et des pharisiens, des experts de la loi de Moïse, des personnes reconnues pour leur ferveur religieuse. D’après la loi de Moïse, cette femme doit être lapidée. Mais s’ils se tournent vers lui, c’est pour le piéger. S’il refuse de la condamner, il est en contradiction avec la loi de Moïse ; et s’il la condamne, il est en contradiction avec la miséricorde qu’il prêche.

Mais Jésus opère un renversement : il ouvre un nouveau procès, celui des accusateurs : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Pendant que Jésus a la délicatesse de baisser les yeux, chacun examine sa conscience et… se retire. Il reste un homme sans péché, Jésus ; lui seul aurait eu le droit de condamner, mais il ne le fait pas : « Moi non plus, je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus. » La menace de mort disparaît, le chemin d’une vie nouvelle s’ouvre pour cette femme.

En lisant cet Évangile, nous pensons à tous les scandales, petits ou grands. Certains sont connus seulement de l’entourage familier. D’autres sont répandus par la Presse, la télé et Internet. Alors les langues vont bon train. Bien sûr, on ne lapide plus les pécheurs et les pécheresses. Mais on ricane, on dénonce celui qui a fauté ; on l’enfonce dans sa mauvaise réputation. On ne lui laisse aucune chance de s’en sortir.

C’est alors qu’il nous faut revenir à cette parole du Christ : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Devant Dieu, nous sommes tous des pauvres pécheurs. Avant de faire la leçon aux autres, nous sommes invités à enlever la poutre qui est dans notre œil. Cette poutre c’est l’orgueil, c’est le mépris à l’égard de celui qui a fauté. En agissant ainsi, nous allons contre le Christ qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est par amour pour eux et pour le monde entier qu’il est mort sur une croix.

Comprenons bien, le péché est un mal que nous devons combattre de toutes nos forces. Mais le pécheur c’est quelqu’un qu’il faut guérir et sauver. Il a besoin qu’on l’aide à retrouver sa place dans la communauté chrétienne. La vie chrétienne est un combat de tous les jours contre les forces du mal. Mais pour ce combat, nous ne sommes pas seuls. Jésus est avec nous pour nous montrer le chemin. Marie est là aussi ; comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira… » Puisez à la Source de Celui qui est l’Amour… Soyez les témoins et les messagers de sa miséricorde dans le monde d’aujourd’hui. Si nous voulons que ce carême soit vraiment libérateur, il n’y a qu’un seul commandement : aimer comme Jésus aime.

Seigneur, en ce dimanche, nous sommes venus à toi avec notre désir d’accueillir ta Parole et de nous laisser transformer par elle. Tu peux changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Que ta présence nous apporte la joie d’aider, de soutenir, de consoler et d’aimer. Que ta Parole soit Lumière pour notre monde et que ton amour apaise tous ceux qui souffrent.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : 5ème dimanche du Carême

 

Samedi de la 4ème semaine du Carême 2025

 Prendre position
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 40-53) En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais- tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. (AELF)

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Méditation

Dans cet évangile, saint Jean nous montre les divergences d’opinions au sujet de Jésus. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Bien avant, le vieillard Siméon l’avait annoncé : « Il sera un signe de contradiction (Luc 2. 34). De fait, les notables et les sages restent enfermés dans leurs certitudes et leur suffisance. Et ils ne se gênent pas pour insulter ceux qui suivent Jésus.   

Par contre, pour les cœurs simples et accueillants, l’admiration provoquée par les paroles et les gestes de Jésus est déjà le point de départ d’une foi naissante. Et même parmi les notables, nous avons Nicodème qui ne s’enferme pas dans ses préjugés.    Cet éventail de réactions, nous l’avons toujours dans notre monde d’aujourd’hui. Il y a ceux qui suivent Jésus, ceux qui sont indifférents et ceux qui le rejettent. Et nous-mêmes, nous pouvons avoir des prises de position très contrastées vis-à-vis de lui.     
 
Nous chrétiens, nous sommes en marche vers Pâques. Le Carême est un moment favorable pour nous convertir au Christ. Tout cela doit nous renforcer dans cette décision de choisir pour lui et de lui donner la première place dans notre vie. Il veut être notre chemin, notre vérité et notre vie. Il attend de notre part une réponse libre et aimante.

Vendredi de la 4ème semaine du Carême 2025

Envoyé en mission…

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 2-10, 14, 25-30)

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue. (AELF)
 
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Méditation
Un envoyé ! Sa raison d’être est de transmettre, par exemple au nom d’un chef d’État, comme ambassadeur, un document, un message destiné à d’autres.  Dans l’Évangile de ce jour, comme souvent, nous voyons Jésus donner un enseignement. Il est dans le Temple de Jérusalem où l’on s’interroge à son sujet. Qui est-il vraiment ? Il est connu comme un habitant de Nazareth mais aussi par ses paroles et ses actes comme un prophète opérant guérisons et miracles. Mais on sait bien d’où il est. Et voilà qu’il se présente comme un « envoyé » de quelqu’un que ses auditeurs ne connaissent pas.
 
Venant d’auprès de lui il le connaît bien  … puisqu’il l’a envoyé ! En s’exprimant ainsi c’est de Dieu bien évidemment qu’il se dit « envoyé » … celui qu’il appellera son Père jusqu’à dire : « le Père et moi nous sommes un », et même, à Philippe, l’un de ses apôtres : « Qui m’a vu, a vu le Père », affirmant ainsi sa divinité. Sa Bonne Nouvelle il veut la voir transmise au monde entier, à tous les hommes, de toutes races, de toutes couleurs, de toutes nations, de toutes catégories. Dans cette intention il a fait naître l’Église, avec ses apôtres, ses disciples, chargés eux aussi de transmettre le message divin. 
 
Une condition essentielle cependant pour une bonne transmission : vivre à la façon du Christ, en aimant de tout son cœur, et Dieu et tous ses frères humains. L’envoyé se doit d’être un témoin d’amour. Si cette tâche est plus fortement celle des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux et religieuses, nous savons qu’à l’heure actuelle l’Église compte de plus en plus sur tous les baptisés  pour travailler avec le Christ à sauver une humanité divisée, en recherche de libération de tout mal et de tout péché.
 
Puissions-nous en être, chacun de nous, avec des talents variés, différents, mais toujours porteurs d’amour. Il y en a tant besoin ! Ce temps de Carême doit nous conduire à prier, à œuvrer, courageusement, pour qu’il en soit ainsi.

Jeudi de la 4ème semaine du Carême 2025

Écouter la voix de Dieu…
 
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (5, 31-47)
En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ; c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face, et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé. Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! La gloire, je ne la reçois pas des hommes ; d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez ! Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »
AELF 
 
 
Méditation
A travers ce texte d’évangile, Jésus nous invite à écouter la voix de Dieu. Lui-même est en communication intime avec l’invisible. Dieu est là avec lui. Nous n’avons jamais entendu la voix du Père ni vu son visage. Mais pour Jésus c’est du réel ; il en parle avec amour. Il a goûté l’intimité de Dieu et voudrait nous faire partager son bonheur. Il sait mieux que personne ce que c’est que d’être aimé de Dieu. Il sait aussi que pour l’homme, le manque de Dieu est un manque terrible. C’est le plus grand désespoir que rien ne remplace.
 
Ce message nous rejoint aujourd’hui dans ce monde athée ou indifférent qui est le nôtre. Nous y voyons devant quel vide l’homme peut se trouver. Nous avons tous besoin que le Seigneur nous fasse découvrir « la face » du Père et entendre sa voix. Il est toujours là, prêt à nous accueillir mais c’est souvent nous qui sommes loin de lui.
 
Le Christ regrette que sa Parole n’habite pas en ceux qui sont là devant lui. Il voudrait tellement que nous fassions habiter en nous cette Parole de Dieu et que nous vivions dans une plus grande familiarité avec elle. La méditation régulière est l’un des moyens de faire « habiter la Parole » en nous. En ce temps du carême, chacun de nous peut prendre du temps pour se remplir l’esprit d’une scène de l’évangile, de nous répéter telle ou telle phrase.
 
La bonne nouvelle de ce jeudi, c’est que Dieu est amour. Entre le Père et le Fils il n’est question que d’amour. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu. Pensons à tous ces hommes et ces femmes autour de nous qui ignorent ce Dieu et semblent vivre sans lui. Et nous-mêmes, nous tournons trop souvent en rond. Nous restons repliés sur nos soucis terre à terre. Aujourd’hui, Jésus voudrait nous inviter à redresser la tête. Nous portons en nous des aspirations à l’infini et à l’absolu : Rencontrer Dieu, écouter Dieu, contempler Dieu…