Lundi de la 16ème semaine du temps ordinaire (2025)

Un signe du ciel
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,38-42.
En ce temps-là, quelques-uns des scribes et des pharisiens adressèrent la parole à Jésus : « Maître, nous voudrions voir un signe venant de toi. »Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.En effet, comme Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, le Fils de l’homme restera de même au cœur de la terre trois jours et trois nuits.Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération, et elle la condamnera ; en effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
Méditation
« Cette génération est une génération mauvaise : elle réclame un signe… » Jésus s’adresse à des gens qui font preuve de mauvaise foi. Il s’adresse aussi à notre génération : elle ne réclame plus de signe ; elle en est bien incapable car elle s’est installée dans l’indifférence et l’athéisme.

« Il ne lui sera donné que le signe de Jonas… » Ce dernier est allé à contre cœur à Ninive pour annoncer la destruction de cette ville. Les gens se sont convertis parce qu’ils ont eu peur de cette menace. Nous aussi, nous sommes appelés à nous convertir. Ce n’est plus la peur qui nous y pousse mais l’amour. Dieu nous appelle à lui car il veut nous combler de son amour.

La bonne nouvelle du jour : « Il y a ici bien plus que Salomon… bien plus que Jonas… » Il y a Jésus, le Fils de Dieu. Il est la vraie Sagesse de Dieu, une sagesse infiniment plus grande que celle de Salomon. Il a été envoyé par le Père, non plus pour annoncer la destruction mais le salut. « Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu » (Saint Jean-Paul II)

16ème dimanche du temps ordinaire 2025

Avec le Christ ressuscité, choisir la meilleure part

Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie
La première lecture et l’évangile de ce dimanche nous parlent de l’accueil et de l’hospitalité. Abraham se montre très généreux envers les trois hommes qui s’approchent de sa tente. Jésus reçoit l’hospitalité dans la maison de Marthe et Marie. Voilà donc deux récits très proches l’un de l’autre. Mais il y a entre eux une différence importante. Dans la première lecture, ce qui est mis en avant, c’est la générosité du patriarche qui accueille les invités. Dès que ces derniers s’approchent de sa tente, il va à leur rencontre. Il leur demande d’accepter son hospitalité. Il leur manifeste une disponibilité extraordinaire. Ce qui est surprenant, c’est qu’il s’adresse à eux comme à une seule personne. Il les appelle “Mon Seigneur”

Il importe peu de savoir combien ils étaient. En fait, Abraham a compris qu’en donnant l’hospitalité à ces trois personnes, c’est Dieu qu’il accueille. Cet événement a beaucoup marqué la spiritualité orientale. Nous connaissons tous l’icône d’Andrei Roublev qui en donne une explication trinitaire. Les Pères de l’Église ont vu en ces trois personnages une image de la Trinité : trois personnes qui sont un seul Seigneur. En pratiquant l’hospitalité, nous entrons en contact avec Dieu.

Le Dieu d’Abraham vient à nous aujourd’hui. Nous ne voyons pas son image ; mais nous le reconnaissons dans cette assemblée. Ses traits sont parfois ceux de l’étranger que nous regardons à peine. Il est là, à travers le pauvre, le petit, l’immigré, l’exclu ; c’est lui qui frappe à notre porte. Au terme de notre vie, il nous dira : “tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. C’est un appel pour chacun de nous à donner généreusement au service de Dieu et de nos frères

Dans l’évangile, nous lisons le témoignage de l’hospitalité de Marthe. Elle est attentive à servir Jésus et à tout faire pour qu’il se trouve à son aise dans sa maison. A côté de cette hyperactivité de Marthe, nous avons l’attitude totalement différente de Marie : elle s’est tout simplement assise à ses pieds pour l’écouter. Jésus fait comprendre à Marthe que seconde manière est la meilleure. Bien sûr, il importe que le service soit assuré correctement. Mais un hôte est plus honoré quand on prend le temps de l’écouter et de comprendre ce qu’il veut. C’est encore plus vrai pour Jésus car il est “la Parole de Dieu”.

Marie a choisi la meilleure “part.” Elle est reçue et accueillie par le Seigneur. Elle se nourrit de sa parole. Dans ce cas, on peut dire que la relation d’hospitalité est réciproque. C’est important pour nous : nous avons toujours besoin d’accueillir Jésus, d’accueillir sa Parole, d’accueillir son amour dans nos cœurs. Bien sûr, l’action est nécessaire. Mais nous ne devons pas oublier la supériorité de l’accueil du Seigneur dans nos vies ; ce qui est le plus important, c’est ce que le Seigneur fait pour nous, ce qu’il dit et ce qu’il accomplit. Quant à nous, nous ne sommes que ses modestes collaborateurs.

Quand on a ainsi accueilli la Parole de Dieu, on ne peut que vouloir la communiquer aux autres. C’est ce que nous montre l’apôtre Paul dans la seconde lecture. C’est avec beaucoup de zèle qu’il annonce le Christ ; il s’adresse à tous, en particulier aux païens. Il leur annonce que Dieu aime tous les hommes de toutes les nations. Il veut tous les unir pour les faire tous entrer dans une même grande famille. Cette lettre de Paul s’adresse aussi à nous aujourd’hui : elle nous invite à vraiment accueillir la Parole du Christ dans nos vies. Sans lui, nous n’avancerons pas. C’est avec lui que nous pourrons collaborer à son œuvre de salut dans le monde. Il est “l’âme de tout apostolat” (Dom Chautard).

Comme à Mambré et comme à Béthanie, le Seigneur continue à s’inviter. C’est ce qui se passe dans chaque Eucharistie. Il reçoit nos offrandes mais c’est pour se donner lui-même : “Prenez et mangez…” Pour nous orienter vers le repas eucharistique, il se tient à notre porte et il frappe ; il attend que nous lui ouvrions pour nous inviter à manger avec lui et lui avec nous (Ap. 3. 20). Il est toujours là pour nous offrir la meilleure part, la Parole de vie et le Pain du Royaume. Puis à la fin de la messe, nous serons envoyés pour la porter à nos frères.

Nous te prions, Seigneur : rends-nous accueillants et attentifs comme Marie et serviables comme Marthe. Ainsi, autour de nous, beaucoup pourront se réjouir de ta présence. Amen.

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Samedi de la 15ème semaine du Temps ordinaire (2025)

« Voici mon serviteur que j’ai choisi »

Pharisiens
 


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12, 14-21

En ce temps-là,
    une fois sortis de la synagogue,
les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus
pour voir comment le faire périr.
    Jésus, l’ayant appris, se retira de là ;
beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous.
    Mais il leur défendit vivement
de parler de lui.
    Ainsi devait s’accomplir
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
    « Voici mon serviteur que j’ai choisi,
mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur.
Je ferai reposer sur lui mon Esprit,
aux nations il fera connaître le jugement.
    Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas,
on n’entendra pas sa voix sur les places publiques.
    Il n’écrasera pas le roseau froissé,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement.
    Les nations mettront en son nom leur espérance. » © AELF


Méditation

Les scribes et les pharisiens ne supportent plus les actes et les paroles de Jésus. L’évangéliste nous rapporte plusieurs incidents autour du Sabbat ainsi que des paroles de Jésus contraire à leurs certitudes. Il se trouve face à des esprits bloqués. Ces chefs religieux sont enfermés dans les règles du « permis et du défendu ». Ils s’imaginent que la foi est perdue si on le laisse faire. Alors, ils élaborent un plan de mort contre Jésus.
 
L’hostilité est devenue si forte qu’il est obligé de se cacher. Mais rien ni personne ne l’empêchera d’accomplir sa mission jusqu’au bout. Matthieu lui applique ce que disait Isaïe au sujet du « serviteur de Dieu ». Même s’il est rejeté par les siens, il est l’espérance des justes et des pécheurs, des croyants et des incroyants. Ce n’est pas la loi qui apporte cette espérance mais la personne même de Jésus.

 

Vendredi de la 15ème semaine du temps ordinaire (2025)

Les épis arrachés
 


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12, 1-8
    En ce temps-là, un jour de sabbat,
Jésus vint à passer à travers les champs de blé ;
ses disciples eurent faim
et ils se mirent à arracher des épis et à les manger.
    Voyant cela, les pharisiens lui dirent :
« Voilà que tes disciples
font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! »
    Mais il leur dit :
« N’avez-vous pas lu ce que fit David,
quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ?
    Il entra dans la maison de Dieu,
et ils mangèrent les pains de l’offrande ;
or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger,
mais seulement les prêtres.
    Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi
que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple,
manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ?
    Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple.
    Si vous aviez compris ce que signifie :
Je veux la miséricorde, non le sacrifice,
    vous n’auriez pas condamné
ceux qui n’ont pas commis de faute.
En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. » © AELF.



Méditation

Parce qu’ils avaient faim, les disciples avaient arraché des épis pour les manger. Le problème c’est que c’était un jour de Sabbat. Ce jour-là, tout travail est interdit. Les pharisiens ne manquent pas de le signaler à Jésus.
 
C’est vrai que la loi du repos absolu avait été donnée par Dieu. Il s’agissait pour lui d’éduquer son peuple et de le faire grandir. Le Sabbat (samedi) était vraiment le jour du Seigneur.
 
Malheureusement, les pharisiens n’ont rien compris. Ils sont sans doute très respectueux de la loi. Mais leur cœur est loin de Dieu. Alors, Jésus voudrait les inviter à faire un pas de plus sur le chemin de la conversion. Il n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir. Observer des préceptes ne suffit pas. Le plus important c’est que toute notre vie soit remplie de l’amour qui est en Dieu. « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. » (1 Co 13)
 

Aux yeux de Dieu, nous ne sommes pas seulement des « observants » mais des fils qui reproduisent l’image de son Fils  bien-aimé. C’est son amour que nous devons prendre au sérieux dans les petites choses de la vie. Il s’agit de passer du devoir à l’amour, de la loi à la présence.

Jeudi de la 15ème semaine du temps ordinaire

 « Prenez sur vous mon joug ! » 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 28-30  En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (AELF)

 

 Méditation 

«Prenez sur vous mon joug !» Les nouvelles générations et les gens de la ville se trompent souvent dans l’interprétation de cette parole. Ils ne savent pas ce qu’est un joug. Non, ce n’est pas un fardeau de plus.
 
 Pour comprendre cette parole de Jésus, il faut avoir connu les paysans des anciennes générations. Ceux-ci ne possédaient pas de tracteur. Ils travaillaient avec des bœufs qui étaient joints l’un à l’autre au moyen d’un joug. Ils pouvaient ainsi tirer des fardeaux très lourds, remorque de foin, de bois, machine agricole… Un tout seul ne pouvait pas tirer ce fardeau, mais joints l’un à l’autre au moyen du joug, ils étaient plus forts et tout devenait possible.
 
Le Christ voit le lourd fardeau que nous traînons tout au long de notre vie. Mais il ne veut pas nous laisser seuls. S’il nous invite à prendre son joug, c’est précisément parce que ce fardeau il veut le porter avec nous.
 
Cela ne sera possible que si nous acceptons d’être joints à lui. Ce qui est important c’est cet appel : « Venez à moi. » Or quand l’épreuve et le désarroi sont trop lourds, on ne veut voir personne. Celui qui souffre est tenté de s’enfermer dans le silence et l’isolement. Il est convaincu que personne ne peut le comprendre ni le soulager.
 
« Je referai vos forces », nous dit Jésus. Cela veut dire qu’il vient nous relever par une force intérieure nouvelle. Il veut nous faire revivre, renaître. En nous donnant son Esprit Saint, il nous donne une énergie nouvelle pour marcher à nouveau et repartir vers une nouvelle étape. Nous ne serons pas dispensés de nos responsabilités. Nos fardeaux n’auront pas disparu. Mais ils cesseront de nous anéantir. Nous ne serons plus seuls à les porter.
 
A chaque Eucharistie, nous déposons notre poids de vie auprès du pain et du vin offerts en sacrifice. Nous reconnaissons le Seigneur au partage de son Corps et de son sang qui nous fortifient. Jésus nous propose la nourriture qui nous permettra de continuer notre route et de vivre reliés à lui. Et nous repartirons heureux de témoigner que l’Évangile est un fardeau léger qui nous porte bien plus que nous ne le portons.
 

Mercredi de la 14ème semaine du temps ordinaire (2025)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 25-27)
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation
Cet Évangile fait suite aux reproches très durs que Jésus avait adressés aux villes du bord du lac de Tibériade. Ces dernières avaient eu le privilège de ses miracles et de sa présence, mais elles ne s’étaient pas converties. Les pharisiens n’ont jamais cessé de le critiquer quoi qu’il fasse. De la part de Jésus, on aurait pu s’attendre à des plaintes. En fait, c’est tout le contraire qui se passe. Sa prière est une prière de louange, inspirée par ce qu’il vit.

« Tu as caché ces choses aux sages et aux savants… » Tu les as cachées aux pharisiens d’hier et à ceux d’aujourd’hui. Ne nous trompons pas. Dieu n’a rien caché à personne. Jésus s’adresse à ceux qui se rengorgent de leur savoir et de leur pouvoir. Ces derniers traitent les petits avec mépris. Eux, ils savent. Ils ricanent quand ils entendent ce prophète parler de l’amour sans condition qui prétend les libérer et les faire renaître. C’est comme dit saint Jean au début de son Évangile : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

Face à ces gens conscients de leur supériorité, nous avons les petits : Eux, n’ont rien à perdre. Ils sont loin du savoir et du pouvoir. Leur disponibilité leur permet d’accueillir la bonne nouvelle que Jésus est venue apporter au monde. Ces gens considérés comme des bons à rien sont prêts à jouer leur vie sans calcul. C’est pour cela que Jésus rend grâce : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Il faut le redire : Dieu ne cache rien à personne. C’est l’orgueil humain qui empêche l’homme d’accueillir la bonne nouvelle de l’Évangile. Le « tout-petit » chez saint Matthieu, c’est celui qui accueille le « tout-grand » c’est-à-dire Dieu. Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume de Dieu est à eux ».

Ces « tout-petits » dont il est question, ce ne sont pas des « enfants de chœur » ni des « enfants de Marie ». Ce sont les publicains d’hier et d’aujourd’hui, ce sont les prostituées, les étrangers, les malades aux contagions redoutables, des gens qui ont perdu la tête. Ce sont aussi des prisonniers et des marginaux de toutes sortes. Par rapport aux bien-pensants, ils sont tout-petits parce qu’on les regarde de haut. Or, c’est vers eux que Jésus va. Il ne cesse de leur dire que Dieu les aime. Il ne leur parle pas « d’aller à confesse » mais de « venir à un banquet ». Il ne brandit pas la loi, mais il annonce le Royaume pour tous.

Oui, Seigneur, « que ma bouche chante ta louange…
Sois loué Seigneur, pour ta grandeur,
Sois loué pour tous tes bienfaits….
Que ma bouche chante ta louange. »

Mardi de la 15ème semaine du temps ordinaire (2025)

 « Écoutons la voix du Seigneur… » 

  

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 20-24
En ce temps-là,
Jésus se mit à faire des reproches
aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles,
parce qu’elles ne s’étaient pas converties :
« Malheureuse es-tu, Corazine !
Malheureuse es-tu, Bethsaïde !
Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous
avaient eu lieu à Tyr et à Sidon,
ces villes, autrefois, se seraient converties,
sous le sac et la cendre.
Aussi, je vous le déclare :
au jour du Jugement,
Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous.
Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ?
Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts !
Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi
avaient eu lieu à Sodome,
cette ville serait encore là aujourd’hui.
Aussi, je vous le déclare :
au jour du Jugement,
le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi. » (AELF)

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Méditation
Cet Évangile nous dit toute la déception et la souffrance de Jésus face au refus de son peuple. En lui, c’est Dieu qui nous manifeste tout son amour. Tout l’Évangile nous montre qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il les invite tous à la fête de son Royaume. Mais il ne peut rien contre le refus obstiné de son peuple. Les paroles que nous venons d’entendre nous disent toute sa tristesse.

Cet Évangile est toujours d’actualité. Nous vivons dans une société individualiste ou indifférente. Notre amour peut alors se refroidir. En ce jour, nous prenons conscience de nos refus. Nous reconnaissons que trop souvent, nous nous sommes détournés du Seigneur.

Nous devons recevoir cet Évangile comme un appel à nous convertir. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur

 

Lundi de la 15ème semaine du temps ordinaire (2025)

 La vraie priorité

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,34-42.11,1.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » Lorsque Jésus eut terminé les instructions qu’il donnait à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays. Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation
Préférer le Christ ne veut pas dire que nous ne devons pas aimer nos proches. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous lui donnions la première place. Quand le Christ a la priorité dans notre vie, il devient notre modèle. Nous aussi, nous pouvons aimer les autres de plus en plus à la manière de Jésus. Quand des jeunes fiancés décident de s’unir pour la vie, cela ne veut pas dire qu’ils renient leurs familles, leurs parents, leurs amis. C’est la même chose dans notre relation au Christ : le préférer c’est devenir capable d’aimer les autres en vérité. Lui-même nous recommande d’aimer Dieu de tout notre cœur et d’aimer notre prochain comme-nous-mêmes.

Quand saint Matthieu écrit cet Évangile, il s’adresse à des croyants qui devaient faire un choix difficile dans leur démarche de conversion. Bien sûr, ils étaient heureux d’adhérer au christ ; mais en même temps, ils étaient incompris et rejetés par les membres de leurs familles. Ce rejet pouvait aller jusqu’à la persécution. Mais, malgré les menaces, beaucoup ont choisi de rester fidèles à leur attachement au Christ. En écoutant ce texte de la Parole de Dieu, nous comprenons qu’accueillir l’autre c’est écouter ses confidences, partager ses joies et ses peines. Ce qui est important ce n’est pas la quantité et le luxe mais les qualités de l’accueil. Nous chrétiens, nous avons appris qu’à travers ces personnes que nous rencontrons, c’est Dieu qui est là, c’est lui que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir. N’oublions pas : c’est à nos qualités d’amour et d’accueil que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

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15ème dimanche du temps ordinaire (C)

Tu aimeras…

Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie
Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent du grand commandement de l’amour de Dieu et du prochain. Dans la première lecture, Moïse rappelle au peuple d’Israël que cette loi n’est pas au-dessus de nos forces ni hors de notre atteinte. Elle est inscrite au cœur des hommes, même à ceux qui ne le connaissent pas. Avant d’être un visage, Dieu est une voix capable de nous rejoindre au plus proche de notre cœur.

Voilà donc ce grand commandement de l’amour de Dieu et du prochain. Les scribes et les pharisiens en discutaient à perte de vue. Pour eux, le prochain c’est celui qui fait partie de leurs proches. L’homme blessé au bord de la route en est exclu. Les deux chefs religieux qui passent devant lui s’en détournent. Ils ne veulent pas se rendre impurs au contact du sang de cet homme ; cette impureté les empêcherait de célébrer le culte dans le temple. Mais aujourd’hui Jésus fait voler en éclat cette mentalité. On ne peut pas vraiment honorer le Seigneur si on abandonne les exclus à leur triste sort. L’amour de Dieu ne peut aller sans l’amour du prochain.

Dans cet évangile, les croyants “de métier” n’ont pas la part belle. Le seul que Jésus nous donne en exemple est un samaritain : c’est un homme méprisé : il fait partie d’un peuple où l’on vit une religion à moitié païenne. Mais la loi d’amour dont parle l’Évangile est aussi inscrite dans son cœur. Il s’est arrêté ; il s’est fait proche de cet homme. Le prochain, c’est celui qui fait preuve de bonté envers le blessé. S’adressant aux chefs religieux, Jésus leur fait comprendre que les belles parlottes ça ne suffit pas. Ce qui est premier c’est l’action, c’est de tout faire pour aider le blessé à revivre et à retrouver sa dignité.

Mais en lisant cet évangile, il nous faut faire un pas de plus. Jésus n’est pas là pour nous donner une leçon d’assistance à personne en danger. Les Pères de l’Église ont vu dans ce voyageur blessé l’homme déchu, l’homme du péché. Les brigands ce sont les forces hostiles qui nous détournent de Dieu et nous entrainent au malheur. Mais voilà qu’un samaritain “descendait”. Jésus est descendu du ciel ; il nous a pris en pitié. Le vin et l’huile du Samaritain représentent les sacrements institués par le Christ.

Du coup, aimer mon prochain, c’est aimer le Christ qui s’est fait proche. C’est aussi aimer l’Église car “le Christ et l’Église c’est tout un”. Le Christ est mon prochain ; il m’a soigné, chargé sur sa monture et confié à l’auberge de l’Eglise. Je lui dois donc toute ma reconnaissance. A sa suite, je dois me faire proche de tous les blessés de la vie pour les servir. C’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

Pour aimer comme le Christ, c’est vers lui que nous nous tournons. Saint Paul nous dit qu’il est l’image du Dieu invisible. Pour comprendre sa lettre, il faut se rappeler que Paul s’adresse à des chrétiens qui viennent du monde païen ; ces derniers se croient soumis à des forces mystérieuses. C’est souvent le cas de nos jours : plus la foi diminue, plus les superstitions prennent de la place. Il suffit de voir tout ce qui se dit sur la fatalité, le destin, les horoscopes et les porte-bonheur (ou malheurs) en tous genres. Mais, nous dit saint Paul, aucune “puissance” ne peut prévaloir sur la souveraineté du Christ. Il reste pour nous le “bon Samaritain” venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Notre responsabilité c’est d’achever cette œuvre créatrice de Dieu. Bien sûr, il ne manque pas de prétexte pour ne rien faire : “Je n’ai pas le temps… Je ne connais pas ces gens-là… Il faut se méfier des inconnus…” A ce moment-là, nous risquons de manquer le rendez-vous le plus important de notre vie. A travers le pauvre, c’est le Christ qui est là. Rappelons-nous de l’évangile du jugement dernier (Mt 25) : “J’ai eu faim… j’étais malade… j’étais étranger… et vous m’avez (ou vous ne m’avez pas) accueilli”. En nous racontant la parabole du bon Samaritain, le Christ voudrait nous inciter à remplir notre vie de l’amour qui est en lui et à nous faire le prochain de ceux et celles qu’il met sur notre route.

Ils sont nombreux ceux et celles qui ont suivi le Christ sur ce chemin. Saint Vincent de Paul y a engagé toute sa vie ; de même Mère Teresa, Sœur Emmanuelle et bien d’autres. Les uns et les autres nous renvoient cette question : “Que fais-tu pour les plus pauvres ?” Il ne manque pas d’organismes qui s’organisent pour la lutte contre la misère. Les chrétiens y sont très présents ; chacun peut trouver sa place que CCFD, au Secours Catholique, ATD Quart Monde.

En ce jour, nous te prions, Seigneur : fais-nous ressembler au samaritain qui fut pris de pitié et releva le blessé. Fais-nous ressembler à Jésus ton Fils qui s’est fait le prochain de chacun de nous. Amen

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