Vendredi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 30 janvier 2026

La semence qui germe et grandit
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 26-34
En ce temps-là,
    Jésus disait aux foules :
« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme
qui jette en terre la semence :
    nuit et jour,
qu’il dorme ou qu’il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
    D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe,
puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
    Et dès que le blé est mûr,
il y met la faucille,
puisque le temps de la moisson est arrivé. »
 
    Il disait encore :
« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
    Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences.
    Mais quand on l’a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »
 
    Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
    Il ne leur disait rien sans parabole,
mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. (AELF)
 
 
Méditation
L’Évangile de saint Marc s’adresse à des chrétiens désemparés. Leur question est de tous les temps : dans ce monde où tout va si mal, où est-il notre Dieu ? Que sont devenues les promesses du Christ ? Comment garder la foi face à toute cette violence. Saint Marc leur rappelle les paroles de Jésus autrefois. Il leur parle de cette semence qui germe et grandit toute seule. Mais entre les semailles et la moisson, il y a beaucoup de temps. C’est une manière de dire que le Royaume de Dieu est en gestation. La récolte viendra mais ce sera pour plus tard. Notre Dieu peut paraître absent mais son action est discrète et efficace.
 
Avec nos yeux et nos oreilles, nous pouvons savoir ce qui se passe dans le monde. Mais pour reconnaître l’action de Dieu, il faut le regard de la foi. Comme les disciples d’Emmaüs, nous reconnaissons la présence du Christ quand il nous explique les Écritures et qu’il nous partage son pain eucharistique. C’est en lui que toute notre vie retrouve son sens. Nous découvrons que même dans les pires épreuves, Dieu ne nous a jamais abandonnés.
 
Concrètement, nous croyons que Dieu agit quand les ennemis enfin se parlent, quand des hommes, des femmes et des enfants sortent du cercle infernal de la rancune et de la violence pour faire des gestes de paix et de réconciliation. Dieu agit quand des savants inventent des moyens pour combattre les maladies. Il est présent quand des équipes s’organisent pour visiter des malades ou des prisonniers. Nous voyons aussi des SDF qui arrivent à lancer des journaux qui redonnent leur dignité à des exclus sur le point de sombrer. C’est ainsi que les signes de la présence de Dieu sont nombreux. Nous sommes comme le paysan de la parabole. Les choses se passent sans que nous n’en sachions rien et sans que nous comprenions comment.
 
Quand nous voyons la vie germer, c’est Dieu qui est là et qui agit. Un jour, Jésus a dit qu’il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Vivre, c’est faire, c’est agir et à certains moments, c’est dormir. Que nous dormions ou que nous nous levions, la semence germe. En attendant la moisson, il nous faut apprendre la patience et surtout la confiance. J’ai fait ce que je devais faire. À toi Seigneur de jouer. Tu m’as demandé de semer des graines d’amour, de justice, de paix, de réconciliation…Mais c’est toi qui donnes à la semence de pousser et de donner du fruit.
 

Jeudi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 29 janvier 2026

 
 La lampe sur le lampadaire 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 21-25
En ce temps-là,
Jésus disait à la foule :
« Est-ce que la lampe est apportée
pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?
N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
Car rien n’est caché,
sinon pour être manifesté ;
rien n’a été gardé secret,
sinon pour venir à la clarté.
Si quelqu’un a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
Il leur disait encore :
« Faites attention à ce que vous entendez !
La mesure que vous utilisez
sera utilisée aussi pour vous,
et il vous sera donné encore plus.
Car celui qui a,
on lui donnera ;
celui qui n’a pas,
on lui enlèvera même ce qu’il a. » (AELF)

 

Méditation
Cette lumière dont nous parle l’Évangile, c’est Jésus lui-même. Il est la Lumière du monde. Il est venu pour éclairer et il l’a fait par toute sa vie privée et publique. Paradoxalement, c’est dans les jours de sa Passion et de sa mort qu’il l’a été le plus intensément.
 
Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes invités à accueillir le Christ Lumière. Nous croyons en lui. Nous sommes appelés à être la lampe qui éclaire la maison. Nous le ferons en témoignant de l’Évangile et surtout par le rayonnement de toute notre vie. Avant d’écouter les chrétiens, on les regarde vivre.
 
Cette Lumière du Christ et de son Évangile nous est confiée. Un jour, nous aurons à en rendre compte. Il y a des silences qui sont des faiblesses et des lâchetés. Si nous voulons être fidèles au Christ, il ne faut pas craindre d’aller à contre-courant de la mentalité du monde. N’oublions jamais que si le Christ nous a appelés, c’est pour que nous soyons avec lui. C’est avec lui que nos communautés seront lumières du monde.
 
Toi qui es Lumière, toi qui es l’Amour,
Mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour

 

Mercredi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 28 janvier 2026

« Écoutez les amis… »  
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 1-20
En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée.
Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui,
si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit.
Il était sur la mer,
et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.
    Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles,
et dans son enseignement il leur disait :
    « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.
    Comme il semait,
du grain est tombé au bord du chemin ;
les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.
    Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux,
où il n’avait pas beaucoup de terre ;
il a levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde ;
    et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé
et, faute de racines, il a séché.
    Du grain est tombé aussi dans les ronces,
les ronces ont poussé, l’ont étouffé,
et il n’a pas donné de fruit.
    Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ;
ils ont donné du fruit
en poussant et en se développant,
et ils ont produit
trente, soixante, cent, pour un. »
    Et Jésus disait :
« Celui qui a des oreilles pour entendre,
qu’il entende ! »
 
    Quand il resta seul,
ceux qui étaient autour de lui avec les Douze
l’interrogeaient sur les paraboles.
    Il leur disait :
« C’est à vous qu’est donné
le mystère du royaume de Dieu ;
mais à ceux qui sont dehors,
tout se présente sous forme de paraboles.
    Et ainsi, comme dit le prophète :
Ils auront beau regarder de tous leurs yeux,
ils ne verront pas ;
ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles,
ils ne comprendront pas ;
sinon ils se convertiraient
et recevraient le pardon. »
    Il leur dit encore :
« Vous ne saisissez pas cette parabole ?
Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?
    Le semeur sème la Parole.
    Il y a ceux qui sont au bord du chemin
où la Parole est semée :
quand ils l’entendent,
Satan vient aussitôt
et enlève la Parole semée en eux.
    Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence
dans les endroits pierreux :
ceux-là, quand ils entendent la Parole,
ils la reçoivent aussitôt avec joie ;
    mais ils n’ont pas en eux de racine,
ce sont les gens d’un moment ;
que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
ils trébuchent aussitôt.
    Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces :
ceux-ci entendent la Parole,
    mais les soucis du monde, la séduction de la richesse
et toutes les autres convoitises
les envahissent et étouffent la Parole,
qui ne donne pas de fruit.
    Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre :
ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent,
et ils portent du fruit :
trente, soixante, cent, pour un. » © AELF
 
 
Méditation
Cet Évangile nous parle d’abord de Dieu et de nous. Il s’agit d’un Dieu qui « sort » parce qu’il a choisi d’ensemencer la terre. Cette semence c’est la Parole de Dieu. Elle nous dit tout l’amour de Dieu pour le monde. Dieu la répand avec une générosité extraordinaire. Il cherche à rejoindre tous les hommes sur tous les terrains, y compris ceux qui se trouvent dans les situations les plus désespérées. Son message de salut doit être proclamé dans le monde entier. Nous n’oublions pas que les paroles de Jésus sont celles de la Vie éternelle.  
 
L’évangile nous parle de quatre terrains différents, le bord du chemin, le sol pierreux, le sol envahi par les mauvaises herbes et enfin la bonne terre. Ces terrains bons ou mauvais, c’est chacun de nous. D’un côté, nous avons l’homme au cœur dur. Il refuse la Parole de Dieu car elle ne l’intéresse pas. Le deuxième terrain c’est celui qui manque de profondeur. Il a accueilli la Parole avec joie, mais un jour, tout s’arrête. Le troisième terrain c’est celui qui est envahi par les mauvaises herbes. C’est quand nous nous laissons envahir par les soucis de la vie et la séduction des richesses. Nous avons là des pièges qui nous détournent de Dieu.      
 
Puis nous avons la bonne terre. Le grain peut y prendre racine et se développer. Cette terre c’est l’homme qui reste ouvert à la Parole de Dieu. Il s’en nourrit chaque jour et il la met en pratique dans toute sa vie. Sur un terrain favorable, elle ne peut que produire du fruit. Ces fruits, c’est la conversion, c’est la transformation de toute une vie. Ils sont nombreux ceux et celles qui peuvent dire : « Il a changé ma vie ». Quand l’Esprit Saint est là, le résultat est extraordinaire.         
 
À la suite du Christ, nous sommes envoyés pour être des semeurs de la bonne nouvelle et pour proposer l’Évangile aux hommes d’aujourd’hui. Nous avons tendance à nous lamenter sur les églises vides alors que les supermarchés sont pleins. Être missionnaire c’est aller sur tous les terrains, vers les croyants mais aussi les non croyants et les mal croyants. Le Christ veut les sauver tous. À sa suite et avec lui, nous sommes envoyés pour semer à profusion. Il ne s’agit pas de « faire croire mais de dire » et de témoigner de la foi qui est en nous. Même si nous n’en voyons pas les résultats, rien ne peut empêcher la Parole de Dieu de produire du fruit.      
 

Mardi de la 3ème semaine du temps ordinaire – 27 janvier 2026

La vraie famille de Jésus
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 31-35)
En ce temps-là,
comme Jésus était dans une maison,
    arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors,
ils le font appeler.
    Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
    Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
    Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
    Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (AELF)
 
 
Méditation
Aujourd’hui, Jésus nous fait comprendre que sa vraie parenté n’est pas celle qu’on croit. Les liens du sang, les liens familiaux sont importants mais ils ne sont pas premiers. La vraie famille de Jésus, ce sont « ceux qui font la volonté de Dieu ».
 
À ce titre, Marie est doublement Sa mère. Elle est celle qui a mis Jésus au monde. Mais sa vraie grandeur n’est pas dans les liens du sang. Elle est d’avoir été « l’humble servante de Dieu ». Plus que tout autre, elle est celle qui a fait la volonté de Dieu.
 
Cet Évangile nous annonce une bonne nouvelle : Nous pouvons tous faire partie de la grande famille de Dieu. Nous y sommes entrés au jour de notre baptême. À travers la communauté chrétienne, c’est le Christ qui nous y a accueillis. C’est avec lui que nous apprenons à faire la volonté du Père.
 
En relisant l’histoire du Salut dans la Bible et surtout dans le Nouveau Testament, nous découvrons un Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. Si le Fils de Dieu s’est incarné c’est pour rejoindre ce monde de ténèbres. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est en lui et par lui que nous devenons membres de la famille de Dieu

Saints Timothée et Tite – 26 janvier 2026

La moisson est abondante
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
«Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
«Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants: “Le règne de Dieu est tout proche de vous.”
© AELF
 
 
Méditation
La « joie de l’Évangile » doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.
 
Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze « dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : « Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire ». En dehors du Seigneur, rien n’est possible.
 
Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.
 
À chaque messe, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : « Le règne de Dieu s’est approché de vous. » Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.
 
Cette présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies « comme des agneaux au milieu des loups », rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.
 
 

 

Allez boire à la fontaine

Jeudi 25 février 1858, Bernadette se trouve à la grotte de Massabielle ; elle est accompagnée de 300 personnes. La dame lui demande de boire à la source : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. » Bernadette ne trouvait qu’un peu d’eau vaseuse. Au 4ème essai, elle put boire. La foule l’accuse d’être folle. Elle répond : « C’est pour les pécheurs ».

« Les pécheurs ! Ces personnes qui ont coupé les liens qui les tenaient debout, et tombent à quatre pattes comme des bêtes, qui mangent de l’herbe et se roulent dans la boue ! Mais au fond de la boue, il n’y a pas la boue, il y a la Source. Au fond du péché, il n’y a pas le péché, mais la miséricorde et le pardon. Dieu Amour n’a pas oublié qu’il nous a dit ‘Je te baptise’. Il vient nous redire : ‘Je te pardonne.’ Il vient élargir l’espace de nos cœurs. Il veut faire naître en nous, pécheurs pardonnés, une famille réconfortée dans l’Amour. » Livret des pèlerins de Rodez 2018

À la suite de Bernadette, des foules de pèlerins, arrivés du monde entier, viennent refaire ce geste de boire à la source et s’y laver.

 

3ème dimanche du temps ordinaire (A) – 25 janvier 2026

Lumière sur le pays de l’ombre

« Dieu fait vivre celui qui vient à lui. Il n’est pas nécessaire d’être pur, d’être conforme, d’être digne, d’être brillant. Il suffit de se lever, d’aller vers lui et de dire : Me voici! J’ai faim! »
Charles Singer, Saisons, Desclée, p. 166.

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Aujourd’hui, Dieu nous rassemble et nous partage sa Parole. Mettons-nous à son écoute afin que nous puissions aussi lui répondre par notre prière commune et toute notre vie.

Prière pénitentielle
Seigneur Jésus,
ta Parole nous éclaire et nous guide,
Seigneur prends pitié.

Ô Christ Jésus, ton Évangile nous interpelle
et, avec toi, nous transforme,
ô Christ prends pitié.

Seigneur Jésus, ton appel nous convoque
et, en toi, nous renouvelle,
Seigneur prends pitié.

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture Is 8, 23b-9,3 : Dieu n’oublie pas son peuple…

Psaume Ps 26, 1-4.13-14 :
Ma lumière et mon salut, c’est le Seigneur. Alléluia !

2ème lecture 1Co 1,10-13.17 :
An nom de Jésus qu’il n’y ait pas de division entre nous.

Acclamation :
Alléluia. Alléluia. Béni soit le Seigneur notre Dieu : sur ceux qui habitent les ténèbres, il a fait resplendir sa lumière. Alléluia.

Évangile Mt 4,12-23 :
Dieu ne cesse d’envoyer vers les païens.

Homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un monde compliqué qui a mauvaise réputation. C’est le cas des territoires de Zabulon et de Nephtali au Nord de la Galilée. Il faut savoir que c’est un lieu de passage proche des régions païennes. On l’appelle “Galilée des nations” parce qu’elle est influencée et contaminée par le monde païen. Mais le prophète réagit. Il annonce que ces territoires vont bénéficier, eux aussi, du salut que le Seigneur prépare. “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur les pays des habitants de l’ombre, une lumière a resplendi.”

Or c’est là, dans ce lieu couvert de honte, que Jésus entreprend sa première évangélisation. Tout commence loin de Jérusalem, en plein cœur de ce monde bigarré, un monde païen où l’on ne cesse de s’affronter et de se diviser. Jésus lui-même se rend à Nazareth, une ville dont on se demande ce qu’il peut sortir de bon. Jean Baptiste l’a désigné comme l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. Sa priorité va donc vers ceux qui sont le plus loin de Dieu, ces terres maudites, terres de péché et de ténèbres. Il vient habiter à Capharnaüm ; cette ville évoque encore aujourd’hui le plus sombre désordre.

C’est de la part de Jésus un défi lancé au péché et à Satan. Et c’est en même temps un acte de foi extraordinaire en l’homme. Il aurait pu se dire qu’au point où ils en étaient, il ne pouvait pas compter sur eux. Or c’est exactement le contraire qui se passe : il va jusqu’à choisir ses premiers collaborateurs, ses premiers responsables, parmi les habitants de cette région. S’adressant à Pierre et à André, il leur dit : “Venez à ma suite, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.” Il n’appelle pas des champions de la Bible ou de la liturgie mais des gens tout-à-fait ordinaires, des simples pêcheurs.

Il nous appartient d’en tirer les conséquences pour notre foi. La première, c’est que nous sommes tous appelés tels que nous sommes. Le Seigneur n’appelle pas les plus capables mais il les rend capables. Nous avons des témoignages de repris de justice et même des terroristes qui se sont convertis à Jésus Christ et qui témoignent tant qu’ils peuvent de cette rencontre avec lui. Tout l’Évangile nous montre qu’il est venu “chercher et sauver ceux qui étaient perdus”. C’est ce qui s’est passé pour Saul le persécuteur et bien d’autres.

La bonne nouvelle de l’Évangile est pour tous. Aucun être, aucune situation n’échappe à la proximité et à l’amour de Dieu. C’est pour nous un appel à changer notre regard sur les personnes et sur le monde. Trop souvent, nous avons un regard méfiant ou désabusé. Si nous voulons être disciples et missionnaires, nous devons nous tourner vers le Christ et nous laisser guider par lui. Il nous apprendra à accueillir chacun tel qu’il est, à lui faire confiance et à lui donner toutes ses chances. Nous sommes appelés à être “l’amour du Christ”.

Quand le pape François invitait l’Église à aller vers les “périphéries”, il ne faisait qu’actualiser ce qu’a fait Jésus. Le suivre c’est aller avec lui à la rencontre de toute l’humanité, c’est se rendre proche de chacun et surtout de celui qui vit à la marge. La tentation est grande de se dire : “À quoi bon ? Cela ne sert à rien.” Ce serait oublier que la mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Seigneur. C’est lui qui nous envoie son Esprit saint. Il agit dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Sans lui, rien n’est possible. Jésus le Galiléen est toujours là, vivant et agissant au cœur de son Église. Il est la Lumière pour éclairer toutes les nations. Nous pouvons toujours compter sur lui. Rien ne peut nous séparer de son amour.

Suivre Jésus, ce n’est pas s’enfermer dans un système religieux en se disant qu’on a toujours fait ainsi. Quand il nous appelle, nous devons savoir qu’il nous conduira sur des chemins que nous n’avions pas prévus. C’est en nous rapprochant de lui que nous apprendrons à voir les autres comme des frères. C’est l’appel que nous lance l’apôtre saint Paul à l’occasion de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens. S’adressant à la communauté de Corinthe, il leur rappelle que les rivalités missionnaires sont sans intérêt : il n’y a qu’un seul Seigneur qui envoie Apollos, Paul et Pierre. Les divisions entre chrétiens restent toujours un contre-témoignage.

En ce dimanche, nous entendons l’appel du Christ. Il continue à vouloir sauver ceux qui vont à leur perte. Il nous envoie vers ceux qui ne rentrent pas dans nos églises, ceux qui n’appartiennent pas à nos familles spirituelles, ceux qui, apparemment, vivent dans les ténèbres. Son regard sur la Galilée des nations et les pêcheurs du lac était plein de miséricorde. Il compte sur nous pour avoir le même regard que lui sur le monde d’aujourd’hui. La qualité de notre regard reflète celle de notre foi. Nous n’avons pas à douter de l’attachement de Jésus à chaque être humain. C’est avec lui que nous deviendrons pêcheurs d’hommes.

En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. Nous lui demandons qu’il nous donne la force et le courage pour la mission qu’il nous confie : “Toi qui es la Lumière du monde, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour.”

Sources : Revues Feu Nouveau, = Homélies de l’année liturgique À (Simon Faivre) – Dossiers personnels

 

Prière universelle
Introduction
Chers frères et sœurs, d’un seul cœur, tournons-nous vers le Christ notre Seigneur au Nom duquel nous avons tous été baptisés.

Intentions
– Nous te prions pour les évêques, successeurs des apôtres que tu t’es choisis, et pour tous les pasteurs de nos Églises. Qu’ils mettent tous leurs soins à conduire ton peuple sur le chemin de l’unité.

– Que ton Esprit Saint visite en ces jours tous ceux qui ont été baptisés en toi, afin que chacun cherche l’harmonie de pensées et de sentiments pour aller au-delà de nos divisions.

– Prends pitié de tous les peuples païens à qui ton Évangile n’est pas encore parvenu. Suscite parmi nous des prédicateurs de ton Royaume, et ouvre leurs cœurs à ta Bonne Nouvelle.

– Vois nos maladies et nos infirmités physiques, psychologiques et spirituelles. Vois les jougs qui pèsent sur les épaules de bien des innocents. Viens à notre secours, guéris-nous et délivre-nous.

– Par cette Eucharistie, viens ouvrir nos cœurs et nos mains afin que, par notre charité, la joie de t’appartenir se manifeste à tous ceux qui nous approchent.

Conclusion
Seigneur Jésus, toi qui as été crucifié pour nous, ne repousse pas la prière que nous t’adressons d’un seul cœur. Agis pour nous selon ton amour, car tu règnes pour les siècles des siècles.

 

Samedi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 24 janvier 2026

 Il a perdu la tête  

 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3, 20-21
En ce temps-là,
Jésus revint à la maison,
où de nouveau la foule se rassembla,
si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant,
vinrent pour se saisir de lui,
car ils affirmaient :
« Il a perdu la tête. »
Source : AELF


Méditation

En parcourant les Évangiles, nous rencontrons régulièrement des conflits de Jésus avec les chefs religieux de son temps. Ici, il s’agit d’un conflit avec sa propre parenté, les gens de chez lui. On veut se saisir de lui. Le clan familial est dérangé par la mission de Jésus. Dans le monde oriental, il a un pouvoir très grand sur l’individu. Ici, on considère qu’il « a perdu la tête ». Jésus, la « Sagesse de Dieu » est perçu comme fou.

Dans la vie des saints et dans les contextes de chrétienté, on voit souvent une hostilité vis-à-vis de la vocation radicale de certains saints à suivre Jésus et à vouloir vivre l’Évangile. C’est ce qui s’est passé pour François d’Assise, pour saint Thomas d’Aquin qui a été séquestré pendant plusieurs mois dans sa maison familiale ; on ne veut pas qu’il rejoigne les dominicains. L’enjeu est de préférer la volonté de Dieu et la famille spirituelle de l’Église, assumer les souffrances dues à l’incompréhension des siens.

En évoquant cet événement, nous pensons à tous nos frères qui viennent du monde arabo-musulman qui deviennent chrétien : ils vont vivre cette même souffrance, cette opposition. Les membres du clan familial vont vouloir se saisir de ce nouveau converti pour le ramener au pays. Ici c’est la sagesse de Dieu et la folie des hommes. Ce thème sera repris par Saint Paul : « Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes » et « ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes

Aujourd’hui, Seigneur, je choisis ta sagesse dans ma manière de penser, dans ma manière de vivre, dans les choix de ma vie, même si tout cela peut être perçu comme quelque chose de déroutant ou même d’insensé. Par amour pour toi, j’accepte cela. Amen


 

Vendredi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 23 janvier 2026

Appelés pour être avec Jésus


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3, 13-19
En ce temps-là,
    Jésus gravit la montagne,
et il appela ceux qu’il voulait.
Ils vinrent auprès de lui,
    et il en institua douze
pour qu’ils soient avec lui
et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle
    avec le pouvoir d’expulser les démons.
    Donc, il établit les Douze :
Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,
     Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques
– il leur donna le nom de « Boanerguès »,
c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,
    André, Philippe, Barthélemy, Matthieu,
Thomas, Jacques, fils d’Alphée,
Thaddée, Simon le Zélote,
    et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
©  AELF

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Méditation

Saint Marc nous rapporte aujourd’hui l’appel des « disciples-missionnaires ». Cet appel se déroule sur la montagne. Dans la Bible, la montagne, c’est le lieu symbolique de ce qui est au-dessus de nous, le lieu de Dieu. C’est sur la montagne que Moïse reçoit la Torah ; il descend pour la transmettre au peuple. C’est sur la montagne que Jésus, nouveau Moïse, va transmettre la Parole de vie. 

Jésus appelle les Douze pour qu’ils soient avec lui. Avant d’être missionnaire, il faut demeurer dans la présence de Jésus, vivre dans son intimité, marcher avec lui. Son désir profond c’est d’être avec nous, demeurer en nous. « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous ». (Jean 15, 4)

Deuxième consigne : Proclamer la bonne nouvelle, crier le message (un peu comme les supporters d’un match quand ils ont gagné). Nous sommes appelés à avoir une vie qui crie l’Évangile. C’est son amour et sa Lumière qui doivent transparaître dans notre témoignage.

Troisième mission : Expulser les démons. L’annonce de la bonne nouvelle est accompagnée de signes. Nous sommes engagés dans un combat spirituel, une lutte contre les forces du mal qui sont dans le monde et en nous. Nous participons à cette action de libération, de guérison et d’humanisation de l’homme.

« Il appela ceux qu’il voulait ». Aucune explication n’est donnée, ni du côté de Jésus, ni du côté de l’homme. Cela signifie que Dieu n’a pas de compte à nous rendre pour justifier notre vocation ou celle des autres.

Comme les douze, chacun de nous est appelé par son nom. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous formons la communauté Église. Si le Seigneur nous appelle, c’est pour nous envoyer en mission et pour inviter les hommes et les femmes d’aujourd’hui à devenir à leur tour disciples et missionnaires.

 

Jeudi de la 2ème semaine du temps ordinaire – 22 janvier 2026

 BONNE NOUVELLE POUR TOUS.

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3, 7-12.

En ce temps-là,
    Jésus se retira avec ses disciples près de la mer,
et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent.
    De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie,
et de la région de Tyr et de Sidon
vinrent aussi à lui une multitude de gens
qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait.
    Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition
pour que la foule ne l’écrase pas.
    Car il avait fait beaucoup de guérisons,
si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal
se précipitaient sur lui pour le toucher.
    Et lorsque les esprits impurs le voyaient,
ils se jetaient à ses pieds et criaient :
« Toi, tu es le Fils de Dieu ! »
    Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.
© AELF

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Méditation 

Jésus et ses disciples se retirent au bord du lac. Beaucoup de gens le suivent. Ils viennent de toutes les contrées voisines. L’Évangile de Marc insiste beaucoup sur les noms des différents lieux. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle de l’Évangile n’est pas seulement réservée aux juifs de Palestine. Elle est pour tous. Plus tard, elle sera annoncée au monde entier.

Les gens qui viennent à Jésus sont témoins des guérisons et des exorcismes qu’il opère. À travers tous ces signes, ils découvrent que le Royaume de Dieu s’est approché des hommes. Mais Jésus ne veut pas qu’on en reste au niveau du spectaculaire. C’est pour cette raison qu’il impose le silence aux esprits impurs qui le proclament « Fils de Dieu ». Le plus important c’est d’entrer dans le mystère intime de Jésus.

Quand nous allons à Lourdes ou à Fatima, nous sommes témoins de la foi des malades qui cherchent espoir auprès du Maître et de sa mère. Ils découvrent le Fils de Dieu qui est venu prendre soin de notre humanité blessée par le péché. Tout l’Évangile nous annonce qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

En communion avec tous les chrétiens du monde entier, nous supplions le Seigneur : « O Seigneur, guéris-nous. O Seigneur, sauve-nous. Donne-nous la paix. » 



Temps de prière