Guérison de l’aveugle-né
MONITION D’ACCUEIL
Joie et lumière : voilà l’esprit dans lequel nous sommes invités à vivre la célébration de ce dimanche. Le Carême n’est pas un temps de tristesse. Aujourd’hui, nous partageons la joie de l’aveugle-né, et nous passons avec lui de la nuit à la lumière. Le Seigneur lui-même éclaire notre
LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture : Premier livre de Samuel 16,1b.6-7.10-13a. : A l’école de Dieu, apprenons à voir au-delà des apparences…
Psaume Ps 22,1-6 : Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer !
2ème lecture Ep 5,8-14 : Le baptême nous a faits passer des ténèbres à la lumière. Vivons donc en enfants de lumière…
Évangile Jn 9,1-41: La foi impose de se compromettre devant les autres.
Homélie
Textes bibliques : Lire
Ce 4ème dimanche du Carême est celui de la joie. C’est la joie d’un peuple déporté en terre d’exil qui entend une bonne nouvelle. Le prophète Isaïe lui annonce que Dieu est là au cœur de ses détresses. Il intervient pour apporter le salut à ce peuple opprimé. C’est aussi la joie des catéchumènes qui vivent la 2ème étape de leur baptême. Des enfants d’âge scolaire et des adultes se sont mis en route pour ce grand événement.
Tout au long de ce carême, nous sommes invités à « changer nos cœurs ». Les textes bibliques de ce jour nous invitent à changer notre regard sur les personnes et les événements : « Dieu ne regarde pas comme les hommes. Les hommes regardent l’apparence. Dieu voit le cœur. Avoir le cœur de Dieu c’est voir les qualités et la grandeur de celui qui est petit, faible et méprisé. C’est reconnaître que, lui aussi, est capable de grandes choses.
Au jour de notre baptême, nous avons été introduits dans le monde de la lumière. Saint Paul nous dit que cela n’est devenu possible que par la grâce du Christ. Il est la « lumière du monde ». Lui-même nous appelle à vivre en « enfants de lumière ». Ce qui doit nous guider c’est la Lumière qui est en Jésus, c’est son amour. Il est toujours là pour nous apprendre à voir les autres avec le regard de Dieu, un regard plein de miséricorde.
Dans l’Évangile, nous voyons Jésus qui guérit un mendiant aveugle de naissance. Il lui ouvre les yeux deux fois. Il commence par lui rendre la vue qui lui permettra de voir les personnes et le monde qui l’entoure. Et dans un deuxième temps, il lui ouvre les yeux de la foi. Tout cela se fait progressivement. Dans un premier temps, l’homme guéri parle de « l’homme qu’on appelle Jésus » ; ensuite il voit en lui un prophète ; puis quand il se trouve devant lui, il se prosterne en disant : Je crois, Seigneur. »
Comme cet homme, nous sommes appelés à passer des ténèbres à la foi. Nous aussi, nous sommes souvent aveugles ou malvoyants. Cet aveugle-né est le symbole de l’humanité plongée dans les ténèbres. Mais par le baptême, elle découvre la Lumière du Christ. Pour ces nouveaux convertis, c’est une illumination. C’est la Parole de l’Évangile de saint qui s’accomplit : « Le Verbe était la Lumière, qui, en venant en ce monde, illumine tout homme.
Face à cet homme guéri et sauvé, il y a tous ceux qui sont aveugles dans leur esprit et dans leur cœur ; il y a ceux qui s’enfoncent dans leur aveuglement qui est celui du péché. Comme le hibou ou la chouette, ils sont aveuglés par la lumière du jour. La Lumière de Dieu, la Lumière de la Vérité leur fait peur. Mais nous ne devons pas avoir peur de la Lumière de Jésus Christ ; il se présente à nous comme le soleil qui rendra lumineuse notre vie.
Autre constat : il arrive parfois que le soleil se cache : il y a des nuages, des épreuves ; il y a aussi la nuit. Mais quand il fait nuit, il ne nous vient pas à l’idée de douter de l’existence du soleil même si nous ne le voyons pas. L’amour du Seigneur est toujours bien présent, même quand tout va mal. Il est toujours là pour nous éclairer et, souvent c’est lui qui nous porte. Il veut nous conduire jusqu’à la victoire sur le péché et sur la mort. Tout l’Évangile nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant » dit saint Irénée.
La suite de l’Évangile nous parlera des souffrances, de la Passion et de la mort de Jésus ; c’est là qu’il a assumé toutes les misères et tous les handicaps du monde. Jésus nous révèle un Dieu qui n’explique pas les souffrances, qui ne condamne pas mais qui prend sur lui le péché du monde. Il devient solidaire de tous ceux qui sont « nés comme ça ». Et surtout, il devient source de toute guérison et de la santé totale de l’homme.
Dieu ne prend pas son parti de la misère de l’homme. Il l’assume. La croix n’est pas un signe d’échec, de résignation ; c’est une protestation, une victoire sur tout ce qui abîme l’homme. Jésus nous donne un signe de cette victoire pascale en ouvrant les yeux de l’aveugle-né et en lui donnant un accès à une autre lumière, celle de la foi. C’est aussi à cette lumière que la Samaritaine a pu accéder (Évangile de dimanche dernier). Et dimanche prochain, nous découvrirons Jésus qui redonne vie à Lazare. À travers ce signe, il s’affirmera maître de tous les handicaps, y compris le dernier, la mort.
Vivre le Carême, c’est accueillir cette lumière qui vient de Jésus. Cette lumière c’est celle de la foi. Elle nous aide à voir les personnes et les événements avec le regard de Dieu. Comme l’aveugle guéri, nous deviendrons des témoins du Christ. Nous pourrons proclamer notre foi avec fierté : « Je crois en Dieu qui est lumière, Je crois en Dieu, il est mon Père. » Amen
Sources : Revue Feu Nouveau, « C’est dimanche (Emmanuel Oré) – Homélies de l’année liturgique A (Simon Faivre), dossiers personnels.
Prière universelle
Introduction :
Les gestes de Jésus en faveur de l’aveugle nous mettent en confiance et nous encouragent à lui exprimer nos prières.
Intentions
Pour les catéchumènes et pour tous les baptisés qui se préparent à recevoir un sacrement au cours des prochaines semaines. Seigneur Jésus, nous te prions.
Pour toutes les personnes dont la vie est habitée par des ténèbres ou marquée par la maladie ou le handicap. Demandons à Jésus d’apporter sa lumière dans leur cœur alourdi par la peur ou la tristesse. Seigneur Jésus, nous te prions
Pour les responsables de l’Église ou d’autres courants religieux, qu’ils puissent remplir leur mission, inspirés comme David a pu l’être et puissent susciter la confiance et en rayonner. Seigneur Jésus, nous te prions.
En ce dimanche de la joie, jubilons avec tous ceux qui sont spécialement en fête aujourd’hui. Que leur joie soit lumière et contagieuse. Seigneur Jésus, nous te prions.
Conclusion
Seigneur Jésus, par ton souffle vivifiant, tu nous as arrachés aux ténèbres et tu nous conduis depuis notre baptême vers la lumière. Permets-nous de reconnaître ce qui est capable de plaire à notre Père. Gloire à toi pour les siècles.
