Samedi de la 33ème semaine du temps ordinaire

Le Dieu des vivants
 
 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 20,27-40.
En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,
car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »
Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »

Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.
© AELF

 

Méditation

La foi en la résurrection est au cœur de l’Évangile. Elle en est même l’élément central. Et pourtant, ils sont nombreux ceux et celles qui ont du mal à y adhérer, même parmi les chrétiens. L’Évangile de ce jour atteste que cela n’allait pas de soi dans le judaïsme de l’époque. Les pharisiens l’acceptaient. Mais les Sadducéens plus conservateurs, l’ont toujours refusé parce qu’elle n’était pas inscrite dans la loi de Moïse. Ils allaient même jusqu’à la tourner en dérision.

Les deux groupes, pharisiens et sadducéens interrogent Jésus pour le mettre dans l’embarras. Dans sa réponse, Jésus cite le livre de l’Exode : Dieu s’y présente à Moïse comme « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ». Ces trois patriarches sont morts depuis longtemps. Mais Jésus en conclut que Dieu n’est pas le Dieu des morts mais celui des vivants.

Voilà cette bonne nouvelle qui nous est rappelée en ce jour. À la suite des patriarches et de bien d’autres croyants, nous sommes tous appelés à cette vie nouvelle que Jésus appelle le Royaume de Dieu. Ce monde nouveau n’est pas la continuation de celui dans lequel nous vivons actuellement. Il est tout autre. Il y a une rupture radicale ente la vie actuelle et la vie de ressuscité. L’important c’est de faire confiance à celui qui a dit : Je suis la résurrection et la Vie… Celui qui croit en moi vivra éternellement.

Ce trésor de la résurrection, nous ne pouvons pas (nous ne devons pas) le garder pour nous. Il nous faut le transmettre, le crier au monde entier. Au-delà de la mort, nous serons vivants en Dieu. Cette espérance doit nourrir notre prière. N’oublions jamais le Dieu des vivants. Il nous appelle tous à partager sa vie dès maintenant.

Seigneur, nous te prions : que la foi et l’espérance de l’Église soient pour tous les hommes l’annonce de la vie éternelle que tu veux partager avec eux.

 


Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie

21 novembre
 
La vraie famille de Jésus
 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12, 46-50
Comme Jésus parlait à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit: «Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler.»
Jésus répondit à cet homme: «Qui est ma mère, et qui sont mes frères?» Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit: «Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère.»
©AELF
 
Commentaire
La mère et les frères de Jésus se tenaient dehors et cherchaient à lui parler. Comprenons bien : ces « frères » de Jésus ne sont pas les fils de Marie mais des proches parents, des cousins. Dans le monde hébreu et araméen, on les appelait « frères ».
 
La réponse de Jésus peut nous surprendre. En fait, il ne s’agit pas d’un rejet de ceux qui lui sont unis par le sang. Dans le Royaume fondé par lui, il y a un autre critère de parenté : avec lui, nous entrons dans une communauté de vie bien supérieure à celle qui vient du sang. C’est un appel à aimer le Christ plus que son père et sa mère.
 
Avec ce texte, saint Matthieu désigne ceux qui formeront la nouvelle communauté de Dieu, ceux qui cherchent avant tout la volonté de Dieu. Ils ne se content plus d’obéir à une loi ; ils se laissent enseigner par Jésus.
 
Les Évangiles ne nous disent rien de la Présentation de Marie au Temple. Cet événement nous est rapporté par le « protévangile de Jacques ». Anne et Joachim voulurent remercier Dieu de la naissance de cette enfant. Ils la lui consacrèrent. Tout au long de sa vie terrestre, elle n’a cherché qu’à faire la volonté de Dieu. À l’exemple de Marie, tout baptisé est appelé à participer au plan de salut de Dieu.

 

Temps de prière

Jeudi de la 33ème semaine du temps ordinaire

Lamentations sur Jérusalem

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19, 41-44.

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :
« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.
Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ;
ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »
© AELF
 
Méditation 
Jésus pleure sur Jérusalem ; cette ville qui n’a pas su accueillir le don de Dieu va vers sa ruine. Tout au long de son histoire, elle a été châtiée par les Égyptiens, les Grecs, les Romains, les Babyloniens, les Syriens, les Assyriens… Tous ont eu leur part ; Jésus pleure sur ce peuple qui est aveugle. Ce dernier n’a pas vu qu’il s’enfonce dans la destruction physique et spirituelle.
 
Et pourtant, ce peuple a eu les prophètes et les juges. Mais les uns et les autres ont été ignorés, torturés, mis à mort. Il a eu la Loi. Et maintenant, il y a Celui qu’on nomme Merveilleux Conseiller, Prince de la Paix, Seigneur de l’univers. Mais le peuple se détournera de lui, le torturera et le fera mourir sur une croix.
 
Jésus pleure aussi sur nous et sur notre monde. Il voit toutes les fois où nous nous sommes détournés de lui. C’est en regardant vers la croix que nous prenons conscience de la grandeur de son amour et de la gravité de notre péché. Il est toujours là pour nous accueillir et nous pardonner. Mais nous voyons bien que nous retombons souvent dans les mêmes péchés. Nous sommes aussi aveugles que le peuple choisi. Nous tombons sous l’emprise du démon, le Prince des ténèbres  qui nous détourne du chemin de la vraie vie. Cet Évangile nous adresse une invitation à reconnaître le Seigneur qui vient nous visiter et nous sauver 

Pitié, Seigneur, car nous avons péché…

Temps de prière

 

 

 

Mercredi de la 33ème semaine du temps ordinaire

La parabole des dix mines
 
 
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,11-28.
En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même.
Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.
Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”
Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”
Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.
Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.”
Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”
Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.”
À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”
Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge.
En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”
Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ;
alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”
Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.”
On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus !
– Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »
Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. © AELF
 
 

Méditation : Jésus approche de Jérusalem. Beaucoup pensent qu’il va inaugurer son ministère triomphal. Les disciples n’ont pas encore compris l’annonce de la Passion. C’est à ce moment-là que Jésus raconte la parabole des mines.

C’est l’histoire d’un homme qui part vers un pays lointain pour y être investi de la royauté et revenir ensuite. Avant de partir, il appelle ses serviteurs et leur confie la somme de dix mines. Une mine représente environ 3500 dollars. C’est donc une somme très importante.
 
Cet homme qui part c’est Jésus. Les serviteurs c’est chacun de nous. En nous racontant cette parabole, Jésus nous fait comprendre qu’il nous confie ses biens les plus précieux. Ces biens, nous les recevons pour les mettre au service de tous.
 
Dieu nous a choisis pour participer à son œuvre de salut, pour répandre sa Parole, pour amener les autres à lui. Il veut que nous soyons remplis de l’Esprit Saint. Les tièdes ne l’intéressent pas. Il les vomit. Ces dons qu’il nous confie doivent produire au centuple. Dieu sera mécontent de ceux qui se seront détournés de lui délibérément. Il sera déçu par les indifférents et les paresseux qui n’auront pas répondu à son appel.
 
« Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tous biens. Amen. »

Mardi de la 33ème semaine du temps ordinaire

 
« ZACHÉE, DESCEND DE TON ARBRE… »
Évangile selon Saint Luc (19, 1-10)
En ce temps-là,
    entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
    Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts,
et c’était quelqu’un de riche.
    Il cherchait à voir qui était Jésus,
mais il ne le pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
    Il courut donc en avant
et grimpa sur un sycomore
pour voir Jésus qui allait passer par là.
    Arrivé à cet endroit,
Jésus leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
    Vite, il descendit
et reçut Jésus avec joie.
    Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
    Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :
« Voici, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
    Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d’Abraham.
    En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »
© AELF
 
 
Méditation
Zachée n’était pas seulement publicain (collecteur des impôts pour l’occupant romain) ; il était aussi le chef des publicains. Il était donc très voleur, très pécheur et très riche. Or voilà que cet homme a un ardent désir de voir Jésus. Il court devant, il monte sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. À partir de ce moment, tout va se passer bien au-delà de ce qui était prévu : Jésus appelle Zachée ; la première chose qu’il lui demande c’est de descendre. En effet, Zachée s’est trompé. Si on veut rencontrer Jésus, il ne faut pas monter, il faut descendre. Lui-même s’est fait le plus petit et le plus pauvre. C’est en descendant que nous pourrons le rencontrer.
 
Jésus s’invite donc dans la maison de Zachée. Pour cet homme méprisé de tous, c’est vraiment un jour de joie. Il n’avait jamais imaginé que cela puisse lui arriver. Cette simple rencontre avec Jésus a été un bouleversement complet pour lui. Zachée se tient debout devant Jésus : c’est l’attitude du priant. Le fait d’être en présence de Jésus amène Zachée à se convertir : il décide de donner la moitié de ses biens aux pauvres. Pourquoi la moitié ? Parce que l’autre moitié n’est pas à lui mais à l’occupant romain. Donc il donne tout aux pauvres et en plus, il décide de réparer les torts qu’il a causés.
 
Cet Évangile nous dit la joie de Jésus : « Aujourd’hui, le Salut est arrivé dans cette maison. Zachée est sauvé, il est sorti du monde du mal, sorti de Jéricho. Il devient fils d’Abraham. Il entre dans l’alliance que Dieu a  établie avec les hommes. Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Ce qu’il a fait pour Zachée, il le fait aussi pour chacun de nous. Il attend que nous descendions de notre arbre ; cet arbre, c’est celui où nous nous cachons pour rester en dehors des combats des hommes ; c’est celui de nos certitudes, celui de notre bonne ou mauvaise conscience…
 
Nous sommes tous invités à descendre de notre piédestal pour nous laisser habiter par Jésus lui-même. Il nous faut aussi accepter de laisser les autres entrer dans notre vie. Le vrai Dieu, celui que Jésus est venu nous révéler, c’est précisément celui de tous les exclus, qu’ils soient riches ou pauvres, jeunes ou adultes.
 
En ce jour, nous te prions Seigneur pour tous les Zachée de la terre, tous ceux et celles qui sont rejetés et méprisés à cause de leur passé et de leurs actes. Tu veux demeurer chez eux comme chez nous. Par ton Eucharistie, tu nous invites chez toi. Que notre rendez-vous à la messe et à l’adoration nous transforme comme il a transformé le publicain de Jéricho. Amen
 

Lundi de la 33ème semaine du temps ordinaire

 

  

L’aveugle de Jéricho

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18, 35-43.

Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je retrouve la vue. » Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. » À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu. © AELF

 
Méditation
Jéricho est situé au-dessous du niveau de la mer. Cette ville représente le monde du péché éloigné de Dieu. Jésus et ses disciples passent par cette ville alors qu’ils sont en route vers Jérusalem.. Une foule nombreuse se presse autour de lui. Sur sa route, il croise un homme aveugle qui est assis au bord de la route pour mendier.
 
Cet homme aveugle et mendiant est l’image de l’humanité tombée dans le péché. Apprenant que c’est Jésus qui passe, l’homme aveugle va le supplier avec grande insistance. On cherche à le faire taire. Mais plus on veut le faire taire, plus il crie fort. C’est un très bel exemple de ténacité et de constance dans la prière. On peut avoir de nombreuses raisons de ne pas prier. Mais ce pauvre mendiant nous apprend à ne pas nous décourager.
 
Le même Jésus continue à passer sur nos routes, au cœur de nos vies. Il passe partout où il est annoncé, partout où des gens se rassemblent pour le prier, l’écouter et parler de lui. Des gens qui sont loin de lui entendent comme une rumeur. Ils cherchent à savoir. Parfois, ils viennent à l’église pour voir. Comment les accueillons-nous ? On voit parfois des chrétiens qui préfèreraient rester bien entre eux. Et aujourd’hui, il dit aux disciples : « Appelez-le. » Tous les hommes sans exception sont appelés à Jésus. Voilà un message de la plus haute importance pour nous qui fonctionnons trop souvent sur le mode de l’exclusion.
 
Cet évangile nous annonce une bonne nouvelle : L’aveugle a été guéri, oui bien sûr, mais le plus important est ailleurs ; sa confiance absolue en Jésus l’a sauvé. Nous pouvons demander au Seigneur de nous donner » la même foi que ce mendiant aveugle, qu’il nous libère de tout ce qui nous ferme à lui et à tous nos frères.
 
Aujourd’hui, Jésus nous repose la même question qu’à cet homme : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Ce n’est pas une question piège comme celles que posent les pharisiens. C’est simplement la question d’un Dieu qui veut passer dans notre vie pour nous sauver. Mais sans notre confiance, il ne peut rien faire. Comme l’aveugle de l’évangile, nous crions : « Fais que je voie ! » Aie pitié de moi qui ne vois trop souvent que l’affreuse nuit du doute. Aie pitié de moi qui ne vois pas toujours le sens de ma vie et le pourquoi des épreuves qui m’accablent. Aie pitié de moi qui ne vois pas combien tu m’aimes.
 
Le Seigneur est là pour nous guérir de nos aveuglements, pour nous ouvrir à l’amour de Dieu et à celui de tous nos frères. Aujourd’hui, c’est un exclu qui nous donne l’exemple. La confiance est un combat de tous les jours, parfois dans l’obscurité de la foi. Mais grâce à cet homme guéri, nous savons que la nuit n’a pas le dernier mot. C’est de cette espérance que nous avons à témoigner tout au long de notre vie auprès de tous ceux et celles qui nous entourent.
 
Pour prier
 

33ème dimanche dans l’année ©

“Fais paraître ton jour…”

La liturgie de ce jour ne doit pas être anxiogène, mais source de confiance et d’espérance pour chacun. Le style littéraire apocalyptique adopté par l’évangile vise à affermir les disciples dans la foi. Ne soyons pas prophètes de malheur, mais témoins de l’espérance qui nous habite.

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
C’est le Seigneur qui nous rassemble ! Il nous donne sa Parole, nous partage sa paix et nous révèle sa présence au milieu de nous. C’est le jour du Seigneur annoncé par les prophètes ! Sa lumière éclaire celles et ceux qui acceptent de se tourner vers lui.

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire

Nous approchons de la fin de l’année liturgique. Chaque année, la liturgie nous annonce le basculement vers le monde nouveau. Le prophète Malachie (1ère lecture) s’adresse à des croyants qui ne savent plus très bien où ils en sont. Les hommes ont longtemps cru pouvoir espérer une justice immédiate, une rétribution de leur vivant. Mais il a bien fallu se rendre à l’évidence : les justes qui restent fidèles au Seigneur sont persécutés. Par contre, les impies et les partisans du mal prospèrent.

Mais Dieu a une bonne nouvelle pour nous : le mal n’aura pas le dernier mot. Les croyants ne doivent pas désespérer. Un jour, Dieu manifestera qu’il sait faire la différence : il l’emportera sur les forces de destruction qui agitent les hommes et le monde. Ce sera l’établissement tant espéré de la justice de Dieu. Elle marquera sa victoire sur les ténèbres, sur le mal et sur la mort. Plus tard, Jésus annoncera que ce salut n’est pas que pour les fidèles ; il est offert à tous les hommes. Le Seigneur attend patiemment que tous se convertissent à son amour.

À l’époque de saint Paul, on pensait que ce retour du Seigneur était pour bientôt. Pour certains, c’était devenu un prétexte pour ne rien faire. On estimait que cela ne servait à rien de faire des projets, d’entreprendre ou de travailler. Dans sa lettre, Paul vient les recadrer ; lui-même se donne comme exemple : il a toujours exercé une activité pour ne pas peser sur les ressources de la communauté. Il les invite à travailler pour manger le pain qu’ils auront eux-mêmes gagné. Les chrétiens doivent être présents dans le monde par une vie de travail exemplaire. L’apôtre a des paroles dures pour les paresseux : “Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.”

Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu parler de catastrophes : il y aura la ruine du temple de Jérusalem, des guerres, des famines, des persécutions. Des gourous, des manipulateurs, des sectes de toutes tendances chercheront à en tirer profit pour aliéner ceux qui se laisseront prendre à leurs hameçons. Nous avons tous eu la visite des témoins de Jéhovah. Aujourd’hui, Jésus vient nous ramener à l’essentiel : “Ne vous laissez pas égarer… Ne marchez pas derrière eux… Ces gens ne parlent pas au nom de Dieu ; Ils ne représentent qu’eux-mêmes”.

Il ne faut pas chercher le Christ dans ce qui affole ou qui dramatise l’histoire. Le Seigneur est toujours bien présent au cœur de nos vies. Aucune épreuve ne peut nous séparer de son amour. Quand tout va mal, il est celui qui nous donne le courage de travailler à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. En ce temps de violences et dans nos jours de faiblesse, nous avons du mal à le reconnaître. Le jour du Seigneur semble tarder. Mais n’oublions jamais : Il n’y a pas d’autre sauveur à attendre que Jésus mort sur la croix et ressuscité.

Ceux qui se réclament de lui seront victimes de persécutions. Depuis de nombreux mois, nous voyons bien qu’elles ont pris une ampleur effrayante, surtout dans les régions de culture islamique. Nous pensons aussi aux chrétiens de Chine, de Corée du Nord et de bien d’autres pays. Et même dans nos pays d’Europe, le fait d’être chrétien est de plus en plus souvent motif d’exclusion.

Jésus nous annonce des temps difficiles. Nous aurons à lutter contre les forces du mal qui cherchent à nous détourner de lui. Le danger viendra également des “divertissements de ce monde” qui risquent d’en égarer beaucoup. Ce sont là des idoles qui viennent piéger notre attention et nous avaler tout entier. “Prenez garde !” nous dit Jésus. La seule attitude qui convient, c’est celle du veilleur. Nous sommes appelés à être ceux qui guettent l’aube du jour du Seigneur.

La liturgie de ce dimanche nous rappelle que nous sommes invités à avancer humblement et avec courage en nous ressourçant chaque jour à la Parole de Dieu. Cette Parole est “lumière pour nos pas”. Chaque dimanche, le Seigneur nous donne rendez-vous pour l’Eucharistie source et sommet de toute vie chrétienne. Puis il nous envoie pour agir comme lui et avec lui au service des autres. C’est avec lui que nous pourrons rester en éveil pour témoigner de l’espérance qui nous anime.

“Fais paraître ton jour… Seigneur !” À ce monde que tu fais chaque jour avec tendresse, donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau. Sur les hommes qu’il t’a plu de créer à ton image, envoie ton Esprit, un Esprit nouveau. Amen

Sources : Revue Feu Nouveau, – Homélies pour l’année C (A Brunot) – Célébrer Dimanche (Assemblées de la Parole) – dossiers personnels

Prière universelle
Introduction
Face à l’adversité, Jésus nous invite à la confiance et à l’espérance. Confions au Seigneur celles et ceux qui sont éprouvés afin que leur foi ne défaille pas.

Intentions
Pour nos frères et sœurs persécutés en raison de leur foi, pour tous ceux qui, dans les épreuves, témoignent de leur espérance, ensemble prions.

Pour nos frères et sœurs qui se sentent submergés par la peur, l’angoisse ou le découragement, ensemble prions.

Pour celles et ceux qui restent indifférents aux souffrances de leurs frères ou qui parlent, mais ne font rien, ensemble prions.

Pour nos communautés chrétiennes qui ont par fois difficile de rendre compte de l’espérance qui doit les habiter et qui sont par fois tentées de se replier sur elles-mêmes, ensemble prions.

Dieu, notre Père, tu fais de nous les pierres vivantes de ton nouveau temple qui ne sera jamais détruit. Inspire notre langage, accorde-nous ta sagesse, affermis nos cœurs par ton Esprit. Gloire à toi pour les siècles.

Télécharger : 33ème dimanche du temps ordinaire

Samedi de la 32ème semaine du temps ordinaire

Prier sans se lasser
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,1-8. En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » © AELF
 
 
Commentaire Aujourd’hui, Jésus nous raconte l’histoire de cette pauvre veuve qui supplie pour que justice lui soit faite. C’est une femme sans défense, sans pouvoir ni bonnes relations. Elle a des démêlés avec une justice corrompue, avec un juge qui se fiche pas mal des pauvres et des faibles. L’obstination de cette femme fera basculer l’attitude moqueuse de ce « juge dépourvu de justice ». À force d’être harcelé, il finira par lui accorder tout ce qu’elle demande.
 
Cette veuve symbolise la pauvreté et l’impuissance des exclus, des sans-voix et des marginaux. Ils sont très nombreux chez nous et dans le monde entier. Nous pensons à toutes les victimes des injustices, des conflits, des attentats, des persécutions. C’est toute cette souffrance que nous présentons au Seigneur. Prier c’est insister comme des enfants qui reviennent sans arrêt à la charge, jusqu’à obtenir gain de cause. Notre Dieu n’est pas comme ce juge dont nous parle l’Évangile. Il est notre Père, un Père qui aime chacun de ses enfants et qui ne veut que leur bonheur. Voilà une bonne nouvelle qui doit nous remplir de joie.
 
Le Christ conclut sa parabole en nous posant une question de la plus haute importance : « Le Fils de l’Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Trouvera-il des disciples missionnaires ? Le pire ennemi de la foi c’est le découragement, c’est quand on se dit que Dieu n’est jamais là, ou qu’il nous a abandonnés. Jésus nous met en garde contre ce danger. Croire c’est s’obstiner dans la prière, c’est crier vers Dieu jour et nuit sans baisser les bras. Il ne manquera pas d’oiseaux de malheur pour semer le doute. Mais l’exemple de la veuve est là pour nous apprendre l’obstination.
 
Ensemble, nous nous tournons vers toi Seigneur. Nous te prions en communion avec tous les groupes de prières de nos diocèses et avec tous les chrétiens du monde entier. Aide-nous à dépasser le plan terrestre où nous nous installons trop facilement. Garde-nous dans ton amour. Au milieu de nos travaux, de nos joies et de nos peines, fais-nous vivre en enfants de Dieu, disciples et missionnaires. Amen

 

 

Vendredi de la 32ème semaine du temps ordinaire

 Le jour du Fils de l’Homme  

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17, 26-37. En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme. On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr. Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ; cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera. En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Loth. Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. » […] Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. » ©  AELF

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Méditation L’Évangile de ce jour se présente comme une « apocalypse ». Dans le langage courant, quand on parle de l’Apocalypse, on pense « catastrophe ». En fait, le but de ce texte est d’inviter les croyants à rester fidèles et à tenir ferme dans la foi. Le Seigneur reviendra dans la gloire. Pour ceux qui seront restés fidèles, ce sera un jour de joie.

Dans l’Évangile de ce jour Jésus nous donne deux exemples, deux manières de vivre qui nous orientent vers son royaume. Noé est celui qui est resté fidèle et juste, à la différence de toute sa génération. Il marchait avec Dieu qui l’a conduit à travers le déluge. Loth, lui, n’a pas échappé à l’eau mais au feu.

Pour Loth, ce n’est pas tant sa fidélité qui est soulignée, que sa détermination à aller de l’avant. Alors que sa génération et sa propre femme restaient attachés au monde dans lequel ils s’étaient installés, Loth accepte de se laisser entraîner par l’ange, sans regarder en arrière. Noé est un témoignage de fidélité, Loth nous encourage au détachement. Fidélité et détachement sont alors peut-être les deux bonnes clés pour nous préparer, aujourd’hui, à l’avènement de Jésus.

Nous sommes tous appelés à nous convertir ; personne ne pourra échapper au jugement. Il aura lieu là où chacun se trouvera, sans autre forme de procès, ni tergiversation, ni sursis. Le critère de ce jugement sera l’amour que nous aurons mis dans notre vie.

Encore une fois, le but de Jésus n’est pas de nous faire trembler. Cela ne servirait qu’à nous détourner de la seule question essentielle : Comment vivre du Christ et pour lui ? Comment le remettre au centre de nos vies ? Comment faire en sorte en sorte que le jugement nous trouve prêts. La réponse que Dieu attend de nous, c’est une vie remplie d’amour pour lui et pour les autres.

Jeudi de la 32ème semaine du Temps ordinaire

L’avènement du règne de Dieu
 
Évangile selon saint Luc (17, 20-25)
Comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il leur répondit: «Le règne de Dieu ne vient pas d’une manière visible. On ne dira pas: “Le voilà, il est ici!” ou bien: “Il est là”. En effet, voilà que le règne de Dieu est au milieu de vous.»
Et il dit aux disciples: «Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. On vous dira: “Le voilà, il est ici! il est là!” N’y allez pas, n’y courez pas. En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son Jour sera là. Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération.»
© AELF
 
 
Méditation
« Quand viendra le règne de Dieu ? » C’était la grande question des pharisiens et des juifs de l’époque. Ils attendaient de Dieu qu’il prenne le pouvoir et qu’il sauve son peuple de l’oppresseur romain. Bien plus tard, quand saint Luc écrit son Évangile, les chrétiens se posent des questions : « Si le Christ est ressuscité, comment se fait-il que le règne de Dieu ne soit pas arrivé ?
 
Jésus nous répond que le « règne de Dieu ne vient pas de manière apparente. Il n’est pas comme une étoile dont on pourrait observer l’apparition. Il est lié à la personne même de Jésus. Avec lui, les pécheurs sont pardonnés, les malades sont guéris, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Il vient chercher et sauver ceux qui étaient perdus.
 
Le même Jésus est toujours présent au cœur de ce monde. Il est « Emmanuel », Dieu avec nous. Il est présent dans les gestes d’accueil et de partage que nous pouvons avoir les uns pour les autres. Il est présent quand nous sommes réunis pour un temps de prière ou de partage d’Évangile. Il est surtout présent quand nous sommes rassemblés pour écouter la Parole de Dieu et célébrer l’Eucharistie.
 
« On vous dira : ‘Il est ici, il est là’, n’y allez pas ». Nous pensons aux sectes et à tous les prophètes de malheur qui prévoient la punition de l’humanité. Leurs prophéties n’ont aucune valeur pour Jésus. L’approche du règne de Dieu ne peut être observée. En fait, il est déjà arrivé mais il est caché. Il ne se reconnaît jamais dans les signes éclatants. Nous le découvrirons dans des traces humbles, dans les sacrements de sa présence cachée. Pour le reconnaître, il faut le regard de la foi.
 
Le Christ qui vient dans notre vie est aussi celui qui reviendra. Ce retour du Fils de l’homme sera aussi soudain, visible et éclatant qu’un éclair qui traverse le ciel. Ce sera le triomphe de Dieu et de son Christ. Mais en attendant, c’est le temps de la souffrance, du rejet et de la honte. Pour Jésus, ce sera la Passion et la mort sur une croix. Et aujourd’hui comme autrefois, les chrétiens sont persécutés, ridiculisés et tournés en dérision.
 
Mais le Seigneur est toujours là. Nous pouvons nous appuyer sur lui. Avec lui, le mal n’aura pas le dernier mot. Rien ne peut nous séparer de l’amour qui est en Dieu. C’est de cette espérance que nous avons à témoigner.