Ascension du Seigneur (29 mai 2025)

Vous serez mes témoins

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie
En ce jour de l’Ascension, nous célébrons le Christ ressuscité qui entre dans la gloire du Père. C’est sa dernière apparition à ses disciples. Désormais, il n’est plus visible sur la terre, mais il reste présent “tous les jours, jusqu’à la fin du monde”. Les apôtres sont pleins de joie car ils sont habités par la présence du Christ. De retour à Jérusalem, ils sont tous les jours au temple à bénir Dieu. Le soir de Pâques, Jésus leur avait donné le souffle de l’Esprit Saint. Au jour de la Pentecôte, ce souffle les transfigurera en témoins inlassables du Christ ressuscité. Avec eux, c’est le temps de l’Église qui commence.

La bonne nouvelle c’est aussi la confiance que Dieu nous fait. Le Christ ressuscité est présent partout. Il est tous les jours avec nous. Mais il n’est pas l’inquisiteur dont il faudrait se méfier. Il n’est pas là pour nous surveiller ni pour brimer notre liberté. Nous sommes créés libres et responsables. Son amour n’est pas écrasant. Il est libérant ; il fait confiance. Il ne cesse de nous dire : “N’ayez pas peur”. Au moment où il se retire, Jésus lève les mains et bénit ses disciples. Il est comme un père qui écarte les bras pour laisser son enfant marcher seul pour la première fois. Son amour nous rend libres. Il fait de nous des hommes et des femmes responsables, adultes dans la foi.

Cette confiance de Jésus à notre égard n’a d’égal que celle qu’il a pour son Père. Pour Jésus c’est allé jusqu’à la croix. Un tel amour est à la fois source de joie et de souffrance. La confiance est source d’émerveillement. Mais elle est aussi un risque. C’est une aventure qui nous apprend sans cesse à dépasser nos propres limites. La confiance donné et reçue nous grandit et nous rend humbles.

En ressuscitant Jésus et en l’élevant jusqu’à lui, Dieu confirme que ce chemin est celui de la vraie vie. Accepter le risque de la foi et mettre sa confiance en l’amour de Dieu nous fait passer, avec le Christ, de la mort à la vie. Notre Dieu est un Père plein d’amour qui croit en nous. Il fait de nous des hommes et des femmes libres, capables d’avancer sur le chemin qui conduit à lui. C’est par Jésus et avec lui que nous pourrons avancer sur ce chemin. En d’autres termes, on peut dire que l’Ascension du Christ nous prépare à notre ascension ; cette montée a commencé au jour de notre baptême et elle doit se continuer tout au long de notre vie.

Cette fête de l’Ascension est une bonne nouvelle pour notre monde qui en a bien besoin. Nous le voyons trop souvent plongé dans la méfiance et le doute. Pour beaucoup, l’avenir semble bouché. Si on veut gagner la confiance, il faut la mériter. Quand la rentabilité et l’efficacité deviennent les maître-mots, cela devient angoissant. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne peuvent plus supporter cette situation paralysante.

Devant tant de souffrances, nous entendons régulièrement cette question : “où est-il ce Dieu dont vous nous parlez” ? Il est bien là, présent au cœur de nos vies. Mais le problème c’est que nous sommes ailleurs. Les apôtres ont été envoyés dans toutes les nations. Leur mission a été de proclamer l’amour vainqueur. Aucune mort ne pourra arrêter sa course. C’est de cela que nous avons à témoigner dans notre vie de tous les jours. Le Christ ressuscité n’est plus visible à notre regard, mais le monde doit pouvoir contempler son visage à travers nous, entendre son message à travers nos paroles et toute notre vie. Et surtout, ils doivent y découvrir quelque chose de l’amour passionné pour tous les hommes. C’est cela la confiance que Jésus nous fait. Alors, ne perdons pas une minute. C’est à chaque instant que nous avons à rayonner cette lumière qui vient de Dieu.

L’Ascension de Jésus fait naître en nous une grande espérance. C’est une joie très forte que nous ne pouvons pas garder pour nous. Le Christ vainqueur de la mort et du péché veut nous associer tous à sa victoire. Il nous donne chaque jour son Esprit Saint qui fait de nous des témoins et des messagers de son amour. C’est avec joie que nous nous engageons activement à l’épopée de l’évangélisation. Il n’est pas question de conquérir mais de servir et d’aimer au nom du Seigneur qui nous envoie. Nous sommes tous appelés à vivre en ce monde en témoignant de cette Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu.

En ce jour, nous prions le Seigneur en communion les uns avec les autres. Rappelons-nous que c’est auprès de lui que nous trouvons la source de toute vie et de tout amour. Qu’il nous garde toujours unis à lui pour que nous soyons toujours fidèles à la mission qu’il nous confie.

Télécharger l’homélie et la prière universelle : Ascension du Seigneur

 

Mercredi de la 6ème semaine de Pâques (28 mai 2025)

L’Esprit de vérité
 
 
 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »
© AELF
 
 
Méditation
Jésus vient de nous présenter le rôle de l’Esprit saint dans son rôle d’avocat. Aujourd’hui, il nous en parle dans son rôle d’enseignement. L’Évangile  insiste très fortement sur ce point : Seul l’Esprit Saint peut nous faire comprendre et vivre en profondeur le mystère de Dieu. Les apôtres ne l’ont découvert que très progressivement. Au départ, ils n’ont guère vu en Jésus qu’un prophète, un maître en religion. Puis ils ont vu en lui le Messie, et enfin le Fils de Dieu. Les croyants de la Bible ont découvert que le Seigneur Dieu ne ressemblait guère aux autres divinités. Il s’est révélé comme un Dieu aimant et sauveur, un Dieu qui veut conduire l’humanité à sa propre vie divine. En Jésus, c’est le même Dieu qui se révèle. Il est le Dieu qui nous aime au point de devenir l’un de nous. Il nous conduit dans sa vie. Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous annonce qu’il nous a laissé son Esprit pour continuer à nous guider vers la Vérité tout entière, vers la vie de Dieu.
 
Voilà donc une approche bien limitée de ce mystère de Dieu. Je dirai que c’est un peu comme les vitraux d’une cathédrale : vus de l’extérieur, ils sont bien gris. Pour voir leur éblouissante lumière, il faut entrer, il faut franchir la porte. C’est alors que nous découvrons la merveille insoupçonnable. C’est ainsi que Dieu nous révèle les merveilles de son amour. Il nous ouvre la porte de son cœur pour nous les partager de l’intérieur. Mais rien n’est possible si nous ne plongeons pas dans cet océan d’amour qui est en Dieu.
 
C’est de cela que nous avons à témoigner dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons à lui dire que Dieu l’aime et qu’il nous appelle tous à revenir vers lui. C’est en vue de cette mission  que Jésus nous envoie l’Esprit Saint, pour qu’il nous conduise vers la Vérité tout entière. L’important, ce n’est pas d’avoir de grandes qualités intellectuelles, c’est d’être rempli de l’amour de Dieu et de vouloir le communiquer aux autres. Tout commence par le temps où nous venons puiser à la source dans la prière, l’écoute de la Parole Dieu et surtout l’Eucharistie. C’est à ce prix que nous pourrons être l’Église  de la Pentecôte.
 

Que ton Esprit, Seigneur, soit avec nous pour nous aider à accueillir l’amour qui vient de toi. Qu’il nous donne force et courage pour en être les témoins tout au long de notre vie.

La première en chemin, Marie tu nous entraines
A risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu.
Et voici qu’est semé en l’argile incertaine
De notre humanité, Jésus Christ, Fils de Dieu

Marche avec nous, Marie , sur nos chemins de foi,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu

 

Mardi de la 6ème semaine de Pâques (27 mai 2025

Viens Esprit Saint

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 5-11
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé,
et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”
Mais, parce que je vous dis cela,
la tristesse remplit votre cœur.
Pourtant, je vous dis la vérité :
il vaut mieux pour vous que je m’en aille,
car, si je ne m’en vais pas,
le Défenseur ne viendra pas à vous ;
mais si je pars, je vous l’enverrai.
Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde
en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché,
puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice,
puisque je m’en vais auprès du Père,
et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement,
puisque déjà le prince de ce monde est jugé. » (AELF)
 
 
Méditation
Avec cet Évangile, nous sommes à quelques heures de la Passion et de la mort de Jésus ; la perspective de ce départ est très douloureuse pour ses disciples. Mais il s’efforce de les rassurer en leur annonçant la venue de Celui qu’il appelle le Défenseur. Ce défenseur c’est l’Esprit Saint. Il va dénoncer la perversité du monde. Quand l’Évangile de saint Jean parle du monde, c’est le monde mauvais, celui qui refuse Jésus et qui organise sa vie sans Dieu, celui qui appelle bien ce qui est mal.
 
Nous nous préparons à fêter l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte. Ces deux fêtes nous révèleront la lumière éclatante de la croix. C’est la victoire de l’Amour sur le mal et le péché. Plus un amour est grand, plus on prend conscience de ce qui l’offense.
 
Comme la foule au jour de la Pentecôte, nous n’avons qu’une question à nous poser : « Que devons-nous faire ? » La réponse est toujours la même : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Invoquons l’Esprit de Vérité pour faire la lumière en nous et nous tourner vers le Seigneur pour qu’Il nous sauve. Et que la Vierge Marie nous accompagne pour nous aider à faire « Tout ce qu’il nous dira ».
 
 

Lundi de la 6ème semaine de Pâques (26 mai 2025)

« Quand viendra le Défenseur… »
 
Les 7 moines de Tibhirine
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16,1-4a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés.
On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.
Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.
Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
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Méditation
Nous continuons notre méditation sur le discours de Jésus au soir du Jeudi Saint. Aujourd’hui, il avertit ses disciples qu’ils auront à souffrir de la haine du monde. Leur vie sera un dur combat. Ils devront faire preuve de courage et de ténacité. Ils seront persécutés, battus, emprisonnés, martyrisés. Ceux qui leur feront subir tout cela s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.
 
Mais face à toutes ces attaques, les disciples de Jésus ne sont pas seuls. Il leur a promis un « défenseur » : c’est « l’Esprit de Vérité » qui procède du Père et du Fils. Il est toujours là pour accompagner les chrétiens persécutés. Il vient leur donner force et courage pour témoigner de leur foi au Christ.
 
Tout au long des siècles, on a cherché à étouffer l’annonce de l’Évangile. Pour beaucoup, la foi des chrétiens c’est de « l’obscurantisme ». Leur témoignage dérange car il va à l’opposé des idées à la mode. En fait, les accusateurs ne « connaissent » pas le vrai Dieu. Ils n’ont pas su contempler sa gloire manifestée dans le crucifié.
 
L’Esprit Saint nous est donné pour nous fortifier dans la foi. Quand les chrétiens sont tournés en dérision, quand ils sont persécutés, il intervient comme « défenseur ». C’est lui qui donne aux martyrs d’aujourd’hui le courage nécessaire pour rester fidèles jusqu’au bout. Avec Marie et avec toute l’Église, nous nous préparons à accueillir ce don de Dieu.
 
« O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre… »
 

6ème dimanche de Pâques (25 mai 2025)

O Seigneur, envoie ton Esprit

Textes bibliques : Lire

Pistes pour, l’homélie
Les textes bibliques de ce dimanche nous préparent à la grande fête de la Pentecôte. Ils nous annoncent ce que sera la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres et sur ceux qui entendront leur parole. Le livre des Actes des Apôtres nous dit que la bonne nouvelle se répand de plus en plus : de nombreux païens se convertissent à Jésus Christ. Mais un problème surgit : Des gens venus de Judée veulent leur imposer les pratiques reçues de la loi de Moïse. Mais contrairement à ce que pensent les esprits chagrins, l’ouverture au monde n’est pas un abandon de la foi. L’Église doit être ouverte aux nouveaux convertis. L’important ce n’est pas d’être fidèle à des traditions mais d’être fidèle à Jésus Christ et à sa parole.

Il faut le dire et le redire : la mission de l’Église n’est pas de sauver des traditions mais de travailler avec Jésus Christ qui veut sauver le monde. Nous sommes tous appelés à participer à cette mission. Quelqu’un a dit qu’une paroisse qui n’évangélise pas est une paroisse morte. Nous sommes tous invités à revenir au cœur de la foi et à en être les témoins dans le monde d’aujourd’hui. C’est l’Esprit saint qui nous y pousse. Sa présence dans notre vie et notre monde vient tout bousculer. Il ne suffit plus de respecter une loi et des interdits. Ce qui nous est proposé c’est de plonger dans cet océan d’amour qui est en Dieu. Si nous faisons cela, plus rien ne peut être comme avant.

Le texte de l’Apocalypse (2ème lecture) nous parle également d’ouverture. À sa manière, il nous fait redécouvrir la foi de Pâques. La résurrection de Jésus nous ouvre à un monde neuf et tout autre : nous savons que, dans la tradition biblique, la ville de Jérusalem est le lieu que Dieu a choisi pour habiter parmi les hommes. Désormais, le Christ ressuscité vient faire de nous un peuple ouvert aux quatre points de l’horizon ; nous ne devons jamais oublier cette perspective universelle. Si le Christ a livré son Corps et versé son sang, c’est précisément pour nous et pour le monde entier.

L’Évangile de ce jour vient justement nous rappeler que le plus important n’est pas de respecter des règles ou des traditions mais de nous attacher au Christ. Il est “le chemin, la vérité et la Vie”. Ses paroles sont celles “de la Vie éternelle”. Il veut nous faire entrer dans son intimité avec le Père et l’Esprit Saint : “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui, chez lui nous ferons notre demeure.” C’est ce qui se passe chaque fois que nous allons communier : Dieu vient habiter en nous, nous devenons le temple de Dieu.

Cette présence est bien plus efficace que celle du temps où il marchait sur les terres de Palestine. En effet, ce n’est plus seulement Jésus mais le Père et l’Esprit Saint qui viennent demeurer en nous. Et si Dieu vient en nous, c’est au nom de l’amour qu’il nous porte. Cet amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous n’oublions pas que Jésus a prononcé ce discours la veille de sa Passion. Il se préparait à livrer son corps et à verser son sang pour nous et pour la multitude.

Ces paroles du Christ sont comme un testament ; elles nous disent ses dernières volontés : garder sa parole et y être fidèle, même dans les moments les plus difficiles. Notre amour ne peut qu’être une réponse à celui qui ne cesse de faire le premier pas vers nous. Le seul désir du Christ c’est d’aimer chacun de nous comme s’il était son unique souci. Et il compte sur nous pour que nous en soyons les témoins vivants par nos paroles et surtout par toute notre vie.

Nous chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés dans le monde pour transmettre ce flambeau. Dans ce monde, il y a beaucoup de choses merveilleuses, des gestes de générosité extraordinaires. Il y a aussi beaucoup de souffrances ; la paix est de plus en plus menacée ; de nombreux chrétiens sont persécutés à cause de leur foi en Jésus Christ ; un peu partout, nous assistons à une montée de la violence, du racisme et de l’exclusion. Mais nous ne devons pas désespérer : ce monde malade, le Christ l’aime ; il a donné sa vie pour tous. Avec lui, nous apprenons à voir les autres comme il les voit et à les aimer comme il les aime. Il nous envoie pour y être les signes vivants de son amour par nos paroles, nos actes et toute notre vie.

En ce mois de mai, nous continuons à nous tourner vers Marie, notre Maman du ciel. Comme aux noces de Cana, elle continue à nous dire : “Faites tout ce qu’il vous dira”. Elle était avec les apôtres qui se préparaient à recevoir l’Esprit Saint en vue de la mission ; elle est aussi avec nous pour nous inviter à accueillir le don de Dieu. Sa présence vient raviver notre foi, notre lien profond avec le Christ et notre désir de le suivre sur le chemin vers la Maison du Père.

Télécharger : 6ème dimanche de Pâques

Sources : Revue Feu Nouveau – Pour célébrer l’eucharistie (Feder et Gorius) – homélie pour l’année C (Amédée Brunot) – Célébrons dimanche (assemblées de la parole) – missel de dimanche et fêtes des trois années – dossiers personnels.

Samedi de la 5ème semaine de Pâques (24 mai 2025)

DANS UN MONDE QUI A DE LA HAINE
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 18-21
 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. » (AELF)
 
Méditation
Jésus vient de parler de son amour pour ses disciples. Dans l’Évangile de ce jour, il leur annonce qu’ils auront à souffrir à cause de lui :  » Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. » L’Évangile de saint Jean a été écrit bien après la résurrection du Christ. Les chrétiens de Rome subissent la persécution ; dans le monde juif, ils sont exclus des synagogues. La foi chrétienne est considérée comme de « l’obscurantisme ».
 
Si Jésus subit toute cette haine c’est parce qu’il témoigne de ce qu’il y a de mauvais dans le monde. Cette haine atteint les disciples parce qu’ils dénoncent le monde pécheur. Et surtout, ils sont porteurs des paroles de Jésus qui vont à l’opposé de ce que vit le monde.
 
Le XXème siècle est celui qui a connu le plus grand nombre de martyrs. Et cela continue au XXIème. Nous vivons dans un monde qui refuse Dieu. Le conflit est sans pitié. Le procès de Jésus n’est pas achevé. Mais le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera.
L’image ci-dessus est horrible. Et pourtant c’est la réalité. Des églises sont vandalisées ou incendiées. Des chrétiens, hommes, femmes et enfants sont persécutés et mis à mort à cause de leur foi. Le message de l’Évangile va à l’encontre de la mentalité du monde. Il dérange. Alors on fait tout pour l’éliminer. Mais rien ni personne ne peut arrêter la Parole de Dieu. O Marie, toi que nous appelons « Notre Dame de la Paix », prie pour nous pauvres pécheurs.
 
 
Nous nous tournons vers la Vierge Marie : qu’elle intercède pour nous et pour notre monde

Vendredi de la 5ème semaine de Pâques (23 mai 2025)

« Aimez-vous les uns les autres… »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 12-17 
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis
si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs,
car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
je vous appelle mes amis,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,
c’est moi qui vous ai choisis et établis
afin que vous alliez,
que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure.
Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande :
c’est de vous aimer les uns les autres. »
AELF
 

 

Méditation
Dans les textes de saint Jean, les mots “aimer” et “amour” reviennent très souvent. Avec une telle avalanche d’amour, nous sommes bien obligés de reconnaître que le Dieu qui se révèle en Jésus est un Dieu d’amour. C’est tout le contraire de ce que croient bien des personnes et pas seulement parmi les plus âgées. Beaucoup s’imaginent un Dieu qui fait peur, un Dieu qui menace quand nous n’accomplissons pas sa volonté. Ce Dieu menaçant n’est pas celui de Jésus Christ. Le vrai Dieu c’est celui qui nous envoie son Fils pour nous communiquer son amour : “Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés”
 
Nous reconnaissons tous qu’on a beaucoup déformé l’image du vrai Dieu. On a voulu en faire celui dont on se sert pour rétablir l’ordre. Bon gré mal gré, on doit se soumettre à ses commandements et à ceux de l’Église. Certains disent qu’on devrait rappeler avec force les exigences de la morale chrétienne et imposer une discipline stricte. Et pour que cela soit efficace, on insiste sur le péché et la menace des punitions divines. On s’appuie sur les paroles dures de Jésus. C’est vrai qu’il y en a qui pourraient justifier toutes les peurs. Mais les textes bibliques de ce jour nous disent que ces paroles doivent être mises dans le “bain” de l’amour. “Demeurez dans mon amour, nous dit Jésus, je vous dis cela pour que vous soyez comblés de joie.”
 
Le vrai Dieu c’est celui qui nous veut joyeux. Il nous a créés pour nous faire participer à sa joie. Cette joie c’est le fruit de son amour, le fruit de l’alliance vécue dans l’amour. C’est le bonheur de se savoir aimés de Dieu, d’être enfants de Dieu. Au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Alors là, c’est toute notre vie qui est changée. L’important n’est plus de respecter une morale et des lois mais de vivre de cet amour qui est en Dieu et de le communiquer aux autres autour de nous.
 
Le grand projet de Dieu sur le monde, c’est que tous les humains finissent par former ensemble une immense famille où tous se voudront frères les uns des autres, quelle que soient leur culture ou leur religion. C’est ainsi que nous pourrons nous enrichir mutuellement dans le respect de nos différences. Car chacun doit garder son identité propre : ce ne doit pas être une fusion, mais une communion dans la diversité de tous.
 
“Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés…” Autant dire que le disciple est appelé à passer par où Jésus est passé. Le verbe aimer prend alors un sens bien précis. “Nul n’a de plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis.” C’est en regardant vers la croix du Christ que nous comprenons mieux ce que cela signifie pour nous chrétiens d’aujourd’hui. On commence à donner sa vie en écoutant, en supportant, en partageant, en encourageant. C’est tous ces gestes d’amour et de partage qui font la valeur d’une vie.
 
Mais nous n’oublions pas que pour avoir quelque chose à donner, il faut d’abord recevoir. C’est pour cela que Jésus nous demande de “demeurer” dans son amour. Demeurer, c’est tout un programme : c’est nous installer dans cet amour qui est en Dieu, nous y blottir. C’est tout simplement nous laisser aimer. Si nous baignons dans l’amour de Dieu, nous ne regarderons plus les autres comme des étrangers mais comme des frères. Ensemble, nous pourrons découvrir le vrai visage du Dieu de la joie.

Jeudi de la 5ème semaine de Pâques (22 mai 2025)

 » Demeurez dans mon amour… »
 
 


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 9-11
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Comme le Père m’a aimé,
moi aussi je vous ai aimés.
Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements,
vous demeurerez dans mon amour,
comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père,
et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite. » (AELF)

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Méditation

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. » Ces paroles sont le testament qu’il nous a laissé la veille de sa mort. Elles s’adressent aux apôtres mais aussi à chacun de nous aujourd’hui. Ce sont ses dernières volontés. Elles nous révèlent ce qu’il y a de plus profond en lui, ce qu’il nous confie de réaliser.
 
Jésus tient à préciser que c’est un commandement nouveau. Ce qui est nouveau, ce n’est pas l’amour. Ce commandement de l’amour existait dans l’Ancien Testament, bien avant la venue de Jésus : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Avec l’Évangile de ce jour, nous faisons un pas de plus : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés. » L’amour que nous devons avoir les uns pour les autres nous vient du Père par Jésus. Ce qui est premier, c’est cette affirmation : Dieu est amour. Cet amour, ce n’est pas une simple qualité de Dieu. C’est tout son être qui est amour.
 
Quant à nous, nous ne sommes pas l’amour, mais nous avons en nous celui qui est l’Amour. C’est pour cette raison que saint Jean écrit : « celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. » On ne peut pas vivre sans cet amour qui est en Dieu Père, Fils et Esprit Saint. Et cet amour qui vient de Dieu, nous ne pouvons le vivre qu’en passant par les autres.
 
Il nous appartient d’en tirer toutes les conséquences dans nos familles, nos villages, nos quartiers. Quand un chrétien va visiter une personne malade ou un prisonnier, c’est toujours au nom de cet amour qui est en Dieu. Il en est de même quand nous partageons avec les plus pauvres, ceux qui ont tout perdu. C’est toujours une réponse à Jésus qui nous commande de nous aimer les uns les autres. Aimer nous fait ressembler à Dieu.
 
Bien sûr, quand nous parlons d’amour, il faut éviter les contrefaçons. Nous le savons bien : le verbe aimer comporte des nuances qui vont du sublime au sordide. L’amour vrai trouve sa source en Dieu. Il fait sans cesse le premier pas vers nous. C’est la croix du Christ qui nous le révèle. Elle nous le montre livrant son corps et versant son sang pour nous et pour la multitude. C’est ce don de Dieu qui nous rassemble chaque dimanche à la messe. Nous accueillons Celui qui est l’Amour pour le porter aux autres.

Seigneur, toi qui es l’Amour, nous te prions les uns pour les autres et pour notre monde. Rassemble-nous tous dans la paix de ton amour. Amen

Mercredi de la 5ème semaine de Pâques (21 mai 2025)

« Je suis la  vraie vigne »
Lire l’Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 1-8
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit,
il le purifie en le taillant,
pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment
ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors,
et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse,
on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père,
c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. » (AELF)
 
Méditation
Jésus se présente à nous comme « la vraie vigne ». Il insiste sur le lien vital qui doit exister entre lui et son disciple. Nous savons qu’un  sarment  ne peut  vivre  s’il  est  coupé  du  cep  de  vigne.  De même,  un  disciple  qui  ne  demeure  pas  en  Jésus  ne  peut  rien faire.   Mais   s’il   est   bien   relié   à   son   Seigneur,   il   donnera beaucoup de fruits.
 
Il y a un mot qui revient sept fois en quelques lignes, c’est le verbe « demeurer« , au sens de « vivre avec ». Demeurez en moi, vivez avec moi. Il s’agit pour nous d’être vraiment attachés au Christ par la foi. Croire en lui, c’est une conversion de toute une vie, c’est une communion permanente. On est loin de ceux qui se contentent de quelques vagues gestes religieux.
 
Alors se pose l’inévitable question : Demeurer en Jésus, oui mais comment ? Comment pouvons-nous être sûrs de le rencontrer ? Cela ne se passe pas comme avec notre voisin de quartier ou de village. On ne rencontre pas Jésus en direct mais par des intermédiaires. Il nous faut trois chemins pour  cela  :  Celui  de  la  Parole  de  Dieu,  celui  de  la  prière  et  des  sacrements  et  celui  de  la  vie quotidienne.
 
Le  chemin  de  la  Parole  de  Dieu  :  Pour  demeurer  dans  le  Christ,  il  nous  faut  demeurer  dans  sa Parole.  Il faut  se donner  du  temps  pour  l’accueillir.  Cette  Parole de  Dieu  nous est  donnée  par  la Bible, l’Évangile, une revue, un livre religieux, une radio chrétienne ou une émission religieuse de la  télévision.  Et  bien  sûr,  nous  n’oublions  pas  celle  qui  est  proclamée  au  cours  de  la  messe  du dimanche.
 
Le  deuxième  chemin  pour  demeurer  dans  le  Christ,  c’est  celui  de  la  prière  et  des  sacrements. Pour  demeurer  en  sa  présence,  il  faut  lui  parler  et  l’écouter.  C’est  la  prière  fidèle,  régulière  et fréquente, pas seulement une « petite prière » de temps en temps. On s’entretient avec Jésus pour lui confier quelqu’un ou pour lui dire merci ou encore pour lui demander d’éclairer notre vie. Mais quand on parle d’entretien, c’est aussi la maintenance, un peu comme l’entretien de sa voiture.
 
La prière nous aide à maintenir l’évangile en état de marche dans notre vie. Cette communion avec le Christ  se  réalise  aussi  par  les  sacrements,  en  particulier  l’Eucharistie.  Nos  évêques  nous  l’ont souvent rappelé : elle est « source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. » Elle nous  donne  d’être  unis  au  Christ,  de  faire  corps  avec  lui.  Nous  y  recevons  son  amour  pour  en vivre dans notre vie de tous les jours.
 
Troisième chemin, celui de la vie quotidienne : Pour demeurer dans le Christ, il n’est pas question de quitter notre vie de tous les jours ni de fuir ce bas monde. Ce qui nous est demandé c’est de nous y enraciner et de porter du fruit. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas les belles paroles mais l’amour mutuel, les gestes de partage, d’accueil et de solidarité.
 
Tout au long de ce mois de Mai, nous nous tournons vers la Vierge Marie. Nous lui demandons qu’elle intercède pour nous « pauvres pécheurs » et qu’elle nous aide à faire « tout ce qu’il nous dira ».

Mardi de la 5ème semaine de Pâques (20 mai 2025)

« Je vous laisse la paix »
 
 
 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 27-31 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. » (AELF)

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Méditation

Nous sommes au soir du Jeudi Saint, la veille de la mort de Jésus. Ses amis sont perturbés par l’annonce de la trahison de Judas et du reniement de Pierre. Mais il les invite à ne pas être bouleversés ni effrayés. Il leur donne « sa » paix, celle de son propre cœur. « Ce n’est pas à la manière du monde » qu’il nous la donne. La paix qu’il nous laisse est une force qui nous permet de traverser librement le drame du Calvaire.
 
En méditant cet Évangile, nous pouvons penser à Saint Maximilien Kolbe qui a vécu une longue et terrible agonie dans le camp de concentration d’Auschwitz. Tout autour de lui n’était que torture et misère humaine. Pourtant dans le cœur du Père Kolbe, régnait la paix, cette paix que le Christ avait promise à ses disciples.
 
Nous vivons dans un monde qui fait régner la peur et l’intimidation. Mais la paix que Jésus nous laisse n’est pas une absence de combat. Nous devons la chercher au fond de nous-mêmes, en plein milieu des tempêtes et des combats. C’est une paix qui naît du pardon et qui est nourrie par l’amour de Dieu en nous. Avec Marie, reine de la paix, nous rendons grâce pour ce don de Dieu.