Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Tout l’Évangile nous montre Jésus qui se donne sans compter. Il est affronté à la mauvaise foi de certains mais rien ne l’arrête : nous le voyons annoncer la bonne nouvelle, témoigner de l’amour et de la miséricorde de Dieu, guérir les malades, réconforter ceux qui sont dans la peine, relever et sauver.
Mais il n’a jamais voulu tout faire tout seul. Dès le début de son ministère, il a invité des disciples à participer à la mission que son Père lui avait confiée. Devant l’ampleur de cette mission, il ne leur demande pas d’en faire un peu plus mais de prier le Père d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Leur mission (notre mission) n’est pas de travailler POUR le Seigneur, mais de faire le travail DU Seigneur.
Ces paroles du Christ nous sont adressées à chacun personnellement. C’est lui qui nous appelle et nous envoie. Prions en communion les uns avec les autres pour qu’ils deviennent de plus en plus nombreux ceux et celles qui deviennent témoins du Christ et de son Évangile.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.
« Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra ».
» Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »
Voilà deux phrases qui sont le témoignage »une grande foi. La premièreété prononcée par un notable de la ville dans laquelle Jésus se trouvait. Il fallait beaucoup de foi pour demander à Jésus de redonner vie à quelqu’un qui venait de mourir
La deuxième n’a pas été prononcée devant Jésus ; elle a été dite intérieurement par une femme qui cherchait à toucher le manteau de Jésus afin d’être guérie d’une hémorragie dont elle souffrait depuis douze ans. Et Jésus lui annonce que ce n’est pas son geste mais sa foi qui l’a sauvée. Elle pourra donc être réintégrée dans sa communauté et y retrouver toute sa place.
Pensons à tous ces gens qui expriment leur foi par des mots et des gestes tout simples : allumer un cierge, tracer sur soi le signe de la croix, dire intérieurement « Jésus, viens à mon aide… » La foi peut accomplir des merveilles; Un jour, Jésus a dit d’une manière imagée qu’elle pouvait déplacer des montagnes.
La foi est un don qu’il nous faut demander au Seigneur : « Je crois mais viens en aide à mon manque de foi ». En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il veut nous donner le dynamisme qui transforme les « sauvés » en « sauveurs ». Avec lui, nous pourrons entraîner les malades vers la Source de Vie. Et comme lui, nous tendrons les mains vers les endormis pour les aider à se lever et à marcher. Ils pourront ainsi aller à la rencontre de Celui qui est la vie et la résurrection.
“Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez dans l’allégresse, vous tous qui la pleuriez !” Ce sont là les paroles du prophète Isaïe que nous avons entendues au début de la première lecture. Il s’agit d’une invitation à une joie donnée par Dieu. Rendons-nous compte : il crée “des cieux nouveaux, une terre nouvelle, une Jérusalem nouvelle.”
Nous sommes invités à la joie parce que cette Jérusalem est une mère pour nous. Isaïe nous dit que nous serons nourris et rassasiés du lait de ses consolations. Ce lait consolateur dont il est question, c’est “le lait non frelaté de la parole” (2 P. 2. 2). Isaïe nous parle également de la paix “qui déborde comme un torrent”. Cette paix, ce n’est pas seulement l’absence de conflits ; c’est surtout la plénitude de la présence de Dieu, la gloire des nations converties au Seigneur.
Cette Jérusalem dont il est question n’est pas vraiment la Jérusalem terrestre qui est très belle. Ce texte d’Isaïe est une prophétie qui n’est pas encore réalisée. Nous chrétiens, nous comprenons qu’il s’agit de l’Église. Elle est vraiment une mère pour nous : elle nous enfante à travers le baptême, elle nous nourrit de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie ; elle nous annonce quelque chose de la Jérusalem céleste. C’est vers cette joie éternelle que nous marchons. Nous en avons un avant-goût sur cette terre ; elle nous sera donnée en plénitude dans la Jérusalem céleste. “Notre cité se trouve dans les cieux” (Phil 3. 20). St Cyrille d’Alexandrie nous le dit : “Dans l’Église du Christ, pas de place pour la tristesse ; l’Église est riche de l’espérance de la vie sans fin et de la gloire sans déclin”
Cette “joie de l’Évangile” doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.
Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze “dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre”. La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : “Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire”. En dehors du Seigneur, rien n’est possible.
Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.
L’apôtre Paul (2ème lecture) nous montre la réalisation de la prophétie d’Isaïe. Avec Jésus mort et ressuscité, le salut est offert à tous. Il n’est pas le résultat d’une accumulation de bonnes actions ou de mérites. C’est un don gratuit de Dieu. La seule fierté de Paul, c’est la croix du Christ : Elle est la clef qui introduit dans la création nouvelle ; elle nous arrache à toutes les pesanteurs du péché. Au jour de notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu.
En nous rassemblant ici dans cette église, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.
Avec le prophète Isaïe, nous comprenons que la présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies “comme des agneaux au milieu des loups”, rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.
Sources : Commentaires de Claire Patier – Revue Feu Nouveau – Pour la Célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius) – Saisons bibliques – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye) – Pensées sur l’Évangile de Luc (Schönborn) – Missel communautaire (Michonneau) – Homélies pour l’année C (Amédée Brunot)
« Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas comme les disciples de Jean et ceux des pharisiens ? » Pour comprendre la réponse du Christ, il faut savoir que dans l’Ancien Testament, le jeûne était lié à l’attente du Messie. C’était une manière de montrer qu’on était impatient de le voir arriver. Le sens de la réponse est clair. Nous ne sommes plus au temps de l’attente. Le Messie est là, il est arrivé. Ce type de jeûne n’a plus de raison d’être. Désormais c’est le temps de faire la fête.
Ce vin nouveau dont parle Jésus, c’est précisément celui de la fête. Il ne peut y avoir de bon repas sans un bon vin. Mais pour mieux en comprendre la signification, il faut en connaître le symbolisme. Ce vin nouveau évoque le renouveau spirituel qu’apporte le message de l’évangile. Ce vin, on ne le met pas dans de vieilles outres. Il faut l’accueillir avec un cœur renouvelé. Jésus ne vient pas faire du raccommodage. Il fait du neuf. Avec Jésus c’est l’époux qui est là. Il veut nous revêtir des habits neufs de notre beauté retrouvée. Il nous invite à boire le vin de la nouvelle alliance. Il nous offre d’avoir avec Dieu une relation d’amour sans cesse renouvelée. Et si nous jeûnons, ce n’est plus parce que nous attendons le Messie. C’est pour être plus ouverts et plus disponibles à sa présence, son action et son amour.
Pour être rayonnants de la nouveauté de l’Évangile, il nous faut l’accueillir en nous et nous en imprégner. Et pour cela, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Chaque semaine, nous sommes invités à nous nourrir de sa Parole et de son Corps. En mangeant le même Pain et en recevant le même Christ, nous ne formons qu’un seul Corps. Si nous lui demandons de nous inoculer son amour passionné pour son Père et pour nos frères, la communauté se transformera ; l’idéal du Christ pénètrera dans nos vies. Beaucoup de choses changeront.
Rendons grâce à celui qui est notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer au renouvellement de nous-mêmes, de notre Église et de notre monde. Avec Jésus c’est vraiment un nouveau départ.
Jésus sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d’impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : «Ce ne sont pas les gens bien portant qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : ‘C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices’. Car je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs. » (AELF)
……………………………………
Méditation
Tout au long de la Bible, nous voyons comment Dieu cherche à éduquer son peuple. Il n’a jamais cessé de le rappeler à une plus grande fidélité. Mais le peuple n’a pas compris. Les pharisiens et les docteurs de la loien étaient venus à se considérer comme des « purs » et des « justes » ; en face d’eux, il y avait les pécheurs de toutes sortes, les publicains, les prostituées… Bien sûr, ces derniers étaient exclus de tout office religieux car ils ne pouvaient s’approcher de Dieu.
Or voilà que Jésus bouleverse complètement ce système. Il lui manque quelqu’un pour compléter le groupe de ses disciples. Et c’est à Matthieu le publicain qu’il dit : « Suis-moi. » Nous comprenons que les gens soient scandalisés. Il était tenu pour malhonnête et infréquentable.
Mais à l’appel de Jésus, Matthieu se lève pour le suivre. Quelque chose d’unique et de fort s’est passé dans cette rencontre avec le collecteur d’impôts. Cet appel de Matthieu est une bonne nouvelle pour nous. Chacun est appelé tel qu’il est ; Dieu nous offre de vivre une amitié personnelle avec lui. L’attitude de Jésus c’est celle du médecin qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Son initiative vise à susciter la foi en Dieu qui désire l’amour et non les sacrifices.
Jésus accueille les pécheurs tels qu’ils sont. Il les reçoit sans rien demander d’abord. Sa grande priorité c’est de leur faire découvrir qu’ils sont aimés gratuitement, pour eux-mêmes. Alors, ils pourront apprendre à aimer en vérité et commencer à se convertir en vérité. Telle est la logique de Dieu. Elle est toujours valable pour nous aujourd’hui.
Cet évangile nous rejoint et nous interpelle dans ce que nous vivons. Il nous arrive de décréter que telle ou telle personne n’est pas fréquentable et qu’il vaut mieux se méfier. Nous l’enfonçons dans son passé et sa réputation et nous ne lui laissons aucune chance. Comme les scribes et les pharisiens, nous pouvons avoir des paroles dures. Si Jésus avait eu une telle attitude, il n’aurait jamais appelé Matthieu. Ce dernier ne serait pas devenu ce grand apôtre que nous connaissons et nous n’aurions pas bénéficié de son Évangile.
La Parole de Dieu de ce jour voudrait nous inviter à changer notre regard sur personnes que nous avons tendance à rejeter. Elles ont la première place dans son cœur. Nous-mêmes, nous n’oublions pas que nous sommes tous pécheurs. Nous aurons toujours besoin de la miséricorde de Dieu. Mais pour que cette miséricorde nous soit accordée, nous devons, nous aussi, l’accorder aux autres.
Chaque semaine, nous sommes invités à l’Eucharistie. Nous nous reconnaissons pécheurs devant le Seigneur. Nous accueillons sa Parole porteuse de vie. Nous communions à son Corps et son Sang. Nous faisons le plein de cet amour qui est en Dieu. Puis nous sommes envoyés pour en témoigner et l’offrir à tous ceux que nous rencontrons tout au long de la semaine. Que le Seigneur nous garde fidèles à cette mission !
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 24-29 L’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (AELF)
Méditation
Thomas n’était pas avec ses amis lors de leur première rencontre avec Jésus. Quand ils lui en parlent, Thomas refuse de croire : nous avons entendu ses paroles : si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas mes mains dans son côté, non, je n’y croirai pas. » Bien sûr, nous avons l’habitude de sourire de son incrédulité. Et ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui disent : « Je ne crois que ce que je vois… Comme je ne vois rien, je ne crois pas. » C’est implacable.
Mais il est important que nous lisions cet évangile jusqu’au bout. Nous voyons en effet Thomas se mettre à genoux devant Jésus. Il est allé plus loin que les autres dans son acte de foi. Les apôtres avaient reconnu en Jésus l’ami d’autrefois. Mais Thomas fait un pas de plus car il est le premier à dire « Mon Seigneur et mon Dieu ».
Comme lui, nous sommes invités à croire en accueillant la présence de Jésus ressuscité et en recevant sa parole. Quand nous rentrons à l’église pour l’Eucharistie ou tout simplement pour la visiter, c’est lui qui nous accueille. Comme Thomas, nous pouvons nous tourner vers lui et lui dire« Mon Seigneur et mon Dieu ».
Cherchez le bien et non le mal, afin de vivre. Ainsi le Seigneur, Dieu de l’univers, sera avec vous, comme vous le déclarez. Détestez le mal, aimez le bien, faites régner le droit au tribunal ; peut-être alors le Seigneur, Dieu de l’univers, fera-t-il grâce à ce qui reste d’Israël. Je déteste, je méprise vos fêtes, je n’ai aucun goût pour vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accueille pas ; vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas. Éloignez de moi le tapage de vos cantiques ; que je n’entende pas la musique de vos harpes. Mais que le droit jaillisse comme une source ; la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais !
Psaume 50(49),7ac-8.9-10.12-13.16bc-17.
« Écoute, mon peuple, je parle ; Moi, Dieu, je suis ton Dieu ! Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices ; tes holocaustes sont toujours devant moi.
Je ne prendrai pas un seul taureau de ton domaine, pas un bélier de tes enclos. « Tout le gibier des forêts m’appartient et le bétail des hauts pâturages. « Si j’ai faim, irai-je te le dire ? Le monde et sa richesse m’appartiennent.
« Vais-je manger la chair des taureaux et boire le sang des béliers ? « Qu’as-tu à réciter mes lois, à garder mon alliance à la bouche,
toi qui n’aimes pas les reproches et rejettes loin de toi mes paroles Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,28-34.
En ce temps-là, comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin.Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. »Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots.Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés.Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.
Parvenu sur l’autre rive, celle du monde païen, Jésus est affronté aux puissances du mal. Deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre. Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? » Effectivement, ces esprits impurs se sentent menacés par la présence du Seigneur.
Jésus permet aux démons d’entrer dans le troupeau de porcs. Aussitôt ces derniers se jettent à la mer. Le cochon est considéré comme un animal impur. Quant à la mer, elle est vue comme le repère des monstres marins… L’impur avec l’impur.
Nous vivons dans un monde qui n’aime pas entendre parler de Dieu ni de Jésus. Et pourtant tout l’Évangile nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. La puissance du démon n’aboutit qu’à la mort. Si Jésus vient à nous, c’est pour nous donner la vie, une vie qui a bien plus de valeur que toutes les fortunes matérielles. Nous pouvons nous confier à sa miséricorde, quelle que soit notre déchéance. Libérés et sauvés, nous sommes envoyés pour témoigner de l’action du Christ Sauveur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8, 3-27
En ce temps-là,comme Jésus montait dans la barque,ses disciples le suivirent.Et voici que la mer devint tellement agitéeque la barque était recouverte par les vagues.Mais lui dormait.Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant :« Seigneur, sauve-nous !Nous sommes perdus. »Mais il leur dit :« Pourquoi êtes- vous si craintifs,hommes de peu de foi ? »Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer,et il se fit un grand calme.Les gens furent saisis d’étonnement et disaient :« Quel est donc celui-ci,pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
AELF
Méditation
« Jésus monta dans une barque et ses disciples le suivirent ». Jésus vient d’inviter des gens à le « suivre » en prenant consciences des risques et des renoncements que cela suppose. Et voilà que c’est la tempête, une tempête soudaine et extrêmement violente.
Cette barque affrontée aux dangers c’est celle de Pierre. À l’époque où Matthieu écrit son Évangile, il s’adresse à des chrétiens persécutés. Beaucoup sont mis à mort à cause de leur foi. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Face à toutes ces tempêtes, il est difficile de croire en Dieu. Pourquoi n’intervient-il pas ?
Mais comme les disciples, nous nous tournons vers le Seigneur ; nous le supplions : « Seigneur, sauve-nous, nous sommes perdus. » Cet Évangile est un appel à la foi : le Seigneur est bien présent dans son Église. Il nous promet que les puissances du mal ne l’emporteront pas sur elle. C’est en lui que nous trouvons la véritable paix.
Méditation : Jésus décide de passer vers « l’autre rive ». Pour comprendre cette décision, nous devons comprendre qu’il ne s’agit pas seulement de l’autre côté du lac. C’est d’abord celle du monde païen. Jésus veut le rejoindre là où il en est. Il veut le libérer des puissances du mal et lui annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile. C’est une manière de dire qu’il n’est pas venu pour le seul peuple d’Israël mais aussi pour tous les hommes du monde entier. Il veut que tous aient la vie en abondance.
Un scribe se propose à la suivre : « Maître, je te suivrai partout où tu iras ». Mais Jésus le prévient ; cette communauté de vie avec lui sera aventureuse : Le Fils de l’Homme n’a pas de lieu de repos ; il vit dans l’insécurité ; il est affronté à l’hostilité.
« Laisse les morts enterrer leurs morts ». Jésus n’est pas contre l’hommage rendus à un père ou une mère décédés. Dans ce pays chaud, il suffit de quelques heures. Mais aujourd’hui, il vient nous rappeler la vraie priorité : l’annonce du Royaume de Dieu exige une détermination sans faille.
Toutes ces paroles qui nous parlent de décision ferme et de mise en route sont aussi pour nous. L’appel de Jésus est à destination de tous et de chacun. Le Seigneur compte sur nous pour que nous y soyons les témoins de son amour.
Avant de passer de ce monde à son Père, Jésus nous a laissé un trésor inestimable : l’Eucharistie, sa présence réelle au milieu de nous, depuis plus de 2000 ans. Ce n’est pas par hasard si le Concile Vatican II affirme que l’Eucharistie est « source et sommet de la vie chrétienne » (Lumen Gentium 11) « L’Eucharistie fait l’Église et l’Église fait l’Eucharistie ». En d’autres mots, sans la messe, l’Église ne pourrait exister.
L’Eucharistie est un miracle permanent. Un miracle incroyable ! Un miracle auquel nous pouvons assister toutes les fois que nous le voulons ! Dans les mains du prêtre, le pain devient le Corps du Christ et le vin devient son sang. Même si rien n’est visible pour nos yeux de chair, une transformation extraordinaire a lieu…
Pour beaucoup d’entre nous, ce miracle de l’Eucharistie est devenu comme normal. Nous communions régulièrement, certains le font même tous les jours, et souvent, nous ne pensons pas suffisamment au mystère auquel nous communions. Si nous y réfléchissions davantage, nous pourrions perdre pied. Dieu lui-même met son Corps entre nos mains. Dieu lui-même descend nous visiter. C’est tellement inouï qu’il n’est pas étonnant que, dans l’histoire de l’Église, bien des personnes ont eu du mal à accepter cette réalité de foi…
… Rendons grâce pour ce don extraordinaire de sa bonté et apprenons à recevoir toujours plus dignement celui qui se donne à nous par son corps et son sang.