23ème dimanche du temps ordinaire (C)

Comment suivre Jésus jusqu’au bout
sans le souffle de l’Esprit ?

Les vacances scolaires d’été sont terminées… C’est la rentrée : joie d’un commencement nouveau ! À cet égard, ce 23ème dimanche du temps ordinaire invite justement, une nouvelle fois, à choisir Jésus de manière radicale, en recherchant la volonté de Dieu dans nos quotidiens, par l’Esprit Saint. Le moment est idéal pour décider de se mettre à la suite du Christ : se déposséder pour que l’amour de Dieu et la recherche de sa volonté soient premiers dans nos vies.

Ouverture
« Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (1re lecture). L’Esprit sonde tout jusqu’aux profondeurs de Dieu. Nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Demandons à Dieu de souffler sur nous son Esprit pour que, dans la volonté divine, nous puissions suivre Jésus… jusqu’au bout.

Litanie
Ô Seigneur,
tu libères tous les baptisés que nous sommes
de tout lien et entrave.
Aide-nous, prends pitié de nous.

Ô Christ,
par l’exemple de ta croix,
tu nous incites à marcher derrière toi
tout en portant la nôtre.
Aide-nous, prends pitié de nous.

Ô Seigneur,
tu nous invites à te préférer
à tous et à tout.
Aide-nous, prends pitié de nous

LITURGIE DE LA PAROLE
1ère lecture – Sg 9, 13-18 : La Sagesse, qui prend ici le visage du Christ, nous est révélée par le don de l’Esprit Saint.

Psaume 89

2ème lecture – Phm 9b-10.12-17 : Paul renvoie à son disciple Philémon son esclave Onésime qui, s’il n’est affranchi dans la loi des juifs, est passible de mort. Ce faisant, Paul lui demande de le considérer définitivement comme son frère.

Évangile : Luc 14, 25-33

Homélie
Textes bibliques :  Lire

“Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?” Ce sont là des questions que nous avons entendues dans la 1ère lecture extraite du livre de la Sagesse. C’est vrai, nous croyons savoir beaucoup de choses sur Dieu, mais nous nous trompons. Dieu nous dépasse infiniment. Mais il intervient dans la vie des hommes pour leur transmettre sa “Sagesse”. Cette Sagesse c’est son Esprit Saint. Il nous est donné pour nous conduire “vers la vérité tout entière”. C’est lui qui nous fait  adhérer au Christ quand nous nous rassemblons le dimanche pour écouter la Parole de Dieu et célébrer l’Eucharistie.

C’est aussi cet Esprit de Dieu qui fait découvrir à Philémon qu’Onésime n’est plus seulement un esclave mais un enfant de Dieu. C’est le message de saint Paul dans la 2ème lecture. Il nous montre toute la délicatesse de l’amour que Dieu met dans le cœur des disciples. Onésime était un esclave en fuite.  Paul l’a accueilli et lui a parlé de l’amour de Jésus. C’est ainsi qu’Onésime s’est converti et à été baptisé. A travers cette lettre, nous découvrons toute la délicatesse que Dieu met dans nos cœurs. Il fait de nous des frères.

Cette Sagesse de Dieu nous est également révélée dans l’Évangile de ce dimanche. Les paroles que nous y avons entendues sont déroutantes. Jésus nous invite à l’aventure. Il nous demande un vrai saut dans l’inconnu. Si nous voulons être ses disciples, il nous faut accepter les conditions qu’il pose : “Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses frères, ses sœurs et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.” Ce qui est premier, c’est de laisser le Christ remplir notre vie de l’amour qui est en lui. Nos affections naturelles sont limitées et imparfaites. Elles sont souvent mêlées d’égoïsme. Le Seigneur nous demande d’y renoncer pour accueillir son amour désintéressé et intensément généreux.

Pour aller à Jésus, il nous faut “haïr” ce qui n’est pas lui. Le commandement de l’amour du prochain est toujours là. Mais le Christ nous demande aujourd’hui de réorganiser notre vie affective. Dieu doit passer avant tout. On lui doit tout. Il est notre priorité absolue. Son amour fera naître en nos cœurs un nouvel amour pour les membres de nos familles.

Donner la première place à Dieu, voilà cet appel qui nous est adressé en cette période de rentrée. Or c’est trop souvent le contraire qui se passe. C’est ce qui arrive quand on se contente d’un programme minimum. Des temps de rencontres, des partages et des célébrations seront proposés aux enfants, aux jeunes et aux adultes. Ces appels du Seigneur attendent une réponse de notre part. Ils doivent passer avant les activités sportives, culturelles ou autres. Si nous voulons venir à Jésus, toute notre vie doit être organisée en fonction de lui. Nous devons le préférer à tout le reste.

Être disciple du Christ ne va donc pas de soi. C’est difficile et exigeant. Celui qui veut suivre Jésus doit réfléchir. Il doit se demander s’il est prêt à tout mettre en œuvre pour le faire sérieusement. Si ce n’est pas le cas, il sera comme celui qui veut bâtir une tour mais qui n’a pas assez d’argent pour l’achever. De même, celui qui veut partir en guerre doit commencer par s’asseoir et réfléchir. C’est encore plus vrai si nous voulons être disciples du Christ : nous devons être lucides sur nos moyens et nos faiblesses.

Il est important que notre vie soit nourrie par la prière, la lecture de la Bible ou de l’Évangile. Sans ressourcement dans la durée, nous n’irons pas assez loin dans nos engagements humains et chrétiens ; nous serons comme celui qui commence à bâtir une tour et ne peut achever.

Aujourd’hui, le Christ nous met en garde contre le danger d’être “un chrétien à moitié”. Ce comportement ne peut convaincre personne. Bien au contraire, il ne fera que provoquer scandale et rejet. Il se creuse souvent un fossé entre ce que nous disons en tant que chrétiens et la manière dont nous vivons. Et alors, on se moque de nous comme dans la parabole de l’Évangile. Si nous voulons être crédibles, il nous faut mettre de l’ordre dans notre vie. Si nous donnons à Dieu la première place sans y mettre de conditions, alors notre vie trouvera le bon cap. Le faire à moitié, ça ne marche vraiment pas.

Ces trois lectures nous révèlent la Sagesse de Dieu qui n’a rien à voir avec celle du monde. Elles nous disent l’amour passionné du Seigneur qui veut le salut de tous les hommes. En réponse, nous ne pouvons pas nous contenter de quelques petites prières. L’important, c’est de vraiment marcher à la suite du Christ et de nous laisser transformer par lui. C’est avec lui que nous entrerons dans la vraie vie.

Seigneur Jésus, donne-nous de ne jamais oublier ta présence. Alors nous serons heureux d’être aimés tels que nous sommes. Jésus, Fils de Dieu, tu es la joie de nos cœurs. Amen

Sources :  Feu Nouveau – Paroles pour la route (Jean Yves Garneau) – l’Évangile de la miséricorde (Cardinal Christoph SCHÖNBORN) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux –Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)

Télécharger : 23ème dimanche du temps ordinaire

Prière universelle
Invitation
À l’ l’occasion de cette nouvelle rentrée de vie scolaire, étudiante et de responsabilité au service de tous, nous te présentons, ô notre Père, toutes les intentions de l’humanité.

Intentions
Nos communautés chrétiennes font leur rentrée. Nous te prions particulièrement pour tous les responsables, pape, évêques, prêtres et laïcs,
qu’ils soient soucieux d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ à tous,  et cela dans un effort de partage selon l’esprit synodal. R/

Les enfants et les jeunes font leur rentrée scolaire. Nous te prions pour l’ensemble de cette jeunesse désireuse d’apprendre et de s’ouvrir à la vie. Qu’elle soit aussi habitée par le désir de bâtir un monde meilleur
en se laissant  toucher par  les appels du Seigneur à la fraternité. R/

Toutes nos institutions font aussi leur rentrée. Nous te prions, Seigneur, pour tous ceux qui ont la responsabilité de faire naître et vivre la justice pour tous, dans le respect des uns et des autres. Qu’ils favorisent, par leurs décisions, une vie plus fraternelle. R/

Notre monde reprend sa marche après un temps de vacances. Nous te prions Seigneur pour tous les responsables des nations. Donne-leur d’être, en tous points, serviteurs de leurs peuples, dans une volonté de justice et de paix. R/

Conclusion
Toi, notre Père, attentif au bien de tous tes enfants, entends notre prière pour que cette nouvelle année de travail soit marquée par la paix et la recherche du bien de toute l’humanité, par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen.

Samedi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

SCANDALE DANS UN CHAMP DE BLÉ
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6. 1-5)

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. » (AELF)

Méditation
Cet évangile nous rapporte un conflit de Jésus avec les pharisiens le jour du Sabbat. Le Sabbat, c’est le 7ème jour de la semaine. Pour un juif fidèle, c’est le jour de la prière, le jour du repos, le jour de la famille et des amis. Les chefs religieux tenaient à tout prix à préserver la qualité exceptionnelle de ce jour unique dans la semaine. Alors, ils l’ont entouré d’une quantité impressionnante de défenses.
 
Ce jour-là, les pharisiens reprochent à Jésus d’avoir grappillé des épis ; comme si ce geste banal était déjà un geste de moisson (ce qui est interdit par la loi). Mais pour Jésus, Dieu n’est pas ce Dieu tatillon. Le Dieu de Jésus est un Dieu plein d’amour pour l’homme. Bien sûr, il ne faut pas interpréter l’Évangile dans l’autre sens. Jésus n’accepte pas que le jour du Seigneur soit profané. Il n’accepte pas qu’on glisse dans le sens de faire ce qu’on veut, d’en prendre et d’en laisser. Jésus ne supprime pas le sabbat. Il en donne la signification profonde : le sabbat a été fait pour l’homme. C’est un bienfait de Dieu pour le bonheur de l’homme. Les obligations que nous avons ce jour-là ne sont pas une brimade supplémentaire. C’est une sorte de nécessité pour notre épanouissement véritable.
 
S’arrêter de travailler, donner du temps supplémentaire à Dieu, soigner ses relations familiales et amicales, tout cela est bon pour l’homme. Oui, Jésus nous le répète, tous nos devoirs, y compris les interdits, n’ont pas été dictés par un Dieu jaloux de son autorité mais par un Dieu Père qui veut le bonheur de ses enfants. Le Sabbat est fait pour le bien et non pour le mal. Il est fait pour sauver une vie et non pour tuer. Ces deux affirmations sont toujours actuelles. Elles nous renvoient sur la manière dont nous vivons nos dimanches.
 
On a fait du dimanche un Week-end, une fin de semaine. Liturgiquement c’est faux. Le dimanche n’est pas une fin de semaine mais un début. C’est le jour où on fête Jésus ressuscité. C’est le jour où chacun est invité à venir puiser à la source pour repartir à neuf. Quant au dimanche, jour de bienfaits, on peut aussi en parler. Le risque est grand que ce jour soit le plus néfaste de la semaine. Il y a ceux qui cherchent un défoulement encore plus fatigant que le travail. De plus, c’est souvent le jour où l’on cherche à rattraper tel ou tel travail en retard.
 
La Bible nous dit aussi que le jour du Seigneur est un jour de vie et non un jour de mort. C’est vrai, mais si on va faire un tour aux Urgences de nos hôpitaux, on s’aperçoit bien vite que le dimanche c’est le grand jour des accidentés de la route. Tout cela nous ramène à quelques questions essentielles : Quelle est notre conception du dimanche à la suite de Jésus ? Est-ce que c’est un jour sacré pour moi ? Est-ce que je fais de mes dimanches un jour de fête, d’épanouissement, de calme, de prière ?
 
Et puis, le dimanche, il y a la messe. Ceux qui ne peuvent se déplacer à cause des infirmités peuvent s’unir à la prière de l’église grâce à la messe télévisée. Chaque fois, c’est le rappel brûlant du grand don de Jésus : Voici mon Corps livré… Voici mon sang versé… Faites cela en mémoire de moi… manquer la messe, c’est manquer à une des graves obligations que le Seigneur nous a faites pour notre bonheur. La messe aussi est faite pour l’homme.

Vendredi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

Pratiques anciennes, pratiques nouvelles

 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 33-39)
On disait un jour à Jésus: «Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent!» Jésus leur dit: «Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux? Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé: ces jours-là, ils jeûneront.»       Et il dit pour eux une parabole: «Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit: “C’est le vieux qui est bon”.»
©AELF
 
 
Méditation
Certaines gens (des scribes et des pharisiens) reprochent aux disciples de Jésus de ne pas observer certaines règles, en particulier celles qui concernent le jeûne et la prière. Jésus leur répond que les invités à une noce ne peuvent jeûner pendant que l’époux est avec eux. L’époux en question c’est Jésus lui-même. Pendant qu’il vit avec ses disciples, il ne convient pas que ces derniers se mettent à jeûner
 
En venant sur terre, Jésus a inauguré un monde nouveau ; il a fait toutes choses nouvelles. Il a littéralement renouvelé le monde ; il l’a mis en fête éternelle. Il n’a pas fait que mettre du vin neuf dans de vieilles outres ou rapiécer un vieux vêtement avec un tissu neuf. Il a conclu avec le monde une alliance nouvelle et éternelle ; il affirme ainsi l’amour immense et toujours fidèle de Dieu en nous invitant dans sa fête pleinement.
 
Cette terre nouvelle, cette fête totale, nous est acquise particulièrement par la mort et la résurrection du Seigneur. Même si cette transformation n’apparaît pas encore, elle est déjà bien présente par tout le bien qui se produit dans le monde grâce à nos efforts. Ce bien prend sa racine dans l’amour éternel du Père pour nous.
 
Rendons grâce au Seigneur pour être notre « rénovateur » en profondeur et faisons tout notre possible pour participer à ce renouvellement sans précédent dans l’Histoire du  Salut. Désormais, ce n’est plus pareil. Avec Jésus, c’est vraiment un nouveau départ.

Jeudi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

Avancez au large
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris
 
 
 
Méditation
L’Évangile nous parle de l’appel des premiers disciples. Pressé par la foule, Jésus a besoin d’être aidé. C’est important car il faut que le filet de la Parole atteigne tous les hommes. Cette aide, il va la demander aux pêcheurs qui ont mis leurs barques à sa disposition. Il va d’abord les inviter à avancer au large et de jeter leurs filets pour prendre du poisson.
 
 
Simon qui avait peiné toute la nuit sans rien prendre répond à l’invitation du Maître : « Sur ta parole, je vais jeter les filets. » Simon joue gros sur la Parole de Jésus. Il joue son avenir mais il ne le sait pas encore. Un seul geste exécuté à la demande du Seigneur et le résultat est inespéré. Il doit même demander à ses compagnons de l’autre barque de venir l’aider sinon cette pêche extraordinaire aurait été perdue.
 
 
Aujourd’hui comme autrefois, le Christ nous invite à avancer au large. Comme Pierre, nous n’avons peut-être pas envie de quitter la rive de nos habitudes, le sol ferme de nos certitudes. Comme Pierre, nous avons peiné des mois et des années sans grand résultat. Nous nous sommes engagés dans nos paroisses, nos quartiers, nos lieux de travail et de loisirs. Mais nous constatons que nos églises se vident ; la plupart des jeunes n’y mettent plus les pieds. Nos petits-enfants ne sont pas baptisés. Alors, on se dit qu’il faut s’organiser pour sauver ce qui peut l’être. On ne pense qu’à se protéger d’un monde qui nous ignore, nous ridiculise ou nous persécute.
 
 
Mais ce n’est pas cela que le Seigneur attend de nous : Ce qu’il nous demande, c’est d’avancer au large. Simon refait exactement ce qu’il a fait toute la nuit sans rien prendre. Mais cette fois, tout est changé car Jésus est à bord. Le bateau coule tellement il est chargé. La pêche miraculeuse, ça ne se fait pas tout seul : c’est une mission de toute l’Église. Mais il faut que Jésus soit à bord. Il doit être là pour commander la manœuvre, donner des ordres et se faire obéir. Il ne suffit pas d’avoir des plans bien élaborés ni d’utiliser les techniques les plus modernes. Le plus important c’est de jeter les filets et de la faire avec foi « sur sa parole ». La pêche miraculeuse, c’est lui qui s’en charge. Le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur de ceux et celles à qui nous annonçons la Parole.
 
 
Comme Pierre, nous sommes tous appelés par le Seigneur. Il compte sur nous pour une mission bien précise. Il ne s’adresse pas nécessairement aux meilleurs ni aux plus saints. Il n’appelle pas « que les enfants sages. » Il peut venir nous chercher très loin et très bas. Les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés. Son appel est toujours le même : « Avance au large et jetez vos filets. » Avec ce qui est petit et faible, le Seigneur peut faire des grandes choses. L’important c’est d’être AVEC le Seigneur.
 
 
 

Mercredi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

Elle se leva et elle les servait. 
 
 Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.

En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait.
Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.
Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter.
Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Méditation
Dans ce Évangile, Jésus nous rapporte la guérison de la belle-mère de Pierre et de nombreux malades. Il menace la fièvre comme si c’était une puissance démoniaque. Il en sera de même à propos des vagues du lac. Jésus est vraiment engagé dans le grand combat qui emprisonne le monde.  En libérant les malades, il nous montre qu’il ne veut pas la maladie et la souffrance qui accablent l’homme. Elles ne sont jamais bonnes en elles-mêmes, même s’il est possible d’en faire un chemin de croissance spirituelle. Il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Le seul état que Dieu désire pour nous, c’est celui de ressuscité. C’est ce que le Christ nous fait comprendre en guérissant la belle-mère de Pierre. Il la prend par la main et la fait « se lever ». Ressusciter et se lever, c’est le même verbe. Cela veut dire que le Christ nous veut debout et en marche, disponibles pour servir les autres. Et surtout, il nous veut en état de résurrection. En guérissant les malades, Jésus leur ouvre un chemin d’espérance.

Nos Eucharisties sont autant de pas sur ce chemin de libération. Chaque dimanche, nous avons rendez-vous avec le Maître de la Vie. Nous rendons grâce à celui qui prend soin de nous, qui se fait proche de nous pour guérir les cœurs brisés et soigner leurs blessures. Et que la Vierge Marie soit toujours avec nous pour nous aider à faire « tout ce qu’il nous dira ».

 

Mardi de la 22ème semaine du temps ordinaire (2025)

« Tu es le Saint de Dieu »
 
 
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 31-37)
 
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d’autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque, qui se mit à crier d’une voix forte: «Ah! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais fort bien qui tu es: le Saint, le Saint de Dieu!» Jésus l’interpella vivement: «Silence! Sors de cet homme!» Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal.
Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux: «Quelle est cette parole? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent!»
Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.
 
©AELF
 
******************************************
 
Méditation
Dans l’Évangile de ce jour, nous entendons deux paroles qui s’opposent, celle de Jésus et celle du possédé. Ce dernier nous dit qui est Jésus : « Tu es le Saint, le Saint de Dieu… » Jusque-là, il a raison, mais il a une parole qui vient semer le doute : « Es-tu venu pour nous perdre ? »
 
Nous savons que Jésus n’est pas venu pour nous perdre mais pour nous sauver. Il est le Salut de Dieu. Sa Parole est efficace et agissante : elle libère le possédé. Tout l’Évangile nous dit que Jésus vient nous libérer du mal qui empoisonne notre vie. Sa Parole nous annonce la résurrection, la victoire sur la mort et le péché.
 
Il ne suffit pas de savoir qui est Jésus ni de dire qu’il vient nous sauver. Il nous faut surtout croire en lui et nous ouvrir pour de vrai à sa présence.
 
Changez vos cœurs, croyez à la bonne nouvelle.
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime.
 

Lundi de la 22ème semaine du Temps ordinaire (2025)

 La bonne nouvelle annoncée à tous

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 16-30)

Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.» Tous lui rendaient témoignage; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient: «N’est-ce pas là le fils de Joseph?» Mais il leur dit: «Sûrement vous allez me citer le dicton: “Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm: fais donc de même ici dans ton pays!”» Puis il ajouta: «Amen, je vous le dis: aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays. En toute vérité, je vous le déclare: Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël; pourtant Élie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël; pourtant aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien.» À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
©AELF

Méditation

L’Évangile nous révèle celui qui se présente à nous comme l’Envoyé de Dieu. Jésus se trouve à la synagogue de Nazareth, le village où il a passé son enfance. Il cite l’annonce qui a été faite par le prophète Isaïe. « L’Esprit du Seigneur est sur moi… Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle… » Après avoir lu ce texte Jésus conclut : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre« .  Cela signifie qu’il se déclare comme le Messie envoyé par Dieu ; nous imaginons la surprise des gens de son village : pour eux, il n’est que le fils du charpentier.
Comprenons bien : ce n’est pas l’annonce de l’Évangile aux pauvres qui pose problème. Ce que Jésus voudrait leur faire comprendre c’est qu’il est envoyé par un Dieu qui n’est le bien de personne. Il n’accepte pas de se laisser annexer par des gens de son village. Il se justifie en rappelant les événements racontés par l’Ancien Testament : la veuve de Sarepta et Naaman le Syrien étaient des païens. Ils ont su accueillir la grâce de Dieu mieux que les gens de son peuple. Le vrai Dieu n’est pas celui de quelques-uns mais de tous. Il aime les païens, les incroyants, les pécheurs, les ingrats. Nous ne pouvons pas être en communion avec lui si nous n’entrons pas dans son projet d’amour universel.
En méditant cet Évangile, nous découvrons que la parole de Dieu manifeste sa puissance d’une manière inouïe. C’est sur lui, Jésus, que repose l’Esprit du Seigneur. Il est celui qui fait accéder les opprimés à la liberté, celui qui rend la vue aux aveugles. Il ne se contente pas d’interpréter les textes sacrés. Il est la Parole de Dieu en personne.
Nous sommes donc invités à prendre position POUR le Seigneur. Ses paroles peuvent nous dérouter. Elles peuvent aller à contre-courant de l’esprit du monde. Mais elles sont les paroles de la Vie éternelle. Nous sommes tous envoyés pour en être les messagers. C’est une aventure passionnante, pleine de risques ; mais nous ne sommes pas seuls : l’Esprit du Seigneur repose sur nous. C’est avec lui que la bonne nouvelle portera du fruit.

Mercredi de la 21ème semaine du temps ordinaire (2025)

« Malheureux êtes-vous ! »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23. 27-32
Jésus disait: «Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux: à l’extérieur, ils ont une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures. C’est ainsi que vous, à l’extérieur, pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal. Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des justes, et vous dites: “Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.” Ainsi vous témoignez contre vous-mêmes: vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Eh bien, vous, achevez donc ce que vos pères ont commencé!»
© AELF
 
 
 
Méditation
Jésus s’adresse à des gens qu’il qualifie d’hypocrites. C’est ce qui se passe quand on cherche à faire paraître ce qu’on n’est pas. On fait tout pour sauvegarder une apparence d’honorabilité, de piété, de moralité. Mais par en-dessous, ce n’est que de la pourriture
 
Jésus démasque le danger du faux semblant. Il lui oppose l’homme qui a  faim et soif de la justice, celui qui se remet en question pour s’ajuster davantage aux intentions de Dieu
 
Au diable l’image de marque. Reconnaissons humblement nos faiblesses et notre misère. Ce sera toujours mieux que de s’enfermer dans la sécurité trompeuse d’un état honorable mais faux. « La vérité vous rendra libres »
 
« Changez vos cœurs, croyez à la bonne nouvelle !
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime. »

22ème dimanche du temps ordinaire (2025)

Toi qui penses être grand, sauras-tu t’abaisser ?

L’humilité, la dépossession, le désencombrement, la gratuité… autant d’appels lancés en ce 22e dimanche du temps ordinaire ; il est bien difficile de les mettre en pratique dans nos vies. Les textes de ce jour peuvent nous y aider : savoir que notre vie dépend des autres et de Dieu pour mieux reconnaître notre juste place, par la grâce de Dieu. Dès lors, nous pourrons entrer dans la joie de notre Seigneur (psaume).

Textes pour célébrer
Monition d’ouverture
Frères et sœurs, un même désir de bonheur, une même foi nous rassemblent. Ou plutôt, c’est le Seigneur lui-même qui nous rassemble. Sous son regard qui voit au-delà même des apparences, creusons notre désir de le suivre, sans peur, conscients de nos pauvretés, mais confiants en sa parole.

Litanie pénitentielle
Seigneur Jésus, toi qui aimes les justes
et qui ouvres grandes les portes
aux pauvres et aux opprimés,
béni sois-tu et prends pitié de nous.

Ô Christ, ton amour envers nous
s’est montré le plus fort ;
éternelle est ta fidélité,
béni sois-tu et prends pitié de nous.

Seigneur Jésus, tu nous accueilles comme tes fils
et pour nous, tu rends droits les sentiers tortueux,
béni sois-tu et prends pitié de nous.

Homélie
Textes bibliques : Lire
Les lectures bibliques de ce dimanche nous parlent de l’humilité. Elles ne veulent pas nous donner de simples conseils de politesse et de savoir vivre. Il s’agit de quelque chose de bien plus important ; pour comprendre ce message, c’est vers le Christ que nous devons regarder : dans sa lettre aux Philippiens, saint Paul nous dit que Jésus “s’est abaissé… jusqu’à mourir et mourir sur une croix. C’est pourquoi, Dieu l’a élevé au-dessus de tout.” C’est ainsi que Jésus nous montre le chemin qui conduit vers le Père.

La première lecture nous rapporte les paroles de Ben Sirac le Sage. Cet homme a rencontré des personnes qui avaient des responsabilités importantes. Certains étaient vraiment gonflés d’orgueil : cela pourrissait les meilleures choses jusqu’à la racine ; d’autres agissaient avec patience et douceur. En restant humbles, ils savaient se faire aimer ; cela les rendait plus efficaces. Cette leçon d’humilité n’est pas seulement un bon conseil pour avoir de la considération. L’humilité qui est mise en avant c’est d’abord celle du Seigneur. Ce sont les humbles qui lui rendent gloire. En accomplissant “toute chose avec humilité”, on s’accorde au Seigneur lui-même.

C’est un peu ce même message que nous trouvons dans la seconde lecture (Lettre aux Hébreux). L’auteur y parle de la venue de Dieu et de ses manifestations. Autrefois, sur la montagne du Sinaï, ces manifestations étaient visibles : il y avait le feu, les ténèbres, l’ouragan, le son des trompettes. Quand le Christ est venu, rien de tout cela : tout s’est passé dans l’humilité. Cette venue du Christ a été pour les chrétiens le point de départ d’une alliance nouvelle, une relation nouvelle avec Dieu. C’est en Jésus que nous trouvons la source du bonheur au ciel et sur la terre. Nous sommes introduits dans la cité sainte avec les saints et les anges. Tel est l’enseignement de l’auteur de la lettre aux Hébreux.

L’évangile nous montre Jésus invité chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas. Il constate que les invités choisissent spontanément les premières places. Alors, il dit une parabole pour remettre les choses à l’endroit : Comprenons bien : ces paroles du Christ ne sont pas de simples conseils de politesse ; il a bien mieux à faire : “Va te mettre à la dernière place, dit-il ; et on te dira : avance plus haut”. A travers ces paroles, le Christ nous parle des conditions d’admission au Royaume de Dieu : il nous recommande de bannir toute ambition, tout sentiment de supériorité.

C’est ce message que nous retrouvons dans le Magnificat de la Vierge Marie : Dieu élève les humbles ; il abaisse les orgueilleux. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous recommande d’inviter les petits, les pauvres, les exclus. Bien sûr, ils ne peuvent pas rendre l’attention qu’on leur porte. Mais cet amour gratuit et désintéressé ne restera pas sans récompense au jour de la résurrection. Etre à la fois sans prétention et désintéressé, c’est le meilleur moyen de gagner le cœur de Dieu et celui des hommes.

Pour nous aider à comprendre cela, nous pouvons partir de ce que nous avons pu observer. Si les rivières coulent vers la mer, c’est parce que le niveau de la mer est plus bas que celui des cours d’eau. C’est son aptitude à se tenir aussi bas qui lui permet de recueillir toute cette eau. C’est un peu l’image de ce qui se passe dans notre relation à Dieu. Il est pour nous comme cette rivière qui ne demande qu’à nous combler de son amour. Mais cela ne sera possible que si nous restons au bon niveau. C’est l’humilité qui nous aide à accepter notre petitesse et la grandeur de Dieu. Si nous restons imbus de notre orgueil et de notre supériorité, rien ne sera possible.

Jésus nous a donné le plus bel exemple d’humilité. Il est Dieu fait homme. Il est né dans les conditions les plus ordinaires. Il a vécu parmi les pêcheurs du lac de Galilée ; il a accueilli des publicains, des pécheurs notoires, des lépreux. En toute circonstance, il a été un modèle d’humilité. Il n’a autorisé ses disciples à l’appeler “Maitre et Seigneur” qu’après leur avoir lavé les pieds. Nous n’oublions pas que cet humble service n’était normalement accompli que par le serviteur. Nous, disciples du Christ, nous sommes invités à suivre chaque jour le même chemin que le Maître.

En ce jour, nous nous tournons vers toi, Seigneur : tu es venu non pour être servi mais pour servir. Toi qui connais notre orgueil et nos désirs de grandeur, nous te prions : montre-nous le bonheur qu’il y a à donner sa vie pour ceux qu’on aime ; ainsi, nous parviendrons tous à la joie de ton Royaume. Amen

Télécharger : 22ème dimanche du temps ordinaire

Prière universelle
Introduction
Invités gratuitement à la table du Seigneur,
ouvrons notre prière à tous les invités de son amour.

Intentions
Pour les pasteurs de l’Église : afin que, rejetant toute soif de puissance, ils annoncent à tous les hommes qu’ils ont leur place à la table de Dieu. Seigneur, nous te prions.

Pour tous nos responsables politiques, économiques et sociaux : afin qu’ils se préoccupent des personnes qui sont aux dernières places dans nos sociétés et nos communautés. Seigneur, nous te prions.

Pour les enfants et les jeunes qui reprennent le chemin de l’école : afin qu’ils y trouvent l’accueil, l’encouragement et la sérénité dont ils ont besoin. Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté paroissiale, afin que chacun y trouve sa place et découvre la joie de l’humilité et du service. Seigneur, nous te prions.

Conclusion
Toi qui accueilles nos prières et les exauces toujours, béni sois-tu, Seigneur. Apprends-nous à accueillir comme toi les demandes de nos frères. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Samedi de la 21ème semaine du temps ordinaire (2025)

Dieu nous confie tous ses biens

Évangile selon saint Matthieu 25. 14-30
 Jésus parlait à ses disciples de sa venue; il disait cette parabole: «Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.
Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s’occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un creusa la terre et enfouit l’argent de son maître. Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança en apportant cinq autres talents et dit: “Seigneur, tu m’as confié cinq talents; voilà, j’en ai gagné cinq autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.” Celui qui avait reçu deux talents s’avança ensuite et dit: “Seigneur, tu m’as confié deux talents; voilà, j’en ai gagné deux autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
” Celui qui avait reçu un seul talent s’avança ensuite et dit: “Seigneur, je savais que tu es un homme dur: tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua: “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent, et donnez-le à celui qui en a dix.
Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres; là il y aura des pleurs et des grincements de dents!” »
©AELF
 
 
Méditation
À l’époque de Jésus, un talent était un poids en or ou en argent de trente ou soixante kilogrammes. Cela pouvait représenter le salaire de vingt ou trente années de travail, pratiquement toute une vie. Un talent, deux talents et surtout cinq talents, c’était donc une immense fortune. Dans la parabole de ce jour, il s’agit donc de sommes inestimables qui sont confiées gratuitement.
 
Si Jésus emploie des images si fortes, c’est qu’il a un message important à nous transmettre. Il veut nous faire comprendre que Dieu nous confie gratuitement ses biens les plus précieux. Ces biens continuent à lui appartenir. Ce qu’il nous demande, c’est de les gérer, de les faire fructifier en donnant le meilleur de nous-mêmes. Ces biens qui nous sont confiés, c’est l’évangile de Jésus Christ. Cette Bonne nouvelle, c’est comme une lumière qu’il nous faut communiquer pour qu’elle illumine le monde. « Allez, de toutes les nations, faites des disciples… » (Matthieu 28.19)
 
Ces talents, cette fortune immense, c’est le Royaume de Dieu qu’il nous faut faire grandir. Celui qui a reçu cinq talents les a fait fructifier ; de même celui qui en a reçu deux. Peu importe le nombre de talents reçus. Un jour nous aurons à rendre des comptes. Qu’avons-nous fait de notre baptême ? Est-ce que nous avons mis toutes nos énergies et toute notre intelligence au service du Royaume de Dieu ?
 
Les « serviteurs fidèles » sont introduits dans la joie du Royaume qu’ils ont participé à construire. Celui qui n’a rien fait en est exclu. Mais son pire péché, ce n’est pas sa paresse ; en fait, il n’a pas vu la confiance qui lui était faite. Sa faute c’est d’avoir dénaturé l’image de Dieu, de l’avoir considéré comme un tyran inaccessible et dangereux. En se défiant de lui, il a faussé ses relations avec Dieu. Alors que notre Dieu est plein d’amour, il en vient à voir en lui un concurrent redoutable. « Cet homme ne pourra entrer dans la joie de son Seigneur car il se condamne lui-même en fermant sa porte à Dieu. Cet homme rempli de crainte manque de l’essentiel : il n’aime pas son « Maître. »
 
Nous avons reçu l’Évangile. Il est destiné à être répandu et communiqué au monde entier. Cet évangile c’est la « Bonne nouvelle annoncée aux pauvres ». Chacun de nous peut s’interroger : Quel regard portons-nous sur les exclus de notre monde, les sans-logis, les sans-travail, les sans-papiers, les détenus et les anciens prisonniers ? Tous ces exclus font partie de ce trésor inestimable que Dieu nous confie. Ils sont ce à quoi il tient le plus. Nous ne pouvons pas construire et développer ce Royaume de Dieu sans lutter contre la pauvreté, la violence et toutes les formes d’injustices. C’est à cette condition que nous pourrons produire du fruit pour le Royaume. Et c’est ainsi que nous entrerons dans la joie de Dieu.